mon bonheur est dans la ville

21 août 2019

THE WOMAN IN CABIN 10, de Ruth Ware

ruth

Titre français = la Disparue de la cabine 10 

Laura (Lo) Blacklock, diplômée en journalisme, travaille pour un magazine de voyages – en fait c’est surtout la patronne qui voyage et Lo s’occupe de la mise en page.
Elle est une jeune femme sujette à de fréquents accès de panique et ce depuis l’adolescence ; après de multiples traitements psychologiques, la seule chose qui l’aide est un anxiolytique. En plus, elle est quelque peu claustrophobe.

Elle a cependant de quoi se réjouir, elle peut remplacer sa patronne pour le voyage inaugural du beau bateau de croisière, super luxe, de la compagnie appartenant à Sir Richard Bellmer.
De fait le bateau est magnifique, pas du tout un de ces monstres de croisière qui hantent désormais les mers et qui s’enorguellissent d’avoir mis les croisières à la portée de tous.  Le bateau Aurora, au contraire, s’adressent à des personnes ayant de gros moyens financiers.

Bien que toujours sous le choc du cambriolage qu’elle a subi trois jours auparavant, Lo espère beaucoup de cette croisière, sa patronne lui a promis que si elle réussit un beau reportage, elle aura enfin cette promotion qu’elle espère depuis 10 ans.
Son petit ami, Jude Lewis, espère qu’elle reviendra décidée à vivre avec lui, mais vu comment leur dernière rencontre s’est passée, cela semble un peu compromis. Bref elle a toujours une raison de s’apitoyer sur son sort.

Soit – bateau – le premier soir, Lo et tous les autres invités sont invités au discours du propriétaire, accompagné de son épouse qui a été gravement malade, et c’est une soirée bien arrosée.
Lo est une jeune femme qui boit beaucoup trop et cela va lui jouer un tour aussi dans ce cas-ci. N’arrivant toujours pas à trouver le sommeil (apparemment on ne lui a jamais dit que boire beaucoup d’alcool ne permet pas de dormir) elle entend un cri, un bruit  contre la paroi de sa cabine, et le bruit de quelque chose de lourd qui tombe dans la mer.
Pour la jeune femme, il ne peut s’agir que d’un corps. En plus, sur la vitre de la cabine 10 menant à la terrasse, il y avait une trace de sang.

Lorsqu’elle s’adresse au personnel de bord, y compris celui chargé de la sécurité, personne ne la croit vraiment – de plus, on a bien remarqué qu’elle avait un peu trop bu. En réalité, la cabine 10 qui jouxte la sienne est vide, la personne qui devait l’occuper s’étant désistée.  
Or, elle dit y avoir rencontré très brièvement une jeune femme à qui elle a emprunté un mascara.

Pour Lo commence un cauchemar, personne ne la croit. La seule petite preuve qu’elle avait, un mascara emprunté à la jeune femme DANS la cabine 10, a disparu, comme la jeune femme d’ailleurs. Personne n’a entendu parler d’elle, personne ne la connaît.
Lo s’obstine et elle reçoit un message du style « laissez tomber », qui est pour elle la preuve qu’elle a touché à quelque chose de sérieux.

Elle n’est pas du tout au bout de ses peines, loin s’en faut. Et pendant ce temps, elle néglige totalement ce pourquoi elle a été choisie pour cette croisière inaugurale = écrire un papier sur tout ce que le bateau a à offrir à ses passagers richissimes.

Mon avis = bon thriller, assez inquiétant – par contre, j’ai été pendant la moitié du polar totalement agacée par cette jeune femme et ses angoisses qu’elle soigne en buvant plus qu’il ne faudrait, espérant que l’alcool annihile ses terreurs.
Jusqu’à la moitié du roman, elle est pathétique, pleurnicharde, mais surtout très peu professionnelle – elle n’a même pas eu la présence d’esprit de lire le dossier de presse remis par les propriétaires de la croisière, où des événements sont prévus pour les invités, elle risque à chaque fois de les manquer, heureusement il y a toujours quelqu’un pour lui rappeler ce qu’il faut faire.

Je réalise que je manque d’indulgence à son sujet, mais j’ai un problème avec les gens qui boivent jusqu’à s’écrouler.
Ceci dit, une fois qu’elle est menacée, elle retrouve sa lucidité et décide de se reprendre  en charge.

Malgré mes réserves à propos de cette anti-héroïne, le polar fonctionne bien.
(Et croyez-moi, la croisière ne s’amuse pas =^-^=)


20 août 2019

WEIRD THINGS & MORE WEIRD THINGS CUSTOMERS SAY IN BOOKSHOPS, de Jen Campbell

jen

jen2

Titre(s) français =  Propos cocasses et insolites entendus en librairie

Les livres sont "parsemés" des dessins fort amusants des frères McLeod (Greg McLeod illustrateur & Myles McLeod écrivain)

Jen Campbell est une amie du libraire  Shaun Bythell. Après avoir terminé le livre-document-journal de bord de ce dernier, où elle apparaît régulièrement, je me suis dis qu’il était temps que je vous parle des deux petits livres qui m’ont fait hurler de rire. 

Cette auteure-poétesse, qui a grandi dans le nord de l'Angleterre, vit actuellement à Londres – elle travailla pendant 10 ans comme libraire. Ces 2 livres sont une compilation de ce que certaines personnes demandent avec l’air le plus innocent du monde au libraire qui patiemment les renseigne.

Quelques exemples =

-      Auriez vous un livre en vert, c’est pour aller avec cette robe

-      Je cherche des livres écrits par Jane Eyre

-      Mes enfants s’amusent à grimper sur les étagères, ça ne vous ennuie pas trop ?

-      Pourriez vous me recommander un livre ? bien sûr Monsieur, que cherchez vous ? en fait je sors de prison, donc quelque chose qui soit léger

-      Oh votre magasin est vraiment joli, il ressemble à une pâtisserie où j’étais hier

-      Auriez vous une une copie d’un livre pour enfants qui a une excellente réputation, il s’intitule « Lionel Ritchie and the Wardrobe »

-      Qu’est ce qu’il y a de « magnifique » à propos de Gatsby ? c’était un super héros ou quoi ?

-      Je viens de terminer un roman intitulé « What Katy did ». Je ne l’ai pas trouvé très réaliste, je me nomme Katy et je n’ai jamais rien fait de ce qui est écrit dans le roman

Les livres ont été traduits en français – je ne connais pas exactement quel titre en français répond à quel titre anglais, j’ai donc réuni les titres anglais et français à part, pour une fois. J’ai d’ailleurs l’impression que les éditions francophones reprennent les deux livres anglais en un seul volume.

Ce sont des lectures estivales par excellence – de très bons moments de détente. Ce qui est aussi fort plaisant est que l'on peut laisser le livre à tout moment et le reprendre quand on en a envie.

J’espère que si vous les lisez, ces courts livres vous amuseront autant que moi – ceci dit, quelqu’un, un jour, m’a fait remarquer (à juste titre) que l’humour des uns est rarement le même que celui des autres.

A vous de voir.

THE DIARY OF A BOOKSELLER, de Shaun Bythell

bookseller

images

Titre français = le Libraire de Wigtown 

Ce livre des plus sarcastiques, donc bien fait pour me plaire, ne se raconte pas comme un roman, aussi vais-je immédiatement passer à en parler avec mon avis en prime inclus dans le texte.

A 18 ans, Shaun Bythell passa devant « The Book Shop » et commenta à son copain = je te parie que l’an prochain, cette boutique sera fermée.
Non seulement la « boutique » en question n’est pas fermée mais en 2001 il en devint le propriétaire dans une petite ville écossaise, devenue depuis un village de bouquineries à la manière de Hay-on-Wye, au pays de Galles.

Chaque chapitre du livre,  qui relate la vie d’un libraire en 12 mois de l’année, est précédé d’un extrait de l’opinion de George Orwell, qui travailla aussi comme libraire dans sa jeunesse, et qui en est resté totalement dégoûté. J'ai trouvé une partie de la nouvelle d'Orwell, que je vais me faire un plaisir de lire.

Face à l’immense chapelet de questions idiotes, de clients qui entrent demandant où sont les toilettes ou bien si vous vendez vraiment des livres, Shaun Bythell a perdu une partie de ses illustions de libraires également et a produit ce « journal de bord » qui est drôle de bout en bout.
La clientèle et ses défauts cum mesquineries n’est pas épargnée et je n’ai pu que donner raison au propriétaire/romancier devant des commentaires de clients pleins de mauvaise foi, râlant sur les prix, sortant sans rien acheter mais surtout n’hésitant pas à être insultants.

Une amie anglaise, qui vit désormais dans le sud-ouest de la France, était libraire à Bruxelles – sa librairie, joliment intitulée « The House of Paperbacks » n’était pas une librairie de livres de seconde main, elle possédait une belle clientèle d’habitués et de passage, mais lorsqu’elle décida de partir pour la France où elle allait ouvrir un bed&breakfast, je fus un instant tentée de reprendre la boutique.
Elle m’expliqua alors toutes les contraintes d’être libraire = non seulement on ne vend pas que les livres, mais on n’a pas non plus le temps de les lire - il faut les acheter auprès des maisons d’éditions, étiqueter les livres et tenir un journal de bord bien à jour, sinon on est immédiatement débordé et proche de la ruine.
Elle a eu tellement raison de me dire tout cela ; je fus définitivement découragée de devenir libraire.

Après le livre de Shaun Bythell, j’en suis définitivement guérie et même dégoûtée. Je suis sidérée par les commentaires et attitudes grossier.ère.s des personnes qui entrent dans une librairie de seconde main, où les livres ne sont pas chers, et qui sortent en laissant les livres qu’ils ont compulsés n’importe où et râlant si on ne leur fait pas un crédit supplémentaire.
Mais qui rentre dans une librairie en demandant « Tiens vous vendez des livres ? c’est tout ? »
C’est un peu comme demander à un romancier « d’accord mais c’est quoi votre vrai métier ? »

Bythell a commencé son document en 2014 et il a été publié en 2016 - l'épilogue du livre cite tous les changements intervenus au cours de ces 2 années.

Dans son livre, Shaun Bythell parle heureusement des intéressantes rencontres qu’il a fait, notamment au cours du festival du livre de Wigtown, certaines personnes étant des ami.e.s de longue date, d’autres des nouvelles rencontres. Et cite, au passage, quelques clients sympathiques … si, si, il y en a.

Il cite aussi Jen Campbell qui a écrit deux livres très drôles sur les questions que posent les gens dans une librairie – (je vous en parlerai un de ces jours =^-^=)

Mon seul bémol de ce livre, qui m’a fait gloussé du début à la fin, sont les dames, jeunes et moins jeunes, que le libraire a engagées pour l’aider à ranger les livres.

Il y en a une, notamment, témoin de jehovah, qui avait une manière très particulière de ranger – de plus, comme les autres employées, temporaires, elle n’écoutait jamais les directives de son patron, estimait qu’il se comportait comme un type atteint d’un TOC, parce qu’il désirait que la boutique soit bien en ordre !!!!!

Lu en VO, j’ai totalement apprécié le ton hautement sarcastique du livre – si, parmi les lecteurs du livre, il y en a qui se sont reconnus dans ce que Shaun Bythell dit d’eux, ils n’ont pas dû apprécier … et c’est bien fait pour eux. Oui, le client est roi, mais pas au point d’insulter le vendeur.

Shaun Bythell, au passage, règle quelques comptes avec Amazon, désormais omniprésent sur internet et ayant des exigences vis-à-vis des personnes coopérant avec eux.

J’ai évidemment apprécié la présence de « Captain » dans la librairie – « Captain » est le chat de la maison et une librairie sans chat, c’est un peu tristounet – Catherine avait aussi un chat dans sa librairie, qui émigra bien sûr avec son humaine dans le sud-ouest.

Shaun Bythell vient de terminer un deuxième livre sur les états d’âme d’un libraire, qui sort d’ici peu en librairie (livre neuf) – j’espère qu’il sera aussi drôle que celui-ci.

bookshop-the-400x250

50138625_2220234608298795_1237871989171945472_n

17 août 2019

YESTERDAY, de Danny Boyle

Yesterday_(2019_poster)

2

Scénario de Richard Curtis 

Que serait un monde sans les Beatles ? inimaginable ! pourtant c’est ce que va découvrir Jack Malik. Il est un sympathique musicien–compositeur-chanteur, hélas sans succès – lors de ses petits concerts, seuls y assistent ses amis et quelques âmes perdues, peu intéressées.
C’est son amie d’enfance, Ellie qui lui organise tout et surtout l’encourage à poursuivre ses rêves musicaux. 

2969008

Un soir alors qu’il rentre chez lui à vélo, un black-out global, à niveau de la terre entière, se produit – Jack est heurté par un bus qui, en plus, roule sur sa guitare. Lorsqu’il se réveille à l’hôpital, il a perdu 2 dents de devant.
Ses copains se sont cotisés pour lui offrir une nouvelle guitare, il leur chante « Yesterday », pour éviter son habituel « summer song » - tout le monde applaudit, quelle réussite cette chanson et pourquoi n’en a-t-il jamais parlé ? interloqué il leur dit que c’est une chanson des Beatles – éclat de rire général – quelle sorte de « beetle » une coccinelle ou autre ?
Ahuri Jack réalise que personne ne connaît les Beatles et lorsqu’il va sur internet, les images sont effectivement celles d’insectes, mais certainement pas des Fab Four. 

Une idée germe alors dans l’esprit de Jack Malik = interpréter les chansons des Beatles, en se les appropriant – pas très honnête mais puisque personne n’en a entendu parler … tout comme d’ailleurs personne n’a entendu parler du coca-cola, on ne connaît que pepsi. Lorsqu’il retourne sur google et tape « coke » on lui propose Pablo Escobar !!!!

Jack Malik est contacté par Ed Sheeran qui lui propose de passer en vedette américaine, vous savez celle qui chauffe la salle avant la grande vedette. Succès monstre.

0296607

Enhardi par ces succès, Jack décide de chanter les chansons des Beatles, comme s’il s’agissait des siennes, seulement comme c’est un jeune homme honnête, il commence à se sentir mal dans sa peau – ce succès va trop loin, en cours de route il perd sa meilleure amie, Ellie l’institutrice,  qui lui avoue être amoureuse de lui, mais il semble ne voir en elle qu’un bon copain.

Finalement, pour récupérer son amour et sa fierté, après avoir rencontré un vieux  John Lennon (pas assassiné), qui lui dit de toujours dire la vérité, et ne tenant plus compte de la manager de Los Angeles qui le traite comme un moins que rien, Jack Malik demande l’aide de son copain un peu frappadingue  Rocky et d’Ed Sheeran – il va publiquement confesser la supercherie et son amour pour Ellie, prof de math qui ne veut pas abandonner son poste.

1454831

Comme dans les contes de fées, ils vécurent heureux avec juste ce qu’il faut d’enfants pour ne pas péter un plomb.

Mon avis = l’évidente comédie bonheur de l’été – pour les amateurs de jolies histoires, de comédies romantiques et drôles – pour les amateurs de gens gentils et d’histoires qui finissent bien et surtout pour les amateurs des chansons des Beatles. Tout ce dont je suis.

Pour moi c’est à voir bien sûr, mais il faut apprécier les uchronies, car il n’y a pas que les Beatles et coca-cola qui n’existent pas, les cigarettes et Harry Potter non plus !

La mignonne Ellie Appleton est interprétée par l’inévitable Lily James – je dis cela un peu péjorativement, car il n’y a pas beaucoup de films actuellement sans Lily James – elle sera même la prochaine vedette du remake de « Rebecca ».
Ceci dit, elle est effectivement gentille.
Jack Malik est joué par Himesh Patel qui a une voix absolument superbe – il est fort bien dans le rôle de ce chanteur dont les contraintes du vedettariat soudain le dépassent et dont l’honnêteté veut qu’il avoue la vérité avant qu’il ne soit trop tard.

Le sympathique et talentueux Ed Sheeran interprète son rôle personnel, légèrement fictionalisé mais très peu, et l’amuseur James Corden apparaît dans son propre rôle, très court aussi.

Je citerai encore la manager hystérique de Los Angeles, jouée par Kate McKinnon, qui en fait des tonnes dans le rôle – elle est parfaite. Rocky, le copain déjanté, est interprété par Joel Fry.
Les parents de Jack sont interprétés par Sanjeev Bhaskar (père) et Meera Syal (mère) persuadés que « Let it be » a été composé pour eux.
Le John Lennon de cette uchronie est interprété par Robert Carlyle, l’un des acteurs fétiches de Danny Boyle, qui a été grimé pour totalement ressembler au chanteur-compositeur.

Pour l’anecdote, il était convenu que le film soit sur les écrans en septembre de 2019, mais a été avancé vers juis,  car Paul McCartney et Sony Musics ont menacé la production de « Yesterday » d’un procès en droits d’auteur, alors que la famille de George Harrison et celle de John Lennon ont trouvé l’histoire charmante.
Sincèrement, je ne suis pas étonnée de la réaction de celui qu’on appelle familièrement « Macca », il joue toujours les garçons sympas, mais j’ai souvent eu l’impression qu’il est assez arrogant quoi qu’on en pense. Pour Sony Musics, si le film sortait en septembre, les droits d’auteur du film auraient dû lui être versés.

Cette parenthèse ouverte et fermée, je continue à trouver que si on a un coup de blues, ce film est un bon dérivatif.

16 août 2019

A SHROUD FOR DELILAH, d'Anthea Fraser

1569545

Kate Romilly a décidé de quitter son mari, le journaliste Michael Romilly, ayant découvert qu’il lui était infidèle, et aussi parce qu’elle en avait assez de l’attendre le soir jusqu’à pas d’heure et de son ton supérieur lorsqu’il lui adresse la parole.
L’homme ne supporte pas qu’on lui tienne tête, aussi fait-il semblant que la séparation lui est indifférente, mais Kate a-t-elle seulement réfléchi à la situation de leur fils ?
Kate a été aidée dans sa décision par sa meilleure amie de toujours, qui non seulement lui a trouvé un emploi mais elle peut aussi loger dans l’appartement au-dessus de la boutique d’antiquités où elle travaillera.
Cette situation devrait être temporaire, la confrontation au bout d’une semaine avec son mari semblerait indiquer le contraire.
De plus, avec son habituelle arrogance, c’est lui qui fixe les termes de leur séparation de six mois.

La jeune femme apprécie son travail, après tout elle a un diplôme d’historienne d’art et s’y connaît fort bien en antiquités ; l’ambiance au travail est sympathique, il y a Lana la très efficace mais timide secrétaire,  et les deux associés qui sont ses patrons et l’apprécient chacun à leur manière.
L’un des deux est un peu trop empressé, son divorce semblant l’avoir transformé en homme à femmes. L’autre est en couple avec un ravissant mannequin qui vient faire la connaissance de Kate, car on n’est jamais trop prudente et son compagnon a la plus haute opinion de sa nouvelle employée.

Kate a quitté la petite ville de Shillingham, où un crime a été commis. Une femme est morte poignardée, apparemment par quelqu’un qu’elle connaissant car la table était mise pour le thé pour 2 personnes. Un simple coup de poignard au bon endroit. Une inscription surprenante sur le miroir « Delilah » au rouge à lèvres de la victime.

A présent, la voici à Broadminster ; son lieu de « séjour » est situé non loin de ses amis, dont le fils est un grand ami de Josh son petit garçon et Madge est une amie précieuse, toujours prête à aider.
De plus le mari de Madge l’a aidée à inscrire Josh dans le même collège que leur fils ; tout se présente sous de bons auspices, sauf que Kate ne sait vraiment quelle bonne décision prendre.
Pour compliquer les choses, chaque fois que Richard – le trop prévenant patron – est près d’elle, apparaît le mari.  
Ambiance ! 

Michael Romilly couvre le crime de Shillingham pour son journal et va bientôt pouvoir couvrir les autres crimes, commis exactement de la même manière = une personne s’est présentée au domicile d’une femme qui lui a fait confiance, lui a proposé du thé et est morte d’un coup de poignard bien placé.
C’est  son ami, l’inspecteur en chef David Webb et son sergent, Jackson, qui sont chargés de l’enquête, mais en partie seulement – le superintendant veut aussi s’en mêler.

D’ autres crimes vont suivre les 2 premiers ; le dénominateur commun est qu’il s’agissait à chaque fois de femmes divorcées ou, comme la dernière en date, une femme infidèle. Avec à chaque fois l’inscription « Delilah » - la femme coquette qui trompa Samson.
Peu à peu Kate se sent menacée = elle a déjà reçu 3 petits envois anonymes contenant des petits animaux disséqués, puis des coups de fil anonymes et silencieux.
Pensant à de mauvaises blagues, elle n’a pas averti la police.
Mais comme elle a découvert la dernière victime et que de plus, cette fois, c’est un pigeon mort qu’on lui a envoyé, elle ne peut faire autrement.

Il semble  qu’elle pourrait  être la prochaine victime.

Mon avis = sympathique polar – vite lu, car court comme roman (à peine 200 pages) – j’avais évidemment (frimeuse ! =^-^=) découvert la personne coupable dès le 3ème chapitre, mais il en faudra 19 autres à l’inspecteur en chef David Webb pour découvrir, enfin, la personne coupable.
Evidemment, une romancière se doit de produire un livre d’au moins 200 pages et du coup, les enquêteurs tournent en rond jusqu’au dernier chapitre.

J’ai toutefois poursuivi la lecture car l’ambiance générale du polar m’a plu. Le personnage du détective en chef est divorcé (hé oui un autre qui a eu des problèmes de couple), mais il a une amie de cœur très compréhensive, cette sympathique jeune femme est aussi intéressée à conserver son indépendance que lui.
Par contre le personnage de Kate Romilly m’a agacée, elle a pris une décision qui serait pourtant positive pour elle, mais se laisse manipuler par son mari.

L’ambiance générale de cette histoire ne cassera pas le record du meilleur polar, mais franchement c’était une lecture détente, estivale - on se croirait presque dans un polar d’Agatha Christie, avec de jolies descriptions de paysages - à part les petits paquets livrés à Kate Romilly, l’ensemble est ce qu’on appelle un « cozy mystery » - pas de membres coupés et jetés un peu partout, comme dans certains polars suédois.

A suivre donc, pour moi – j’ignore si la série a été traduite – je n’en ai guère trouvé trace.

Anthea Fraser, née en 1930, est une romancière britannique qui a fait partie du célèbre « Detection Club ».
Elle a créé des polars avec en vedette l’inspecteur en chef David Webb (qui en sont à 16 romans), mais a également créé le personnage de Rona Parish, journaliste indépendante et biographe, ces romans sont aussi des thrillers.
Sous le nom de plume Vanessa Graham, elle publie des fictions romancées.

 ceci est ce que l'on appelle actuellement dans le monde des antiquités "a telephone chair"
cependant, aux siècles précédents, on l'appelait "gossip chair"
c'est à dire "chaise à commérages"

170775553527


15 août 2019

HAZARDS OF TIME TRAVEL, de Joyce Carol Oates

carol

Titre français = le Petit Paradis

Nouveaux Etats Américains en l’an 2039 –
Adriane Stohl, 17 ans, excellente étudiante au point d’avoir été nommée pour présenter le discours de fin d’études de sa promotion – hélas le discours n’a pas l’heur de plaire lors de la répétition =  imprudemment  Adriane a fait du discours quelque chose d’original – ce qui déjà au départ n’est pas du tout bien vu par le directeur du collège – mais au lieu d’écrire des faits, elle a posé des questions.
Et elle a été dénoncée.
Car la délation est bien vue dans ces Nouveaux Etats Américains, remplaçant les Etats-Unis tels que le monde les connaissait.

Adriane a été arrêtée comme d’autres jeunes majors de promotion dans d’autres collèges – eux aussi ont émis des discours subversifs aux yeux et oreilles des instances supérieures – les interrogatoires sont diffusés par vidéo-« conférence », afin de voir si l’un de ces majors se trahirait et parlerait de collusion.
Tous et toutes, comme Adriane, clament leur innocence.
Après avoir été menacée d’effacement pur et simple, le verdict finalement est « l’exil » .
Elle est télé-transportée en 1959 dans le Wisconsin, bien loin de ses parents et de son frère.  Ses parents ignorent tout de la situation, elle n’a pas pu les revoir, ni leur dire aurevoir – il faut, paraît il, la faire échapper à l’influence nocive de son père Eric Stohl, qui fut un brillant chirurgien et qui a commis l’erreur de se trouver au mauvais endroit, au mauvais moment.
Il avait assisté en toute innocence à une manifestation et a aussi été dénoncé ; sa punition fut d’être rétrogradé ; de brillant chirurgien, il est à peine aide-soignant.
Dans ces nouveaux états, il ne fait pas bon être original, avoir des idées bien à soi – votre voisin, votre époux/épouse peuvent vous dénoncer.

Elle arrive dans son lieu d’exil, la Zone 9 surnommée « Happy Place » (le Petit Paradis) – sur le campus de l’université où elle fera ses études - Adriane, désormais Mary Ellen Enright, se demande qui a pu la trahir et revoit alors le sourire sarcastique de son frère lors des félicitations familiales – ce ne peut être que lui, étudiant médiocre, qui la jalousait depuis l’enfance.
Au grand étonnement de ses compagnes de chambre, elle pleure sans cesse, mange et dort à peine, refuse de s’ »adapter ». Elle est considérée comme une orpheline, reçoit des vêtements portés plusieurs fois et des livres usagés, nécessaires à ses études.

Elle découvre peu à peu que ce monde de 1959 est primitif en comparaison de celui de 2039 = pas d’internet, pas de smartphone, pas d’ordinateur, pas de livres numériques – seulement des livres papier, et d’auteurs acceptés par l’université.
Comment s’adapter, comme se rendre invisible pour que son exil de 4 années passe le plus rapidement possible et qu’elle puisse retrouver sa famille.
Tout plutôt que risquer « l’Effacement », la punition totale. Elle essaie en vain de rappeler les souvenirs de ses parents. Bientôt ces souvenirs s’effaceront, ce qu’elle redoute le plus.

C’est en suivant le cours de philosophie qu’elle tombe amoureuse d’Ira Wolfman, assistant du professeur. Elle est convaincue que lui aussi est un exilé, ce qu’il finit par  concéder. Ils entament une relation platonique, jusqu’au jour où Ira lui dévoile la vérité sur 1959 et lui propose de fuir.
Mary Ellen/Adriane est terrorisée – s’ils se font prendre, ils seront effacés, c’est bien clair dans les instructions des exilés.
Pourtant étant très amoureuse, elle accepte le risque, jusqu’à ce que la foudre tombe sur eux.
Elle a échappé à la foudre, mais échappera-t-elle à 1959 ?

Mon avis = positif – délation et médiocrité sont à la base de cette dystopie, un nouveau genre pour le dernier livre paru de Joyce Carol Oates.

Bien qu’écrit en 2011, et paru en 2016, on a bien l’impression que la romancière ait été visionnaire puisque son roman (paru bien avant les élections) met l’accent sur les nouveaux Etats-Unis et sur le fait que les multi millionnaires  désormais gouvernent le monde, plus besoin d’élections, ils s’élisent entre eux.
Cette romancière est très prolifique et très appréciée, tant des lecteurs/lectrices de langue anglaise que francophone.
Ceci est le premier livre d’elle que je lis, et bien sûr, vous l’aurez compris, ce ne sera pas le dernier.
Le style d’écriture est étudié, délicat, même dans les situations difficiles – du moins dans ce livre-ci.

Elle a été contactée, en son temps, par l’actrice Jeanne Moreau, désireuse d’écrire un scénario en collaboration avec Joyce Carol Oates, tant l’actrice appréciait la romancière. Cette dernière malheureusement n’a pas pu suivre le rythme de la comédienne qui changeait d’avis comme elle respire, modifiant sans cesse les textes de la romancière.
Elles se sont donc quittées toujours bonnes amies et admiratrices l’une de l’autre, mais sans collaboration.

L’histoire de « Hazards of Time Travel » est un peu compliquée, comme le sont toutes les dystopies et/ou uchronies, mais une fois entrée dans l’histoire, on marche à fond et l’on tremble avec cette jeune fille de 17 ans, seule désormais, perdue dans un monde « préhistorique » pour elle.
On a de la peine avec elle pour les souvenirs de sa famille, qui s’estompent petit à petit. On tremble lors des interrogatoires qui sont fort durs.

La seule partie que j’ai moins appréciée, dans ce roman d’une belle écriture, est l’histoire d’amour – je n’y ai pas vraiment cru, pourtant les émois de Mary Ellen/Adriane sont bien ceux d’une adolescente envers un professeur.
Un cliché en fait, peut-être est-ce la raison pour laquelle j’ai moins apprécié.
Mais nécessaire au parcours de l'histoire et de sa conclusion.

Tout le reste donne la chair de poule – ne pas pouvoir faire confiance à qui que ce soit, être sans arrêt sous surveillance, devoir taire ce que l’on pense et penser comme tout le monde …
Cela fait penser à « 1984 »,  mais aussi à « Handmaid’s Tale », car en 1959 les femmes sont toujours des citoyennes de 2ème catégorie, avec le droit de suivre certaines études mais comme leur cerveau est différent, moins développé, toutes les carrières ne s’ouvrent pas à elles. Leur place est surtout à la maison. 
Il y est évidemment question des théories "scandaleuses" de Darwin, et celles du "Big Bang" - tout le monde le sait, dieu a créé le monde.

J’ai été un peu étonnée que l’on considère ce roman  classé  pour « Jeunes Adultes » - quelle bêtise !
c’est un roman actuel, pour une société actuelle qui va de mal en pis, et nous ferions bien d’être vigilants pour éviter que cela ne s’aggrave. L’Amérique de Trump devient totalement semblable à cette histoire.

67642735_2640459812677814_2775738136775360512_n

13 août 2019

PERMACULTURE, LA VOIE DE L'AUTONOMIE

1436927

mqdefault

Un documentaire de Carinne Coisman & Julien Lenoir

La réalisatrice Carinne Coisman, en compagnie de l’éducateur à l’environnement Julien Lenoir, est partie à travers le monde, à la découverte de cette forme de culture – que certains nomment « nouvelle » ce qui est loin d’être le cas.

Le terme « PermaCulture » est la contraction des deux mots de l’expression américaine  « Permanent  Agriculture » - il semblerait que ce terme ait été utilisé une première fois par les Australiens Bill Mollison et Holmgren dans leur livre paru en 1978.
Toutefois, l’inspiration de ce modèle d’ agriculture naturelle est l’agriculteur japonais Masanobu Fukuoka.
La permaculture se fonde sur 3 principes majeurs = prendre soin des humains, prendre soin de la terre, partager équitablement les ressources.

La réalisatrice explique qu’elle était, comme Julien Lenoir, sensible à l’environnement et l’idée de ce voyage de 30.000 km par voies terrestres, à travers une grande partie du continent asiatique était déjà en eux, l’idée de rencontrer d’autres cultures, de remettre certaines habitudes en question comme l’utilisation de notre temps et de nos consommations.
Cela leur a permis de vivre une belle aventure humaine , à la rencontre de jeunes et moins jeunes, désireux d’améliorer les conditions de vie et de productions pour gagner en autonomie.

Après une introduction par le permaculteur Jean-Philippe Beau-Douëzy, en Sologne, le documentaire peut commencer – il dure une heure et quelques minutes, mais dans ce court laps de temps j’ai trouvé que tout était dit, du moins le plus important.

Les réalisateurs ont pris le transsibérien à Moscou, jusqu’au bout de sa course à Oulan Bator – dans les plaines arides de la Mongolie, où il fait très chaud le jour et très froid la nuit – les villes deviennent toutes exponentielles, elles repoussent les limites des terres.

permaculture-mongolie 

Les réalisateurs ont pris le transsibérien à Moscou, jusqu’au bout de sa course à Oulan Bator – dans les plaines arides de la Mongolie, où il fait très chaud le jour et très froid la nuit – les villes deviennent toutes exponentielles, elles repoussent les limites des terres.

Le documentaire rappelle le triste bilan de notre époque = en 40 ans, l’agriculture industrielle à détruit un tiers des zones arables dans le monde. Il tente de démontrer que grâce à la permaculture, une solution locale est possible. En Inde, dans certaines régions on leur a montré les méfaits des pesticides sur les humains (problèmes de peau, respiratoires).

3609560

De la Mongolie à la Chine, puis en Inde et en Thaïlande, des stages pour les jeunes et les moins jeunes sont organisés afin de conscientiser les humains à d’autres moyens de production, sans pesticides,
Dans la région de Darjeeling en Inde, ils ont rencontré Rico Zook, professeur et designer en permaculture.

Rico Zook  et Beau-Douëzy ne sont pas les seuls « acteurs » de cet intéressant documentaire (qui n’est pas sans rappeler « Demain »)- y ont aussi participé = Vandana Shiva, Adrienne Thadani, Lia Sommer, pour les femmes.
Krishna McKenzie, Rajeev, Duda Ram, S. Vishwanath, Maxime de Rostolan, Minh Buu, Krishna Gurung et Joseph Chauffray, pour les hommes.

maxresdefault

1292719

Chacun d’entre eux explique clairement, avec un enthousiasme certain, comment ils ont modifié un environnement peu probable aux cultures, en un potager apportant une autonomie à ceux qui s’en occupent.

Certaines entreprises de permaculture utilisent la bonne volonté de « helpers » des voyageurs désireux d’apprendre et de travailler en échange du gîte et du couvert (un peu à la manière des « helpers » de « The Biggest Little Farm ».

La conclusion évidente du documentaire est = jardinage, énergie, créativité, ingéniosité, relations humaines, solidarité. Quelle belle aventure se serait si on s’y mettait tous.

3550280

5d1f58d014332

3595520

A titre personnel, j’ajouterais que mon grand-père qui n’avait pas lu les livres de Mollison & Holmgrem, pratiquait la permaculture sans le savoir (comme monsieur Jourdain et sa prose =^-^=) – il cultivait son petit lopin de terre, mis à disposition par la commune, comme cela fut la mode après la guerre – il faisait « tourner » les cultures pour l’ameublement du sol et en améliorer la qualité, j’étais son « helper » pour le ramassage des pommes de terre et il utilisait aussi les excréments d’un cheval pour son compost – j’étais écroulée de rire lorsqu’il entendait la carriole de je ne sais plus quel livreur, mon adorable grand-père courait alors à la rue avec sa pelle afin de ramasser les crottes du cheval.
 Oui cela se passait en ville, dans une agglomération bruxelloise.
Nous avions toujours d’excellents légumes, pratiquement tout au long de l’année car ma grand-mère préparait après récolte les conserves de l’année.

 les "cercles" de la permaculture

3503480

11 août 2019

SYNDROME DE L'EOLIENNE

Syndrome-de-l-eolienne-un-risque-sanitaire-sous-estime_width1024

Après avoir lu « Een Zomer zonder Slaap » de Bram Dehouck, je me suis demandé s’il était possible qu’une personne perde le nord à la suite d’installation d’éoliennes. J’ai trouvé un article sur le site « TopSanté » - que j’ai légèrement adapté pour le blog.

Saviez vous qu’il existe désormais, en termes médicaux, ce que l’on nomme « syndrome de l’éolienne » ?
Suite à différentes plaintes de la part d’associations de riverains, ayant éprouvé des problèmes fonctionnels, l’académie de médecine s’est penchée sur le sujet.
Elle s’interroge sur ce qu’apportent aux personnes qui vivent à proximité ces éléments destinés promouvoir l’énergie renouvelable.
La raison de ces troubles fonctionnels = la taille démesurée et le bruit occasionnés par les éoliennes. Elles auraient une incidence sur la qualité de vie de certaines personnes.
Les gens qui s’en plaignent le plus, semblent affectés  par les nuisances sonores, mais aussi visuelles – leur état de bien-être physique, mental et social serait affecté.

L’académie de médecine recommande la transparence pour la prévention des risques. Il y a lieu d’informer complètement la population.
Ne pas augmenter les éoliennes dans des zones où certaines sont déjà implantées, l’augmentation de leur nombre et leur taille peuvent altérer le paysage, donc éventuellement induire des maladies psychosomatiques.
Il faut aussi systématiser les contrôles de conformité acoustiques de manière ponctuelle, afin de réduire régulièrement le bruit des éoliennes s’il augmente.
Equiper les éoliennes anciennes, existantes, des nouveaux procédés limitant le bruit.

Personnellement, je  n’ai jamais eu l’occasion d’entendre le bruit de ces « monstres », mais leur place dans la nature est réellement très laide.
Par ailleurs, après avoir lu l’article, je me demandais si l’auteur belge Bram Dehouck avait eu vent (ai pas pu m’en empêcher =^-^=) de ce syndrome, des plaintes contre les éoliennes, et leur mauvaise influence sur le mental des humains.

Et vous, ami.e.s lecteurs/lectrices, connaissiez-vous ce sydrome, en aviez-vous entendu parler ? vos commentaires sur le sujet seront appréciés.

Posté par sheherazade2000 à 12:19 - - Commentaires [13] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

EEN ZOMER ZONDER SLAAP, de Bram Dehouck

slaap

Titre français = un Eté sans dormir

Blaashoek, au bord du canal du même nom, est un village paisible qui s’enorgueillit de l’installation récente d’éoliennes.

Paisible ? voire ! Tout le monde n’est pas de cet avis – prenez le boucher Bracke par exemple = lui les éoliennes l’empêchent de dormir et le mal-être qui va s’installer en lui aura des conséquences désastreuses – un peu comme un effet papillon, mais en nettement plus trash.
Ce n’est pas qu’il ne comprenne pas que ces éoliennes pourraient amener quelques touristes, donc des sous, mais pas au détriment de son sommeil !
Son épouse Claire se demande ce qui se passe et pourquoi son mari a l’air d’un halluciné ; après tout, c’est elle qui abuse un peu de la dive bouteille.
Leur fils de 17 ans est amoureux d’une fille de la ville, un vrai fantasme qui lui donne quelques pulsions sexuelles ; il décide de profiter des vacances scolaires pour faire à vélo l’aller-retour vers la ville, dans l’espoir que l’objet de ses désirs passe « par hasard ».
Wesley (Wes pour les amis) a aussi décidé de devenir végétarien, pour plaire à sa belle (qui ne l’est pas encore !).
Un fils de boucher végétarien … si son père ne l’avait pas déjà perdu, ce serait quelque chose à vous faire perdre le sommeil.

Par contre le facteur De Gryse est enchanté, pour lui ces éoliennes sont une victoire quasi personnelle, ayant insisté pour que le collège communal les fasse installer.
Son épouse Magda est une femme légèrement acariâtre – enfin, quand je dis légèrement, je suis gentille, est une envieuse qui n’arrête pas de se comparer aux autres femmes dans le village et considère qu’elle est mieux qu’elles, mais mal mariée.

Le vétérinaire  Lietaer, marié à la belle Catherine, apprécie son jardin et sa collection d’armes. C’est un homme qui adore la chasse ! pour un vétérinaire, ça n’est pas très glorieux, aussi soigne-t-il sans trop y croire les chiens-chiens à leur mémère et les chats des autres, pour se dédouaner de son horrible passe-temps favori. Horrible pour les autres, lui il aime !
Dans son jardin, il tire allègrement sur les canettes – pendant que son épouse se console dans les bras d’un autre. Le vétérinaire n'est pas non plus enchanté par les éoliennes qui "abîment" son jardin avec leur ombre.

Il y a encore un infect bonhomme, le pharmacien, qui déteste ce que son métier est devenu = vendre des crèmes solaires, des médicaments tout prêts alors que lui, ce qu’il aime, ce sont les préparations.
Ce qu’il déteste encore plus,  c’est le petit chien de la jeune Saskia Maes – elle vient de s’installer dans le village, dans l’un des logements sociaux – la honte du patelin. Elle habite l’appartement en dessous du sympathique Bienvenue, un noir qui focalise toute la rage de Blaashoek sur lui – mais comme il est balèze, c’est dans son dos qu’on le critique.

A propos de  Saskia, elle est une pauvre petite bonne femme tremblant de peur à l’idée que son abominable grand-père, le fermier Maes, la retrouve.  
Non seulement son grand-père l’exploitait à la ferme, où elle était corvéable à merci, mais de plus, il conservait pour lui les allocations de chômage auxquelles elle avait droit. Un jour elle à fui, espérant une vie meilleure, mais tremblant sans arrêt que son grand-père ne la retrouve.
L’homme raisonne comme au 19ème siècle = les femmes ne sont bonnes qu’à servir leur maître, un point c’est tout. Toutes autres ne sont que des salopes.

Jour après jour la tension monte dans Blaashoek – tout ce microcosme du monde va se retrouver englué dans  des mésaventures qui vont aller de mal en pis. Même la presse va s’en mêler, et celle-là, nous savons tous de quoi elle est capable, après un coup de fil anonyme.

Mon avis = un thriller oui sans doute, mais surtout une histoire noire, très noire, un joli petit morceau d’humour  belge, parfois un peu trash.
Un intéressante étude de caractère – ce que les anglo-saxons nomment une « comédie de mœurs », quoique l’expression anglaise soit nettement plus appropriée = « comedy of manners ». Il ne faut pas non plus oublier que le terme « comédie » n’indique pas nécessairement une histoire à se tordre de rire.

Cela aurait pu  s’appeler « une semaine dans la vie de Blaashoek » - village fictif bien évidemment.
Ma première pensée a été pour Jacques Brel et sa chanson "Ces Gens-Là", car on n'en est pas loin avec cette lecture.

Encore l’un de ces endroits où chacun s’épie, où les femmes soit harcèlent leur mari à propos de leur condition sociale, soit sont indifférentes et cherchent la consolation dans d’autres bras.
Je me suis surprise à glousser à différents moments du roman, quoique l’histoire ne prête pas vraiment à rire – je frémis à l’idée de vivre dans un tel endroit.

Les personnages n’inclinent pas non plus à l’indulgence, il n’y en a pas un pour rattraper les autres – sauf peut-être la belle Catherine, qui a un bon fond, la jeune Saskia qui fait pitié et l’agent de police et son adjointe qui tentent de calmer le jeu.

AVT_Bram-Dehouck_7656

Bram Dehouck est un écrivain belge, néerlandophone, publié tant en Allemagne qu’en Angleterre – il a obtenu de nombreux prix pour ses romans noirs, très noirs. « Een zomer zonder slaap » est son 2ème roman mais  le premier à être traduit en langue française.  Il vit à Courtrai (Kortrijk) en Flandre occidentale.

L’avis de violette-doucettement qui m’a donné envie de lire ce roman.

Syndrome-de-l-eolienne-un-risque-sanitaire-sous-estime_width1024

04 août 2019

LESS THAN ANGELS, de Barbara Pym

pym2

Titre français = Moins que les anges

Tom Mallow, jeune anthropologue en Afrique,  est attendu avec impatience par ses amis Max et Digby, mais surtout par sa compagne Catherine Olyphant.
Réinstallé chez Catherine, la  co-habitation est un peu moins agréable que dans son souvenir à lui, il est vrai que Catherine est une jeune romancière – pas très bonne selon Tom – et aime bien donner un avis parfois sarcastique à propos de tout et de rien.
Tom doit écrire une thèse finale sur son travail en Afrique.
Pour cela il se rend régulièrement à la bibliothèque, où règne en maîtresse Miss Clovis. C’est là que Tom aperçoit à nouveau Deirdre Swan, une timide jeune fille, étudiante en anthropologie, remarquée lors d’une drink à la faculté.
Deirdre éprouve un immense coup de foudre pour le jeune homme, qui est assez blasé par ces engouements qu’il détecte immédiatement.
Pourtant Deirdre a quelque chose de rafraichissant et du coup sa relation avec Catherine tourne quelque peu au vinaigre.

Catherine n’est pas dupe, elle les a remarqués se tenant la main, les yeux de Deirdre brillants d’adoration,  dans un restaurant grec où elle achète parfois du fin, où elle déjeune aussi lorsqu’elle n’a pas envie de cuisiner – et que Tom connaît bien aussi.
Le nouveau couple ne l’avait pas remarquée.  

Catherine est une gentille jeune femme, elle n’a nullement l’intention d’empêcher  Tom de vivre sa vie, la séparation de ces 2 ans en Afrique ayant sans doute atténué la chaleur de leur relation. 
Il ne reste donc à Tom qu’à emménager chez Mark Penfold et Digby Fox, leurs copains, qui sont désolés pour Catherine. Deirdre se sent un peu coupable aussi, mais lorsqu’elle réalise que miss Olyphant n’a pas pour le travail de  Tom l’admiration qu’il mérite, ses scrupules s’envolent.

Comme tout ce petit monde est très bien élevé, les mère et tante de Deirdre invitent Catherine à prendre le thé, puisqu’il n’y a aucune animosité parmi ces jeunes gens. C’est au cours de ce thé au jardin que Catherine remarque – et est remarquée – par l’anthropologue Alaric Lydgate,  dont la conscience se débat à propos de tous les notes qu’il conserve au grenier afin d’écrire une thèse, qui n’est jamais venue. 
Catherine aura une idée géniale à ce propos lors de la nuit de célébration de Guy Fawkes.
De leur côté Mark et Digby, ainsi que deux collègues étudiantes en anthropologie, espèrent obtenir une subvention pour les recherches sur le terrain et ne sont que trop contents d’être invités chez un professeur et miss Clovis bibliothécaire et secrétaire de la société d’anthropologie – où hélas une désagréable surprise les attend. 

Et tout le monde regarde partir, les larmes aux yeux et les sanglots dans la voix, Tom Mallow qui repart pour l’Afrique – où la vie est nettement moins compliquée.  Au bout de ce chemin toutefois une autre surprise les attend.

Mon avis = en-chan-tée ! je suis ravie d’avoir retrouvé Barbara Pym et sa plume pleine d’ironie gentille, mais malgré tout légèrement sarcastique.

On a dit de ce roman-ci qu’il est le plus autobiographique concernant l’auteure qui a été  l'assistante de nombreux anthropologues et il a toujours été dit que les vues de Catherine Olyphant étaient celles de miss Pym après avoir fréquenté des anthropologues pendant de longues années. 

J’ai trouvé tous les personnages charmants, surtout Catherine Olyphant qui est réellement une personne gentille, qui préfère ravaler son chagrin que d’empêcher son compagnon de vivre un nouvel amour.
Comme Barbara Pym, Catherine Olyphant écrit des nouvelles courtes, mettant en scène ce qu’elle rencontre dans la vie quotidienne. Elle est aussi très amatrice de poésie victorienne qu’elle cite régulièrement, ce qui irrite Tom.

Leurs copains Mark et Digby sont aussi sympathiques, avec une préférence de ma part  pour Digby, qui a aussi très bon cœur comme Catherine. Mark est plus ironique, moins aimable dans ses commentaires en général. Il est aussi celui qui désire autre chose qu’une vie difficile dans le bush.
Le personnage de Deirdre est assez naïf, sa timidité la rend un peu godiche, mais elle finit par se lier d’amitié avec Catherine, très attachante et affectueuse,  prête à consoler lorsque Tom s’en va.

Tom Mallow est probablement le personnage pour lequel j’ai le moins de sympathie – son attitude à l’égard des femmes est blasée, leur « adulation » lui paraît un peu « trop », mais c’est un hypocrite car il adore en fait être adulé par la gent féminine.
Il conserve d’ailleurs – comme en suspens – son premier amour Elaine, qui vit dans une propriété voisine de ses parents dans le nord de l’Angleterre.
Tom est un fat finalement, plutôt autocentré.

Quant à l’époque, il est évident, qu’après les deux guerres mondiales,  nous sommes encore dans un monde où l’Angleterre est omniprésente, entre autres sur le territoire africain, avec tout le mépris ou la condescendance qu’ils réservent aux indigènes.

Ceci est le deuxième Barbara Pym que je lis, mais ce ne sera pas le dernier. Son observation du milieu académique est parfaite.

29 juillet 2019

DERRIERE LA HAINE & APRES LA FIN, de Barbara Abel

CVT_Derriere-la-haine_1300

DERRIERE LA HAINE

Dix années d’amitié terminées en un seul instant. Définitivement.

2 familles amies, très liées, l’amitié renforcée par l’amitié de leurs enfants, tous deux âgés de 6 ans. Liés comme des jeunes frères. Seulement voilà, la vie ne permet pas toujours au bonheur de rester installé – le petit Maxime, le fils de Tiphaine et Sylvain, dans un moment de fièvre s’est trop penché et est tombé de la fenêtre. Sous les yeux horrifiés de Laetitia, prenant un moment de repos dans le jardin.
Bien qu’elle ait tenté de conseiller à l’enfant de ne pas plus se pencher, Maxime dans sa fièvre ne l’a pas écoutée.
Elle a couru aussi vite que possible vers la maison voisine, mais elle est arrivée trop tard pour prévenir Tiphaine.

Les deux couples,  tellement liés, se battent froid à présent. Tiphaine dans son chagrin n’a pas hésité à reprocher à Laetitia de ne pas avoir sauté par-dessus la haie pour sauver son fils. Un peu plus tard (trop tard ?) Tiphaine et Sylvain sont venus s’excuser et demander que le fil de leur amitié ne soit pas définitivement rompu.
Laetitia et son mari David ne demandaient pas mieux bien sûr, néanmoins peu à peu, Laetitia développe une véritable paranoïa à l’égard de Tiphaine – divers incidents mineurs lui font penser que Tiphaine veut tuer leur petit Milo, ne supportant pas que lui soit en vie alors que Maxime ne fêtera plus jamais un seul anniversaire.

La paranoïa de Laetitia frise l’hystérie et même son mari David commence à en avoir assez – leur couple bat de l’aile, leur petit Milo ne va pas bien. Il faudrait que cela cesse.
Surtout, David ne comprend pas la haine développée par Laetitia à l’égard de Tiphaine qu’elle considérait comme une sœur, Laetitia semble oublier que son amie  souffre toujours de la perte de son enfant.

Mon avis = positif – beaucoup de chapitres, très courts, donnant un rythme qui accentue le suspense, même si j’ai trouvé l’écriture un peu simpliste (sans doute deviens-je difficile à l’égard de la littérature francophone =^-^=).

Hystérie, haine, angoisse, ce thriller est très noir jusqu’à une conclusion plus noire encore. Le suspense est total jusque dans les derniers chapitres – un complot bien ourdi, mais par qui ?
J’ai lu ce premier tome de la vie du petit « Milo » en quasi un jour.
Je vais dès à présent lire la suite de cette histoire lugubre à souhait et qui s’intitule de manière indiscutable « Après la fin ».

Ce roman-ci  a inspiré le film « Duelles » du réalisateur belge Olivier  Masset-Depasse, qui a relativement bien adapté ce roman et porté par deux excellentes actrices belges.
Le metteur en scène a préféré se focaliser sur le premier volet du diptyque des Geniot-Brunelles, et en a fait une adaptation pas totalement fidèle mais tout aussi angoissante que le roman. 

413-bkoxv3L

APRES LA FIN

Comment vivre lorsque les remords vous dévorent ? c’est ce qu’expériencent Sylvain et Tiphaine Geniot, devenus les tuteurs légaux du jeune Milo Brunelle, après le décès de ses parents par suicide – du moins aux yeux de la loi.
Mais les Geniot connaissent bien mieux l’histoire des deux couples que le voisinage ne se l’imagine. Dans cette banlieue classique, les langues ont été bon train, puis se sont calmées. Au bout de  7 années, forcément !

Milo a quinze ans désormais et est réellement l’ado typique = taciturne, perturbé, peu respectueux, ayant très peu d’amis, travaillant mal à l’école. Et surtout, après avoir été confié à ce couple qui l’aimait beaucoup, au lieu de rester l’enfant attachant et attaché à eux qu’il était, il s’est totalement replié sur lui-même.
La  pédopsychiatre qui le suivait déjà au temps où le petit Maxime Geniot est mort se rend compte qu’il ne souhaite même plus répondre à ses questions, il reste cloîtré dans sa raideur et son mutisme. Finies les séances de thérapie familiale donc.
Ce que personne n’a compris est que Milo se sent responsable de la mort de tous ceux qu’il aime ou a aimé = ses parents d’abord, mais aussi son parrain, bougon mais si gentil avec lui. Si en plus il s’attache à la pédopsychiatre, elle va mourir aussi, c’est certain, tout comme sa marraine Tiphaine et Sylvain.
Mieux vaut donc n’aimer personne, cela leur sauve la vie.

Non seulement les relations avec Milo se sont délitées, mais l’amour de Tiphaine et Sylvain n’a pas non plus résisté au lourd secret qui les réunit. Ils vivent désormais côte à côte sans attachement réel.

Lorsque s’installe dans leur ancienne maison (contigüe à celle qu’ils occupent) Nora, séparée de son mari avocat, et ses deux enfants (Inès 13 ans, Nassim 7 ans), la vie de Tiphaine est à nouveau  bouleversée et cela réveille chez elle des angoisses proches de l’hystérie.
Jusqu’à ce qu’elle finisse par devenir une bonne copine pour la jeune femme seule ayant la garde alternée de ses enfants.

Sylvain s’attache peu à peu à Nora, chaleureuse, sereine, nettement moins perturbée que son épouse. Quant à Inès, la jolie adolescente, elle est intriguée par ce Milo qui préfère la fuir plutôt que lui courir après comme les autres ados.

Ce que tout le monde ignore est que le futur ex-mari de Nora accepte très mal cette séparation et commence à fouiner un peu car la situation des deux maisons lui rappelle un homme qu’il a défendu 7 années auparavant – un certain David Brunelle qui clama haut et fort son innocence dans la mort criminelle du parrain de Milo. D’ailleurs le manque total de preuve fit que l’homme fut relâché le lendemain, et le surlendemain il se pendait. Depuis les Geniot sont devenus les tuteurs de l’enfant. La vie a repris son cours, mais après de tels événements, la vie ne reprend jamais un cours normal. Et l’avocat a décidé de gratter un peu cette façade de respectabilité. Il y a des gens qui feraient mieux de se mêler de leurs affaires.

Mon avis = un bon thriller psychologique également, comme le premier volet de ce diptyque, peut-être un petit peu moins angoissant, quoique l’angoisse et le remords qui rongent Tiphaine alourdissent considérablement l’atmosphère.
La tension monte plus lentement.
Ce qui en rajoute un peu à la longueur de l’histoire et c’est un fait que j’ai trouvé ce thriller-ci légèrement trop long. Et quelque peu grand-guignolesque.

Peut-être est ce parce que j’ai lu les deux romans coup sur coup, mais j’étais intriguée à savoir effectivement comment l’auteure Barbara Abel allait faire se poursuivre la vie après les événements dramatiques du premier volet des vies tourmentées des familles  Geniot et Brunelle.

Les deux romans me confirment une chose = ne vous liez pas trop avec les gens, qu’ils fussent vos voisins ou autres.
Et évitez de vivre dans des petites agglomérations ou des banlieues où tout le monde vous épie, n’ayant sans doute rien de mieux à faire.

téléchargement (3)

BARBARA ABEL est née à Bruxelles en 1969 ; à 15 ans elle a suivi des cours de théâtre à l’académie d’Etterbeek (périphérie bruxelloise). Elle s’est ensuite dirigée par l’université libre de Bruxelles (ULB) où elle a obtenu une licence en philologie romane.
Elle est ensuite montée à Paris, elle a été pendant quelque temps comédienne.
A 23 ans la pièce de théâtre qu’elle a écrite a été montée au Festival de Spa et a remporté un franc succès sur les scènes bruxelloises.
Elle s’est alors lancée dans l’écriture ; après différents textes publiés dans diverses revues, elle a écrit son premier roman policier.

Ses romans remplis de suspense évoquent presque toujours des situations familiales étouffantes, où le germe de la folie n’est jamais très loin.

26 juillet 2019

LE DERNIER PHARAON

autour-de-blake-mortimer-tome-11-dernier-pharaon-le

69055cb9f627f17ba646601f3654e731-1559108645

Dessiné par François Schuiten – Scénario du même François Schuiten en étroite collaboration avec le cinéaste belge Jaco van Dormael et le romancier (belge aussi) Thomas Gunzig – le graphiste Laurent Durieux est le coloriste de l’album

Une aventure de Blake & Mortimer – 3ème volet du Mystère de la Grande Pyramide (tome 11 des aventures de Blake & Mortimer )

Petit avant-propos =
« La Grande Pyramide » a toujours été l’une des aventures de Blake & Mortimer que j’ai préférée,  bien que je reconnaisse avoir aimé tous les romans graphiques de la première heure – juste avant « les 3 formules du professeur Sato » , celui-ci fut d’ailleurs terminé  13 années plus tard, selon les notes laissées par Edgar Jacobs pour le découpage, par Bob De Moor et Geert de Sutter –
E.P. Jacobs étant alors décédé, d’autres ont pris la relève, mais je n’ai pas tellement accroché.
Sauf à l’enquête littéraire qu’était « Le testament de William S. »

Heureusement, à la différence d’Hergé qui ne voulait pas que d’autres s’octroient la paternité de Tintin, Edgar P. Jacobs a eu l’élégance d’accepter  que l’on prenne la relève, et bien des dessinateurs et scénaristes talentueux ont poursuivi les enquêtes de l’archéologue et du membre du MI5 (MI6 actuellement).
Tous ont eu envie de continuer la manière de dessiner – copier selon certains – le style du maître. Cela fait l’objet d’une certaine polémique = on ne peut imiter les grands artistes, donc toute copie est décevante (il y en a qui ont même dit « nulle » ) – la critique,  à l’égard de ceux qui prirent la relève,  est de ne pas avoir compris que la bande dessinée est un genre artistique qui évolue. D’ailleurs ces mêmes critiques citent l’exemple de « Spirou » qui a bien évolué selon eux.

C’est, toujours selon d'autres critiques, le charme de ce « Dernier Pharaon » repris par François Schuiten pour les dessins et scénario en partie, aux côtés de Jaco van Dormael le cinéaste et Thomas Gunzig le romancier.

Je ne vais pas aller jusqu’à dire que cet épisode est le meilleur, même si j’ai vraiment beaucoup apprécié cette histoire post-apocalyptique, où un Philip Mortimer  désormais à la retraite, vieillissant et  est réduit à promener son chien,  ayant aussi perdu le contact avec Francis Blake.

L’histoire à présent =
Une suite donc  à « la Grande Pyramide », l’histoire commençant en Egypte, où nos amis n’ont plus aucun souvenir de ce qui leur est arrivé.
Le temps a passé, Philip Mortimer est retraité, Francis Blake est à Londres, au siège du MI6 (ex MI5).

Mortimer se rend régulièrement au palais de justice de Bruxelles où un ami a découvert des rayonnements électro-magnétiques auxquels il ne comprend rien ; les deux hommes se rendent dans les sous-sols et sont bloqués par un mur comportant des hiéroglyphes égyptiens. Henri creuse une ouverture sans écouter les avertissements de Philip Mortimer et le passage s’effondre, seul Mortimer arrive à s’échapper.
Tout le palais de justice est soudain enveloppé d’une étrange lumière verte provoquant accidents et cauchemars, plus aucun appareil électronique ne fonctionne ; on évacue Bruxelles et une cage de Faraday géante est construite. Bruxelles est condamnée.

Francis Blake, désormais colonel, prévient Mortimer qui est à Londres, on va lancer des missiles nucléaires sur Bruxelles pour résoudre le problème (typique réaction des militaires !!!).
Pour éviter une catastrophe à l’échelle mondiale, Blake demande à Mortimer de retourner à Bruxelles ; des chiens attaquent Mortimer qui est sauvé par des enfants ; une communauté s’est établie dans la ville.
Il retrouve son ami vivant qui le guide vers une pyramide inversée jamais achevée. Mais seul le dernier pharaon aura le droit d’activer le mécanisme de la pyramide. Il menace même Mortimer, heureusement une des altermondialistes vivant dans le Bruxelles « sauvage » secourt l’archéologue retraité.
Lisa lui explique alors qui elle est en réalité.
Tout cela ne nous dit toujours pas qui est ce « Dernier Pharaon » dont dépend la sauvegarde de l’univers. Il y a urgence pourtant.
D’autant plus que le colonel Blake, à Londres, n’est pas arrivé à arrêter le lancement des missiles.

Mon avis = comme dit plus haut, j’ai toujours été une grande amatrice des aventures de Blake & Mortimer – j’avais un faible pour Mortimer qui est archéologue et se lance souvent dans des aventures, dont Blake parvient à l’en sortir parfois.

François Schuiten, dont j’admire la série « les Cités Obscures » - son épisode « Brüsel » a d’ailleurs donné son nom à l’une des plus célèbres librairies de bandes dessinées de Bruxelles (ici).
Il aime Bruxelles, mais a une véritable fascination pour le Palais de Justice, cette monstruosité de Joseph Poelaert, désormais  toujours couverte  d’échafaudages  qui domine les Marolles. Il a une fascination en général pour l’architecture et cela se retrouve dans tous ses albums.

Je me suis donc laissée porter par l’histoire, car j’aime les romans post-apocalyptiques, je n’ai donc pas été déçue de ce côté-là.  Elle  est réellement bien imaginée et j’ai marché de bout en bout. C’est de plus une superbe balade dans un Bruxelles qu’on ne rencontre forcément pas tous les jours, puisque rendu à la vie sauvage, les voitures s’amoncelant dans les rues, la faune s’y aventure à nouveau sans risque, des jeunes ont appris à survivre.

Ce roman graphique est un bel hommage à Edgar P. Jacobs – j’ai cependant un bémol concernant les dessins = oui je suis un peu passéiste à ce sujet, je suis une grande amatrice de la célèbre ligne claire et François Schuiten l’avoue = cette technique ne lui est pas familière, aussi a-t-il choisi le dessin tramé, et les planches sont fort belles aussi, ne vous méprenez surtout pas à propos de mon bémol.
J’ai regretté au niveau du scénario qu’il n’y ait pas beaucoup d’humour, mais bon c’est une histoire de post-apocalypse, cela ne suscite peut-être pas la franche rigolade.
La mise en couleur, par contre, m’a énormément plu ; elle véhicule bien le côté science-fiction du roman graphique.

Défilent sous nos yeux = le palais de justice, en grande vedette, la basilique de Koekelberg, la Grand-Place.

Un autre billet sur ce sujet chez tania-textes&prétextes, ainsi que sur le palais de justice (ici)

1-739x1024

THE SENTENCE IS DEATH, d'Anthony Horowitz

41rc09nWceL

2ème enquête du privé Daniel Hawthorne en compagnie du romancier Anthony Horowitz

L’écrivain Anthony Horowitz se débat avec la série télévisée « Foyle’s War », dont la productrice (son épouse) et le metteur en scène souhaitent des amendements à son scénario. Il est à peine arrivé (en retard) sur le tournage qu’un taxi, qui n’a absolument aucun rapport avec le tournage, fait son apparition et en descend celui auquel il ne s’attendait guère, le privé Daniel Hawthorne.
Toujours aussi désinvolte, ce dernier ne tient aucunement compte de ce qui se produit, de la scène gâchée par sa présence, et embarque Horowitz dans une nouvelle enquête.
Horowitz tente, en vain, de lui faire comprendre qu’il a d’autres priorités, c’est parfaitement inutile, c’est ce que décide Hawthorne qui est important.

Il s’agit de découvrir qui a assassiné le brillant avocat des divorces Richard Pryce – il a été tué avec une bouteille d’un très grand crû, pas moins de 2000£ la bouteille ! au mur, une inscription  peinte = 182.
Un indice qui envoie les enquêteurs sur la piste d’une femme ayant perdu son divorce face à un homme très riche, ravi de s’en être tiré à bon compte – la bouteille était un geste de reconnaissance de l’homme d’affaires.
Son ex-épouse nie bien sûr, pourtant elle a été entendue menacer l’avocat dans un restaurant – elle lui a même versé le contenu du verre de vin sur la tête et hurlé qu’elle regrettait que ce ne fût une bouteille entière.
Pour les flics sur place,  le crime est donc signé – Hawthorne pense différemment.

Du coup, dès qu’il retourne chez lui, Anthony Horowitz est littéralement agressé et menacé par la détective chargée de l’enquête = s’il ne lui dévoile pas les indices que découvre Hawthorne, elle lui rendra la vie impossible, il le regrettera amèrement.
Et s’il ose parler de ce qu’elle vient de lui dire à Hawthorne, il le regrettera encore plus.
Une première preuve de ce que cette pitbull est capable, le tournage dans Londres n’a plus d’autorisation à poursuivre.

A l’ouverture du testament du décédé, les enquêteurs apprennent qu’il a légué la quasi-entièreté de sa fortune à son mari – qui a des petites aventures de son côté, notamment avec le secrétaire de sa galerie d’art. Un suspect de plus.
L'homophobie et le racisme d'Hawthorne sont au mieux. 

Le reste, une importante somme d’argent est léguée à Davinia Richardson, une décoratrice d’intérieur et épouse d’un ami mort six ans auparavant, que Pryce tentait d’aider professionnellement ; il s’occupait aussi de son filleul, fils de la dame, lui témoignant une affection toute paternelle.
Même si elle n’a pas le profil d’une meurtrière – elle est distraite, geignarde et très imbibée dès le matin – elle passe aussi au rang de suspecte.

Pour Hawthorne, il y a encore un suspect supplémentaire = l’homme d’affaires richissime qui a gagné son divorce – Pryce semblait avoir découvert quelque chose à son sujet qui aurait pu faire ressortir le dossier, peut-être au désavantage du client.

Un petit paragraphe dans un journal londonien envoie Hawthorne et Horowitz dans le Yorkshire ; l’homme mort dans le métro s’est il suicidé ? a-t-il été poussé ou était ce un simple accident ? en tout cas, il s’agissait d’un ami de l’avocat assassiné et comme par hasard il était à Londres le jour du crime.
Leur histoire d'amitié remonte à très longtemps, depuis l’université ; ils pratiquaient la spéléologie ensemble et c’est dans un accident de spéléo que l’époux de Davinia Richardson a trouvé la mort.

Mon avis = pas mal comme intrigue, mais je suis un peu moins enthousiaste que lors du premier roman « the Word is Murder » - peut-être parce que l’effet de nouveauté a  disparu – ce mélange des genres qui m’avait fort amusée lors du premier roman, a un peu perdu de sa nouveauté justement et j’ai trouvé un peu redondant que le personnage du  privé Daniel Hawthorne soit pareil à lui-même = homophobe, raciste, ne tenant aucun compte de l’opinion d’Horowitz.
Celui m’a un peu agacée aussi avec sa façon de céder à chaque fois qu’il est rudoyé par l’homme qu’il est supposé assister et qui se fiche totalement de son opinion.

Difficile d’avoir de la sympathie pour le personnage d’Hawthorne et cela tempère un peu le plaisir de lire. Les policiers ne sont pas non plus sympathiques, mais ça, ça m’est égal, cependant la détective chargée de l’enquête et son adjoint sont de  vraies  caricatures, n’hésitant pas à compromettre l’écrivain, à le harceler et l’insulter.  Bref tout le monde méprise tout le monde.

Ce qui m’a vraiment plu est que j’aie découvert la personne coupable avant absolument tout le monde – l’écrivain se trompe, mais le privé découvre la vérité, seulement j’ai mis le doigt sur la personne coupable dès son apparition dans l’histoire, c’était servi sur un plateau, croyez-moi.

D’après certaines discussions entre les personnages principaux, Anthony Horowitz aurait signé un contrat pour 3 polars dans la série « Daniel Hawthorne », mais vu la manière dont il est traité, n’a pas envie de se lancer dans une 3ème aventure – Hawthorne est un homme pour qui le mot « non » n’a aucune signification, nous verrons donc s’il parvient à harceler Horowitz pour un 3ème opus.

Malheureusement, on n’en apprend toujours pas plus sur le compte d’Hawthorne, sauf ce que l’on sait = il fabrique des modèles réduits d’avions et il a perdu son job à Scotland Yard pour avoir poussé un pédophile dans les escaliers – un regrettable accident, ça peut arriver quand les gens ne regardent pas où ils marchent – l’homme était menotté – oui et alors ?

Ce qui m’a un peu manqué, ou alors je ne l’ai pas compris (ce qui est fort possible =^-^=) est le fait que ce soit caustique – c’était plus évident dans le 1er roman – le style « tongue-in-cheek » me plait toujours énormément, je ne l’ai pas totalement retrouvé ici.

4797960_1

24 juillet 2019

DRACULA, de Bill Eagles

912lbEg5DWL

MV5BNjViZTI1ZmItYjRhYS00ZDZlLTk5NTMtYmYzYjRiODBkMmNhXkEyXkFqcGdeQXVyMTEwNzg4NA@@

60711036_p

Version BBC – 2006

Scénario de Stewart Harcourt, d’après le roman de Bram  Stoker

Alors que la belle Lucy Westenra vient d’accepter de l’épouser, lord Arthur Holmwood apprend qu’il a été contaminé à la naissance par la syphilis transmise par sa mère décédée, elle-même contaminée par le père.
Celui meurt  et Arthur hérite de tout. Il souhaite reporter le mariage sans en donner la raison, ce que refuse Lucy.
Il accepte donc le mariage comme prévu en été, et cherche une solution à son problème.
Il pense la trouver grâce à la communauté chapeautée par un certain Singleton qui lui explique qu’ils ont un maître tout puissant qui a hâte de venir en Angleterre et qui pourrait l’aider.
Il ignore évidemment qu’il s’agit d’un vampire et du coup, Arthur met tout en œuvre pour que le comte puisse venir en Angleterre, passant par le domaine de Whitby dans le Yorkshire. 

téléchargement

La négociation a été confiée au jeune notaire Jonathan Harker, fiancé à Mina Murray, la meilleure amie de Lucy.  Lord Holmwood ne réalise pas qu’il a envoyé le jeune homme à la mort.
Arthur est un jeune homme parfois très arrogant, ce qui hélas le perdra. Sa tendre Lucy ne le reconnaît pas et ne comprend pas qu’il ne veuille pas consommer leur mariage.  Il devient même distant et désagréable.

maxresdefault1

Lorsque Mina Murray réalise qu’elle ne reverra plus jamais Jonathan, elle explique à Dracula (sans savoir que c’est à cause de lui que Jonathan est mort) qu’elle perd le goût de vivre. Ça tombe bien, il a le remède, il est le remède. A ce moment là arrive Lucy, lady Holmwood  qui invite le comte à dîner avec elles deux. 

marc_warren_470x352

Arrivent  lord Holmwood  et Singleton, Arthur est furieux et menace Dracula de le dénoncer aux autorités. Pendant la nuit, Dracula possède Lucy dans son sommeil  et la mord, la transformant en vampire.
John Seward, inquiet de tout le sang perdu, veut l’emmener à l’hôpital mais Arthur le menace de son arme et exige qu’il fasse la transfusion dont elle a besoin.
Malgré la transfusion Lucy est morte, du moins pour le monde des humains, mais pas pour les vampires.

Singleton est le maître des cérémonies d’une secte d’adorateurs de Dracula.  Il se suicide sous le regard puissant de celui-ci qu’il a eu l’outrecuidance de menacer.
Le dr Seward, de son côté, persuadé que la mort de Lucy est un assassinat, commence une petite enquête.
Mina le lui déconseille, estimant que comme elle qui a perdu Jonathan, lui Seward doit accepter la mort de la jeune femme.
Dans la maison de Singleton, il tombe sur des cadavres  mais il y trouve aussi un homme retenu prisonnier, le docteur Van Helsing.
Qui confirme qu’il a d’abord été en Transylvanie, puis obligé de revenir en Angleterre pour prévenir la communauté de Singleton de l’arrivée du comte.
Protégé par la croix qu’il a au cou, il n’a pas été transformé mais il prévient qu’il est temps de mettre fin aux agissements de Dracula sinon toute l’Angleterre sera transformée.

John Seward confronte son ami Holmwood qui lui explique ce dont il souffre et que s’il a fait appel à cette communauté, c’est parce qu’on lui avait promis qu’il serait guéri de la syphilis.
C’est tout ce qu’il désirait afin de vivre normalement avec Lucy, sans la contaminer. Il comprend que le remède qu’il espérait est pire que le mal et il se rend à l’évidence, il faut arrêter Lucy, et surtout Dracula.

Le comte pendant ce temps poursuit Mina, qui en fait est le portrait de son épouse décédée. Pendant ce temps Van Helsing, Seward et Holmwood se rendent dans le caveau où est enterrée Lucy, qui leur apparaît comme vivante. Il faut la tuer d’un pieu au cœur. Puis Holmwood  se sacrifie pour que Dracula ne morde pas Mina.

Tout est bien qui fini bien – enfin presque – est-on certain que Dracula soit mort ?

Mon avis = une adaptation pas très fidèle au roman de Bram Stoker, mais qui m’a bien amusée, même s’il s’agit d’une version sérieuse, difficile d'encore être très original dans les adaptations – une autre version de Dracula, un peu moins effrayante que les films de la Hammer avec Christopher Lee – toutefois, les   noms des personnages sont respectés, même si leurs vies diffèrent du roman.
Ici l’accent est mis sur le jeune aristocrate Lord Arthur Holmwood et son ami le docteur John Seward.

Parmi les acteurs de ce téléfilm, on trouve David Suchet (oui LE David Suchet qui interpréta LE Poirot), mais aussi Marc Warren/Dracula, Tom Burke/John Seward,  Donald Sumpter/Singleton, qui eurent tous trois des rôles dans la série Poirot également.
Dan Stevens/Arthur Holmwood est celui qui fit battre tous les cœurs dans la série Downton Abbey.

david_suchet_352x470

Sophia Myles interprète Lucy Westenra, fiancée de Holmwood et son amie Mina, fiancée de Ralf Spall/Jonathan Harker, est jouée par Stephanie Leonidas.

eagles-dracula-4

Je reconnais qu’ils sont tous bons dans leurs rôles respectifs, surtout David Suchet en Van Helsing, un rôle assez court.
C’est assez surprenant aussi de voir Dan Stevens/Lord Holmwood jouer un rôle à la limite de l’antipathique, lui qui joue toujours les gentils.

J’ai trouvé qu’on parlait beaucoup de religion dans cette histoire, surtout Suchet/Van Helsing qui estime que seul dieu sauvera les malheureux, pour lui il faut avoir la foi. Avec lui on se retrouve dans l’éternel débat = science vs. religion.

Les décors et costumes sont assez bien choisis, il faut reconnaître que la BBC/Granada avait le don des mises en scène – la série Poirot en a attesté tout au long de sa diffusion. Le maquillage de Marc Warren est relativement impressionnant, mais pas autant que Christopher Lee quand il montre les dents.

Un petit moment sympathique, pour trembler pendant la canicule.

 moi qui pensais qu'elle avait décidé de ne plus regarder des films d'horreur
elle n'a peut-être pas eu peur, mais j'ai préféré ne pas prendre de risque

chats-cartons-boites-1

THE NATURE OF THE BEAST, de Louise Penny

louise penny

Titre français = la Nature de la Bête

11ème enquête d’Armand Gamache, ex inspecteur en chef de la Sûreté de Québec

Laurent Lepage, 9 ans,  adore affabuler – il ne se passe pas une journée sans qu’il  n’y ait des aliens ou des monstres prêts à attaquer Three Pines – longtemps les habitants du village s’y sont laissés prendre, mais lorsqu’un jour il revient tout excité clamant qu’il a vu un monstre énorme dans la forêt, avec des ailes et quelque chose d’encore plus monstrueux dessus, 
Armand Gamache et ses amis prenant un verre calmement dans le bistrot, s’en amusent.
Gamache qui aime bien le gamin décide de le ramener à ses parents, qui réagissent avec leur habituelle indulgence.

Evidemment personne n’a cru le jeune Laurent – le lendemain le gamin  n’est pas rentré de ses habituelles randonnées à vélo dans les alentours – une battue s’organise alors, au désespoir des parents, le petit garçon est retrouvé dans un fossé, à côté de son vélo dont il serait tombé et il en serait mort.

Armand Gamache, après les dramatiques événements passés, a décidé de prendre une retraite anticipée et malgré toutes les demandes de son ex-adjointe de revenir en qualité de Superintendent de la Sûreté, il préfère rester au calme de Three Pines, avec sa chère Reine-Marie, en pensant le moins possible à l’avenir. Il est surtout là pour se ressourcer, au milieu d’ami.e.s , avec les visites ponctuelles d’Annie et Jean-Guy Beauvoir.
Même si parmi les jeunes recrues de la police, certains le traitent de lâche. 
Seulement on n’a pas été un inspecteur en chef pendant de très longues années sans avoir des soupçons face à un corps, fût-il celui d’un enfant. Pour lui, la manière dont Laurent est situé à côté du vélo n’est pas dû à une chute – la position du corps n’est pas celle d’un enfant turbulent ayant roulé dans une ornière. 
Son ancien bras droit, Isabelle Lacoste accompagné de Jean-Guy Beauvoir est légèrement sceptique, mais finalement après avoir relevé d’autres indices, elle se rend aux arguments de Gamache.

Ce qu’ils découvrent dans les bois est effectivement monstrueux.  Ils y découvrent aussi le « sabre  spécial » de Laurent, avec lequel il défendait Three Pines et ses amis.
Preuve que l’enfant a été tué là et le corps déplacé où il fut trouvé.

Les enquêteurs s’adressent à un ancien professeur d’université pour en savoir un peu plus sur le dessin du monstre (la grande prostituée de l’apocalypse, ou en anglais « the whore of babylon »).
Peu après débarquent deux archivistes de l’agence d’espionnage du Canada, qui ne semblent pas très au fait de ce genre de situation, d’ailleurs ils insistent sur le fait qu’ils ne sont que des archivistes venus vérifier les faits. Pour les enquêteurs, ils insistent un peu trop sur le manque de responsabilité.

A côté du crime du jeune Lepage, Armand Gamache découvre que la pièce, que veulent interpréter une troupe de comédiens amateurs, a été écrite par un certain Fleming, un tueur en série, véritable monstre humain qui est enfermé à vie.
Lorsqu’il en parle à la metteur en scène, lui conseillant de ne pas produire cette pièce, celle-ci réagit violemment estimant qu’on n’a pas le droit de censurer qui ou quoi que ce soit, même si cela a été écrit par un criminel.
Loin est-elle de se douter qu’elle est la prochaine victime de l’assassin du petit Laurent. Car elle est liée, bien que de loin à cette machine de guerre horrible qui se trouve dans la forêt.

Dans cette enquête où personne ne semble être qui il ou elle est – même la poétesse folle Ruth Zardo est impliquée – les enquêteurs vont mettre beaucoup de temps avant de découvrir l’assassin qui se cache à Three Pines.

Mon avis = un palpitant polar mêlé d’un thriller d’espionnage, un petit peu trop long à mon gré toutefois, où comme je l’ai écrit, tout le monde a quelque chose à cacher, y compris Gamache – il y est beaucoup question de trafiquants d’armes, d’objecteurs de conscience – avec quelques « red herrings » pour envoyer les lecteurs/trices sur de fausses voies, je n’avais pas du tout deviné qui était la personne coupable, j’avais beaucoup de soupçons mais tous se sont avérés erronés.

J’ai admiré la manière dont Armand Gamache fait face à ses détracteurs à propos de sa retraite anticipée – se faire traiter de lâche n’est pas évident, mais il reste imperturbable, il connait sa vérité et cela lui suffit.

A part cela, j’ai été ravie de me retrouver à Three Pines avec ses habitants pleins d’humour, de gentillesse, prêts à s’entraider dans l’adversité.
Je suis par contre terriblement énervée par le personnage de la poétesse folle – pas si folle que ça d’ailleurs, qui s’impose partout, s’immisce sans scrupule dans la vie, voire les maisons, des autres. Si une telle personne existe dans la vraie vie, j’espère ne jamais la rencontrer, c’est moi qui me changerait en meurtrière.

A la fin du roman, Louise Penny confirme que certaines personnages dont elle parle dans cette histoire, ont réellement existé, le livre serait basé sur des faits passés de l’histoire, notamment celle de la guerre au Vietnam.

22 juillet 2019

MEURTRE AU CAFE DE L'ARBRE SEC, de Michèle Barrière

meurtre-arbre-sec

6ème récit de la saga Savoisy 

Quentin, jeune comédien du 21ème siècle sans grand succès, débarque à son grand étonnement dans le 14ème siècle. Inutile de dire que le moyen-âge ne le tente guère, mais là où il a échoué est la demeure de Constance Savoisy.
Lorsqu’il explique qui il est, ce qu’il fait et qu’il mentionne Priscille Savoisy, lointaine descendante de Constance, et un manuscrit pour lequel Priscille n’a pas hésité à tuer son directeur de thèse, Constance réalise qu’il s’agit du manuscrit écrit par son vieux mari Jehan.
Ce « Mesnagier de Paris » avait été écrit à la demande de la jeune femme afin qu’elle puisse connaître les règles de la société ainsi que les devoirs d’une femme à l’égard de son époux, le tout suivi par une belle série de recettes inventées par Messire Jehan.
Le document avait été donné au fils de Jehan et Constance, Jacques Savoisy cuisinier attitré du duc Amédée de Savoie.,
Il faut absolument le prévenir que le manuscrit doit rester dans la famille Savoisy et qu’il est en danger.

Seulement voilà, Jacques Savoisy vit au château de Ripaille, où le duc s’apprête à cuisiner un banquet en l’honneur du duc Philippe de Bourgogne, grand ami d’Amédée. De  plus, il vit au 15ème siècle !
Pas grave rétorque Constance à Quentin éberlué, nous irons à Ripaille. Le jeune homme tente de lui faire comprendre que cela risque d’être un choc pour le fils d’être plus âgé que sa mère, mais Constance est une jeune femme très déterminée.
Ce manuscrit appartient aux Savoisy, elle le veut, elle l’aura ; elle parvient à faire les yeux doux à Quentin jusqu’à ce qu’il cède à ses suppliques de voyager à travers les siècles avec elle.
Comme Quentin espère que la belle sera reconnaissante, donc dans son lit, il accepte.

La course au manuscrit Savoisy peut commencer.

Avec toutefois une ombre importante au tableau = la famille Delatraz – un Delatraz travaille aussi dans les cuisines du duc et jalouse violemment Jacques Savoisy à qui il rêve de voler le manuscrit afin de se faire un maximum d’argent.
Les Savoisy et les Delatraz vont se livrer à une lutte à mort à travers les siècles.
L’une de ces luttes va envoyer Quentin et Constance chez Voltaire au 18ème siècle, au café de l’Arbre Sec, chez Jean-François Savoisy, maître pâtissier, chocolatier et cafetier.
Constance et Quentin sauveront-ils le manuscrit des griffes des Delatraz, il a déjà fait couler beaucoup de sang. Et d’encre …

Mon avis = très positif – lorsque je stipule « Et d’encre… » c’est exactement cela, car l’auteure fait voyager ses 2 personnages principaux à travers les siècles ; pendant 400 ans, ils sauteront d’un chapitre à l’autre, à la poursuite d’un manuscrit fuyant. Avec à chaque fois un membre de la famille Delatraz sur leurs talons, récupérant le livre sans scrupules d’assassiner quelqu’un s’il le faut – car pour les Delatraz, le manuscrit leur appartient depuis qu’il fut volé à Ripaille – une sombre histoire de vengeance familiale.

Nos héros iront de Paris à Commercy, en passant par Liège (faisant alors partie des Pays-Bas espagnols)  – qui sera très dangereuse pour Quentin – et jusqu’au bord du lac Leman, dans la propriété de Voltaire, très amusé par la famille Savoisy et son histoire.
De siècle en siècle. Avec les dangers provoqués par les guerres de religion.

J’ai apprécié cette aventure insolite, cette course au trésor à travers le temps et l’espace, jusqu’à l’arrivée à Paris, chez Jean-François Savoisy, où les protagonistes principaux auront encore à affronter des dangers, bien que Quentin estimât que cette fois Constance ferait bien de ne pas intervenir.

Ce personnage de Constance Savoisy est à la fois touchant et exaspérant – touchant car elle est émue à chaque fois qu’elle croise l’un de ses descendants, mais exaspérant parce que fort manipulatrice, assez menteuse, n’hésitant pas à culpabiliser Quentin quand ce dernier veut retrouver le 21ème siècle.
Pourquoi veut-il retourner dans son siècle alors qu’il a promis de l’aider ! je dois reconnaître qu’elle m’a plutôt agacée, surtout avec ses manipulations. Quentin de son côté est un personnage qui semble surtout être intéressé à mettre Constance dans son lit, car elle est très mignonne bien qu’elle ait plusieurs siècles de plus que lui. Il est cependant « utile » dans les moments de grand danger.

J’ai aimé le personnage de Maïette, épouse de Jean-François Savoisy, intéressée par les écrits des Lumières, féministe avant l’heure, bien décidée à ne pas seulement être au service de son mari.
Quitte à mettre sa famille en danger, mais bon il faut bien qu’il y ait du suspense dans notre histoire.
Celle-ci est passionnante de bout en bout, toutefois il faut avoir lu certains livres de la série pour suivre le fil des pensées de l’auteure.
Entre cet épisode-ci de la saga Savoisy et les précédents que j’avais lus, il y avait 2 épisodes que je dois encore découvrir, heureusement ce ne fut pas aussi important que je le craignais de ne pas encore les avoir découverts.
Ce qui ne sautait tarder, car ces thrillers historiques et culinaires sont bien sympathiques à lire pendant la période estivale. De plus ils sont dans ma pal, que je tente de vider (on ne ricane pas).

Comme toujours, la romancière Michèle Barrière mêle, à chaque époque, des événements et personnages historiques avérés, auxquels elle mêle ses héros. Ici l’on rencontre Diderot, Voltaire entre autres.
Le roman est suivi de recettes du temps dans lequel vivent les personnages. 

Grand merci à maggie qui m'a gentiment envoyé ce livre.

330px-D'après_Maurice_Quentin_de_La_Tour,_Portrait_de_Voltaire,_détail_du_visage_(château_de_Ferney)

21 juillet 2019

PIETER BRUEGEL L'ANCIEN & LE STREET ART DANS LES MAROLLES

117222486_o

(chronique adaptée de la visite faite en compagnie de l’historienne d’art/guide Sarah Cordier)

Comme spécifié dans mon précédent billet, à l’occasion des 450 ans de la mort du peintre Pieter Brueghel l’ancien, le site « visitBrussels » en collaboration avec le collectif d’art urbain FARM PROD ont voulu rendre un bel hommage à l’artiste belge du 16ème siècle.

FARM PROD ont décidé de s’inspirer des toiles et gravures de l’artiste. Ce collectif rassemble une dizaine  d’artistes autour d’une passion commune = la peinture. Le noyau du collectif est composé d’artistes s’étant rencontrés durant leurs études artistiques à l’institut St-Luc de Tournai (Belgique) – section graphisme-illustration. 
Le collectif s’est mis en place et installé à Bruxelles en 2003. (Avec PROPAGANZA, ils sont les deux principaux collectifs d’art urbain.)

Les artistes sont influencés tant par l’art des rues que par l’art contemporain ; ils envisagent la création artistiques dans une évolution constante de thèmes et procédés.

Je vous propose ci-dessous les fresques que j’ai préférées  et que j’ai eu l’occasion de prendre en photo – je joins là où j’ai pu en trouver copie, l’original de Breughel qui a inspiré la fresque

La Danse de la mariée en plein air (Lazoo)

DSC01468 - Copie

1-copie-daprc3a8s-brueghel-lancien-danse-de-noces-en-plein-air-v-1566

Chasseurs dans la neige (Guillaume Desmarets)

DSC01470 - Copie

B1275

en 1565 Bruegel se lance dans la réalisation d'un cycle des saisons pour un marchand et collectionneur anversois - l'auteur de la fresque actuelle explique qu'il a été attiré par l'atmosphère surréaliste qui se dégage de la peinture, j'ai donc pris le parti de me concentrer sur les chasseurs et leurs chiens que j'ai remplacé par des rats, le tableau devenant des chasseurs de rats en réalité poursuivis par leurs proies - au lieu d'armes les hommes portent des potions magiques avec fumées roses - l'auteur de la fresque dit aussi avoir voulu exorciser les problèmes avec des rats dans son immeuble, dont il n'arrive pas à se débarrasser

DSC01470 - Copie - Copie

La Parabole du bon berger (oeuvre collective, à 6) 

DSC01472 - Copie

Brueghel-lancien-Bon-Pasteur-

petit clin d'oeil du collectif = un renard remplace la brebis égarée, car la fresque se trouve Rue des Renards

Autoportrait de Pieter Brueghel (Arno 2bal)

DSC01480 - Copie

DigitalCollectionThumbnailHandler (1)

le mur vertical se prêtait bien au portrait choisi par l'artiste urbain - le fond de l'oeuvre originale étant composée de lignes orizontales, par ailleurs Brueghel était fort amateur de jeux de mots et d'expressions populaires, l'artiste moderne a créé un abécédaire reprenant des mots et expressions locales des marolles - il y a un mot en lingala = Mbote, qui signifie "bonjour"

Fuite en Egypte (Piotr Szlachta)

DSC01481 - Copie

Pieter_Bruegel_der_Ältere_-_Landschaft_mit_der_Flucht_nach_Ägypten

l'artiste moderne a adapté à notre époque la légende de la fuite en Egypte, de Joseph-Marie-Jésus poursuivis par le soldats d"Herode
Szlachta  a choisi de représenter un couple tentant de passer une frontière européenne accueillante - à noter sur la fresque = le smartphone avec carotte (pour faire avancer l'âne) et un drapeau européen sur une borne de route

DSC01482 - Copie

L'âne à l'école (Alexis Corrand) 

DSC01487 - Copie

Brueghel

La Paresse (Nelson Dos Reis)

DSC01489 - Copie

Pieter_Bruegel_the_Elder-_The_Seven_Deadly_Sins_or_The_Seven_Vices_-_Sloth

l'artiste dit aimer les personnages fantastiques, aussi a-t-il isolé "la paresse" dans la gravure de Brueghel pour en faire un personnage unique

La Chute des anges rebelles (Fred Lebbe)
située rue de rollebeek (face à CBon CBelge =^-^=)

DSC01505 - Copie

1200px-Pieter_Bruegel_the_Elder_-_The_Fall_of_the_Rebel_Angels_-_Google_Art_Project

ce tableau de Bruegel est l'un des joyaux du musée des beaux-arts de bruxelles
st-michel y est peint avec sa cuirasse pour terrasser les ennemis du bien

DSC01505 - Copie - Copie

enfin, celle que je n'ai pas pu photographier car située dans la cour intérieure d'un établissement fermé pour cause de vacances, vue de la rue hélas elle est totalement de côté et derrière les portes grillagées (les fresques ont été peintes en juin, lorsque les bureaux administratifs étaient encore ouverts) - j'ai donc pris l'illustration sur le site du parcours street art/visitbrussels

La Tour de Babel (Kim Demane de Delicious Brains, Suède)

la-tour-de-babel-bruegel-800x572

fcf85a552316f0a333dec53dffffcab1-1506439818

UN SAMEDI FLANEUR DANS LES MAROLLES - 2

117222486_o

DSC01485

DSC01484 - Copie

DSC01486 - Copie

Vous connaissez tous LEONARD DE VINCI, en tout cas je l’espère pour vous – mais connaissez-vous le  LEONARD LE GENIE ?, celui qui est sorti de l’imagination et des crayons de BOB DE GROOT & TURK pour les dessins, mais qui est une excellente parodie du vrai.
Ce sont de véritables petits moments d’anthologie, bourrés d’humour, parfois noir, pleins d’anachronismes et d’excellents jeux de mots.
Il paraît que la bédé Léonard est née par accident – dans la bédé ROBIN DUBOIS des mêmes auteurs, Bob de Groot imagina un inventeur, Mathusalem, à chapeau mauve et longue barbe blanche. Le dessinateur GREG trouva l’idée intéressante pour un personnage principal.

LEONARD a un disciple, BASILE, prototype du souffre-douleur, exactement le contraire du « génie » = gaffeur, maladroit et il doit souvent « tester » les inventions totalement abracadabrantes de son maître.
Inventions qui, presque toujours,  foirent faut-il le préciser.

Dans le ménage de LEONARD, il y a MATHURINE, la  femme de ménage et cuisinière, qui apparaît au 12ème album – avec elle ça rigole pas, on fait ce qu’elle dit ou on paie les conséquences.
Le pire est lorsqu’elle vient de nettoyer et qu’une invention salit le tout.
Comme chez tout bon artiste qui se respecte, il y a un chat – celui de Léonard se nomme RAOUL CHATIGRE – au départ il était muet, mais peu à peu, au fil des albums,  il s’est mis à faire des réflexions sur le maître et son benêt de disciple – réflexion souvent désobligeante faut-il le préciser. Et est il nécessaire de préciser qu'il est mon préféré.
Il commente régulièrement l’histoire dans laquelle il figure, soit seul, soit avec BERNADETTE la souris grise – parfois aussi avec le crâne YORRICK.

Raoul-chatigre_image_player_432_324

 

La fresque est située sur le parcours BD bruxellois dans les Marolles, on y accède par la rue Haute.
LEONARD LE GENIE est montré peignant le célèbre palais de justice de Bruxelles – en principe il est possible de photographier une partie du « modèle » mais je n’ai pas trouvé le bon angle.

Le palais de justice, comme toujours, depuis un nombre incalculable d’années est recouvert d’échafaudages – je ne suis pas certaine qu’on le verra un jour sans cela =^-^=

31845330_p

20 juillet 2019

UN SAMEDI FLANEUR DANS LES MAROLLES

117222486_o

DigitalCollectionThumbnailHandler

(chronique adaptée des explications de l’historienne d’art et guide Sarah Cordier concernant la biographie du peintre Pieter Bruegel - mes photos illustrent le billet)

A l’occasion des 450 ans de la mort du peintre Pieter Bruegel l’ancien, le site « VisitBrussels » a demandé au collectif d’artistes d’art urbain FARM PROD de développer une série de fresques inspirées par les œuvres de Bruegel (billet sur les fresques à suivre
Je me contente ci-dessous d’un peu vous parler de Brueghel l’ancien.

A propos du quartier des Marolles = ce nom n’existait pas du temps du peintre – par contre la rue Haute où se trouve sa maison (ou supposée telle) est bien d’époque, elle était même l’épine dorsale du quartier – par contre, sa parallèle bien connue aussi dans le quartier, à savoir la rue Blaes, ne date pas du tout du 16ème siècle, mais a été percée au 19ème siècle.

Tout d’abord, il est possible que vous vous posiez la question concernant l’orthographe exacte du nom = en fait, tant qu’il ne fut considéré que comme artisan-dessinateur et graveur, le nom de Pieter Brueghel s’écrira BRUEGHEL – lorsqu’il obtint sa reconnaissance en qualité de peintre, il supprima le « h » du son patronyme et devint PIETER BRUEGEL L’ancien, par opposition à son fils aîné qui devint PIETER BRUEGHEL le jeune –
cette appellation n’avait d’ailleurs aucun rapport avec l’âge du père, il s’agissait simplement d’une « commodité » pour les départager ultérieurement. Pieter Bruegel l’ancien mourut à l’âge de 42 / 43 ans – sa date de naissance étant incertaine. Son fils n’avait que 5 ans à la mort de son père.
Il est à signaler que ses descendants conservèrent l’ancienne appellation BRUEGHEL. 

On pense donc que l’artiste est né vers 1527 près de Breda (certains disent Anvers) – dans le village de Bruegel dont il tire son nom – tout ceci doit être pris avec une certaine distance car en fait on connaît peu de choses sur les origines du peintre.
Il devient apprenti à Anvers auprès de Pieter Coecke van Aest, dont la fille deviendra l’épouse de Breugel.
Entre 20-25 ans il est reçu en qualité de maître à la guilde Saint-Luc d’Anvers (vers 1551).

Il a aussi fait le fameux voyage en Italie, un parcours apparemment obligé pour tous les artistes, mais ne se laissera pas influencer par le style italien, tout comme il ne se laissera pas influencer par les courants artistiques inspirés de l’antiquité.
Après le voyage en Italie, il travaille pour l’imprimeur de livres et d’estampes Hieronymus Cook ; c’est lui qui contribuera à la notoriété de l’artiste.

La Maison Bruegel
Au n° 132, rue Haute, se trouve une ancienne bâtisse en briques et grès calcaire, avec pignon à gradins, une traditionnelle demeure bourgeoise au 16ème siècle. 
Elle possède en façade une grande porte donnant accès à une impasse, comme le voulait l’époque. Au 19ème siècle l’impasse est supprimée au profit d’une ouverture de rue, également nommée « Impasse Rouge ».
C’est là, dit-on que Breugel se maria et vécut les six dernières années de sa vie, où il produisit aussi plusieurs de ses grands chefs d’œuvre.
Bien qu’ayant toujours été appelée « la maison de Bruegel » rien n’est certain. Mais ce qui est une certitude par contre est que l’autre fils de Bruegel, Jean Brueghel dit de Velours, était bien propriétaire de la maison.
C’est en 1924 qu’une plaque commémorative fut posée sur la façade = « hommage du peuple à son grand peintre ».

DSC01491

DSC01490 - Copie

plaque commémorative sur la façade de la maison

DSC01492

DSC01493

la grande porte en façade servait d'accès à l'impasse dite de la Porte Rouge
l'autre photo est celle de l'arrière de la maison

La maison fut sauvée en 1940 par un passionné de l’artiste qui entreprit de la restaurer avec les Monuments & Sites de 1958 à 1969. Avec son épouse, ils achetèrent plus de 120 objets anciens datant de l’époque de Brueghel et que l’on peut observer dans les tableaux. La veuve du docteur Huelens légua le tout aux musées royaux des beaux-arts.
L’ouverture au public de la Maison Bruegel aurait dû être l’événement de cette année Bruegel-2019, hélas comme toujours pour des raisons tant administratives que politiques, elle n’aura pas lieu cette année.
Mais elle ouvrira un jour paraît-il.

Sur le parvis de l'église de la Chapelle, qui termine la promenade des rues Haute et Blaes, se trouve désormais une statue représentant Bruegel à son chevalet - un chevalet sans tableau, une sorte de fenêtre ouverte sur ceux qui observent le peintre, tout en étant observés par lui. 
Elle illustre une phrase célèbre  d’Alberti (peintre, philosophe, mathématicien) = le tableau est comme une fenêtre ouverte sur le monde.
Elle est placée, on pense, sur l’endroit exact où le peintre est enterré.
Le sculpteur belge Tom Franzen est l’auteur de ladite statue  (note de la rédactrice du blog = la statue est nettement plus réussie que celle de Jacques Brel)..

DSC01498 - Copie

DSC01500 - Copie

DSC01501 - Copie

DSC01502 - Copie

téléchargement

 

17 juillet 2019

BLACK RABBIT HALL, d'Eve Chase

rabbit

Titre français = un Manoir en Cornouailles

Pâques 1968 en Cornouailles -  la jeune Amber Alton, 14 ans,  aime être auprès de sa mère, dont elle et très proche et dont elle est le vivant portrait. Elle a un frère jumeau, Toby, dont elle est proche aussi et deux plus jeunes frère et sœur. Sans oublier Boris le chien qui adore s’ébrouer après une baignade. Elle est loin de se douter que ces vacances-là seront les dernières du bonheur, lorsque le malheur frappe comme la foudre.

Trente années plus tard – Lorna et Jon, son fiancé,  sillonnent la région de Cornouailles, ils cherchent l’endroit « parfait » pour organiser leur mariage. En fait c’est surtout Lorna qui veut trouver ce lieu dont elle a trouvé un site sur le net ; elle se souvient que dans son enfance, ses parents les emmenaient, sa sœur et elle, dans cette magnifique région et elle faisait de longues promenades avec sa mère, se souvenant d’un domaine – des photos en attestent.
Lorsqu’enfin ils arrivent au manoir Pencraw Hall, Lorna a la sensation d’être déjà  venue dans l’endroit, qui est tout de même en piteux état ; Jon est tout sauf emballé par les lieux.
Il n’apprécie guère non plus que la propriétaire, Caroline Alton, plus de 70 ans, un peu inquiétante et dure en affaires, propose à Lorna de passer une nuit pour se faire une meilleure idée pour l’organisation du mariage.
Lorna accepte  avec l’enthousiasme stimulé par sa curiosité, Jon n’a pas la possibilité d’y revenir, il a un travail qui l’attend. Qu’importe, Lorna indépendant de caractère, se débrouillera seule. Une brèche s'ouvre dans leurs relations.
Peu à peu des indices l’amènent à penser qu’elle est liée, d’une manière ou d’une autre, aux lieux.

Mon avis = mitigé – ce que j’ai apprécié = les deux récits en parallèle, celui d’Amber, années 1968/1969 et celui de Lorna, situé 30 années plus tard –

ce que je n’ai pas aimé = la comparaison avec « Rebecca » de du Maurier et avec Kate Morton car l’écriture même d’Eve Chase est loin de la qualité de ces romancières.  
Heureusement les chapitres sont courts et on arrive rapidement au dénouement, avec tout de même un rebondissement, auquel je m’attendais d’ailleurs.
Ce roman n’est pas un polar, mais il y a des fils dans une lecture qui vous amènent à raisonner comme dans un polar et finalement il s’avère que l’on ait raison.
Bref aucun effet de surprise pour moi.

Quant aux personnages = la mégère manipulatrice, avide d'argent et pouvoir, menteuse;  la victime;  un père prêt à gober n’importe quoi, et quand je dis n’importe quoi, c’est réellement ça.
Ensuite la curieuse indépendante, obstinée, capricieuse. Impossible de s’identifier à qui que ce soit.

Je pensais m’enfoncer dans un roman gothique,  avec ses sombres secrets, son domaine mystérieux ; autant pour moi ! il n’y a rien de gothique dans cette histoire, même s’il est question de manipulation, de prise de pouvoir  du domaine par la personne la plus désagréable qui soit. Un vrai cliché d’ailleurs.
En fait on plonge dans une histoire de Cendrillon moderne, avec une fin plutôt irréaliste, (ou alors je suis devenue une horrible cynique =^-^=)

Parfois on attend beaucoup d’un roman, ce fut mon erreur – influencée par les commentaires positifs, j’avais fort envie de lire cette histoire, d’autant plus qu’elle est située en Cornouailles (anglaises) et ayant eu l’occasion de visiter la région, je me réjouissais de la retrouver.

shutterstock_80434516