mon bonheur est dans la ville

11 décembre 2018

NUIT BLANCHE A STOCKHOLM, de Christoffer Carlsson

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Titre original suédois = der fallande detektiven

ABANDON

Décembre, peu avant noël. Un professeur conférencier en sociologie a été assassiné dans une arrière cour, d’une ruelle, quelque part dans Stockholm. L’inspecteur Leo Junker a repris du service, même si la plupart de ses collègues le regardent de travers – non seulement il a tué un collègue, en plus il fait partie d’un service qui enquête sur les autres policiers pour découvrir les ripoux et il a été mis à pied pendant le temps qu’il se remette de sa dépression. Il a pu reprendre du service parce qu’il a « trimballé » le psy en ne lui racontant pas tout, c’est-à-dire ses cauchemars, ses insomnies et les à côtés du médicament pour les nerfs dont il se sèvre.

Seul témoin du crime est un petit garçon de six ans qui regardait par la fenêtre – il n’a pas vraiment assisté au meurtre, mais a vu des hommes près du cadavre, un qui lui faisait les poches, l’autre qui est parti plus tard, qui se cachait derrière les poubelles.

Mon avis = Polar. Suédois. Tout est dit.

Cela faisait un certain temps déjà que je n’avais plus lu de polar suédois, ayant été réellement fatiguée de ce style glauque, où l’enquêteur est psychotique, à la limite de la folie – ici je n’ai pas eu l’impression qu’il buvait, je ne suis pas arrivée assez loin dans le roman.
Mais il traîne un de ces boulets de culpabilité, après des événements qui se sont produit dans le premier tome de la série. Le type a été mis en congé maladie, avec obligation de rencontrer un psy (ou une), et ce qu’il fait me prouve une fois de plus qu’il est très facile de dorer la pilule à un psychologue, lui mentir sans qu’il s’en rende compte. On se demande à quoi servent leurs 5 années d’études.

J’ai eu envie d’abandonner dès les premières pages lorsque Junker vomit parce qu’en manque de médicament pour les nerfs – comme lui a dit son collègue, « vaut mieux les prendre ». On ne nous a pas épargné l’odeur du vomi pendant quelques pages – j’ai poussé un soupir mais me suis dit qu’ « à cheval donné on ne regarde pas les dents » et comme j’ai reçu ce livre, je tenais à au moins en lire une bonne partie.

On a aussi droit à l’habituelle démolition du « modèle suédois » de la démocratie, où le pouvoir est corrompu (parce qu’il y aurait un pouvoir qui ne l’est pas ?) .
Depuis les excellents polars de Maj Sjöwall & Per Wahllöö, il n'y en a plus que pour cela. Eux au moins avaient la particuliarité d'être originaux, depuis on ne fait que copier.
L’extrême gauche tape sur l’extrême droite qui à son tour tape sur l'extrême gauche, les immigrés tapent sur les Suédois et les néonazis suédois tapent sur les immigrés.

Entre le récit à la première personne sur ce que raconte Junker, des portions de chapitres à la troisième personne nous livre les agissements des possibles coupables.

En fait mon meilleur moment de ce livre, pour moi,  a été le décor de noel du commissariat = un sapin en plastique dans un coin avec pour décorations des petites menottes dorées et argentées, des matraques en rouge et bleu, des petits révolvers en pâte d’amandes et des agents coloriés.

Parfois des récits nous échappent totalement, celui-ci en fut un malheureusement. 
Est-il besoin de spécifier que cela ne me réconcilie pas avec la littérature policière scandinave et pourtant j’ai encore pas mal de romans dans ma pal.

Le premier roman de Christoffer Carlsson, dans la série Leo Junker, « le Syndrome du pire » a obtenu le prix du meilleur roman  policier suédois en 2013 – forcément, cela incite à poursuivre l’écriture. 
Ce jeune criminologue a écrit des essais, publications scientifiques, qui selon moi doivent être meilleures que sa prose policière – ou alors il a été mal traduit, mais ça je ne le saurai jamais puisque je ne parle pas suédois.

Quand je vous le disais que j’étais dans une période de « malédiction de noel » - en voilà encore un polar qui en est la preuve. 

merci à lewerentz qui m'a gentiment transmis le livre - son  billet (ici)  - un risque à prendre avec moi qui supporte assez mal la littérature policière scandinave ces derniers temps - 

d'autres avis sur ce polar = lireetrelire, babelio 


08 décembre 2018

DES GENS D'IMPORTANCE, de Mariah Fredericks

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Titre original anglais = A Death of No Importance 

New York 1910 - Jane Prescott est domestique chez les Benchley – elle a eu la chance d’obtenir ce poste de femme de chambre après le décès de son ancienne patronne qui, une fois décédée, ne laissa rien évidemment à son personnel. 
Les gens chez qui elle a eu le poste sont ce que l’on nomme avec mépris « des nouveaux riches », puisqu’ils ne font pas partie des « Quatre Cents » - les 400 familles les plus anciennes et importantes de New York.

Si Mrs. Benchley mère a une « perle » soi-disant de femme de chambre, les filles devront se partager Jane, et la plus jeune Charlotte la teste avec des caprices afin de vérifier si elle connaît son métier.
C’est mal connaître Jane Prescott qui prend son travail très au sérieux, d’autant plus qu’elle aimerait un jour devenir gouvernante dans une importante maison.
Elle doit donc transformer les filles Benchley en deux parfaites débutantes – si cela ne sera pas trop difficile pour la très jolie et capricieuse Charlotte, la préférée de la mère, il n’en va pas de même pour la timide Louise, bien plus respectueuse.
Louise hélas est maladroite, a un maintien peu avenant et pourtant, Jane parvient à l’aider à s’affirmer. Malgré toutes ses maladresses, Louise est aussi celle qui a bon cœur et qui se soucie du confort des plus démunis, ce que méprisent tous les autres membres de la famille.

Dans la « bonne » société, le rôle d’une jeune fille est de se montrer dans les bals, d'être reçue, ne pas faire de vagues, d’être mariée au meilleur parti possible, or il s’avère que ce parti, aux yeux de Charlotte Benchley, est Robert Norris Newsome Jr, le parfait gosse de riches comme dit Anna l’amie anarchiste de Jane.
Mais Norrie, pour les familiers, est en principe promis à Beatrice Tyler – une amie d’enfance, qui venait régulièrement chez la patronne de Jane Prescott, puisqu’elle était la grand-tante de la famille. 

Ce que Charlotte veut, dieu le veut et elle va immédiatement se faire remarquer aux regards de Newsome Jr. que l’on connaît surtout comme noceur, flambeur, séducteur… Peu importe, Charlotte a l’intention de faire annoncer leurs fiançailles au cours du bal de noel 1910, même si Norrie semble s’en moquer – il n’a toujours pas sorti la bague de fiançailles du coffre. De plus, il s’est rendu à Philadelphie quelques jours avant le bal et il aurait été accompagné d’une jolie dame – du moins c’est ce que raconte « Town Topics » une feuille de chou qui aime colporter des ragots sur les « rich and famous ».

Quant à la situation avec les Tyler, qui étaient des amis des Benchley, ils leur battent assez froid. Cependant, il faut sauver la face et ils sont également présents à ce bal de noel – où Beatrice et Charlotte se battent comme des chiffonnières ! Heureusement pas devant tout le monde !
C’est ce soir là que le drame éclate, Jane Prescott découvre le cadavre de Robert Norris Newcombe Jr dans la bibliothèque, le crâne défoncé et le visage horriblement défiguré. 
Quand on vous le disait que noel n'est pas nécessairement une fête d'amour et bonté !

Comme Mr. Benchley, industriel possédant aussi des mines de charbon, a reçu des lettres de menaces de la part des anarchistes depuis qu’un accident dans une de ses mines ait tué 8 enfants, la police immédiatement se tourne vers la piste des anarchistes. Et arrête un pauvre livreur de glace d’origine polonaise, ne parlant pas correctement l'anglais, mais avouant.
C’en est trop pour Jane Prescott convaincue de son innocence. Elle décide donc de découvrir le vrai coupable.

Mon avis = positif – un bon polar historique – ce livre  me rassure un peu sur le choix de mes lectures récentes qui se sont avérées (sauf « Flic de papier ») comme réellement décevantes. J’étais déjà en train de me dire que je subissais une sorte de « malédiction de noel ».

J’apprécie beaucoup le personnage de Jane Prescott, élevée par un oncle pasteur après avoir été abandonnée sur un banc à Ellis Island par son père, dès le débarquement du bateau.
Orpheline de mère, les services sociaux ont rapidement découvert cet oncle, qui a un refuge dans le Lower East End, où il aide des prostituées à se refaire une santé et fuir leurs proxénètes, où elles apprennent un vrai métier et peuvent enfin prétendre à une vie plus digne.
Quoique la vie des ouvriers et ouvrières de ce début de 20ème siècle ne soit guère très digne ; ils sont exploités, n’ont aucun droit durant les heures de service, les pauses étant réduites au minimum pour que le travail soit rentable.
C’est contre tout cela que lutte son amie Anna, l’anarchiste d’origine italienne, féministe, suffragette, qui ne comprend d’ailleurs pas que Jane ne se révolte pas contre sa condition de domestique comme devrait le faire toute femme. 

Jane Prescott est loyale à ses patronnes, à défaut de son patron, les Benchley la traitant correctement – fine mouche, elle sait qu’elle ne peut s’aventurer à enquêter seule, aussi accepte-t-elle l’aide et d’aider un journaliste, celui-là même qui travaille pour « Town Topics » et elle parvient à lui ôter l’envie d’écrire des bobards salaces pour plaire au public friand de scandales, surtout chez les grands de ce monde.
Elle parviendra aussi à obtenir l’aide d’un docteur en pharmacie, juif polonais, adepte de Sherlock Holmes et ses techniques d’investigation.

Le roman mélange donc habilement la vie d’une grande maison avec leurs  relations, avec leurs petites qualités et grands défauts, montrant que ce n’est pas parce qu’on a fait fortune que l’on a nécessairement de l’éducation. La vie de la famille de la victime est sous la loupe comme on s’en doute. 
L'éditeur n'a pas pu s'empêcher de parler d'un "Downton américain" (cela devient une obsession cette comparaison), perrsonnellement je préfère la comparaison avec Edith Wharton.

En dehors de cette vie-là, la romancière Mariah Fredericks dresse le portrait de New York en début de 20ème siècle avec ses quartiers sophistiqués jouxtant les quartiers totalement défavorisés, où les pauvres dorment parfois dans la rue. Cela n’est guère différent du Londres de la même période.
Avant d’entamer la série consacrée à Jane Prescott, la romancière a écrit des romans pour jeunes adultes.

Bien que lu en français, j’ai réellement apprécié l’écriture, simple mais pas simpliste. J’ai l’impression que traduire l’anglais-américain est plus facile que l’anglais d'Angleterre (le seul vrai selon les profs) et de ce fait, on ressent moins le sentiment que la traduction est approximative.

Par contre (je vais faire ma chipoteuse ici =^-^=) je ne peux m’empêcher de me demander comment le titre anglais qui parle d’une « mort sans importance » devient tout  à coup des « Gens d’importance ».
Oui je sais j’aime bien chercher la petite bête.
En tout cas, voilà une série que j’ai réellement envie de suivre (en anglais de préférence).

07 décembre 2018

FREDERIC, de Dominique Breda

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Mise en scène = Emmanuelle Mathieu

Costumes = Laurence Van H

Création lumières = Sébastien Mercial

Décor sonore = Dominique Bréda

Jean-François Breuer, qui porte toute la pièce sur ses épaules en un one-man show particulièrement formidable, est un grand admirateur de Freddy Mercury – voilà dix ans qu’il espérait lui rendre un hommage.
Grâce à Dominique Bréda, il a non seulement pu lui rendre ce vibrant hommage, mais carrément l’interpréter.  Grâce à  son immense talent, c’est désormais chose faite. Cet hommage est une véritable déclaration d’amour faite par toute une équipe théâtrale.

Dominique Bréda a imaginé l’histoire d’un sosie, qui en a un peu marre d’être le sosie de Mercury, quinze ans que ça dure.

Lorsqu’il arrive en scène, son groupe n’est pas encore arrivé, alors pour faire attendre le public qui lui était là – à l’heure ! – Frédéric nous raconte son histoire, depuis son enfance et tout son parcours où il fut moqué pour cette ressemblance.
Lui il aurait préféré Bowie, mais comme il le dit = on ne choisit pas.

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Ce ne sont pas les excuses que Bernard l’un des musiciens lui donne par téléphone qui vont calmer le jeu, car Frédéric est réellement énervé.
Frédéric évoque cette première émission à laquelle il désirait participer après avoir lu le tract qui proposait aux sosies de se présenter tel jour, telle heure.
Et lorsque, après une longue et fastidieuse sélection, il peut enfin montrer son talent, tout le monde reste baba.

Moi aussi je suis restée « baba » devant la prestation de Breuer, que j’apprécie énormément comme comédien, je l’ai déjà vu dans pas mal de productions du théâtre de la Toison d’Or à Bruxelles, et il ne m’a jamais déçue, au contraire.
Non seulement son jeu est excellent, avec une palette qui passe généreusement de l’humour à la sensibilité et l’émotion, comme ici.
En plus, il a une voix superbe et joue magnifiquement bien du piano, il a ici enfin pu montrer qu’il possède un réel talent de chanteur et musicien. 

Quant aux costumes, ils sont fort bien étudiés et sont totalement proches de ce que portait Mercury,  manteau et couronne royale y compris.

Cette prestation valait bien une « standing ovation », le public ne s’y est pas trompé, même si nous sommes restés assis.
Les quelques moments musicaux sont des chansons de Freddy Mercury, interprétées par Breuer ; comme je l’ai dit = à applaudir debout.

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A TALENT FOR MURDER, d'Andrew Wilson

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Agatha Christie se trouve à Londres pour rendre visite à son agent littéraire lorsqu’au moment où arrive son train, elle se sent prise d’un léger malaise, malaise qui pourrait s’avérer dramatique puisque le train n’est pas loin. Heureusement une main la retient de tomber sur les rails ; alors qu’elle essaie de se relever, la main la maintient au sol et un homme parlant d’une voix détestable lui dit de l’écouter attentivement = si elle fait ce qu’il dit, elle pourra se relever sinon un autre malaise l’enverra sur les rails. Effrayée, Agatha Christie obtempère.

L’homme est le docteur Patrick Kurs, il lui propose d’aller prendre un thé dans un salon près de la gare et lui expose son plan. Elle va faire ce qu’il lui demande, c’est-à-dire tuer son épouse à Leeds, mais pour mettre ce plan à exécution, il faudra qu’elle « disparaisse », ce devrait lui être facile puisqu’elle ne se remet pas de la trahison de son mari qui lui a demandé le divorce pour épouser Nancy Neele.
Si elle refuse, les conséquences seront dramatiques pour sa petite Rosalind – médecin, il a à sa disposition quelques personnages peu nets, à qui il a évité la prison et qui sont prêts à tout pour lui – même de faire du mal à une petite fille de 7 ans. De plus il n’hésitera pas à révéler la liaison de son mari avec miss Neele à la presse.
Epouvantée par ce que ce monstre pourrait faire à sa fille et, comme elle l’aime toujours, à son mari, Agatha Christie accepte non seulement de disparaître – l’homme a un plan bien établi – et aussi de mener à bien l’autre tâche, à savoir tuer une femme qu’elle ne connait pas.

Il n’est jamais bon de céder à un maître-chanteur, en fait c’est la frayeur que ce type de personnage provoque chez sa victime qui généralement la fait payer, ou agir comme il l’exige comme ici.

Finalement, libérée par ce sale bonhomme pour mettre le plan de sa « disparition » en action, elle croise un membre du « Civil Service », une organisation gouvernementale ; lui et la jeune amie qui l’accompagne, se rendent compte que Ms. Christie ne va pas vraiment bien, mais elle s’excuse auprès d’eux tant elle a hâte de retourner à Styles, l’horrible maison qu’elle a achetée pour faire plaisir à son mari.
Lorsque le « plan » mis au point pour sa « disparition » est mis en branle, et qu’il est évident que le superintendant Kenward dans le Surrey patauge,  la jeune Una Crowe, qui a des velléités de devenir journaliste décide d’enquêter de son côte.
Pour Kenward, l’affaire est simple = c’est le mari. Il n’y va pas de main morte avec Archibald Christie et malgré les injonctions de ses supérieurs, il utilise toutes les forces possibles (policiers mais aussi gens du coin) pour fouiller les environs ; il faut retrouver le corps car pour lui il ne fait aucun doute que la pauvre femme est morte.

A Harrogate, Agatha Christie se cachant sous un faux nom (Teresa Neele !!!), se demande comment échapper à ce qui se prépare, mais telle un araignée, Patrick Kurs tisse une toile autour d’elle.

Mon avis = une déception que ce thriller qui a été présenté par l’éditeur comme « Agatha Christie mène l’enquête » - comme il est assez à la mode en ce moment pour les écrivains anglo-saxons d’utiliser des écrivain.e.s de polars comme principal enquêteur/trice dans des romans, j’ai pensé que celui-ci me plairait, d’autant plus qu’Andrew Wilson dont j’avais lu « the Lying tongue » a une belle écriture. 
De ce côté-là, rien à redire, le vocabulaire est élégant, les phrases relativement courtes pour dynamiser le récit. Entre les chapitres écrits à la 1ère personne, qui sont le récit d’Agatha Christie, il y a des chapitres à la 3ème personne, mettant en scène la jeune Una Crowe et le superintendant Kenward, celui préférerait coffrer Archibald Christie.

Mais  c’est du côté du récit même que cela se gâte – lorsque j’ai entamé le roman, j’ai pensé abandonner. 
Comme je n’aime pas trop abandonner un livre, je me suis dit que ce serait bien de voir comment cela se poursuit, comment cela se terminera.
De plus le livre comporte un rebondissement intéressant malgré tout, mais il faut s'accrocher pour y arriver.

Navigant  sur cette désormais vieille scie qu’est  la vague  des romanciers  se demandant  ce qui s’est passé pendant les onze jours où Agatha Christie disparut, il a brodé autour de cela un thriller, à la fois pastiche de la duchesse du crime, mais aussi de Patricia Highsmith pour laquelle il professe  une grande admiration.
En référence à Patricia Highsmith, il utilise l’élément principal de « Strangers on a train » - pour Agatha Christie, il « louche » du côté du « the Murder of Roger Ackroyd », mais jette aussi dans le roman quelques éléments de futures histoires qu’elle écrira plus tard, tout comme ce « Passager to Frankfurt ».
La jeune héroïne de l’histoire Una Crowe, en dehors d’Agatha Christie, ressemble à Anne Beddingfeld de « Man in the brown suit » et un peu également à Jane Finn dans « The Secret Adversary ». Sans oublier la très remuante et entreprenante Tuppence Beresford.

Néanmoins mieux vaut lire les romans d’Agatha Christie que ce pastiche qui prouve qu’Andrew Wilson connaît bien les histoires concoctées par la duchesse du crime, mais si vous n’avez pas lu celle-ci, cela passe au-dessus de la tête – heureusement ce ne fut pas mon cas, et j’ai fini par considérer cette histoire comme un jeu de piste à travers l’œuvre de Ms. Christie.

La piste principale étant évidemment « the Murder of Roger Ackroyd »,  pour  lequel le très méchant de ce livre à la fois thriller et polar, nourrit une immense admiration, d’où le titre puisqu’il dit à Agatha Christie qu’elle a un réel talent pour le meurtre.

Personnellement j'ai trouvé que, lorsque l’on partage les pensées et souvenirs de Ms. Christie, on a plus l’impression d’être dans ses romans, considérés comme les plus personnels et écrits sous le pseudonyme de Mary Westmacott (surtout « A daughter’s daughter » où elle reprend une phrase prononcée par sa fille = « papa m’aime toujours, c’est plutôt toi qu’il semble ne plus aimer »)

Je n’ai donc pas arrêté ma lecture, même si l’envie m’en prenait régulièrement, après tout il y a suffisamment de livres à lire pour ne pas prolonger une lecture qui provoque des sentiments ambivalents.
Comme je l’ai dit, abandonner un livre est un rendez-vous manqué entre lecteurs et romanciers.

Ce que je déplore un peu est que ce roman est le premier d’une nouvelle série – et ce que je déplore encore plus est cette rengaine de la disparition d’Agatha Christie pendant 11 jours, alors que l’on sait désormais que tout ceci fut une fausse disparition, elle avait seulement besoin de se ressourcer et peut-être se venger de la trahison de son mari, amoureux d’une autre jeune femme.

02 décembre 2018

MENACE AT THE CHRISTMAS MARKET, de Sara Rosett

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Une courte nouvelle, et enquête de Kate Sharp & Axel Norcutt dans la série « Murder on Location »

Kate Sharp est bien ennuyée en cette saison de fêtes, d’abord son Alex est parti fêter noel avec ses parents divorcés, donc l’un à Malte, l’autre à Gran Canaria – ils sont en contact téléphonique, mais ce n’est pas la même chose qu’une présence physique. De plus, comble de malheur, elle veut absolument lui trouver un cadeau « parfait », or Alex est un gars qui a tout ce qui peut l’intéresser que ce soit au point de vue du matériel sportif ou du matériel photographique. 
Louise, la copine de Kate et patronne du pub l’emmène au marché de noel dans la petite ville à côté de Nether Woodsmoor où ledit marché est basé sur le thème de Jane Austen. Ms. Sharp y voit une opportunité de prendre des photos qui pourraient peut-être servir à la série  documentaire sur la vie de Jane Austen.  Ce sera aussi l’occasion de faire la connaissance d’une romancière, véritable « janeite » qui a écrit plusieurs romans de fan-fiction remportant un grand succès. A la grande surprise de Louise, la romancière n’est pas présente, mais son stand est tenu par la voisine, une femme arrogante prétendant que la romancière lui a confié le stand car elle a prolongé ses vacances à Gran Canaria.

Kate est surprise de revoir dans ce marché une jeune femme qu’elle a déjà remarquée à la sortie de son cottage – la suivrait-elle ?
Il s’avère qu’il s’agit de Gina, une vendeuse dans l’épicerie locale, qui connaît bien la romancière et est très étonnée que celle-ci n’y soit plus venue depuis plusieurs semaines. Gina est persuadée qu’Harriet est morte, assassinée – la police lui a évidemment ri au nez, et du coup elle demande l’aide de Kate Sharp qui est douée pour les enquêtes. Lorsque Gina est victime d’une tentative d’empoisonnement dans ce même marché de noel, Ms. Sharp et Louise pensent qu’elle a sans doute raison concernant la romancière.
Mais comment le prouver ? Alex, à Gran Canaria,  a rencontré une actrice qui lui ressemble – est ce un indice ?

Apparait encore sur les lieux, la sœur cadette de la romancière, une jeune femme ayant un problème de drogue et comptant sur son aînée pour l’aider à s’en sortir.

L’inspecteur de police de la localité veut bien croire à une disparition, mais après avoir lu le testament, il accuse Gina d’avoir tué la romancière et Louise d’être sa complice !!! Alors, face à ce n’importe quoi, Kate va mener sa petite enquête et prendre des risques une fois encore.

Mon avis = un  petit polar dit « de saison », concernant une mystérieuse disparition - Revoilà la saison des fêtes, des souhaits de bonheur, des cadeaux – je vais sans doute vous surprendre, mais ce n’est pas une saison où le crime s’arrête – demandez donc à Hercule Poirot, aussi cynique que moi en ce domaine.
Cette novella de peu de pages, très vite lue, ne brille pas trop par son originalité, j’avais tout deviné dès les premières pages – ceci dit, la lecture était plaisante, il y a de l’humour, l’inspecteur est un peu tourné en ridicule. Une fois de plus, j’ai regretté l’absence de l’inspecteur Quimby, il est temps que quelque chose se passe à nouveau dans sa juridiction, car il me manque.

En fait, le vrai suspense de la novella est de savoir si Kate trouvera un cadeau digne de son Alex. 

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01 décembre 2018

ANGELA"S CHRISTMAS ADVENTURE, de Clara Benson

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Une courte nouvelle dans la série "Angela Marchmont Mysteries"

Pas de crime dans cette aventure d’Angela Marchmont – qui se situe quelque part vers la fin d’une série que j’apprécie réellement et je suis heureuse d’encore avoir quelques livres à lire avant la fin de cette série.

Cette très courte nouvelle était encore trop longue à mes yeux et vraiment pas nécessaire– pourtant j’aime bien les « Mystères de noel » dans toutes les séries, mais là franchement Clara  Benson aurait pu s’abstenir.

Il s’agit de savoir ce qu’est devenue une très belle bague, héritage familial d’une voisine d’Angela – son neveu et  une nièce par alliance de cette voisine ont décidé de se marier (pas de problème de consanguinité) et voilà que la belle bague qui devait être à la fois un cadeau de noel et de fiançailles disparait, du coup le jeune couple est très malheureux et si Angela n’arrive pas à résoudre ce mystère, il n’y aura pas de fiançailles ! THE END

Bien sur elle retrouve la bague, et le voleur – que je ne dévoilerai pas, même si j’en meurs d’envie – il y a également des modifications évidentes dans la vie d’Angela Marchmont, des secrets qu’elle a gardés jusqu’à présent (ils sont apparemment dévoilés dans les 3 dernières enquêtes de la série).

Mon résumé est pratiquement plus long que la novella, qui ne fait qu’une trentaine de pages – mais pourquoi les avoir écrites grands dieux ?

Et pour couronner le tout et faire mon « bonheur », ici aussi on a droit à la filleule Barbara, l’infernale gamine apparue dans le #3 de la série, là elle avait 12 ans, ici elle en a 16 mais n’est toujours pas plus supportable.

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FLIC DE PAPIER, de Guy Rechenmann

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Printemps 1988 – le Cap-Ferrat - Anselme Viloc, dépressif mais ça va mieux, pas fûté-fûté comme policier mais doué pour les rapports écrits d’où le surnom de « flic de papier », a été transféré au commissariat d’Arcachon après avoir été déclaré à nouveau bon pour le service suite à la grave dépression dont il a souffert après qu’un mafieux russe ait transformé la voiture de service en passoire, tuant pratiquement son co-équipier et enlevant son épouse et sa petite fille.  Il pense qu’elles sont mortes et il ne s’en remet pas. Cinq ans que cela dure.
Depuis son co-équipier s’est remis, mais lui Anselme Viloc vit dans le souvenir de ses deux amours. Si seulement il avait pris les menaces au sérieux.
Heureusement, son ex-collègue a des relations en Russie, et il tient Anselme au courant des renseignements qu’un de ses contacts soviétiques lui donne.

A Arcachon la vie est plutôt calme  s’il n’y avait une affaire de disparition d’un chauffeur de poids lourd qui lui tombe dessus. L’épouse râle parce que la police de ne se bouge pas trop depuis qu’elle a déclaré la disparition de son époux, mais l’homme est majeur et la police ne tient pas vraiment compte rapidement  de ce type de disparition.  Il pourrait avoir eu envie de faire une fugue ….
Le garagiste de la petite ville  vient trouver Viloc deux jours plus tard, pour expliquer que son ami fou de moto  n’a pas pu partir sans laisser de traces.
Puis c’est la moto qui est retrouvée à moitié brûlée et dans un étang voisin. Il s’agit à présent de prendre l’affaire au sérieux, d’autant plus que le garagiste est retrouvé mort dans la fosse de son garage, comme s’il était tombé – il y a des chutes qui n’en sont pas vraiment. Et puis, dans la police, on n’aime pas trop les coïncidences.

A présent, la presse s’intéresse non seulement à la disparition mais aussi à la mort étrange du garagiste, il n’en faut pas plus pour que le commissaire Mandrin  estime que Viloc devrait se secouer. Il peut bien parler le commissaire, ce n’est pas lui qui se bougerait.

Heureusement que de temps à autre, Anselme Viloc entrevoit une lueur d’espoir dans son histoire personnelle, grâce à son copain Antoine – celui qui aurait dû mourir mais qui en réchappa – et qui le tient au courant des informations venues de Russie.

Il a bien une piste l’inspecteur Viloc, mais elle est tellement ténue, et que faire sans preuves ?

Mon avis = un polar sympa – avec une série de personnages touchants, comme la petite Lily, la fille du chauffeur disparu, grand amateur de moto ; elle est intelligente et aimait fort son chat cette petite fille qui trouve Anselme « rigolo ». Il y a David,  le patron d’un bar-restaurant et Eric le chauffeur de la navette (pinasse comme ils disent là-bas).

En cours d’enquête cependant il y a un indice qui m’a fait immédiatement comprendre qui était le coupable,  et – sans vouloir faire mon intéressante – j’avais raison.

Cela se lit très vite – on sourit souvent, c'est joliment écrit, avec des moments assez poétiques, qui donnent une petite impression de vacances.
On a aussi envie de prendre Anselme Viloc par la main, en lui disant « tout finira par s’arranger, tu verras » - du moins ai-je moi eu envie de faire cela, il me donnait vraiment l’impression d’être un grand enfant perdu ce policier pas  très fûté. J’ai un peu regretté le cliché de la mafia russe dans la vie d’Anselme, mais soit. 

Entre les chapitres consacrés à l’enquête en cours, les lecteurs partagent les pensées d’Anselme Viloc sur ce qui se produisit il y a 5 ans.

Les blogs, aussi FB, des sites de polars, m’ont fait découvrir des écrivains de polars – sympas, les écrivains comme les polars – je suis plutôt orientée « cozy mysteries very british », du coup je suis ravie lorsque je découvre des romanciers plus près de chez moi (quoique le Cap-Ferret ne soit pas la porte à côté, tout comme les lieux nommés par Olivier Démoulin, par contre le Brabant Wallon n'est pas très loin de chez moi  où l’on trouve Paul Colize et Martine Cadière ainsi qu'Olivia Billington).

A CHRISTMAS MESSAGE, d'Anne Perry

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Dans la collection des novellas
« The Christmas Mysteries »
#14 dans la série

Titre français =  un Noel à Jerusalem

Lady Vespasia Cumming-Gould, l’amie de Thomas et Charlotte Pitt, au cours des diverses enquêtes auxquelles elle participa, a noué une longue amitié avec Victor Narraway, l’ancien patron de la Special Branch, nommé plus tard à de plus hautes fonctions parlementaires pour lesquelles il a été anobli.
Les deux amis ont alors noué des liens plus tendres et se sont mariés juste avant le changement de siècle. En ce tout début de 20ème siècle, Narraway a offert un voyage de noces à Jerusalem à son épouse. La veille du départ en train de Jaffa à Jerusalem, ils passent la nuit dans un hôtel où ils font la connaissance d’un beau vieillard ayant déjà plusieurs années de voyages au compteur.
Au cours du dîner qui les réunit, il leur parle de Samarcande, Trebisonde, Petra et autres pays et villes qu’il visita. Pendant le dîner, Lady Narraway ne peut s’empêcher de remarquer qu’un homme vêtu de noir semble les observer tout en veillant bien à ne pas être aperçu.

Le lendemain matin, Victor Narraway découvre un mot recouvrant un petit morceau de parchemin dans sa poche – le mot émane du vieux monsieur qui leur demande de mener ce parchemin à bon port, il craint pour sa vie, et ne veut pas que ce parchemin soit détruit. Comme s’il connaissait son sort, Victor  Narraway découvre le cadavre du vieux monsieur, la gorge tranchée.

Commence alors pour le couple, un voyage périlleux vers la cité des 3 religions – un homme jeune s’installe dans leur compartiment, au parler très doux, qui semble être toute innocence et hors du monde. Lui aussi porte une pièce du parchemin, une 2ème pièce du puzzle. Hélas, ceux qui ont assassiné leur ami d’une soirée ont suivi les Narraway et leur vie ne tient qu’à un fil, cependant le couple a bien l’intention de mener à bien cette quête et cette mission qu’un ami d’un soir leur a confié.

Mon avis = trop long, trop bavard – bien sûr, il est évident qu’une « histoire de noel » qui a pour but d’arriver à Jerusalem pour y remettre un morceau de parchemin très important, se devait de parler religion, de véhiculer un « message » – mais cela se complète de réflexions philosophiques qui souvent ne semblent mener nulle part.

Ce n’est pas le meilleur de ceux que j’ai lus jusqu’à présent, loin s’en faut – il faut dire que chaque année Anne Perry (ou sa maison d’éditions) tient à publier son petit message de noel personnel, mais je préfère lorsqu’il s’agit d’une enquête simple, avec peut-être un peu de béni-oui-oui (on ne fait pas partie de la secte des mormons pour rien), mais là comme je l’ai dit plus haut = c’est long et bavard, avec tout de même un soupçon de suspense = arriveront-ils à échapper aux assassins.

Par contre, j’ai apprécié ce nouveau couple dans la série « Pitt »  et la manière dont Vespasia réagit face à  son nouveau mari.  
J’ai aussi appris la signification symbolique des cadeaux des rois mages = l’or, pour un roi – l’encens, symbole du divin, et enfin la myrrhe, pour l’humain. Quant à Bethlehem, en  hebreu s'écrit Beit Lehem et signifie la maison du pain.

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28 novembre 2018

GARDENS OF LAMENTATION, de Deborah Crombie

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17ème enquête de Duncan Kincaid & Gemma James

Gemma James a été priée par une amie de se rendre au district de Notting Hill où une jeune femme a été retrouvée morte dans les jardins communs des propriétés d’un bloc d’immeubles . En principe, ce n’est nullement de sa juridiction mais le mari de l’amie en question a fait jouer ses relations et la voilà « embrigadée » pour aider l’inspectrice en chef du district. Elle n’a même pas pu prévenir son adjointe Melody Talbot, qui du coup essuie les plâtres de leur superintendante, mais est nommée chef ad interim. Ce qui ne la met pas de meilleure humeur.
Le meurtre de la jeune femme est d’abord traité par overdose, ce qui choque sa mère mais aussi son employeur ; Reagan était une nanny, s’occupant du  fils d’une femme d’affaires et selon tous les témoins, très sérieuse.

L’enquête révèle que ce n’est pas du tout une overdose, mais bien un meurtre par suffocation, après l’avoir probablement forcée à boire un alcool très fort, ce dont elle n’avait nullement l’habitude. Les enquêtrices se mettent donc à chercher auprès de l’employeur mais aussi des ami.e.s de la jeune femme. 
Comme les jardins communautaires privés n’ont un accès qu’aux propriétaires ayant la clé des lieux, on peut parler d’un « crime de chambre close ».

Pendant que Gemma court dans tous les sens avec son hyper-active de supérieure, Duncan Kincaid revoit à sa grande surprise, son superintendant qui avait disparu sans répondre aux appels téléphoniques, ni messages.
Il s’est bien rendu auprès de sa sœur à Singapour, comme annoncé, et il a effectivement décidé du transfert de Kincaid avant de partir.
Devant la colère de Duncan, il lui fixe un rendez-vous loin des bureaux de la Met et lui explique qu’il faut absolument qu’il fasse profil bas, car les ripoux au sein de Scotland Yard n’hésiteraient pas à mettre sa famille en danger.
Ce même soir, lorsque les 2 hommes se séparent, Denis Child est frappé avec un objet contondant et laissé pour mort ; il sera sauvé in extremis grâce à deux jeunes filles retournant chez elles après une virée. Mais vu la force du coup, on a mis Denis Child en coma artificiel.

C’en est trop pour Kincaid qui se souvient de l’affaire Angus Craig, qui mit le feu à sa maison après avoir tué son épouse et se suicidant ensuite. Cette version n’a jamais satisfait Kincaid, mais ce commissaire adjoint faisait l’objet d’une enquête interne pour viols sur éléments féminins du Yard.

De plus, et cela il n’en a parlé à personne, Duncan Kincaid avait noué des liens, brièvement, avec Ryan Marsh, un homme qui aida les services de secours à ST-Pancras, puis disparut rapidement. Après l’avoir retrouvé, Marsh lui aussi avoua être en danger pour avoir découvert des malversations, remontant jusqu’à la « Special Branch », les opérations secrètes du Yard. Peu après, Marsh s’est suicidé, mais Kincaid, ayant vu le corps, ne croit pas à la thèse du suicide.
Il décide donc de mener une enquête, la plus discrète possible, pour découvrir qui est derrière l’attentat contre son ancien supérieur, mais aussi qui a assassiné Marsh.
Parce qu’il tient à agir en secret, il n’ose en parler à son épouse, ce qui cause un froid dans le couple.
Finalement Duncan Kincaid réalise qu’il a besoin de son ex-adjoint, Doug Cullen, un petit génie avec les ordinateurs et de Melody Talbot, dont le père – à la tête de l’un des journaux les plus célèbres d’Angleterre – connaît certains secrets.
Un bon petit scandale à la une ne serait pas fait pour déplaire à Talbot Senior.
Il faudra être prudent à l’extrême, se méfier de tous afin que triomphe la vérité.

En plus de ses problèmes d’enquête, Kincaid a des problèmes familiaux, heureusement ce sera peu grave et tout le monde va pouvoir – du moins pour cela – pousser un soupir de soulagement. De plus son court séjour dans le nord, chez ses parents, lui permettra de discuter avec un ami policier, qui aura aussi une piste à lui communiquer.

Mon avis = toujours aussi positif – un excellent suspense pour clôturer une enquête sur les flics ripoux au sein de la Metropolitan Police. 
Avec une autre enquête confiée à Gemma James, concernant le meurtre d’une jeune femme. J’avais misé sur la personne coupable et j’ai eu raison.

J’ai réellement fait une entorse à ma décision de ne pas lire les livres d’une même série de manière suivie pour éviter la lassitude mais ici, impossible de se maintenir à cette décision étant donné que cette enquête-ci de Duncan Kincaid fait directement suite à la précédente, concernant la mort par grenade au phosphore dans la gare de St-Pancras.
Et qui fait aussi suite à une enquête précédente, celle de Henley on Thames, où un commissaire adjoint se suicida avec son épouse.

Entre les divers chapitres du -roman, on retrouve – en italique – des analepses remontant à l’année 1994, qui expliquent un peu la situation d’alors de Denis Childs et un groupe faisant partie des opérations spéciales.

En découvrant les difficultés que traverse Duncan Kincaid à communiquer ses problèmes professionnels à sa compagne, on comprend mieux comment dans la plupart des polars, les enquêteurs ont des problèmes de couple et se retrouvent divorcés, perdant le contact avec leurs enfants, au fur et à mesure de leurs enquêtes.

Inutile de dire que j’attends la prochaine enquête de Duncan Kincaid & Gemma James avec impatience.
Surtout que depuis l’enquête précédente, ils ont gardé 2 des petits chats sauvés du froid – leur mère et deux autres petits ont trouvé un foyer chez les amis, mais Captain Jack et Rose sont de véritables jeunes tornades, protégées des colères parentales par les enfants du couple. Quant à Sid, leur vieux chat, il se demande pourquoi ses vieux jours sont chamboulés par ces deux jeunes tornades.
Ces saynètes familiales sont les rares moments amusants de ces deux enquêtes dont l’une s’avère fort dramatique.

En fin de livre, Deborah Crombie explique que l’un des éléments de l’enquête, basé sur l'assassinat d’un jeune Anglo-africain - Stephen Lawrence - qui est un fait avéré.
Ce livre-ci n'est pas encore traduit

 

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27 novembre 2018

LA MENAGERIE DE VERRE, d'après Tennessee Williams

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Titre original = The Glass Menagerie 

Traduction d’Isabelle Famchon

Mise en scène de Thibaut Nève assisté de Lou Kacen

Scénographie de Vincent Bresmal assisté de Matthieu Delcourt

Lumière  = Xavier Lauwers

Créateur son = Simon Carlier Sika

Costumes = Sarah Duvert

Une famille dans le sud des Etats-Unis. Le fils – aspirant écrivain – nous les présente = la mère, Amanda, une ancienne « belle du sud », Laura, la fille, fragile, légèrement handicapée ; Tom, le fils, celui qui aime écrire des poèmes mais travaille dans un hangar à chaussures pour faire bouillir la marmite et, enfin, omniprésent le père absent, dont le portrait trône sur la cheminée et regarde son petit monde d’un air totalement indifférent. Comme le dit Tom, un 4ème personnage se joindra à eux, plus tard.

Amanda vit dans son passé de belle du sud, où elle était entourée de soupirants – elle reconnaît avoir fait le mauvais choix et peine désormais à joindre les deux bouts. Elle s’en prend beaucoup à ses enfants, surtout à Tom à qui elle reproche de ressembler à son père, parce qu’il s’évade le soir au ciné, pour oublier leur misère physique, mais surtout morale.

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Laura vit de rêves et de fantaisie avec la « ménagerie de verre », ses petits personnages. Comme elle panique devant les études, elle a menti à sa mère concernant l’inscription dans une école de secrétariat et a utilisé l’argent pour aller au cinéma – lorsqu’Amanda découvre le pot aux roses, après avoir craché sa colère, elle mise tout sur un probable soupirant qui pourrait les faire vivre.

A Tom à se débrouiller pour trouver un de ses copains. Et, miracle, voilà qu’il a retrouvé Jim, un copain de lycée, qu’il invite chez eux. Branle-bas de combat pour montrer une face favorable au jeune homme. Amanda ressort une robe du temps de sa jeunesse et arrange l’appartement pour qu’il ait l’air moins misérable, sentant revivre en elle l’époque où elle était adulée. Ensuite, elle cuisine un plat dont elle octroie le bénéfice à Laura ; il faut absolument que celle-ci paraisse au repas. Elle y paraît pour s’évanouir en voyant Jim O’Connell.
Jim perçoit la solitude morale de Laura, qui est maladivement timide et emporté par son envie de l’aider, lui parle, l’encourage à s’exprimer et finalement, l’embrasse. Se reprend, en s’excusant, sa promise l’attend à la gare. Adieu Jim.  Est il parti parce qu’il sentait qu’on allait l’accrocher comme une locomotive à Laura ?

Patricia Ide est une Amanda au bord de la crise de nerfs perpétuelle, due à son angoisse de ne pouvoir joindre les deux bouts, elle est souvent cruelle à l’égard de ses deux enfants, dont l’avenir lui paraît aussi incertain que le sien. Tom le fils, interprété par William Clobus, avec grand talent comme les autres d’ailleurs,  est aussi très en colère, malheureux de ne pouvoir vivre son rêve d’écrivain, de végéter pour faire bouillir la marmite. Sarah Lefèvre est  Laura, pathétique, dans sa fragilité, incapable de s’exprimer, de se bouger sans boiter. Là-dedans débarque Jim, joué par Louis Sylvestre. Jim débordant d’énergie, de bonne santé, débordant aussi de confiance en soi.  Tous sont parfaits dans leur rôle. Même si cela criait beaucoup.

Mon avis = très positif - une excellente interprétation et une mise en scène sobre et juste.

J’ai toujours eu une immense tendresse pour les personnages créés par Tennessee Williams,  tellement fragiles, ils luttent contre le sort, ne gagnant pas toujours, ils sont émouvants, leurs amours sont compliquées et tourmentées. ; les mères y sont souvent manipulatrices dans un monde d’hommes qui à leur tour se moquent d’elles, les filles y sont souvent des victimes, parfois manipulatrices à leur tour. Ce sont des personnages intemporels.

Le théâtre a voulu montrer au travers de cette pièce, les difficultés d’une famille monoparentale dans une époque où le travail est rare, difficile à trouver (à l’époque où Tennessee Williams l’écrivit, les Etats-Unis sortaient avec difficultés des sombres années  se crise).

La précarité de l’histoire se reflète évidemment sur notre époque, très dure pour les familles ; il est évident que ce sont souvent les femmes seules qui souffrent le plus de la précarité, le chômage suffisant à peine à payer loyer et factures de première nécessité.
Et lorsqu’on a tout payé, il reste à peine de quoi vivre chichement, se nourrir – et surtout pas de fantaisie.
Désormais il faut se battre au quotidien, et se battre encore, pour trouver un emploi, pour combiner travail et garde d’enfants après l’école.

J’aime énormément Tennessee Williams, dont le parcours personnel fut aussi très dur, jusqu’à ce qu’il écrive cette pièce « The Glass Menagerie », qui remporta immédiatement un énorme succès. Toute sa vie, écrire aura été sa raison d’être, là où il pouvait tout oublier, qui l’aidait les jours d’ivresse.
C’est à 14 ans qu’il se mit à écrire des poèmes pour fuir une réalité trop dure dans le cadre familial ; son père était d’une dureté sans précédent avec un garçon qu’il considérait comme efféminé – Rose, sa jeune sœur souffrait mentalement (plus que la Laura de la pièce) puisqu’elle sera lobotomisée puis enfermée dans une institution psychiatrique – lorsque le succès vint, Tennessee Williams veilla à ce qu’elle soit transférée dans une clinique nettement plus humaine. Il coupera ensuite tous les liens avec sa famille.

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26 novembre 2018

TO DWELL IN DARKNESS, de Deborah Crombie

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16ème enquête de Gemma James & Duncan Kincaid 

Le superintendant Duncan Kincaid a été transféré sans coup férir de Scotland Yard central à l’un des districts de Londres, un poste où il garde son titre mais qui ne ressemble néanmoins pas à une promotion, au contraire. De plus, son chef direct au Met a disparu, appelé au chevet de sa sœur à Singapour, mais ce qui intrigue Kincaid c’est qu’il n’ait pas jugé bon de lui en parler.
Il a donc fait la connaissance d’une nouvelle équipe, où l’inspectrice qui doit l’assister râle à son sujet, elle le prend pour un « amateur » qui se mêle de tout et elle espérait être promue inspectrice en chef ; à chaque fois que Kincaid décide quelque chose, elle se sent mise à l’écart – bref elle fait quelques complexes, notamment de genre et couleur de peau.
Quant à Kincaid, il regrette vivement son ancien sergent et ami, Doug Cullen, resté au Yard et mis sur la touche pour raison de cheville en mauvais état.

Melody Talbot a accompagné son guitariste de petit ami à St-Pancras, où lui et la chanteuse Poppy donne un petit concert d’après-midi.
Soudain c’est le chaos = une bombe a explosé, tuant celui qui la portait – un bon samaritain vient au secours de la sergente pour aider les blessés et évacuer la gare, en recommandant de se masquer le nez et la bouche, car il s’agit d’une grenade au phosphore blanc.
Celui qui l’a fait exploser est mort brûlé vif.

Duncan Kincaid et son équipe sont  appelés sur les lieux,  il apparait rapidement que la mort du jeune homme qui a fait exploser la grenade et est mort brulé vif, n’est pas exacteùent ce à quoi tout le monde s'attendait.
Il  pensait avoir détonné une bombe à fumée pour marquer le coup avec un groupe de protestation contre les travaux d’un nouveau rail qui signifie comme toujours le sacrifice d’immeubles anciens et/ou historiques.
Du moins est ce l’explication que donne le groupe des contestataires qui ont été arrêté.
Le chef du groupe se montre arrogant en expliquant la situation. Le jeune homme mort est probablement un certain Ryan Marsh, qui faisait partie du groupement et avait une expérience de la contestation.
L’homme qui a aidé Melody Talbot est parti, dès que tout rentra plus ou moins dans l’ordre, blessés évacués et autres personnes présentes aidées car en état de choc.

Est ce réellement Ryan Marsh qui est mort d’une aussi horrible façon ? aucune trace de lui dans les banques de données.
Puis, à la surprise de tous, le lendemain des événements, une jeune femme se présente au poste de police – après avoir entendu Kincaid répondre aux journalistes, elle pense que le jeune mort est son fiancé dont elle est sans nouvelles depuis ce jour-là.
L’enquête prend alors une autre direction.

De son côté, l’inspectrice en chef Gemma James espère que sa sergente sera rapidement hors de danger en raison du phosphore car elle a besoin d’elle pour faire tomber un suspect dans une affaire du meurtre d’une adolescente.

Mon avis = un bon polar avec un excellent rebondissement que je n’ai pas du tout vu venir – je suis   généralement un peu sceptique lorsque je lis coup sur coup des polars de la même série, car la lassitude s’installe rapidement – mais cela n’a absolument pas été le cas avec ces deux romans de Deborah Crombie, qui crée de bonnes ambiances.

Notamment ici, avec non seulement une enquête dans les milieux de la contestation pour limiter les dégâts causés par les promoteurs, mais aussi la manière dont Ms. James compte coincer son suspect.
Deux enquêtes, non liées, mais dont les personnages d’entrecroisent pour se soutenir mutuellement.
Avec toujours un point d’interrogation concernant la mutation de Duncan Kinkaid.

En italique, les lecteurs partagent les pensées et angoisses du personnage qui a aidé Ms. Talbot à St-Pancras, mais qui semble avoir bien des secrets et se cache de tous.

Et puis, je ne le cache pas = je suis sentimentalement attirée par la famille recomposée que forme le couple Kincaid-James, avec leurs enfants – une famille qui n’est pas du tout dysfonctionnelle comme on en rencontre tellement dans les romans et les polars.
Cerise sur le gâteau = une famille de chats s'installe chez eux.

J’ai aussi aimé me retrouver à Londres où j’ai passé quelques jours cet été, avec les noms des lieux où je me suis promenée.

Je ne pense pas que le livre soit déjà traduit, en tout cas je n’en ai pas trouvé de trace.

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20 novembre 2018

THE SOUND OF BROKEN GLASS, de Deborah Crombie

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Titre français = l’Incendie du Crystal Palace

15ème enquête de Gemma James & Duncan Kincaid

Quinze années auparavant, au cours d’un mois d’août particulièrement chaud dans cette partie du grand Londres qui doit son nom au célèbre Crystal Palace qui fut détruit par un violent incendie, le jeune Andy Monohan, treize ans, qui s’occupe de sa mère alcoolique, a noué une belle amitié avec sa voisine, la mystérieuse Nadine, trentenaire distinguée mais ne dévoilant rien d’elle-même. 
Andy est particulièrement doué en musique et joue formidablement bien de la guitare, il a l’oreille musicale, n’ayant aucune formation musicale, il joue des morceaux connus d’une manière telle que Nadine lui offre la guitare de son défunt mari. 

Andy subit le harcèlement de deux garçons de son âge, des garçons qui viennent au Crystal Palace Park pour voir comment vit l’autre côté de leur monde – des gosses de riches qui aiment ennuyer les autres et ont fixé leur méchanceté sur Andy, à tel point qu’il ne va plus s’installer au parc pour jouer – hélas les tourmenteurs l’ont suivi et cela ne va bien se terminer pour le garçon.
Quant à Nadine, elle disparaît sans laisser de trace.

Quinze années ont passé, Andy joue toujours aussi bien, sinon mieux, de la guitare et a formé un petit groupe avec deux copains, qui ne prennent pas cela aussi au sérieux que lui.
Le manager du groupe a bien compris à quel point le guitariste est doué et il a pris contact avec le manager d’une jeune chanteuse qui monte – les 2 autres membres du groupe râlent un peu par jalousie et tentent de saboter leur jeu, toutefois la deuxième partie du petit concert se passe un peu mieux.
Hélas, pendant l’entracte, quelqu’un ennuie Andy Monohan au point qu’il en perd son contrôle et frappe. Sa main n’est heureusement pas trop abîmée et il est toujours prévu au studio d’enregistrement le lendemain.

En cette désagréable journée de janvier, l’inspectrice en chef Gemma James et sa sergente Melody Talbot sont appelées sur les lieux d’un crime crapuleux = un vieil avocat est retrouvé nu, attaché, lié comme pour des jeux sexuels qui auraient mal tourné, mais bien vite il est évident que le crime ne fait aucun doute, l’homme a été étranglé – dans la bouche, on trouve des fibres d’un tissu soyeux qui servit de bâillon.  
Deux jours plus tard, un autre meurtre similaire, un autre avocat, jeune celui-là, et pas aussi brillant que le vieux monsieur, est également retrouvé assassiné de la même manière – il a été drogué et étranglé avec l’écharpe de soie, celle-là même dont les fibres se trouvaient dans la bouche de l’avocat senior. Les tabloids n’hésitent pas à parler d’un possible tueur en série.

Pour les enquêtrices, les deux crimes sont  liés – qu’est ce qui relie un élégant mais avocat retiré des affaires et appréciant des jeux sexuels pervers et un jeune avocat, où rien ne prouve qu’il ait les mêmes pratiques ?

Peu à peu, c'est en discutant avec le jeune guitariste, il semblerait bien que le passé remonte à la surface. Nadine serait-elle revenue se venger ?

Mon avis = un bon polar, comme tous ceux de Deborah Crombie – qui, comme Peter Robinson, nous propose une équipe totalement féminine, depuis la superintendante de Gemme James jusqu’à sa sergente et la policière qui les aide sur le terrain. On dirait que la mode du politiquement correct se poursuit dans les polars.

En alternance avec le présent, les lecteurs découvrent petit à petit à l’aide d’analepses ce qui se produisit quinze années auparavant.
Chaque chapitre commence également par un paragraphe historique concernant le célèbre Crystal Palace, ce qui ajoute un petit côté historique, mais bref.

A côté de l’enquête, on partage aussi les vies privées des enquêtrices = Duncan Kincaid a pris un congé parental, à présent que son épouqe est nommé inspectrice principale – leur petite fille adoptée ne s’habituant pas encore à passer une journée entière à la maternelle.

Quant à Melody Talbot, elle est toujours la bonne copine de Doug, le sergent de Kincaid – qui a eu la malencontreuse idée de tomber d’une échelle – il râle d’être immobilisé par une cheville cassée, mais il aidera indirectement notre équipe grâce à ses qualités de geek. La sergente de son côté se découvre des affinités avec le guitariste, ce qui pourrait compromettre l’enquête, mais soit, il est difficile de lutter contre l’amour.

Bref, des moments de détente grâce aux vies personnelles, mais une enquête qui doit se dépêcher d’aboutir car la superintendante n’est pas douée du sens de l’humour elle.

Par contre, j’avoue ne pas du tout comprendre le titre français = quel rapport en effet entre  l’Incendie du Crystal Palace  qui n'a d'autre rapport avec cette l’histoire qu'à titre historique en début de chapitre comme je l’ai écrit plus haut.
Même le titre anglais m’est un peu passé par-dessus la tête, peut-être fait il référence à la fragilité de nos vies, qui se brisent aussi facilement que du verre, comme le Crystal Palace qui était une construction toute de verre et métal. 

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18 novembre 2018

DEATH IN AN ELEGANT CITY, de Sara Rosett

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4ème enquête de Kate Sharp & Alex Norcutt dans la série « Murder on Location »

Généralement  les excusions/balades  afin de découvrir des lieux intéressants pour le documentaire consacré à la vie de Jane Austen se passent dans la bonne humeur, même la productrice Elise DuPont parvient à sourire, c’est vous dire ! Hélas, cette fois, il n’en est rien – les sponsors du documentaire leur laissent carte blanche, mais  pour la suite du documentaire ils ont imposé un nouveau metteur en scène, Cyrus Blakely, un ancien acteur devenu  réalisateur et qui ne se prend pas pour rien. Il refuse totalement d’accepter les décisions de la productrice, il refuse même l’hôtel qu’elle a choisi et qui convient mieux aux repérages ; faisant contre mauvaise fortune bon cœur, si l’on ose dire, elle a accepté.

L’ambiance durant le court voyage ne se passe pas sous les meilleurs auspices, il passe son temps à dénigrer toutes ses décisions, elle lui répond d’un ton acide, bref ambiance !
Toute l’équipe est heureuse d’arriver après ces quelques heures de route qui leur ont semblé les  plus longues de leur vie.

Arrivés à Bath et dans le petit hôtel, l’installation se passe bien, sauf que bien vite Kate Sharp réalise que le nouveau réa est surtout un manipulateur ; il avoue cyniquement être un homme qui a pour passe-temps préféré de recueillir des détails même les plus indiscrets sur la vie des gens.
Il parle même sur un ton fielleux,  néanmoins menaçant,  à Ms. Sharp de la récente maladie de sa mère, qui était une pneumonie – en ricanant il lui confirme que cela ressemble fort cependant à cette addiction aux anti-douleurs qu’elle a eu quelques années auparavant et si Kate devait la soigner à nouveau en Californie, elle pourrait ne pas retrouver son poste.
Ms. Sharp comprend bien vite qu’il sera très facile de se faire un ennemi de ce sale bonhomme – mais heureusement il a d’autres « victimes » dans le collimateur.

Le lendemain, il refuse évidemment les objectifs de repérage qu’Elise DuPont donne à son équipe. Il a décidé de s’occuper de ce qui l’intéresse, point barre. Inutile, dit-il, de rappeler à la productrice que si elle le vire, les  sponsors changeraient sûrement d’avis.
Bref de menaces voilées en commentaires cyniques, voire méchants, pas étonnant qu’au cours de ses repérages dans les célèbres thermes, Ms. Sharp découvre son cadavre  dans la petite rivière.

Branlebas de combat = arrive sur les lieux l’inspecteur en chef Byron et son équipe – qui considère immédiatement la productrice comme première suspecte. De toute façon toute l’équipe étant suspecte, elle décide de poursuivre son travail – notamment la soirée prévue dans la belle Assembly Room, où se rassemblaient les gens à l’époque de Jane Austen, où  cette dernière en personne se rendait régulièrement avec sa famille, ou seule dans une autre partie du bâtiment, où se trouve une belle bibliothèque.

Ne pouvant quitter Bath, ce que de toute façon Elise DuPont n’a pas l’intention de faire, l’équipe suit le programme des repérages ; l’un de ces jours-là, avec Annie Bell, la directrice de l’hôtel, ils découvrent le cadavre de la jeune serveuse, gorge tranchée. Là, ça devient encore plus grave et à nouveau Ms. DuPont est considérée comme suspecte. Tout cela se présente très mal vis-à-vis des sponsors, mais l’équipe se sert les coudes dans l’adversité.
L'épouse du metteur en scène diabolique - oui ce sale type était marié -  se trouve également à Bath - par hasard dit-elle, mais la police ne croit pas facilement aux coïncidences; elle rejoint donc la liste des suspects, mais elle a un alibi.

Certains petits détails intriguent Kate Sharp et elle mettra, une fois encore,  sa vie en danger à la suite d’une idée qui la fera agir de manière impulsive.

Mon avis = un bon petit polar, délassant, mais moins passionnant que le numéro 3 de la série, lu récemment – pourtant, ici, je n’avais pas du tout deviné la personne coupable – je n’avais pas d’autres suspects sur ma liste que ceux de l’inspecteur Byron. Une fois encore j’ai regretté l’absence de l’inspecteur en chef Quimby, mais Bath n’est pas dans sa juridiction.

L’histoire m’a surtout plu pour ce « retour à Bath » qu’elle m’a fait faire, ville que j’ai eu le plaisir de découvrir à mon retour du pays de Galles.
L'équipe visite tous les lieux que j'ai eu le plaisir de visiter en 2009. 

Une lecture divertissante, surtout grâce aux déboires d’Elise DuPont, qui n’en revient pas qu’on ose la soupçonner d’autre chose que de mener son équipe à la baguette à 4 heures du matin !

Je sais que dire que l’on a envie de lectures légères et puis se vautrer dans les polars peut sembler la preuve d’un esprit malade, mais je vous assure, c’est une lecture réellement récréative.

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(photo prise lors de mon voyage en angleterre en 2009)

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16 novembre 2018

GIRL, de Lukas Dhont

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Scénario de Lukas Dhont & Angelo Tijssens

Lara est une adolescente pour qui la danse est tout, elle n’hésite pas à s’imposer une discipline de fer pour devenir danseuse étoile. Elle a été acceptée dans l’une des meilleures écoles de danse ; sa professeure de danse apprécie sa volonté et son travail acharné.  
Cette discipline n’est pas sans s’accompagner de stress et Lara ne mange pas suffisamment.
Ceci a aussi une incidence dans un autre domaine, car Lara née dans un corps de garçon, veut absolument devenir fille. Elle suit déjà un traitement hormonal,  dans l’attente de l’opération qui lui donnera enfin le corps qu’elle souhaite.

Si Lara a un père très compréhensif, si tout le milieu familial connaît sa situation et l’accepte sans condition, l’adolescente trouve que la transformation n’est pas assez rapide, la gynécologue et le psychologue tentent tous deux de lui faire prendre patience.
Ce qu’elle n’exprime pas, ce qui la ronge, sont les réactions de ses condisciples de l’école de danse et ses premiers tourments amoureux difficiles.
Ces non-dits ne peuvent que mal tourner car face à son père qui ne comprend pas ce qui se passe et aimerait l’aider, Lara se renferme de plus en plus.

Mon avis = un très beau portrait « transgenre », l’acteur et danseur Victor Polster propose une Lara tout en émotion, tourmentée ou heureuse parfois, tendre avec son petit frère, manquant parfois de patience avec lui.  Victor Polster, je n’ai pas peur de le dire, est lumineux.
J’ai aussi trouvé très beau le portrait du père, interprété par Arieh Worthalter. Un père prêt à mettre sa vie totalement en parenthèse pour le bonheur de sa fille. La  gynécologue et le psychologue sont interprétés respectivement par Katelijn Damen et Valentijn Dhaenens.

Pour tous, il ne fait aucun doute que Lara est une jeune fille, même si le chemin est encore long.

On parle beaucoup du film de Lukas Dhont et il le mérite ; d’autant plus qu’à présent le puritanisme américain a frappé et a décidé de censurer le film aux Etats-Unis. Heureusement l’Europe n’a pas encore décidé de se transformer en république de « the Handmaid’s tale », mais au vu de certaines déclarations dans les pays de l’est, ou même simplement en Italie où l’on va, semble-t-il, payer les femmes pour avoir des enfants, on n’est pas vraiment loin du puritanisme américain. Il a simplement un autre visage.

Le film a été acclamé lors du dernier festival de Cannes – ovation debout, amplement méritée, car non seulement les acteurs sont formidables, mais le sujet n’est réellement pas facile. Il a aussi remporté de nombreux prix.
Par contre certaines personnes faisant partie de la ligue LGBT estiment que ce serait bien d’aussi montrer des personnes transgenre heureuses, pas aussi tourmentées. que  dans le film ; personnellement je considère que la « fin ouverte » (comme l’a définie l’amie avec qui j’ai été au cinéma) permet de penser que peut-être le drame s’effacera pour laisser la place à une certaine sérénité.

J’ai tout de même un petit bémol = le film est un peu long, notamment dans les séquences de danse, mais je suppose qu’elles servent le scénario voulant prouver à quel point Lara veut devenir danseuse classique.
La danse est une discipline dure, sans concession, le corps,  les pieds souffrent énormément, surtout dans les pointes dans le bout des chaussons rempli d’un morceau de bois, afin de permettre les pointes.

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En plus, j’ai trouvé que le scénario aurait dû un peu plus insister sur la vie dans l’école de danse, pas seulement les douches, mais aussi comment les compagnes de danse connaissent  le parcours de Lara, comment les professeur.e.s l’ont appris et accepté.
Ces légers défauts s’effacent néanmoins face au jeu de Victor Polster.

Et vraiment  le film est à voir.

A  propos du sujet = Lukas Dhont, le réalisateur, dit avoir eu l’idée de l’histoire en lisant le journal, à l’époque où il était encore étudiant. On y relatait l’histoire d’une fille transgenre de 15 ans qui se battait pour devenir ballerine. - Dhont lui demanda à l'époque de réaliser un documentaire sur elle, mais elle refusa; toutefois elle accepta l'idée que le jeune réa en fit un film ultérieuremant

Un autre avis sur ce film chez tania-textes&prétextes

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14 novembre 2018

QUAND SIMONE DE BEAUVOIR DONNE SON AVIS SUR GEORGE SAND

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Dans un magazine littéraire, un hors-série du Monde – une vie une œuvre – une série d’auteur.e.s célèbres donnent leur avis à propos de George Sand
Disons le tout de suite, tous ne sont pas élogieux et l’un des plus virulents, vous vous en doutez, est Charles Baudelaire, qui la détestait, tout comme les frères Goncourt et Friedrich Nietzsche.
Ces messieurs étant connus pour être de parfaits misogynes, leurs propos parfois véhéments n’ont rien de surprenant. En tout cas, ils ne m'ont pas surprise.

Par contre, là où j’ai réellement été étonnée, c’est ce que Simone de Beauvoir  a écrit sur elle dans « Tout compte fait » -
Je prends plaisir à résumer ses propos ici, d’après l’extrait du livre déjà résumé par Jean-Louis Jeannelle & Eliane Lacarne.

Début de résumé

George Sand m’irrite. Jeune, j’aime sa volonté d’indépendance, son ardeur à lire, à s’instruire, à courir la campagne et la netteté de ses décisions. Prise au piège d’un mariage stupide, elle a eu l’audace de partir pour Paris pour refaire sa vie et ssubvenir elle-même à ses besoins.
Par la suite, je continue d’estimer son énergie et sa puissance de travail.

Mais je suis écoeurée par ce masque vertueux qu’elle a posé sur son visage. Avoir des amants, les tromper, leur mentir, pourquoi pas ?
Mais il ne faut pas alors clamer son amour de la vérité, crier à la calomnie et se donner des airs de sainte. Elle affiche pour tous ses amants des sentiments « maternels » ; couchant avec Pagello, elle prétend qu’ensemble ils aimeront Musset comme « leur enfant ».
La maternité pourtant n’est pas son fort ; elle s’est fait détester par sa fille ; elle l’a humiliée pendant toute son enfance, l’appelant « ma grosse » et la traitant de sotte. Elle a découragé tous les élans de sa fille par des sermons pédants, ne lui accordant qu’un amour « conditionnel », ce qui affole les enfants à qui la sécurité du cœur est nécessaire.

A trente ans, elle pose déjà à la femme brisée par la vie qui se dévoue sans compter ; alors qu’elle se fait impérieusement servir par tout son entourage.

Ce que je lui pardonne le moins, c’est la falsification systématique de son langage intérieur qui transfigure toutes ses conduites en exemples édifiants. C’est un mensonge si radical que même l’attitude qu’elle affiche en 1848 m’est suspecte.
(…)

Fin de résumé

 

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ETES VOUS UNE "JANEITE" ?

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Si vous êtes une admiratrice ou un admirateur de l’œuvre de Jane Austen, de sa personnalité, si vous connaissez bien ses romans grands classiques de la littérature anglaise,  vous êtes une « janeite » - attention cela ne se prononce pas comme « janette », mais bien come « jane-ite (djéne-ite) ». 
Le terme est utilisé autant pour définir les admirateurs de la romancière qu’en guise de moquerie par ceux qui dénigrent ses romans.
Et si vous êtes une personne qui idolâtre l’auteure et ses écrits, vous faites partie de la « secte » des admirateurs enthousiastes de Ms. Austen, qui connaissent le moindre détail de sa biographie et de ses écrits.

Ce fut au 19ème siècle que la vogue du « Janeitism » commença, après la publication d’une biographie de Jane Austen écrite par son neveu J.E. Austen-Leigh, lorsque l’élite littéraire de la société, appréciant ses écrits,  voulut se démarquer du reste des lecteurs. C’est un certain George Saintsbury, en 1894,  érudit littéraire, imagina le terme de « Janeite » dans son introduction à une nouvelle édition de « Pride and Prejudice ».

Ce lettré prit grand plaisir à se définir ainsi. Au début du 20ème siècle, le « janeistism » concernait surtout  les lettrés masculins, parmi lesquels les éditeurs, professeurs – même Rudyard Kipling publia une nouvelle intitulée « the Janeites », à propos d’un groupe de soldats de la 1ère guerre mondiale qui secrètement appréciaient les romans d’Austen. (j'aimerais beaucoup lire cette nouvelle mais je ne l'ai trouvée nulle part)

Les « Janeites » modernes sont décrit.e.s par leurs détracteurs académiques sur le même ton semi-condescendant qu’il s’agit d’une sous-culture – en fait l'une des  premières « sous-cultures » de l’histoire de la littérature, avec toujours ce que cela peut représenter de péjoratif et/ou positif.
On compare cette sous-culture janeite aux « Trekkies », qui sont les admirateurs inconditionnels de la  série télévisée Star Trek et qui en connaissent les moindres détails. 
Reconnaissons tout de même que culturellement et intellectuellement parlant, une/un Janeite est d’un autre niveau qu’un Trekkie. 
Cependant, je pense, personnellement qu’on peut être les deux.

C’est à la suite du plaisir d’avoir reçu un commentaire émis par l’un des visiteurs de mon blog, à propos de  Sara Rosett, qui indubitablement fait partie de cette « secte » (=^-^=), que j’ai eu envie d’écrire cette petite chronique – je l’en remercie pour m’avoir donné une idée de billet.

13 novembre 2018

DEUX SOEURS, de Jasna Krajinovic

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Titre en slovène = Dy Motra

Kosovo – 2005 -  deux sœurs, Violeta & Vyollca Dukay sont au service du déminage cinq ans après la guerre, où énormément de mines subsistent, notamment le long de la frontière avec l’Albanie. 
Violeta, l’aînée, est démineur – sa sœur Vyollca est dans les services de repérage ; elles partent ensemble chaque matin avec leur équipe ; elles sont en contact distant, via les talkies-walkies et/ou téléphones portables des « collègues », mais la cadette tremble – à juste titre – pour son aînée.

Chaque matin elles disent au revoir à leur maman, sans être certaines de revenir chez elle. La peur est constante, mais aussi la confiance avec les autres membres des équipes, sans cette confiance rien n’est possible, la tension ne se relâche que le soir quand elles sont revenues à la maison, où leur prend un fou-rire sans raison, simplement le soulagement et les nerfs qui peuvent enfin se relâcher, taquineries comme le font les sœurs entre elles.

Elles ont vraiment du mérite  d’être retournées à ce travail, surtout après l’accident de Violeta qui lui coûta une partie de sa jambe droite – les services de l’ONG danoise l’ont  immédiatement prise en charge, elle a pu obtenir une prothèse à laquelle elle a fini par s’habituer – et ce travail était, hélas, à l’époque l’un des seuls disponible pour la population, même pour des jeunes universitaires comme elles. 
Mais comme le dira Vyollca, ils nous disent que nous pourrons retourner à nos études, mais avec quel argent  ?
Car il faut savoir que par mois, les démineurs locaux ne gagnent que 300 € par mois, alors qu’un membre d’une ONG faisant le même travail a un salaire de 5.000 € à plus.

A travers l’histoire de ces deux jeunes femmes, c’est aussi celle d’une population qui souffre, une population qui n’a d’autre choix que de « co-habiter » avec ces mines, certaines très sophistiquées, et qui sont celles de l’ONU qui ont bombardé la région à qui mieux mieux.
Dans le film, les sœurs expliquent que l’Albanie forme des démineurs qui reprendront le travail dans cette enclave et les démineurs du Kosovo se retrouveront totalement sans travail. 

Au sol ou dans les arbres, se trouvent des mines pendues à des petits parachutes, qui ressemblent à des jouets et il a fallu bien expliquer la situation aux enfants qui les prenaient pour des jouets !
Il y a des tas de sentiers dans la montagne où les paysans ne peuvent plus faire paître leurs animaux, certains de ces animaux se promènent parfois dans des lieux où ils sont déchiquetés par les mines.
Et les parents craignent pour leurs enfants quand ceux-ci vont vers les buissons où ils cueillent les myrtilles. Comme je l’ai dit, la nature reprend ses droits et cachent les mines. 

Jasna Krajinovic est d’origine slovène mais a choisi de faire ses études en Belgique, à l’INSAS – l’institut des arts de la scène – c’est là qu’elle a décidé de s’engager dans le cinéma politique  et a voulu montrer la réalité de l’après-guerre au Kosovo.

Au départ, elle ne fut pas bien accueillie pour suivre le travail des démineurs – « trop dangereux », « trop ceci, pas assez cela », « restez à distance » - or, à distance on ne peut rien voir. Elle a aussi expliqué  à quel point l’uniforme des démineurs est peu protecteur = un casque (très lourd) couvre la tête, le « gilet » couvre jusque sous les fesses, mais lorsqu’on touche une mine, ce sont les jambes qui sont atteintes car elles, elles ne sont pas protégées.

La réalisatrice a expliqué tout cela après la projection de son documentaire à la médiathèque de l’ULB, où la thématique de l’année est le travail.
Elle a aussi confirmé que le problème des mines est loin d’être résolu, 10 ans plus tard, et que bien des mines subsistent encore dans les chemins où la nature a repris le dessus et les mines sont donc moins faciles à repérer. Pendant ce temps, certaines finissent par se dissoudre partiellement dans le sol, qu’elles abîment avec l’uranium qu’elles contiennent.

Restée en contact avec les jeunes femmes, elle nous a confirmé que Violeta a pu partir aux USA, afin d’y travailler et obtenir une nouvelle prothèse, très coûteuse, car au bout d’un certain temps, la prothèse d’origine se déforme légèrement au rythme des mouvements. Sa sœur a finalement pu la rejoindre, ainsi que leur maman assez récemment.

Mon avis - document émouvant et interpelant (ici mon avis rejoint celui de la réalisatrice) = comme  Jasna Krajinovic,  je ne pense pas vraiment qu’il y ait un espoir à ce problème des mines = comme elle l’a expliqué, que ce soit au Kosovo ou en Afghanistan, ou en Afrique, partout où il y a eu des guerres, il y a encore des mines qui abiment le sol –
L’armement est un commerce extrêmement florissant (la Belgique en sait quelque chose), il devient de plus en plus sophistiqué – on peut désormais détoner une bombe à distance ou lancer des drones – les planqués du régiment à l’arrière de tout conflit n’en ont rien à faire des populations – ne trouve-t-on toujours pas dans certains endroits des bombes des précédentes guerres, dont on vient de célébrer l’armistice de l’une d’entre elles – en Syrie, actuellement, est engagée une guerre dont on ne voit pas la fin, où des extrémistes religieux encouragent les jeunes à se faire tuer au nom d’un dieu inexistant (mon opinion personnelle d’athée)

Malgré le sujet plutôt dur et le peu d’espoir que la situation mondiale véhicule, je ne regrette pas d’avoir assisté à la projection de ce documentaire d’une heure, suivi d’un intéressant moment de discussion avec la réalisatrice.

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12 novembre 2018

BERLIN - de 1912 à 1932

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Cette chronique est une   brève adaptation de la présentation  par sarah cordier, historienne d’art et guide,  sur la visite de cette exposition que j’ai trouvée intéressante mais dans laquelle je n’ai pas éprouvé beaucoup d’émotion, sauf sans doute un vrai malaise – certaines œuvres sont percutantes, d’autres assez dures – je pense que finalement ce sont les œuvres pleines d’ironie, de moquerie, comme celles d’Otto Dix qui m’ont le plus parlée – les illustrations sont les photos prises au cours de la visite -certaines parties de la chronique ne sont pas illustrées, les photos n’étant pas de bonne qualité

L’exposition s’organise autour de 4 grands thèmes chronologiques = 1. la création d’une avant-garde artistique à Berlin pendant la 1ère guerre mondiale – 2. la révolution et les utopies, le traité de Versailles qui mènera à la République de Weimar – 3. Mythos Berlin – 4. la crise qui s’annonce (1928 – 1932)
L’exposition propose 200 œuvres et 136 artistes – elle propose même une colonne Morris, ces fameuses colonnes pour affiches publicitaires

INTRODUCTION
Durant 2 décennies, la capitale de l’Allemagne devient un lieu mythique, une ville qui se développe à un rythme démesuré =
En 1871, fondation de l’empire, la jeune capitale a à peine 800.000 habitants -  20 ans plus tard (1891) le chiffre a déjà doublé – en 1910, le seuil de 2 millions d’habitants est largement franchi et en 1929, on atteint 4,3 millions d’habitants. 
Ce bouillonnement de population se traduit aussi dans le domaine artistique – Berlin voit fleurir les avant-gardes, elle sert de creuset aux artistes de toute l’Europe.création d’une avant-garde artistique à Berlin avant la 1ère guerre mondiale -

1. création d’une avant-garde artistique à Berlin avant la 1ère guerre mondiale -1910 voit se développer une nouvelles force à Berlin, avec une évolution accélérée dans le domaine artistique grâce aux membres du groupe « Die Brücke » - ils ont quitté Dresde et plus particulièrement la fondation de la galerie « Der Sturm ». Berlin est en train de devenir la ville de l’avant-garde et l’expérience de la ville moderne a une influence décisive sur les artistes.

L’artiste allemand Ernst Ludwig Kirchner sera à Dresde le fondateur du groupe expressionniste « Die Brücke » - en 1911 il emménage à Berlin qui l’inspire par son effervescence. En 1933, Kirschner sera qualifié d’artiste dégénéré par le régime nazi, plus de 600 de ses oeuvrees sont retirées des musées allemands, vendus ou détruits.
Le peintre se suicide en 1938.Le mouvement « Die Brücke » (1905-1913) doit son nom au prologue de « Ainsi parlait Zarathoustra » de Nietzsche = l’homme est un pont, ce qu’on peut aimer en l’homme est qu’il est une transition et un déclin
Le thème favori de Kirschner sont les cocottes – ces demi-mondaines, pour éviter de trop attirer l’attention en restant au même endroit, arpentaient sans arrêt les rues de la ville  

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hans richter - peintre et cinéaste, il fut un pionnier du cinéma expérimental
pour lui, la ville ne rassure pas, elle n'est pas stable

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käthe kollwitz - elle s'est fait un nom en tant que graveuse, affichiste et dessinatrice
elle a toujours été sensible aux thèmes sociaux - la guerre la poussera plus
encore vers le socialisme et le pacifisme

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Chagall et Kandinsky ne sont pas oubliés dans cette première thématique – Chagall est inspiré par Robert Delaunay à qui il emprunte la rupture des formes –
Kandinsky en 1911 crée avec son ami Franz Marc le groupe « Der Blaue Reiter » (de 1911 à 1914) tous deux aiment les chevaux et la couleur bleue. Kandinsky va peu à peu se libérer de l’objet pour arriver en 1911 au premier tableau abstrait 

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robert delaunay - la tour eiffel 

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2.    révolution & utopie

a)   violence

Otto Dix, enrôlé en 1915, à 24 ans, combat sur plusieurs fronts et sera plusieurs fois blessés – il sera alors démobilisé – en 1919/1920 il entre en contact avec le groupe des dadaïstes de Berlin – il sera tout d’abord expressionniste, puis devient un représentant de la « Nouvelle Objectivité » -

Dans la toile, qui comme toute son œuvre, est d’un style mordant, parfois très cru – il retranscrit dans ses peintures les traumatismes de l’après-guerre, les absurdités de la guerre où, pendant que les soldats meurent au front, les gradés se paient du bon temps.
Le titre « la galerie des glaces » fait référence à un café de Bruxelles réaménagé en maison close pour gradés – elle s’intitulait le Crystal Palace

Le peintre belge, Pierre Flouquet, dira de lui = « plus universel qu’un Goya, plus aigu qu’un Lautrec, plus profond qu’un Rops, Dix est moderne pour tout ce qu’il affirme et tout ce qu’il renie. »

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b)   dada
Raoul Hausmann est l’un des fondateurs du DADA berlinois créé en 1918 – il fut l’organisateur de la 1ère foire internationale du Dada en 1920 – il crée aussi le premier photomontage et revendique l’invention de la technique. Invention néanmoins partagée avec Hannah Höchn qui fut sa compagne et également artiste Dada.

L’art Dada est tout sauf rationnel, il est ludique, nihiliste, impertinent, subversif et tout est intuitif dans les créations.
A Paris le mouvement donnera l’impulsion au surréalisme.

c)   communauté
un nouveau monde – un nouvel art – beaucoup de jeunes artistes considèrent la suppression de l’ordre ancien, l’armistice et la République de Weimar comme le moment qu’ils attendaient pour réaliser leur vision d’un nouvel ordre politique et social – ces artistes appartiennent à la révolution de gauche, ils s’organisent à Berlin en 2 groupes = le « Groupe de novembre » et « Conseil du travail pour l’art » - l’un des membres les plus notables est Walter Gropius – il poursuivra cet objectif dans le Bauhaus-

d)   en provenance de l’est
c’est en 1922 que fut signé le traité de Rapallo entre l’Allemagne de Weimar et l’URSS – il rétablissait des relations diplomatiques complètes – l’URSS renonce à réclamer des réparations de guerre à l’Allemagne qui, en échange, promet de vendre des biens et produits d’investissement infrastructurel à la Russie rouge.
La galerie Diemen à Berlin inaugure la 1ère expédition d’art russe – El Lissitzky, Malévitch, Rodtchenko, Gabo & Kiloun

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e)   les Belges à Berlin
L’un des plus connus, Victor Servranckx, est considéré en Belgique par le premier abstrait de l’entre-deux-guerre – élève doué il finira avec le grand prix de l’académie de Bruxelles –
Il combine peinture à la gouache, au collage de papier et ruban adhésif – son style est géométrique et abstrait, mélangeant formes circulaires évoquant des rouages industriels, des lignes droites et des nuages de points. 

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3.Mythos Berlin
Berlin est-il réellement ce qu’il paraît être à l’époque, et ce que nous nous en représentons aujourd’hui – la ville est souvent décrite comme un lieu sans identité, en devenir, la ville du futur – dans cette jeune métropole d’alors la question du rapport entre l’individu et la société se pose de manière cruciale – la photographie et ses dérivés sont le médium du moment qui permet de représenter la grande ville et ses habitants – nouveau était le mot d’ordre auquel tous croyaient

a)    Metropolis – proposait une série de photographies en noir&blanc, mais je n’ai pu en avoir un effet valable

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b)   Splendeur et misère – les new (wo)men
En raison de l’absence des hommes en temps de guerres, les femmes vivent une nouvelle forme d’émancipation – il est à noter que dès 1918, les femmes peuvent voter en Allemagne et voteront pour la 1ère fois en 1919 (pour rappel = 1948 pour la Belgique, 1944 en France)

jeanne mammen- mercredi des cendres - une aquarelle aux couleurs tendres
la jeune femme est assise négligemment, jambes sur l"accoudoir, yeux mi-clos
cheveux en bataille - lendemain de fête en fait, le mercredi des cendres suit le mardi gras

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la revue nègre - joséphine baker par dodo

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lotte laserstein - autoportrait avec chat

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c)   New society
Alors que Berlin représente pour les uns un eldorado, pour les autres c’est la ville du vice ; dans une société citadine beaucoup de personnes sont marginalisées – les femmes se prostituent, les handicapés, anciens soldats blessés, sont dans la rue   - la désillusion est totale.

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 d)   Le nouveau Berlin – lumière, air, soleil
L’un des slogans dans la lutte contre la misère et les problèmes d’hygiène dans les immeubles annonce = lumière, air et soleil – une exigence compréhensible quand on pense aux conditions de vie, de plus en plus néfastes pour la santé, dans les quartiers pauvres.
Le principe selon lequel l’état est responsable d’assurer un logement à tous les citoyens figure dans la constitution de la république de Weimar – ainsi de grands immeubles voient le jour dans la périphérie verte de la ville.
(ce chapitre étant fort long dans le résumé de madame Cordier, j’abrège volontairement ici)

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erich mendelsohn - la tour einstein

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4. Crise
Sur ce sujet qui clôture l’exposition, je laisse la place aux images plutôt qu’au texte

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L'entre-deux-guerres en Allemagne, c'est aussi la sublimation des corps, du sport - 

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Posté par sheherazade2000 à 17:06 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
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11 novembre 2018

DEATH IN A STATELY HOME, de Sara Rosett

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3ème enquête de Kate Sharp & Alex Norcutt dans la série « Murder on Location »

Installée à Nether Woodsmoor pour aider à la recherche de lieux dignes du documentaire sur Jane Austen, Kate Sharp bénéficie avec toute la production d’un week-end de congé – ça ne plaît qu’à moitié à l’hyper-active productrice mais puisqu’il le faut … Kate est approchée et invitée par Beatrice, lady Stone, afin de participer au week-end « spécial Austen », une occurrence régulière à Parkview Hall afin de vivre pendant deux jours à la manière Regency.
En fait lady Stone s’inquiète car des lettres anonymes sous forme d’e-mails arrivent de plus en plus régulièrement sur leur site, ce qui est déjà très mauvais pour la publicité en soi, mais de plus des menaces se précisent dans les courriels.
Apprenant cette participation, la productrice du documentaire demande à Kate de lui faire un compte-rendu détaillé de cette ambiance particulière, certains détails pourraient servir à titre de documentation.

Kate accepte non seulement de faire un rapport circonstancié mais aussi d’enquêter en toute discrétion ; elle fait la connaissance des hôtes payants qui ont souscrit à un week-end « hors du temps », tous très différents et sympathiques.
Le seul couple à ne pas vraiment accepter la règle vestimentaire (s’habiller à la mode Regency) et ne pas utiliser leur smartphone pendant les repas sont l’homme d’affaires et son épouse, ex-actrice de télé réalité.  
En fait, Kate n’est pas trop mécontente de ne pas rester auprès d’Alex Norcutt ce week-end car sa pré-adolescente de sœur montre une certaine animosité à l’égard de Kate.

Pour être particulière, l’ambiance va l’être – l’homme d’affaires est assassiné le premier soir – tout d’abord on pense qu’il a eu un arrêt cardiaque et est mort dans son sommeil – à côté de son épouse, dormant à poings fermés après avoir absorbé des somnifères.
Alors que Kate  a très rapidement découvert l’auteur des courriels malfaisants, c’est lady Stone qui réalise que l’homme d’affaires n’est pas décédé de mort naturelle, mais a été étouffé.  Il faut donc faire appel à la police.
Kate Sharp s’attend à voir arriver l’inspecteur Quimby, mais c’est un certain inspecteur en chef Hopkins qui arrive.

Cerise sur le gâteau, un détective privé  accuse immédaitement Kate du crime – une épingle de cheveux se trouvait sur la terrasse de la chambre où loge le couple et qui jouxte la chambre de Kate.
La porte était fermée à clé et la porte-fenêtre également. Les voilà donc face à un crime en chambre close.
L’homme est tellement insistant que l’inspecteur demande à la jeune femme de rester sur les lieux, comme si elle allait rater une occasion de mener sa propre petite enquête.
Et soudain,  pendant l’orage,  débarque Grace la sœur d’Alex qui s’ennuyait dans le cottage – les pluies étant très fortes, Parkview Hall est temporairement coupé du village. Et l’assassin est toujours sur place.

Mon avis = très positif = le meilleur  polar jusqu’à présent de cette sympathique  série – celui-ci mérite bien la comparaison avec Agatha Christie.  
Ce que l’adolescente, future belle-sœur, n’hésite pas de mentionner, elle est très fan de la duchesse du crime.
J’ai l’impression, mais cela devra se confirmer par les autres romans de la série, que l’auteure Sara Rosett améliore son style.
Les lieux, les costumes et le décor naturel du manoir et alentours sont fort bien décrits, on retrouve avec plaisir les personnages des maîtres des lieux,  et surtout une brochette d’hôtes payants où personne ne semble être ce qu’il a mis dans le petit mot de description que chacun d’eux a fourni au moment de son inscription.

J’ai bien aimé aussi la manière dont Kate Sharp arrive à se faire accepter par la jeune Grace, ainsi que la façon dont elle découvre la personne responsable de la campagne de dénigrement de Harold Stone et son épouse.
Par contre j’ai un peu regretté l’absence de l’inspecteur Quimby, avec ses propos caustiques à l’égard de Ms. Sharp qui fourre son nez dans ses enquêtes.

J’avais dès le départ misé sur une personne  comme coupable – et j’avais raison =^-^=, par contre je n’étais pas totalement certaine de qui était la personne écrivant les lettres anonymes. 

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10 novembre 2018

AU CINEMA CETTE SEMAINE

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LE GRAND BAIN, de Gilles Lellouche – scénario Ahmed Hamidi, Julien Lambroschini & Gilles LelloucheUne bande de « losers », tous trimbalant un boulet (dépression, échec professionnel, couple en échec, relations plus que difficiles parents/enfants, rêves de jeunesse enfuis), vont retrouver la pêche grâce à la natation synchronisée masculine. Inscrits aux championnats du monde un peu par blague, ils vont retrouver une certaine dignité et la rendre aussi à leurs entraîneuses, l’une paraplégique, l’autre alcoolique.

Mon avis = les Français ont donc désormais leur « feelgood movie » à la « Full Monty » - avec une belle brochette d’acteurs français et nos Benoit Poelvoorde et  Virginie Efira nationaux, encadrant Mathieu Amalric, Guillaume Canet, Marina Foïs, Jean-Luc Anglade, Leila Bekti, Philippe Katerine, Félix Moati, et quelques autres. C’est à la fois émouvant et drôle, et prévisible.

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Je regrette toutefois que le réalisateur n’ait pas trouvé nécessaire d’annoncer dans le défilé de fin de film qu’il s’est inspiré d’un documentaire suédois sur ce sujet – documentaire ayant inspiré un film britannique « Swimming with men » qui, vu son peu de succès en France, n’est même pas passé sur les écrans belges. Il est vrai que le film anglais comportait des acteurs connus en Angleterre mais peu connus de ce côté de la Manche. C’est bien dommage, car en ayant vu un extrait, je suis convaincue qu’il était  aussi drôle, sinon plus pour moi qui aime l’humour anglais.

 

 

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THE NUTCRACKER AND THE FOUR REALMS, de Lasse Halström & Joe Johnston – scénario de Asheigh Powell d’après les contes d’E.T.A. Hoffman
C’est la veille de noel, Clara n’a pas envie de participer à la fête organisée chez son parrain Drosselmeyer depuis le décès récent de sa maman. La petite fille se replie sur elle-même, s’éloignant de son père et sa sœur aînée, supportant à peine son jeune frère.
Son père leur donne leurs cadeaux avant de partir, Louise reçoit la robe préférée de la maman, Fritz un casse-noisettes et Clara un œuf en or, mais sans la clef.
C’est chez son parrain qu’elle pense la retrouver, mais pour cela elle devra suivre le fil d’or qui la mènera au-delà de Londres – vers les quatre royaumes, où une souris lui vole la clé qu’elle a trouvée. Commence un long parcours où Clara découvrira qui elle est, de quoi elle est capable, et surtout d’amour – elle découvrira aussi que personne n’est ce que l’on pense en jugeant sur les apparences.

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Mon avis = une jolie interprète, Mackenzie Foy, entourée de Keira Knightley, Helen Mirren, Jayden Fowora-Knight, Morgan Freeman, Matthew McFadyn, Richard E. Grant. – une belle distribution et une fabuleuse mise en scène, bien faite pour rêver – les studios Disney n’ont pas lésiné sur les effets spéciaux que j’ai trouvés épatants. Les décors et costumes sont vraiment beaux. J’ai été un peu exaspérée par la voix de Keira Knightley « Sugarplum » la fée de la Terre des bonbons, mais je me suis vite rendu compte que c’était voulu, cela s’arrangera ultérieurement avec une surprise de taille. J’ai passé un agréable moment de féerie, mais me demandant tout de même comment réagiraient des jeunes enfants, car certaines moments sont impressionnants.