mon bonheur est dans la ville

16 janvier 2017

HERCULE POIROT & BRUXELLES

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Vous le savez désormais = Hercule Poirot est mon grand choucou littéraire - et j'aime aussi Bruxelles, où je me promène régulièrement lorsque je ne suis pas plongée dans l'une de ses aventures comme pour l'instant avec "POIROT INVESTIGATES" dont j'aurai  l'occasion de vous parler bientôt.
J'espère que ces petites anecdotes "littéraires" auront l'heur de plaire à vos yeux de lectrices/lecteurs avisés.

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Dans le recueil d'Agatha Christie, "POIROT'S EARLY CASES", mon Hercule unique et préféré apparaissait dans la nouvelle "The Chocolate Box/La Boîte de Chocolats", où il raconte à Arthur Hastings l'un des rares (le seul probablement) échecs qu'il connut dans sa carrière de détective, alors qu'il était encore policier à BRUXELLES, où il enquêta sur un accident (ou crime ?) commis avenue Louise.

 

 

 

 

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Dans le recueil de nouvelles "POIROT INVESTIGATES", qui parle des toutes premières enquêtes de Poirot, il en est une qui mène notre détective et son ami Hastings en Egypte, dans la nouvelle "THE ADVENTURE OF THE EGYPTIAN TOMB", où les protagonistes tombent comme des mouches, victimes de la malédiction de Men-Her-Ra, dont on vient de découvrir et ouvrir le tombeau.

Poirot, généralement, ne raffole pas de voyager mais n'a pas trop le choix dans ce cas. Hastings  est enchanté par l'aventure, Hercule Poirot râle sec à cause du sable. Lorsque son ami lui dit qu'il y a tout de même aussi du sable en Belgique, comme à Knokke sur mer, par exemple, Poirot lui répond d'un ton péremptoire = pas à Bruxelles !

 


L'ETE DES RATS, de Martine Cadière

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Un polar dédié à Prévert (selon la jaquette)

Plutôt un été avec Jacques (pour moi)

Quelqu’un a décidé d’éliminer certains résidents de la luxueuse maison de repos « le Vieux-Manoir », et probablement ruiner Blanche Farlac, en se basant sur un poème qu’aurait écrit Jacques Prévert dans le livre d’or du Vieux Manoir, au temps où c’était une hostellerie de qualité, tenue par la grand-mère de Blanche.
Ce poème écrit à la manière de l’inventaire de Jacques Prévert. Cela commence par le dentiste, ensuite ce sera le tour du pharmacien, où cela s’arrêtera-t-il ?

Blanche Farlac est catastrophée. Déjà elle n’arrive qu’au prix de grandes difficultés à sauver les apparences, à donner le change sur ses sentiments,  depuis son tout récent divorce.
Un homme qu’elle aimait « gentiment » dira-t-on, depuis l’enfance, avec qui hélas elle n’a pu avoir un enfant ; elle a donc reporté cette énergie à bien mener cette maison de repos fort coûteuse tandis que  lui, agacé d’être la 5ème roue d’une charrette, a préféré les bras d’une jeune personne qui se retrouve enceinte.
Et il assène cela à son épouse, sans réaliser qu’elle aussi a dû gérer le manque d’enfant du mieux qu’elle le pouvait.
L’égocentrisme des hommes est si douloureux parfois !

Elle se remémore l’été 1955, le plus bel été de sa vie, celui où Jacques Prévert fut pour un été de passage à l’hostellerie – Prévert aimait les enfants et s’occupait plus particulièrement de Blanche, dont il percevait la tristesse, la solitude.

Quelqu’un d’autre se souvient de cet été-là, et de tous les autres moments d’ailleurs, où ses parents métayers de l’hostellerie, subissaient les humiliations constantes du régisseur d’alors.
Ce « quelqu’un d’autre » est le tueur en série, qui a décidé d’éliminer tous ces êtres prétentieux, ces résidents d’un lieu où ils leur étaient interdits d’entrer lorsqu’ils étaient enfants, lui et ses frère et sœur.
Surtout ne pas déranger, se montrer, à ces gens possédant de l’argent donc le pouvoir.

Le lieutenant de gendarmerie François Chasteleneuil, dont l’épouse est enceinte, a fait appel à son ami Ange Mattéi – rencontré lors de l’enquête « la dernière danse de Joséphine ».

Peu d’indices, ce ne sera que par hasard, alors qu’un suspect a fini par avouer, qu’Ange Mattéi, mécontent de ces aveux trop faciles, finit par lire le poème-inventaire.
Mattéi va enfin pouvoir retrouver son Antoinette à Gargilesse, maintenant que l’affaire est résolue.

Comme toujours, je suis tombée sous le charme de l’agréable écriture de la romancière belge Martine Cadière – dans un style simple (mais pas simpliste), avec un vocabulaire plaisant à lire, elle propose ici une histoire policière, laissant surtout la place à cet homme plein de charme qu’était Jacques Prévert. C’est ce qui ressort non pas uniquement de ce livre, mais aussi de l’intéressante conférence que Martine Cadière proposa la semaine dernière à l’ULB.
Elle est une conteuse hors pair, non seulement c’est un régal de l’entendre parler de ce qu’elle aime, avec charme et passion, mais aussi par écrit où cette passion transpire.

Ici nous assistons à un récit à « 3 voix » = celle de Blanche Fanlac, petite fille en 1955, année où Prévert aurait passé quelque temps dans le sud-ouest, quittant temporairement St-Paul de Vence ; celle du tueur en série (imprimée en italiques) et enfin, l’histoire actuelle en 2010, le polar que doivent résoudre Ange Mattéi et François Chasteneuil.

Les rats du titre = des rats gros comme des chats, qui infestent le ruisseau au bas du Vieux Manoir, et qui étaient fort hardis cet été-là.

Quel joli portrait elle nous brosse de Jacques Prévert – on ne peut que l’aimer cet homme, ce poète qui a parfois donné des « cauchemars » aux écoliers d’école primaire devant apprendre ces poèmes par cœur.
A côté de ce beau portrait, il y a une enquête qui met le lecteur sur des charbons ardents, car il est évident que l’assassin va frapper plusieurs fois, avant qu’il ne soit découvert.

Par contre les portraits que la romancière brosse des résidents de la séniorie ne sont pas toujours des plus avenants – et ils le méritent bien, avec leurs mesquineries et exigences sous prétexte de payer cher.
Ils m’ont tous fait penser aux personnes de ce que l’on  nomme pudiquement « le 3ème âge », que je rencontre lors des inscriptions facultaires de l’université inter-âges.
Le portrait d’Emilienne de Lacour m’a particulièrement fait penser à l’une de ces femmes qui se prennent pour ce qu’elles ne sont pas et qui s’imaginent que tout le monde est à leur disposition (j’ai, je l’avoue sans fausse honte, peu d’estime et d'indulgence pour les gens de ma génération qui s’imaginent que tout leur est dû)

Pour Martine Cadière, le roman policier est un excellent prétexte pour mettre en scène des personnages ayant réellement existé, qu’elle admire particulièrement et dont elle parle si joliment. Ainsi ai-je déjà eu le plaisir de découvrir = George Sand, Joséphine Baker, Françoise Giroud, Sarah Bernhardt, Colette, 5 femmes d’exception, auxquelles  se joint cette fois, un homme = Jacques Prévert.

A l'occasion de la conférence de Mme Cadière,
j'ai eu le plaisir de découvrir - lu par serge reggiani -
ce poème de Prévert 
que je connaissais depuis de longues années

 

15 janvier 2017

BRUXELLES SUR SENNE

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 le port de bruxelles avant/après

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Un circuit-promenade

(petite chronique adaptée du fascicule reçu aux Halles St-Géry – illustrations via la photothèque google mais aussi de ma collection personnelle)

La Senne a disparu du paysage urbain, après son voûtement (moitié du 19ème siècle), elle a toutefois marqué le centre-ville et des origines de Bruxelles dont elle est indissociable – son activité portuaire est attestée dès le 9ème siècle. La Senne a joué un rôle majeur non seulement dans l’urbanisme mais aussi dans les activités artisanales et industrielles. Elle fut aussi une voie navigable importante (avant que le canal de Willebroek soit mis en service – 1561).

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Le parcours = dès le moyen-âge la Senne, aménagée par l’homme, compte plusieurs bras et méandres (artificiels ou naturels) ; dans ce qui est l’actuel pentagone, au 14ème siècle, le bras principal suit le parcours de ce qui est devenu depuis le boulevard Poincaré & les boulevards Anspach, Lemonnier, Jacqmain. Il y a aussi un bras secondaire (appelé « Senne de Ransfort ») entre en ville au niveau de la porte de Ninove et rejoint le bras principal près de la place St Géry.
Il existe encore un tronçon moins important surnommé « la petite Senne » (ou « Sennette ») qui relie la Senne et la Senne de Ransfort.
La rivière peut se franchir grâce à des ponts principaux et des passerelles.

Les îlôts = des dérivations et biefs sont été effectués pour diverses activités (moulins, brasseries, blanchisseries) ont modifié le parcours et les quartiers intra-muros. Les différents bras de la Senne forment 2 îles dans le pentagone – la plus importante étant l’île Saint-Géry (« Grande-Ile ») – l’église St-Géry en occupe le centre jusqu’à la fin du 18ème siècle. Sur le site de l’ancien couvent des Riches-Claires un tronçon a été restitué après qu’en 1985 deux murs de quai aient été mis au jour, ainsi qu’un bras canalisé.
Au sud, la « Petite Ile » est proche de l’église Notre-dame du Bon Secours – dans la quartier St-Jacques.

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Maîtrise des eaux = des vannes régulent le  niveau des eaux, ce qui permet d’éviter les inondations en cas de crue. Au 14ème siècle, le bras principal de la Senne entre en ville (via la Grande Ecluse) qui est intégrée au rempart de la 2ème enceinte urbaine.  On peut encore observer le dispositif actionnant les vannes dans un immeuble qui sert de cadre à un restaurant. Le bras secondaire de la Senne passe par la Petite Ecluse. Elle fut détruite en 1927. La rivière quitte la ville par la porte de Laeken (démolie au 19ème siècle).

Source d’énergie = la Senne n’est pas qu’un axe fluvial, elle est aussi source d’énergie ; des moulins sont établis en ville (entre la Grande et la Petite Ecluses). Ils sont mentionnés dans les archives dès le 12ème siècle. Leurs successeurs aideront au développement industriel de Bruxelles jusqu’au 19ème siècle. Ces moulins sont utilisés pour différentes moutures (grain pour le pain, malt, oléagineux) ; ils permettent aussi aux artisans d’actionner leurs meules pour battre et aiguiser le fer, fouler les draps, réduire l’écorce de chêne en poudre (préparation des cuirs).

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Les eaux de la Senne sont utilisées par plusieurs métiers = brasseurs, tanneurs, teinturiers. Dès le début du 14ème siècle, des ramifications hydrauliques amènent l’eau vers les lieux d’activités ou permettent de drainer les terrains utilisés pour blanchir, étendre et sécher les draps.
La pêche et l’élevage de poissons en viviers sont pratiqués hors de la ville ; cependant la rivière intra-muros alimente des « sauvoirs » où le poisson est conservé vivant jusqu’à sa consommation. Les vestiges de ces bassins ont été mis au jour à la suite de fouille archéologiques.

Le voûtement = au fil des siècles, la Senne hélas devient le principal déversoir des déchets domestiques et industriels, elle est un véritable égout à ciel ouvert, elle charrie une eau malodorante, propice aux maladies.
Afin d’assainir le bas de la ville, le tracé intra-muros est voûté au 19ème siècle.
Des boulevards, de style haussmannien, sont alors établis sur ce qui fut le parcours (voir ci-dessus) ; ils sont bordés d’immeubles de prestige comme la Bourse.
Le voûtement rectifie le tracé de la ville médiévale. En 1955, la Senne est déviée hors du pentagone, certains tronçons servent de bassins d’orage.

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14 janvier 2017

PROMENADE HIVERNALE, ABBAYE DE LA CAMBRE & GROTTE ARTIFICIELLE

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Comme vous l’aurez constaté, la neige n’est pas restée longtemps, alors que pour une fois j’avais l’intention d’en profiter pour prendre quelques photos.
Ci-dessous, la statue « La Danse », par Jules Herbays – le socle est en pierre bleue – la belle allégorie est une nymphe entourée de 2 amours. Elle fut installée en 1913.

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La grotte artificielle décorative, que l’on peut découvrir en se promenant le long des étangs d’Ixelles, est située au bout de l’étang inférieur, près du square du Souvenir.
Elle aurait été dessinée par l’architecte paysagiste E. Keilig et construite par Blaton-Aubert. Une cascade y était prévue, celle-ci donnait son nom à l’avenue, qui entretemps fut rebaptisée « avenue général de Gaulle » ; par contre le nom de « cascade » a été donné à un immeuble à multiples étages sur cette même avenue.
La grotte fut achevée en 1876.
L’usure du temps n’épargna par les lieux.

La grotte actuelle a été restaurée dans le courant de 2016 ; lors de cette restauration, le « grottaloio » (spécialiste des grottes) Gabriel Pirlet y redécouvrit un escalier oublié. Elle a été inaugurée officiellement en septembre 2016.
L’endroit comporte un petit temple en ruine (sans doute pour faire plus « ancien » =^-^=), en style néo-romain comportant quelques colonnes ioniques.

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J’avais déjà à plusieurs reprises tenté de la photographier, mais elle est très populaire auprès des jeunes (je comprends ça, c'est joli comme endroit),  qui s’y installent jusqu’à la nuit tombée, sans oublier la végétation qui en cache une partie ; l’hiver m’a permis de le prendre correctement en photo.
Pour la petite histoire = savez vous que les journaux firent les gorges chaudes des lieux, parce qu’un « monstre » y aurait été remarqué par un garde-pêche en 2007 au niveau de la grotte artificielle.
Il n’en fallut pas plus pour parler de « loch ness ixellois » - sans rire, une théorie parle de la possibilité que quelqu’un de peu scrupuleux y aurait relâché un crocodile.
Bref, le mystère reste entier et on n’en parle plus depuis.

Un peu d’histoire sur les grottes artificielles = elles sont très à la mode dans l’histoire des jardins européens – déjà dans  l’antiquité, elles étaient vénérées comme lieux d’habitation de divinités, sylphes et nymphes. Lorsque les « Anciens » furent redécouverts, ce type d’édifice dans les jardins princiers d’Italie, puis de France, au milieu du 16ème siècle,  fut très prisé.
Le parement extérieur des grottes artificielles était soit architectural (portail rustique ou façade d’un tempe) ou au contraire être un rocher. A l’intérieur on trouvait fontaines, stalactites et même des imitations de pierres précieuses. Parfois aussi des coquillages ajoutés à même la roche.
L’Europe n’a pas eu le privilège des grottes et montagnes artificielles = les jardins chinois en comportent également, notamment sous l’influence du taoïsme. 
D’autre part, pour les bouddhistes, les grottes ont aussi une grande importance depuis l’antiquité ; les moines et les nonnes s’y réfugiaient lors de la saison des pluies – ces grottes tenaient aussi lieu de temple ou même de reliquaire.

Rien de tel que de terminer en beauté avec Felix Mendelssohn, et sa « grotte de Fingal », ouverture de sa symphonie « Les Hébrides ». Il semblerait que le compositeur ait été inspiré par une excursion qu’il fit sur l’île de Staffa, où se trouve la grotte. Il souhaiter partager la mélancolie et la beauté des paysages écossais.

 

AU COEUR DE BRUXELLES, LES HALLES SAINT-GERY

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Visiter une exposition a du bon – non seulement parce que vous visitez une exposition qui vous intéresse, mais aussi parce que grâce à elle, vous découvrez un « autre monde ».
Pour moi il a eu le visage des Halles Saint Géry (gênée, je suis, de n’y être jamais entrée) à deux pas de l’église du même nom et du centre artistique des Riches Claires, non loin de la place de la Bourse et du nouveau piétonnier du centre-ville.

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Un peu d’historique (grâce au site des Halles) = l’église St Géry se trouvait sur un des  îlots formés par les méandres de la Senne (petit billet à suivre =^-^=).
Elle aurait accueilli les reliques de Ste Gudule, avant qu’elles ne soient transférées dans la cathédrale qui porte le nom de Sts Michel & Gudule (à part qu’il semblerait que Gudule n’ait jamais existé !!).

L’église fut démolie entre la fin du 18ème et le début du 19ème siècles. A sa place, la ville aménagea une place publique dont l’édifice central fut une fontaine pyramidale datant du 18ème siècle et  provenant de l’abbaye de Grimbergen.
Cette place accueillit de nombreux marchés.

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La construction des Halles, œuvre de l’architecte Vanderheggen, débuta vers la fin du 19ème siècle (1881 pour être précise) et furent inaugurées en 1882. On y trouvait 4 rangées de doubles étals, ainsi qu’un comptoir de vente. Elle témoigne de l’ architecture des marchés couverts – l’extérieur est en style neo-renaissance flamand (ossature métallique).
Le bâtiment fait à l’heure actuelle partie des édifices classés de la région bruxelloise.

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Les Halles Saint Géry sont soutenues par un groupe de mécènes et sont devenues une « agora culturelle ».
Elles accueillent diverses activités culturelles, des collectifs d’artistes, ont une librairie particulièrement ciblée sur Bruxelles et un centre d’information.

Vous pouvez y déguster un « stoemp » (prononcez stoump, c'est-à-dire une purée de pommes de terre aux légumes) ou simplement prendre un café, en vous installant confortablement pour lire ou rêver au temps où Bruxelles brusselait.
Ou éventuellement jouer un peu de piano.

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J’espère que ces quelques photos vous donneront envie de vous y rendre lorsque vous passerez par Bruxelles, en n'oubliant pas votre petit coin de parapluie.

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13 janvier 2017

SI NOUS REGARDIONS LA NEIGE AUTREMENT ?

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Je ne suis pas grande amatrice de neige, et je ne suis certainement pas quelqu'une qui aime l'hiver - bien qu'autour de moi, plusieurs personnes disent préférer que les saisons soient bien définies et qu'en conséquence l'hiver doit être un véritable hiver, je le leur laisse bien volontiers.
Par contre, j'aime l'hiver en peinture - par l'entremise de l'exposition UKIYO-E, j'ai eu connaissance du mouvement shin-hanga (les nouvelles impressions).

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J'ai donc consulté mes livres d'art (Thames&Hudson on Japanese art) et j'ai découvert quelques notes concernant HASUI Kawase, l'un des plus importants artistes de ce mouvement (les illustrations viennent de la photothèque google).

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Bien qu'il fût attiré par l'art dès son plus jeune âge, les parents de Kawase Hasui le destinaient au commerce familial (cordes et fils) – la banqueroute de ce commerce donna la liberté au jeune homme de poursuivre une carrière artistique.
Après avoir tenté une première fois de devenir élève chez Kaburagi, ce dernier lui conseilla d’apprendre les techniques occidentales en peinture. Après 2 années, Hasui retourna auprès de Kaburagi et fut alors accepté comme étudiant.

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Kawase HASUI étudia l’art des estampes – UKIYO-E – ainsi que la peinture japonaise. Il se spécialisa en peignant des aquarelles d’acteurs, mais aussi de la vie quotidienne et de paysages.
Au cours des 40 années d’une carrière artistique florissante, HASUI travailla en étroite collaboration avec l’éditeur Shozaburo Watanabe.

Si le tremblement de terre Kanto en 1923 n’avait pas détruit l’atelier de Watanabe, une plus grande partie encore de l’art de ce grand artiste serait également connu et conservé.

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A présent, je vous laisse en compagnie de ses peintures hivernales, délicates, dans laquelle on ne rencontre que peu d’humains, la nature étant le sujet que privilégiait l’artiste.

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12 janvier 2017

LES ROMAINS DE TOUR & TAXIS

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(les illustrations de ma petite chronique sont celles que j’ai prises lors de ma visite aux Halles ST-Géry à l’exception de celles montrant les fouilles, que j’ai trouvées sur le site de la rtbf – la chronique est un résumé de la brochure informative)

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Au cours de l’été 2015 des fouilles ont été entreprises d’urgence par le département du patrimoine archéologique de la direction des monuments et sites, en collaboration avec les musées d’art et d’histoire – en effet, sur un chantier en construction sur le site de Tour & Taxis, furent découverts dans un ancien méandre de la Senne (jusqu’alors non connu) – les travaux de construction furent arrêtés afin de laisser la place aux archéologues.

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source  des 2 photos ci-dessous rtbf

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Cette remarquable découverte, illustrant des pans de la vie quotidienne à l’époque romaine (2ème moitié du 1er siècle  jusqu’au milieu du 3ème siècle de notre ère).
Le matériel retrouvé – à une profondeur de 6 m – nous est parvenu dans un très bon état de conservation du fait qu’il ait été enfoui dans un milieu dépourvu d’oxygène.

(J’ai trouvé la mise en exergue des pièces bien faites = sur le mur ont été imprimées des « ombres chinoises » figurant des humains ou des animaux, avec l’objet les concernant en évidence)

 La céramique – utilisée pour la conservation, la consommation des denrées, les récipients de conservation (amphores, jarres), ustensiles de cuisine, vaisselle de table (gobelets, assiettes) – les poteries sont pour la plupart du temps de production locale et régionale (importées de Bavay, Cologne, Trèves, voire même du sud de la Gaule – notamment la sigillée, une céramique fine au vernis rouge grésé

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Des articles de toilette et d’habillement – comme cet ancêtre du coton-tige = un cure-oreille en alliage cuivreux (aussi utilisé à des fins médicales) – un rasoir à barbe et une série de fibules et des agrafes en alliage de cuivre, destinées à fixer les pans de certains vêtements.

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Dans l’enceinte des grands domaines sont exercées de nombreuses activités artisanales – le forgeron y façonne des outils, des clous et des ustensiles de cuisine, comme ce couteau en fer. 
Un chien renifle les scories s’échappant du foyer.

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La cordonnerie est l’une des utilisations du cuir la mieux connue – pour percer le cuir et préparer le passage du fil, l’artisan se sert de poinçons en fer ou alènes.
La carbatina est un type de chaussure très répandu = constituée d’une pièce, lacée au-dessus du pied. Dans un domaine agricole, le travail du cuir se doit aussi à l’entretien du harnachement des animaux.

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Aux alentours d’une villa romaine, on trouve différents types d’arbres = pruneliers, sureaux, noisetiers.
Les prairies sont consacrées à l’élevage, le cheptel a été révélé par la découverte de divers ossements (bœuf, chèvre, âne, etc) – une clochette en fer est attachée au cou des animaux.
Une faux en fer est la preuve du travail des champs. En principe les sols des plateaux sont dévolus à la culture des céréales (froment, orge, épeautre).

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Vers la fin du 2ème siècle de notre ère, les berges des méandres sont renforcées au moyen d’un ouvrage de soutènement.
On a retrouvé certains éléments en bois, comme des pieux taillés enfoncés dans le sol, des poutres, des planches etc). 
Les déchets ont été acheminés dans une charrette tirée par une mule.
Parmi les déchets de céramique se trouvaient notamment une cruche et de nombreuses tuiles. L’une de ces tegula comportait l’empreinte d’une patte de  chien.

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une vitrine propose d'autres objets 

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 une information sur l'archéologie de bruxelles

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11 janvier 2017

ZOMERHUIS MET ZWEMBAD, d'Herman Koch

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Titre français = Villa avec piscine

Pierre Bayard a intitulé l’un de ses essais « Comment parler des livres qu’on n’a pas lu » (dans ma pal).
Ma question à moi serait plutôt = « comment parler d’un livre dont on a détesté tous les personnages ? », car dans « Zomerhuis met zwembad », il n’y en a pas un pour rattraper les autres.

L’histoire = Marc Schlosser est médecin généraliste – il n’aime pas ses patients, mais alors vraiment pas ; il en parle avec mépris, dégoût même, car la plupart d’entre eux ne sont pas très jeunes et notre « cher docteur » parle des chairs flasques, de l’ « odeur de vieux », il estime qu’il perd son temps avec leurs petits tracas de santé et la manière dont ils lui parlent de leurs petites misères.
Il n’est pas là pour ça le « bon docteur »,  ce que ses patients ont, il le déduit dès qu’il les regarde – ils veulent seulement accaparer  son temps.
Hop, prescription, et au suivant !

Pourtant, c’est bien son métier de généraliste qui le fait vivre ; il s’est construit une clientèle, entre autres, de comédiens et artistes.
L’un d’entre eux, Ralph Meier, s'est suicidé  à la suite d'un diagnostic de Schlosser, la veuve hurle à l' erreur professionnelle de Schlosser.
L’épouse de l’acteur  vient trouver le docteur dans son cabinet, l’insulte, le traitant d’assassin.
Marc sera traduit sous peu devant le conseil de l’ordre et probablement radié en tant que médecin. Cela ne l’affole pas plus que cela, estimant que la confrérie médicale se serre les coudes la plupart du temps. 

Commence alors un flash-back de 6 mois, dans lequel le docteur Schlosser raconte comment on en est arrivé là.

Meier était un séducteur, en surpoids – le généraliste, au lieu de lui conseiller de changer ses habitudes alimentaires, lui prescrit des médicaments pour le faire maigrir. Tellement plus facile et c’est tellement ce qu’un patient attend de lui.
Par ailleurs, la femme du comédien n’hésite pas à faire des avances au toubib, tandis que de son côté Ralph tente sa chance auprès de l’épouse de Schlosser. 

Le couple Meier prépare des vacances dans leur villa du sud de la France, tout comme les Schlosser - si ces derniers sont dans les parages, qu’ils n’hésitent surtout pas à passer les saluer ; lorsque la fille et l’épouse du généraliste  rencontrent Ralph Meier, il les invite dans sa villa, où se trouve aussi un metteur en scène américain avec sa très jeune compagne.
L’épouse de Marc n’a pas envie de rester dans les parages de cette ambiance qu’elle juge assez « trouble ».
Rencontre avec des jeunes filles dans le camping voisin, soirées (et journées) très arrosées, petits films pornos, et soudain, coup de théâtre = il semblerait que Julia, la fille de Schlosser, ait été violée par Ralph Meier.

Commence alors, de la part du médecin, une longue préparation d’une vengeance aussi sordide que toute l’histoire. Avec un dénouement surprenant.

Herman Koch n’hésite pas à écrire des histoires que lui-même qualifie de « désagréables » car avec cynisme il déclare qu’elles sont le reflet de notre monde.
J’avais déjà mis pas mal de temps à me remettre de son premier roman « Het diner », où là aussi le cynisme des personnages m’avait « bluffée ».
Tout comme dans ce livre-là, j’ai été écoeurée par les protagonistes, aussi bien par l’épouse du généraliste qui joue les prudes, que par son mari qui décrit de façon écoeurante ce qu’il pense de ses patients.
J’espère ne jamais rencontrer un médecin pareil.

Le roman m’a quelque peu fait penser à l’ambiance du film de Jacques Deray, « La Piscine »  (Delon et Schneider) – dans les grandes lignes s’entend, il n’y a pas de rapport entre les deux.

Le roman d'Herman Koch est écrit à la première personne – la technique du romancier est assez typique d’un roman à l’autre – le protagoniste principal se remémore la situation, tentant de gagner la sympathie de ses lecteurs – le docteur n’aura pas la mienne en tout cas !
C’est fort bien étudié, même si je trouve cette vision cynique de notre société plutôt démoralisante.

d'autres avis chez = critiqueslibres, moustique

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10 janvier 2017

HOKUSAI MANGA

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A la Recherche d’Hokusai

(comme Proust - qui aimait les estampes japonaises -  partit un jour « à  la recherche du temps perdu »), parce que je me suis rendu compte que, malgré l’excellente bio de Baatch, je connaissais mal les HOKUSAI MANGA. et j'avais envie d'en savoir plus.

Hokusai entreprit sa manga en 1814 – elle réunit 15 volumes ou carnets de croquis, à l’origine « manga » signifiait = esquisses. L’artiste y a tout mis, tout ce qui l’intéressait dans la vie autour de lui = faune, flore, personnages de la vie courante dans leurs différentes tâches, mais aussi personnages surnaturels, imaginaires – tout ce qu’il avait l’intention d’utiliser dans les estampes.

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En complément à la biographie d’H.A. BAATSCH, j’ai recherché dans la photothèque google, quelques unes de ces esquisses qui, réunies, forment pratiquement une encyclopédie du dessin et du monde japonais au 19ème siècle. Il s’agit d’esquisses imprimées sur bois, en 3 couleurs (noir, blanc, gris, certains rehauts de couleur chair).
On y découvre des animaux tels les vaches, chevaux, sangliers, et aussi quelques « shishi » = des lions tels que les imaginaient les Japonais.
Egalement des fantômes de femmes mortes, revenues pour se venger, mais aussi quelques épisodes surnaturels comme ceux qui hantent l’imaginaire nippon.

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De la fantaisie, de l’humour mais surtout une précision, une sûreté de traits - dans des dessins qui ont été réunis par un autre spécialiste dHokusai = Matthi Forrer.  
Les 2 livres réunissant ces planches de dessins sont commentées par Forrer – chaque volume comporte 450 pages, et comporte aussi les carnets publiés à titre posthume (il semblerait qu’il y ait débat sur leur authenticité).
Cette édition vit  le  jour pour la grande rétrospective HOKUSAI au Grand Palais à Paris d’octobre 2014 à janvier 2015 – elle est encore disponible, mais à mon grand regret, je ne l’ai pas trouvée lors de ma visite à UKIYO-E

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Je vous laisse, ci-dessous,  en compagnie de l’art du croquis d’un très grand artiste dessinateur =

 

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09 janvier 2017

HOKUSAI - le saviez-vous ?

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 caricature d'hokusai par lui-même

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L'exposition UKIYO-E m'a donné envie de ressortir le livre que l'essayiste et dramaturge Henri-Alexis BAATSCH a consacré à ce formidable artiste qu'était HOKUSAI - le saviez-vous = ce nom, que l'artiste s'était choisi, signifie = VIEUX FOU DE DESSIN.

De plus, Hokusai est considéré comme "le père de la manga" (ou du manga moderne) - actuellement, le mot représente la bande dessinée japonaise, ainsi que les dessins animés.
Mais à l'origine, Kastushika Hokusai, fondateur de l'estampe de paysage (un genre considéré comme mineur et vulgaire - oui vous avez bien lu = vulgaire, car il représentait des commerçants, des paysans ou des ouvriers au travail, bref des "petites" gens), Hokusai donc créa, en guise de dessins préparatoires à ses estampes, des carnets de dessins, dans lesquels il dessinait tout ce qu'il voyait ou qui lui passait par la tête, afin de s'en souvenir dans ses estampes = attitudes des personnages, détails vestimentaires, détails de la faune et la flore, sans oublier les caricatures.

exemple d'une page  du volume 8 du hokusai manga (source wikipedia)

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08 janvier 2017

UKIYO-E

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2ème partie

Au musée d’art et d’histoire (musée du Cinquantenaire)à Bruxelles

J’ai, depuis toujours, aimé la peinture chinoise et la peinture japonaise – elles m’ont régulièrement « remise sur pied » lorsque je n’avais plus envie de peindre ou dessiner. Mon adorable belle-fille m’a offert cette visite muséale pour mes étrennes, ce fut un cadeau merveilleux, comme vous pouvez l’imaginer.
J’ignorais que le musée du Cinquantenaire eût une collection aussi vaste d’estampes japonaises (non érotiques, mais leur collection d’estampes érotiques est très belle aussi) –
Là bien sûr, mon cœur vibrait rien qu’à voir l’affiche,  la célèbre vague de HOKUSAI, rien que pour elle j’avais l’intention de voir l’expo.
En dehors de ce peintre et de UTAMARO, je ne connaissais pas beaucoup de noms dans la peinture japonaise.

La collection du musée est mondialement réputée  - elle compte plus de 7.500 pièces dans ses réserves - et sur ce grand nombre, 416 d’entre elles ont été sélectionnées pour l’exposition.
En raison de la grande fragilité des couleurs, elles furent exposées en 2 parties – c’est cette 2ème partie que j’ai pu voir.
Pour la visite de la 1ère partie, je vous invite vivement à lire la chronique de tania-textes&prétextes, fort complète.

(n’ayant pas emporté mon appareil photo, pensant qu’elles étaient interdites, les images illustrant mon billet ont été sélectionnées via le site du musée)

UKIYO-E signifie littéralement IMAGES DU MONDE FLOTTANT –
Une appellation très poétique, comme chaque estampe exposée.

L’exposition aborde ce sujet à partir de son début au 18ème siècle – un début en noir et blanc – et se poursuit jusqu’au début du 20ème siècle, où alors les techniques modernes remplacèrent cet art millénaire.
Pour illustrer l’art de la gravure, une vitrine montre les différentes phases de la création – les outils et plaques font également partie des objets exposés.

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Au 18ème siècle, la polychromie atteint son point culminant et au 19ème siècle, des artistes comme Monet et d’autres collectionneurs se prennent d’engouement pour ces œuvres d’une grande délicatesse, qui plaira aussi à Vincent van Gogh.

Le terme « UKIYO-E », signifiant « images du monde flottant », trouve son origine dans le bouddhismee – le « monde flottant » fait effectivement référence à l’impermanence des choses, comme la vie sur terre, que le bouddhisme associe à la souffrance provoquée par l’ego.
Cette image, cette idée d’impermanence et souffrance s’estompera avec le temps et ce « monde flottant » deviendra synonyme de légèreté.

Plusieurs salles de l’exposition nous montrent des portraits d’acteurs célèbres au Japon, de véritables « stars » selon notre concept de cette appellation. Ils étaient fameux à travers les nuits nocturnes d’Edo (le nom ancien de Tokyo).

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J’avoue avoir été moins attirée par ces portraits, pourtant très originaux – j’ai préféré les images de la nature telles que ces célèbres « Trente six vues du mont Fuji » peintes par HOKUSAI, et qui en réalité en comportaient bien plus que 36.

HOKUSAI y développe les dégradés du bleu de prusse, une couleur très appréciée par les peintres japonais, importée par les Pays-Bas.
La plus fameuse est évidemment cette « grande vague de Kanagawa », mais l’ensemble des estampes exposées concernant ce Mont Fuji est un véritable plaisir visuel, par ses couleurs et les détails.
C’est cela, à mes yeux, qui frappe le plus dans toutes les estampes = ce souci du moindre détail, de la plus petite chose qui attire le regard, pour peu que l’on prenne tout son temps pour les observer.

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D’autres noms = UTAMARO, bien sûr, mais aussi HIROSHIGE, HARUNOBU, SHUNSHÔ, KIYONAGA et SHARAKU – au fil des estampes, défilent acteurs et courtisanes.
Hokusai et Hiroshige perpétuent les images du Japon traditionnel dans leur peinture.

Les Etats-Unis qui ont toujours aimé se mêler de la vie des autres peuples, exigèrent au 19ème siècle que le Japon s’ouvre au monde, faute de quoi ils décideraient de représailles.
Cette ouverture vers le monde extérieur, la modernisation que le pays subira alors, montre l’évolution dans les estampes, qui s’ « occidentalisent » dans les dessins de personnages surtout.
Déjà se profile  à l’horizon le monde des mangas.

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 L’exposition se termine sur des aquarelles du dessinateur belge DOMINIQUE PIOT, qui intègre,  avec ses  images, des estampes dans un univers moderniste – j’ai trouvé ce mélange des genres plutôt réussi.

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Petit lexique pour qui s’intéresse à la langue japonaise =
Shunga = estampes érotiques – kamigata-e = nom donné à la production raffinée d’Osaka –shin-hanga = nom donné aux nouvelles estampes du début du 20ème siècle – nishiki-e = estampes de brocart – meisho-e = vues célèbres (paysages cadrés de manière panoramique) -

Par ailleurs, la visite de l’exposition m’a fait revoir le petit film consacré à HOKUSAI par l’émission Palettes.

04 janvier 2017

CE BLOG A 8 ANS (en théorie)

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oui, en théorie, car en fait j'avais déjà commencé à bloguer en 2007
il aurait donc 10 ans,
si pour des raisons d'insultes en tous genres
venues d'inconnus en mal d'imagination
je n'avais décidé de modifier ma manière de bloguer
et de mettre ce blog en mode privé

désormais je n'ai eu que de bonnes surprises
grâce à vos visites et commentaires
qui font vivre "mon bonheur est dans la ville"
aussi, n'hésitez surtout pas à me donner votre avis
il compte pour moi

souvent, il me vient l'envie de cesser définitivement de bloguer
car je me sens "obligée" de parler de toutes les lectures
désormais, je trie, je ne parle plus de tout
finalement ce qui compte est de s'amuser

il ne faut pas qu'un blog devienne une corvée,
le but est de se distraire

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03 janvier 2017

PAULA MODERSOHN-BECKER

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J’avais très envie que la « reprise » se fasse avec un joli billet – ayant lu la biographie écrite sur PAULA M. BECKER par Marie Darrieussecq, intitulé poétiquement « Etre ici est une splendeur », je me suis décidée non pas à parler du livre, mais à l’utiliser pour parler de Paula.
Dire « Paula » semble  familier et sans doute un peu désinvolte, mais j’ai ressenti un tel élan affectif vers cette jeune femme morte en 1907, à l’âge de 31 ans, après la naissance de sa petite fille.
Sa personnalité fut une révélation et un coup de foudre pour moi, elle m’a conquise par son petit côté frondeur et son talent hors du commun.

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Elle naquit à Dresde, en Allemagne en février 1876, Paule Modersohn-Becker a acquis une grande renommée dans son pays, alors qu’elle reste une parfaite  inconnue de ce côté-ci du Rhin.
Heureusement une exposition lui a été consacrée l’été 2016 à Paris, au musée d’Art Moderne. (J’ai malheureusement raté cette expo, la personne qui m’en a parlé, me l’ayant signalée trop tard).
La biographie de Marie Darrieussecq met l’accent sur les années parisiennes de Paula, où elle arriva à en décembre 1899 (le 31 pour être précise).
Avant le parcours parisien, notre jeune artiste, après des études de peinture, se fixe dans la communauté artistique de Worpswede.

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Tout commença toutefois par un passage par l’Angleterre, en séjour linguistique ; une tante vivait à Londres et se faisait forte de transformer la jeune Paula en femme d’intérieur accomplie, c’était mal connaître « notre oiseau ». Son oncle comprit vite que Paula avait un autre intérêt dans la vie que tenir un intérieur, aussi encouragea-t-il la jeune fille à  fréquenter une école de beaux-arts privée où elle s’initia au dessin.
Le mal du pays eut raison des résolutions familiales, sans parler de l’autorité de la tantine, et la jeune fille retourna en Allemagne au bout de 6 mois.
Pour complaire à son père, elle suivit des cours de formation d’institutrice mais obtint l’autorisation de suivre des cours de peinture.
Elle réussit les cours d’institutrice et obtint son diplôme en 1895. Deux ans auparavant elle avait admiré les œuvres « des peintres de Worpswede » exposant à Brême.

A l’occasion de leurs noces d’argent, les parents Becker firent, durant l’été 1897, une excursion à Worpswede ; les lieux impressionnèrent Paula, par les couleurs de la nature et aussi par la « colonie d’artistes ».
Lorsqu’elle hérita de quelques marks, elle décida avec l’accord des parents, de s’installer quelque temps dans la petite ville. Mathilde Becker, sa mère, souhaitait qu’elle prit des cours auprès de Fritz Mackensen, pendant deux semaines, pour ensuite partir à Paris en tant que fille au pair.
Mais lorsque Paula Becker prit la route de Worpswede, elle eut l’intention d’y passer plus que 2 semaines. Les peintres de cette congrégation d’artistes souhaitaient redorer le blason de la nature, un peu à la manière de Barbizon.

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C’est chez Fritz Mackensen que Paula fit la connaissance de Clara Westhoff, à qui une profonde amitié la liera.
Celle-ci,  ayant l’intention de devenir sculptrice, suivait les cours de dessin et modelage.
C’est également à Worpswede que Paula fait la connaissance de Rainer Maria Wilke, une belle amitié les liera. Le poète tombera amoureux de Clara, les 4 amis passèrent énormément de temps ensemble.

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Mais c’est à Paris que Paula se révélera à elle-même ; la ville devint son point d’ancrage artistique et elle avait bien l’intention d’y retourner après la naissance de la petite fille qu’elle eut avec Otto Modersohn, son mari, qui avait déjà une très petite fille d’un premier mariage. Il éleva les 2 fillettes qui furent toute leur vie très unies.

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Paula M. Becker séjournera plusieurs fois à Paris (4), abandonnant à chaque fois famille et mari, souvent d’ailleurs elle fut tentée de ne pas revenir en Allemagne.
Alors qu’elle suit des cours à l’académie Julian, elle visite les expositions, les galeries, les musées. Elle admire Cézanne, Gauguin, les Nabis.
Au Louvre, elle est subjuguée par les portraits du Fayoum.

paula becker se moquait beaucoup, dans son journal, de cette nature morte

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Grâce à Rilke, elle rencontrera Rodin. Ce n’est pas le seul qu’elle rencontrera = Maurice Denis, le douanier Rousseau, Edouard Vuillard font partie de ses belles découvertes artistiques. 

On a surnommé Paule M. Becker « la Camille Claudel d’outre-Rhin » - cela me surprend un peu comme comparaison, qui chacun le sait n’est pas raison.
Elle fut l’une des rares femmes peintres de son temps à oser peindre des femmes nues, enceintes, ou avec bébé, et aussi des portraits de vieilles personnes.

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Je préfère lui laisser la parole = comme elle l’écrira dans des lettres à sa sœur = elle a « faim d’art ».
Comme elle l’écrit dans son journal « je veux apprendre à exprimer la délicate vibration des choses, le frémissement du sol ».
L’œuvre de Paula Modersohn-Becker annonçait des avant-gardes artistiques qu’elle n’aura pas la chance de connaître.
En tout cas, moi j’ai découvert une artiste sinon par l’exposition, du moins par le livre de Marie Darrieussecq, et par la photothèque google où j’ai trouvé les illustrations jalonnant ma petite chronique.

Vous pourrez lire un joli billet consacré à cette artiste sur le blog habiller venus, que je vous recommande vivement.

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01 janvier 2017

BELLE ANNEE A TOUTES & TOUS

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une année, ce sont 4 saisons
que je vous souhaite sereines, heureuses,
ensoleillées
ainsi qu'à tous ceux qui vous sont chers

29 décembre 2016

LES AQUARELLES D'YVES FAGNIART

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Heureusement qu’une de mes amies m’a signalé cette jolie exposition, pleine de talent et de tendresse à l’égard des animaux, sinon je serais passée totalement à côté, vu qu’elle se termine bientôt.
J’aurais réellement raté quelque chose.

Les photos illustrant cet petit billet d’humeur et de balade rêveuse sont celles que j’ai été autorisées à prendre – mais l’espace Wallonie-Bruxelles a un toit qui est une belle verrière, les murs sont entourés de grandes fenêtres, ce qui ne m’a pas donné l’occasion de prendre de belles photos, vu les reflets dans les verres protecteurs des cadres.
Une seule photo a été sélectionnée sur le site de l’artiste = celle qui le montre au travail. Ma chronique s'inspire de sa bio sur son site également.

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Yves Fagniart se passionne pour la nature depuis longtemps. Ce peintre belge, né en 1959, a commencé très tôt à peindre cette belle nature et la faune qui l’habite. Ses aquarelles reflètent son côté contemplatif, qui laisse la place au rêve et à l’imagination.
Depuis plus de 10 ans il parcourt les espaces naturels d’Europe ainsi que d’Afrique, afin d’y capter toutes les beautés que la nature nous offre et les transmettre par ses dessins et aquarelles.
En tant qu’artiste, il est reconnu internationalement et ses œuvres sont régulièrement exposées dans différents pays = elles représentent non seulement sa personnalité mais aussi sa démarche pour l’environnement. Il est  sollicité (et récompensé) dans divers concours artistiques, ceci autant en Belgique qu’à l’étranger (et honte sur moi, je n’en avais jamais entendu parler).

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En 2005 les Nations Unies ont même fait appel à lui afin d’y exposer ses travaux sur le thème des oiseaux migrateurs.
En complément à l’exposition, un petit film documentaire peut se regarder, dans lequel l’artiste exprime en quoi consiste son travail, le montrant parcourant la région des Fagnes par exemple, appareil photo et bloc de croquis à la main.
En plus de ses dessins et aquarelles, l’exposition permet de découvrir ses talents de céramiste animalier.

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28 décembre 2016

LE CAPITAINE FRACASSE, de Pierre Gaspard-Huit

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Scénario de Pierre Gaspard-Huit d’après le roman éponyme de Théophile Gautier

Dialogues d’Albert Vidalie, qui a également participé à  l’adaptation

Maître d’armes = Claude Carliez 

Philippe, baron de Sigognac, ruiné, fait la leçon à son valet-intendant-majordome, bref homme à tout faire qui braconne sur ses terres pour lui offrir un repas parfois digne de lui. 
Après avoir sauvé la vie de la marquise des Bruyères dont le cheval s’est emballé, Sigognac rencontre la troupe des baladins d’Hérode, dont le chariot a une roue cassée. Il fait très froid aussi malgré l’état délabré du château de Sigognac, les comédiens ambulants ne sont que trop contents d’avoir un vrai toit, et un bon repas de terrine de lièvres (n’est ce pas cher valet !).

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Philippe se sent très seul dans ce vieux château et il est rapidement évident qu’il a eu le coup de foudre pour la douce Isabelle qui joue les ingénues au sein de la troupe où l’on retrouve les personnages de la commedia dell’arte = Léandre, le joli cœur, Matamore, Scapin, Blazius, Serafine la coquette, Zerbine la soubrette et Dame Leonarde, la duègne.
Puisque la troupe a perdu son poète, pourquoi lui Sigognac ne le remplacerait-il pas ?

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Aussitôt dit, aussitôt fait – en cours de route, notre troupe rencontre Agostin et Chiquita, voleurs de grand chemin – Philippe se précipite et les désarçonne, mais la douce Isabelle partage avec Chiquita un beau châle et un collier ; elle l’ignore encore, mais elle vient de se faire une amie pour la vie qui viendra à son secours le moment venu.
Quant à Sigognac, son acte de bravoure contre Agostin et les mannequins que celui-ci a disposé sur la route, il lui vaut le surnom de « Capitaine Fracasse » par Léandre.
Lorsque le comédien interprétant « Matamore » meurt, Sigognac se propose pour le remplacer et le remplace, ma foi, fort bien.

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Philippe de Sigognac et Isabelle se déclarent leur amour, mais à sa demande de l’épouser, elle répond « non » car elle n’est qu’une comédienne, et elle ne veut pas lui nuire en société. 

Pendant ce temps, le duc de Vallombreuse pose les yeux sur Isabelle, à la fenêtre d’une auberge, et décide sur le champ qu’il la veut. Isabelle est protégée par Philippe aussi Vallombreuse imagine-t-il plusieurs stratagèmes pour se l’attacher,  ne fut ce que pour une nuit, menaçant même la vie de Sigognac.
Celui-ci est une fine lame, excellent bretteur, même Jacquemin Lampourde, qui met son épée au service du plus payant, le reconnaît pour un maître et refuse désormais de le tuer.
Et il est renvoyé illico presto par Vallombreuse, qui le remplace par Malartic.

Au cours d’une représentation au palais royal à Paris, devant Louis XIII et la reine, les comédiens d’Hérode et ceux venus d’Italie remportent un fort succès, ce qui est excellent pour remplir leurs escarcelles.  
C’est aussi au cours de cette soirée, que le duc de Vallombreuse, père, remarque Isabelle au doux visage, qui lui rappelle une jeune comédienne qu’il a beaucoup aimée.
Mais son fils, lui,  ne s’arrête pas et fait enlever Isabelle. 

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Bien sûr Philippe se précipite à son secours, aidé par Hérode et ses amis, ainsi que par Chiquita qui passait par là avec Agostin, qui s’est fait arrêter et sera puni en place publique.
Lorsque la bague que Chiquita présente au duc de Vallombreuse, père, pour lui dire que la jeune fille est en danger, le vieux duc réalise qu’Isabelle est sa fille.
Avec son secrétaire, il se précipite vers Vallombreuse et arrive presque trop tard = son fils, enragé à tuer Sigognac, s’est jeté sur lui et sur l’épée par la même occasion. Il apprend ainsi qu’Isabelle est sa demi-sœur et s’écroule. Heureusement, la blessure n’a pas touché d’organe vital et tout est bien qui finit bien = à présent que la voilà fille d’un duc, Isabelle peut épouser Philippe de Sigognac !

Vous dire à quel point j’ai été enchantée de redécouvrir ce film datant de 1961 et que j’avais eu le plaisir de voir à sa sortie, puis revoir à la télé, serait un euphémisme.
Revoir cette histoire pleine de romantisme et d’humour, de cascades avec un Jean Marais, bondissant, au mieux de sa forme, fut une vraie joie. Comme dans la plupart de ses films, l’acteur effectue ses cascades lui-même.

J’ai eu, ainsi,  le plaisir de retrouver toute une série de comédiens français des années 1960, au mieux de leur forme = Philippe Noiret (Hérode), Louis de Funès (Scapin), Gerard Barray (Vallombreuse) et Jacques Toja (Léandre) – ces 2 derniers furent avec Georges Descrières et Bernard Woringer « les Trois Mousquetaires » de Bernard Borderie, dont je garde un très bon souvenir et qui, hélas, n’est pas réédité en dvd.

Cöté dames = Geneviève Grad est une Isabelle, un peu falote, mais c’était son premier grand rôle, elle avait à peine 17 ans,  elle ne paraissait pas très à l’aise – elle est toutefois une ingénue plus vraie que nature.
La pétillante Sophie Grimaldi est Zerline, Danielle Godet, Séraphine, et  Renée Passeur, la duègne.

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La distribution offre des tas de comédiens qui deviendront célèbres au fil du temps, ou qui le furent dans les années précédentes = le savoureux Jean Rochefort, dans le rôle d’un des spadassins envoyé pour tuer Sigognac et son compère changeant de camp, Riccardo Garrone/Jacquemin Lampourde.
Les frères Préboist interprètent des valets de Vallombreuse également envoyés pour rosser Sigognac. On rencontre au passage Guy Delorme, Raoul Billerey, Maurice Teynac, Bernard Dhéran, Bernard Lajarrige, Robert Berri, tous souvent rencontrés dans des films de cape et d’épée.

Décors et costumes étaient fort bien choisis également, de la recherche dans les costumes et des décors naturels comme la forêt de Rambouillet et le château de Maintenon.
Quant aux décors studio (auberges, place publique de Paris, ruelles), ils n’étaient pas décevants.

Rien que la scène finale, où Hérode/Noiret raconte aux 2 spadassins amis/ennemis et à Scapin/de Funes comment cette histoire se termine est un petit bijou d’humour. 

Cette adaptation du roman de Théophile Gautier est considérée comme l’une des plus célèbres, elle en est la 7ème au cinéma.
Pour ma part j’avais eu le plaisir de voir l’adaptation théâtrale à Bruxelles, au Théâtre du Parc. Il me reste à présent à lire le roman qui est dans ma « Pal Classiques de la littérature ».

Merci  à Pierre-Georges pour ce cadeau de noel qui m’a rappelé d’excellents souvenirs.

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27 décembre 2016

PATRON, DEUX P'TITS NOIRS JE VOUS PRIE

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Oui deux petits films noirs de série B, en noir et blanc, avec ce que j’ai particulièrement apprécié = des vedettes célèbres des années 1940-1950 en contre-emploi – l’un, Don Ameche dans un rôle ambigu, qui n’est pas sans rappeler celui du mari dans « M for Murder », alors qu’il était plutôt un acteur connu pour ses rôles de comédies.
Et l’autre, Robert Ryan, un habitué des rôles de « bad boys », voire assassins limite psychopathes.
Dans les deux cas, la vedette principale est Claudette Colbert, elle aussi relativement à contre-emploi, dans la mesure où à l’époque on la remarquait aussi plutôt dans des rôles de comédies.

Comme je l’ai dit, ce ne sont pas des films au scénario extraordinaire – cependant, le suspense dans les deux cas est bon et on se demande vraiment comment la malheureuse Claudette Colbert va pouvoir se dépêtrer des imbroglios dans lesquels les scénaristes l’ont embarquée (évidemment eux connaissaient la fin, mais pour le spectateur le suspense est (presque) intense).

(les 2 films peuvent se regarder en VO sur youtube)

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THE SECRET FURY, de Mel Ferrer (1950) – Titre français = Fureur Secrète
Scénario de Lionel Houser
Ellen, une pianiste de renom et David sont sur le point de se marier – au moment de prononcer les vœux de mariage, un individu arrive et proclame qu’Ellen est déjà mariée à un certain Randall. Immédiatement Ellen confirme qu’elle n’a jamais entendu parler de ce bonhomme, qu’elle n’a jamais été mariée. De plus, le jour du soi-disant mariage, elle était dans sa maison au bord de la mer.
David la croit et ils se rendent ensemble dans l’appartement où vit le gars à qui elle serait mariée, l’homme l’emmène dans une pièce adjacente, seule pour discuter de modalités d’un éventuel divorce lorsqu’éclate un coup de feu. L’arme est aux pieds d’Ellen qui ne sait d’où sont venus et le coup et l’arme. Accusée du meurtre de son soi-disant époux, Ellen craque au tribunal et est enfermée dans un asile pour malades mentaux. Même sa tante la croit coupable et folle. David, le seul à croire à son innocence, décide de mener sa propre enquête. Non sans danger, on s’en doute.

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Pas mal du tout comme toile d’araignée, un plan assez bien fignolé dans lequel il est presque impossible que l’héroïne puisse s’en tirer. On finirait presque par la croire coupable. Il y a tant de témoins de ce « mariage », de les avoir vus ensemble elle et ce Randall, que l’on doute de la situation.

A la mise en scène = l’acteur Mel Ferrer qui se préférait d’ailleurs metteur en scène qu’acteur, mais il eut peu de réussites dans la mise en scène.
Acteurs = Claudette Colbert, Robert Ryan, Philip Ober, Vivian Vance, etc.

 

 

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SLEEP, MY LOVE (1948) de Douglas Sirk – Titre français = L’homme aux Lunettes d’Ecaille
Scénario de Leo Rosten & St.Clair McKelway, d’après une nouvelle de Leo Rosten
Alison Courtland, une riche Newyorkaise, se demande réellement comment elle a pu arriver dans ce train roulant vers Boston. Alison a une arme dont elle n’a aucune idée de la provenance ; lorsqu’elle téléphone à Richard, son mari, elle ne sait pas que la police écoute la conversation, Richard explique aux flics qu’elle l’a menacé. Dans le vol qui la ramène chez elle, Alison fait la connaissance de Bruce Elcott, qui tombe amoureux de cette femme malheureuse dans son couple.
Au retour, son mari  la confie au docteur Rhinehart, un psychiatre qui s’avère être tout autre chose. En fait  ces « séances de psy » ont pour but de prouver qu’Alison n’est pas saine d’esprit, la pousser au suicide afin d’hériter ! Heureusement, Bruce veille au grain !

Oui heureusement que les femmes malheureuses en ménage trouvent toujours un chevalier servant (l’institution du mariage n’a vraiment pas bonne presse au cinéma =^-^=). Car les toiles d’araignée tissées par les odieux maris, désireux d’empocher l’argent sont aussi un thème récurrent.

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J’ai bien aimé revoir ce film qui fait partie de l’histoire du cinéma, vu que je connaissais l’histoire, le suspense (pour moi) fut moins fort que pour le film précédent.

Metteur en scène = Douglas Sirk, connu pour ses mélodrames. Ici, dans un genre hitchcockien, il ne se débrouille pas trop mal, même si on a des réminiscences de « M for Murder » - qui a toutefois été tourné en 1954, soit 6 ans après ce film-ci - et du film de George Cukor « Gaslight », où il était aussi question de liquider la riche épouse pour hériter et vivre en paix avec la maîtresse. Même si n'est pas Hitchcock qui veut, on se demande si celui-ci ne se serait pas quelque peu emparé du sujet pour son propre film de 1954 ...
Acteurs = Claudette Colbert, Robert Cummings, Don Ameche, George Coulouris, Hazel Court, Raymond Burr, etc.

26 décembre 2016

PETITS MEURTRES A MONTREAL, d'Edith Couture Saint-Germain

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Montréal en été -

On a tous envie d’un coup de jeune … certaines, comme Sandy best friend ever de Mathilde, ont recours à la chirurgie esthétique, botox, etc.
D’autres essaient de vivre le vieillissement avec un certain fatalisme, caché sous une dose de zénitude, comme Bénédicte, épouse de Nicolas qui n’assume pas de vieillir et ne supportant pas le laisser-aller de son épouse, se console avec une jeunesse – des fois que ce serait contagieux = dormir avec une femme jeune peut  peut-être vous valoir un lifting nocturne ?... non ? si vous le dites !

Puis il y a Mathilde, qui en se regardant dans les miroirs de la salle d’attente du chirurgien de Sandy, s’est soudain dit qu’elle aimerait bien perdre quelques années quand même, alors qu’elle est au seuil de la soixantaine, comme les copains et copines.
Et voilà que surgit sans coup férir la ravissante ( ? ou le charmant ?) Lucy Férial  - genre indéfini mais qui n’hésite pas à lui proposer effectivement de perdre quelques années, une seule condition = lui fournir des noms, pas beaucoup de noms puisque Mathilde ne veut pas perdre beaucoup d’années – seulement retrouver la pêche de ses 40 piges par exemple.  

Elle n’y croit guère notre gentille Mathilde, galeriste, jolie (presque) sexagénaire, qui n’a eu qu’un défaut dans sa vie = faire confiance à des sales types – l’un était un manipulateur-pervers narcissique, l’autre a failli la ruiner et lui faire perdre la galerie dont elle est si fière.
Chaque fois, chacun de ces sales types avait un adorable bambin, dont il se servait de manière éhontée pour encore mieux culpabiliser la jeune femme qui a juré qu’on ne l’y reprendrait plus.
Heureusement qu’il y a Philippe, LE vrai pote, celui des jeunes années, qui est toujours fidèle au poste, offrant une épaule sur laquelle pleurer.

Lorsqu’elle pense à son premier bonhomme toxique, voilà Mathilde qui se retrouve avec 15 années de moins, une forme époustouflante et se demande soudain comment elle va expliquer qu’elle a réellement rajeuni ? ok direction coiffeur.
Et le lendemain, dans le journal, elle découvre la mort de Gérard, le pervers narcissique, confirmé par son fils, artiste talentueux, grâce à Mathilde.
Mathilde va tenter de négocier avec Lucy Férial – qui, comme vous l’aurez compris est Lucifer ! oui le diable en personne – assez sympa somme toute, sauf que,  bon,  rajeunir, ne plus avoir de lunettes pour lire, être en super forme, cela se paie tout de même.
Et finalement que vaut la vie d’un être malfaisant ? Là-dessus, exit aussi Jean-Charles, qui avait pourtant disparu loin de Montréal.

Mais mon dieu (enfin si on l’ose dire) où cela va-t-il se terminer ? même Philippe est catastrophé pour Mathilde.

J’ai décidé dans cette période dite de « fêtes » (où les mauvaises nouvelles suivent et se ressemblent), de lire des  histoires gaies, légères, intelligentes.

Car même si cela n’en a pas tout à fait l’air, si cela ressemble à un conte superficiel pour revue de coiffeur, ce roman (légèrement thriller) d’Edith Couture Saint-André est un petit bijou d’humour et de réflexions intelligentes sur l’art de bien ou mal vieillir, sur les questions existentielles de la religion (non ce n’est pas du béni oui-oui, au contraire et ce Lucifer-là me botte bien), sur les relations hommes/femmes.

Bref, c’est un bouquin épatant, qui vous tient en haleine comme un thriller, qui vous fait réfléchir comme un livre de psychologie, qui est teinté d’un humour caustique (rare chez les francophones) et qui m’a fait glousser de bonne humeur de la première à  la dernière page.

Je me suis retrouvée dans bien des réactions et des réflexions de Mathilde et ses ami(e)s, notamment sur l’âge – à ce propos d’ailleurs, le livre m’a un peu fait penser à « No I don’t want to join a bookclub » de Virginia Ironside (billet ici), qui traitait aussi de l’âge et autres petites plaisanteries de ce genre.

Autre plaisir pour moi – et non des moindres = retrouver les rues et les lieux de Montréal que j’ai eu le bonheur de visiter il y a trois ans.
Ce qui est un plaisir supplémentaire = une jolie écriture, un style et un vocabulaire choisis. 

Merci Manu (my very own best friend for life) pour ce très chouette cadeau de noel.

(Attention = le livre est aussi édité sous « Mon été avec Lucifer » mieux vaut le savoir, sinon on achète deux fois le même livre – qui a une suite "Le dernier noel de Lucifer")

le marché jean talon

MONTREAL 2014 219

25 décembre 2016

CAROL OF THE BELLS

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Mykola_leontovych

Ce joli morceau musical est un "christmas carol" créé par le compositeur ukrainien Mykola Leontovych en 1914 - les paroles en ont été composée par Peter Wilhousky.
Le chant de noel est basé sur une chanson populaire, issue du folklore ukrainien.
Il a été adapté de multiples fois, par différents artistes du monde musical que ce soit en jazz, musique country, musique classique et même en rock & pop, ainsi que metal.
On retrouve cette musique au cinéma ou dans des émissions télévisées.

Une jolie adaptation est celle  chantée par un choeur de jeunes enfants, faite par le compositeur, pianiste et chef d'orchestre américain John Williams. bien connu des amateurs des films de Steven Spielberg.

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J'ai toutefois priviliégié  l'adaption pour violoncelle, l'un de mes instruments préférés avec la flûte traversière. Pour rappel, l'une des plus grandes violoncellistes de tous les temps était la fabuleuse Jacqueline du Pré.

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24 décembre 2016

CHAT-YEUX NOEL A TOUTES ET TOUS

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le revoilà, comme tous les ans
fidèle au poste pour vous souhaiter

une BELLE FETE DE NOEL
entourés de tous ceux que vous aimez

Posté par sheherazade2000 à 08:31 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
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