mon bonheur est dans la ville

21 novembre 2019

ONCE UPON A RIVER, de Diane Setterfield

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Titre français = Il était un Fleuve

Fin du 19ème siècle, plus exactement le solstice d’hiver 1887 – quelque part sur les bords de la Tamise, dans la campagne, là on se trouvent plusieurs pubs, chacun ayant sa spécificité.

The Swan à Radcot est le pub des conteurs d’histoires – de père en fils, depuis des temps immémoriaux le propriétaire conte des histoires et chaque client à son tour en raconte une, brodant pour améliorer l’histoire et passionner les auditeurs.
A l’heure où commence notre histoire, c’est Margot qui est la propriétaire, son mari est de santé fragile mais un conteur merveilleux. Ils ont une kyrielle de filles, pratiquement toutes mariées, et un seul fils qui hélas est simple d’esprit, incapable d’être conteur, ce qui le chagrine énormément.
Mais eux ne sont pas, pour l’instant, l’objet de notre histoire.

En ce soir du solstice d’hiver la porte du pub s’ouvre brutalement sur un homme gravement blessé portant dans ses bras une enfant apparemment morte.
Rita Sunday, l’efficace infirmière aussi savante qu’un médecin, servant aussi de sage-femme, dont la renommée dépasse, de très loin, les limites du village de Radcot, est appelée sur les lieux.
Elle soigne l’homme en question, dans les poches de son manteau se trouve des papiers d’identité ; il est Henry Daunt, photographe.

Pour la petite fille de quatre ans les choses sont plus compliquées – elle paraît morte, aucun signe de vie, de respiration, pas de pouls – et soudain, la voilà qui se réveille !
Pour Jonathan, le fils des aubergistes, il s’agit d’un miracle, pour Rita, c’est totalement surprenant et inattendu puisque aucun signe vital n’apparaissait.

A partir de ce moment, les langues iront bon train – les habituels conteurs vont se mettre à broder autour de cette histoire et celle-ci va aller bien au-delà de Radcot.
L’histoire va arriver chez les Vaughans, chez Robert Armstrong, et jusqu’à Lily White, gouvernante du pasteur du village.

Chacune de ces personnes a perdu une petite fille = Amelia, l’enfant des Vaughans, enlevée il y a 2 ans et dont le deuil a détruit le couple ; pour le fermier afro-américain Robert Armstrong, un homme bon et d’excellente éducation,  il est possible qu’il s’agisse d’ Alice, sa petite-fille dont il ignorait l’existence à ce jour, enfant de son fils Robin, jeune homme peu recommandable ; pour Lily, elle serait Ann, sa petite sœur. Ce dernier cas étant totalement improbable, aussi n’insiste-t-elle pas à réclamer l’enfant.
Ceux qui l’emmènent sont les Vaughans et le retour à la vie de cette petite fille représente une résurrection de leur vie avant l’enlèvement – Helena, l’épouse redevient celle qu’elle était, il n’y a qu’Anthony, son époux, qui garde un doute, au point de se rendre chez ses avoués à Oxford afin de recevoir des conseils sur la marche à suivre.

Pourquoi Rita s’est-elle fait agresser près de chez elle, ce n’était pas qu’un voleur bien que l’homme ait emporté l’argent ; il tenait particulièrement à savoir si l’enfant avait parlé – mais non, la petite fille est toujours muette et il n’est pas certain qu’elle reparle un jour.
Qui est ce mystérieux et inquiétant personnage qui rôde autour de la maison des Vaughans, de la ferme des Armstrong et fait tellement peur à Lily ?

Henry Gaunt revient au village pour les remercier et plus particulièrement chez Rita ; elle est, selon lui, un beau sujet à photographier, il se sent attiré par cette femme, sereine, belle à sa manière.

C’est au cours du solstice d’été alors que le calme s’était installé dans le village et  que Helena Vaughan profite du bonheur de ravoir sa petite Amelia, que lors de la fête du solstice un drame va éclater.

D’un solstice d’hiver à l’autre, un an dans la vie de Radcot se sera écoulé, bien des choses auront changé.

Mon avis = un enchantement que ce livre, qui est un bel hommage aux conteurs d’histoires le soir à la veillée, de ces histoires dont naquirent moultes contes et légende. Omniprésence aussi du fleuve, un personnage en soi dans ce roman mélangeant un peu les gens – du roman gothique, aux légendes entourant les mystères d’un fleuve qui peut être tour à tour clément ou mortel.
Comme ce « Quietly » (le silencieux), celui qui un jour mourut dans le fleuve et qui, depuis, emmène les âmes dont le temps est écoulé vers l’autre rive, celle dont on ne revient pas. Si ce n’est pas votre heure, il vous ramènera sur la bonne rive.

L’écriture est très belle, ce qui est important pour un tel livre. Les phrases « coulent » aussi agréablement que le fleuve qui s’écoule.
Un rebondissement bouleverse l’histoire, comme un orage bouleverse le calme du fleuve.

Chaque personnage de l’histoire possède son ou ses chapitre(s), l’auteure Diane Setterfield, elle-même magnifique conteuse, nous livre un pan de la vie de ceux qui forgent ce roman.

Tous ces personnages sont magnifiquement décrits, leur vie, triste ou heureuse, joliment décrite.

Certains ont parlé de Dickens à propos du roman, je préfère la comparaison avec Wilkie Collins.

Je ne peux que recommander chaudement cette lecture qui m’a envoûtée à tel point qu’il me fut incapable de lâcher le livre, une fois commencé.

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20 novembre 2019

LIVRE VS. E-BOOK, LE DEBAT CONTINUE

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sur une chaîne d'information francophone - Musiq3 - la chroniqueuse PASCALE SEYS, docteur en philosophie, professeure à l'université libre de bruxelles (ULB), productrice de radio, a livré un intéressant moment consacré à la lecture et au livre numérique vs. le livre papier, chronique relatant notamment un article de l'hebdomaire britannique The Guardian à propos de la lecture de livres numériques - ceci rejoint quelque peu une chronique de 2011 sur ce sujet, quoique nettement moins approfondi - dans la chronique sur le blog il était surtout question des préférences des lecteurs sur un type de livre vs. l'autre -

en ce qui me concerne, bien que je m'étais considérée comme une irréductible du livre papier, j'ai reçu en cadeau une lectrice numérique il y a 5 ans, alors que j'avais des problèmes aux yeux qui m'empêchaient temporairement de lire un livre papier - depuis j'alterne les deux avec grand plaisir, je suis pratiquement aussi conquise par le livre numérique que par le livre papier, comme quoi, il ne faut jamais dire jamais - le débat avait déjà commencé ici, ici, ici, et ici aussi l'avis d'une romancière.

toutefois, je suis plus ou moins d'accord avec les conclusions du Guardian, à savoir qu'un livre numérique se lit parfois trop rapidement; en tout cas, j'ai pu constater que je lisais les livres numériques nettement plus vite qu'un livre papier - 

voici ci-dessous la chronique de Pascale Seys - comme toujours, votre avis est le bienvenu -

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MARS, de Marina Tsvetaeva

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Dans le recueil de Lydie Salvayre consacré à 7 femmes pour qui l’écriture était la respiration qui les faisait vivre – j’ai à l’occasion « fait la connaissance » de Marina Tsvetaeva, que je ne connaissais que de nom et à qui le blog Lire& Merveilles avait consacré deux intéressants articles –

De mon côté je me suis sentie très touchée par le poème « Mars » que cette personnalité hors du commun écrivit en mars 1939 lorsque les troupes allemandes occupèrent la Bohème et la Moravie sans rencontrer de résistance tandis que les chancelleries occidentales restent honteusement muettes (extrait du livre de Lydie Salvayre)

Larmes d’amour,, fureur !
D’elle-même – jaillissant !
Et la Bohème en pleurs !
Et l’Espagne dans le sang !

Noire montagne qui étend
Son ombre au monde entier !
Il est temps – grand temps –
De rendre mon billet.

Refus d’être. De suivre.
Asile des non-gens ;
Je refuse de vivre
Avec les loups régents. 

Je refuse – de hurler
Avec les requins des plaines –
Non ! – glisser : je refuse –
Le long des dos en chaîne. 

Oreilles obstruées ,
Et yeux qui voient confus,
À ton monde insensé
Je ne dis que : refus. 

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19 novembre 2019

ALECHINSKY AU THEATRE DES MARTYRS

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dans l'entrée du théâtre des martyrs, sur la place du même nom
dans le centre de bruxelles,

on peut découvrir cette magnifique fresque en céramique
créée par le peintre belge Pierre Alechinsky

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MARILYN MONROE, POETESSE

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Gros coup de cœur pour ce Midi de la Poésie.

Lorsque je reçus l’avis des Midis de la Poésie concernant cette lecture-spectacle, je savais que je braverais tous les éléments et intempéries automnales pour m’y rendre.  Mais les éléments de ce mardi furent des plus cléments, plein soleil et un ciel aussi lumineux que la jeune femme dont on allait parler – une découverte pour certains, une re-découverte pour moi.

Avec ce temps propice à la balade, c’est dans les « Fragments » poétiques de Marilyn Monroe que nous nous sommes promenés, grâce au magnifique talent de France Bastoen, comédienne et Pietro Pizzuti, comédien et metteur en scène. 

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Je me souviens fort bien qu’il y a neuf ans, à ma première lecture de « Fragments » l’émotion m’étreignit au point que je voyais devant moi l’actrice, trop tôt disparue.
Un certain Ménandre a écrit quelque part que ceux qui sont aimés des dieux meurent jeunes, pour toujours rester ainsi dans notre souvenir (Ménandre – cet homme hélas a proféré d’autres paroles sur les femmes qui ne sont pas à son honneur)

Depuis je relis souvent des extraits de « Fragments », notamment lorsque j’ai le cœur lourd et je me sens alors consolée par cette jeune femme dont les poèmes, souvent en prose, exprimait si bien certains de mes ressentis.

Icône hollywoodienne qui fuira « Tinseltown » pour New York dans l’espoir de ne pas être surmédiatisée là aussi – hélas elle ne sera pas prise au sérieux là bas non plus – elle qui rêvait d’être une comédienne de théâtre souffrit tellement de trac (vomissements et autres symptômes psychosomatiques) qu’elle était inaudible sur scène.

On se moquait de celle qui se voulait une intellectuelle – et qu’ils le sachent bien, ces moqueurs, qu’elle l’était, elle était passionnée de lecture = sa bibliothèque comportait plus de 400 livres avec des auteurs tels Hemingway, Jack Kerouac, Beckett, pour les contemporains (Dostoïevsky et Walt Whitman, pour les classiques).

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Après sa mort, des auteur.e.s se sont emparés d’elle et ont écrit soit des essais, soit des biographies romancées – comme Joyce Carol Oates.
Ce sont des extraits de « Blonde » et de « Fragments » que les deux talentueux comédiens ont partagé avec le public.

Ils ont superbement cité des extraits des livres susmentionnés, je regrette toutefois qu’il n’y ait pas eu un chapitre ou un extrait parlant de sa force de caractère face au racisme – elle admirait Ella Fitzgerald et n’hésita pas à défendre la chanteuse = après un de ses récitals, elle avait invité la chanteuse à sa table, au grand déplaisir du patron de la boîte de jazz ; Marilyn Monroe se leva et déclara que si ses ami.e.s n’étaient pas les bienvenu.e.s, elle quitterait la boîte et n’y remettrait jamais les pieds.
Ella Fitzgerald put rester à sa table.

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France Bastoen, qui a une voix magnifique aussi pour le chant, a ravi le public avec deux chansons extraites de celles que chantait l’actrice – notamment « River of no return ».

 

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18 novembre 2019

HOLLYWOOD MONSTERS, de Fabrice Bourland

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6ème enquête d’Andrew Singleton & James Trelawney

Décembre 1938 – alors qu’à la veille de 1939 l’Europe s’inquiète d’ une probable guerre, les privés Singleton et Trelawney prennent des vacances bien méritées en Californie, plus précisément à Hollywood où ils ont retrouvé leur copain Stuart Dauncey, acteur raté mais devenu journaliste pour une gazette et Stuart semble avoir développé un flair pour les enquêtes – il sera d’une grande aide pour les deux privés londoniens dont les vacances vont tourner à l’enquête, malgré l’injonction du lieutenant de police qui leur a fait comprendre qu’ils n’avaient aucun droit d’enquête sur le territoire américain et ils sont donc priés de se mêler de leurs affaires.
Ce qui n’entre nullement dans leurs intentions car ils veulent prouver l’innocence d’un homme (ou était ce un loup-garou) qu’ils ont croisé un soir près de Malibu Lake.

Peu après, c’est le cadavre de la jeune Innes Crown, starlette mais travaillant surtout dans un cabaret pour objets de curiosité. Lorsque Singleton & Trelawney se rendent dans la cabaret où elle aurait travaillé, ils découvrent de tristes sujets, comme des frères et des sœurs siamoises – par contre les patrons du lieu les remballent disant qu’ils n’ont plus vu la jeune fille depuis 2 jours, ce qui correspond effectivement à la date de découverte de son corps.
Afin de trouver des preuves qui innocenteraient le malheureux jeune homme atteint du syndrome d’Ambras (pilosité généralisée), ils découvrent aussi son corps dans le lac, à deux pas d’où le cadavre d’Innes fut découvert.
Pour le lieutenant de police, il ne fait aucun doute, l’affaire est close – le « loup-garou » a tué la jeune femme parce qu’elle refusait ses avances.
Le sergent lui, semble plus enclin a accepté que les détectives londoniens poursuivent leur enquête à condition d’être discrets.

Avec l’aide de leur copain journaliste et de deux nains  très astucieux et heureux de leur rendre service parce qu’ils sentent une réelle empathie de la part des deux hommes, Singleton & Trelawney se mettent à fouiner « discrètement », mais réalisent très vite qu’ils sont sans cesse suivis par une Chevrolet verte.
Leur enquête « discrète » va les mener vers une cousine de la jeune morte et un sanatorium particulièrement sinistre.
Très rapidement leur vie est en danger et ce n’est pas sur la police qu’ils doivent compter.

Mon avis = mitigé – après un départ prometteur, je suis vite restée sur ma faim par l’écriture peu engageante -  j’ai poursuivi en diagonale l’auteur traînant souvent à en arriver au point, à arriver à une solution – 

Cependant, je me dois d’être honnête et par le biais du roman,  j’ai appris plusieurs choses, à commencer par les lois sur la stérilisation contrainte qui virent le jour en 1907, dans divers états des USA, dont notamment la Californie. En Europe, des lois similaires virent le jour à partir de 1929 au Danemark. Le Canada les avait précédés en 1928.

L’autre raison pour laquelle je n’ai pas abandonné en cours de lecture, est le fait que ce polar-ci parlait beaucoup d’un film de Tod Browning et les « freak shows » de sinistre mémoire où des personnes atteintes de difformités étaient exploitées par des « montreurs de monstres » comme le cirque Barnum qui s’en était fait une spécialité, pour le plus grand plaisir du public à la curiosité malsaine.
Parmi ces autres choses que le livre m’a fait découvrir, il y a la tératologie qui est l’étude des anomalies humaines, parmi lesquelles le syndrome d’Ambras qui est l’hypertrichose généralisée – ce syndrome a probablement alimenté la légende des lycanthropes (ou loups-garous).

Je crois que ce qui m’a le plus plu dans le roman sont les diverses références au cinéma, le parlant en est à ses débuts – et l’on y croise pas mal d’acteurs et actrices des débuts du cinéma.
Ainsi que les princes du « hard-boiled detective » (le privé dur à cuire), à savoir Dashiell Hammett et son Sam Spade, ainsi que Raymond Chandler et son Philip Marlowe – ils n’étaient pas les seuls bien sûr, on peut encore citer Ed McBain.

Néanmoins ces points qui m’ont intéressée ne forment pas nécessairement un bon roman, qui est malgré tout un hommage au cinéma américain de l’entre-deux-guerres.

Cette série avait pourtant bien commencé, j’ai lu toutes leurs enquêtes, mais cette fois je n’ai pas été convaincue par l’écriture, j'exagère peut-être mais elle m'a paru bâclée.

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17 novembre 2019

ETRE OU NE PAS ETRE, de Luca Franceschi

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Mise en scène = Luca Franceschi

Scénographie, Lumière & Régie = Stefano Perocco, Loredana Oddone, Geoffrey Leeman

Costumes = Rosalba Magini

Un homme – un baladin - entre en scène, après avoir récité en partie le monologue  « être ou ne pas être » dans Hamlet de William Shakespeare –  il s’adresse au public, nous explique qu’il est le personnage qui habite le comédien.
Celui-ci ignore le baladin, mais pourtant ils sont unis pour toujours.
Le baladin propose alors à une spectatrice de jouer du gong à chaque fois qu’il baissera la tête – cela conduit à quelques situations cocasses.
Eclairage et son doivent être exécutés  par celui qui est en scène. Bien que l'on s'adresse parfois à Richard, celui-ci reste absent. 

Arrive le comédien (par un habile retournement de veste), qui se plaint de ne pas trouver son gong – lorsqu’il réalise que c’est une spectatrice qui l’a en main, il a des difficulté à la croire, surtout qu’elle lui dit que celui qui l’a donné lui ressemble, à part un chapeau le costume est à l’identique.
Légère panique du comédien.

Au cours de sa répétition, il s’adresse  à un metteur en scène, Francis, qui semble peu satisfait de ses prestations. 

Le comédien repart en coulisses pour quelques instants et revoilà notre baladin qui explique au public que nous voyons le baladin, le public est présent – par contre lorsque le comédien est en scène, il ne voit pas le public, il n’y a que Francis le metteur en scène. Est ce que vous me suivez, nous demande-t-il ?

Arrive le jour de la répétition générale, où est présent « monsieur le directeur », à qui s’adresse le comédien, qui s’incline de multiples fois lorsque le directeur lui répond.  
Il propose des extraits des monologues de « Macbeth », « Richard III », et même un très court moment du « Roi Lear ».

Au public de comprendre la situation et je réalise qu’en en parlant comme je le fais, cela semble confus.
Cependant, sur scène, c’est totalement clair = un seul personnage, interprétant à la fois le baladin et l'acteur dont il est le double, réglant son éclairage et le son (chansons italiennes agaçantes, mon avis =^-^=)  -

Mon avis =  j’ai énormément apprécié ce « one man show » proche de la commedia dell’arte, avec ce Polichinelle impertinent, jovial, parfois agaçant dans ses excès, parfois très drôle. Le spectacle est qualifié de tragi-comédie, ce qui est le principe de la commedia dell’arte ; il est vrai que petit à petit on réalise l’angoisse du comédien que le metteur en scène critique pour ses interprétations, les doutes, et la relation entre acteur et son personnage, que seul le public découvre (j’ai beaucoup pensé à « Six personnages en quête d’auteur » de Pirandello, où là aussi on s’adresse au public, indirectement contrairement à ici ). 

je redoutais l’interprétation de Shakespeare en français, parce que oui je suis un peu puriste et à chaque fois que j’ai vu Shakespeare interprété en français, je n’ai pas passé un bon moment – je ne m’explique pas vraiment ce « purisme », après tout je vais voir d’autres auteurs traduits.
En fait, ici Shakespeare n’est que le prétexte à quelques très courts monologues, prétextes à l’interprétation du personnage et son comédien.
Ce fut absolument parfait à mes yeux.  

J’ai passé un excellent moment de théâtre, d’autant plus que je ne m’y attendais pas, je n’avais rien lu à propos de ce spectable – je suis quelqu’un qui accroche assez mal aux « one man show », mais ici – comme j’adore la commedia dell’arte – j’ai réellement accroché.

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L’acteur Luca Franceschi, interprétant ce  comédien et son double, est absolument formidable – une prestation aussi physique qu’intellectuelle.

On dit qu’interpréter Shakespeare est le rêve de tout comédien, surtout pour les monologues célèbres (cités ci-dessus) – j’imagine que c’est vrai, il suffit de voir combien de grands acteurs ont joué le dramaturge élisabethain.

A propos de Luca Franceschi (extrait adapté du programme du théâtre) – comédien, metteur en scène, de nationalité italienne (il a un adorable petit accent qui transperce parfois le français qu’il parle à la perfection).
Il est installé en France depuis une vingtaine d’années ; son but est de défendre la commedia dell’arte, théâtre de tradition italienne.
Il a été formé à l’école internationale de mimodrame de Paris-Marcel Marceau et a joué avec de multiples compagnies théâtrales italiennes. Il a fondé la Compagnie dell’Improvviso, dont il est le directeur artistique, jouant dans chacune de ses créations.

12 novembre 2019

7 FEMMES, de Lydie Salvayre

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Emily Brontë – Marina Tsvetaeva - Virginia Woolf – Colette – Sylvia Plath – Ingeborg Bachmann – Djuna Barnes

Plus UNE = Lydie Salvayre
Qui est pour moi indissociable de ces sept autres formidables autrices, chacune d’elles lui inspirant des observations, des réflexions, l’expression des sentiments et ressentis personnels inspirés par la lecture de leurs œuvres.

Chacune d’elles est désormais une écrivaine reconnue, admirée voire adulée.

Lydie Salvayre semble comme « habitée » par celles dont elle parle, tour à tour.
De celles que je connaissais (presque) bien = Colette, Sylvia Plath, Virginal Woolf,  Emily Brontë et Djuna Barnes (avec qui je partage l’opinion concernant Gertrude Stein, qui se pensait omnisciente dans le Paris de la « Lost Generation ») ;
à celles dont, à ma grande honte, je connaissais à peine le nom telle la passionnée, exaltée, crevant de mal et de faim Marina Tsvetaeva et Ingeborg Bachmann.

Pratiquement toutes ont refusé le carcan dans lequel la société des « bien-pensants » voulait les enfermer, aucune n’ayant la vocation du ménage et des enfants.
Pratiquement toutes ont eu des destins tragiques, toutes ont espéré – en vain – d’être reconnues de leur vivant.
Seule Colette échappa au destin tragique – quitte à avoir son écriture qualifiée de « mièvre ».

Pour toutes, écrire était synonyme de vivre – sans écriture pas de vie possible.

Quitte à en payer le prix, à savoir la mort.

Mon avis = vous l’aurez compris = j’ai adoré. 

d'autres avis sur ce livre = critiquesLibresespaces, instantsaifelle-legoutdeslivres

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07 novembre 2019

THE COURBET CONNECTION, d'Estelle Ryan

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5ème enquête de Genevieve Lenard et son équipe.

Une énorme course contre la montre – pratiquement au propre comme au figuré puisque le psychopathe adore les montres anciennes, et a déjà fortement effrayé Genevieve Lenard en pénétrant secrètement dans son appartement et volant les montres précieuses et très anciennes qu’elle y possédait.
Ce type de situation mettant Lenard dans une situation de grande angoisse, qui jette la jeune femme dans des black-outs complets dus à la forme d’autisme dont elle souffre.
Via ce que l’on nomme le « darknet », l’équipe va tenter de remonter la filière jusqu’à ce Dukwisz de sinistre mémoire, en essayant de le faire sortir de sa tanière grâce à un stratagème impliquant un paiement en montres antiques.
A cette enquête et l’équipe, il faut cette fois ajouter un adolescent souffrant également d’une forme impressionnante d’autisme, raison pour laquelle il s’adresse à elle dans le cadre de cette enquête, elle est la seule à comprendre.  

L’enquête va s’avérer très pénible car bien vite l’équipe d’enquêteurs va mettre à jour des enlèvements de jeunes gens et une chasse  d’un genre particulier impliquant aussi des vols d’organes humains.

Le compagnon de cœur de Genevieve Lenard va  être personnellement menacé par des policiers l’ayant repéré sous l’un de ses déguisements alors qu’il était à la recherche de faux tableaux de Gustave Courbet.

Mon avis = ce thriller est un peu plus court que les autres romans de la série, directement lié à l’enquête précédente – la docteure Lenard et son équipe hétéroclite poursuivent activement la recherche du psychopathe tueur à gages qui a juré sa perte et celle de ceux qu’elle aime.

J’ai été particulièrement intéressée par l’addition du nouveau membre (temporaire ou non l’avenir et les autres enquêtes nous l’apprendront) souffrant d’une autre forme d’autisme avec tous les tocs que cela entraîne pour la personne.
L’autisme et ceux qui en souffrent effraient les gens, ils ne peuvent cacher ce qu’ils pensent, leur potentiel d’intelligence les fait aussi être fréquemment grossiers avec ceux qu’ils jugent inférieurs à eux – comme c’est le cas ici, jusqu’à ce que l’enquêtrice arrive à comprendre sa manière de fonctionner.

La docteure Lenard est une psychologue de haut niveau, spécialisée à détecter les langages non verbaux corporels et  visage, connaître ce que vous ressentez sans l’exprimer, cependant face à cet adolescent qui tente de la bloquer, elle a quelque difficulté.
En dehors de cette jeune femme personnage de  roman et donc ayant des ressources, je réalise à quel point cela doit être pénible pour les parents qui ont un enfant souffrant d’autisme, qui n’ont pas les ressources de ce personnage de roman – tellement peu de structures pour les aider à comprendre et agir. Quel poids cela doit être de ne pas avoir une aide positive et devoir gérer cela.
Comment aussi détecter aussi vite que possible le comportement des troubles de l’autisme ? d’autant plus qu’il y a de nombreuses formes et degrés différents d’autisme. 
Les personnes autistes ont aussi beaucoup de troubles obsessionnels compulsifs, mais presque tout le monde souffre de TOC à des niveaux différents.

L’enquête a attiré mon attention sur ce que l’on nomme le « darknet » - j’avoue être tombée de haut – je sais qu’internet est le lieu où se défoulent tous les tarés, ou frustrés (c’est pareil), mais ce que cet  « internet sombre » implique  m’a tout de même fortement secouée.

Après la clôture de cette enquête, je vais pouvoir poursuivre les enquêtes de Genevieve Lenard avec un peu de temps entre elles à présent – j’avais hâte de connaître les conclusions définitives de l’enquête entamée dans le 4ème opus.
Cette enquête est aussi palpitante qu’angoissante.

le tableau de gustave courbet, faisant l'objet de faux tableaux (dans cette enquête° 

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05 novembre 2019

DAVID HOCKNEY, LES PLAISIRS DE L'OEIL, de Gero von Boehm

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LES MARDIS DE L’ART

Thématique de la couleur 

Les enquêteurs dans les polars (Poirot, Holmes) disent que les coïncidences n’existent pas – je venais de sortir mon livre d’art consacré au peintre britannique David Hockney de la bibliothèque (où je cherchais autre chose) lorsque je reçus le courriel du Centre du Film sur l’Art (CFA) qui consacrait ce mardi de l’art à la thématique de la couleur – et qui mieux que personne représente la couleur que David Hockney ? (ne vous méprenez pas, je n’oublie pas les impressionnistes, Vincent van Gogh, les fauves …) –

ce livre que j’avais retrouvé s’intitule « Portrait of David Hockney » par Peter Webb – il a été édité en version reliée en 1988 et rééditée en version brochée en 1990 – la version brochée comporte des illustrations tant en noir&blanc qu’en couleurs et donne un bel aperçu de l’artiste à cette époque-là.
Bien sûr entretemps, 29 années se sont écoulées et d’autres biographies ont été écrites, complétées, par d’autres biographes - la couverture de cette biographie représente un tableau d"Hockney intitulé "Self Portrait, July 1986"

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A présent le documentaire =
David Hockney, d’emblée lorsqu’on l’interroge, reconnaît avoir été influencé par Henri Matisse et une peinture représentant un petit pot de fleurs rouges – Matisse a peint cela en 1942, en pleine tourmente donc de la 2ème guerre mondiale, et Hockney s’est dit que c’était tout de même merveilleux que pendant que le monde entier se déchirait, quelqu’un quelque part avait envie de peindre une petite fleur d’espérance.

Le peintre explique qu’il en eut assez de la pluie de son Angleterre natale (il est né dans le Yorkshire en juillet 1937) et il décida de partir pour la Californie en 1964 – depuis, Hockney est venu s’installer en Normandie (à Caen) car il est un fumeur invétéré et très opposé aux lois interdisant de fumer un peu partout ; il a donc décidé de revenir vivre chez des gens acceptant les fumeurs (je ne voudrais pas le décourager, mais je ne suis pas convaincue qu’il aura trouvé ce qu’il cherche dans ce domaine =^-^=).

Arrivé en Californie, il ne connaissait pas beaucoup de monde ; il noua toutefois une longue amitié avec le romancier Christopher Isherwood et son compagnon Donald (Don) Bachardy.

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David Hockney est un touche à tout de génie ; non seulement avec ses immenses tableaux à l’acrylique, il fit partie du mouvement pop-art, mais il excelle aussi en photographie et photocollage. 
Actuellement, il est inspiré par ce que l’on peut réaliser grâce aux ordinateurs et « s’amuse » dans ce domaine.
Hockney excelle autant en dessin qu’en peinture et ne se déplace jamais sans son carnet de croquis. 

Dans l’œuvre de David Hockney, il y a des animaux (ses chiens), des paysages et aussi des piscines dont le bleu éclatant ravit le regard.

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David Hockney a aussi « touché » à l’opéra – une forme musicale qu’il aime particulièrement ; selon lui des musiciens comme Tchaikovsky, Verdi, Mozart, Wagner, ont « vu » les opéras qu’ils ont composés ; David Hockney se dit  convaincu que chaque opéra composé par les musiciens célèbres a été conçu pour être mis en forme, en costumes, en couleurs.
Il a notamment contribué à « Turandot » de Verdi – costumes et décors. Il a également conçu les décors pour « L’enfant et les sortilèges » de Maurice Ravel.

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Quelques mots concernant le réalisateur de ce documentaire = Gero von Boehm est né en avril 1954 à Hanovre. Il a grandi à Heidelberg en Allemagne, et a fait des études de loi et société à Heidelberg et New York. A 20 ans il a commencé à écrire des articles pour le mensuel Die Zeit. Il a réalisé son premier documentaire pour la télévision en 1975.
Il a réalisé plus de 100 documentaires.

GOVAERT FLINCK

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Aussi connu sous le prénom de GOVERT FLINCK

Dans le thriller récent d’Estelle Ryan, il est question d’une peinture « Paysage à l’obélisque »(voir ci-dessus)  du peintre Govaert Flinck – n’ayant jamais entendu parler de ce peintre, j’ai cherché dans mes livres d’histoire de l’art qui ce personnage pouvait bien être et j’ai trouvé quelques informations que je vous propose ci-dessous

Peintre de l’âge d’or de la peinture hollandaise - Né en 1615 dans le duché de Cleves faisant partie à l’époque des Provinces Unies (sous domination espagnole) –
Bien décidé à ne pas devenir un commerçant en mercerie comme son père et devenir un artiste, il suivit les conseils d’un fils de ses voisins, qui lui conseilla de faire partie des élèves de Rembrandt van Rijn.
Pendant quelques années, Flinck travailla dans la ligne du maître, mais intéressé également par l’histoire de l’art, il s’intéressa à la peinture de Pieter Paul Rubens. Cela les conduisit à quelques commandes et commissions diplomatiques.

Il fut introduit à la cour du grand électeur de Bavière possédant un duché et ayant épousé une princesse d’Orange. Flinck obtint grâce à cela le patronage de Johan Mauritsius de Nassau.

Devenu en 1652 un citoyen d’Amsterdal, il se maria avec une héritière, fille du directeur de la compagnie des Indes. A ce moment là Flinck était déjà fort connu dans les milieux patriciens de la ville.

Parmi ses œuvres les plus célèbres, il y a la « Bénédiction de Jacob », un portrait de Rembrandt en berger à la flûte.

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THE FLINCK CONNECTION, d'Estelle Ryan

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4ème enquête de Genevieve Lenard et son équipe 

Lorsque Genevieve Lenard est réveillée au petit matin par un appel au secours de son compagnon Colin Frey, gentleman cambrioleur, elle passe le message à qui va pouvoir l’aider. Frey était à la recherche d’un tableau de Govaert Flinck, le problème est qu’en découvrant le tableau, il a aussi découvert le corps du propriétaire de l’appartement.
Va s’en suivre alors une enquête artistique, mais surtout politique mettant en cause plusieurs membres du gouvernement français, désireux de se remplir les poches et de mettre en danger la nouvelle loi que le président français souhaite faire voter, à savoir la transparence sur les comptes financiers.

L’enquête les renvoie rapidement à un vol commis des années auparavant à Boston – puis alors qu’ils sont lancés, un membre de l’équipe de sécurité du président français leur dit de ne plus toucher à cette enquête concernant le décédé et le tableau de Flinck.
Vous vous en doutez, cette équipe dont  quelques membres sont à la limité de la légalité n’a pas du tout l’intention de se laisser intimider et Francine, la spécialiste en informatique, particulièrement douée pour pirater les ordinateurs des autres sans se faire prendre, va prendre une part active dans cette enquête; elle sera ravie de confirmer ses théories du complot.

La docteure Genevieve Lenard et son équipe vont avoir des difficultés et des rebondissements inquiétants impliquant un personnage des enquêtes précédentes, un tueur à gages professionnels, véritable sadique, dont le plus grand plaisir est de tuer mais surtout il se nourrit de la peur qu’il observe chez ses victimes avant de passer à l’acte.
Le temps presse pour découvrir le personnage pour qui ce tueur travaille, qui fait partie d’un groupe de gens qui se connaissent depuis pas mal d’années, mais c’est cette personne-là qui tire les ficelles du complot et qui est prête à tout pour conserver ses privilèges.

Mon avis = J’ai replongé avec un grand plaisir dans cette enquête, après avoir « abandonné » quelque temps cette jeune femme, enquêtrice d’un genre particulier, neuro-atypique, qui s’est construit un univers bien à elle, univers qui fut bouleversé par une série de personnages très « motley crew » (c.à.d. hétéroclites), à qui s’est ajouté une jeune fille de dix-huit ans, dont ils ont sauvé la vie dans l’enquête précédente et que Genevieve Lenard a adoptée. Et comme tous les ados, elle va aussi « secouer » Doc G, surnom qu’elle lui donne, parce que son langage n’est pas totalement celui auquel la psychologue, lectrice de signaux non verbaux et attitudes corporelles des personnes en face d’elle, est habituée.

Comme les enquêtes précédentes celle-ci est palpitante, même angoissante et va mettre les nerfs de la docteure Lenard à rude épreuve, car elle va être obligée de quitter sa zone de confort, or pour une personne autiste, la zone de confort est extrêmement importante.
Un vol de tableaux non résolu des années auparavant, une conspiration à niveau international, vont l’obliger à avoir des comportements loin de ce qu’elle souhaite elle qui aspire au calme pour se concentrer – heureusement elle a Mozart.

Ce que j’apprécie aussi dans ces lectures, sont les œuvres d’art dont il est question, comme ici un tableau de Govaert Flinck, peintre dont je n’avais jamais entendu parler, qui fut pendant deux ans élève de Rembrandt et dont l’art étant similaire à celui du maître, il fut longtemps confondu avec lui.

Bien que ce ne soit pas toujours une bonne idée, je vais lire l’enquête suivante très rapidement, car ce thriller-ci se termine avec un cliffhanger (désolée pour tous ces anglicismes, mais on ne trouve pas toujours l’équivalent en français) et j’ai forcément envie d’en savoir plus.

Un bon thriller, avec quelques répétitions malheureusement, surtout dans la mécanique de fonctionnement des personnages – ils aiment se taquiner et n’en viennent pas toujours au point comme le voudrait leur cheffe d’équipe pour qui le « blablabla » est une perte de temps (je l’adore =^-^=)

Je connais désormais le style de l’autrice Estelle Ryan, je sais à quoi m’attendre – l’anglais est simple, des dialogues qui rendent le style vivant, pas de la grande littérature mais de bons moments de divertissement sans prise de tête.

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03 novembre 2019

THE SMOKE HUNTER, de Jacquelyn Benson

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Prologue = Amérique centrale au 17ème siècle - un prêtre, conscient des horreurs commises par les envahisseurs espagnols, attend de mourir dans une geôle souterraine. Alors qu’il pense que l’on vient le chercher pour la mise à mort, une prêtresse le relâche et se sacrifie sur ce que l’on appelle « the smoke mirror », à savoir « le miroir fumant », un miroir d’obsidienne, ou plutôt d’hématite exigeant un sacrifice humain s’il a offert la réalisation d’un souhait.
Il est la représentation du dieu le plus craint de la civilisation aztèque Tezcatlipoca – il est le dieu de la nuit, de la discorde, de la guerre, du temps et de la mémoire, entre autres. Le prêtre a été retrouvé pratiquement fou serrant dans ses mains un vieux psautier.

Londres – 1898 - Eleanora (Ellie svp !) Mallory travaille au service des archives ; elle sait qu’elle va être licenciée car on l’a vue dans une manifestation de suffragettes  enchaînées aux grilles du parlement.
C’est effectivement ce que lui confirme le chef de service, un type aussi nul en archives qu’en archéologie, science et autres choses importantes qu’Ellie a étudiées – c’est autant une vengeance personnelle à l’égard d’une femme plus intelligente que lui, qu’une nécessité, on ne peut avoir des personnes travaillant pour l’administration agir dans de telles manières et circonstances.
Tout en emballant ses effets personnels, la curiosité d’Ellie lui fait jeter un dernier regard au bureau de son ex-chef, un homme incapable d’avoir de l’ordre et de la méthode dans son travail. Se faisant,  elle découvre un artefact, une sorte de psautier très ancien, dont les pages sont coupées pour former une cachette, dans cette cachette une pierre d’obsidienne comportant d’étranges glyphes et l’image de ce qui est probablement une divinité.

Ellie est impulsive, sa devise « parler ou agir d’abord, réfléchir ensuite » - inutile de dire que ce genre de raisonnement lui vaut des problèmes et empocher le psautier en sera un de taille. Elle va rapidement être pourchassée par deux personnages peu reluisants, un ancien professeur d’’Edinbourg, lâche et donc dangereux,  et son âme damnée, un homme pour qui tuer est une simple formalité. 
Aidée par sa riche meilleure amie, qui lui donne ses papiers et lui conseille d’endosser son identité pour qu’on ne la retrouve pas, Ellie s’embarque pour l’Amérique centrale à la recherche de cette civilisation dont on connait peu au 19ème siècle, pour vivre enfin son rêve d’archéologue-exploratrice dont elle a les capacités.

La voilà à Belize, dans l’un des plus beaux hôtels (merci mon amie). Le problème quand on ne connaît pas les criminels, c’est la naïveté. Ellie a sincèrement pensé que ses poursuivants londoniens ne la retrouveraient pas. Elle va se faire voler le psautier, puis retrouver ce qu’il contenait par des moyens pas vraiment honnêtes,  mais qui veut la fin veut les moyens et puis ce n’est pas voler que de contrer des criminels.

Bien que leur première rencontre ne fut pas des plus agréables, Ellie Mallory, alias Constance Tyrell pour le moment, reçoit l’aide d’un certain Adam Bates, archéologue et cartographe qui reconnaît le bout de papier qu’elle lui montre – l’homme est tout sauf aimable mais aux grands maux les grands remèdes et les voilà en route pour la jungle, poursuivis par le soi-disant archéologue et son sbire, travaillant pour une instance supérieure dont on ne connaîtra jamais le nom, mais qui convoite une découverte qui pourrait lui donner un pouvoir infini pour dominer le monde.

Ellie et Bates devront se faire mutuellement confiance et cela n’ira pas sans mal, d’autant plus qu’elle a commencé par lui mentir et ne sait plus très bien comment se dépatouiller de cette situation – mouth first, brains later ça vous joue des mauvais tours.
Ils vont non seulement affronter la jungle et ses dangers, mais également les assassins ayant retrouvé leur trace, leur vie ne tiendra qu’à un fil.

Mon avis = positif pour cette aventure digne d’un film d’Indiana Jones, ce qui était le but affiché de l’autrice Jacquelyn Benson.

J’ai évidemment eu beaucoup de sympathie pour cette Eleanora Mallory (Ellie on vous a dit), jeune femme dynamique, impulsive, ne supportant pas que les femmes ne puissent non seulement pas avoir le droit de vote, mais sont obligées d’être mariées pour être respectables – mariage égale ennui mortel pour cette Ellie qui rêve de voyages et découvertes et que sa tante aimerait tellement voir mariée.
Dans cette aventure trépidante, elle aura l’occasion de constater qu’être exploratrice n’est pas de tout repos, et les dangers de la jungle ne sont pas grand-chose à côté des dangers humains.
Le monde des chasseurs de trésors est certes palpitant mais ils ont tendance à mépriser les archéologues – les chasseurs de trésors préfèrent de très loin se remplir les poches de trésors à vendre aux plus offrants, plutôt que respecter les civilisations anciennes.

Je ne connais rien à la civilisation précolombienne, et j’avoue à ma grande honte, me mélanger les pinceaux entre Mayas, Aztèques et Incas – leurs habitats respectifs et leurs existences dans les périodes temporelles respectives. Je cherche encore et toujours un livre aux explications simples mais non simplistes sur le sujet.

Je me suis beaucoup amusée avec ce roman d’aventures, qui m’a fait penser aux thrillers de Clive Cussler – évidemment comme toujours on est confronté à des êtres sans scrupules et un deus ex-machina dans l’ombre qui espère dominer le monde (encore un !) 

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31 octobre 2019

HEIRS AND GRACES, de Rhys Bowen

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7ème enquête de Lady Georgiana 

Georgiana Rannoch, lady sans fortune ni formation, donc sans emploi, aide pour le moment sa mère à écrire ses mémoires. Elle a reçu pour cela une machine à écrire, qu’elle commence à maîtriser correctement mais pas suffisamment pour se trouver un autre emploi lorsque sa mère repart vers son comte autrichien.
C’est là qu’elle réalise que finalement cette « finishing school » qui est le passage obligé des jeunes filles de la haute société, ne lui a pas servi à grand-chose.
Sauf que cette fois, elle pourrait effectivement utiliser ces connaissances de la « haute » pour aider un jeune homme devenu le nouveau futur duc de Eynsford par les règles strictes de l’héritage qui doit absolument aller aux hommes dans les années 1930.

Lady Georgiana est donc priée de se rendre, encore une fois, à Buckingham Palace chez sa tante la reine Mary pour prendre le thé où elle rencontre la duchesse douairière de Eynsford.
Le plus jeune de ses deux fils ayant disparu pendant la première guerre mondiale, avant cela il était parti quelque temps en Australie, il s’y était marié et un enfant était né de cette union.
Du coup ce jeune homme est l’héritier de la famille Eynsford en Angleterre.
Tollé général = quoi ! un « sauvage », élevé en Australie dans le bush deviendrait le nouveau duc si l’actuel fils de la duchesse mourrait ? hé oui et ce bien que ce sale bonhomme ait aussi une sœur et des neveux, à qui il fait d’ailleurs bien sentir qu’il leur fait la charité.
Il faut dire que Cedric, duc de Eynsford, est un type odieux,  Georgiana et la famille auront l’occasion de le découvrir.  Il a toujours refusé de se marier même simplement pour avoir un héritier ; il préfère les éphèbes, c’est son droit, il n’est néanmoins pas obligé d’exprimer son mépris pour les femmes comme il le fait (des nuisances, des parasites qui ne sont bonnes qu’à pondre des gosses, pour le reste elles ne servent à rien et les éduquer est inutile !)

Ce que demande la duchesse douairière est simple = Georgie devra simplement apprendre les bonnes manières à John (Jack) Altringham.
Ce ne sera pas une mince affaire car le jeune homme a été éduqué à la dure, dans le Queensland, parmi les éleveurs de moutons. De plus il n’a aucune envie de devenir le futur duc de Eynsford, mais comme le dit sa grand-mère britannique et très ancienne  noblesse, il  n’a pas le choix.

Lorsque le jeune homme arrive au domaine il est accompagné, pour le plus grand bonheur de Georgie, par Darcy O’Mara, qui a déjà tenté de prévenir Jack de ce qui l’attendait.
Cela n’empêchera pas la surprise d’être de taille pour le jeune homme = se changer plusieurs fois par jour en fonction des dîners, thés, etc. Monter à cheval avec une selle, jamais vu ça ! Lady Georgiana trouve le jeune homme sympathique et s’emploie du mieux qu’elle peut pour lui apprendre à devenir un duc.

Inutile de dire que dans le domaine, en dehors de lady Edwina la duchesse douairière qui estime que c’est de son devoir de l’accueillir, tout le monde et surtout Cedric le prennent de très haut. Les deux sœurs âgées de lady Edwina le trouvent folklorique, mais pas de l’étoffe d’un duc, la sœur de Cedric - et du père décédé de Jack -  estime que c’est son fils à elle qui devrait être l’héritier. Bref John (Jack) Altringham n’est pas le bienvenu.

Lorsque Cedric, qui veut absolument construire un amphithéâtre dans son domaine, en expulsant sans aucun scrupule les habitants des cottages qu’il compte faire raser, le drame couve ; le sale bonhomme a pris la décision d’écrire son testament, en dépit des lois en vigueur, et son légataire universel serait son valet de pied français. Tous les jeunes éphèbes qui tournent autour du duc sont également catastrophés car après tout l’un d’eux aurait aussi fait l’affaire.
En route vers le lieu où il va construire son théâtre, il emporte la lettre imposant ses directives au notaire du domaine.
Peu après, Georgiana qui a besoin d’une petite promenade pour échapper à cette ambiance devenant de plus en plus insupportable,  mais aussi pour conduire l'architecte vers le vallon, elle découvre le cadavre de Cedric, avec dans le dos le couteau de Jack !

Le jeune homme est forcément coupable, même pour l’inspecteur en chef, jusqu’à ce que l’autopsie révèle qu’en réalité il a été empoisonné et le couteau planté là pour accuser l’héritier.
Même si cela l’innocente en partie, il y a quand même la question du couteau, ce qui continue à jeter le doute sur Jack. Georgiana décide de prouver son innocence, à ses risques et périls, comme toujours.

Mon avis = j’ai bien aimé cet épisode de la vie mouvementée de lady Georgiana Rannoch, car il met l’accent sur tous les détails (insupportables) des codes de la bienséance de l’aristocratie britannique ; jusque dans les moindres détails, de l’habillement aux activités, tout est règlementé, étudié pour ne pas choquer, aussi bien pour les hommes que pour les femmes.

Tout cela est rigoureusement exact, l’autrice Rhys Bowen s’est fort bien documentée. Exact et toujours de rigueur d’ailleurs, sauf pour les héritages, désormais les femmes y ont droit.

Je m’étais amusée à me dire que « telle » personne était coupable, mais sans trop y croire. Et bien j’avais raison, c’était bien la personne à qui j’avais pensé par jeu.

Cette série continue à m’amuser,  je continuerai à la lire pour son ton léger, son humour caustique, pour les détails sur les codes de société et aussi pour les intrigues policières bien menées.

Comme la série commence à être traduite, celui-ci le sera probablement bientôt. Ce que  je me demande, c’est comment ils vont traduire certains traits d’humour.

En ce qui concerne les héritages, il semblerait que ce soit l’invasion normande qui ait été aussi négatif pour les femmes, avant cela les femmes conservaient au moins leur douaire, tout ne passait pas automatiquement au mari au moment du mariage.
Bon, n’étant pas juriste, je ne connais pas tous les détails des modifications légales qui eurent lieu dans les Iles britanniques, qui ont subi bien des modifications, avec les religions qui changèrent de camp régulièrement, les souverains étrangers qui amenaient leurs lois. Comme il n’existait guère de registre foncier avant le 19ème siècle, il était difficile d’établir la propriété féminine. Et il y avait aussi des lois différentes selon les régions – je ne m’y suis donc pas bien retrouvée afin de savoir quand et comment les femmes ont fini par avoir le droit à hériter du titre et des propriétés dans la noblesse. 
En tout cas, ce ne sera toujours pas réglé avant la 2ème guerre mondiale, puisque les amateurs de la série « Downton Abbey » le savent, la propriété de Lord Grantham passera à un cousin.

28 octobre 2019

EN OCTOBRE AU CINEMA

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MALEFICENT, MISTRESS OF EVIL – titre français = Malefique,  le pouvoir du mal

Scénario = Linda Woolverton, Noah Harpster, Micah Fitzerman-Blue
Mise en scène = Joachim Ronning

Cinq années après la mort du roi Stefan, sa fille Aurora est désormais reine de la Lande, sous la protection de Maléfique. Le prince Philippe demande sa main mais Maléfique s’y oppose car elle ne croit plus guère à l’amour. Finalement, Aurora décrétant qu’elle se passera de son accord s’il le faut, la fée accepte à contre-cœur et les deux familles se rencontrent au cours d’un dîner. Il apparaît rapidement que la mère de Philippe fait tout ce qu’il faut pour provoquer Maléfique ; la reine accuse Maléfique d’avoir jeté un sort sur le père de Philippe et tout se termine très mal. Maléfique est blessée par une balle en fer, le seul métal qui peut les arrêter.
Les méchants n’étant jamais ceux que l’on pense, la malheureuse Aurora va découvrir le pot aux roses et tenter d’éviter la guerre entre les peuples de la lande et ceux du royaume humain.

Mon avis = je me suis beaucoup amusée, je suis bon public et j’avoue que cette Maléfique si malmenée dans les contes me plaît beaucoup parce qu’elle a un très bon fond - les effets spéciaux sont  formidables.
Comme j’aime les histoires de fées (et d’ailleurs j’y crois parfois =^-^= ) j’ai passé un bon moment de suspense où les bons ne gagnent pas tout de suite, mais ce ne serait pas un conte si les choses ne finissaient pas bien.

La distribution est pratiquement la même que dans le premier volet des aventures de Maléfique et Aurora, avec quelques nouveaux personnages = Angelina Jolie, Michelle Pfeiffer, Ella Fanning, Sam Riley, Chiwetel Ejiofor, Harris Dickinson, etc.  ; je vous propose de vous reporter à votre site de cinéma préféré pour en connaître tous les détails.

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DOWNTON ABBEY, le film d’après la série télévisée créée par Julian Fellowes

Scénario de Julian Fellowes
Mise en scène de Michael Engler 

En 1927, le roi Georges V et la reine Mary font la tournée du nord de l’Angleterre et leur cortège passera par Downton – immédiatement toute la maisonnée est en effervescence, aussi bien la famille Crawley que le personnel. Ces derniers vont avoir une désagréable surprise car le personnel du roi et de la reine viennent s’installer et sont pleins de morgue à l’égard du personnel de ce « petit domaine ».
Après avoir subi l’arrogance de ce personnel qui occupe les cuisines, bureau du majordome, etc, la domesticité de Downton leur réserve une surprise de taille, il y va de l'honneur de Downton.
Pendant ce temps d’autres événements se passent dont le roi et la reine d’Angleterre ne semblent pas être conscients, mais on oublie souvent qu’ils ne sont pas toujours dupes de ce que l’on pense leur cacher.

Mon avis = pas mal du tout, bien dans le ton de la série pour ceux qui l’ont regardée. 
C’est sympathique, avec fond historique, et cela m’a beaucoup plu de retrouver ces personnages, toutefois le ton est du même niveau que la série, dont pas beaucoup de surprises, mais beaucoup de gentillesse – sauf dans les cuisines, mais « all is well that ends  well » . 
La manière dont les domestiques reprennent leur « pouvoir » est un bon moment du film, et je trouve d’ailleurs que c’est le principal intérêt de l’histoire.

La distribution est celle de la série, même si quelques personnages manquent à l’appel (mais peu) = Hugh Bonneville, Elizabeth McGovern, Laura Carmichael, Michelle Dockery, Allen Leech, Harry Hadden-Paton,  Matthew Goode,  Jim Carter, Raquel Cassidy, Brendan Coyle, Joanne Froggatt, Lesley Nicol, David Haig, Geraldine James, Imelda Staunton, Penelope Wilton et surtout et avant tout Maggie Smith.  (je ne m’en cache pas, c’est pour elle que j’ai été voir le film, car j’adore cette actrice et elle est formidable dans le rôle de la douairière Lady Violet).

Plus de détails sur les acteurs et leurs rôles respectifs sur votre site de cinéma ou l’encyclopédie que vous connaissez bien.
Costumes et décors sont fort beaux, mais déjà la série était prisée pour cela, une très belle étude dans ce domaine ayant été réalisée.

Pour l’anecdote = lorsque les souverains britanniques, de quelle époque que ce soit, passaient par les domaines des nobles de leur pays, il était normal de loger dans les domaines desdits nobles et cela coûtait énormément d’argent, car évidemment ils exigeaient d’être reçus « royalement », ce qui était souvent très onéreux et dur à assumer.  Cela ne se passait pas nécessairement aussi facilement que dans le film.
Le bal qui termine le film n'est pas organisé à Downton, ce qui fait pousser un soupir de soulagement à lord Crawley, et on le comprend aisément.

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25 octobre 2019

UN ETE A PONT-AVEN, de Jean-Luc Bannalec

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photo prise à pont-aven lors de mon passage dans cette jolie cité artistique et touristique)

Traduit de l’allemand

1ère enquête du commissaire Georges Dupin

Concarneau en été – le commissaire Georges Dupin savoure son café matinal sur la terrasse de son restaurant favori lorsqu’on l’appelle à Pont-Aven afin d’élucider le meurtre de Pierre-Louis Pennec, dont l’hôtel-restaurant est une véritable institution depuis sa création par l’aïeule des lieux, qui fut aussi une bonne amie de la colonie des peintres qui s’installèrent à Pont-Aven, et notamment Paul Gauguin.

Lorsqu’il interroge le personnel de l’hôtel, la famille et les amis proches de l’hôtelier, ils ne tarissent pas d’éloges sur la forte personnalité du personnage, mais pour Dupin tout cela est beaucoup trop lisse pour être vrai. Il a évidemment le maire et le préfet sur le dos, ils souhaitent une résolution prompte de l’affaire, après tout on est en période touristique et ce crime n’est pas une bonne publicité.
Honnêtement,  Dupin s’en fiche, lui il suit son petit bonhomme de chemin et sa manière de procéder met parfois ses collaborateurs  mal à l’aise, quand ce n’est pas de la mauvaise humeur ; les deux inspecteurs et la secrétaire du commissaire doivent essuyer les critiques du préfet qui veut être tenu au courant de l’affaire.
Parmi les suspects, il y a le demi-frère de la victime ; celui-ci est devenu un politicien en vue dans le sud de la France où il réside désormais et se voudrait intouchable. Ce qu’il ignore du caractère du commissaire Dupin c’est qu’il ne se laisse pas facilement intimider, il aura l’occasion de s’en rendre compte car même s’il n’était plus en contact avec son demi-frère, André Pennec est , pour le commissaire, au rang des suspects.

Pendant quatre jours, l’enquête va suivre son train, avec ses frustrations, ses interrogatoires musclés ou non, ses intuitions exactes ou non. Un autre meurtre va venir s’intercaler dans l’enquête, le fils Pennec victime d’un accident, probablement un meurtre également, mais impossible à prouver – après tout tomber d’une falaise quand il pleut et que le sol est glissant, cela arrive !

Tout tourne autour d’un tableau de Gauguin, heureusement pour lui Dupin recevra l’aide d’une jeune professeure d’histoire de l’art, possédant le matériel et les connaissances artistiques nécessaires pour déterminer l’authenticité du tableau ou non.

Mon avis = une fois encore positif – j’ai laissé mon cœur en Bretagne il y a environ 30 ans, aussi lorsque j’ai découvert cette série policière se déroulant en Bretagne, je me suis précipitée pour le lire et je ne suis nullement déçue.

La description des paysages, des coutumes (comme la fête des Filets Bleus à Concarneau) sont réellement plaisantes à lire, même la météo fait partie des « coutumes bretonnes » et comme ils le disent = nous avons quatre saisons en une journée.

Jean-Luc Bannalec est le pseudonyme de Jörg Bong, écrivain, directeur de publication et critique littéraire. La série écrite sous son nom de plume a été sur la liste des best-sellers en Allemagne pendant de nombreux mois. Elle est désormais traduite en 14 langues et rencontre un franc succès en dehors de l’Allemagne également.
Le succès de la série a attiré bien des touristes étrangers en Bretagne, des Allemands notamment, et des promoteurs de voyages allemands organisent des circuits touristiques « sur les traces du commissaire Dupin ».
Jörg Bong a également écrit et édité plusieurs articles/essais sur le monde littéraire et ses frustrations.

J’avoue que ce commissaire m’a beaucoup plu – il a été muté en Bretagne pour avoir tenu tête à sa hiérarchie à Paris – c’était la mutation ou la porte, Dupin a choisi la mutation et depuis 3 ans, il est réellement  heureux d’être en Bretagne, même si comme le dit son efficace secrétaire Nolwenn, fille du pays, il sera toujours « l’étranger », même  s’il vit jusqu’à sa mort dans le pays breton.
A le rigueur, à la 3ème génération des Dupin, ils pourront être considérés comme « presque bretons ».
Contrairement à certains collègues enquêteurs dans d'autres polars, il ne carbure pas à l'alcool mais au café.

L’équipe qui entoure Dupin est sympathique, comme la sus-mentionnée Nolwenn dont l’efficacité est d’un grand secours au commissaire, surtout lorsqu’il faut faire un barrage téléphonique au préfet par exemple. Pour ses inspecteurs et collaborateurs sur le terrain, c’est un peu plus compliqué, car il ne partage pas toujours ce qu’il pense de l’enquête avec eux.

Vous l’aurez compris, j’ai l’intention de poursuivre aussi cette série que je vous recommande, on passe un moment de détente et une enquête avec quelques rebondissements.

 concarneau (photo prise en 2015 lors de mon passage en bretagne)

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23 octobre 2019

LE GENERAL DE L'OMBRE, d'Eric Chevreau

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Projet Erebus – tome 1

Dans la collection « Nouvelles Aventures de Bob Morane » - d’après les personnages créés par HENRI VERNES 

Bob Morane et son ami Bill Ballantine en visite touristique à Washington ont été « convoqués » par le général Gaines, un supérieur de la CIA, pour aider à retrouver un certain « Simon le magicien », en fait un petit génie de l’informatique qui a volé des informations informatiques et des plans de la plus haute importance – ils sont envoyés dans le jeu virtuel créé par ledit Simon.
En réalité ils ne quittent pas le lieu de la CIA où ils sont « endormis », leur avatar se retrouve là où ont déjà été envoyées des recrues afin de localiser le voleur. Leur but = retrouver un certain Victor.
Ce qui est intéressant dans le programme est que lorsqu’on se fait tuer virtuellement, on revient immédiatement à son lit dans la « vraie vie » -  c’est uniquement l’avatar qui a été tué.

Dans le domaine créé virtuellement, il y a un colonel de l’armée, renégat, qui s’est attribué le titre de général suprême et qui crée, à l’aide du programme sophistiqué, des domaines qui lui conviennent – il utilise aussi des armes de pointe, comme celles dont les plans ne devraient surtout pas tomber dans de mauvaises mains.
Mais c’est exactement ce que le dénommé Simon le magicien a l’intention de faire = marchander au mieux tous les programmes (armes comprises) au plus offrant.

Et parmi ces plus offrants, il y a des vieilles connaissances de nos amis avec qui ils ont déjà eu maille à partir = le sinistre général Ming, alias l’Ombre Jaune, et la sulfureuse Miss Ylang-Ylang, entre autres. Victor, qu’ils ont récupéré, réalise qu’un missile sol-sol d’un nouveau type est envoyé et qu’ils n’y échapperont pas.

Manque de chance pour nos amis, lorsqu’ils  se retrouvent à Langley, siège de la CIA, et pas plus morts que vous et moi, il y un problème de poids = Simon le magicien s’est échappé, et les avatars des acheteurs potentiels ont aussi disparu.

Mon avis = positif, sauf que ce premier tome se terminant par un cliffhanger, je suis très impatiente de connaître la fin de cette passionnante aventure, baignant dans l’informatique de pointe.

Il y a ici tous les ingrédients qui firent les beaux jours des aventures de Bob Morane, créées par Henri Vernes = de l’humour, de l’action, des jeunes femmes n’ayant pas froid aux yeux et des ennemis invisibles ce qui les rend d’autant plus dangereux.
Eric Chevreau est un digne successeur d’ Henri Vernes.

Je me trompe sans doute, mais j’ai l’impression que le film « Avatar » et aussi plus récemment « Spiderman, far from home », ont inspiré l’auteur Eric Chevreau, que j’ai le plaisir de connaître et dont j’avais déjà lu et fort apprécié les aventures de « Mordicus le petit magicien », qui plaît énormément aussi aux enfants à qui je les ai offertes.

Je me sens un peu frustrée de ne pas connaître la suite du « Projet Erebus » - du nom de ce dieu primordial grec, dont le nom est synonyme de ténèbres et chaos. C’est aussi le nom d’un volcan de l’Antarctique.

A suivre donc.

 illustration de la couverture créée par Frank Leclercq

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THE CRYPT THIEF, de Mark Pryor

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2ème enquête d’Hugo Marston

Paris, en été – deux jeunes touristes sont retrouvés morts au petit matin, près de la tombe du chanteur des Doors, Jim Morrison, dans le cimetière du Père Lachaise. L’un des deux, le jeune homme, est le fils d’un sénateur américain.
De ce fait, l’enquête est de l’ordre de l’ambassade des Etats-Unis, en collaboration avec la police française. L’ambassadeur demande à Hugo Marston de s’en charger, ce qui lui donne le plaisir de retrouver le capitaine Garcia.

Le père du jeune homme assassiné arrive des USA pour récupérer le corps de son fils et comme la jeune femme d’origine égyptienne qui l’accompagnait était en possession d’un faux passeport, le sénateur existe que la piste du terrorisme soit approchée, les recherches ayant prouvé qu’elle était, en réalité,  originaire du Pakistan, où l’on ne cache pas que les USA sont l’ennemi à abattre.  
Or comme le fils du sénateur allait être engagé pour un stage dans l’ambassade, avec la paranoïa qui les habite, le sénateur américain est convaincu qu’elle tentait d’infiltrer l’ambassade et préparer un acte terroriste.

Compte tenu de ce qu’il a découvert dans le rapport de police sur les deux corps, Marston ne croit pas à la piste du terrorisme, il est convaincu que les jeunes gens se sont trouvés au mauvais endroit au mauvais moment, car en fait c’est la tombe de la danseuse Jane Avril – célèbre danseuse au Moulin Rouge et amie de Toulouse-Lautrec – qui a été profanée et des os de la danseuse ont été emportés.

Hugo Marston qui était profileur pour le FBI avant de devenir chef de la sécurité à l’ambassade américaine, voit dans ces actes quelque chose de très personnel de la part du tueur et l’avenir va lui donner raison même si le sénateur obtient gain de cause. On retire l’enquête à Marston, sauf que l’ambassadeur lui permet de poursuivre la piste personnelle,  c’est son ami Tom Green qui devient son supérieur dans cette poursuite d’enquête.

La prochaine tombe profanée est celle de La Goulue, elle aussi danseuse célèbre au Moulin Rouge et amie de Toulouse-Lautrec. Comme les crimes sont commis les soirs de nouvelles lunes – lorsqu’il fait particulièrement sombre – Marston se doute qu’il a à faire à quelqu’un de très méthodique et organisé.
Mais comment donc a-t-il accès au cimetière qui est fermé la nuit ?

Son amie journaliste, Claudia Roux, va l’aider par des recherches mais aussi des articles pour tenter de faire sortir le tueur de sa cachette. Cependant comme le pense Marston, l’homme est intelligent et ne se laisse pas aussi facilement appâter.

La chasse à l’homme va devenir d’autant plus personnelle qu’au cours d’une veille pour capturer le tueur Tom Green est gravement blessé. Ce souci s’ajoute à celui que Marston avait déjà à propos de l’alcoolisme de son ami;

Mon avis = positif – bien que cette enquête-ci soit nettement plus sombre que la première – il y a toujours des échanges d’humour entre Marston et Green, sauf que ce dernier inquiète fort son ami de toujours vu l’alcool qu’il absorbe.
La relation entre Marston et la journaliste a pris un tour plus amical que amoureux, elle reste toutefois une collaboratrice précieuse dans l’enquête. On retrouve aussi le capitaine Garcia qui ne regarde pas Marston d’un œil amène vu que son mari avait été sérieusement blessé dans l’enquête précédente.

L’enquête sur les tombes saccagées mène à un tueur en série d’un style particulier puisqu’il semble qu’il s’agisse d’un collectionneur d’ossements.
C’était particulièrement angoissant, surtout lorsque le tueur ne se limite plus à la collection des os dont il a besoin, mais aussi de jeunes femmes possédant un tatouage. J’en ai eu fameusement la chair de poule vu qu’entre les chapitres de l’action des enquêteurs, on suit le tueur à la recherche de ce qu’il collectionne et c’était inquiétant.

J'ai trouvé intéressant (pour moi) de lire les avancées particulièrement sophistiquées en matière de médecine légale, avec des laboratoires et une morgue parisienne impeccables, en comparaison avec le livre précédent, où le bateau-morgue sur le Rhône est un véritable cloaque, comme ledit Rhone d'ailleurs où tout un chacun jette ses déchets et pire encore.

Bien que j’aie apprécié ce polar-ci, j’avoue avoir préféré le premier volume de la série, probablement parce qu’il y avait plus d’humour.

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avril

20 octobre 2019

LES SUPPLICIEES DU RHONE, de Coline Gatel

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Lyon à la fin du 19ème siècle. En cette fin décembre 1897 de très jeunes filles sont retrouvées atrocement mutilées – chacune a été victime d’avortement clandestin, passé dans des circonstances horribles, les laissant exsangues dans des coins sordides de la ville.

Le professeur Alexandre Lacassagne, qui souhaite que se développe la médecine légale en laquelle la police ne croit pas du tout, enseigne  les théories qui marqueront les bases de cette médecine. 
Il décide de confier l’enquête sur les jeunes victimes à son élément le plus brillant, le médecin Félicien Perrier ayant déjà bien assimilé toutes les théories du professeur ; il lui attribue comme associé un autre médecin de son équipe, le jeune Bernard Lecuyer.
Ils vont bien vite être rejoints et aidés par la journaliste Irina Bergovski, qui travaille au Progrès de Lyon et désire réellement gagner ses galons de vraie journaliste et pas uniquement avoir la rubrique des chiens écrasés. Irina, pour se faciliter la vie, s’habille en homme – ce qui lui vaudra des ennuis avec le commissaire chargé de l’enquête, car elle ne possède pas le « certificat de travestisssement », les femmes n’ayant toujours pas le droit de s’habiller en homme, et certainement pas en public.

Félicien est un garçon étrange, limite sociopathe, passant de l’amabilité à la froideur la plus désagréable, Bernard est la tête froide, raisonnable du groupe, mais est plutôt guindé et n’apprécie pas toujours les théories féministes d’Irina, qui tient à son indépendance et a bien l’intention de la conserver.

Ce trio improbable va vraiment devoir unir ses forces et tenter de dérouler un écheveau né dans un esprit malade. Beaucoup de questions se posent, à commencer par comment les victimes se sont retrouvées là où elles furent découvertes ? un cadavre, ça ne se trimbale tout de même pas comme un sac de provisions !

Grâce au talent de dessinatrice d’Irina, on retrouve les parents de certaines victimes, et cela lève, pour celles qu’on a reconnues, un pan du voile du mystère – mais un pan seulement.

Au fur et à mesure qu’ils pensent avancer dans l’enquête, un fait se produit qui les ramène à leur point de départ.

Mon avis = très bon suspense, avec un dénouement surprenant à couper le souffle.

Si Irina est la typique suffragette luttant bec et ongles pour faire comprendre à ses amis, à Bernard le coincé surtout, que les femmes ont le droit de disposer de leur corps. Félicien lui est limite sociopathe, il est difficile de ne pas voir en lui un ersatz de Sherlock Holmes.

L’histoire aborde aussi la difficulté d’aimer quelqu’un de son sexe – ceux qu’on nomme les « invertis », qui sont pourchassés eux aussi par la police.

Quant au certificat de travestissement, j’ignorais que cela se nommât ainsi, par contre je savais que cela existait puisque George Sand avait été obligée de se rendre à la police pour obtenir la permission de s’habiller en homme.
Quant au droit à l’avortement, continuons à lutter pour le conserver, car lorsqu’on réalise ce que faisait les « faiseuses d’anges », il y a de quoi vomir.

Le personnage du professeur Alexandre Lacassagne a réellement existé – il était effectivement médecin légiste et expert auprès des tribunaux. Il était particulièrement intéressé à ce que l’anthropologie médicale puisse aider à découvrir les coupables de crimes et éviter les erreurs judiciaires.

Compte tenu des nombreuses théories développées dans le roman, il est évident que l’autrice Coline Gatel s’est bien documentée pour écrire son livre.
Le seul bémol que j’aurais pour ce roman est le style – bien sûr les dialogues le rendent très vivant, mais le vocabulaire n’est pas toujours très choisi.

Néanmoins le suspense fonctionne tellement bien que, la météo aidant, je n’ai pas voulu lâcher ce polar historique sans l’avoir terminé.

alexandre lacassagne 

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