mon bonheur est dans la ville

24 avril 2017

DRIES, de Reiner Holzemer

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 Avec la participation d’Iris Apfel, icône de la mode – Suzy Menkes – Pamela Golbin – Patrick Vangheluwe –  et surtout Harry, le chien airedale

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Version anglaise, avec sous-titres français et néerlandais

(illustrations trouvées via la photothèque google)

Le documentaire du réalisateur allemand Reiner Holzemer nous fait découvrir non seulement les coulisses du créateur belge (Anversois), mais nous ouvre aussi quelques pages personnelles et intimistes du créateur de mode.

De son bureau/maison à Anvers, jusque dans les divers défilés, Dries van Noten se dévoile un peu, tel qu’il est = amoureux des couleurs, des idées différentes des autres, de la mode qui est un concept qui change désormais.
Le spectateur assiste à quelques défilés, aux mises en scène de ceux-ci avant qu’ils n’aient lieu – mais surtout dans les coulisses du créateur.

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Dries van Noten se confie quelque peu également dans sa vie privée, qu’il partage depuis 28 ans avec Patrick Vangheluwe, lui-même créateur de mode, associé à Dries et partenaire professionnel. Leur entente fonctionne tellement bien que travailler ensemble quotidiennement n’est pas un problème pour leur  relation – ce qui est rare.

Pour se ressourcer, Dries qui est plus que pointilleux – perfectionniste selon ses dires –  se retrouve dans son superbe jardin, dans une propriété qui ferait rêver des princes par les magnifiques objets décoratifs qui s’y trouvent.
Afin de compléter ces objets, Dries et Patrick choisissent avec infiniment de précision (et de goût évidemment) les fleurs qui se marieront dans ce décor, qui seront en parfait accord avec les tissus des mobiliers.
Pour ce créateur aux idées magiques (c'est moi qui le dit =^-^=), chaque parcelle du jardin est plantée d’arbustes et plantes offrant le même charme visuel que les créations de vêtements.

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Dries van Noten a suivi les cours de l’académie d’Anvers, il est issu d’une famille de tailleurs et il aurait pu suivre la tradition familiale, seulement cette vie là ne semblait pas faite pour lui. Avec ses copains de classe, il fera partie des SIX D’ANVERS (à savoir Ann Demeulemeester, Walter van Beirendonck, Dirk Van Saene, Dirk Bikkenbergs et Marina Yee).

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Malgré les grandes difficultés que traverse désormais le monde de la mode, surtout celui de la création, Dries van Noten a décidé de conserver son indépendance – non sans avoir songé éventuellement à vendre son entreprise ou s’associer.
Il a aussi créé une succursale en Inde, où un de ses collaborateurs, sur place, veille à la bonne marche des travaux d’aiguille compliqués, et surtout à ce qu’une éthique professionnelle soit respectée, ce qui m’a définitivement conquise à propos de van Noten.

En 25 années de carrière, Dries n’aime toujours pas le terme de « mode » car ce mot selon lui concerne un concept qui est fini en 6 mois. Il aimerait trouver un mot où le temps n’aurait pas sa place.

Une chose me préoccupe, et je n’ai pas trouvé la réponse dans le documentaire = depuis les années 1990, les mannequins sur le « catwalk » ne sourient plus dans les défilés – c’est vraiment dommage, car montrer des tissus aussi colorés, des mélanges inspirés par les ethnies et ne pas sourire parce que ce n’est plus à la mode, cela me fait de la peine.

Pour avoir travaillé dans la mode (blue jeans) j’aurais aimé avoir l’opinion de Dries van Noten sur le sujet, mais il n’en a pas parlé.

Iris Apfel, icône de la mode - plus de 90 ans
et grande admiratrice (adoratrice) de Dries van Noten

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23 avril 2017

MADAME LA MARQUISE ET LES GENTLEMEN CAMBRIOLEURS, de Frédéric Lenormand

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Lorsque j’ai entamé ce polar historique, véritable parodie (plutôt que pastiche), des romans d’époque, je ne m’attendais pas à rire presque sans arrêt.
Il est vrai que la marquise en question -  alias la très célèbre et réelle  LUISA CASATI qui inspira nombreux auteurs et peintres, mécène, femme généreuse que sa générosité et son extravagance ruina – la marquise est tellement « vivante » grâce à Frédéric Lenormand que l’on se prend à regretter de ne pas l’avoir connue.

Lorsque l’histoire commence en 1951, à Londres, au Victoria&Albert,  notre marquise n’est plus que l’ombre de ce qu’elle fut au temps de sa gloire – elle est pratiquement ruinée, vit chichement même si elle tente de jeter de la poudre aux yeux d’ un photographe à la recherche d’un cliché original.
Elle va alors lui raconter son histoire, comment elle croisa Alfred Lupin (oui vous avez bien lu = Alfred, frère de l’autre) et comment elle fut la seule à ne jamais être réellement dupe de ses multiples déguisements.

Lorsqu’elle s’installa au Ritz en 1908, le directeur (Monsieur Elles) espérait contre toute attente qu’elle s’installât dans un hôtel concurrent – d’autant plus qu’elle s’obstine à l’appeler « Monsieur Ritz », parce que s’installer chez « Elles », ça ne fait pas très sérieux !
Si seulement elle était seule, mais non, elle a non seulement une suite de serviteurs noirs, un boa, un perroquet et surtout un guépard, qu’il faut surveiller car il est très tenté par les cuisses appétissantes des jeunes Parisiennes.
C’est à la recherche de ce galopin de guépard qu’elle croise non seulement Alfred (il vous fait le bonjour !), mais aussi son nemesis l’inspecteur Galuchard, hélas pas une lumière !
Ensemble, ils enquêtent sur le cadavre trouvé sur le toit du Ritz – face à la colonne Vendôme où se trouve la statue de Napoléon, statue qui attire le frère du gentleman cambrioleur.

Lors d’une soirée où chante la célèbre Melba (surtout connue pour son dessert désormais), chantant l’air des bijoux, lesdits bijoux vont temporairement disparaître. Luisa Casati va ingénieusement les retrouver, pendant que le vrai Velasquez du 1er étage est volé.
Cela continue comme cela pendant tout le roman = les « folies » de la belle marquise, les déguisements d’Alfred, les galopades incessantes de Galuchard qui court partout, sans résultat.

Je le reconnais, la marquise Luisa Casati m’a fascinée tout au cours du roman – j’ai un faible pour les personnages féminins hors du commun, et cette femme qui avait décidé d’être une œuvre d’art vivante était bien faite pour attirer l’attention, il n’est pas donné à tout le monde de se promener avec un guépard en laisse.
D’ailleurs, le jeune photographe à qui elle raconte ses exploits parle d’elle en ces termes = «  je vis pour la première fois la plus éblouissante, la plus extraordinaire, la plus renversante créature qu’il m’ait été donné de rencontrer, une chimère mi-femme mi-panthère à la crinière écarlate, à la peau d’une blancheur de neige, dont les yeux cernés de noir vous fixaient avec l’intensité d’un fauve »
Au moment de leur rencontre (1951) elle n’a toutefois plus que des pékinois. 

Le clin d’œil à Maurice Leblanc et Arsène Lupin est un sympathique hommage, c’est peut-être un tantinet impertinent – après tout nous sommes dans la parodie, mais jamais vulgaire et vraiment très drôle.
C’est le premier roman de Frédéric Lenormand que je lis – je le connais de nom pour les « enquêtes de Voltaire » et les « nouvelles aventures du juge Ti », mais son style me plaît énormément.

Le roman mélange habilement des personnages célèbres (la marquise a réellement existé, comme l’atteste le beau portrait que Giovanni BoldIni peignit, la cantatrice Melba et quelques autres personnalités de la vie parisienne du début du 20ème siècle) et les personnages inventés par l’auteur.
On y parle de faits historiques avérés, rien n’est laissé au hasard dans la vie de notre marquise, dont les beaux yeux ont fait mourir d’amour, mais pas Molière 

Comme écrit plus haut, la marquise Luisa Casati inspira des peintres comme BoldIni mais aussi Kees van Dongen,  Man Ray, Cecil Beaton et Salvador Dali.
Du côté des auteurs, c’est Maurice Druon qui la mit en scène dans « La Volupté d’être » (que j’aimerais lire) adapté au cinéma par  Vincente MInelli,  avec Ingrid Bergman.
Elle eut une relation avec Gabriele d’Annunzio qui s’en inspira également pour un roman, et Robert de Montesquiou.
Même le cynique Jack Kerouac fut fasciné au point d’accrocher une reproduction de son portrait au-dessus de sa table de travail.

Le roman de Frédéric Lenormand est  réellement distrayant à souhait – idéal pour les vacances ou un jour de grosse fatigue (comme ce fut mon cas =^-^=)

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21 avril 2017

A GRAVE MATTER, d'Anna Lee Huber

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3ème enquête de Kiera Darby & Sebastian Gage

Ecosse 1830-1831 – le pays se prépare à fêter Hogmanay, le nouvel an – une fête plus importante aux yeux des Ecossais que la fête de Noel – c’est à Hogmanay que l’on invite la famille, les amis, et que l’on offre les cadeaux. Inutile de dire que le whiskey coule à flots.

Kiera St. Mawr Darby n’a pas du tout le cœur à faire la fête – dans une aventure précédente, elle a dû se défendre contre une accusation de meurtre et la 2ème enquête à laquelle elle participa s’est terminée dramatiquement pour son ami d’enfance et professeur d’art, sa vie à elle ayant été fortement mise en danger.
Elle n’a dû la vie qu’à Sebastian Gage, avec qui elle enquêta une fois encore, cette fois pour sauver l’honneur de son ancien professeur. Hélas ils ne purent le sauver lui et Kiera, profondément affectée, est retournée à au domaine familial de son enfance, géré désormais par son frère.  Même peindre lui est pénible désormais. Quant à son frère, il s’en veut de ne pas avoir vu clair dans les manigances du premier mari de la jeune femme, traumatisée par cette expérience qui a terni sa réputation (l’homme était peut-être anobli, mais son caractère n’avait rien de noble).

Au moment où les 12 coups de minuit ont retenti et que la tradition du « first footer » - c'est-à-dire la première personne à franchir le pas de porte pour apporter les vœux de bonheur et prospérité (généralement un membre de la famille) – commence, arrive un jeune serviteur du manoir voisin, couvert de sang.
Du sang de son ami et mentor, le vieux concierge de Dryburgh Abbey ayant surpris des voleurs de cadavres en plein travail.
Le maître des lieux participant à la grande fête d’Hogmanay organisée par la famille de Kiera, il part avec l’oncle de celle-ci qui est le magistrat du comté, avec le frère et Kiera elle-même.
Pour elle, le cauchemar recommancerait-il ? les regards soupçonneux se tournent évidemment vers celle qui est la veuve d’un anatomiste qui se servait des voleurs de cadavres pour un manuel d’anatomie.
Heureusement, le comte Buchan, maître du domaine de Dryburgh souhaite seulement son aide et ce qu’elle connaît de la situation, après tout elle a déjà participé à 2 enquêtes – il lui demande d’écrire à Sebastian Gage afin de mener celle-ci.

La situation est tout de même différente des précédentes = ici, seulement le squelette  a été volé, tous les effets,  avec lesquels l’aïeul du comte Buchan étaient enterré,  sont restés dans la tombe. Les personnes superstitieuses n’hésitent pas à accuser « la nonne de Dryburgh », un fantôme qui erre la nuit dans l’abbaye à la recherche de son amour perdu (selon Walter Scott).

Lorsque Sebastian Gage arrive, il confirme à l’oncle de lady Darby et sa famille que ce vol de squelette n’est pas le premier, au contraire – deux cas similaires se sont déjà produits précédemment – à chaque fois, seul le squelette fut volé.
Le vol des squelettes est généralement suivi d'une demande de rançon si la famille souhaite récupérer les os. 

En intrigue secondaire, un homme est venu avec une exigence surprenante = qu’on lui rende le torque appartenant à sa famille. Il a pu être enterré avec le vieux comte Buchan.
Cette exigence va mettre les enquêteurs sur un semblant de piste, car tous les squelettes volés appartenaient à des membres de la société archéologique et historique d’Ecosse.

Avant de découvrir les voleurs et assassins du vieux concierge de Dryburgh, la vie de nos enquêteurs va être menacée, un rebondissement inattendu va les ramener à la case départ – et pendant ce temps, Gage aimerait bien que lady Darby accepte sa demande en mariage – il ne sait pas, hélas, à quel point la jeune femme a été traumatisée ; de plus sa réputation est tellement ternie !

Après avoir lu toutes les enquêtes de Darby & Gage, celle-ci (pour moi) se détache un peu du lot, comme la première – raison pour laquelle je la chronique.
Il règne ici une ambiance tellement « écossaise » - tant dans les relations familiales, les paysages, le temps qu’il fait.
L’Ecosse sous la neige donne réellement envie d’y aller.

L’intrigue est intéressante, pourchasser des voleurs de squelettes à travers les Borders, rencontrer un personnage plus que suspect, qui gère toute la pègre d’Edimbourg et environs, participer au bal de nouvel-an où l’on rencontre des personnes dites bien pensantes et qui n’hésitent pas à tourner le dos à lady Darby – ce qu’elle traite avec mépris, même si elle est blessée.
J’ai apprécié les relations familiales de Kiera, son frère et les nombreux cousins d’Ecosse, hauts en couleur.

Pour une fois, la formidable sœur  des St. Mawr n’est pas présente, mais l’on parle beaucoup de cette sœur aînée affectueuse, menant tout le monde à  la baguette.
Par contre ici un nouveau personnage entre en scène = au domaine familial, Kiera St. Mawr Darby a été adoptée par  un énorme matou, en principe chasseur de souris, mais qui préfère ronronner auprès d’elle dans le studio où elle tente de se remettre à la peinture. Elle l’a baptisé « Earl Grey », sans réelle raison sauf la couleur de son pelage.
(Earl Grey n’est pas que le nom d’un thé, c’est aussi celui du premier ministre du Royaume-Uni, au moment de l’enquête – ce qui fait  ricaner tout le monde)

Je regrette que la série n’ait pas encore été traduite – bien sûr ce n’est pas de la « grande littérature », mais comme disent les Anglo-saxons « what’s the heck » !
C’est joliment écrit, divertissant, mélangeant des personnages, lieux et événements réels à la fiction – dans un mélange d’humour caustique et scènes dramatiques.

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15 avril 2017

TIGERLILY'S ORCHIDS, de Ruth Rendell

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Titre français = la Maison du Lys Tigré

ABANDON

Stuart Font invite la plupart des habitants de son immeuble à une pendaison de crémaillère. Même sa maîtresse s’y invite, alors qu’il préférerait qu’elle ne vienne pas et même plus du tout le voir, étant donné que son mari a décidé de le tuer, lui Stuart, s’il continue à coucher avec son épouse.
Or, Stuart est extrêmement vaniteux, très soucieux de sa petite personne, il est très beau et ne tient pas à ce que le mari en question lui abîme le visage, surtout qu’il l’a déjà tabassé 2 fois. La seconde fois étant pendant la pendaison de crémaillère, ce qui a évidemment écourté la soirée !

Entretemps, Stuart Font est intéressé par une ravissante Asiatique habitant la maison d’en face. L’un des vieux résidents de l’immeuble l’a d’ailleurs surnommée « Tigerlily » en raison de sa beauté, de sa sveltesse, de sa délicatesse. Elle est hélas toujours accompagnée d’un homme qui pourrait être son père, parfois d’un jeune homme ou d’une femme plus âgée.
Superficiel comme l’est Stuart Font, il se dit que cette ravissante créature et lui formeraient un très beau couple. Il tente, en vain, de pouvoir obtenir un rendez-vous avec elle.

Le mari de son ex- (enfin pas encore tout-à-fait ex) maîtresse lui ayant cassé le bras, Stuart profite de la gentillesse d’une des étudiantes de l’immeuble, la moins jolie des 3, mais il est évident à ses yeux qu’elle est amoureuse de lui – Molly l’aide au ménage, non rétribuée évidemment – il est si beau, il comprend qu’elle fait cela dans l’espoir de le séduire. 

Et à ce stade j’ai abandonné !

Pourtant j’aime énormément l’écriture de Ruth Rendell – de plus le livre est présenté comme une vue humoristique, avant le crime, d’un petit immeuble de Londres. En dehors du fait que ce soit une bonne satire du comportement humain, c’est sarcastique, voire sardonique,  mais pas vraiment drôle.

De toute façon le personnage de Stuart Font n’est toujours pas mort à la moitié du livre (là où j’ai abandonné)  - or, ceci est supposé être un polar.  

Je me doute bien que la romancière souhaitait bien mettre les protagonistes en scène, mais je n’en pouvais plus du  vieux monsieur maniaque du rangement, des concierges – lui pédophile, elle cancanière, des anciens babacools, dont lui cite des extraits de « Paradise Lost » de Milton et elle étant très « new age » prône les bienfaits des plantes ; il y a aussi une journaliste qui s’essaie à son roman, et son mari nouvellement diplômé en médecine qui est hargneusement anti-plantes et médecines alternatives et préfère vitupérer contre ces dernières dans les revues médicales plutôt que pratiquer la médecine. Ainsi que de la vieille femme ivrogne qui se nourrit de gin, vodka et autres alcools forts.

Et bien sûr le couple adultère -  quant à Stuart Font, il me tapait tellement sur les nerfs que je l’aurais liquidé des le premier chapitre.  Et je ne vous parle même pas de son idiote de maîtresse, aussi superficielle que lui.
Je n’ai même pas eu envie de découvrir le secret de Tigerlily.

Voilà un polar/thriller de Ruth Rendell que je me réjouissais de découvrir et le soufflé est retombé lamentablement. Je n’ai pas accroché.
Comme je l’ai déjà dit, lorsque j’abandonne un livre, c’est un rendez-manqué avec l’auteur et c’est d’autant plus dommage quand c’est une auteure que j’apprécie.

Une version cinématographique du roman a été réalisée par Pascal Thomas, je l’avais mise à mon programme, mais je crois que je vais passer mon tour.

13 avril 2017

A CERTAIN JUSTICE, de P.D. James

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Titre français = Une Certaine Justice

10ème enquête du Commandant Adam Dalgliesh et son équipe 

Venetia Aldridge, une ambitieuse avocate, a obtenu brillamment l’acquittement d’un jeune homme accusé d’avoir assassiné la tante chez qui il vivait.
L’acquittement est obtenu à partir d’un doute raisonnable. La vie misérable du jeune homme, avec une tante appréciant la promiscuité et se faire photographier par son neveu en plein acte sexuel, cette vie aurait-elle joué en sa faveur ? pas sûr, mais ce qui est sûr c’est que le témoin proposé par l’accusation a été débouté par Aldridge Q.C.  Le jeune homme ne montre aucune reconnaissance à son avocate, après tout elle ne faisait que son boulot !

Ms. Aldridge est peu appréciée en règle générale, sa fille la déteste franchement, son amant vient de rompre avec elle, son ami – du moins ce que Venetia a de plus proche d’un véritable ami – refuse de l’aider pour parler à sa fille.
Car Octavia, désormais majeure, s’est laissé embobiner par Garry Ashe, le jeune homme à qui sa mère a évité la prison à vie. La jeune fille n’écoute pas sa mère, dont les arguments contre Ashe sont plutôt justifiés, mais Octavia est trop contente d’avoir trouvé de quoi défier sa mère et se venger de son manque d’amour.
Elle voit en Ashe une âme-sœur dans l’infortune des enfants mal aimés.

A côté de cela, Venetia Aldridge a découvert quelque chose concernant l’un de ses assistants, et il y a de fortes chances qu’il en perdra son poste, et toute possibilité d’avancement.
Quant à devenir le nouveau chef des « Chambres », c’est l’ancienneté de Venetia contre son meilleur ami qui espère ce poste et elle n’a pas l’intention de céder cette promotion d’un pouce.

Bref, les suspects ne manqueront pas quand Venetia Aldridge est retrouvée poignardée dans son bureau, une perruque d’avocat, ensanglantée, posée de manière dérisoire sur la tête de la victime.
C’est le commandant Adam Dalgliesh et son équipe qui sont appelés sur les lieux, dans un esprit de collaboration avec la police métropolitaire.
On leur fait comprendre qu’ils doivent agir avec précaution compte tenu du milieu où ils vont évoluer – ce que Dalgliesh écoute avec un haussement de sourcils – il est à l’aise partout et pour lui, seule la vérité compte, peu importe le milieu.

Une enquête des plus intéressantes, située dans le monde de la justice, des avocats, juges et autres membres du Inner Circle – j’ai eu un peu de difficulté à comprendre les diverses variétés d’appellation du monde d’Old Bailey – le système juridique britannique étant, il me semble plutôt différent du nôtre (que je ne connais pas mieux d’ailleurs) – il y a l’accusation, la défense, le juge, mais aussi des assistants qui portent aussi un titre juridique.
Pourquoi faire simple, si typiquement british = je pense avoir compris  qu’un « solicitor » donne un conseil, tout comme le « barrister » mais ne plaide pas – il adresse son client à un « attorney at law » qui plaide en cour d’assises – il y a le « prosecutor » (le procureur). 
Mais tout ceci nous éloigne un peu de mon avis sur ce polar d’excellente facture. 

Comme dans la plupart des romans de P.D. James, celui-ci est découpé en 4 grands chapitres, on pourrait presque parler « de grands actes » (comme au théâtre), le premier étant comme souvent la mise en place des protagonistes, avec leur histoire depuis l’enfance.
C’est parfois légèrement fastidieux à lire, mais pour Ms. James indispensable, apparemment, à la compréhension de l’acte criminel et/ou de la psychologie des personnages.

En tout cas, le meurtre de Venetia Aldridge semble trouver sa justification dans son caractère extrêmement difficile, une femme ambitieuse dont la vie ne laisse pas beaucoup de place aux sentiments – sa fille en est un vibrant exemple.
Même les hommes dans la vie de Venetia Aldridge sont des « accessoires », non pas à sa réussite mais pour conserver un semblant de vie sociale. Je dirais presque un « semblant d’humanité » pour une femme qui a appris à ne pas laisser les émotions envahir son existence.

L’équipe d’Adam Dalgliesh est sur le terrain, avec Kate Miskin toujours envahie par ses souvenirs de jeunesse, dominés par la pauvreté, et légèrement en compétition avec l’autre assistant de Dalgliesh, Piers Tarrant.

Je ne peux qu’encourager à lire cet excellent thriller, une enquête qui va paraître longue ; quelques  indices mettront nos enquêteurs sur la piste, même si la procédure policière s'avère longue. 

En dehors de l'intéressante étude de caractères, où pour certains la réussite sociale domine la vie privée et aussi quelques réflexions sur le politiquement correct, sur la place des femmes dans une société essentiellement masculine, le roman appelle aussi à une autre réflexion = celle de la position de l'avocat de la défense, qui est là pour contrer l'accusation, pour éventuellement mettre en évidence les déficiences des théories de l'accusation. Que la personne que l'on défend soit coupable ou non, n'est pas le but de l'avocat de la défense, n'est pas essentiellement son problème.

Et quelques promenades dans Londres.

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11 avril 2017

THE ASHARTON MANOR MYSTERIES, de Celina Grace

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Alors que les (très) courts romans sont présentés comme des romans individuels, comme des « novellas », je préfère dire qu’il s’agit en réalité de 4 chapitres de l’histoire d’un manoir que l’on peut considérer comme maudit, vu les drames qui s’y sont produits.

Comme dans les courts-métrages, le fil rouge des histoires est le tout premier chapitre, celui où Joan Hart joue à la détective-amateur avec sa meilleure amie.

Asharton Manor est une grande propriété, bordée par un petit bois de bouleaux et une forêt de pins – passé le petit bois de bouleaux, le lieu devient plutôt sinistre. Il est vrai qu’aux temps très anciens, la forêt de pins abritait un temple dédié à Astarté où des sacrifices étaient parfois pratiqués – la plupart des sacrifiés étaient des animaux, mais parfois aussi des êtres humains.

Chaque chapitre peut être considéré comme un court roman en soi, puisque chacun d’eux aborde le manoir dans ce qu’il a de sinistre à différentes époques, tombant au fil du temps de plus en plus en déliquescence.
Même si j’ai trouvé l’idée intéressante de se servir de ce manoir comme fil conducteur, les 2 derniers chapitres sont plutôt faibles à mes yeux.

DEATH AT THE MANOR – Angleterre 1929 – la jeune Joan Hart arrive à Asharton Manor, elle a été engagée comme première fille de cuisine, celle qui est sous les ordres de la cuisinière et peut aider aux plats plus sophistiqués. L’ambiance du manoir - une impressionnante bâtisse où il est très facile de se perdre si on emprunte le mauvais escalier – n’est pas très agréable. La maîtresse de maison, Delphine Denford, est une femme de santé fragile, prompte à des crises nerveuses, surtout en présence de son époux, qui travaillant à Londres, est souvent absent. Logent aussi à Asharton, le frère de Mrs. Denford, revenu d’Afrique, et une vieille tante de Mr. Denford, habitant là depuis son veuvage.
La caustique Joan se dit que si ces gens avaient à travailler plein temps comme leur personnel, ils n’auraient pas autant d’états d’âme. Lorsque la santé de Mrs. Denford prend un très mauvais tour et qu'elle meurt, Joan se souvient d’une conversation qu’elle eut avec le frère de la morte. Pour la jeune cuisinière, il ne fait aucun doute que sa patronne a été assassinée. Douée pour l’écriture, elle a déjà écrit maintes fois à sa meilleure amie, femme de chambre à Londres. Ensemble elles vont tenter de trouver des preuves de ce que Joan Hart avance.
Mon avis – une ambiance qui m’a fait totalement pensé au film « Gosford Park » (et non à Downton Abbey comme on pourrait le croire) – j’ai trouvé les réflexions de Joan (en son for intérieur) piquantes et amusantes. Le nom de son amie est un clin d’œil au lecteur également = l’amie de Joan se nomme Verity Hunter (= chasseur de vérité).

A PRESCRIPTION FOR DEATH – Asharton Manor en 1947, le manoir n’a pas été bien entretenu, mais suffisamment en état de devenir un lieu de convalescence pour soldats blessés – Vivian Holt, une jeune veuve de guerre, décide de faire du volontariat au manoir – travail dont elle a besoin pour se guérir de son chagrin, pour être d’une certaine manière fidèle à la mémoire de son mari. Son aide est précieuse, car Vivian ne recule pas devant la tâche = nettoyer, aider à soigner, et apporter un peu de réconfort aux blessés. L’un d’entre eux notamment, Norman Winter, qui a connu aussi la première guerre mondiale, est un vieil homme plein d’humour malgré ses blessures et Vivian et lui ont de longues discussions concernant les livres. Il aime les romans policiers, comme par exemple celui écrit par Joan Hart = Death at the Manor (je vous l’avais dit que Joan avait un grand talent d’écriture).
Celui qui inquiète le plus Vivian est le jardinier du manoir. Il l’observe presque sans arrêt quand elle arrive ou repart, elle l’a même surpris devant sa maison.
Un matin lorsque Vivian arrive au manoir, elle réalise que Norman a disparu. Selon les membres du personnel, il aurait mis fin à ses jours. Or dans son comportement, Vivian n’a nullement détecté des signes annonciateurs. Pourtant il a laissé un mot. C’est ce mot qui met la puce à l’oreille de la jeune femme = il a été écrit avec l’encre habituelle de Norman, mais il n’avait plus d’encre et avait emprunté le porte-plume de son amie qui n’est pas du tout de la même couleur.  De plus, une photo a disparu, photo-souvenir pour le vieux soldat. L’ennui lorsqu’on joue les détectives-amateurs, c’est que l’on se met en danger.
Mon avis – une belle histoire d’amitié, également un pamphlet contre la guerre et ses drames. Joliment écrit, comme le chapitre précédent.

THE RHYTHM OF MURDER – l’année est 1973 - Eve et Janey sont deux étudiantes en balade à travers l’Angleterre, robes longues et fleurs dans les cheveux, pas farouches.
Elles s’arrêtent dans un pub du village de Midford, où habitait Vivian, la tante d’Eve ; elles s’installent à la terrasse du pub, où un séduisant jeune homme les interpelle et leur propose la visite du manoir d’Asharton, désormais propriété du groupe rock « The Dirty Rumours ».
Flattées de cet intérêt, voilà nos deux hippies qui suivent l’homme en question, avec la promesse de rencontrer Blue Turner, le leader du groupe, l’idole de toutes les groupies. Il a peut-être acquis le manoir et ses terres, mais il n’a certes pas, malgré sa richesse, décidé de le remettre quelque peu en état. Au contraire, l’intérieur est aussi pitoyable que la façade. Les filles sont tombées dans la typique ambiance « Drugs Sex & Rock&Roll ». Immédiatement la gracieuse Janey attire l’œil du leader et devient sa maîtresse, pendant qu’Eve, le premier effet d’un joint et de l’alcool passé, commence à se sentir très mal à l’aise, trouvant l’atmosphère quelque peu sinistre. Surtout ce bois de pin où elle s’est aventurée un jour. Comme elle s’ennuie, Eve cherche de quoi lire, elle découvre que l’un des occupants lit le roman « Death at the manor » de Joan Hart ; la jeune Eve se souvient que sa tante lui avait prêté ce livre, un bon petit polar, basé sur des faits réels.
Puis un jour, sans coup férir Janey disparaît – sans un mot, sans un petit billet destiné à son amie, or leur périple dans le sud de l’Angleterre n’est pas terminé et l’université ne reprend que dans un mois.
Eve se met à la recherche de signes prouvant que quelque chose de très mauvais est arrivé à son amie.
Mon avis – alors là, on est tombé totalement dans le cliché « sex drugs and rock&roll », au point que cela en devenait fastidieux à lire. Les personnages ne sont pas particulièrement sympathiques et la fin est particulièrement dramatique, mais tellement prévisible.

NUMBER 13, MANOR CLOSE – en 2014, Beatrice et Mike Dunhill ont enfin trouvé la maison de leur rêve, à deux pas de Midford où elle a toujours vécu = un ravissant cottage, reconstruit bien sûr, mais réellement confortable, situé sur ce qui fut le domaine d’Asharton Manor, qu’un incendie a complètement ravagé dans les années 1970.
Bea est une jeune femme aux nerfs fragiles, en surpoids et complexée, ayant été en forte dépression après la mort de sa mère. Pour elle cette maison est un nouveau départ et elle se sent déjà mieux dans sa peau, au point d’avoir entamé une vraie cure d’amaigrissement. Il n’y a pas encore beaucoup de voisins dans « Manor Close », aussi Bea est-elle heureuse lorsqu’une jeune femme vient s’installer au n°15. Mia est sympathique et elles deviennent bonnes copines. Est-ce trop beau pour durer ? Mike s’absente régulièrement pour son travail, et les soirs où elle est seule, Bea expérience quelques désagréables phénomènes = ombres suspectes, objets déplacés, bref de quoi retomber dans ses angoisses. Notamment le soir où elle regarde l’adaptation télévisée  du roman de Joan Hart « Death at the manor ».
Mon avis – alors là, j’avais absolument TOUT deviné dès les premières lignes – c’était réellement TROP prévisible, je n’ai même pas été contente d’avoir tout deviné, car comme le court roman fait très peu de pages, inutile de dire que je suis restée sur ma faim. De plus, il y avait comme une lassitude dans l’écriture, car c’était – pour moi du moins – moins bien écrit que les chapitres précédents.

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10 avril 2017

LA VIE QUOTIDIENNE EN DEUX DESSINS

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que ce soit Vincent van Gogh pour "Femmes travaillant dans les champs" ou Rik Wouters croquant "Nel à la lessive", ces scènes de la vie quotidienne présentent toutes deux les facettes d'une vie souvent difficile, que seuls des artistes extraordinaires parviennent à sublimer

celui de van Gogh est à la mine de plomb, celui de Rik Wouters à l'aquarelle rehaussée de traits à l'encre de chine

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08 avril 2017

EN HOLLANDE....

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 ... Et parfois, plus rarement, l'artiste voit plus loin. Il laisse errer son regard sur le Kostverlorenvaart et croque quelques bateaux.

( extrait de la biographie de Rik Wouters par Roger Avermaete)

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THE SEANCE, de John Harwood

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Titre français = La Séance 

Angleterre, au 19ème siècle - Constance Langton n’a pas eu une enfance très heureuse ; entre un père totalement indifférent, préférant le British Museum à son épouse et sa fille, et une mère dévastée par la mort de sa plus jeune enfant un peu avant ses 4 ans, la petite Constance n’a guère eu l’occasion de s’épanouir affectivement, au point qu’elle s’imagine même être une « enfant trouvée ».
Cette pensée ne la quittera pratiquement plus.
Le père choisit finalement de partir vivre dans sa famille près de Cambridge pour travailler à son livre et ne tient plus du tout à avoir le moindre contact avec sa femme et sa fille.
Celle-ci reçoit une allocation pour gérer la maison.

Lorsque Constance découvrit le monde du spiritisme, via sa nanny, elle y prit goût et décida même utiliser ce subterfuge dans l’espoir de consoler sa mère.
Au point que celle-ci mette fin à ses jours pour retrouver cette enfant adorée, sans même se soucier de celle bien vivante et malheureuse.
Le père paie les funérailles et décide que compte tenu des circonstances, Constance doit venir vivre chez sa sœur à Cambridge ; alors que cette solution lui déplaise réellement, arrive un oncle maternel, qui propose à la jeune fille de devenir la gouvernante de sa maison – il est artiste, ne s’est jamais fort soucié de sa famille et regrette avoir coupé les ponts avec sa sœur.
Il espère que Constance pourra lui pardonner et elle sera libre de ses mouvements dans sa maison, tout ce qu’elle devra faire est veiller à ce que les tâches quotidiennes d’une maison soient totalement gérées par elle,  il ne veut rien qui le détourne de ses activités artistiques.
Cette solution plaît beaucoup plus que la tante de Cambridge et voilà la jeune femme maîtresse de maison, avec du temps sur les bras.
Temps qu’elle utilise à devenir préceptrice d’enfants dans les environs de la maison. Constance ne peut se défaire d’un sentiment de culpabilité vis-à-vis de sa mère, tout comme elle reste persuadée de ne pas être réellement la fille des Langton.

Un jour, une annonce dans le Times l’intrigue – un notaire recherche une héritière féminine des Wraxford et tente de contacter Miss Constance Langton.
Après qu’elle ait fourni les preuves de ce qu’elle avance, elle confie ses soupçons au notaire quant à sa réelle origine.
Ceci n’est pas important aux yeux de l’homme de loi, de toute façon elle est bien la fille de sa mère et ses origines remontent à celle-ci, or l’ancienne matriarche de Wraxford Hall recherche UNE héritière du côté maternel.
Selon le notaire il est persuadé que Constance est bien l’héritière des Wraxford car sa ressemblance avec sa grand-mère maternelle (qu’elle n’a jamais connue) est indéniable. Mais, ajoute le brave homme, il lui recommande vivement de ne pas se rendre à Wraxford Hall, mais de le vendre avec les terres du domaine, car les lieux sont maudits – un acquéreur risque d’être difficile à trouver. Il lui fait parvenir un manuscrit, journal intime, pour tenter de lui faire comprendre ce qu’il s’y est passé, bien que lui ne l’ai jamais lu ; le manuscrit fait partie de l’héritage.

Nous connaissons tous ce problème = on vous déconseille vivement quelque chose pour raisons mystérieuses et du coup, plus rien ne vous intéresse sauf que de vous rendre sur place.
Ce que fait Constance. A partir de là, bien des choses très mystérieuses vont effectivement se produire, sa vie va être menacée dans cette demeure délabrée, dans laquelle il y a plus de passages secrets qu’on ne pourrait l’imaginer.
Des personnes très mal intentionnées vont attenter à sa vie.

Constance découvrira-t-elle le secret de Wraxford sans perdre la raison,  Wraxford Hall est-il réellement hanté ou quelqu’un s’ingénie-t-il à le faire croire ?
Bien sûr il y a un séduisant jeune homme qui vient à son secours, mais est-il aussi innocent qu’il y paraît ?

J’adore les romans gothiques, Kate Morton excelle aussi dans le genre, surtout avec « The Forgotten Garden ».
Ceci dit, je trouve que John Harwood a fait un meilleur travail avec « The Seance » que le roman de Kate Morton, ce qui n’enlève rien au talent de celle-ci.
Apparemment les auteurs australiens semblent raffoler de la littérature gothique anglaise, style Wilkie Collins et Charles Dickens.

Ce récit à plusieurs voix – celle de Constance Langton, du notaire et puis du journal intime de Nell Wraxford – est absolument passionnant.
Il vous tient en haleine jusqu’au bout, un peu à la manière de « Woman in white » de Wilkie Collins. Ou éventuellement ce autre bon pastiche de roman gothique qu’est « Woman in black » de Susan Hill.

Il y a tout dans le roman, et surtout une maison qui semble avoir une « personnalité » en elle-même, compte tenu des secrets qu’elle renferme, des chambres closes, des passages secrets.
C’est une histoire sombre, très victorienne, avec des erreurs qu’une jeune femme bien élevée n’est pas supposée commettre, mais quand on a une idée en tête, surtout concernant la découverte de ses origines, la prudence semble vous fuir.

A certains moments, je me suis surprise à frissonner et la température n’y était pour rien.
C’est réellement fort bien écrit, dans un bel anglais ce qui ajoute au plaisir de lire.

(Merci à Manu qui m’a si gentiment offert le livre il y a  longtemps et que je me suis enfin décidée à  sortir de ma pal – je me le réservais pour un petit « halloween » personnel, mais une fois entamé, je n’ai pu lâcher le roman). 

d'autres avis sur ce livre = yspaddaden, babelio, leslivresdegeorge, 1001classiques, myloubook, cryssilda

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05 avril 2017

FEMINITE - UN SI JOLI GESTE

Bien que comparaison ne soit pas raison (jamais), je n’ai pu m’empêcher de réunir ces deux images =
l’une, geste d’une geisha fixant son chignon à l’aide d’un peigne, telle que trouvée dans l’exposition passée,  UKIYO-E  - peinte par Ito SHINSUI -
l’autre,  Nel Wouters, fixant aussi ses longs cheveux, peinte par son époux RIK WOUTERS, peintre de l’amour quotidien, de la couleur, de la beauté.

Les deux peintures représentent pour moi l' élément d'un geste quotidien, alliant à la fois simplicité,  élégance et grâce féminine. 

(origine des images = le site du musée d'art et d'histoire pour l'estampe, l'autre dans la photothèque google)

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S'IL AVAIT VECU ...

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Telle quelle, il laisse une oeuvre magnifique. Mais qu'aurait-il produit encore q'il avait atteint l'âge d'Ensor ? A de rares exceptions près, les oeuvres optimes sont les fruits de la vieillesse (Rubens, Rembrandt, Frans Hals, Le Titien ...)
Et l'on se met à rêver  ah ! s'il avait vécu !
Rêve stérile, jeu vain de l'esprit ...
Si l'oeuvre de Rik Wouters chante comme une symphone de couleurs et de formes, c'est - hélas - une symphonie inachevée.

(extrait de la biographie de Rik Wouters par Roger Avermaete)

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04 avril 2017

THE MOON AND SIXPENCE, de W. Somerset Maugham

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Titre français = L’Envoûté

Le narrateur (une jeune version de SOMERSET MAUGHAM au début du roman) nous conte l’histoire de Charles Strickland = courtier-agent bancaire relativement prospère, ayant décidé un beau jour de tout lâcher – profession, épouse et enfants – pour se consacrer à son unique passion, la peinture.

Londres – fin du 19ème / début du 20ème siècle - Lorsque l’histoire débute, l’épouse de Charles Strickland vient trouver le futur écrivain et lui demande, puisqu’il était devenu un ami de son époux, de le rencontrer à Paris et lui demander de « revenir à la raison » .
Légèrement impressionné par cette « mission » dont on l’a investi, le jeune homme rencontre effectivement Charles Strickland à Paris.
L’ancien courtier, relativement prospère, y vit désormais dans le plus complet dénuement, indifférent à tout et tous, sauf à la peinture.
Il profite des largesses d’un peintre hollandais,  Dirk Stroeve, dont l’épouse a servi de modèle. Stroeve, par l’un de ces détours que prend parfois le hasard, est aussi une excellente connaissance du narrateur – il lui confie qu’à ses yeux Strickland est un vrai génie de la peinture.
L’égocentrisme de Charles Strickland est tel qu’après « utilisé » l’épouse de son bienfaiteur comme modèle et amante, il l’abandonne également, la trouvant trop possessive.
C’était le risque dont Blanche aurait dû être consciente dès le début de ce que lui, Strickland, ne considéra jamais comme autre chose qu’une aventure.
Tout ceci choque assez le conventionnel narrateur, surtout lorsqu’il apprend que Blanche Stroeve s’est suicidée après avoir été abandonnée.

Pour Charles Strickland, rien ne compte sinon la beauté, l’art, sa peinture.

Le narrateur rentre donc bredouille à Londres, où ses informations ne sont pas reçues avec beaucoup d’amabilité – a-t-il seulement tenté de convaincre Strickland de revenir chez lui ?

Quelques années plus tard, le narrateur « retrouve » Charles Strickland par hasard.  Il fait la connaissance d’un ami du peintre, il apprend ainsi qu’ils se sont rendu à Tahiti où il a épousé une jeune autochtone et lui a fait 2 enfants ; avant cela, il avait séjourné quelque temps à Marseille, où il avait fait la connaissance de cet ami, ramasseur d’épaves, vivant chichement de ses trouvailles. Ainsi  le narrateur apprend-il que Charles Strickland contracta la lèpre. L’artiste peignit de nombreuses toiles avant que la lèpre ne lui fit perdre la vue. La plus importante partie de son œuvre, ses chefs d’œuvre furent brûlés après sa mort par sa compagne tahitienne, respectant ainsi son ultime désir.

W. Somerset Maugham s’est très librement inspiré de la vie de Paul Gauguin, telle qu’il la découvrit dans certains écrits de l’époque.
Néanmoins, en dehors de la similitude entre les 2 hommes (carrière et départ pour Tahiti, après un détour par la France), il n’y a pas beaucoup de rapport entre le personnage fictif et le vrai Gauguin = Charles Strickland est un être profondément destructeur, solitaire – limite sociopathe, alors que Paul Gauguin fut un artiste qui participa activement au développement artistique de l’époque impressionniste, participant à des expositions, fut l’ami de nombreux peintres.

Le personnage de Charles Strickland est développé de manière intéressante dans le roman de Somerset Maugham – qui s’attribue ici encore le rôle du narrateur, comme dans « The Razor’s Edge ».
Il fait du peintre du roman une version extrême du « génie créateur » qui comme tout créateur est aussi un destructeur, selon Freud = on ne peut créer  quelque chose sans détruire autre chose.

Somerset Maugham, qui était quelqu’un de conventionnel, était fasciné par la modernisation à tous les niveaux en Europe et notamment en art.
Certains critiques littéraires ont vu, dans ce roman, une satire du « génie créateur » - je ne pense pas que ce soit une satire, du moins ne l’ai-je pas ressenti ainsi, mais la fascination par contre est bien présente – on la lit « entre les lignes » en quelque sorte.
Par contre, il y a une réflexion  satirique au début du roman, lorsque le jeune narrateur a publié un premier roman, qui obtient un certain succès et du coup il est invité dans les salons, où l’on aime inviter des célébrités.

J’ai beaucoup apprécié cette histoire, le développement du personnage du peintre, les réflexions personnelles du narrateur.
Quant au titre « The Moon and sixpence », il semblerait que Maugham ait voulu établir là une métaphore sur ce que nous manquons dans l’existence = si on regarde la lune, on ne voit pas le sou qui est à nos pieds – et si l’on se penche pour ramasser le sou, on ne voit plus la lune.
La vie est donc toujours  le manque de quelque chose, quelque soit le niveau.
J’ajouterai encore qu’il ne faut pas chercher une quelconque « histoire de l’art » dans le roman, il n’aborde jamais les styles de peinture de son protagoniste, il parle surtout du caractère de son personnage.

Ce roman a été porté à l’écran en 1942, avec George Sanders dans le rôle de Charles Strickland – un rôle qui va à merveille à ce acteur appréciant les rôles de cyniques. Il peut se regarder ici gratuitement.

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29 mars 2017

RETROSPECTIVE RIK WOUTERS

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Une magnifique exposition de l’œuvre d’un artiste belge qui passa à travers le ciel artistique comme une étoile  fulgurante, laissant un œuvre formidable avec pour modèle, muse, inspiratrice, Nel Wouters. 

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Quel dommage que les éditions muséales ou de livres d’art  n’aient pas décidé de réimprimer le beau  témoignage de Nel Wouters = La Vie de Rik Wouters à travers son œuvre.
Livre sur lequel est basé le scénario du documentaire  d’André Dartevelle.
Par contre, je pense que la biographie écrite par celui qui fut l'ami d'Ernest Wijnants (grand ami de Rik Wouters), à savoir Roger Avermaete est toujours disponible et je vous encourage vivement à la découvrir (des extraits se trouvent sur le blog de tania-textes&prétextes).

(cette chronique est basée sur certaines informations données par l’historienne d’art/guide Sarah Cordier – n’étant pas certaine de la qualité des photos prises, j’ai privilégié la photothèque google pour illustrer ma chronique)

Pour RIK WOUTERS, (né Hendrik Wouters) vivre c’est peindre, dessiner, sculpter.
Rien d’autre n’aura d’importance dans une vie tellement brève, vécue dans la pauvreté matérielle mais dans la richesse créatives ; il naquit à Malines-Mechelen en 1882, décédé à Amsterdam en juillet 1916 à l’âge de 33 ans, dans d’énormes souffrances.
Il connaîtra un bref instant de bonheur et de reconnaissance artistique grâce à une exposition organisée à Amsterdam peu avant son décès.
Ce sera le Stedelijk Museum  d’Amsterdam qui sera le premier à s’ouvrir à cet artiste belge.

Si je devais résumer mon propre ressenti quant à l’œuvre de Rik Wouters, je le ferais en 3 mots = lumière,  couleurs, et amour.

Rik Wouters est le fils d’un sculpteur/ébéniste –la ville de Malines étant réputée pour ses fabricants de meubles depuis le début du 19ème siècle. Il y suit des cours à l’académie ; à 12 ans il est mis au travail dans l’atelier de son père, et sans que celui-ci ne le sache, Rik suit des cours du soir à l’académie de dessin.
C’est un professeur qui vendra la mèche au père, en lui disant à quel point son fils est doué pour le dessin !!!! Grâce à cela, le père Wouters donne la permission à son fils de suivre les cours du jour de dessin et en 1900, Rik Wouters est à Bruxelles, dans la classe de sculpture de Charles Van der Stappen.

C’est en 1904 qu’il fait la rencontre décisive de sa vie = Hélène Duerinckx, dite NEL (née en 1886). Elle pose pour les élèves de l’académie de Bruxelles.
Ils se marient en 1905 ; ils s’installent pour un temps très court chez le père de Rik à Malines, mais les choses ne se passant pas trop bien, le jeune couple revient à Bruxelles – ils s’installent d’abord dans un logement misérable à St-Josse-ten-Noode, puis en 1907 s’installent à Boitsfort, au sud de Bruxelles. Une tuberculose s’étant déclarée chez Nel, le médecin conseille de l’air sain.
Ils s’installent en bordure de la forêt de Soignes, grâce au comte de Lalaing, dans le quartier dit « Coin du Balai ».

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C’est là que l’artiste vivre la plus grande partie de sa vie, et créera son œuvre, notamment sculptée.
La maison est minuscule – Rik Wouters installe son atelier dans le grenier.

On a beaucoup supputé sur le mouvement artistique auquel aurait appartenu Rik Wouters – d’aucuns l’on classé dans ce qu’ils ont appelé le « fauvisme brabançon », ce qui ne veut strictement rien dire puisque ce mouvement n’existe pas. C’est vrai que Rik aime les couleurs, les « taches » qui se fondent pour former un paysage ou un personnage. On l’a aussi classé dans les impressionnistes. Pour l’historienne d’art Sarah Cordier, Rik Wouters ne répond à aucune de ces classifications – il a créé son style à lui.

Ci-dessous, « Rêverie » - créée par Rik pour le concours Godecharle, prix décerné tous les 3 ans destiné à soutenir de jeunes talents (peinture, sculpture, architecture). Rik décide de créer une statue dans une pose de danse, mais son modèle NEL, étant malade, ne peut tenir la pose, aussi RIK change-t-il de projet et décide d’une attitude où le corps se relâche.
La statue est un bel exemple de « contrapposto » ou déhanchement, poids du corps reporté sur une seule jambe. 
Par ailleurs on distingue bien la « patte » de l’artiste dans cette sculpture et les autres = des empreintes du couteau, des pouces du sculpteur, afin que la lumière accroche littéralement.
Rik remportera le 2ème prix du concours Godecharle, une subvention de 500 Fr belges de l’époque, soit 2 ans de loyer – le 1er prix, très convoité, était un voyage à l’étranger.
Pour d’autres sculptures grand format de Rik Wouters, je vous propose de revoir mon billet à ce sujet
D’après Nel, Rik avait une admiration sans bornes pour Auguste Rodin, qui eut une exposition à Bruxellesen 1899 et qui sera d’ailleurs un motif de discorde entre Rik et son professeur Charles Vander Stappen.

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Rik Wouters, excellent sculpteur et dessinateur, est autodidacte en peinture – il dilue particulièrement ses huiles, jusqu’à pratiquement obtenir un effet « aquarellé » - Rik laisse des parties de ses toiles « vierges » - contrairement à la légende (entièrement fausse) qu’il n’avait pas assez d’argent pour acheter suffisamment de peinture, il a choisi de laisser des « blancs », pour apporter plus de lumière à ses toiles.
+Ici, 2 versions de l’intérieur d’aquafortiste. La 1ère, très travaillée, la 2ème plus dans le style que privilégie Rik Wouters avec des aplats de couleurs.

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Comme dit précédemment, Nel est son seul modèle et lorsqu’il ne peint pas, il la dessine dans tous les moments de sa vie. Le quotidien est le sujet préféré de Rik.
Ci-dessous quelques dessins – ainsi que la toile « La Repasseuse » que personnellement j'aime beaucoup pour son naturel, sa douceur, l'humeur souriante de l'épouse.

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Rik aime la lumière et les reflets dans les miroirs ou les fenêtres – ci-dessous quelques toiles où Nel se reflète dans un miroir (comme ci-dessus dans « la repasseuse »), mais aussi dans une fenêtre  comme cette toile où Nel est à l’extérieur et se reflète dans la vitre de la fenêtre ouverte.

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Rik Wouters éprouve une grande admiration, presque une vénération pour le peintre ostendais James Ensor, tout comme il admire Paul Cézanne
Ensor trouve grâce aux yeux de Wouters pour son non-conformisme, aussi lorsque les 2 hommes vont se rencontrer quelques fois au cours de l’année 1913, James Ensor (alors âgé de 53 ans et pas d’un abord facile) accepte de faire le voyage d’Ostende à Bruxelles pour poser. Le résultat en est ce buste plein de naturel, bien que Rik la considéra comme non achevée.

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En 1909 il participe au prix de Rome, très convoité aussi ; il termine à la 16ème place. Cependant la critique artistique commence à parler de l’originalité de l’œuvre – hélas, les commandes restent rares et le couple vit toujours dans la pauvreté. En 1912, le galeriste Georges Giroux lui propose un contrat, Rik Wouters expose dans sa galerie et obtient un grand succès.
Du coup, grand voyage à Paris, grande production et enfin, une relative sécurité financière. Mais ce bonheur ne va pas durer très longtemps.
En 1913, Rik gagne le prix Picard, mais il a de violents maux de tête, ce qui l’oblige à arrêter son travail pendant 3 jours de la semaine.

En 1914, l’orage de la guerre déferle sur l'Europe  et Rik Wouters est mobilisé – le matin même de son départ, il met encore les dernières touches à un tableau intitulé « les Pêches », où l’on sent l’influence du Cézanne de la première époque  (lorsque j’irai prendre des photos au musée des beaux-arts de bruxelles, j’espère vous transmettre une image de ce tableau)

Rik est envoyé au front, et dans les lettres qu’il adresse à son épouse, on ressent toute l’horreur de la guerre. Lorsque son régiment est acculé à la frontière hollandaise, il se retrouve en Hollande et est fait prisonnier = la Hollande est un pays neutre et être sur son territoire en uniforme est considéré comme signe de désertion !
Nel va se dépenser sans compter pour le sortir de la prison, jusqu’à ce que finalement le capitaine le prenne comme aide de camp.
Il passera la plupart de son temps à l’hôpital militaire, traité pour ce qui est un cancer lui rongeant le visage.
Tout son côté droit est défiguré.

Heureusement, ils ont des amis en Hollande et, en 1915, grâce à leur aide précieuse et surtout à l’intervention d’Emile Verhaeren, Rik Wouters recouvre la liberté.
Le couple va habiter Amsterdam où il connaîtra encore quelques moments de bonheur, malgré la maladie de Rik. Il se trouve affreux après toutes ses opérations, dont l’une lui a fait perdre un œil, comme il le peindra dans ce dernier autoportrait au bandeau.

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Rik Wouters est inhumé au cimetière de Boitsfort. Ci-dessous Nel à la robe rouge, l’une de ses plus belles robes, dira-t-elle, achetée pendant la période où le spectre de la pauvreté semble s’éloigner. La toile s'intitule "les rideaux rouges.

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Nel se remariera 2 fois après le décès de Rik – elle lui survivra 55 années, au cours desquelles elle défendra l’œuvre de Rik Wouters contre les faussaires et où elle écrira son beau témoignage de l’œuvre de son mari.  "Ecrire me sauve", dira-t-elle.

Encore un autoportrait  "au cigare"

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28 mars 2017

BODYBUILDERS, de David Altmejd

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installée récemment dans le grand hall d'entrée du musée des beaux-arts de Bruxelles, voici la statue dite UNTITLED 2 ou BODYBUILDERS du plasticien David Altmejd, sculpteur québecois, né à Montréal en 1974.
je ne suis pas très férue d'art conceptuel, mais j'aime bien cette oeuvre, dont voici quelques photos supplémentaires =

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site de l'artiste ici.

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27 mars 2017

RIK WOUTERS, LE TESTAMENT AMOUREUX DE NEL, d'André Dartevelle

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Scénario d’après les écrits de Nel Wouters (1886-1971)

(illustrations de ce billet trouvées via la photothèque google)

Avant la rédaction de mon billet, j'ai voulu regarder ce « testament amoureux » extrêmement poignant, le témoignage d’une femme aimante et aimée, d’une vie très dure et remplie d’amour pour un grand artiste, Rik Wouters.
Elle fut son unique modèle, son inspiratrice. A sa mort elle se mit à écrire pour ne pas oublier tous les moments qu’ils vécurent. « Ecrire me sauve », dira-t-elle.

Le documentaire d’André Dartevelle est un vibrant hommage à Rik et Nel Wouters, absolument inséparables – elle est présente partout dans ses toiles, dans ses sculptures.
Sous la forme d’une lettre qu’elle adresse à  l’un de leurs amis, elle raconte leur vie, leur amour, leur combat contre le dénuement.

Elle a 16 ans lorsqu’elle vient poser pour lui – elle sent son regard, appréciateur de ses formes – elle n’a qu’une envie qu’il la prenne dans ses bras, ce qu’il fera après la longue séance de pose.
Il lui déclare alors « Toi tu seras ma femme ». 
Ils se marieront après son service militaire, elle a alors 19 ans et lui 22. Ils ne se quitteront pratiquement plus, jusqu’à sa mort à lui – bien que des années de guerre viendront tout de même s’immiscer dans le couple.

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Comme Nel eest atteinte d’une tuberculose du larynx, le jeune couple s’installe en bordure de la forêt de Soignes, l’air de la campagne au sud de Bruxelles ayant été recommandé par le médecin.  Une petite maison, où l’atelier de Rik sera installé dans le grenier minuscule et où il n’arrêtera à aucun moment de dessiner, croquer son épouse dans tous les moments de la vie quotidienne, dans ses moments de repos.

Leur relation sera quasi fusionnelle jusqu’à ce qu’en août  1914 arrive l’ordre de mobilisation. Jusqu’au bout, l’obsession de Rik fut de peindre un tableau « les Pêches » qui restera inachevé.

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Les atrocités des combats le révoltent, comme il l’écrira dans les lettres qu’il adresse à sa femme. Rik est fait prisonnier en Hollande (pays neutre) et son épouse va par tous les moyens tenter de le sortir du camp. Nel arrive à convaincre le capitaine ; la santé de Rik est défaillante, il doit subir une première opération.  

C’est grâce à Emile Verhaeren qu’il sera enfin libéré.
Le couple s’installe à Amsterdam – désormais la douleur, la peur de la mort, envahissent les cœurs et les toiles. La palette se fait plus sombre.

50 années après la mort de Rik Wouters, Nel le pleure toujours.

Ce témoignage basé sur les écrits de l’épouse de l’artiste est magnifique.
Et émouvant.

Des images de Watermael-Boitsfort actuel et de la forêt de Soignes, ainsi que d’Amsterdam et ses canaux, alternent avec les toiles de Rik Wouters.

Le metteur en scène André Dartevelle, décédé en 2015, était un historien,  grand reporter et réalisateur belge.

La voix de Nel est celle de la comédienne Valérie Lemaître pour la version francophone et celle de la comédienne Heidi Lenaerts pour la version néerlandophone.

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A voir et revoir, sans hésiter.

THE WOOLLY MURDERS, de Milly Reynolds

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1ère enquête de l’inspecteur Mike Malone 

L’inspecteur Mike Malone a quitté Londres et la police métropolitaine après un deuil dont il n’arrive pas à se remettre totalement.
Il a demandé son transfert pour une petite ville du Lincolnshire, où la vie et les criminels sont probablement plus calmes.
Il aurait dû se souvenir de ce que disent Hercule Poirot, Miss Marple et Sherlock Holmes = la campagne est pire que la ville en matière de criminels.
Alors que la vie s’écoule calmement, son adjoint le sergent Alan Shepherd lui annonce qu’ils ont une affaire à résoudre dans une ferme des environs.
Peu après, même cas = des brebis tondues, sans raison apparente.
Mike Malone commence à comprendre que tous ces prénoms féminins que l’on donne aux brebis l’ont induit en erreur et il était convaincu que de vrais crimes avaient été commis.

La suite des événements ne va pas tarder ; d’abord les tontes se multiplient et cette fois les brebis ont été blessées, un chien de berger a été égorgé, un fermier se pend, un jeune homme a été intentionnellement noyé, portant des bottes dont l’empreinte a été trouvée sur les lieux des crimes.
Peu après la raison de ces tontes devient évidente – une caisse est laissée dans la cour du bureau de police, dans cette caisse, les toisons et au centre de ces toisons, le corps de Sir Jonathon Black, le père adoptif du sergent Shepherd.

Désormais, Malone comprend que ce qui commença comme une blague (en apparence du moins au début des tontes) cache en fait de bien plus sombres desseins.
Lorsque l’épouse de Sir Jon est également tuée, les détectives tentent de trouver des indices supplémentaires, car pour le moment il n’y en a qu’un seul = une camionnette bleu foncé qui roulait la nuit dans la région tous feux éteints.
C’est en vidant le manoir de ses parents adoptifs que le jeune sergent Shepherd, dévasté par le chagrin, trouve de vrais indices parmi les papiers de la famille.
La course contre la montre commence car le jeune homme pourrait bien être la prochaine victime, ainsi que la sympathique barmaid Cat.

J’ai vraiment apprécié ce polar qui commence de manière drôle, pour prendre soudainement un tour nettement plus dramatique.
Alors que les débuts sont un bon moment d’humour caustique très british,  la suite devient un thriller inquiétant et passionnant.

Les personnages sont tous sympathiques (sauf le criminel bien sûr), la vie calme de la petite ville du Lincolnshire donne envie de s’y promener.
En alternance aux chapitres racontés à la 1ère personne par l’inspecteur Malone, des courts chapitres, imprimés en italique, nous font partager les pensées empreintes de cruauté du meurtrier

Le personnage de l’inspecteur principal reste un peu mystérieux concernant sa vie privée, mais la suite de la série développe ce qui l’a poussé à arriver dans le Lincolnshire. Son adjoint et la jeune barmaid sont émouvants dans leurs chagrins.
Il me reste à parler d'un personnage important dans la vie de Mike Malone = Ophelia, la jolie chatte blanche qui partage son existence et qui n'aime pas beaucoup qu'il s'occupe d'autre chose que d'elle - par contre elle apprécie Shakespeare (normal me direz-vous quand on s'appelle "Ophelia" =^-^=).

Une lecture plaisante pour un week-end, même ensoleillé.

Comme l’explique l’auteure sur son site, le nom de Milly Reynolds est le pseudonyme de quelqu'un désirant conserver l’anonymat – elle vit dans le Lincolnshire dont elle apprécie les paysages et c’est l’envie de les partager avec d’autres personnes qu’elle s’est lancée un jour dans l’écriture.  
Avant cela elle était enseignante, c’est pour échapper au stress d’enseigner à des ados, qu’elle a décidé d’assassiner des personnages de roman, histoire d’éviter de tuer ses élèves récalcitrants.
Elle est une grande fan de thrillers et polars, Jo Nesbo notamment est l’un de ses auteurs préférés.
C’est parce qu’elle ne se sentait pas à la hauteur des grands auteurs de thrillers que Ms. Reynolds, très modestement,  a préféré créer une petite série, alternant les moments d’humour avec des moments de suspense.

(Reçu gratuitement par les éditions numériques qui gèrent ma lectrice, probablement dans le but de me tenter d’acheter les autres livres de la série qui sont tout de même au nombre de 14 !)

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26 mars 2017

LA VIERGE FOLLE et LES SOUCIS DOMESTIQUES, de Rik Wouters

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autoportrait de rik wouters
qui me fait systématiquement songer à l'autoportrait de
marc chagall jeune
(portrait de rik wouters trouvé sur le site du musée des beaux-arts)

avant d'avoir le plaisir de vous relater la superbe rétrospective consacrée par le musée des beaux-arts de bruxelles à ce peintre belge que j'aime passionnément, comme j'aime chagall et van gogh, je vous livre 2 photos que j'avais prises au cours de mes balades (les détails relatifs à la genèse des sculptures sont dues au très beau commentaire de l'historienne d'art/guide sarah cordier - j'aurai d'autres photos à vous proposer lorsque ma petite chronique sera au point)

Rik Wouters fut sculpteur, graveur, dessinateur avant de devenir peintre - il était totalement autodidacte dans cette dernière discipline.

les soucis domestiques
(avec Nel, son épouse et modèle préféré)
le couple souffrit de problèmes matériels pratiquement tout au long de leur vie
pas étonnant qu'il ait donné un air soucieux à son épouse
(cette statue se trouvait en principe au terminus du bus 95, place wiener à watermael-boitsfort,
mais on m'a dit qu'elle a été enlevée pour cause de travaux
je pense que c'est cette même statue qui est dans l'exposition)

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la célèbre vierge folle (nommée au départ la vierge violente)
elle est à la fois inspirée par Nel, mais surtout par Isadora Duncan
après que l'artiste assista au spectacle de celle-ci

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 en attendant ma chronique, je vous recommande celle de tania-extes&prétextes

je vous recommande aussi la biographie que l'historien d'art/peintre/essayiste/critique d'art Roger Avemaete a consacrée à cet artiste de très grand talent.

CYRANO DE BERGERAC, d'Edmond Rostand

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Par le THEATRE DE TOONE

(illustrations par mes photos, prises sans flash, qualité plutôt médiocre hélas)

Une magnifique adaptation par Toone de l’inoubliable chef d’œuvre théâtral d’Edmond Rostand.

J’ai déjà pu voir plusieurs fois cette pièce au théâtre, également les adaptations cinématographiques (l’une avec Jose Ferrer, l’autre avec Gérard Depardieu) – toutes m’ont émue, mais celle du théâtre de Toone m’a émue aux larmes.
Bien que quelque peu réduite (l’original prend au moins 3  heures), l’adaptation est fidèle au texte de Rostand et à tous les tableaux jusque dans les moindres détails.

Non seulement l’adaptation de Toone est en vers et comme toujours, les expressions bruxelloises se multiplient, ainsi que  les anachronismes qui font le charme de ce théâtre bruxellois à nul autre pareil.

Cyrano de Bergerac est interprété par Woltje, le ketje (gamin en bruxellois) de Bruxelles – histoire à suivre en images (bref résumé de la pièce qui est plus longue, aussi chez Toone) =

Le duel et la tirade du nez

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 la déclaration d'amour de Roxane pour Christian

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L'aveu de Christian sur son manque de talent
Pour séduire Roxane par de belles paroles

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La scène du balcon

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La guerre et Roxane apportant des vivres aux cadets de france encerclés

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15 ans plus tard, Roxane veuve s'est retirée au couvent

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La mort de Cyrano, en lui relatant le "journal" de la semaine

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24 mars 2017

AGATHA CHRISTIE, LE CHAPITRE DISPARU de Brigitte Kernel

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En décembre 1926, Archibad Christie, époux d’Agatha, lui annonce que cette fois c’est certain = il veut divorcer pour épouser sa secrétaire Nancy Neele.
Agatha Christie comme toutes les jeunes femmes romantiques rêvait du prince charmant et d’un amour pour toute la vie, comme celui que représentait le mariage de ses parents.
Le réveil sera brutal lorsqu’elle réalise qu’Archie l’a trompée ; il parviendra à la convaincre que ce ne fut qu’une passade, mais quelques mois plus tard, il confirme sa liaison – il a décidé qu’il ne l’aimait plus, qu’il ne s’amusait plus avec elle.
Il est vrai que son épouse vient de perdre sa mère, dont elle était très proche ; Mrs. Christie était fort éprouvée par ce deuil et passait beaucoup de temps à pleurer ou se morfondre, ce qu’Archibald Christie ne supportait absolument pas – la maladie, le chagrin, la mort, tout cela le dérangeait au plus haut point.

Ajoutée à cette période de dépression, l’annonce d’un divorce fait qu’Agatha s’écroule et décide de mourir. Les choses ne se passeront pas totalement ainsi et voilà notre Mrs. Christie qui se retrouve à Londres, chez son amie Nan – ensemble elles vont concocter un plan pour qu’Archibald Christie ait pas mal de problèmes avec la police en raison de la disparition de son épouse, dont la voiture a été retrouvée près d’un étang.
Pendant ce temps, Agatha Christie est à Harrogate, où elle ne s’ennuie vraiment pas, assumant une fausse identité, ayant même pris le patronyme de « Neele », pour bien embêter son mari et sa Nancy jusqu’au bout.  
Elle utilisera le stratagème pendant 11 jours jusqu’à ce que finalement quelqu’un la reconnaisse, elle jouera alors la carte de l’amnésie. 

J’avais lu il y a quelques années une déclaration dans un journal britannique comme quoi Agatha Christie aurait avoué qu’en réalité elle n’avait jamais « disparu » ni été amnésique, mais tout cela avait été concocté entre elle et sa meilleure amie, pour bien embêter son infidèle de mari.

Apparemment Brigitte Kernel, romancière française, a aussi eu vent de cette théorie, au départ de laquelle elle a concocté un petit roman sympathique, digne de ceux qu’Agatha Christie écrivit sous son pseudonyme de Mary Westmacott. Elle entreprend d’ailleurs l’écriture de « Absent in the Spring » (Loin de vous ce printemps).

Ecrit sous forme de journal intime, Ms. Kernel adopte la personnalité d’Agatha Christie pour nous livrer ses états d’âme de femme trompée, doublement malheureuse et fragilisée non seulement par le deuil de sa mère mais aussi de l’échec de son mariage.
Même dans l’autobiographie qu’Agatha Christie écrivit, après le chapitre 5 elle saute tout- à-fait normalement au 6, mais à la lecture il est évident qu’entre les deux chapitres il manque quelque chose.
Quelque chose que personne ne connaîtra jamais – le portrait d’Archibald Christie est peu sympathique sous la plume de Kernel/Christie, il est évident qu’il est un homme de son temps, préoccupé surtout par sa réputation à laquelle son épouse inflige un fameux camouflet.

Agatha Christie, toutefois, n’est pas totalement sans défauts, au contraire – elle est jalouse de l’affection que leur fille Rosamund porte à son père qui l’accapare d’ailleurs (ceci sera bien décrit dans « Unfinished Portrait »).
Elle est plutôt égocentrique et aimerait que tout le monde pleure comme elle, qui se préoccupe peu du ressenti autour d’elle, enfermée dans son chagrin.
Comme je l’avais écrit dans le billet consacré à ce roman, selon ceux qui connaissaient bien Agatha Christie – à commencer par Max Mallowan son second époux – c’est le plus autobiographique des 6 romans qu’elle écrivit sous son pseudonyme.

Entre deux états d’âme d’Agatha épouse trompée, la romancière Christie reprend parfois le dessus pour imaginer comment, dans un de ses romans policiers, réagirait tel ou tel personnage qu’elle croise à Harrogate. Cette petite « intrusion » dans l’art d’écrire est un bon moment un peu trop court malheureusement.

Le roman de Brigitte Kernel est  divertissant, bien que le sujet soit sérieux, mais l’est-il réellement – Agatha Christie et son amie s’amusent bien aux dépens de Mr. Christie en concoctant leur plan.

Cela se lit très vite et disons-le, le mystère reste plutôt entier bien que des témoignages aillent dans le sens de la vengeance à l’égard de l’infidèle (selon l’article que j’avais lu à l’époque, Agatha Christie n’hésita pas à se moquer de l’incompétence de la police qui n’interrogea pas Rosalind, or celle-ci aurait été mise dans le secret – Ms. Christie aimait trop sa fille pour l’avoir laissée se rendre malade à cause de sa mère).

La disparition d’Agatha Christie avait donné lieu à un film avec Vanessa Redgrave et Dustin Hoffman intitulé « Agatha », qui n’eut pas un grand succès vu que de toute façon il ne révèle rien d’intéressant et ce malgré l'interprétation de deux excellents acteurs.

En dehors du roman de Brigitte Kernel, d’autres romanciers se sont risqués à écrire à propos de cette disparition.
Pourtant, son biographie Charles Osborne n’en fait pas vraiment mention dans « the Life and Crimes of Agatha Christie ».
Il est certain que la personnalité d’Agatha Christie continue à intéresser voire fasciner les romanciers et scénaristes et qu’ils continueront à écrire, voire ergoter sur cette disparition qui est un sujet de roman aussi valable qu’un autre.

Ceci dit, selon moi, ce livre s'adresse surtout aux fans d'Agatha Christie.

d'autres avis sur le roman = critiqueslibres, clarabel, lire-relire-nepaslire, 

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23 mars 2017

APRES LE CRIME, de Francis Durbridge

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Adaptation de la pièce « Suddenty at home » par Daniel Hanssens

Par la compagnie Comédie de Bruxelles

Mise en scène de Daniel Hanssens

Maggie et sa sœur Helen discutent de leur mariage et d’un tas d’autres petites choses dont on parle entre sœurs, notamment le couple Helen et Alex, un mari ayant eu un accident et contrôlant tout, y compris sa femme à longueur de journée via le téléphone. Arrive Sam Blane, l’ancien amant de Maggie, auteur de romans policiers et qui vient lui rembourser une somme qu’elle lui avait prêtée.
Sheila, l’une de leurs amies, passe en coup de vent. Kate, la jeune fille au pair, part pour le week-end.

Maggie est mariée à Glen Howard ; la jeune femme a quelques problèmes psychologiques depuis quelque temps. Elle rêve de s’installer aux Bermudes  – ce qui ne plaît vraiment pas à Glen.  
Lorsque celui-ci revient de son court voyage à Paris, ils en discutent et soudain, l’attitude de Glen change du tout au tout et il étrangle son épouse – que voulez-vous, pour hériter de tout son argent,  il faut bien qu’elle soit morte non ?

Glen Howard a mis au point un plan plutôt diabolique qu’il juge infaillible avec l’aide d’un complice.

Puis pour faire bonne figure, prétend être très inquiet de l’absence de son épouse, qui devait se rendre chez le coiffeur. Or, il semblerait qu’elle soit allée chez Sam.
D’ailleurs un coup de fil de Sam confirme que finalement Maggie est chez lui ! pour Glen, c’est évidemment impossible, mais comment le dire sans que les soupçons soient éveillés ? Arrive l’inspecteur qui confirme que le corps de Maggie a été retrouvé dans le lac près de chez Sam, tous les indices mènent donc à lui. 

Pour Glen Howard il va falloir désormais garder son sang froid et improviser.

J’ai réellement beaucoup apprécié ce polar, à la manière des enquêtes de l’inspecteur Columbo = on connaît le meurtrier dès le départ, mais tout est dans la manière dont il va s’en sortir.

Pascal Racan, Laure Godisiabbois, Pierre Pigeolet, Laurence d’Amelio, Nathalie Hugo, Michel Hunderyckx et Gauthier de Fauconval défendent leur rôle avec justesse.

Le décor de Francesco Deléo fait très « années 1970 », de même que les tenues des protagonistes (surtout féminines).

On passe un excellent moment de théâtre, avec quelques rebondissements et puis HELAS, LA FIN GACHE TOUT – je ne la dévoilerai pas parce que parmi vous il en est peut-être qui auront envie de voir la pièce si vous passez par Bruxelles, mais vraiment pour moi quelle déception. 

C’est une fin positivement absurde.

Dommage, ceci dit, le thriller fonctionne bien – ce n’est que la fin qui n’a aucun sens.

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Francis Durbridge était un auteur britannique, scénariste et écrivain de romans policiers et d’espionnage. Après ses études, il fut brièvement agent de change, puis se consacra à l’écriture en tant que professionnel.

Il a crée le personnage de Paul Temple, dont plusieurs enquêtes ont été écrites pour la radio, et ensuite adaptées en romans. Il a été maintes fois adapté pour la radio et la télévision (Allemagne, Italie).

 

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