ENFIN ! 

logo_le_public_new

spectacleon385-a5ca6

COUP DE GRACE, de Pietro Pizzuti – mise en scène Magali Pinglaut – scénographie & costumes Laurence Hermant – interprètes Anne-Claire, Laurence d’Amelio & Babetida Sadjo

Une dramaturgie qui aborde des sujets très actuels au travers de trois portraits féminins, toutes trois manipulées par un pervers narcissique, qui a poussé le mauvais goût jusqu’à les convoquer à la même heure à l’hôpital où il se meurt d’un cancer

=> inceste
=> épouse battue, divorcée, niant l’évidence
=> étudiante tombée sous le charme d’un professeur « charismatique »

La première a fuit dès que possible, n’ayant jamais été crue ni soutenue par la famille ; la 2ème a divorcé mais continue  à aimer son tourmenteur, refusant de regarder la vérité sur la vie qu’elle eut auprès de lui ;
quant à la troisième, elle prétend être heureuse des choix qu’elle fit pour lui.

Ce que j’en pense = je suis une grande fan de Pietro Pizzuti en temps que comédien, je l’ai découvert dramaturge au travers de cette pièce, brillamment interprétée par trois excellentes comédiennes. 

J’ai toutefois éprouvé un léger agacement concernant cette pièce qui joue un peu trop sur des sujets « tendance ».
Cependant je reconnais qu’on ne dénoncera jamais assez les dommages physiques et psychiques que certains hommes infligent aux femmes – peut-être mon agacement est il dû au fait que pour le moment on édite beaucoup de livres qui sont des déballages familiaux.  Ecrire est néanmoins une catharsis, sans doute est-ce la raison pour laquelle ces livres sont édités.

En tout cas je ne regrette nullement ce spectacle.

spectacleon384-7dba0

ARLEQUIN VALET DE DEUX MAITRES de Carlo Goldoni, dans une traduction de Luca Franceschi – mise en scène Luca Franceschi – Scénographie & masques Stefano Perocco – Costumes Lionel Lesire – interprètes Marwane El Bubsi, Thierry Janssen, Jeanne Kacenelenbogen, Othmane Moumen, Jérémie Petrus, Pierre Poucet, Yentl Rousseau-Piot &  Sherine Seyad

Arlequin, volontiers menteur, profiteur, mais aussi pauvre et analphabète, se retrouve avec 2 maîtres sur les bras parce qu’il a faim et qu’il n’a pas un sou en poche, or il aimerait bien épouser la servante de Clarice, la délurée Sméraldine.

Deux jeunes aristocrates en balade, qui se courent après sans s’en rendre compte et une Clarice, fille de Pantalone,  éplorée car le fiancé qu’elle ne voulait pas et déclaré mort, est vivant – du moins le croit-on, et elle doit rompre ses fiançailles avec celui qu’elle aime, Silvio, fils du docteur.

Ce que j’en pense = bruyant, très bruyant, mais bien dans le ton de la commedia dell’Arte, avec des comédiens et comédiennes qui ne s’épargnent pas sur scène – cela court et crie de bonheur ou de chagrin au cours de ces deux actes (en principe c’est trois, mais Luca Franceschi a fort bien intégré toute la pièce de Goldoni dans ces deux actes.
Oui cela crie, mais n’oublions pas que les spectacles de la commedia dell’Arte se jouaient sur tréteaux en plein air, et qu’il fallait se faire entendre.
Le spectacle au Public s’est joué dans la « Cour », donnant un petit air vrai à l’ensemble. Quiproquos, erreurs, mensonges, tout y est.
Bravo aux comédien.ne.s qui se sont dépensés sans compter pour le plus grand bonheur des spectateurs. 

spectacleon387-4a1fc

INTRA MUROS d’Alexis Michalik – mise en scène Julien Poncet – Scénographie Juliette Azzopardi – Costumes Marion Rebmann – interprètes Edwige Baily, Itzik Elbaz, Marwane El Boubsi, Julia Le Faou & Fabrice Rodriguez

Richard, dans la quarantaine, est un metteur en scène qui a connu des jours meilleurs. Il arrive avec son assistante, ancienne comédienne et accessoirement son ex-femme, à la prison centrale où il a accepté de donner des cours de théâtre. Ils sont introduits aux détenus par Alice, une jeune assistante sociale en stage, qui a une raison personnelle d’être là.

Pour Richard le théâtre c'est  une passion, un lieu d’émotions, dès le départ il tente de faire comprendre cela aux deux seuls détenus qui ont accepté de suivre son cours = Kevin, un jeune voyou qui a la rage et Ange, un détenu plus âgé, qui refuse de parler, répondre aux questions, bref ce n’est pas gagné pour Richard, mais Kevin est très enthousiaste. Finalement, comme toutes les suggestions de Richard tombent à plat, il propose de parler de soi et là, ça va parler, et même déraper ferme ! Chacun va se mettre à nu, même Ange finira par se dévoiler.

Ce que j’en pense = beaucoup de bien grâce au jeu des comédiens – Alexis Michalik, à qui l’on doit l’excellent « Edmond » est un homme de théâtre, cela se sent dans les pièces qu’il écrit, chacune tournant autour de la scène.
J’avoue avoir été un peu déroutée par instant, car à un moment donné, on ne sait plus très bien si on est dans la « vraie vie » ou dans la pièce de théâtre, les vies des personnages se recoupant de l’un à l’autre – on y dévoile des secrets, mais sont ce des vrais secrets ou simplement le songe de l’un des détenus/acteurs de la pièce –
J’ai apprécié, mais un peu perdue de temps en temps –
Je reconnais avoir été séduite par le décor minimaliste, composé d’un lit, de tringles à vêtements et les comédiens, au gré de la fantaisie de l’auteur, changent de vêtements en changeant de rôles.