mon bonheur est dans la ville

20 août 2018

THE WHITECHAPEL MURDERS

Whitechapel_Spitalfields_7_murders

london

Une promenade dans le quartier où Jack l’Eventreur commit ses horribles crimes, menée par André Price, historien, conférencier et guide officiel de la City of London (son site ici)

Introduction

Comme on peut le découvrir dans le film de Bob Clark (inspiré par le livre de Stephen Knight, essayiste et journaliste, publié en 1976), la théorie concernant les Whitechapel murders ou Leather Apron murders, connus sous les « crimes de Jack l’Eventreur (the Ripper en anglais) », est celle d’une conspiration royale et franc-maçonnique (impliquant non seulement la couronne britannique mais aussi de hauts dignitaires de la couronne) afin de masquer un mariage secret (ou faux mariage) entre le petit fils de la reine Victoria, fls du futur Edward VII et héritier présomptif, le prince Albert Victor (dit Eddy), duc de Clarence & Avondale avec une jeune ouvrière-vendeuse, Annie Crook. 

Stephen_Knight_1976

Jack_the_Ripper-_The_Final_Solution

La source de Stephen Knight serait Joseph Gorman, alias Joseph Sickert, fils illégitime du peintre Walter Sickert.

Beaucoup d’historiens nient cette théorie et ont discrédité le livre, qui a cependant inspiré les scénaristes du film de Bob Clark (voir ici), ainsi qu’Alan Moore pour son roman graphique « From Hell » (d’après une lettre envoyée par l’Eventreur pour se moquer de la London Metropolitan Police) – il a également été porté à l’écran, mettant en scène l’inspecteur Frederick Abberline, de manière romancée évidemment. Les deux m’intéressent bien sûr (roman et film).

F

Le livre de Stephen Knight a aussi servi d’inspiration à Patricia Cromwell (voir ici), à Robin Paige (voir ici) et enfin, à Anne Perry pour « the Whitechapel Conspiracy » que je vais sortir de ma pal.

Bref aperçu historique

D’août à novembre 1888, au moins 5 crimes atroces furent commis sur des prostituées dans l’un des quartiers les plus pauvres et sordides de Londres, celui de Whitechapel où la violence était courante.

Les victimes = Ces crimes furent attribués au même meurtrier en raison du modus operandi. De plus ils se situèrent à quelques rues de distance, soit tard dans la nuit ou aux petites heures du matin. 
Toutes les femmes furent égorgées et dans 4 des 5 cas de ce qu’on appelle les « cinq canoniques », les corps furent mutilés voire éviscérés.
Les victimes se nommaient = Mary Ann Nichols (Polly Nichols) – Annie Chapman – Elizabeth Stride – Catherine Eddowes et Mary Jane Kelly.

victimes du ripper

La manière dont les organes internes furent enlevés, prouva une grande connaissance anatomique suggérant l’œuvre d’un boucher ou d’un chirurgien – à côté d’un des corps fut retrouvé un tablier de cuir comme en portaient les bouchers en ce temps.
La population donna rapidement le surnom de « Jack the Ripper » (l’Eventreur) après qu’une lettre signée de ce surnom fut envoyée à la London Metropolitan Police. La plupart des lettres furent d’abord considérées comme des canulars de mauvais goût.

255px-FromHellLetter

Bien que la police, sous la direction de l’inspecteur Abberline recherchât activement le criminel, il ne fut jamais appréhendé et on ignore, jusqu'à ce jour, qui était Jack l'Eventreur.

Les théories

Celle de THOMAS STOWELL – se basait sur les carnets personnels de sir William Gull, médecin de la famille royale. Stowell était en relation avec le beau-fils de Gull.
Pour Stowell il y avait de fortes présomptions concernant Albert Victor qui aurait souffert d’une maladie mentale provoquée par la syphilis. Selon d’autres médecins, ceci n’était pas possible car les premiers symptômes se développent 15 ans après que les personnes aient contracté cette maladie vénérienne. La ligne du temps de l’époque infirme donc cette théorie.

255px-William_gull

Celle de JOSEPH GORMAN – même si la théorie de Stowell était incorrecte, elle relança un intérêt à l’affaire. En 1973, la BBC présenta une série docu-fiction, intitulée Jack the Ripper, qui donna lieu à un livre en 1975 (The Ripper files).
Le dernier volet de la série est un témoignage de Joseph Gorman, qui préférait s’appeler Joseph Sickert, fils illégitime du peintre Walter Sickert.

255px-Walter_Sickert_1884 

Gorman/Sickert disait que Walter lui aurait raconté une histoire impliquant non seulement la famille royale britannique, mais aussi d’autres personnages haut placés comme le médecin royal William Gull.
Joseph Gorman confirma que sa grand-mère (irlandaise et catholique) était l’épouse secrète d’Albert Victor – sa mère à Gorman était donc la fille d’Albert Victor et d’Annie Crook. La théorie de Gorman/Sickert est donc qu’il fallait faire taire (de manière définitive) les éventuels témoins de la naissance de l’enfant (Alice).

Stephen Knight reconnaît Que l’affaire telle que racontée par Joseph Gorman était parfois peu claire =
Albert Victor rencontra Walter Sickert par l’entremise de sa mère, la princesse Alexandra, épouse du futur Edward VII, afin que son fils apprenne l’art et la peinture. Annie Elizabeth Crook était l’un des modèles de Walter Sickert – elle était vendeuse dans Whitechapel (et catholique). Le prince et elle se marièrent donc secrètement, avec pour témoins le peintre et Mary Jane Kelly, amie d’Annie.
La fille du couple, Alice Margaret Crook, naquit en avril 1885 – la mère et le bébé furent installés par le prince dans Cleveland Street.

C’est en avril 1888 que la reine Victoria et le premier ministre, lord Salisbury, découvrirent le secret de l’héritier à la couronne.

255px-Robert_Gascoyne-Cecil,_3rd_Marquess_of_Salisbury_-_Project_Gutenberg_eText_13103

300px-Prince_Albert_Victor,_Duke_of_Clarence_(1864-1892)

Albert Victor fut placé sous haute surveillance familiale et Annie Crook fut enlevée et confiée au médecin William Gull qui la déclara folle et la fit interner. La malheureuse passa les 30 dernières années de sa vie d’une institution psychiatrique à l’autre. Quand on sait comment étaient les hôpitaux psychiatriques à l’époque, il y a de quoi plaindre la jeune femme.
Certains disent même que William Hull lui fit subir une lobotomie.

Pendant ce temps Mary Jane Kelly prit soin de la petite Alice, se contentant dans un premier temps de cacher l’enfant, puis avec ses copines prostituées qu’elle mit dans le secret, elles tentèrent de faire chanter le gouvernement. Ce fut l’erreur à ne pas commettre.

Dans son récit Joseph Gorman/Sickert accusa lord Salisbury et ses amis francs-maçons (parmi lesquels des dignitaires de la London Metropolitan Police) de comploter l’assassinat des 5 femmes afin de faire cesser le scandale.
La tâche incomba à Gull (toujours lui) qui attirait les femmes, tour à tour, dans une calèche noire et fermée, puis les assassinait avec l’aide de ses cochers.
La 5ème victime, Catherine Eddowes fut tuée par erreur car elle utilisait le pseudonyme de Mary ANN Kelly et fut confondue avec Mary Jane Kelly.

Stephen Knight atteste qu’au départ le récit de Gorman/Sickert le laissa très sceptique, mais étant journaliste décida malgré tout d’investiguer cette affaire. Il mit ainsi à jour une série de coïncidences =

  • Albert Victor était sourd, comme sa mère la princesse Alexandra, et la petite Alice était sourde elle aussi.
  • La princesse et Walter Sickert étaient tout deux d’origine danoise (j’avoue ne pas trop voir le rapport).
  • Les crimes s’arrêtèrent après la mort de Mary Kelly qui s’occupait de l’enfant.
  • Il régnait à l’époque un fort mouvement républicain mais aussi très anti-catholique.
  • Le prince héritier fut impliqué dans un scandale à Cleveland Street. Annie Crook habitait Cleveland Street et fut internée en institut psychiatrique.

Peu à peu, Knight fut convaincu par les théories de Joseph Gorman, vu les coïncidences.
Le manque de preuves renforce la conspiration maçonnique, les crimes rappelant les rituels connus des francs-maçons pour l’intronisation des nouveaux « maçons » et qui remonteraient à la construction du temple de Salomon.
Knight accusa le haut commissaire de la Metropolitan Police, Charles Warren, d’avoir détruit des preuves évidentes impliquant les francs-maçons. Notamment une inscription sur les murs, trouvée près d’un des cadavres.

330px-Charles_Warren_carbon_print_portrait_by_Herbert_Rose_Barraud_of_London

A la sortie du livre-document  de Stephen Knight les critiques littéraires furent non seulement sceptiques mais émirent des commentaires fort sarcastiques. Pour certains ce document relevait de la plus haute fantaisie, ne reposant sur rien de concret.
Or, Annie Crook a bien donné naissance à une fille en avril 1885 et Joseph Gorman était le fils d’Alice (ça c’est avéré); toutefois il n’existe pas de preuve que Gorman fût le fils, même illégitime, de Walter Sickert.
Le nom du père de la petite Alice fut laissé en blanc sur le certificat de naissance et il n’existe aucune trace d’un mariage entre Albert Victor et Annie.
Même si ce mariage aurait eu lieu, il aurait été considéré comme nul en égard de la loi britannique qui annule tout mariage contracté par un membre de la famille royale, si le ou la souverain.e n’a pas donné son accord ; tout enfant issu d’un tel mariage aurait automatiquement été considéré comme illégitime et forcément exclu de la succession. Ici, en plus, Annie Crook était catholique.

Knight reconnut qu’il y avait de nombreux problèmes et points peu clairs dans les théories de Joseph Gorman.
L’ami de Stephen Knight, Colin Wilson (lui-même journaliste, essayiste et romancier) et également fort intéressé par l’affaire « Jack l’Eventreur » déclara que le livre de son ami était un peu tiré par les cheveux, mais à la mort prématurée de Stephen Knight à la suite d’une tumeur au cerveau, Colin Wilson écrivit que Knight écrivit cet essai de manière caustique, pratiquement pour s’amuser, mais qu’il fut pris de court par son succès et sa notoriété. Il n’eut pas vraiment, ultérieurement,  la possibilité de se rétracter.

330px-Colin_Wilson

Ma conclusion

Jack l’éventreur a donné lieu à de multiples théories, certaines plus fantaisistes que les autres –
Après avoir fait couler beaucoup de sang, Jack the Ripper continue à faire couler beaucoup d’encre =  il existe pas moins de 100 livres à ce sujet (essais-documents) et on ne compte plus le nombre de romans-thrillers, y compris l’improbable rencontre entre Sherlock Holmes et Jack l’Eventreur, improbable puisque l’un est personnage de fiction et l’autre personnage réel.
Il permet à des historiens de guider les touristes, public intéressé et amusé,  (comme moi =^-^= merci à ma petite belle-fille chérie pour ce parcours) à travers Whitechapel, qui a évidemment bien changé depuis – même les gros pavés ont disparu, pourtant il en restait quelques uns d’époque dans certaines ruelles.

Notre guide (voir le début de cette chronique, basée à la fois sur ses explications et le livre de Stephen Knight) croit dur comme fer à la théorie de Joseph Gorman/Joseph Sickert (et donc de Stephen Knight), on y croirait presque avec lui vu son enthousiasme communicatif.

(Je n'ai pu prendre de photos de cette balade, sinon je ratais les explications et puis le soir tombant, mon appareil n'est pas très valable)


11 août 2018

TEA TIME A LONDRES

london

 je ne voyage plus très souvent à l'étranger
afin de ne pas trop entamer mes économies,

privilégiant les dépenses dans bruxelles
(balades, expositions, théâtre, cinémas
bref je pense mais je dépense aussi =^-^=)

j'ai donc décidé de finir mes envies de voyages en beauté
et je profite de la présence d'une jeune femme de ma famille en stage à londres
pour aller la saluer et par la même occasion faire une orgie
de musées - à moi le british museum, la national gallery, etc
sans oublier le high tea chez fortnum & mson

à bientôt

THE RIDDLE AT GIPSY'S MILE, de Clara Benson

51Y5q3Sum5L

4ème enquête d’Angela Marchmont 

Si seulement le brouillard n’était pas tombé brusquement sur les Romney Marsh et si un mouton n’avait pas eu l’idée de traverser la route sans prévenir, la bentley de Mrs. Angela Marchmont et son chauffeur William n’aurait pas quitté la route, et ayant atterri dans le fossé, ils n’auraient pas découvert le corps.
Dont le visage a été battu de manière à le défigurer. Pas de sac, rien qui puisse identifier la jeune femme, car il s’agit bien d’un corps de femme. Le sergent du patelin et son assistant sont appelés sur les lieux, mais vu les difficultés que ce cas va présenter pour eux, ils appellent Scotland Yard à la rescousse et arrive l’inspecteur Jameson, qui n’est même pas surpris que ce soit Ms. Marchmont qui a découvert le cadavre ; où qu’elle passe, quelqu’un trépasse apparemment.

Angela Marchmont se rendait à Gipsy’s Mile, la nouvelle propriété de ses amis Marguerite et Miles Harrison ; arrivent un autre couple ami des Harrison, Herbert et Cynthia Pilkington-Soames, accompagnés de leur fils, Freddie – un jeune homme qui va bientôt devoir travailler et se demande comment il va faire pour se lever à huit heures du matin ! 
Un dîner du soir va réunir à Miles et Herbert leur ami Giles Blakeney, un peu plus jeune qu’eux, mais ayant fait partie de leur bataillon au cours de la guerre.
Des trois amis, Giles est celui qui semble souffrir le plus de stress post traumatique et a de temps à autre des moments de forte dépression avec amnésie.
Cela devrait s’améliorer, selon tout le monde, après son mariage avec la déterminée Lucy, une jeune femme sympathique qui a la tête sur les épaules.
Angela, pour son « malheur » ne peut échapper à Cynthia qui écrit une chronique mondaine au Clarion et adore broder autour de la vie des célébrités, Ms. Marchmont n’échappera pas à cette règle et ne va d’ailleurs rien reconnaître dans son portrait de ce qu’elle a expliqué à Cynthia.

Revenue à Londres, et avec l’accord de Jameson, Angela tente de découvrir l’identité de la jeune morte ; ils ont cependant découvert un maigre indice = il y avait bien un chapeau dans le fossé, caché par la boue, et dedans un billet de consigne de chemin de fer. L’inspecteur espère qu’avec ce qu’ils vont découvrir à la consigne, il y aura plus d’information.
Les indices restent maigres cependant ; des robes de soirée, une photo d’un jeune enfant et un feuillet publicitaire concernant l’un des clubs les plus à la mode de Londres.
Angela Marchmont suppose que la jeune femme gagnait sa vie comme entraîneuse dans ce club d’où les robes de soirée.  

Avec l’aide de Freddie Pilkington-Soames, qui finalement n’est pas aussi idiot qu’il veut le faire croire, elle se rend dans le club en question et finit par découvrir le nom de la morte, ainsi que sa colocataire.
Par ailleurs, un homme semble être à la recherche de Lita de Marquez (nom de scène), qui donc est-il ?

Les propriétaires du club, les Chang mère et fils, ne sont pas du tout contents de cette intrusion mais de déduction en déduction, l’inspecteur Jameson arrête Johnny Chang, qui a eu une liaison avec Lita.  
Pourtant, ni l’inspecteur Jameson, ni Angela Marchmont ne sont satisfaits de cette arrestation. Mais alors qui ? Ms. Marchmont poursuit l’enquête.

Mon avis = totalement positif. Cette 4ème enquête d’Angela Marchmont est la meilleure de celles que j’ai lues jusqu’à présent.
C’est aussi la plus drôle. Il y a pendant les trois-quarts du roman un humour caustique dû entre autres à la présent de Freddie, une addition dans cette histoire qui est réellement une bonne trouvaille.
Entraînant Angela dans les nuits des bars de jazz et alcool de Londres est un excellent moment de lecture. Je n’ai pas arrêté de glousser tout au long. Tout comme est fort drôle la manière dont se déroule – et se termine – l’exposition des sculptures de Marguerite Harrison ; je ne sais si Clara Benson s’est amusée en l’écrivant, mais moi j’ai beaucoup ri en lisant ce chapitre.

J’ai aussi trouvé que ce polar-ci avait des réminiscences de « 4 :50 from Paddington » d’Agatha Christie. Je dis bien, ce polar m’y a fait pensé, ce n’est pas un plagiat du tout.

Je vais encore faire mon intéressante (et j’assume =^-^=), j’avais encore une fois découvert toute l’intrigue après le 2ème chapitre.

 the romney marsh

974d73a2388c5997b1a2c55691888ad3

09 août 2018

THE HOUSE AT TYNEFORD, de Natasha Solomons

tyneford

Titre français = le Manoir de Tyneford 

Vienne – 1938 – année de l’anschluss. Les parents d’Elise Landau espèrent contre toute attente d’obtenir un visa pour les USA où leur fille aînée suivra bientôt son époux ; afin de la mettre à l’abri des nombreuses humiliations que commencent à subir les juifs, et ce n’est qu’un début, ils encouragent Elise, leur cadette, de s’inscrire dans le programme qui lui permettra d’obtenir un emploi en Angleterre, jusque là à l’abri de ce qui se prépare en Allemagne et Autriche.
La jeune fille n’a aucune envie de partir mais obéit pour ne pas peiner des parents qu’elle adore et les supplie de la faire venir auprès d’eux lorsqu’ils seront aux Etats-Unis.

Elise Landau a obtenu un poste de domestique au manoir de Tyneford, dont les terres et le village sont sous la protection des Rivers depuis plusieurs siècles.
Elise est accueillie par les sévères majordome et gouvernante du manoir, des domestiques « à l’ancienne », pas très heureux de devoir former une jeune femme qui a plus eu l’habitude d’être servie que de servir.
De plus, l’une des filles de cuisine lui fait comprendre qu’elle lui vole sa place car May aurait dû être promue.

Petit à petit Elise accepte sa nouvelle situation, plutôt mal que bien, ne pouvant s’empêcher de faire des comparaisons avec sa vie d’avant – attendant avec impatience des nouvelles de ses parents restés à Vienne, attendant toujours leurs visas. Julian Landau, écrivain célèbre, lui a confié un violon dans lequel, dit-il, se trouve son dernier manuscrit qu’il lui demande de conserver précieusement jusqu’à ce qu’ils se retrouvent tous ensemble. Sa mère, la douce Anna, est une cantatrice tout aussi célèbre.

Lorsque Kit  (Christopher) Rivers revient passer ses congés universitaires à Tyneford, il est charmé par Elise, différente des filles qu’il connaît ; il l’aide à améliorer ses connaissances en anglais, qu’elle parle mal ; il l’emmène aussi à la plage, où elle découvre la mer et de grands espaces, mais absolument pas le raffinement qu’elle connaissait à Vienne. Mais les temps changent, les menaces de guerre se rapprochent et les Landau, restés à Vienne, ont déjà vendu pratiquement tous leurs biens pour obtenir un visa qui ne vient pas. Mr. Rivers, le maître du domaine, va tenter de les aider lui aussi, mais lorsqu’il revient du ministère où il a des relations, il ne laisse pas énormément d’espoir à la jeune femme de chambre.

Entretemps Kit est revenu pour fêter son 21ème anniversaire – et vers la fin de la soirée de fête, Elise agit de manière impulsive, afin de provoquer lady Diana une vraie peste, qui l’a humiliée et a volé la seule jolie robe d’Elise (une robe d'Anna) et l’a portée au dîner, puis a renversé du vin rouge, ruinant totalement le délicat tissu.
La provocation est telle que la domestique fuit jusqu’au lendemain mais est récupérée par le jeune Christopher qui a confirmé à son père qu’il aimait la jeune fille et désirait l’épouser – cela va totalement chambouler l’ordre des choses au manoir, car en tant que fiancée du fils de maison, elle ne peut plus être à la table des domestiques, mais ne peut pas encore prétendre à dîner avec les maîtres de maison – bref des étiquettes d’un temps qui sera bientôt révolu puisque l’Allemagne déclare la guerre à l’Angleterre et Kit s’engage dans la marine.
Comme le dit gentiment le majordome = « vous n’êtes ni des nôtres ni des leurs, c’est très inconfortable pour tout le monde. »

Tyneford subira encore de nombreux changements, le plus grand bouleversement est encore à venir.

Mon avis = un roman très prévisible, qui fait passer un agréable moment de lecture, mais qui ne laisse pas non plus de souvenir impérissable.
La première moitié du roman est nettement plus intéressant que sa suite, car il décrit avec justesse et émotion les difficultés d’une personne déplacée, accueillie dans un pays où malgré tout certains estiment qu’elle représente « l’ennemi » bien qu’elle soit une réfugiée.

Lorsqu’elle est dans sa chambre-mansarde, le jeune domestique ne peut s’empêcher de songer à l’époque où, faisant partie de la riche bourgeoisie viennoise, elle et sa sœur se tenaient à l’écart des autres élèves de l’école, juives comme elles pourtant – la lutte des classes n’est pas le privilège des Britanniques.

Par contre, lorsque le roman s’enfonce dans les relations entre Elise et Kit, cela devient un peu de sentimentalisme « facile » dirais-je, sans vouloir jouer les cyniques.
Je n’ai rien contre les romans d’amour, c’est juste que je m’attendais à quelque chose de plus profond.
Peut-être avais-je aussi quelques hésitations parce que le roman est présenté « pour ceux qui aiment Downton Abbey », je commence sincèrement à en avoir assez de ces comparaisons répétitives, bien qu’ici je comprenne la comparaison. 
Il est évident qu'il y a eu un "avant" Downton Abbey et un "après".
Mais désormais, dès qu’il y a une intrigue avec des domestiques, des problèmes de relations, etc, on nous assène Downton Abbey à toutes les sauces.

Ce sont finalement les habitants de Tyneford, marins, pêcheurs, et la gouvernante ainsi que le majordome de la propriété, qui m’ont le plus plu.
Même si je parais « réservée » (blasée) sur cette lecture, je la recommande, certainement pour la première partie. 

3161782

L’autrice Natasha Solomons explique dans la postface que le personnage d’Elise lui a été inspiré par l’une de ses grands-tantes – quant au domaine de Tyneford, il est directement inspiré par la communauté de Tyneham, qui fut aussi réquisitionné par le ministère de l’armée vu sa position stratégique, et contrairement aux promesses de Churchill, ne fut jamais rendu à ses propriétaires et est devenu, depuis, un village fantôme.

Ms. Solomons a aussi voulu rendre hommage à sa manière à toutes les femmes de la haute société viennoise qui n’ont eu d’autre choix que de devenir domestique ou « land girl » dans de riches familles britanniques.

un autre avis sur le livre = aifelle-legoutdeslivres, myloubook,  

 l'ancienne église de Tyneham

Tyneham-church

06 août 2018

THE MURDER STONE, de Louise Penny

penny

4201106

Titre français = Défense de tuer

Titre anglais aux USA = A Rule against murder

4ème enquête de l’inspecteur en chef Armand Gamache 

Armand et Reine-Marie Gamache se préparent à fêter leur 35ème anniversaire de mariage au manoir Bellechasse, au sein d’une belle forêt, au bord d’un lac et avec un temps magnifique. Ils ont dû se contenter d’une petite chambre, que certains qualifient de placard à balais, mais cela leur suffit.
Toutes les chambres sont occupées par la famille Finney = matriarche et son second époux, fils aîné et son épouse, fille divorcée dont le mari est impliqué  dans un grave scandale financier pour lequel il est en prison,  et fille mère célibataire, ayant réussi en affaires accompagnée de son enfant – prénom Bean, dont elle a refusé depuis la naissance de dire s’il s’agit d’un garçon ou d’une fille. Ils attendent encore un couple = le 2ème fils, Spot et sa femme Claire.

A la grande surprise, et grand plaisir aussi, des Galmache ils constatent que Spot et Claire Finney sont en fait Peter et Clara Morrow, leurs amis de Three Pines. En fait tous les Finney, sauf la matriarche, sont des « Morrow », « Finney » étant le nom du deuxième mari, très âgé, dont tout le monde est persuadé qu’il a épousé Irene Morrow pour son argent.
L’argent compte (c’est le cas de le dire) beaucoup dans cette famille, l’argent, mais aussi le pouvoir et la réussite sociale. En dehors de cela, ces gens ne se parlent pas et certainement pas de choses personnels, ce qu’Irene Finney trouve indécent. Elle déteste d’ailleurs Clara qui n’est pas du tout de leur monde et s’en fiche totalement de la réussite sociale ; elle aime son mari et sa peinture.

L’ambiance dans cette famille est déplaisante au possible mais cela n’a pas d’influence sur les Galmache, qu’ils aient la plus petite chambre n’est pas important, eux ils s’aiment, se parlent, parlent à leurs enfants, se baignent dans le lac, se taquinent, bref vivent.Une chose intrigue Galmache, c’est ce socle en marbre blanc placé près de la forêt.
En fait, les Morrow-Finney attendent avec impatience la statue de Charles Morrow, un hommage au fondateur de la famille, que Madame Dubois, la propriétaire du manoir a accepté, moyennant finances qui sont toujours bonnes à prendre.
La statue arrive donc, est mise sur le socle et tout le monde peut retourner à ses petites misères.

Il règne quelques frictions aussi au sein du personnel, le maître d’hôtel, un homme charmant et stylé, a beaucoup de difficultés avec le jeune Elliot, une nouvelle recrue qui n’aime pas vraiment servir. Il risque de ne pas rester au manoir. Il aime flirter avec les dames, avec Julia Martin notamment, la fille aînée des Morrow.

Quant à l’excellente chefe, Galmache et son équipe sont persuadés de la connaître mais n’arrive pas à mettre le doigt sur où et quand.

Le lendemain d’un formidable orage qui a secoué tout le manoir, on découvre que la statue de Morrow  a été renversée et sous elle, hélas, le corps de Julia. Immédiatement Galmache réunit son équipe, Reine-Marie décide d’aller se reposer à Three Pines pour ne pas déranger son époux en pleine enquête et arrivent Jean-Guy Beauvoir, qui a des difficultés de cacher son antipathie pour les anglophones et Isabelle Lacoste.

Pas beaucoup d’indices, sauf des petits mots dans le feu ouvert de la chambre de Julia, aucune collaboration de la part de la famille Finney, qui en profite pour régler ses comptes entre frères et sœur. Irene Finney désormais se retranche derrière une image « sainte » de sa fille morte. Mais aucun n’accepte de vraiment parler aux inspecteurs qui ont l’impression de piétiner.

De plus, la matriarche ayant appris que l’inspecteur en chef Gamache est le fils d’Honoré Gamache, un objecteur de conscience, l’insulte carrément. C’est sans doute pour elle une manière d’exprimer son chagrin, en se vengeant sur les autres, l’ennui c’est que ça n’a pas d’importance pour Galmache, il aimait son père trop tôt disparu, il sait ce qu’il a fait et cela ne le dérange pas.

Lorsque Bean l’enfant de Mariana,  disparaît ainsi que le jeune Elliot, Armand Gamache a compris que ses soupçons étaient justifiés et il se met à la poursuite de l’assassin.

Mon avis = très positif – j’ai retrouvé avec un immense plaisir l’inspecteur en chef Galmache et son épouse, formant un couple bien agréable parmi tous ces inspecteurs de police divorcés, bougons, parfois même carrément hargneux. Lui il reste courtois, d’humeur égale mais les suspects auraient tort de se fier à son air indifférent, rien ne lui échappe.

On ne fait ici qu’une brève incursion à Three Pines, ce que j’ai trouvé un peu dommage, mais il fallait bien un lieu où situer un crime.

L’ambiance du roman oscille entre beauté du paysage, délices des repas et les accrochages avec la matriarche qui est un venin personnifié. Une femme qui ne se soucie que de l’apparence et râle que Clara risque de devenir plus célèbre que son cher fils Peter, qui a aussi un secret familial.
Bref une autre famille dysfonctionnelle, mais celle-ci bat tous les records.

Une lecture de vacances, chaudement recommandée. 

d'autres avbis sur le livre = critiquesLibres, aifelle-legoûtdeslivresbabelio

HoveyManor2


04 août 2018

A LESSON IN DYING, d'Ann Cleeves

41x1QICXaFL

1ère enquête de l’inspecteur Stephen Ramsay 

Heppleburn dans le Northumberland est un village où chacun connaît chacune – cela a des bons et des mauvais côtés – certains voisins sont des amis, mais les cancans vont toujours bon train. L’un des personnages les plus détestés du village est le directeur de l’école, un  sale petit bonhomme, petite brute sournoise qui prenait un malin plaisir à rabaisser les gens.
Sa cible préférée étant l’un des nouveaux professeurs, un homme qu’il jugeait trop jeune pour la fonction – en fait il avait quelqu’un d’autre en tête et comme Matthew Carpenter avait été choisi en lieu et place de son candidat, le directeur était prêt à tout pour l’éliminer.
Au cours de la fête d’Hallowe’en organisée par l’école, on trouve le directeur pendu dans la cour de récréation – son absence avait été remarquée, mais cela n’avait pas empêché la fête d’être réussie. Evidemment, avec ce cadavre, cela jette un froid !

L’inspecteur Stephen Ramsay est chargé de l’enquête ; il arrête immédiatement Kitty, l’épouse du directeur, selon l’inspecteur elle est la seule à avoir un motif et l’opportunité. Jack Robson, le concierge de l’école, un autodidacte devenu aussi conseiller communal, amoureux de la dame en question a décidé de prouver son innocence et de prouver que le flic se trompe.  Il confie sa décision d’enquêter de son côté à sa fille qui est enchantée de l’aider.

Ramsay est peu apprécié par ses collègues et lorsqu’il est évident qu’il est sur une mauvaise piste avec l’épouse du directeur, l’un d’entre eux n’est que trop content de ne pas l’aider – plus dure sera la chute !
Mais Ramsay est un bon inspecteur et ses supérieurs ne sont pas prêtes à le mettre sur la touche, ils lui donnent une semaine pour trouver le vrai coupable, sinon l’affaire lui sera retirée – il est vrai qu’entretemps un  autre meurtre s’est produit et la presse en fait ses gorges chaudes.

Mon avis = pas mal, une enquête classique, à la manière des « Midsomer murders ». J’ai eu l’impression que l’inspecteur Stephen Ramsay était  le précurseur de Jimmy Perez dans la série « Shetland ». L’action, ici, se situe dans la même région que les enquêtes de Vera Stanhope, le Northumberland, belle région, anciennement connue pour les mines de charbon.
Ceci dit, on se rend bien compte qu’Ann Cleeves n’a pas encore tout à fait trouvé le style pour lequel elle est connue et appréciée.
Elle décrit toutefois joliment les lieux où se situe l’intrigue, elle donne aussi une intéressante étude des caractères et de l’ambiance d’un patelin, où tout le monde a un avis sur tout le monde.

Je ne suis pas mécontente de cette lecture car je n’avais pas découvert la personne coupable, les soupçons que j’avais s’étaient portés sur quelqu’un d’autre. Dans l’ensemble, c’est donc un bon petit polar puisque la fin fut un rebondissement intéressant.

La série figurant l’inspecteur Stephen Ramsay a été éditée au début des années 1990, mais depuis les succès des séries « Shetland » et « Vera », ont été rééditées. Personnellement je trouve que les deux séries précitées sont plus intéressantes.

J'ignore si la série a été traduite.

03 août 2018

THE TREASURE AT POLDARROW POINT, de Clara Benson

51Oux1tTPNL

3ème enquête d’Angela Marchmont

Après les dramatiques événements à noel et après une mauvaise grippe, le médecin d’Angela Marchmont lui conseille un repos prolongé, de préférence au soleil, loin de l’animation de Londres. Il est vrai qu’ayant à deux reprises aidé à mettre des assassins sous les verrous, Mrs. Marchmont est devenue, à son corps défendant, une « célébrité » et les journalistes la harcèlent pour des interviews.
Heureuse d’échapper à tout cela, Angela se réjouit de quelques semaines en Cornouailles et elle a de la chance, le temps est superbe. Elle a l’occasion de faire la connaissance de ses voisines, mais aussi de quelques résidents de l’hôtel de la petite ville où elle se repose. Elle découvre ainsi que son ami l’inspecteur Jameson a envoyé en Cornouailles un collègue, en civil, pour tenter de découvrir un gentleman-cambrioleur célèbre qui serait dans la région.

Le calme hélas ne sera pas de longue durée – voilà que débarque, sans prévenir, Barbara sa filleule, supposée passer les vacances dans la famille d’accueil, puisque le pensionnat est fermé pour l’été.
Comme apparemment toute la maisonnée est atteinte de la scarlatine, il valait mieux pour Barbara de ne pas se rendre chez eux. Après un détour par Londres où elle n’a pas trouvé sa marraine, la voilà en Cornouiailles, au grand déplaisir de Marthe la petite bonne française, car Barbara non seulement est une mêle-tout, et de plus ne respecte rien dans le cottage de vacances. 

Non loin du cottage, il y a une falaise connue comme Poldarrow Point, sur laquelle se trouve une ancienne demeure,  qui n’est plus en très bon état, mais la vieille dame qui l’occupe n’a pas l’argent pour la restauration. De toute façon, elle n’est plus la propriétaire car un aïeul avait déjà dû vendre la maison et la conserver en location faute d’argent. 
Pourtant cet aïeul avait été un fameux contrebandier, mais lorsque les taxes furent moins pénibles pour le public, la contrebande d’alcool et tabac n’eut plus de succès.

En prenant le thé avec la vieille dame et son neveu, Angela et Barbara apprennent qu’en fait un autre ancêtre aurait reçu un collier de diamants, très célèbre = il s’agirait du collier de Marie-Antoinette, celui de « l’affaire du collier ».

Immédiatement Barbara s’impose pour une chasse au trésor – elle examine notamment les rochers sous la falaise afin de découvrir le passage secret de l’aïeul. Angela Marchmont a reçu le journal de l’aïeul de la vieille dame, mais comme par hasard, la seule page intéressante, sur laquelle figure peut-être un indice, a été arrachée.

Entre les suppositions les plus fantaisistes de Barbara et les soupçons qu’elle-même peut avoir à propos de certains résidents de l’hôtel, Angela Marchmont n’a peut-être pas le calme qu’elle souhaite ; lorsqu’elle reçoit une lettre anonyme elle aussi, comme la vieille dame de Poldarrow Point, c’est Marthe la petite bonne française qui est plus astucieuse que tous pour détecter le parfum de la personne qui a écrit ces lettres.

Comment éviter que Barbara n’ait encore plus de problèmes que ceux dans lesquels elle se met, et comment découvrir un collier qui n’existe peut-être que dans les imaginations de tous, sont des questions auxquelles  Mrs. Marchmont  aimerait répondre avant de retourner à Londres. 
Peut-être qu'un coup de fil à l'inspecteur Jameson pourrait aider à résoudre toute cette confusion.

Mpn avis = aurait été très positif s’il n’y avait eu la présence de l’insupportable Barbara, cette adolescente mêle-tout, toujours prête à désobéir, à n’en faire qu’à sa tête et à répondre impertinemment à ce que dit sa marraine.

J’espère qu’elle n’apparaîtra plus dans d’autres enquêtes d’Angela Marchmont car sa présence dans ce polar-ci m’a réellement gâché la lecture à chaque fois qu’elle apparaissait. Je l'ai immédiatement prise en grippe.
Je ne sais si l’auteure Clara Benson a eu à faire à ce genre de sale gamine dans son entourage, mais le portrait est plus vrai que nature.
Quelle enquiquineuse ! j’ai admiré tout au long la patience montrée par Mrs. Marchmont.
En dehors de l’agacement provoqué par Barbara, j’avais une fois encore deviné qui était le gentleman-cambrioleur recherché par tous (je sais j’ai l’air de me vanter, mais je n’y peux rien si je les devine immédiatement en ce moment – je dois avoir l’esprit suspicieux j’imagine =^-^=)
Comme j’étais déjà agacée par le personnage de la filleule, le fait d’avoir deviné qui était qui, m’a aussi un peu gâché le plaisir de la lecture car il a fallu 20 chapitres pour que Mrs. Marchmont fasse le rapport et découvre la personne en question.

Heureusement, cette  lecture permet de découvrir quelques jolis coins de Cornouailles où j’aimerais retourner.

Mes lectures estivales avancent bien grâce à la canicule, il fait tellement chaud que je préfère mon fauteuil et la lecture à partir de midi.

cornwall-coastline

THE BRAQUE CONNECTION, d'Estelle Ryan

18392956

3ème enquête du Dr Genevieve Lenard 

Tomasz Kubanov, soi-disant philanthrope mais vrai psychopathe, a à deux reprises été mis en échec par la docteure Genevieve Lenard et son équipe dont certains éléments ne sont pas totalement dans la légalité ; cette équipe a cependant l’accord du président de la république, puisqu’ils ont tous sauvé sa vie et celle de sa famille.
Kubanov est un être rancunier et a décidé d’éliminer Lenard à sa manière, c'est-à-dire qu’il va tuer tous ceux qu’elle aime, en la laissant vivre avec ce souvenir.
Pour bien prouver qu’il ne recule devant rien ni personne  et aidé par un homme de main réellement cruel, qui prend un malin plaisir à torturer les gens, Kubanov s’introduit non seulement dans l’appartement  de Genevieve Lenard, mais aussi dans les bureaux de Rousseau & Rousseau.
Après deux enlèvements spectaculaires, au nez et à la barbe de tous, l’homme et ses sbires sont parvenus à manipuler une personne travaillant chez Rousseau afin que cette personne drogue leur café.

Kubanov et ses sbires torturent, autant physiquement que psychologiquement, tuent quand bon leur semble et pourtant Genevieve Lenard et ses amis n’abandonnent pas – l’équipe formée par Colin Frey, gentleman-cambrioleur travaillant en secret pour Interpol, son garde du corps Vinnie (petite fée au foyer malgré ses 2 mètres de muscles), Francine  l’informaticienne de génie (et parfois pirate informatique, grande adepte des théories du complot) ainsi que Manfred Manning, vrai flic travaillant ouvertement pour Interpol, ainsi que Phillip Rousseau, directeur de la compagnie d’assurances de haut niveau qui emploie la docteure Lenard.
Tous ont découvert comme indice un tableau de Georges Braque, assuré cheez Rousseau & Rousseau, apparemment copié à plusieurs exemplaires par des faussaires très habiles, puisque que seul Frey, l’expert en art et en cambriolages, est capable de déceler un faux d’un vrai tableau.

Lorsqu’un truand, vendeur d’armes, est retrouvé assassiné dans son manoir, avec Lenard à côté de lui pour qu’elle soit accusée, l’homme lui demande, avant de mourir,  de protéger et aider sa fille Nikki, une adolescente douée artistiquement et qui n’a rien à voir dans les trafics de son père.

Une fois encore, il va falloir jouer contre la montre car Kubanov  a monté une opération digne du génie du mal qu’il est et  il n’y a pas suffisamment d’indices pour en connaître tous les détails ; sauf des dessins figurant au dos des divers faux Braque.

Mon avis = pas mal du tout, bien qu’un peu répétitif, surtout au niveau des relations entre les membres de l’équipe et Genevieve Lenard. L’auteure Estelle Ryan semble vraiment vouloir attirer l’attention des lecteurs/lectrices sur le type d’autisme non neurotypique de la docteure en psychologie et en langage corporel et lecture des expressions micro-corporelles du visage. C’est parfois un peu redondant.

J’ai bien aimé l’addition de la jeune Monique, dite Nikki,  qui s’accroche à Genevieve pour laquelle elle s’est prise d’affection immédiate, ce qui perturbe assez Lenard qui a des difficultés avec l’expression des sentiments – les siens, comme ceux d’autrui. J’avoue que le passage où elle s’accroche à Genevieve m’a fait penser à l’une des enquêtes d’Eve Dallas, cette dernière a aussi un problème avec l’expression des sentiments.
Je pense que, bien qu’il ne soit pas question de plagiat,  il devient de plus en plus difficile dans les polars et thrillers d’être totalement original – tout a été écrit et dit – tout se recycle d’une certaine manière.

Ce thriller ci est palpitant comme le précédent.
J'ai  aussi apprécié les discussions concernant le cubisme (période des vrais et faux tableaux de Braque dans cette histoire) ainsi que les explications concernant l’impression en 3D et plastique – cette nouvelle technologie qui permet d’imprimer des armes pouvant servir à tuer – une seule fois, mais on le sait  = il suffit d’une fois.
Cette technologie permet aussi d’imprimer des sculptures et autres objets sur base d’un plan adéquant.

Il y a cependant une TRES GROSSE coquille au début du roman, lorsqu’on découvre le Braque – l’auteure cite le prénom « Jacques » comme étant celui de Georges Braque – cette erreur heureusement ne se produit qu’une seule fois dans tout le thriller, mais prouve hélas que la relecture d’un roman n’est plus de très haut niveau.

 un port en normandie, de georges braque

Georges-Braque-Harbor-in-Normandy

 

31 juillet 2018

STREET ART BRUXELLOIS

DSC00842

DSC00841 - Copie

COPIE 2 - Copie

DSC00842 - Copie

Posté par sheherazade2000 à 19:27 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

THE CROSSING PLACES, d'Elly Griffits

elly

Titre français = les Disparues du Marais 

1ère enquête de Ruth Galloway & l’inspecteur en chef Nelson

Il y a 10 ans la petite Lucy Downey, 5 ans, disparaissait et la police du Norfolk n’a toujours trouvé aucune trace de l’enfant. Une autre petite fille a été enlevée plus récemment et là non plus, pas de trace, ni d’indice. Pour l’inspecteur en chef Harry Nelson cet enlèvement pèse lourd sur son moral, lui qui jusqu’à présent avait un parcours sans faute.  Des lettres anonymes lui furent adressées à l’époque, mais n’ont jamais permis de retrouver ni l’enfant, ni le coupable.

Lorsqu’il vient solliciter l’aide de l’archéologue Ruth Galloway, c’est parce que les ossements d’un enfant ont été retrouvé dans les marais. Rapidement Ruth établit que les ossements ne sont pas récents, mais bien ceux d’une enfant morte au temps de l’âge du fer. Il y a donc au moins 2000 ans que ces ossements sont dans cet endroit qui fut, à la préhistoire, un lieu de culte et sacrifices, là où la mer touche au ciel.

Ruth Galloway va avoir le plaisir de retrouver, au cours de cette enquête, son mentor, son professeur des fouilles il y a bien longtemps lorsqu’elle était encore étudiante.
Tombée amoureuse de cette région pleine de mysticisme et de beauté sauvage, elle s’y est acheté un cottage et a un emploi à l’université de Norfolk.
L’inspecteur Nelson (qui déteste la région par contre)  la consulte régulièrement à propos des disparitions, mais elle n’est guère plus avancée que lui.

Ce n’est que lorsque l’un de ses deux chats est retrouvé égorgé sur le pas de sa porte que Ms. Galloway comprend que l’on sait qu’elle aide la police et qu’elle n’est peut être pas loin de la vérité, ayant découvert quelques indices malgré tout.

Mon avis = pas mal, mais pas extraordinaire non plus – et j’avais deviné le coupable dès le début, dès lors ce fut un peu agaçant à lire à constater que la police pataugeait autant – ce qui est le cas de le dire dans les marais.

L’archéologue Ruth Galloway est un personnage intéressant, et l’on découvre dans cette première enquête quelques personnages qui seront introduits ultérieurement dans la série, à commencer par l’inspecteur en chef Harry Nelson qui n’est réellement pas sympathique.

J’ai par contre apprécié la partie archéologie, mythologie et symbolisme, mais cela ne fait pas nécessairement un excellent roman. Cependant, je tenais à découvrir le premier opus de la série, ayant commencé par le numéro 8, ce qui pour une fois avait été une erreur, vu le fil conducteur entre les vies personnelles des « acteurs ».
Dans l'ensemble cependant je me suis un peu enniyée.

30 juillet 2018

LES ENQUETES DE GENEVIEVE LENARD, d'Estelle Ryan

18761644

THE GAUGUIN CONNECTION – 1ère enquête du Dr Genevieve Lenard
Genevieve Lenard, IQ hors du commun, triple fois docteur en psychologies diverses, multiples connaissances linguistiques, et ayant une forme particulière d’autisme ou non neurotypique, travaille pour une compagnie d’assurances de haut niveau à Strasbourg. Son patron, Phllip Rousseau a un immense respect non seulement pour son travail mais aussi sa personnalité, il sert aussi d’intermédiaire diplomatique lorsqu’elle parle aux gens, Genevieve aimant particulièrement appeler un chat un chat, elle ne s’embarrasse vraiment pas de politesses qu’elle juge inutiles.
La docteure Lenard est experte en « lectures corporelles », en analyse des micro-expressions du visage, mais aussi dans la manière dont le corps exprime soit les mensonges, soit le désaccord ou l’animosité non verbale d’une personne. Elle possède au sein de Rousseau & Rousseau une pièce remplie d’écrans, où elle étudie les enregistrements qu’elle fait ou qu’on lui communique.
C’est dans cette capacité que son patron lui présente le colonel Manfred Millard, qui est confronté non seulement à des problèmes de vol d’’œuvres d’art, mais en plus d’armes ; il travaille pour l’European Defense Agency, mais aussi pour Eurocorps.

Lenard rapidement détecte qui est le voleur d’œuvres d’art, il s’agit d’un certain Colin Frey qui utilise des pseudonymes, tous noms de poètes du 17ème siècle. Il va s’incruster dans la vie de Genevieve Lenard et dévoiler une vaste arnaque de faux d’œuvres d’art, magistralement réalisés par de jeunes artistes, élèves d’académies artistiques. Qui sont assassinés peu après.
Genevieve Lenard fait le rapport entre les vols d’art et d’armes – elle sera aussi menacée et va devoir apprendre à travailler en équipe avec non seulement Colin Frey et Manny Millard, qui se détestent cordialement – mais aussi avec Vinnie, un ami de Colin, une armoire à glaces, véritable petite perle en cuisine et rangement. Pour la jeune femme qui n’est nullement habituée à travailler en équipe, à avoir des « amis », tout cela est très nouveau et perturbant. Néanmoins il s’agit de faire face aux monstres qui se pensent intouchables. Et la mafia russe évidemment y est mêlée.

Mon avis – enthousiaste – j’ai adore découvrir cette équipe d’inadaptés sociaux, très sympathiques. J’ai un léger bémol = à côté d’un thriller fort bien construit, l’auteure Estelle Ryan appuie un peu trop sur les états d’âme de la docteur Genevieve Lenard. Et l’introduction de la mafia russe dans les trafics en tous genres n’est pas vraiment nouveau non plus comme sujet déjà fort utilisé depuis. C’est surtout l’ambiance générale du roman qui m’a plu ; toutes ces personnalités très différentes, obligées de surmonter leurs différends pour faire triompher la justice.

8264678343_692327bf5b_b

 x x x x x

18273225

THE DANTE CONNECTION – 2ème enquête du Dr Genevieve Lenard
La docteure Genevieve Lenard se morfond un peu sans « son équipe » d’inadaptés sociaux avec lesquels elle avait pris l’habitude de travailler, lorsque soudain Francine, l’informaticienne de génie (et accessoirement pirate informatique) débarque chez elle, gravement blessée. A peine est-elle arrivée chez Genevieve que débarquent aussi Colin Frey et Vinnie, qui emmènent la jeune femme dans une clinique privée. Elle insiste pour que Lenard reste auprès d’elle, or celle-ci a horreur des cliniques et hôpitaux après y avoir dû passer pas mal de temps enfant, ses parents ayant espéré la « rendre normale » ; car Genevieve Lenard est une femme extrêmement intelligente, plus que la moyenne des gens, mais souffre aussi d’un syndrome d’autisme, non neurotypique.

Le colonel Millard, qui après l’enquête précédente, travaille désormais pour Interpol ; il lui a fallu dénoncer quelqu’un de haut niveau, cela n’a pas été bien reçu même si l’homme en question était un criminel.
Cette fois Genevieve Lenard va être directement impliquée – le richissime mafieux russe a décidé de se venger d’elle, après qu’elle ait aidé à démanteler son réseau de fausses œuvres d’art et d’armement.
Cette fois la vengeance est personnelle – ses amis sont menacés parce qu’ils travaillent avec elle, quant à elle, elle reçoit des « cadeaux » qui sont non seulement des indices, mais aussi des armes déguisées (un tableau mène à une bombe, un livre précieux mène à des symboles heureusement non dangereux, mais un 3ème « cadeau » s’avère réellement très dangereux).
Une fois encore, la docteure et son équipe très atypique vont dévoiler un complot, notamment en cyber-criminalité, mais heureusement Francine étant remise de ses blessures, elle va leur apporter une aide précieuse malgré ses théories du complot.

Mon avis = cette nouvelle enquête m’a autant plu, sinon plus, que la première. Comme Genevieve Lenard est une personne qui prend tout au premier degré et est hermétique aux sarcasmes et aux taquineries, il y a pas mal d’humour dans cette aventure, car sa candeur lui fait poser des questions que ses copains trouvent hilarantes.
Le suspense est particulièrement bien mené aussi, un bon thriller.

Les enquêtes de Genevieve Lenard sont d’excellents lectures de vacances – elles sont déjà au nombre de 12 – j’espère les lire toutes, même si je n’en ai que 5 dans ma pal pour l’instant.

390px-Dante_Gabriel_Rossetti_-_Beata_Beatrix,_1864-1870

29 juillet 2018

INFORMATIQUE, ART, FAUSSAIRES, VOL D'OEUVRES D'ART et AUTISME

6456239

Les enquêtes du docteur  Genevieve Lenard et ses « amis » par Estelle Ryan

Introduction du personnage principal – Elle n’est pas une enquêtrice comme les autres – souffrant d’une forme d’autisme (Asperger ?), Genevieve Lenard possède au moins trois diplômes en psychologie, et tant d’autres qualifications qu’il n’est guère possible de les aligner ici – elle est particulièrement forte en body language, c'est-à-dire, langage non verbal, décryptage des mouvements faciaux et du corps.
Elle travaille au sein de Rousseau & Rousseau à Strasbourg, compagnie d'assurances de haut niveau,  et la personne la plus proche d’elle est Phillip, son patron, qui sait comment l’aider à surmonter certaines crises qui la saisissent lorsqu’elle est confrontée à une situation qui lui échappe. Elle se met alors à écrire sur des feuillets musicaux vierges les sonates et menuets de Mozart afin de se calmer.

Car Genevieve Lenard souffre d’une forme d’autisme, qui fait qu’elle ne répond absolument pas aux critères que l’on attend des gens, à savoir l’hypocrisie habituelle de la vie sociale.
Elle ne comprend pas non plus certaines expressions idiomatiques, ni l’ironie. Pour elle, le monde est noir et blanc.
Pourtant,  lorsque la compagnie d’assurances  pour laquelle elle travaille lui confie certaines enquêtes, il lui a bien fallu « s’adapter » aux circonstances et accepter dans sa vie quelques personnages sympathiques mais peut-être pas aussi honnêtes qu’elle le voudrait.

Sa vie en société est limitée depuis l’enfance, ses parents ne l’ayant jamais acceptée et comprise – c’est pour leur plaire qu’elle a commencé, très tôt, à étudier la manière dont « les autres » se comportent en société, afin d’adapter son attitude.
Cela n’a pas cependant fait que ses parents l’apprécient plus et ils l’ont probablement confiée souvent à des cliniques psychiatriques, ergo sa phobie des hôpitaux. Ce ne sont pas ses seules phobies, les germes sont aussi quelque chose qu’elle ne supporte pas et passe beaucoup de temps à nettoyer son appartement après le passage de ses « amis », cela la calme physiquement, mais c’est aussi un besoin pour elle de savoir qu’elle a enlevé d’éventuels germes laissés par les autres.
Même si je ne suis pas aussi atteinte du TOC de nettoyage qu'elle, j'aime aussi que chaque chose soit bien rangée, à sa place.

Mais au contact de Colin Frey, gentleman-cambrioleur de haut vol, expert en œuvres d’art et travaillant aussi pour Interpol, ainsi que de Vinnie son meilleur ami qui devient en quelque sorte le garde du corps de Genevieve et Francine, jeune femme issue d’une importante famille française, mais ayant rompu tous les ponts avec ladite famille, Francine qui est une « hacker » c'est-à-dire une pirate informatique de très haut niveau, le docteur Lenard va être obligée de revoir certaines des valeurs qui sont les siennes et apprendre à travailler en équipe, ce qui va être une révélation pour elle.

Dois je spécifier que j’ai eu un réel coup de foudre pour cette personne hors du commun pour qui les salamalecs de la société sont superflus ; elle ne comprend pas – pas plus que moi – que l’on ne puisse pas dire tout haut ce que les autres pensent tout bas.  Je ne revendique pas la même intelligence qu’elle, loin s’en faut. 
Comme elle, j'ai beaucoup de difficultés à sortir de ma "bulle de confort".

Je suis néanmoins réellement conquise par les enquêtes qu’elle et « son » équipe mènent pour découvrir les sociétés fictives mais criminels bien réels qui se cachent derrière des noms tout aussi fictifs, ne reculant devant rien, pour qui une vie ne compte pas, vous l’aurez compris, ces gens ne s’encombrent guère de scrupules.
A cette équipe hybride autour de Genevieve, il faut encore ajouter le colonel Manfred MIllard, dit Manny, qui ne supporte pas Frey et Vinnie qui le lui rendent bien.

Manny s’est habitué au « no-nonsense » du Dr Lenard. En fait tout le monde, qui passe un jour avec elle, adore Genevieve Lenard et ses questions parfois absurdes sur les bêtises de la conversation, elle qui estime qu’on appelle un chat un chat !
Hermétique à l’humour caustique, elle en est amusante et fait souvent rire l’équipe qui l’entoure, mais sans méchanceté et moquerie – sa candeur les conquiert systématiquement.

Dans la petite chronique suivant ce petit « billet d’humeur », je vous livre deux des enquêtes de Genevieve Lenard – vous pourrez constater que les billets sont courts car il m’a été fort difficile de résumer des enquêtes mêlant informatique et sociétés criminelles, cachées parfois au cœur de compagnies pourtant politiquement correctes, ou considérées comme telles.

A propos d’Estelle Ryan = née en Afrique du sud, elle a passé son enfance entourée par la beauté des paysages et de la nature africaine. A 16 ans, elle a entrepris un voyage en Europe, transformant le monde auquel elle était habituée à un endroit encore bien plus grand. Elle a passé la plus grande partie de sa vie d’adulte à voyager à travers les cinq continents et leurs cultures.

Ms. Ryan a écrit pour différents magazines internationaux ; elle a aussi été éditrice pour un magazine sur les modes de vie, et sous un pseudonyme a écrit quelques romans sentimentaux.
Intéressée par la politique, les arts, la musique, la psychologie et la psychologie criminelle, Estelle Ryan a décidé d’inclure tout cela dans la série Genevieve Lenard.
Elle est aussi une accro au café et aux « coffeeshops », c’est dans ces cafés qu’ont été écrits la plupart de ses romans.

à suivre ...

 

st1

 

26 juillet 2018

MEURTRE AU RITZ, de Michèle Barrière

18067911

En cette fin de 19ème siècle, la France est partagée en deux = les nationalistes-antidreyfusards et antisémites, et les dreyfusards et socialistes, partisans d’Emile Zola qui vient de publier son « J’Accuse » et qui doit fuir la haine et la vindicte des opposants à la tolérance.
Dans cette atmosphère se prépare l’ouverture prochaine du nouvel hôtel de grand luxe, le Ritz place Vendôme, avec Auguste Escoffier à la barre des cuisines.
Le grand chef, créateur de plats délicieux, a travaillé avec César Ritz dans d’autres hôtels d’Europe et tous deux espèrent que l’ouverture parisienne sera un grand succès.
Quentin Savoisy est le filleul d’Escoffier et travaille comme journaliste gastronomique au journal le Pot-au-feu.

En visitant les magnifiques nouvelles cuisines, Quentin et son parrain découvrent le cadavre d’une jeune femme dans une chambre froide, elle a été pendue à un crochet de boucherie !
Afin de ne pas attirer la presse et affoler le public qui bouderait alors l’ouverture du palace, Auguste Escoffier demande à Savoisy d’enquêter discrètement afin de savoir qui est derrière ce crime atroce.
De plus, le chef et le propriétaire de l’hôtel ont reçu un billet annonçant que « ce n’est qu’un début, les marmites vont leur exploser dans la gueule ».
Les « marmites » sont les bombes des anarchistes, ainsi nommées car les premières bombes furent livrées dans d’autres lieux sous la forme de marmites.

Quentin Savoisy est un jeune homme qui n’aime pas se mêler de politique, qui vit agréablement de son travail de journaliste gastronomique et de ses rentes, il reste un peu « sur le bord » - il a pour amoureuse Diane de Binville, jeune aristocrate féministe ayant rompu avec son milieu, bien décidée à devenir journaliste elle aussi, mais de manière plus engagée.
C’est pour cela qu’elle s’est rendue à la Fronde, un journal où il n’y a que des femmes ; elle y a été engagée comme chroniqueuse mondaine pour se faire au métier, mais la jeune femme est impulsive et cette façon qu’elle a de foncer sans tenir compte des autres risque de lui coûter cher.

Dans l’hôtel Ritz se promène Armand Vassière, commissaire de police, ravi à l’idée de l’ouverture où il pourra se délecter de toutes les créations culinaires d’Escoffier.
Et accessoirement veiller à ce que tout se passe bien. Mais Vassière n'est pas le balourd qu'il semble faire croire.
Après un attentat dans un palace à Rome, où Quentin a interrogé le frère de la jeune femme assassinée dans la chambre froide, Savoisy n’est plus totalement convaincu qu’il faut chercher les coupables chez les anarchistes.

Mais alors, vers où se diriger ? qui est derrière ces attentats mis sur le dos des anarchistes ? 

Mon avis = très bonne lecture estivale – de plus comme tous les polars gastronomiques de Michèle Barrière, le roman est suivi d’un petit livre de recettes, où  l’auteure partage quelques recettes les plus « simples » d’Auguste Escoffier – car qui de nous possède une cuisine et une batterie de cuisine suffisamment grandes pour mettre en application de tels délices.

Comme toujours, le roman mêle personnages historiques réels aux personnages de fiction.

J’avoue ne pas beaucoup avoir apprécié la jeune Diane, égocentrée, se disant féministe mais n’ayant pas de respect pour leur petite bonne – non seulement elle laisse tout traîner, mais de plus elle estime que c’est à Nénette à s’occuper de son chien.
Qui est une vraie calamité, même s’il est doué pour découvrir la poudre composant une bombe.
Ce n’est pas la première fois d’ailleurs qu’un polar historique aborde la question d’une patronne qui se veut féministe mais qui maintient quand même son personnel féminin dans un certain manque de respect.

L’auteure décrit joliment les toilettes des dames et les décors composant le nouvel hôtel Ritz, livre quelques intéressantes anecdotes sur les anarchistes et végétariens, les féministes et les adeptes de l’amour libre,   le Paris des artistes et Montmartre.

Il y a néanmoins une erreur évidente dans le roman = lorsque Quentin Savoisy, via l'autrice, parle de la nouvelle mode du five o'clock tea - c'est une énorme erreur car les Britanniques ne parlent JAMAIS de five,o'clock tea mais bien d'AFTERNOON TEA, ou HIGH TEA. L'appellation five o'clock tea est une invention française.

A part cela (je sais je suis pointilleuse) comme je l’ai dit, une agréable lecture de vacances.

auguste escoffier

330px-Auguste_Escoffier_01

SILENT SCREAM, d'Angela Marsons

marsons

Titre français = le Pensionnat des Innocentes

1ère enquête de l’enquêtrice Kim Stone

En prologue, cinq personnes sont réunies autour d’une tombe qu’ils ont creusée. Un incendie ravage alors Crestwood.
Crestwood était un centre d’accueil soit définitif, soit provisoire – définitif pour ces enfants que leurs parents ne veulent plus, pour des tas de mauvaises raisons ; provisoire, si des personnes bien intentionnées sont prêtes à adopter. Que le centre ait brûlé ne fera pas vraiment taire sa mauvaise réputation auprès de la population du Black Country.

Quelques dix années après cette réunion morbide et l’incendie, l’ancienne assistante à la direction est assassinée dans son bain en étant simplement tenue sous l’eau.
L’inspectrice Kim Stone veut être chargée de l’enquête, malgré un collègue du district d’à côté estimant que le meurtre s’est produit sur « son » territoire. Heureusement, la détective est appuyée par son supérieur, même si celui-ci lui demande tout de même d’être accompagnée d’un assistant plus diplomate, plus doué dans les relations humaines qu’elle.
Peu après, c’est un aide-soignant dans une maison de retraite qui est assassiné lui aussi, d’une manière bien plus brutale que la directrice, non seulement l’assassin lui a laissé une bouteille de whiskey alors qu’il est un ancien alcoolique, dont plus du tout censé boire une goutte d’alcool. Lorsqu’il est déjà bien imbibé, l’assassin l’égorge.
Rapidement  Stone et son équipe découvrent un lien entre les deux personnes, et ce lien est Crestwood.

Un crime maquillé en accident et une mort naturelle ramènent à 3 les survivants des personnes qui géraient Crestwood à trois, l’expert-comptable devenu politicien, le pasteur et un gardien de nuit dont la petite fille est atteinte de dégénerescence musculaires dont il s’occupe seul.

Kim Stone et son sergent Bryant tentent de contacter un professeur d’archéologie, car des fouilles  vont enfin pouvoir être entreprises sur le territoire autour de Crestwood, qui serait un site datant de l’âge de bronze. Pour intimider le professeur, il a d’abord été enlevé, mais pas longtemps, mais surtout son chien a été tué, un mot accroché à son oreille enjoignant le professeur de renoncer à ces fouilles sinon ….

Kim Stone est convaincue que quelque chose de pas net s’est produit à Crestwood avant l’incendie et n’a pas les scrupules de l’archéologue – elle décide de creuser, sans avoir toutes les autorisations nécessaires.
Le légiste de l’équipe ainsi que des légistes spécialisés en archéologie trouvent effectivement des squelettes dans le champ, et selon eux, ces squelettes ne datent réellement pas de l’âge de bronze.
Une double enquête se précise pour l’inspectrice Stone et son équipe.
En cours d’enquête, ils interrogent une ancienne pensionnaire de Crestwood, une jeune femme ayant réussi sa vie mais pourvue d’une jumelle hostile.

Mon avis = positif – deux enquêtes en parallèle, mais toutes deux centrées sur Crestwood.
J’avais découvert le bon coupable, tueur en série, pour les squelettes des jeunes sur le site de Crestwood.
Par contre, je n’ai pas découvert l’assassin dans l’enquête du personnel de Crestbood, qui se produit après un excellent rebondissement.

La détective-inspectrice Kim Stone m’a souvent fait penser à Vera Stanhope dans les thrillers d’Ann Cleeves, non seulement dans ses relations avec son équipe, mais aussi dans sa personnalité même.
Je pense que vu le nombre d’auteur.e.s de romans policiers et thrillers qui existent désormais, il ne sera pas facile d’encore trouver un enquêteur/une enquêtrice qui n’ait pas des traits de caractères déjà rencontrés quelque part. 

Kim Stone est une femme qui a énormément souffert dans son enfance, ce qui ne fait pas d’elle une personne des plus ouvertes aux autres et des plus diplomates. Heureusement elle est fort bien secondée par un assistant, son sergent Bryant, qui lui sait comment parler aux gens.
Stone évidemment n’aime pas du tout la presse, qui le lui rend bien, et son supérieur direct a fort à faire à la défendre auprès de ses supérieurs à lui. Pourtant il est capable de reconnaître ses capacités de détective et c’est grâce à cela qu’elle n’a pas encore été renvoyée.

Le thriller est aussi un ouvrage qui interpelle au niveau des centres d’accueil pour orphelins ou enfants abandonnées et/ou confiés à des familles d’accueil dont certaines, c’est tristement vrai, font cela surtout pour les subsides qui en dépendent.

7942666

Angela Marsons est une auteure britannique qui situe ses romans policiers dans la région du « Black Country », dans les West Midlands – ainsi voici encore une région du Royaume-Uni où  le crime, même s’il ne paie pas, est tout de même bien présent =^-^=

Avant de se lancer dans l’écriture, elle a été garde de sécurité dans un centre commercial ; ses romans ont été refusés pendant de longues années par divers éditeurs. C’est après que trois de ses premiers romans furent acceptés par un éditeur de livres numériques qu’elle a poursuivi l’écriture des enquêtes de Kim Stone. 

un autre avis sur ce roman = lenezdansleslivres

the black country, de nos jours (source de la photo = photothèque google)

Snap 2014-03-08 at 11

23 juillet 2018

ORAGE MATERNEL, d'Olivier Démoulin

41Rj+S+psAL

Marie Chantefort se réjouit = demain, elle présente son Anthony à sa famille et ce sera leur dîner de fiançailles. Elle se réjouit aussi de la crise de rage, ou de jalousie, que va probablement piquer Morgane, son aînée de 5 ans. Depuis toujours, depuis sa venue au monde, Morgane lui a fait des vacheries, que ce soit au niveau des petits amis ou d’autres situations.

Heureusement dans la vie de Marie il y a eu Jessica, sa meilleure amie : à deux elles pouvaient faire front contre l’ennemie commune. Et à présent, encore mieux, Anthony est entré un soir dans la vie de Marie et ils vont vivre ensemble.
Ça ne plaît que modérément à la mère de Marie, prototype de la mère possessive ; le père Chantefort, assistant réalisateur de cinéma, est plutôt content pour sa cadette. Il est vrai qu’entre son tourbillon d’épouse et les chamailleries de ses gamines, il aspire à un peu de tranquillité.
Car même, alors qu’elles se sont installées loin l’une de l’autre depuis qu’elles ont un métier, elles parviennent à se chamailler.

Morgane a un copain elle aussi, un ami proche d’Anthony, mais Morgane rêve de « chiper » Anthony à sa sœur, pour le fun quoi !

Marie Chantefort est assistante vétérinaire ; elle quitte le cabinet vétérinaire le cœur léger, demain elle se fiance officiellement.
Ce à quoi elle ne s’attend absolument pas, c’est à être enlevée et séquestrée dans un trou en terre, avec une voiture qui bouche l’entrée. Ne se laissant pas abattre, la jeune femme hurle à qui mieux mieux lorsqu’elle entend des voix dans la soirée. Une bande de jeunes l’aide à sortir du trou, ont quelques visées sur sa personne, mais adrénaline aidant, Marie fuit.
Lorsque son ravisseur lui faisait parvenir des vivres, il y avait un mot d’accompagnement, où il est question de Perrick Chantefort, ayant fait fortune comme réa, pouvant désormais vivre paisiblement de ses rentes.
Cet enlèvement aurait ses racines dans le travail du père ?

En tout cas, lorsque Marie parle à la police de son enlèvement, cette dernière ne la croit pas, d’autant plus que la jeune femme a une psy qui n’hésite pas à dévoiler qu’elle a des tendances mythomanes.

La famille Chantefort ne sera pas au bout de ses peines et tourments.

Mon avis = vraiment excellent, mais cela n’a rien de surprenant puisqu’il s’agit d’un thriller psychologique d’Olivier Démoulin, qui excelle dans le genre. (Et dans d’autres aussi, mais c’est dans ce style-ci que je le préfère =^-^=)

Et de quatre !
Quatre lectures avec familles dysfonctionnelles en 4 romans – rassurez-moi = il en existe d’autres ?
Je sais que ce sont ces romans là qui nous proposent les meilleures histoires, mais mon petit côté « fleur bleue » (comme Marie) espère tout de même lire, à l’occasion, une histoire où tout le monde s’aime et ne passe pas son temps à se dénigrer, se faire des mauvais coups comme les sœurs Chantefort.

Que dire de ce thriller sinon qu’il vous donne la chair de poule pratiquement dès le premier chapitre, et cela va crescendo jusqu’au final. Roman impossible à lâcher une fois entamé.
Je suis très contente de ne rien avoir deviné, au moins voici un thriller avec des rebondissements et des surprises.

J’ai cependant une question = je me demande seulement si dans le cas de la psy, il n’y a pas une faute professionnelle, généraement un psychiatre ou un psychologue n’est pas en droit de divulguer ce que le patient a dévoilé dans les sessions.

THE MYSTERY OF UNDERWOOD HOUSE, de Clara Benson

51sKXiV8F1L

2ème enquête d’Angela Marchmont

Le patriarche Philip Haynes n’était pas exactement un homme idéal – manipulateur, mesquin, tout au long de leur enfance et vie d’adultes, il n’a pas hésité à monter ses enfants les uns contre les autres ; sa méchanceté a même fait que sa fille aînée a quitté la maison, enceinte et abandonnée, elle est morte pauvre, sans que sa fratrie sache où elle était alors que le père et son avoué étaient parfaitement au courant de la situation.
Bref l’homme se réjouissait du mal qu’il causait et même après sa mort, ce ne fut pas terminé = son testament a été établi de telle manière que ses enfants continuent à se chamailler après sa mort.
Avec une clause supplémentaire = obligation de se retrouver à dîner deux fois par an à Underwood House, sinon pas d’héritage du tout. Une autre clause des plus étranges fait que lorsqu’un membre de la famille meurt, une part de son héritage est reversée au notaire afin d’être placée dans un « fonds secret ».

Sur les quatre filles et fils vivants, «  filles sont  mortes, l’une d’un arrêt cardiaque, elle souffrait du coeur depuis de longues années, l’autre a basculé au dessus d’une balustrade en voulant prendre les poussières d’un lustre ! quant à Edward l’un des fils restant, il a été retrouvé noyé dans le lac de la propriété. Chaque mort s’est produite lors d’une réunion familiale aux dates « anniversaire ».
Pour l’épouse d’Edward, il n’y a pas eu d’accident – jamais son époux ne se serait aventuré dans une barque sur le lac et elle n'a  pas hésité à aller à la police avec ces arguments. Hélas pas de preuve.. 

L’épouse de John Haynes -  le dernier frère encore en vie et désireux de conserver Underwood House, quitte à payer ses neveux et nièces pour qu’ils n’y perdent pas – demande l’aide d’Angela Marchmont, une amie de toujours, dont les talents de détective ont fait la une des journaux après le drame de Sissingham Hall.
Mrs. Marchmont ne promet rien, mais après dans le train qui la ramène à Londres, elle croise l’inspecteur Jameson de Scotland Yard, rencontré lors de l’enquête précédente.
Il lui demande aussi d’enquêter sur cette affaire – au Yard, on a conclu à des morts par accident – avec ses connaissances de la famille, peut-être Angela pourra-t-elle glaner des informations que la police n’a pas été capable d’obtenir.

Voilà donc Angela Marchmont à la découverte de la vérité, mais ses questions ne sont pas bien reçues par certains membres de la famille et le notaire est assez peu enclin à lui montrer le testament de Philip Haynes.
Quant au fils adoptif de John et Louisa Haynes, il est persuadé que c’est la « maison » qui tue ceux qui ne l’aiment pas ; la preuve = son père et sa mère, qui apprécient le domaine, n’ont aucun problème. Du moins pas encore.

Poser des questions, rechercher des indices, tout ce que fait un détective amateur s’avère souvent dangereux, Angela Marchmont n’échappera pas à la règle et sa vie sera menacée à plusieurs reprises; 

Mon avis = excellent – ce 2ème polar de Clara Benson, écrit dans le style des polars de « l’âge d’or » du roman policier, même s’il est classique dans sa construction, est nettement mieux construit que la première enquête de Mrs. Marchmont.
Encore une famille dysfonctionnelle, cela fait 3 en 3 romans, je commence à ma demande s’il en existe des « normales » - je commence à mieux comprendre l’expression d’André Gide « Famille je vous hais ». Le patriarche décédé était réellement un manipulateur de la pire espèce.

Comme annoncé dans les commentaires du roman précédent, voilà une petite série bien sympathique que je prends plaisir à suivre.

Angela Marchmont est une femme intelligente, qui a – d’après l’inspecteur Jameson – eut un rôle important aux USA lors de la 1ère guerre mondiale et semble avoir aussi été une espionne pour l’Angleterre après cela. 
Elle n’a pas peur de prendre des risques et est aidée par son chauffeur William, un Londonien pur cockney qui se fait passer pour un Américain afin de séduire les soubrettes britanniques.

Cette équipe patronne/chauffeur m’a fait penser aux enquêtes de  Mrs. Bradley, mais celles de la série télévisée où le chauffeur de Mrs. Bradley a aussi son rôle à jouer dans les enquêtes.
Une autre héroïne me vient à l’esprit à propos d’Angela Marchmont, c’est Miss Phryne Fisher qui n’a pas non plus froid aux yeux lorsqu’elle enquête.

La femme de chambre française de Mrs. Marchmont est une touche sympathique et humoristique dans le roman, même si elle fait un peu "cliché"..

22 juillet 2018

THE LEGACY, de Katherine Webb

webb

Titre français = L’Héritage

Une famille – deux secrets qui minent la vie de ceux qui le détiennent, mais empoisonnent aussi la vie des autres.

Deux récits en parallèle – celui de l’aïeule Caroline, racontée à la 3ème personne, celui de la famille Calcott du 20ème siècle raconté par Erica.

Dans le prologue, une jeune femme se débarrasse d’un petit enfant  – un acte qui va bouleverser toute l’histoire de sa famille.

Ericai est déterminée à découvrir le secret qui mine sa sœur aînée depuis 23 ans, la jetant régulièrement dans des accès de dépression, avec tendances suicidaires, au point que son ex-mari aimerait la faire colloquer et obtenir la garde exclusive de leur fils.
Erica et Beth Calcott ont hérité de Storton Manor, la demeure ancestrale où elles passèrent de nombreux étés. Avec une clause laissée vicieusement par leur grand-mère décédée = elles doivent y vivre un certain temps, si elles ne désirent pas y vivre, le domaine sera vendu et le résultat de la vente ira à des œuvres caritatives.
Une chose est certaine, Beth n’a aucune envie d’y vivre, trop de mauvais souvenirs,  alors qu’Erica sa cadette serait plus encline à faire l’essai.
Beth est extrêmement dépressive, pratiquement depuis l’été de 1986 où leur cousin Henry a disparu – enlevé ? assassiné ? mort accidentellement ? on ne le saura jamais puisque toute trace a disparu.
Erica décide de mener son enquête « familiale », au grenier il y a une malle avec des papiers ayant appartenu à la grand-mère Meredith, une grand-mère bien peu affectueuse, préférant de loin leur cousin Henry, un garçon sournois, toujours prêt à une méchanceté, jaloux de l’amitié de ses cousines à l’égard de Dinny (Nathan Dinsdale), un fils de bohémiens, dont la famille a un droit de résidence sur le domaine. A l’immense déplaisir de Meredith Calcott.
Beth, bien que l’aînée, se repose entièrement sur Erica pour le côté pratique de l’existence, tout en la harcelant pour quitter les lieux. Elle en devient agressive et le fait de retrouver Dinny, qui vit toujours sur les terres, n’arrange rien.

On apprend, en parallèle, l’amour que Caroline éprouva pour un jeune homme, que sa tante méprise ouvertement. Dans la bonne société newyorkaise du début du siècle, on se marie selon son rang, or la tante à qui Caroline fut confiée à la mort de ses parents, estime que Corin Massey n’est pas de leur société. Caroline, majeure, passe outre et rejoint Corin dans l’ouest américain, dans l’Oklahoma plus précisément.
Dire que la jeune femme a des difficultés à s’adapter à la situation est un euphémisme – tout est trop rude pour elle, malgré tous les efforts que fait son mari qui l’aime tendrement, pour adoucir la situation. Mais il ne peut évidemment pas adoucir les difficultés du climat = des hivers rigoureux, des étés étouffants qui assèchent tout,  des pluies torrentielles alternant avec des périodes de sécheresse intense….On est loin de New York.
Et l’éducation guindée de la jeune femme a été trop forte aussi pour s’adapter à la manière de vivre de l’ouest – même si l’on n’est plus à l’époque des pionniers et des guerres indiennes, le fait qu’un couple d’indiens soit ami de son mari et travaille avec lui est pénible à la jeune femme, peureuse à l’excès.
Elle va toutefois se lier, mais de manière distante, avec l’épouse de Joe l’indien. C’est aussi avec douleur que Caroline va réaliser qu’elle n’arrive pas à concevoir, alors que Maggie/Magpie l’indienne met au monde un adorable bambin nommé William.

Comment Caroline Massey est-elle devenue Caroline Calcott ? qu’est devenu le bébé de la photo qu’Erica a trouvé dans les papiers de sa grand-mère ?
Erica a trouvé des lettres aussi qui peu à peu dévoilent les relations mère/fille, mais certains secrets mettent longtemps à se deviner.

Mon avis = du New York du début du 20ème siècle, aux années 2000 en Angleterre. Deux récits, une lecture très satisfaisante sur les secrets cachés au plus profond d’une famille depuis plusieurs générations, empêchant que la vie suive son cours normal. Que de chagrins provoquent les non-dits.
Les personnages sont intéressants, les sœurs Calcott de la génération actuelle, différentes, l’une enfoncée dans un secret qu’elle refuse de révéler, qui joue un peu trop sur ses faiblesses selon moi,  l’autre déterminée à aller au fond des choses.
Quant à leur aïeule dans l'ouest américain, franchement elle m’a exaspérée.

Ces jours-ci je reconnais avoir peu d’empathie pour une partie des personnages dans les romans. Je pense par exemple à ceux de ma lecture précédente, et à ceux-ci.
Ce sont les femmes de tête, celles qui veulent que la vérité éclate à tout prix pour que la vie puisse continuer, qui m’intéressent le plus ; les autres, celles qui refusent la vérité ou qui veulent l’adapter à leur point de vue, m’agacent.
Un héritage n'est pas seulement fait de choses matérielles, la haine aussi est un héritage lourd à porter.

J’ai un problème néanmoins – dont je suis seule responsable =^-^= - j’avais TOUT deviné dès les premiers chapitres.
Je ne sais pas trop ce qui se passe en ce moment, mais je découvre tous les secrets des personnages avant la fin d’un roman.
Ce n’est pas très dérangeant, puisque je poursuis la lecture jusqu’à la fin, afin de découvrir si mes déductions étaient exactes ou non, mais j’aimerais bien avoir pour une fois lire un roman ou un polar avec une vraie surprise.

19 juillet 2018

MURDER AT SISSINGHAM HALL, de Clara Benson

5129MviY7rL

1ère enquête d’Angela Marchmont

Charles Knox revient en Angleterre après huit années d’absence, passées en Afrique du Sud où, après pas mal de difficultés, il a fini par faire fortune grâce à la découverte d’un filon d’or. Il est attendu à l’arrivée du paquebot par son ami de toujours « Bobs » Buckley et sa sœur  Sylvia.
Après avoir acquis une nouvelle garde-robe à Londres, les automnes anglais étant loin d’être aussi chauds que l’Afrique du sud, Charles Knox se voit inviter avec ses amis chez Sir Neville Strickland dont la jeune épouse est Rosamund, l’amour de jeunesse de Charles.
Ce dernier se sent désormais « détaché » de la jeune femme – à l’époque, étant tous les deux pauvres, ils ont préféré rompre leurs fiançailles, Rosamund ne se sentant pas faite pour une vie de difficultés financières. 

A Sissingham Hall se trouvent, en dehors de Sir Neville et Rosamund = Angela Marchmont, cousine de Rosamund, le couple MacMurray dont l’épouse non seulement dépense trop mais boit trop également ; il y a également la jeune Joan, pupille de Sir Neville, Simon Gale le secrétaire. L’arrivée des Buckley et Charles sont une aubaine car une partie des invités n’a pas pu venir et la maîtresse de maison craint pour l’ambiance.
Arrive également, le lendemain, l’avoué de Sir Neville, car ce dernier veut changer certaines clauses dans son testament.

Au cours de la soirée suivante, Neville Strickland tarde à venir rejoindre ses hôtes et lorsque Rosamund lui demande à travers la porte du bureau s’il compte venir, il répond qu’il est occupé.
Le lendemain matin, Neville Strickland est retrouvé mort dans son bureau, il semblerait être tombé sur le bord de la cheminée, après avoir bu un peu trop d’alcool.
Or chacun est d’accord pour dire que Sir Neville buvait très peu. Non seulement la porte du bureau était fermée, mais la porte fenêtre vers le jardin l’était également.

C’est Angela Marchmont qui trouve que la position du corps n'est pas normale, le fait que la pièce sente tellement fortl’alcool, qui suggère qu’il n’y a pas eu d’accident, mais plutôt crime.
Scotland Yard arrive sur les lieux mais ne pourra empêcher une autre tentative de meurtre.

Mon avis = pas mal du tout, mais pas non plus le polar de l’année.
J’avais deviné la personne coupable au début, car il y a un indice absolument évident – mais soit, il y a quand même un rebondissement que je n’avais pas anticipé.
C’est évidemment un agréable « cozy mystery » et la comparaison avec Agatha Christie est évidente.

J’ai apprécié le personnage d’Angela Marchmont, pas une détective privée mais plutôt une personne de bon sens qui essaie de découvrir la vérité là où Scotland Yard semble se tromper.
En dehors d’elle, je ne suis pas certaine d’avoir beaucoup apprécié les autres personnages de cette lecture, sauf les jeunes Joan Havelock, la pupille de Sir Neville et Sylvia Buckley la sœur de Bobs.
Sinon tous les autres sont superficiels, égocentrés, surtout préoccupés par le testament, la richesse, les fêtes, etc.
En fait, tous les personnages de ce polar m’ont beaucoup fait penser à « the Great Gatsby » de Scott Fitzgerald.

Le personnage de Simon Gale, le secrétaire souffrant du syndrome post traumatique, à la suite de sa participation dans la 1ère guerre mondiale et rencontrant peu de sympathie de la part de ces personnes soucieuses surtout de s’amuser, aurait pu être un peu mieux développé selon moi.

Sinon, nous avons tous les éléments d’un meurtre au manoir = perdu loin de toute animation, dans un bel environnement mais où les seules distractions sont les dîners organisés par les nantis du coin, ou les promenades dans la campagne environnante.
Les personnages sont ceux que l’on rencontre dans ce type de roman, le maître des lieux qui a des soucis, sa  jeune et superficielle épouse,  un couple qui espère hériter, qui vit au-dessus de ses moyens, une jeune pupille préférant la lecture aux mondanités, des amis venant souvent en visite.

J’ai  apprécié cette lecture parce que cela se lit rapidement les chapitres étant courts, l’histoire est bien écrite, le complot relativement bien amené, des rebondissements intéressants – mais comme je l’ai dit, j’avais deviné la personne coupable bien avant tout le monde, cela ne m’a pas empêchée de terminer la lecture qui est divertissante, parfaite pour les vacances.
Toutefois, pour ne pas rester sur cette légère déception (très légère) je ferai une autre tentative avec une autre enquête d’Angela Marchmont par Clara Benson.

(Ne pas confondre Sissingham Hall dans le Norfolk du titre, avec le superbe Sissinghurst dans le Kent =^-^=)

16 juillet 2018

THE GUERNSEY LITERARY AND POTATO PEEL PIE SOCIETY, de Mary-Ann Shaffer & Annie Barrows

guernesey

coe14

Titre français = Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates

En janvier 1946, après une tournée littéraire avec son ami et éditeur Sidney Starck, tournée où elle a signé et discuté du livre tiré de ses chroniques durant la guerre publiées sous un pseudonyme, Juliet Ashton reçoit une lettre d’un certain Dawsey Adams.
il a trouvé ses anciennes coordonnées dans un livre de Charles Lamb.
Un échange par lettre s’en suit et commence alors une belle aventure épistolaire entre les habitants de l’île anglo-normande de Guernesey.
Juliet apprend ainsi l’anecdote concernant la création du « Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates » - cela lui donne une nouvelle idée d’un livre qu’elle publierait enfin sous son patronyme (la première incursion dans ce domaine fut une biographie d’Anne Brontë, qui hélas remporta peu de succès).

Dawsey Adams en parle à ses amis du « Cercle », et chacun d’entre eux envoie des lettres à Juliet, avec le ressenti et surtout l’abominable occupation de l’île par les nazis.
Au centre de toutes les lettres émerge une figure emblématique, celui de la créatrice du « Cercle » Elizabeth McKenna, dont toute l’île vit dans l’espoir de son retour, après qu’elle ait été déportée à Ravensbruck, pour avoir aidé un travailleur Todt, mourant de faim.

La correspondance est intéressante, mais Juliet n’arrive pas à en tirer un livre, aussi décide-t-elle de centrer l’histoire autour d’Elizabeth McKenna. Pour ce faire, elle se rend à Guernesey au grand déplaisir de son nouveau soupirant américain, éditeur aux USA, le très riche et arrogant Markham Reynolds Jr.
Inutile de dire que Ms. Ashton est accueillie à bras ouverts par le « Cercle » et peu à peu s’intègre  bien à la vie de l’île, ainsi que dans la vie de Kit, la petite fille de 4 ans d’Elizabeth.
C’est une amie que cette dernière s’est fait à Ravensbruck qui va confirmer que Elizabeth McKenna ne reviendra jamais. L'histoire se poursuit sans elle, peut-être mais elle reste au centre des coeurs et des esprits.

Mon avis = excellent – comment ai-je pu passer à côté de ce petit bijou qui depuis sa sortie en version originale figurait dans ma PAL ? –
Je l’ai déjà dit, je le sais, mais il est des livres qui vous attendent patiemment dans votre bibliothèque parce qu’ils savent que vous allez les aimer beaucoup.

Je n’accroche pas toujours aux romans épistolaires (je me souviens du temps qu’il m’a fallu pour lire « Les Liaisons dangereuses ») – j’avais donc relégué le livre en attendant d’être prête et cette fois,  je l’étais.
Je dois dire que je suis une grande amatrice de ce que j’appelle la « vraie correspondance » (ce qu’Edward Lear appelle « snail mail ») en opposition aux courriels, et j’ai une amie de très longue date qui partage ce plaisir de la lettre écrite, nous ne nous voyons pas souvent, mais nous nous écrivons très régulièrement,
c’est toujours un plaisir de découvrir une « vraie » lettre dans la boîte ; c’est un peu pour cette raison que je comprends mal mes réserves à lire un livre d’échanges épistolaires (peut-être que Freud aurait une explication ? =^-^=)

Lors de sa parution, le roman fit un tabac, et je suis aussi assez méfiante lorsqu’on couvre un livre d’éloges, unanimement – cela provoque toujours un mouvement de recul chez moi, ayant peur que trop d’enthousiasme ne puisse se partager.
Il est vrai que je viens de voir l’adaptation qui en a été faite au cinéma, de pouvoir mettre un visage sur certains des personnages m’a aidée à, en quelque sorte, les identifier.
Je suis contente d’avoir vu l’adaptation cinématographique AVANT d’avoir lu le roman, car le film me semble désormais tellement mièvre, il lui manque tout l’humour caustique de Juliet Ashton, notamment.

C’est réellement une jeune femme selon mon cœur = elle n’a pas hésité à envoyer une théière à la tête d’un critique de journal tenant des propos personnels insultants. Quant à ses deux ruptures d’avec deux hommes qui pensaient pouvoir la contrôler, ce sont de vrais petits moments fort drôles auxquels j’ai applaudi vivement.

Dès le départ, j’ai été emportée par l’humour caustique des échanges entre Juliet et son ami de toujours, son agent et éditeur, Sidney.
Mais tous les personnages sont savoureux, notamment Isola Pribby, excentrique à souhait, se prenant pour Miss Marple et se trompant totalement, contrairement à l’héroïne d’Agatha Christie.
Isola est aussi au centre d’un petit thriller littéraire se rapportant à des lettres d’Oscar Wilde.

Ecrit sur la période du  sortir de la guerre, le ton est léger au début mais devient un peu plus profond au fur et à mesure que Juliet découvre Guernesey et ses souffrances – souffrances dont les Londoniens ne furent certes pas exclus, tout comme toute l’Europe, et aussi le personnage d’Elizabeth qui créa le cercle littéraire.
Le roman  est à la fois drôle et poignant, tente de parler à notre raison mais la plupart du temps, parle surtout à notre cœur.

Il est truffé d’allusions à des auteur.e.s du passe = Oscar Wilde, les sœurs Brontë, Jane Austen, les poètes Auden et Wilfred Owen, Chaucer, Shakespeare, Charles Lamb plus particulièrement.

Livre comme film m’ont donné une furieuse envie de découvrir Guernesey – mais comme disait Kipling, ça c’est une autre histoire.

Qui était Charles Lamb grâce à qui Dawsey et Juliet entament leur correspondance = Charles Lamb était un poète, écrivain, essayiste et critique littéraire dont l’œuvre la plus connue semble avoir été « Essays on Elia » et l’essai qui lui fait suite. Il est aussi l’auteur, avec sa sœur Mary, d’un recueil pour la jeunesse basé sur les pièces de Shakespeare – ces « Tales of Shakespeare » ont souvent été réédités depuis la première édition au 18ème siècle, qui fut illustrée par William Blake.
L’une des plus belles éditions à ce jour est l’édition illustrée par Arthur Rackham.
Il régnait hélas dans la famille Lamb un problème de troubles mentaux – lui-même passa quelque temps dans une institution mentale, mais c’est sa sœur Mary dont il était proche qui était la plus touchée – dans un accès de démence, elle poignarda leur mère alors que son frère était absent.
Il lui trouva, ce même jour avec l’aide d’un ami médecin, une place dans une institution privée, alors que leur frère aîné voulait la faire enfermer dans un asile d’aliénés. 
Grâce à ses amis, Charles Lamb parvint à éviter à sa sœur un enfermement en prison pour le reste de sa vie.
Charles Lamb était un ami proche de Samuel Coleridge, avec qui il avait fait ses études ; avec lui il fréquenta les salons littéraires et notamment celui des Wordsworth.
Dans les cercles littéraires qu’il fréquentait, il rencontra entre autres Percy Shelley.
Lamb ne se maria jamais, la seule personne dont il fut amoureux était la comédienne Fanny Kelly, célèbre dans les théâtres de Drury Lane, qui refusa sa demande en mariage.
Dans mon illustration des auteur.e.s dont il est question dans ce petit bijou de livre, Charles Lamb est le premier en haut à gauche (quand on regarde l’illustration =^-^=). Il y manque Senèque, il est mentionné dans les premières correspondances. 

mary-ann-shaffer-et-annie-barrows1

L’auteure Mary Ann Shaffer était éditrice, bibliothécaire et aussi libraire. Son rêve de toute une vie était d’un jour écrire un livre et être publiée.
Ce roman = The Guernsey Literary and Potato Peel Pie Society a été son premier roman, hélas elle est tombée gravement malade (cancer) et elle demanda à sa nière, Annie Barrows, auteure d’une série de livres pour la jeunesse, de l’aider à terminer « The Guernesey …. ».
Ms. Shaffer est décédée en février 2008, à peine quelques mois avant la parution de son premier (et seul) roman.

Elle découvrit Guernsey en 1975 alors qu’elle faisait partie d’un cercle littéraire elle aussi.  
Son roman offre un regard documentaire sur l’île anglo-normande de Guernsey au cours de la 2ème guerre mondiale, qui fut le seul territoire dépendant de la couronne britannique à être occupé par l’armée allemande.

Ms. Shaffer s’était rendue à Guernesey car elle avait l’intention d’écrire une biographie sur Kathleen Scott, l’épouse de l’explorateur du pôle Scott ; malheureusement les informations glanées sur Mrs. Scott n’étaient guère suffisantes, aussi la romancière décida-t-elle de s’informer un peu plus sur Guernesey ; à peine arrivée à l'aéroport, un brouillard rendit son vol impossible, aussi passa-tt-elle son temps dans l’aéroport à lire plusieurs livres sur l’occupation nazie dans l’île.
Vingt ans plus tard, Mary Anne Schaffer avait définitivement abandonné l’idée d’une biographie sur Kathleen Scott et se mit à écrire un roman autour des informations recueillies sur Guernsey.

les autres avis concernant le livre = critiqueslibres, textes&prétextes, leblogdenoisette, legoutdeslivres, dasola, cynthia, l'ogressedeparis, doucettementviolette, cecile'sblog, karine-moncoinlecture, leslivresd'aline, lamaisondemilly, myloubook

auteurs cités dans le livre

Sans titre 1

harbor-view-from-castle

istock_000017050787small

15 juillet 2018

THE DEATH OF MRS. WESTAWAY, de Ruth Ware

36373481

Brighton 2015 - Harriet – Hal pour les amis – Westaway se remet mal de la mort de sa mère, tuée dans un accident de la route, devant leur appartement, le chauffard ne s’étant pas arrêté. L’avenir d’Harriet a été totalement bouleversé par cette mort, les deux femmes vivaient de manière fusionnelle, avec peu d’argent, juste ce qu’il faut pour vivre correctement.
La mère d’Harriet avait des qualités de « medium », et elle louait un emplacement sur la jetée de Brighton.
Par manque d’argent, Hal a dû arrêter ses études et a repris l’emplacement de sa mère.  Hélas, peu après les funérailles, la jeune femme a dû emprunter de l’argent à un usurier et ce dernier, bien que déjà remboursé au centuple, continue à la harceler et envoyer l’un de ses sbires pour la menacer.
La jeune femme est paniquée, elle sait que l’homme mettra ses menaces à exécution, il a déjà détruit des objets auxquels elle tenait.  Sauf le jeu de tarot qu’elle garde toujours sur elle et qui est sa principale source de revenus.

Du coup, une lettre reçue d’un notaire en Cornouailles prend la forme d’une bouée de sauvetage = il lui annonce que sa grand-mère, Hester Mary Westaway est décédée et ses funérailles sont dans deux jours – plus la lecture du testament. Harriet sait qu’elle n’a jamais eu une grand-mère Hester, ni même de la famille en Cornouailles, mais elle décide de se rendre à Trepassen House, près de Penzance.
Après avoir vérifié sur le net ce qu’était Trespassen, elle réalise que cette famille Westaway doit être très riche.
Si elle parvenait à les convaincre qu’elle était la fille de Maud, disparue on ne sait où, Hal pourrait peut-être apurer sa dette définitivement, avoir un petit pécule en réserve.

Lorsqu’elle arrive pour les funérailles, elle constate qu’il y a peu de monde dans l’église, sauf la famille apparemment et lorsque le notaire l’emmène dans la propriété, quel choc pour la jeune fille !
ce domaine est pratiquement laissé à l’abandon. La gouvernante, Mrs. Warren l’accueille avec agressivité et n’hésite pas à dire que si elle sait ce qui est bon pour elle, elle tournerait les talons.
Harriet est sidérée par ces menaces – on la loge dans une toute petite chambre dans les combles.

Rencontrer la famille est une épreuve également, car tout le monde se montre sympathique avec elle – Hal a des scrupules, mais enfoncée dans son mensonge d’être la « petite-fille » de la matriarche, elle se doit de jouer le jeu.
Par contre, l’ambiance entre les trois frères Westaway est tout sauf au beau fixe, dès qu’ils sont ensemble ils se disputent, malgré l’épouse de l’aîné qui fait tout pour tenter de conserver un semblant d’harmonie.

Lorsque le notaire lit le testament de Mrs. Westaway, tout le monde, à commncer par Harriet,  tombe des nues = Harriet hérite de tout, absolument de tout, sauf un legs pour la gouvernante qui s’est occupée de la vieille dame et a partagé ses sombres secrets.

Au cours d’une promenade, Alex, l’un de ses « oncles », lui donne une photo prise lors du dernier été  où Maud sa sœur était encore avec eux. Harriet a un énorme choc, sur la photo il y a quelqu’un dont elle est le vivant portrait. Plus tard, elle réalise qu’il y a des verrous à sa porte, des verrous à l’extérieur, qu’elle n’avait pas remarqué tout de suite ; avant cela c’est un appel au secours gravé dans la fenêtre qui avait attiré son attention.
La jeune fille est à bout de nerfs et décide de fuir, mais revient pour avouer son subterfuge, disant qu’elle a consulté des papiers et le journal de sa mère, prouvant la confusion. Si seulement c’était aussi facile.  
Parce que sa vie à elle est aussi menacée, ce qu’elle ne comprend pas.
Qui était réellement sa mère ? qui est son père ? pourquoi tant de secrets ?

Mon avis = totalement enthousiaste – voilà un livre dont je ne savais pas trop à quoi m’attendre, mais qui m’a rapidement immergée dans son ambiance gothique dès que la jeune Harriet Westaway arrive au domaine familial – d’ailleurs, à ce propos, la couverture est totalement adéquate, avec cette grille fermée, quelque peu menaçante.
Le personnage principal d’Harriet (Hal) n’est pas sans défauts, au contraire – mais elle a une volonté de fer pour découvrir les secrets de cette famille dysfonctionnelle cachant des secrets bien enfouis depuis pas mal d’années.

 Le portrait de la gouvernante, Mrs. Warren, donne réellement des frissons lorsqu’elle paraît – peu souvent, mais assez pour donner la chair de poule.
Tous les personnages du roman ont d’ailleurs un côté étrange, même la gentille Mitzi, épouse de l’aîné des Westaway – on a parfois l’impression que cette gentillesse cache de sombres desseins.

Le ton du livre est vif, pas de temps mort, au contraire et plus on avance dans l’histoire, plus le suspense augmente. J’ai donc rapidement eu envie de savoir comment cela allait se terminer et je n’ai pas pu lâcher le roman.

Si le suspense augmente, le rythme de l’histoire reste quelque peu lent. Le roman m’a fait penser à un subtil mélange d’Agatha Christie, Daphné du Maurier et Patricia Highsmith, avec les « erreurs » et/ou usurpations d’identité,
Ainsi que, pour moi, un clin d’œil à Wilkie Collins (mais je suis peut—être la seule à avoir pensé cela).

Je n’avais rien lu de l’auteure britannique Ruth Ware ; par contre j’avais lu des critiques élogieuses à son sujet – ce n’est pas usurpé, cette auteure sait comment créer une ambiance et construire un roman où tout se dévoile dans les derniers chapitres, sans que rien n’ait laissé deviner quoique ce soit. Il y a des meurtres dans l’air, et pas seulement dans l’air d’ialleurs, mais malgré ma référence à Dame Agatha, on n’est pas totalement dans un polar de l’âge d’or.

9013543

Ce roman n’est pas encore traduit, mais j’imagine qu’il le sera bientôt puisque les premiers romans de Ruth Ware le sont déjà.
Celle-ci est une auteure anglaise, de thrillers psychologiques, dont les deux premiers romans ont été en tête de liste du Sunday Times et du New York Times UK.
Elle naquit en 1977 et a fait ses études à l’université de Manchester. Avant d’entamer une carrière d’écrivaine, Ruth Ware a fait plusieurs métiers = serveuse, libraire, publicitaire. Elle a aussi enseigné l’anglais à Paris. Avant d’écrire des romans pour « adultes », elle a écrit des romans pour adolescents sous le pseudonyme de Ruth Warburton.
Elle vit actuellement près de Brighton.

On a beaucoup comparé son style d’écriture à celui d’Agatha Christie, ses héroïnes ou anti-héroïnes – comme Harriet – sont généralement des jeunes femmes ordinaires (pas dans le sens négatif) se retrouvant dans des situations pas ordinaires du tout.
Il semblerait que 3 de ses romans seront adaptés soit au cinéma, soit à la télévision. 

 l'une des photos prises de la jetée de brighton lors d'un court voyage dans le sussex

East Sussex 2013 249