mon bonheur est dans la ville

19 septembre 2017

PETITE PAUSE REPOS NEURONAL

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une fois de plus, je me mets en pause non pas lectures mais rédaction de chroniques - je n'arrive plus à trouver les mots justes pour écrire quelque chose de valable, d'intelligent ou s'implement d'intéressant, de plus je commence à trouver le blog très chonophage -

une petite pose repos s'impose donc - je vous retrouve bientôt avec grand plaisir, si vous me faites le plaisir de revenir donner vos avis car sans eux, ce blog est mort (métaphoriquement parlant évidemment =^-^=) - deux billets ont été planifiés pour l'automne qui s'annonce, la poésie que Charles Baudelaire écrivit à ce propos - vous ne le savez probablement pas mais Baudelaire fait partie de mes "chouchoux" littéraires.

A tout bientôt.

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PAUL DELVAUX, LE SOMNAMBULE DE SAINT-IDESBALD

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 LES MARDIS DE L’ART

dans le cadre de la thématique 2016-2017 =

entre beauté et laideur

Pourquoi le « somnambule » était la première question qui traversa mon esprit lorsque j’appris qu’il y aurait une projection de ce documentaire sur l’artiste belge Paul DELVAUX, dans le cadre de la célébration des 120 ans de sa naissance.
Le documentaire a été écrit et réalisé par le cinéaste écossais ADRIAN MABEN.
Adrian Maben a obtenu la citoyenneté française et  a réalisé de nombreux documentaires sur l’art – il est également le réalisateur de PINK FLOYD LIVE AT POMPEI.

(les images illustrant ce billet ont été piochées dans la photothèque google)

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J’eus rapidement la réponse à ce questionnement sur « le somnambule » - en fait le commentaire parle des yeux bleus du peintre  « ces yeux qui lui donnaient un air de somnambule » - personnellement j’aurais dit « ces yeux qui lui donnaient un air rêveur », cet air rêveur qu’il aura toute sa vie, depuis l’enfance.
Ne 23 septembre 1897, Paul Delvaux vécut en grande partie à Bruxelles, dans l’agglomération bruxelloise = Ixelles, Watermael-Boitsfort, mais aussi à Furnes non loin de la côte belge où la jolie commune de St-Idesbald où il transforma un vieux café typique en musée personnel lorsqu’enfin il perça en qualité d’artiste reconnu.

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Au fil des images, il nous raconte son enfance peu studieuse, sauf les cours d’histoire de l’antiquité rendus particulièrement vivants et intéressants par le professeur qu’il eut à l’époque. C’est grâce à un ami artiste de ses parents qu’il put suivre des cours d’art à l’académie de Bruxelles, l’homme en question ayant exprimé à quel point le jeune garçon avait du talent.
L’antiquité gréco-romaine le fascina donc, et plus particulièrement lorsqu’il visita l’Italie (Florence, Pompéi, Rome). Rome surtout lui « parla », il retrouva au sol, dans les ruines, le parcours que le prof d’histoire leur avait tracé.

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Pour Paul Delvaux, on ne peut être peintre sans savoir dessiner – cette discipline-là est indissociable du travail du peintre et Delvaux dessinera toute sa vie, en plus de peindre. Son atelier recevait des modèles vivants, tout comme ses cours à l’académie. Lui-même donnera cours à l’académie de La Cambre, jusqu’à ce que la direction estima que le dessin n’était plus nécessaire à la création !

La première influence de Paul Delvaux fut Giorgio de Chirico – c’est en découvrant une peinture de celui-ci que Paul Delvaux découvrit le surréalisme, bien qu’il ne fera jamais partie du mouvement.
Si de Chirico l’influença pour le surréalisme, ce sont les vieux tramways sillonnant Bruxelles qui titillèrent aussi son imaginaire. Puis ce furent les trains et qui dit « train » dit forcément « gare ».
Il connaissait par ailleurs un mécanicien, bricoleur de génie, à qui il commandait des maquettes de trains anciens, avec locomotives à vapeur entre autres.

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Les squelettes l’ont aussi fasciné – peut-être ceci fut il influencé par la 2ème guerre mondiale puisque c’est à cette époque qu’ils font leur apparition dans sa peinture. Il a notamment reproduit plusieurs étapes de la vie du christ, tout en squelettes, pour accentuer la dureté de cette fin de vie.
D’autres personnages côtoient les belles dames de la peinture de Paul Delvaux = des hommes en redingote, habillés de manière très strictes, ressemblant un peu à l’un de ses anciens professeurs de science – le peintre donne à ce type de personnage un air un peu ahuri, comme les distraits scientifiques qu’ils sont. Ici, Delvaux avoue l’influence évidente de Jules Verne pour ces personnages étudiant des machines à vapeur, ou des mécaniques étranges.

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Comme je le disais en introduction, pour moi Paul Delvaux est tout sauf un somnambule, c’est un rêveur éveillé dont la peinture reflète un imaginaire qui va bien au-delà de ce que les esprits dits sérieux peuvent comprendre.
On dit de Paul Delvaux qu’il est un artiste atypique de l’histoire de l’art belge, car il n’accepta de participer à aucun mouvement, désireux de conserver son entière indépendance créative.
Vous l’aurez compris, il est en haut de ma liste d’artistes préférés dont ma définition est = Entre rêve et humour.

Un documentaire à découvrir, de même que le peintre qui l’inspira.

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15 septembre 2017

STILL LIFE, de Louise Penny

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Titre français = Nature morte - mais aussi En plein coeur (pour la première édition)

1ère enquête de l'inspecteur en chef Armand Gamache

L’automne à Three Pines, dans la province du Québec, est un moment de plus pour la communauté de se retrouver chez Olivier et Gabri, dont le café est aussi un magasin d’antiquité – ce matin-là, Clara Morrow attend son amie Jane Neal, l’une des plus anciennes résidentes de Three Pines. 
Les deux femmes sont amies depuis de longues années, Clara considérant Jane comme une mère d’adoption tant elles s’entendent et s’apprécient. Lorsque Jane arrive la promenade, elle implique son retard au fait qu’elle a reconnu 3 ados qui jetaient du fumier sur la devanture du café cum antiquaire,  salissant  et humiliant le couple d’homosexuels.

Clara Morrow est artiste peintre, comme son mari Peter, qui obtient un grand succès au contraire de son épouse qui est plus originale dans ses œuvres mais moins accessible. Le couple, sachant que Jane Neal a peint une toile intitulée « Fair Day », décrivant un événement dans Three Pines, veulent qu’elle entre cette toile dans le concours annuel de l’académie des arts du canton.  Et le jury, malgré son choc face à la toile plutôt originale, pleine de sous-entendus et d’humour, accepte d’honorer la vieille dame.
Le soir, un repas pré-Thanksgiving est organisé chez elle et tous les amis proches y sont invités. Amis qui n’ont cependant jamais eu accès à d’autres pièces de la maison, sauf la grande cuisine.
Le dimanche suivant on retrouve Jane Neal, tuée d’une flèche dans les bois, elle s’y promenait sans son chien – ce qui est surprenant, Jane ne sortait jamais en promenade sans le labrador.

C’est Armand Gamache, inspecteur en chef du département homicides de la sûreté de Québec qui est chargé de l’enquête – il est accompagné de son second Jean-Guy Beauvoir, ainsi que d’une nouvelle recrue, Yvette Nichol, une jeune femme un peu trop arrogante, peu diplomate ; pour Gamache, ces défauts sont à imputer  à sa jeunesse, il espère qu’elle intégrera l’équipe après avoir vu comment tout fonctionne.

Qui a bien pu tuer Jane Neal, l’ancienne institutrice, une vieille dame qui n’était que gentillesse, toujours prête à aider, comprendre les autres.
A-t-elle été tuée par l’un des ados dont elle avait compris l’identité ? Presque tout le monde pratique l’art de l’archerie à Three Pines.

Comme, par ailleurs, la chasse est ouverte et que les chasseurs, soit avec arc et flèches, soit avec fusil, ne se gênent pas pour outrepasser certains lieux où la chasse est autorisée, il n’est pas impossible que la mort de Jane ait été accidentelle – mais alors, pourquoi la personne ne se dénonce-t-elle pas, un accident n’est pas un meurtre.
L’enquête va un peu tourner en rond, tout le village est suspect, ça n’améliore pas l’ambiance.

Gamache et ses enquêteurs veulent avoir accès à la maison de Jane, mais sa nièce est aussi son héritière et, comme le meurtre n’est pas encore certain, elle défend aux enquêteurs d’occuper cette maison – selon son notaire, elle est l’héritière unique ; comme cette nièce n’est guère aimable, accusant tout le monde de l’avoir séparée de sa tante, elle n’est que trop heureuse de défier la police et le patelin.
Toutefois,  Gamache doute car le testament est ancien et Jane avait l’intention d’en refaire un nouveau.

Avec ma mauvaise ( ?) habitude de souvent commencer une série par un autre volume que la première enquête, j’avais déjà fait la connaissance de la communauté de Three Pines, comme va la découvrir Armand Gamache de la sureté de Québec = le couple d’artistes les Morrow – Ruth, la poétesse, au caractère plus qu’épouvantable – Myrna, l'Afro-américaine, ex-psy qui un jour n’a plus supporté ses patients et a décidé de changer radicalement de vie en se « trompant » de route.
Elle est arrivée à Three Pines par hasard et n’a plus du tout eu envie de partir de là, elle s’occupe de la librairie de livres neufs et d’occasion – le couple homosexuel déjà nommé, Olivier et Gabri, dont l’auteure brosse un portrait un peu caricatural (je trouve) – et bien d’autres personnages hauts en couleur.

Armand Gamache, inspecteur en chef du département homicides n’est pas un flic comme les Scandinaves, il ne refuse pas un verre, mais ne vit pas imbibé, mange (presque) raisonnablement et surtout a une très affectueuse et belle relation avec son épouse Reine-Marie – c’est rafraîchissant un policier pareil, rare dans les polars.
Son équipe comporte des personnages assez disparates, son adjoint est un type très sympathique qui ne comprend toutefois pas la patience de son chef vis-à-vis de Yvette Nichol. Pourtant l’avenir donnera raison à Gamache, mais il faudra quelque temps.

Ce que j’aime dans les romans de Louise Penny, c’est la manière subtile dont elle mélange la vie quotidienne, assez charmante, des habitants, la nature des paysages, des changements dans le temps qu’il fait, avec les éléments perturbateurs des crimes.
Cela tient probablement au fait que, jeune, elle fut une avide lectrice des polars de la période "classique" du genre figurant dans la bibliothèque de sa mère = Agatha Christie, Georges Simenon, Dorothy Sayers, Michael Innes, n’ont plus de secrets pour elle. 
Des critiques littéraires ont d’ailleurs comparé Gamache à Maigret – oui  bon ! je dis toujours que « comparaison n’est pas raison », c’est vrai qu’ils ont tous deux un côté bon enfant, mais Gamache est moins renfermé que Maigret (opinion toute personnelle =^-^=).

Il y a une théorie exprimée par l’inspecteur en chef que j’ai trouvée intéressante = les victimes ont rarement l’air horrifié, en fait il trouve qu’elles ont souvent l’air étonné, non seulement parce qu’elles sont surprises de découvrir qui  les assassine, mais surtout qu’on les assassine.
Quant aux meurtriers, souvent ils ont « ruminé » une vengeance, un crime,  pendant de très longues années, tout en poursuivant une vie des plus normales en apparence. Les enquêtes révèlent des secrets de famille, des traits de caractère que souvent on ne soupçonnait même pas. Très peu de meurtres sont des actes spontanés, comme commis sous le coup de la colère.

Je vais poursuivre la série des enquêtes de l’inspecteur Gamache, à mon rythme, c'est-à-dire en ne suivant toujours pas l’ordre des enquêtes – même s’il y a dans chaque histoire une référence à une enquête précédente, bien que cela ne dévoile jamais des éléments importants (heureusement).

Comme W.H. Auden était le poète préféré de Jane Neal, il est souvent fait référence à ce dernier dans le roman.

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(photo prise par l'un de mes fils)

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 d'autres avis sur le roman = critiqueslibres, babelio

13 septembre 2017

DREAM ANGUS, d'Alexander McCall Smith

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 The Celtic God of Dreams and  Love

7ème « novella » faisant partie de la série « The Canongate Myths »

Cela fait quelque temps déjà que j’avais envie de me (re)plonger dans une histoire de mythologie – j’ai donc opté de retourner aux Canongate Myths, qui sont des réécritures de mythes, dans un contexte actuel.

Alexander McCall Smith a habilement mélangé une histoire de la mythologie irlandaise, celle  du dieu de l’ amour, de la jeunesse et de l’inspiration poétique (on l’associe à Apollon/Phoebus chez les Romains ou les Grecs).

Chaque chapitre de la vie d’Angus, le dieu celtique, alterne avec une nouvelle dont l’action se situe dans le monde actuel, mais avec des similitudes dans ces histoires actuelles face à la légende.
C’est fort joliment écrit, très poétique comme on s’en doute – surtout la vie du jeune dieu.

L’auteur nous explique, dans les passages du mythe, qui est Angus = l’histoire commence par celle de Boann, une très jolie nymphe des eaux, qui donne son nom au fleuve Boyne en Irlande.
Sa grande beauté attira un jour un poète, qui se contenta de la regarder, de se cacher dans l’eau comme elle, la jolie déesse fut touchée par cet amour-amitié. Hélas, il y a toujours quelqu’un pour jalouser ceux qui s’aiment – le Dagda, alias le dieu des dieux, qui se promène toujours avec son chaudron magique et son énorme bâton dont un côté inflige la mort, l’autre côté la guérison et la résurrection éventuelle, le Dagda donc décida d’aller voir qui était ce mortel stupide qui se permettait d’aimer une déesse.
En l’absence de Boann, il tue le poète et modifie son apparence pour lui ressembler, séduit Boann qui mettra au monde le petit Angus. Dès sa naissance Angus est entouré de quelques petits oiseaux qui volètent autour de lui en chantant, comme les oiseaux savent le faire ; chaque fois qu’Angus est gardé par des nourrices, celles-ci font des rêves magnifiques, rêves souvent prémonitoires – lorsque le Dagda (encore lui !) découvre qu’il a un fils,  il  suit de loin la jolie Boann qui a caché le berceau dans les roseaux, dès qu’elle s’éloigne, il enlève l’enfant et le dépose chez son fils Midir qui devra l’élever comme le sien.
L’enfant est tellement adorable, tout le monde l’aime et surtout son père adoptif, causant la jalousie du mari de Boann, qui ne se doutait de rien.
Compliqué non ? que voulez-vous, c’est ça la mythologie – le reflet de la vie, le mot même de mythe signifie une allégorie, un conte reflétant   des situations de la vie appliquées à des dieux – le terme « mythologie » par contre a été inventé au 19ème siècle.

Après le conte sur la naissance d’Angus, l’auteur nous propose l’aventure d’un jeune couple en lune de miel, dans lequel la jeune femme dit ne pas tout savoir de son mari, qui répond qu’il n’est jamais bon de « tout » savoir – la voilà donc confrontée à des secrets qu’elle ne connaîtra jamais.

Dans la suite de la vie d’Angus, celui-ci découvre que son père n’est pas Midir, mais le Dagda et comme Angus est non seulement très beau mais aussi très intelligent et astucieux, il arrive à piéger le dieu des dieux et prendre sa place.
En parallèle, l’auteur nous raconte l’histoire d’un jeune garçon qui, pour se venger de ses parents qui l’ont mis en pension, applique la loi de Mendel sur la génétique = deux parents aux yeux bruns ne peuvent avoir un rejeton aux yeux bleus, donc le garçon de 16 ans découvre que son père n’est pas son père … il compte bien avoir du pouvoir sur sa mère de cette manière.
Il a oublié qu’il a un oncle qui est très protecteur de sa sœur. 

Puis Alexander McCall Smith nous parle d’Angus et du mal d’amour – le jeune dieu, toujours accompagné de ses petits zoziaux – a découvert en rêve la plus belle des jeunes femmes et il souhaite l’épouser. Le père refuse, Angus dépérit encore plus, se nourrit à peine – finalement il découvre que la jeune fille est sous l’emprise d’un charme = elle se transforme en cygne toutes les nuits. Les cygnes, en mythologie celtique, sont les médiateurs entre l’Autre Monde et le nôtre.
Angus finit par prendre l’apparence d’un cygne lui aussi pour rejoindre régulièrement sa bien aimée.

Une sculpture de 2 cygnes réunis borde la maison d’un photographe connu. Son épouse découvre par hasard qu’il fut infidèle … enfin, quand je dis « par hasard » elle lui a quand même fait les poches, mais parce qu’elle cherchait quelque chose – on dira ça comme ça !

Sa sœur, chez qui elle s’est réfugiée, lui conseille une thérapie – conseil que l’épouse suit ; cet thérapeute utilise les rêves (comme les thérapies de Jung) afin d’aider à se soigner, même des rêves « éveillés ». Finalement elle ose rêver d’une éventuelle réconciliation avec son mari.

Il y a encore une jolie nouvelle, emplie d'écologie et de souffrance aux animaux, un peu perdue parmi les autres, celle d’un jeune garçon, gardien des cochons dans un centre de recherches scientifiques – il s’est attaché au cochon Numéro 20 et  n’accepte pas l’idée qu’il soit utilisé à des fins scientifiques.
La secrétaire du directeur est attirée par la gentillesse et la douceur de ce jeune homme et va tenter de l’aider afin qu’il ne soit pas renvoyé du centre.

Le mythe d’Angus a fait l’objet d’une poème de la part de W.B. Yeats, poète irlandais – une chanson populaire, berceuse, a également été écrite à propos de « Dream Angus », que j’ai le plaisir de partager ci-dessous.
Et surtout, si  vous souhaitez découvrir un  peu plus de détails sur la mythologie celtique, je vous recommande très vivement le livre de Claude Sterckx Mythologie du Monde Celte (billet ici). Cela se lit comme un roman, c’est passionnant et rigoureusement recherché car Mr Sterckx est mythologue, historien des religions, et j’ai eu le plaisir d’être l’une de ses élèves lorsqu’il donnait cours à l’institut des hautes études.

Non seulement le livre reprend des détails historiques de l’histoire du monde celtique, il est également suivi d’un descriptif de tous les dieux – avec une comparaison avec d’autres mythes et religions.
C’est un ouvrage de référence pour ceux et celles que la mythologie du monde intéresse.

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09 septembre 2017

THE SEAGULL, d'Ann Cleeves

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8ème enquête de Vera Stanhope, détective-inspectrice dans le Northumberland

Non encore traduit (cela ne devrait pas tarder vu le succès de la série)

La détective-inspectrice Vera Stanhope a un nouveau supérieur, un type nettement plus jeune qu’elle et qui ne l’estime que médiocrement – toutefois, se rendant compte de l’apport positif et des résultats que Ms. Stanhope obtient au cours de ses enquêtes, il ne peut pas encore la mettre sur une voie de garage.
Cet été est plutôt calme pour le service, du coup le superintendent Watkins dit à son inspectrice qu’il l’a inscrite pour présenter une conférence dans une prison.
Vous pensez si elle déborde d’enthousiasme ! mais que voulez-vous, les ordres sont les ordres, même s’ils viennent d’un « freluquet prétentieux » (son opinion à elle).

Dans cette prison se trouve un certain John Brace, qu’elle a aidé d’ailleurs à l’y mettre, un ex-superintendent, mais surtout flic ripou.
Après la conférence il demande à lui parler ;  Brace demande à Vera d’aller jeter un coup d’œil sur sa fille et ses trois petits-enfants.
Première nouvelle, même les salauds ont des enfants ! ce qui ne devrait pas étonner Vera puisque son père en était un fameux de salaud lui aussi.
En échange de ce service, John Brace est prêt à lui dévoiler où se trouve le corps de Robert (Robbie) Marshall, disparu depuis l’été 1995.
Avec John Brace et Hector Stanhope, Robbie Marshall formait le « Gang des Quatre » - le 4ème est toujours inconnu, on le connaissait sous le surnom de « Prof » ;  John Brace prétend ne pas se souvenir de son véritable patronyme.
Comme si elle allait le croire.

Vera Stanhope se rend donc auprès de Patricia  Kean, ex-Kean serait plus exact, puisque son mari l’a plaquée après la naissance du 3ème enfant – la jeune femme ne va pas bien du tout, en pleine dépression elle est heureuse que quelqu’un s’occupe d’elle en dehors des services sociaux.

Brace tient parole, lorsque sa fille lui confirme que Ms. Stanhope est passée lui parler, il lui révèle où se trouve le corps de Marshall, du moins son squelette.
Une surprise attend Vera Stanhope et son team, ainsi que les experts des scènes de crime = il y a un autre squelette dans la crevasse, celui apparemment d’une jeune femme.
Vera Stanhope pense qu’il s’agit peut-être de l’ex-amante de Brace, la mère de Patricia, une jeune femme qui se droguait lorsqu’il l’a rencontrée, restée clean pendant sa grossesse, mais qui aurait rechuté après avoir confié l’enfant à l’adoption. Puis a totalement disparu des radars.

En tout cas, tout se recoupe autour de la boîte de nuit à la mode dans les années 1990, « The Seagull », située sur front de mer à Whitley Bay, un lieu fréquenté par des acteurs, des gens du monde sportifs, où les cocktails étaient un peu trop chers pour le commun des mortels.
« The Seagull » a été détruite par un incendie, de façon opportune quand les affaires semblaient aller moins bien.
On ne put prouver si l’incendie fût ou non criminel, en tout cas les assurances payèrent. 

Le mystère de ce 2ème squelette va emmener Vera Stanhope et son équipe préférée – Charlie, Joe et Holly – surde  multiples voies, qui finalement vont se recouper pour un final dramatique.

Excellente enquête de procédure policière, parfois cela semble un peu long, mais ce n’est jamais ennuyeux.
On se doute bien que le flic ripou qui demande l’aide de la détective n’est pas aussi désintéressé qu’il le prétend et surtout qu’il en sait bien plus qu’il ne le dit.
Les lecteurs en ont d’ailleurs un aperçu puisque de la prison, le type tire encore certaines ficelles.

Le dénouement final est fort bien amené et totalement crédible – assez dramatique, comme je l’ai écrit plus haut.
Le suspense reste entier, jusqu’aux tout derniers chapitres.

Le personnage de Vera Stanhope est très borderline, elle me fait penser à Wallander dans ses pires moments, avec ses problèmes pondéraux, son manque de soin, toujours mal fagotée,  sa manière de se mal nourrir.
Son manque de soin choque souvent les membres de son équipe, mais ceux-ci lui sont attachés, cela se comprend dans leurs réflexions.

Cette enquête est aussi fort proche de Ms. Stanhope, son père ayant fait partie de cette bande de 4 personnages peu reluisants, Hector Stanhope étant impliqué dans un trafic d’œufs d’oiseaux rares.

L’ équipe de Stanhope est réellement sympathique et efficace – Joe, l’adjoint préféré, qui doit jongler entre sa famille avec enfants et une cheffe autoritaire, qui ne connait pas du tout les exigences d’une vie de famille – Holly, la jeune universitaire qui prend un peu d’assurance, mais réalise qu’elle est plus efficace derrière un ordi que sur le terrain – et « l’ancien » Charlie, qui a une mémoire d’éléphant et sera d’une grande aide dans cette enquête.

Ann Cleeves a confirmé au cours d’un interview qu’elle avait particulièrement aimé écrire cette enquête parce qu’elle aime énormément Whitley Bay et l’île de St-Mary. 
Il faut  dire que la description du bord de mer, des paysages, des intempéries de saison, donnent bien envie de s’en aller jusque là.

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LA JUMENT DE SOCRATE, d'Elisabeth Laureau-Dauli

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Xanthippe, épouse de Socrate, a été malmenée par l’histoire avec un grand H, comme beaucoup de femmes  d’ailleurs – bien que Clytemnestre soit un personnage de fiction, je n’ai pu m’empêcher, par instants, de comparer le roman d’Elisabeth Laureau-Dauli à celui de Simone Bertière. Celle-ci tentait aussi une réhabilitation d’un personnage littéralement haï par l’histoire dans son « Apologie pour Clytemnestre ».

Un peu d’histoire = Xhantippe, dont le nom signifie littéralement « jument blonde (jaune » - un patronyme dont le nom contient « hippos » et pourrait signifier un héritage aristocratique, mais ce n’est pas une certitude.
Toutefois, le fait d’avoir nommé leur premier fils  Lamprocles pourrait aussi abonder en ce sens car c’était le patronyme du père de Xanthippe et généralement le premier fils né portait le nom du grand-père le plus important.

Xanthippe était beaucoup plus jeune que son époux – peut-être d’au moins 40 ans – ils eurent 3 fils. Elle est restée dans l’histoire, le synonyme de la mégère, de la femme acariâtre, toujours en conflit non seulement avec Socrate mais aussi avec certains de ses amis, qui la méprisaient pour son manque d’éducation – c’est bien typique de la mauvaise foi et de la misogynie masculine grecque de mépriser le manque d’instruction d’une femme lorsque l’on sait que les filles passaient leur vie dans le gynécée de leur père, pour ensuite passer dans celui du mari – où leur tâche était, en dehors de pondre des enfants, tisser, préparer les repas ou les superviser si elles étaient de riche maison. Et surtout NE PAS assister audit repas.

Cette réputation de mégère lui fut donnée par Xenophon – malgré ce caractère grincheux, Socrate disait l’apprécier justement pour ce caractère qui s’opposait systématiquement à lui.
On tente actuellement de la réhabiliter un peu car finalement Socrate refusait tous les biens matériels et c’était à elle à se débrouiller pour faire bouillir la marmite, ce qui était particulièrement compliqué avec le peu dont le ménage disposait.
Cette tentative de réhabilitation se ressent dans le roman d’Elisabeth Laureau-Dauli – même Platon, qui  n’aimait pas particulièrement les femmes, qu’elles soient éduquées ou non, a quelques courtes paroles de sympathie à son égard devant son désespoir lorsque Socrate est condamné à boire la ciguë dans son « Apologie de Socrate » ( un texte que je vous recommande ).

Le roman débute donc par la condamnation de Socrate, et la malheureuse Xanthippe qui court comme une folle à travers les rues d’Athènes hurlant « vengeance », réclamant la justice pour un homme qui toujours fut sincère.
Ses fils aînés, adolescents, tentent de l’enfermer dans leur maison, estimant que désormais puisque leur père mourra bientôt, c’est à eux qu’elle doit obéir.
La jeune femme se souvient de leur vie, depuis le moment où Socrate vint la demander en mariage jusqu’au jour fatidique de sa condamnation.

A la question "Xanthippe est-elle une femme « moderne » pour son époque  ?"  je réponds résolument « non » si on la reporte dans le contexte historique – mais dans le roman elle apparaît comme une féministe avant l’heure, transportant ainsi ce que l’auteure veut communiquer.
Elle est néanmoins une héroïne tragique, comme celles des pièces d’Eschylle ou Euripide, ou par instant une héroïne comique comme dans les pièces d’Aristophane.

Le roman est d’une belle écriture, il mélange habilement des éléments biographiques et des éléments romancés – il est réaliste, on ressent vraiment la douleur de la jeune femme, elle est touchante lorsqu'elle dit se savoir laide,  redoute déjà devoir couper ses cheveux, sa seule beauté, car c’est ce que l’on attend des veuves.
Socrate y apparaît comme un homme ironique mais aimant, les fils sont d’abominables misogynes à la grecque, uniquement préoccupés par leur corps, toujours au gymnase,  méprisant leur père qu’ils considèrent comme un repris de justice et leur mère qu’ils traitent de folle.

Merci à Cécile du cécile’sblog (billet ici) pour m’avoir transmis ce livre que j’ai réellement apprécié. Un livre court mais puissant.

d'autres avis = babelio, critiqueslibres

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07 septembre 2017

LA BIBLIOTHEQUE DES COEURS CABOSSES, de Katarina Bivald

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Titre original suédois = Lasarna i Broken Wheels rekommenderar

Lorsque Sara Lindqvist, libraire  dans un patelin de Suède, et Amy Harris, une vieille dame avide de lectures dans un patelin de l’Iowa, USA, s'échangeaient des idées et des livres, elles étaient loin de s’imaginer que 2 ans plus tard, Sara franchirait l’océan pour rencontrer son amie. Sara est timorée, véritable petit rat de bibliothèque, préférant les livres aux humains ; elle débarque donc à Hope, la ville voisine de Broken Wheel où l’attend Amy.
Lorsqu’une habitante de Broken Wheel vient la chercher à la gare de Hope, elle apprend à Sara que malheureusement Amy est morte. Elle avait bien écrit à Sara qu’elle n’était pas très en forme, mais de là à mourir … Que faire ? Sara Lindqvist a un permis de séjour vacances qui lui permet de rester deux mois aux Etats-Unis.
Elle est logée dans la maison d’Amy et chaque fois qu’elle se rend dans un commerce du patelin, qui ressemble plus à une ville morte qu’autre chose, on refuse qu’elle paie. Ce qui la gène beaucoup. Comment faire pour les dédommager ?

Lorsque, enfin, elle découvre la chambre à coucher d’Amy (où elle n'osait pas entrer par pudeur), Sara a l’impression d’entrer dans la caverne d’Ali-Baba = la chambre est un véritable trésor de livres, il y en a pour tous les goûts, tous les genres – une idée lumineuse vient alors à cette jeune femme que les gens effraient un peu = et si elle créait une librairie puisqu’il n’y en a pas dans Broken Wheel. Ceux à qui elle en parle la regardent comme si elle était folle, personne ne lit à Broken Wheel, pourquoi dès lors créer une librairie ?
En souvenir d’Amy Harris, répond Sara bien décidée à transformer un vieux bâtiment appartenant à la défunte en une vraie librairie avec coin à discussion ou lecture pour qui souhaite découvrir un livre avant de l’acheter.

« Oak Tree Bookstore » est né.

Qui plus est, Sara insiste que n’importe quel livre peut être acheté ou commandé. Evidemment, ceux que cela intrigue, sont les gens de Hope, car les habitants de Hope considèrent Broken Wheel comme Ploucville et certains d’entre eux n’hésitent pas à venir se moquer de la jeune femme. 
Sara Lindqvist sait comment s’occuper d’une librairie puisqu’elle a travaillé dans celle de son patelin suédois avant qu’elle ne soit fermée – Sara sait qu’elle devra se retrouver un emploi lorsqu’elle rentrera en Suède, mais rentrera-t-elle en Suède, car elle a fait la conquête de Ploucville, pardon de Broken Wheel, personne n’a envie de la voir partir.

Lorsque la librairie de livres numériques qui gère ma liseuse offrit ce livre gratuitement, dans un élan « offres temporaires » dont ils ont le secret, je l’ai acquis sans hésiter, parce que je trouvais le titre sympa – et après avoir lu le roman, je trouve qu’il convient parfaitement à cette série de personnages à la fois tendres, loufoques, parfois agaçants.
J’ai eu l’impression de plonger immédiatement dans cette petite ville de l’Iowa avec George, l’ivrogne repenti qui a besoin de s’occuper pour ne pas rechuter, qui espère désespérément qu’un jour Sophy, la petite fille qu’il a élevée comme sa fille, le retrouvera. Il y a le couple homosexuel, très séduisant, qui tient le bar où l’on retrouve souvent Grace (qui en réalité s’appelle Madeleine), toujours le fusil à la main et pas souvent sobre. Elle tient le snack.
Il y a la coincée Caroline, qui cache sous des dehors rigides un cœur tendre, il y a Jen l’efficace mère de famille, toujours tirée à 4 épingles, et surtout John l’ami-amour d’Amy. Ainsi que le pasteur, qui aime bien s'occuper de son jardin. Sans oublier les 2 vieilles dames, dont l'une fume comme un sapeur, et pour rester dans les clichés, il y a également une jeune femme mère célibataire.
Il y a aussi Tom, le séduisant célibataire, même âge que Sara, mais qui semble ne pas l’apprécier particulièrement.

Et - bien qu’elle soit décédée -  il y a surtout Amy Harris dans cette petite ville qui a terriblement souffert de la crise des années 1980 et qui ne s’en est jamais vraiment remise – tous les jeunes sont partis travailler ailleurs et Broken Wheel s’enfonce peu à peu dans une torpeur qui ressemble déjà à la mort.
Amy,  c’était l’âme de Broken Wheel et parce que Sara dit que c’est en son honneur, les habitants acceptent désormais cette librairie où ils finiront d’ailleurs par découvrir des livres selon leur cœur, selon leurs goûts. Même Grace, et dieu sait si elle déteste les livres. 

Le livre est certainement un bel hommage à la lecture. On cite pas mal d’auteurs et de titres de romans dans cette histoire qui est malgré tout un livre « chick lit », mais pas dans le sens péjoratif que certains attribuent à cette définition – la chick lit est une branche de la littérature où l’héroïne principale est une jeune trentenaire qui après quelques écueils matériels et / ou sentimentaux découvre l’amitié et plus si affinités. 
J’ai été touchée par le personnage de Sara Lindqvist, car comme elle, je vis le nez dans un livre et je préfère les livres aux humains (=^-^=).

Les chapitres consacrés aux aventures et mésaventures de Sara dans Broken Wheel sont entrecoupés des lettres qu’Amy Harris écrivit à Sara Lindqvist au cours des deux années de correspondance. On y découvre combien sa petite communauté lui tenait à cœur.

Je n’irai pas jusqu’à dire que c’est fort bien écrit, c’est même un plus simpliste par moments, mais c’est extrêmement délassant, le livre est qualifié de lecture « feel good » (de la même manière qu’il y a des « feel good movies ») et c’est évident que lorsqu’on a terminé cette lecture, on a l’impression d’avoir passé quelques bons moments en compagnie d’une bande de frappadingues.
Les derniers chapitres, où la lutte s’organise pour que Sara puisse rester aux USA, sont réellement drôles et on se prend un peu à plaindre l’employé de l’administration face à cette bande de louffes qui ne veut pas comprendre, ou qui fait semblant de ne pas comprendre.

d'autres avis sur ce livre "feel good" = critiqueslibres, livraddict, babelio,  cryssilda-voyager, lire, myloubook,  - faites moi parvenir le lien vers votre blog si vous avez lu ce livre, je l'ajouterai ici avec grand plaisir

05 septembre 2017

CHARLY 9, de Jean Teulé

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L’histoire fortement teintée d’impertinence d’un roi de France, de la branche des Valois, fils de Catherine de Medicis qui régna à travers lui. Charles IX  devint roi  à l’âge de 10 ans, à la mort de François II.
Catherine de Medicis assuma la régence et ne fut pas totalement contente de la laisser lorsque son fils fut en âge de régner par lui-même. Ne dit-on pas, d’ailleurs, qu’aucun fils de Catherine de Medicis ne régna  vraiment par lui-même puisque son ambition à elle faisait qu’elle était toujours présente dans l’ombre.
Lorsque Charles IX devint roi, sa mère ordonna un grand « tour de France », afin de montrer au peuple son nouveau jeune roi – on ne peut pas dire que cela rendit la royauté beaucoup plus populaire car ce déplacement de la cour s’accompagnait d’énormément de fastes, de véhicules contenant nourritures et boissons alors que le peuple subissait maladies et famine.
Il frappa même de la fausse monnaie pour remplir les caisses du royaume. Il mourut sans postérité masculine puisque l’enfant qu’il eut d’Elisabeth d’Autriche était une petite fille. Il eut un fils de sa maîtresse Marie Touchet.
Charles IX  reste tristement célèbre, entre autres, pour avoir ordonné le massacre de la st-barthélémy, fortement influencé par tous les catholiques de son entourage, à commencer et surtout par sa mère.
Il est mort à 23 ans, des suites d’une tuberculose qui faisait que tout son corps exsudait du sang.

Le livre de Jean Teulé commence par cela, par les tergiversations du jeune roi qui à l’époque a 21 ans et qui ne voit pas pourquoi il faut assassiner des gens parce qu’ils ne pensent pas comme les catholiques. 
A partir de ce massacre, Charly 9 perd la tête, devient un véritable tyran sanguinaire, se met à chasser dans les couloirs du Louvre,  tue les gens pour un oui pour un nom. Bref il débloque à fond, lorgné par son frère Anjou, à qui la Pologne a offert une couronne de roi, mais Anjou veut la couronne de France et n’hésite pas à le faire savoir. Soutenu bien sûr par sa mégère de mère, dont il est le fils préféré.

Je ne sais pas trop ce qui est vrai et faux dans ce roman caricatural de Jean Teulé, je connais l’histoire des Valois dans les grandes lignes pour  avoir lu quelques livres à ce sujet,  ici comme je le dis c’est caricatural à l’extrême et ne permet pas de distinguer le vrai du faux.
Personne n’est épargné par la dérision – Catherine de Medicis qui n’était pas très belle, y est décrite comme une magicienne, une harpie qui ne s’adoucissait que lorsqu’elle parlait à son fils Anjou. Celui-ci, futur Henri III, y est décrit comme un homosexuel avec tout ce que cela a de ridicule = toilettes, coiffure – de plus Jean Teulé lui fait pratiquer de la magie aussi à l’aide d’une figurine en cire dans laquelle il plante des aiguilles pour  faire souffrir et tuer le roi.
Quant à Marguerite de Valois, elle apparaît brièvement, morbide, couverte de voiles noirs des pieds à la tête, avec un bocal dans lequel marine la tête d’un de ses amants.

La famille Valois n’est pas la seule à être ridiculisée, les poètes de la Pléiade ne sont pas épargnés eux non plus – Ronsard en prend plein les gencives,  à tel point que l’on se demande comment cet poète ait pu écrire de si jolies choses.

Tout le roman baigne dans un langage cru, volontairement vulgaire, drôle d'abord mais dont on finit par se lasser – c’est  long et répétitif ce qui est le comble pour un livre aussi court.
Si les grandes lignes de la vie de Charles IX sont exactes, elles sont noyées dans des éléments caricaturaux.

J’ai encore un livre de Jean Teulé dans ma pal, je l’en sortirai certainement, même si à présent je sais à quoi m’attendre au niveau de l’écriture.

d'autres avis sur le livre = critiqueslibres, labibliothèquedudolmen (version livre), labibliothèquedudolmen (pour la version roman graphique), babelio

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04 septembre 2017

JEF AEROSOL DANS LES MAROLLES - 2

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Partie à la découverte de la nouvelle fresque de JEF AEROSOL, l’artiste-graff que j’apprécie énormément, j’avais eu le plaisir d’admirer l’artiste au travail – il discutait alors avec ses assistantes de ce qu’il allait « poser » à la fin de la fresque – vu le stencil qu’il avait en main, je m’étais dit qu’il allait sans doute nous proposer la jolie Twiggy, mannequin égérie des sixties.

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avant

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après

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La fresque devant être inaugurée de manière officielle le 31 août 2017, je suis donc retournée sur les lieux, où j’ai pu la photographier terminée. Je vous propose ci-dessous les nouveaux éléments qui lui donnent désormais son aspect définitif.

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 et une citation que n'aurait pas désavouée friedrich nietzsche
qui déclarait "sans la musique, la vie serait une erreur"
 

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PARCOURS BD dans LES MAROLLES

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Le 30 août dernier, je vous proposais une balade dans les marolles et alentours – après une visite à un ami au CHU du centre de Bruxelles, je me suis  à nouveau promenée rue Haute, qui forme avec la rue Blaes et la place du Jeu de Balles (notre marché aux puces), le cœur même des Marolles.
Au cours de cette balade, j’avais rencontré le mignon (mais très fort =^-^=) Benoit Brisefer.

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Aujourd’hui je vous propose une rencontre avec 2 scouts de la patrouille des castors = le sérieux Faucon discret (Frédéric Bridoison, dont le père est ingénieur – Fred réfléchit avant d’agir, c’est aussi le fort en thème de la bande) et Tapir affamé (le rondouillet Prosper Lebedon, comme son totem l'indique, il a souvent – toujours – faim, il est gourmand et gaffeur) --

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Alors qu’il était étudiant à l’école d’art St-Luc, Michel Tacq est illustrateur pour une revue scoute, il est ensuite engagé pour la revue des routiers scouts.
En 1944, il fait la connaissance de Jean-Jacques Schellens qui écrit le premier scénario mettant en scène une patrouille de scouts = la Patrouille des Castors est née, avec comme éléments Sanglier, Marabout, Gustave et Chat.
Après avoir été engagé à l’agence World’s Presse où travaillent de nombreux scénaristes et dessinateurs des éditions Dupuis, Michel Tacq arrive à faire accepter son idée de créer une série, mais il aura un autre scénariste, Jean-Michel Charlier.
La « nouvelle » patrouille des Castors a pour chef Poulain perspicace, secondé par Chat – il y a les 2 susmentionnés Faucon et Tapir, auxquels se joint le plus jeune = Mouche, timide, réservé, manquant de confiance en soi, mais plein de bonne volonté.

Un peu au-delà dans la rue Haute, il y a cette jolie petite place que je vous avais déjà montrée – m’étant contentée de la prendre en photo par le bas, sans vraiment m’y promener, je n’avais pas remarqué la nouvelle fresque consacrée à Spirou & Fantasio.

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Spirou y est attiré par des vendeurs de la place du jeu de Balle ; le costume de groom semble susciter l’envie des vendeurs d’antiquité à lui refiler quelque chose, pendant que Fantasio, poussé sur le côté, s’étale dans les objets.
Quant à Spip, l’écureuil mascotte, il est surpris par un joli renard empaillé – d’après les auteurs de cette fresque, tous les visages des revendeurs seraient des caricatures de tous ceux qui reprirent la série Spirou & Fantasio lorsqu’elle fut « abandonnée » par Franquin. qui préféra se concentrer sur le Marsupilami. 

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J’ai déjà exprimé mon intérêt pour le steampunk – je n’ai pas pu résister à photographier ces miniatures en métal qui m’y ont fait penser.

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Je termine la visite du parcours BD de la rue Haute et environs, avec ce chat souriant, qui est l’enseigne d’une galerie d’art. Bientôt, si je la découvre, je vous proposerai Leonard le génie et son assistant souffre-douleur (quand je serai arrivée à la trouver).

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03 septembre 2017

LEGENDES DU COQUELICOT

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le coquelicot est depuis toujours, en fait depuis l'enfance, ma fleur préférée - je me souviens de la première fois que j'en ai cueillis lorsqu'on m'emmenait à la campagne, j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps car dès qu'on le cueille, le coquelicot meurt - je l'ai appris alors, puisque je l'ignorais -
je n'en ai plus jamais cueilli un seul, par contre j'ai souvent essayé, avec plus ou moins de succès, de le dessiner et le peindre.

j'ai appris hier, au cours d'une série de 2 journées consacrées aux reines du nil et aux femmes en Egypte antique, qu'il était le symbole du soleil, de par sa couleur rouge vif - sur certaines parois des pyramides, dans les fresques représentant des passages du  "livre des morts", de très jeunes filles entourent le pharaon - elles sont coiffées de couronnes de fleurs rondes, celles-ci représentant le soleil, donc la vie -

dans le poème "In Flanders Fields", il est le symbole du sang versé par les soldats - chaque année se tient dans les pays du Commonwealth la "Campagne du coquelicot", qui commença tel un appel aux dons pour soutenir les familles des soldats morts au combat  - l'auteur du poème est un lieutenant-colonel qui se porta volontaire à l'âge de 41 ans dans un corps médical - depuis tout jeune, il écrivait des poèmes et celui-là fut un magnifique hommage - en novembre, bien des Anglo-Saxons portent ce petit symbole à la boutonnière (pour les hommes) ou épinglé sur une blouse (pour les dames)

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à propos de cet emblème de fleurs rougies par le sang, il est dit qu'au départ, il y a très longtemps, le coquelicot était blanc - comme il poussait dans les champs où depuis des temps immémoriaux se battaient des armées de toutes sortes, il devint rouge, à cause du sang versé.

il fait aussi partie de la légende de Démeter, divinité de la nature, qui restait inconsolable après le rapt de Persephone par Hades - Demeter demanda à Zeus de lui ramener sa fille sous forme de fleur, ce retour est donc représenté par le coquelicot, dont la floraison lui permit d'en faire des décoctions qui calmèrent son chagrin - c'est aussi pour cela que le coquelicot est symbole de deuil et resilience.

en langue gauloise ancienne, on le nommait calocatanos - en qualité de pavot sylvestre, on le broyait et on le mélangeait à du lait de chèvre pour cicatriser l'estomac - depuis toujours, surtout au moyen-âge, il fut utilisé en décoction pour calmer et aider à dormir.

extrait du recueil des plantes médicinales de köhler, ce beau dessin
de franz eugen köhler

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02 septembre 2017

SIDNEY CHAMBERS AND THE PERSISTENCE OF LOVE, de James Runcie

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6ème et dernier recueil de la série
"The Grandchester Mysteries"

Non traduit

Ce 6ème recueil de nouvelles termine les enquêtes et les aventures parfois drôles, parfois tristes du chanoine Sidney Chambers, devenu archidiacre d’Ely. L’auteur James Runcie a toujours dit que ce sixième recueil serait le dernier de la série et c’est totalement évident après la 6ème de 6 nouvelles, qui  met fin à ces histoires pleines de tendresse et d’humour de manière dramatique, au point que je regrette presque d’avoir lu la sixième nouvelle.

L’un des points communs de ces nouvelles est l’évolution des femmes dans la société, l’égalité dans le couple, les difficultés qu’ont les femmes à s’imposer dans leurs métiers malgré leurs qualités (au cinéma, on appelle cela le "fil rouge" ou le "thème principal" dans les courts-métrages).

Les nouvelles =
The Bluebell Wood – MAI 1971 -  Sidney Chambers, désormais archidiacre d’Ely, se promène avec sa fille Anna et Byron  le labrador, à travers la campagne – Anna récolte des fleurs sauvages pour son herbier et aussi pour les dessiner et les peindre. Dans un champ d’endymions (jacinthes sauvages), Chambers trouve un corps. Il pense d’abord que l’homme est endormi, malheureusement il est mort. Il a aussi près de lui un panier de fleurs sauvages mais dangereuses (aconits, digitales, cigüe, etc).
L’inspecteur Geordie Keating arrive sur les lieux et renvoie son ami et la petite Anna chez eux. Anna est très intriguée par la découverte d’une personne morte et pose plein de questions à ses parents, qui ne savent pas trop comment expliquer la mort à une enfant de 8 ans.
Lorsque Sidney et Geordie se retrouvent au pub, comme tous les jeudis, l’inspecteur lui confirme qu’il s’agit d’un homme qui vivait sur une péniche, sur la rivière. Un hippie, un peu musicien, un peu ceci, un peu cela, mais de toute façon un esprit « libre ». Evidemment, on s’en doute, Keating demande à Sidney Chambers de poser quelques questions à la veuve et aux seuls amis du couple vivant eux aussi sur une péniche. Le détective-amateur qu’est Chambers va rapidement mettre à jour une triste histoire d’obsession et haine.
Mon avis - J’ai beaucoup apprécié le fonds bucolique de cette nouvelle, où l’auteur nomme beaucoup de fleurs sauvages de la campagne et des bords de l’eau.

Authenticity – l’archidiacre Chambers prépare ses objectifs pour la journée, sachant – comme toujours – que ses occupations religieuses souffrent de son hobby de détective amateur. Il veut aller voir Mrs. Maguire, son ancienne gouvernante qui souffre de démence sénile désormais et a été placée dans une maison de retraite.
De plus, il réalise qu’il a failli oublier l’anniversaire de mariage avec la compréhensive Hildegard – une autre femme serait beaucoup moins tolérante qu’elle, au moins en est-il conscient. Voilà 10 années qu’ils sont mariés et si son épouse n’avait pas autant d’humour, elle se demande comment elle pourrait vivre avec un homme aussi distrait – un « homme impossible » comme elle le lui dit gentiment.
Vu qu’il semble y avoir des problèmes dans les comptes de la paroisse, du style de « l’affaire Prothero » d’Agatha Christie, une jeune diacresse arrive chez les Chambers, elle vient aider Sidney à mettre de l’ordre.
La jeune femme est d’une efficacité redoutable et l’archidiacre a vite compris qu’elle est aussi une féministe enragée qui a bien l’intention de devenir femme-prêtre.
En tout cas, selon Chambers, elle ferait bien d’apprendre l’empathie car lorsqu’elle découvre le « coupable », elle montre bien peu de compréhension et c’est Sidney qui montrera l’exemple dans ce domaine. Miss Vanessa Morgan le quitte assez fâchée, cela promet si l’évêché la lui impose comme secrétaire !
Alors qu’il se débat dans ces considérations, Amanda, l’amie de toujours et marraine de sa fille vient lui demander de l’accompagner à une vente aux enchères. Elle est convaincue avoir découvert un tableau de Goya, mais signé de l’un de ses imitateurs ; pour elle c’est un authentique Goya. Hélas, le monde de l’art est aussi un monde souvent corrompu et Amanda l’apprend à ses dépens malgré ses qualités d’experte et réalise qu’un ami peut aussi devenir un ennemi.
Mon avis = une nouvelle assez longue – intéressante toutefois  dans la discussion à propos des femmes prêtres dans la religion anglicane dans les année 1970 (l’église anglicane est toujours divisée sur cette question, bien que désormais il y ait des femmes prêtres – certaines églises acceptent même l’idée d’une femme-évêque même si ce n’est pas encore fait).
Mais aussi des femmes dans le monde de l’art, où elles sont encore traitées avec condescendance, certains experts estimant qu’elles ont encore des leçons à prendre.

Insufficient Evidence – on est à quelques semaines avant noel – Anna a écrit sa lettre au père noel, bien que ses parents savent qu’elle n’y croit pas, mais la petite fille tente d’exercer un chantage affectif = on lui avait promis un cadeau pour la consoler d’avoir décvouvert une personne morte et la (sale) gamine s’est mise en tête qu’on lui a promis un poney, ce qui n’a jamais été le cas.
Un problème d’envergure attend Sidney Chambers – Helena, l’amie du couple, qui a épousé l’ancien vicaire de Sidney, a porté plainte pour viol.
Hélas elle s’y est prise un peu tard pour cette plainte, n’a pas été reçue avec beaucoup de sympathie au commissariat et, de plus, le photographe qui l’accompagnait dans son reportage et qui est son violeur, nie tout. Au contraire, il insiste même qu’elle l’a encouragé. Geordie Keating qui connaît bien la jeune femme est aussi convaincu qu’elle n’a pas du tout encouragé l’arrogant photographe, à tel point qu’il fiche un coup de poing au bonhomme. Du coup il est mis à l’écart de l’enquête. Helena est dévastée car suite à ce viol, elle s’est rendu compte qu’elle était enceinte, même Chambers comprendrait qu’elle veuille se faire avorter mais il est évident que cela fera une tache de plus sur le dossier dans ces cours de justice menées par des hommes, devant un jury où même les éléments féminins ont souvent des préjugés vis-à-vis des jeunes femmes belles, intelligentes et indépendantes.
Pendant ce temps, l’inspecteur Keating lui parle d’un médicament que prend son épouse et qui en principe est prescrit en cas de cancer. Pourquoi n'a-t-elle rien dit ?
De son côté, Sidney réalise que Hildegard a un ami masculin, un musicien spécialiste de Bach comme elle – et il commence à ressentir les affres de la jalousie.
Son épouse, très justement lui fait remarquer qu’elle ne fait pas d’histoire quand il aide Amanda, alors pourquoi deux poids deux mesures ?
Et pour arranger le tout, l’Angleterre pendant cet hiver plutôt rigoureux est sujet à des coupures de courant dues aux grèves.
Mon avis = une très intéressante réflexion sur la manière dont on considère une femme s’étant fait violer dans les années 1970 – quoique de nos jours encore, la situation ne soit pas meilleure – la manière de s’habiller, la manière dont une femme se comporte avec un homme, la manière dont elle plaisante, portent encore et toujours à conséquence, elle est souvent encore accusée comme Helena de « l’avoir cherché » !
Autre discussion intéressante dans le couple Chambers = l’homme peut avoir une amie féminine, mais une femme ne peut avoir un ami masculin – il y a de l’électricité dans l’air. 
Et un autre sujet important est abordé = les non-dits dans un couple, parfois pour conserver un jardin secret, parfois parce qu'on ne prend pas le temps de se parler.

Ex_Libris – Sidney Chambers est invité comme chaque année à un dîner en temps qu’ancien de Cambridge, ce qui lui permet de retrouver d’anciens compagnons d’études de théologie, désormais professeurs.
Il est aussi question d’un magnifique manuscrit de St-Augustin, sur lequel le nouvel évêque devrait prêter serment.
Pendant que tout le monde est au dîner, on réalise qu’un des invités n’est pas là – on l’a enfermé par erreur dans la salle des manuscrits.
L’ennui c’est qu’après le dessert, le responsable des archives réalise que le manuscrit original de St-Augusti n a disparu, ainsi que le fac-simile.
Celui-ci sera rapidement récupéré, mais une demande de rançon est exigée pour l’original sinon il sera détruit purement et simplement. Or cette bible de St-Augustin est richement illustrée ; donc la rançon est élevée. Cambridge peut-il payer ? pas sûr. Et sur quoi l’évêque prêtera-t-il serment dès lors ?
Bien sûr, on demande à Sidney Chambers d’enquêter, de se renseigner auprès de gens qu’il connaît dans le monde des antiquités, plutôt que de faire intervenir la police. Du coup, il est une fois de plus en retard chez lui.
Mon avis = une fameuse chasse au trésor, un fort suspense à propos d’un manuscrit magnifique, dont le ravisseur n’hésite pas à couper une page pour prouver qu’il ne plaisante pas ! (j'ai failli tourner de l'oeil à ce passage comme l'archiviste =^-^=)

The Long Hot Summer – l’été 1976 est particulièrement caniculaire et un ministère de la sécheresse a été spécialement créé pour gérer la situation (comment gérer la météo, ça je vous le demande !) – on demande à la population de ne pas gaspiller l’eau, ne pas arroser, ne pas laver les voitures, etc.
Les Chambers se rendent à Londres chez Jennifer et Johnny Johnson, sœur et beau-frère de Sidney et Hildegard. Celle-ci espère bien que son mari tienne sa promesse de cesser de se mêler d’enquêtes pour aider Geordie Keating, ce n’est pas son métier après tout, il en néglige sa famille et ses obligations en qualité d’archidiacre d’Ely.
Dans le bar de Johnny Johnson, Sidney retrouve Gloria la superbe chanteuse de jazz noire, qui fait sa tournée d’adieu. A l’entracte elle vient trouver les Chambers et taquine gentiment Sidney, alors qu’elle est pleine de sympathie pour Hildegard. Les deux femmes s’entendent très bien, elles ont la musique en commun et ont trouvé un terrain de discussion … sans Sidney.
Le lendemain matin, les parents Johnson constatent que Louis, leur fils aîné a disparu. Sans laisser le moindre mot, sans trace. Bien sûr, le garçon de 16 ans est en pleine adolescence, mais de là à fuguer ! immédiatement, les mots « drogue », « suicide » viennent à l’esprit. Ce sera donc à Sidney à rechercher son neveu, même Hildegard estime que c’est à lui à le faire.
Mon  avis = une très belle réflexion sur les jeunes qui ne se sentent pas bien dans le monde dans lequel ils vivent – oui, déjà en 1976, ils en voulaient à leurs parents matérialistes, dans un monde où le nucléaire prenait le pas. Des copains anarchistes de Louis vont cependant accepter de renseigner l’oncle. Sidney inspire confiance lorsqu’il parle, il faut au moins lui laisser cela !
Et Anna Chambers en parfaite pré-ado a le don de tout ramener à elle.

The Persistence of Love – ce matin d’octobre 1976, Sidney Chambers songe qu’Hildegard et lui vont bientôt fêter leurs 15 années de mariage – Anna a presque 13 ans et grogne, comme tous les matins, lorsqu’il va la réveiller. Hildegard ayant un fort mal de tête, elle demande à son mari de s’occuper de tout ce matin-là.
Après avoir déposé une ronchonne d’Anna à l’école, Sidney revient chez lui et apporte une tasse de thé à son épouse, qui ne bouge toujours pas. Qui ne respire plus. Pour Sidney commence le cauchemar = son épouse aimée, sa compagne, son amie a fait une rupture d’anévrisme.
Mon avis = je ne m’attendais évidemment pas à une telle finJames Runcie avait toujours affirmé que le 6ème recueil serait le dernier de la série, mais avait-il besoin de mettre fin aux jours de cette femme adorable, excellente musicienne, épouse et mère exemplaire.
Une très belle réflexion sur le deuil, sur comment parler de la mort d’un être cher à son enfant, qui n’est plus tout à fait une enfant, mais pas encore une jeune femme. Qui n’hésite pas à opérer un chantage sur l’avenir, avec l’égoïsme forcené dont les ados sont capables.
Et aussi, surtout, comment survivre sans la personne aimée, l’a-t-on rendue heureuse au moins, on a l’impression de ne pas assez fait ce qu’il fallait pour cela. Surtout lui, Sidney avec ses enquêtes, ses absences, sa distraction. Comment gérer tous les amis bien intentionnés qui vous disent "Sois Fort", ta fille a besoin de toi.
Comment simplement continuer à respirer, à accomplir des gestes de tous les jours … (bien sûr, j’ai pris cette dernière nouvelle fort à cœur car son sujet était fort près de mon vécu).

30 août 2017

SE BALADER DANS LES MAROLLES et ALENTOURS

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vous le savez, j'aime Bruxelles, entre ma ville et moi, malgré tous ses défauts, c'est une histoire d'amour - lorsque la météo le permet, j'aime y flâner, et curieusement il y a encore des coins que je re-découvre, comme cette rue Haute, au centre du quartier des Marolles avec la rue Blaes - ces rues, ce quartier subit désormais une "gentrification" comme d'autres coins populaires de la ville, où désormais des commerces et petits restos à la mode, des librairies (=^-^=),  se multiplient.
Cela n'empêche par l'humour, comme cette enseigne =

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 le parcours BD n'en est pas complètement exclu, bien évidemment

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ici, la façade décorée d'un chapelier

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en flânant

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rappelez-vous, je vous parlais de ce coquin de cubitus qui n'avait pas hésité à usurper la place du petit Manneken Pis, le citoyen le plus ancien et plus célèbre de Bruxelles à ce qu'il paraît - en haut de la rue du chêne, Manneken Pis a désormais son "musée du costume" (qui figurait auparavant dans la maison du roi, grand'place) - cette GARDEROBE vaut le déplacement à ce qu'il paraît, j'y ferai certainement une incursion une autre fois

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ce n'est pas parce qu'on est le personnage le plus "ancien" ou "célèbre" que l'on n'est pas à la page - voici une fresque murale prouvant que notre manneken pis peut aussi se mettre au hip-hop et être LOVE & PEACE, ou plutôt MANNEKEN PEACE (vous le constaterez, les artistes bruxellois aiment les jeux de mots =^-^=)

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me voilà arrivée en haut de la rue du Chêne, à la place de la Vieille Halle aux Blés (Oud Korenhuis en néerlandais) - une place triangulaire, qui faillit bien disparaître complètement - la Halle se dressait au milieu de la place et gênait la circulation (oui, déjà ce type de souci au 13ème siècle !) - finalement la halle fut démolie au 17ème siècle et la vente des céréales est transférée vers l'actuelle rue du Marché aux Grains -
agrandie une première fois, elle sera subira les bombardements des armées de Louis XIV et sera à nouveau reconstruite - au 18ème on y installe un service de diligences à destinations des Pays-Bas, de la France, du Luxembourg, de l'Allemagne et de la Suisse - cela favorisera l'installation d'hostelleries et relais postes -
au 20ème siècle, on procède à l'extension de bureaux pour le gouvernement provincial du Brabant - en 1964 le quartier fait partie d'un plan d'aménagement qui prévoit, vous vous en doutez, la démolition de plusieurs immeubles, de style baroque, et classées - finalement la place, toujours triangulaire, a aujourd'hui probablement son "visage" définitif - avec également quelques commerces et restos à la mode -

c'est aussi la place où se situe la Fondation Jacques Brel et en 2018, une statue du chanteur-auteur-compositeur y sera érigée.

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BENOIT BRISEFER RUE HAUTE

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Benoit Brisefer c'est ce personnage tout mignon, sorti de la plume de PEYO, secondé par WILL, François WALTHERY et quelques autres dessinateurs du journal de Spirou - 
C'est un petit garçon très serviable, doué d'une force surhumaine, sauf lorsqu'il est enrhumé. Peu d'adultes connaissent son secret, vous savez comment sont les adultes = vous leur dites la vérité et ils ne vous croient pas de toute façon !

Son meilleur ami chez les adultes est Jules Dussiflard, chauffeur de taxi - et la très vieille Madame Adolphine; elle sert de modèle à un type pas très net nommé Vladlavodka qui a l'intention d'en faire un robot, chef de gang, voleuse et braqueuse de banques.

Il y a encore bien d'autres personnages inventés pour les besoins de ces romans graphiques (j'utilise cette dénomination, parce que les albums de Benoit Brisefer sont des histoires complètes de la première à la dernière page, et non de courtes histoires sur une page.

 

JEF AEROSOL dans LES MAROLLES

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Les visiteurs/teuses de mon blog ne sont pas sans savoir que je suis une grande amatrice de street art - entre autres, j'ai un faible pour JEF AEROSOL dont j'avais déjà pris des oeuvres en photo, rue du chêne à la boutique de disques vinyl 2ème main - on y découvre = bob dylan, jim morrison, jimi hendrix, john lennon et bruce springsteen - tout le monde dans une allure sympa et décontractée.

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A présent, cet artiste de graffs mondialement connu JEF AEROSOL est de passage à Bruxelles pour une nouvelle fresque "musicale" comportant des silhouettes bien connues = l'amouvante Nina Simone, Chuck Berry, l'accordéoniste Clifton Chenier, le Belge Arno à la voix de rogome, et lorsque j'ai pris les photos, il était occupé à chercher le meilleur emplacement pour le portrait de la jolie Twiggy, mannequin-égérie des sixties.

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Cela se trouve donc au début de la petite rue de l'éventail / waaierstraat en néerlandais, mais en bruxellois marollien = woeierstroet

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et évidemment, pour moi rien n'est jamais complet sans un chat =^-^= - JEF AEROSOL semble aussi les aimer

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Le vernissage est prévu pour cette semaine, en collaboration avec la Galerie Martine Ehmer, une jeune femme charmante qui m'a laissé prendre quelques photos d'oeuvres de  Jef Aerosol dans sa galerie =

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patti smith derrière le bureau de la galeriste

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et la jolie twiggy sur une toile de la galerie
(c'est le même stencil qui servira à la twiggy de la fresque)

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29 août 2017

LE LINGUISTE ETAIT PRESQUE PARFAIT, de David Carkeet

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Titre original anglais = Double Negative

Jeremy Cook est un type relativement cool. Il est linguiste à l’institut Wabash dans l’Indiana (USA),  une crèche-garderie pour petits enfants. Le but de l’institut est d’étudier l’acquisition du langage et son développement  chez les tout-petits et ceux qui sont un peu plus grands. Il a aussi été chargé par le directeur Wach, type déplaisant s’il en fut, de faire découvrir l’institut à un journaliste, un certain Philpot. Il lui montre d’abord les bureaux des collègues = le sympathique Stiph, le plus ancien de l’institut – Milke, le séducteur de service – Aaskhugh, celui qui adore les commérages et les propage d’ailleurs, Orffman, celui qui rit à tort et à travers et surtout pas discrètement et finalement son ami Ed Woeps.

Au cours de cette journée-là, il entend quelqu’un parler de lui à la ravissante stagiaire – sur laquelle il a des vues -  le moins que l’on puisse dire est que les termes sont peu flatteurs = non seulement il est pratiquement traité de bon à rien, mais aussi de « trou de cul », c’est sûr cela ne va pas donner à la belle Paula l’envie de sortir avec lui.

Là-dessus, le directeur lui dit de ne plus s’occuper du journaliste, dont on se demande soudain où il est passé, Cook devra se concentrer sur le rapport de statistiques afin d’obtenir des fonds supplémentaires – pas très réjouissant comme soirée en perspective, d’autant plus qu’il faudra flatter dans le sens du poil et Jeremy Cook n’est pas doué pour la flatterie, sauf avec les stagiaires féminines, mais comme disait Kipling, ça c’est une autre histoire !

Voilà donc notre Jeremy Cook coincé à l’institut ce même soir, après avoir fini le rapport, il entend un bruit de freinage sur le parking, il s’y rend, remarque des marques de pneus dues au freinage brutal, mais rien d’autre. Revenu dans son bureau, il y découvre le corps d’Arthur Stiph, assis à la place que d’habitude Cook occupe.
Sous le choc, celui-ci rentre chez lui ; le lendemain il téléphone à Mary la secrétaire qui se prend pour dieu, lui explique que le rapport pour Wach se trouve dans son bureau. Evidemment, la donzelle trouve aussi le cadavre … je vous passe sous silence la réception qu’elle fait à Cook un peu plus tard dans la matinée.

Celui qui n’est pas non plus des mieux disposé à l’égard du linguiste est l’inspecteur Leaf – il se prend un peu pour Philip Marlowe (on se demande parfois quel flic ne se prend pas pour Marlowe aux Etats-Unis !)
Il admet finalement les arguments de Jeremy, tout en lui disant qu’il reste l’un des suspects.
Notre linguiste en est malade, d’abord « trou de cul glandeur », à présent suspect pour avoir tué le gentil Arthur Stiph, qui ne faisait pas de mal à une mouche.
Et si c’était lui, Cook,  qui était visé ?
Bien décidé à être lavé de tout soupçon, et malgré les avertissements de Leaf de rester à sa place, le linguiste décide de mener une petite enquête personnelle.

Cela, nous lecteurs/lectrices de polars, savons que cela peut s’avérer dangereux.

J’ai choisi ce polar à thème un peu au hasard dans ma pal livres numériques, comme il était question de linguistique et que l’étude du langage est l'une des nombreuses choses qui m’intéresse, je pensais que cela me plairait – et puis je me sens toujours en mode « lectures estivales ».

Je m’attendais à un peu plus de détails sur le sujet de la linguistique, mais l’enquête prend le pas sur l’institut, mais pas sur les personnages dont les caractères sont intéressants.
’étude caustique de ceux-ci m’a beaucoup plu, car tout le livre est écrit sur un mode relativement ironique, plein d’humour caustique et pince-sans-rire.
Je ne sais pas si vous le remarquez d’ailleurs en lisant les noms des collègues du linguiste = ils décrivent tous le caractère du personnage par leur patronyme (disons que c’est  évident en VO et comme ils n'ont pas été traduits...  =^-^=)

Amitiés, fausses amitiés, carrément inimitiés, personnages en couches-culottes qui débarquent au moment où ils ne devraient pas, enquête peu orthodoxe, on ne peut s’empêcher de glousser régulièrement aux heurts et malheurs de ce linguiste qui ne demandait qu’une chose = vivre pépère dans son bureau, draguer les stagiaires, observer les bébés et tout-petits.

Je n’ai pas été trop dérangée par le fait de lire le livre en français car l’anglais-américain est plus facile à traduire et un traducteur peut plus facilement en percevoir les nuances, pour peu qu’il ait le sens de l’humour évidemment.

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Le personnage du linguiste Jeremy Cook a fait l’objet de trois romans, les plus connus du romancier David Carkeet, qui est également essayiste.
Il a souvent été dit que David Lodge, Kingsley Amis étaient ses références de romancier, on le place d’ailleurs dans cette catégorie d’écrivains « comiques » - ceci pas dit dans un sens péjoratif.

David Carkeet a obtenu un doctorat en linguistique anglaise en 1970 et il a enseigné l’art de l’écriture et de la linguistique à l’université du Missouri.
Dans son autobiographie, intitulée « Campus Sexpot », il confirme que ce titre est celui d’un roman qui a eu une importante influence sur sa vie.
Il a également écrit des articles pour des journaux tels « The Village Voice », « the New York Times magazine » etc.

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27 août 2017

THE BELGIAN AND THE BEEKEEPER, de Peter Guttridge

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traduit, mais je n'ai pas trouvé de trace du titre en français (n'hésitez pas à me le communiquer) – parution uniquement en édition numérique

L’introduction du livre nous annonce la couleur =
en 1909, Frank Howell Evans, écrivain américain,  inventa le personnage de Jules Poiret, détective privé français, retiré de la police, bourré de maniérisme, méticuleux jusqu’au délire –

en 1912, Hercule Popeau sort de la plume de Marie Belloc Lowndes, inspecteur retraité de la Sûreté, petit, rond, pointilleux et

en 1920, on publie « la Mystérieuse Affaire de Styles », où apparaît pour la première fois Hercule Poirot, réfugié belge, retiré de la police belge, totalement dandy dans son habillement et maniaque à un point insupportable 

Angleterre 1916 – la 1ère guerre mondiale fait rage outre-Manche – dans les Sussex Downs, Sherlock Holmes vivote dans un cottage plutôt délabré ; il élève des abeilles et subsiste chichement de miel sur du pain ; en aurait-il les moyens qu’il ne pourrait de toute façon pas s’offrir du beurre puisque tout manque partout pour cause de guerre. La brave Mrs. Hudson lui a remit son tablier il y a six mois, car il ne pouvait plus la payer. Il aime toujours à se déguiser et assiste parfois à des séances du cinématographe à Brighton où il découvre les films mettant ses aventures en scène ; il ricane franchement en voyant la performance de William Gillette, mais après tout qu’est ce que tout cela peut bien lui faire.

Cette année-là, Sherlock Holmes reçoit la visite d’un détective privé ressemblant comme deux gouttes d’eau à Hercule Poirot, mais il s’entend réprimander vertement = il est JULES POIRET, retiré de la police française – pas belge du tout, il insiste là-dessus – il a pourtant un crâne en forme d’œuf lui aussi et il porte une belle moustache.
Il vient demander l’aide du grand Sherlock Holmes, qui refuse dans un premier temps ; lorsque Poiret (pas Poirot) lui explique l’objet de demande de collaboration, il change d’avis = effectivement, un certain George Atlam lui a demandé d’enquêter sur le docteur John H. Watson !!!
Holmes n’en croit pas ses oreilles = son vieil ami et collègue est en fait accusé d’avoir volé le fameux trésor perdu dans « The Sign of Four ».

C’est vrai que Watson vit très confortablement contrairement à Holmes, mais de là à ce que cette fortune soit l’objet d’un doute, qui ne serait pas perdu et Mary Morstan ayant hérité, elle aurait légué sa fortune à Watson en mourant. Sherlock Holmes ne sait pas s’il doit rire à une telle énormité ou pleurer. Il accepte donc d’aider Poiret (pas Poirot, je me tue à vous le répéter).
Il faut agir assez rapidement car le brave docteur a fait l’objet d’une tentative d’étranglement, et de plus des Hindous faisant partie des régiments anglais sont aussi à sa recherche. Le pavillon royal de Brighton a été transformé en hôpital de fortune pour y soigner les militaires avant de les renvoyer au front.

Non mais vraiment ! soupçonner John Watson !!!

Je me suis beaucoup amusée avec ce court roman – novella – qui est le premier d’une série que l’auteur  britannique Peter Guttrigde (l’auteur de la Trilogie de Brighton) a décidé d’écrire en hommage, assez parodique, aux détectives privés créés par Arthur Conan Doyle et les autres auteurs mentionnés en début de billet.
Guttrigde n’a pas hésité à transformer le sympathique docteur Watson en un tombeur de dames (hé oui !)  assez peu scrupuleux malheureusement à l’égard de Sherlock Holmes, bref pas aussi sympathique que l’on nous présente généralement.

Le suspense est bon, bien amené, après un début un peu long lorsque Poiret (PAS Poirot) se présente à Sherlock Holmes.
Où est Hastings d’ailleurs s’il était Poirot ?

Ce qui m’a quelque peu perturbée dans l’histoire, surtout au début lorsque Jules Poiret se présente à Holmes, c’est que ce dernier n’arrête pas de parler de « Poirot », mais au moment où Poiret et Holmes se rencontrent, l’enquête à Styles-St-Mary n’a pas encore été publiée.
Il y a donc là un anachronisme, dont je ne sais s’il a été voulu ou si Peter Guttridge a été distrait.

On revisite en détail l’affaire qui fait l’objet du « Sign of Four » et on espère évidemment que Poiret se trompe dans ses conclusions.

En tout cas, à l’instar de Poirot (Hercule), il réunit tout le monde dans un théâtre de Brighton, ce qui amuse énormément Sherlock Holmes.

Ce que j’ai aussi aimé dans cette novella numérique, sont les  suppléments – d’abord il y a un dialogue entre Holmes et Watson, sur le canon et les écrits de ce dernier justement, qui insiste auprès de Sherlock Holmes que toutes ces histoires sont sorties de l’imagination d’un docteur qui s’est mis en tête d’écrire ses enquêtes lorsqu’il vivait à Crowborough dans le Sussex (résidence de Conan Doyle, où il décéda).

Ensuite  = une enquête qu’un policier d’Hollywood vient proposer aux studios Universal où Basil Rathbone & Nigel Bruce interprètent non seulement Holmes & Watson au cinéma mais également en direct à la radio.
Finalement ils aideront le policier à résoudre son enquête, un peu par hasard et surtout pour se débarrasser du bonhomme.
Et si vous vous demandez pourquoi Rathbone, grand ami de Bruce, l’appelle tout le temps « Willy », c’est très simple = le nom complet de l’acteur était William Ernie Bruce (note de la rédactrice du blog =^-^=).

Vous l’aurez compris, j’ai réellement apprécié, mais je suis bon public, j’aime les pastiches et parodies quand ils sont bien faits, avec humour.
Même si le titre est trompeur.

Je ne peux m’empêcher de ma demander pourtant = pourrait-on accuser Agatha Christie de plagiat pour avoir rendu son Hercule Poirot si pareil à Poiret, sauf que l’un est belge et l’autre français ?

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23 août 2017

THE MEMORIST, de M.J. Rose

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Non traduit 

Depuis l’enfance, Meer Jordan est taraudée par des souvenirs qu’elle ne maîtrise pas, qui l’inquiètent, accompagnés souvent d’une petite musique étrange dont les détails lui échappent.
Elevée par une mère athée, elle ne croit guère à la réincarnation, contrairement à son père. Jeremy Jordan, antiquaire qui s’est mis au service de la Kabbale juive et tente de trouver à travers le monde les nombreuses torah qui y seraient disséminées.

Après de longues années de doute, Jeremy est désormais convaincu que la réincarnation existe et il a confié sa fille à  Malachai Samuels, le psychologue-hypnotiseur de la Fondation Phoenix.
Celui-ci fait toujours l’objet d’une enquête de la part du FBI à propos de l’affaire des « Memory Stones » d’il y a 9 mois.
Il peut néanmoins poursuivre son activité de psychologue chargé des réincarnations chez les enfants – Meer n’a jamais aimé participer à ces sessions de psychothérapie, sa mère y était fortement opposée elle aussi, sans aucun doute le divorce de ses parents a trouvé là  le fuel dont la discorde avec besoin.
Pour le docteur Samuels, il est évident que l’enfant d’abord, la jeune femme qu’elle est devenue ensuite, fait un blocage, refuse de laisser les souvenirs l’envahir et surtout n’arrive pas à décoder la musique qu’elle entend parfois.

Pourtant, de session en session, Meer Jordan a l’impression de se rapprocher du mystère et elle décide de rejoindre son père à Vienne, puisqu’il semblerait que ce soit là que les événements dont elle a une résurgence se soient produits  à l’époque de Ludwig van Beethoven.
A son arrivée, son père étant momentanément absent, elle découvre sa femme de ménage morte à son domicile ; bien sûr elle fait appel à la police, mais parlant très mal l’allemand elle reçoit l'aide d'un ami de son père.
Son père a demandé à son ami, Sebastian Otto,  particulièrement intéressé lui aussi dans cette flûte mystérieuse de lui venir en aide. Elle serait cachée dans une "boîte à jeux", objet très populaire au 19ème siècle.
La flûte jouerait une petite musique, à condition de la décoder, qui causerait les auditeurs à se souvenir de vies passées, puisqu’il semblerait qu’à chaque mort, l’esprit se subdivise et se réincarne dans différentes personnes.
Comme le disent les anciens Hindous, nous sommes tous liés par des vies passées.

Pendant que Meer Jordan, son père et Sebastian Otto tentent de semer des gens qui à l’évidence ne leur veulent pas du bien, David Yalom prépare sa vengeance dans les souterrains sous Vienne, où des catacombes sont multiples.
A cause d’un terroriste arabe dont il a dévoilé les agissements, toute la famille de Yalom a été détruite dans l’explosion de sa maison ; la famille était réunie pour fêter l’anniversaire de l’un des enfants, la maison explosa au moment où David allait y revenir.
Depuis ce jour maudit, le journaliste n’a plus qu’une idée = se venger, y compris des instances politiques qui ne le soutinrent pas après les faits.
Pourquoi dès lors aurait-il des scrupules. David Yalom va profiter d’un grand concert dans la salle des concerts de Vienne pour faire exploser celle-ci. Peut-être dès lors le monde se réveillera-t-il. Arrivera-t-il jusqu’au bout de sa vengeance ?

Un livre pas très simple à résumer, qui entraîne les lecteurs dans une passionnante chasse au trésor – trésor qui a la forme d’une flûte et d’une lettre écrite par Ludwig van Beethoven à Antonie Brentano (que pendant quelque temps on a cru être la « dear beloved » du compositeur).

De New York à Vienne jusqu’aux bords du Gange, de notre époque au 19ème siècle de Beethoven, en passant par 2000 ans avant notre ère, où fut conçue la flûte, l’auteure (doit on dire « auteure » ou « autrice » ?) nous sommes emportés à travers le temps, à travers les souvenirs des protagonistes.

De la belle Margaux, qui tient absolument à découvrir la musique secrète de la flûte, afin de la vendre au plus offrant pour récolter des fonds destinés à sauver son mari, jusqu’à la belle Hindoue dont Devadas, l’un des deux créateurs de la flûte, est amoureux, les êtres humains entrés en contact d’une façon ou d’une autre avec la flûte et, plus tard, la lettre de Beethoven à Antonie, jusqu’à Meer Jordan qui a compris les dommages que la flûte pourrait provoquer en de mauvaises mains, les chapitres se succèdent à grande vitesse.
J’ai d’ailleurs trouvé assez intéressant la manière dont la romancière construit  ces chapitres = au début, ils sont longs, l’histoire démarre plutôt lentement, puis soudain, l’histoire s’accélère au rythme des souvenirs qui surgissent et les chapitres deviennent de plus en plus courts.

Une lecture de vacances, sans aucun doute, qui vous tient en haleine du début à la fin, qui vous fait vous demander « qui trompe qui ? » et « comment arriver à déloger ceux qui veulent du tort aux autres », « comment aider ceux qui souffrent ? ».

Bien sûr, me direz-vous, si vous êtes totalement opposés à l’idée du karma, de la réincarnation, cette histoire n’est pas vraiment pour vous.
Je ne suis pas d’accord, même en ne croyant pas à la réincarnation, il s’agit d’un bon roman d’aventure qui plus est nous parle de Vienne et de musique.

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22 août 2017

SHERLOCK HOLMES AND THE DEADLY NECKLACE, de Terence Fisher

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Titre français = SHERLOCK HOLMES ET LE COLLIER DE LA MORT

Scénario de Curt Siodmak, très librement adapté de « The Valley of Fear » d’Arthur Conan Doyle

Assistant réalisateur = Frank Winterstein 

Londres – Sherlock Holmes et le docteur Watson, sont sur les quais, déguisés en loubards, et guettent les marins descendant d’un bateau – dont l’un d’entre eux a été repêché tout récemment dans les eaux de la Tamise.
Sherlock Holmes est convaincu que là-dedans il faut voir la main criminelle du professeur Moriarty, qui se fait passer pour un éminent égyptologue et professeur d’archéologie. Holmes tente – en vain – de convaincre l’inspecteur Cooper de l’implication de Moriarty dans la plupart des affaires criminelles du pays, mais le Yard ne le croit pas.
Il agace tellement l’inspecteur que celui-ci le prie de ne pas s’occuper des affaires policières du Yard. Qu’il se contente de ses enquêtes privées !
Pourtant, le Times a bien rendu compte de la disparition du célèbre « collier de Cléopâtre », volé à peine arrivé sur le sol anglais.

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Quelle déception que cette production germano-franco-italienne, cette aventure de Sherlock Holmes que je rêvais de découvrir depuis pas mal de temps – le film fait partie des trois dans lesquels Christopher Lee interprétait le célèbre détective de Baker Street. Les 2 autres films furent réalisés pour la télévision et en couleurs ; pour aggraver les choses – ou comme disent les Anglo-Saxons = to add insult to injury, qui dit bien ce que cela veut dire – le film a été réalisé en noir et blanc.
Je ne vous parle même pas des costumes et des décors, c’est à pleurer !

L’histoire, d’après mes déductions (et j’ai du mérite), semble se passer dans les années 1910, avant la 1ère guerre mondiale, du moins est-ce ma conclusion en voyant les automobiles et les costumes masculins, car les costumes des dames sont complètement à jeter – il n’y en a pas un de valable.   
A  se demander si le ou la costumier/ère avait reçu un quelconque budget – ou alors un budget très quelconque certainement.
Et les décors sont réellement très bon marché, tout studio pour la plupart.

Quant au « pectoral de Cléopâtre », cette pièce maîtresse rapportée des fouilles en Egypte, il a disparu – et franchement, je ne comprends pas comment on peut construire une histoire autour d’un objet aussi moche !  vraiment quelle mocheté que ce truc.
Holmes n'aurait même pas dû le rechercher !
Les décorateurs auraient pu au moins regarder des encyclopédies ou d’autres illustrations égyptiennes montrant des pectoraux de l’époque pharaonique – ici on dirait vraiment du toc de chez plastique et cie.

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L’excellent Christopher Lee tire évidemment fort bien son épingle du jeu, il est un Holmes froid, distant, supérieur – comme celui des romans. Son associé, John Watson est interprété par Thorley Walters, un autre acteur britannique, de manière fort valable.
Heureusement Christopher Lee interprétera à nouveau Holmes dans 2 téléfilms, avec Patrick McNee en Watson – 2 films d’excellente facture.

Tous les autres interprètes de ce film-ci sont allemands = Hans Nielsen est l’inspecteur Cooper, inutile de dire qu’Holmes le tient en aussi piètre estime que Lestrade.
La sympathique Mrs. Hudson est jouée par Edith Schultze-Westrum qui tire relativement bien son épingle du jeu, il est vrai qu’elle apparaît peu.

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Moriarty, n’en parlons pas, il ne ferait même pas peur à une mouche. Il est joué par Hans Söhnker.
Senta Berger et Yvan Desny sont le couple d’amoureux Ellen Blackurn-Paul King.

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Le réalisateur Terence Fisher s’est plaint par ailleurs du manque de naturel des acteurs qui jouaient de façon statique – c’est aussi mon ressenti = on a envie de les secouer pour qu’ils se bougent un peu.
Evidemment, le film fut tourné en allemand, puis les acteurs furent doublés en anglais, ceci explique sans doute le manque de naturel.
De plus, il a déclaré préférer ne plus jamais avoir à penser à cette réalisation.

Par ailleurs je n’ai strictement pas compris pourquoi on se réfère à « Valley of Fear », car c’est tellement librement adapté que ça n’y ressemble plus du tout.

Heureusement que j’ai regardé cette histoire après les deux autres films interprétés par Christopher Lee dans le rôle du détective-consultant, sinon je n’aurais même pas pris la peine de visionner ceux-là.
Le comédien disait ne pas du tout avoir aimé jouer dans ce film – comme on le comprend !

Au cas où vous vous demandiez pourquoi « Le Collier de la Mort » = il y a quand même 3 cadavres dans cette histoire – ce sont les plus naturels du film.
Je n’ai même pas pu me consoler en voyant des images de Londres, puisque tout a été filmé en studio.

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19 août 2017

LE CAIRE CONFIDENTIEL, de Tarik Saleh

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Titre anglais = The Nile Hilton Incident

Scénario de Tarik Saleh 

Thriller plus qu’étouffant, « Le Caire Confidentiel » est une ville sans pyramides, sans lieux touristiques, sans attrait disons le carrément. Tout y est gris, sale, pollué et pas que dans les rues et les maisons – les êtres n’y sont pas très propres non plus.
Nourredine est flic dans le commissariat où son oncle est son supérieur, ils sont tous ripoux à des degrés différents et n’hésitent pas à encaisser des pots de vins des commerçants sous prétexte de les protéger.

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Le Caire en janvier 2011, quelque temps avant la révolution. Une chanteuse a été assassinée dans une chambre de l’hôtel Hilton au Caire. Le seul témoin est une jeune femme de ménage qui passait dans le couloir et qui fuit.
L’inspecteur Nourredine est chargé de l’enquête et commence à poser des questions qui rapidement dérangent.
Les supérieurs de l’inspecteur lui disent que l’affaire doit être considérée comme classée, la jeune femme s’est suicidée !!!
« en s’égorgeant elle-même ? » demande le flic – à force de rechercher la jeune Soudanaise, seul témoin de l’affaire, à force de « harceler » un riche promoteur immobilier, qui se considère comme intouchable, Nourredine forcément dérange.

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Une  amie de la chanteuse vient porter plainte concernant sa disparition, elle ignore la mort de son amie.  Mais Gina est-elle aussi innocente qu’elle veut paraître ? Il faut aussi à présent retrouver la jeune Soudanaise, qui a bien compris que sa vie ne tenait qu’à un fil.

« Le Caire Confidentiel » est un thriller très neo-noir, qui ne laisse vraiment pas indifférent, l’atmosphère du film est totalement suffocante.
On se doute de la manière dont cela va se terminer pour Nourredine, même si la fin est un retournement de situation inattendu.

Le tournage aurait dû être réalisé en Egypte, malheureusement les autorités égyptiennes refusèrent les autorisations et le film fut tourné à Casablanca. Ergo Le Caire sans les pyramides, mais je pense que de toute façon, on ne les aurait pas vues beaucoup car le but n’était pas d’offrir un film pour touristes, mais bien montrer la corruption à tous les niveaux, et surtout dans la police.

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On est pris à la gorge par les événements  qui se succèdent, non pas à un rythme effréné « à l’américaine », mais à un rythme plus lent, celui d’une enquête qui fait des vagues alors que les protagonistes se pensaient intouchables. Pourtant, peu à peu, la tension monte, devient palpable, même dans la scène d’amour avec Gina ;  le rythme s’accélère un peu, surtout lorsque tout le monde constate que Nourredine ne va vraiment pas lâcher le morceau.

Conseillé par une amie blogueuse, le film doit effectivement se voir en version originale, pour accentuer le dépaysement par les bruits de la rue, des nuits, des manifestations.

Je suppose que vous aurez aussi compris, dans le titre en français,  l’allusion aux polars noirs de James Ellroy, comme son « L.A. Confidendial ». 

Quel contraste aussi entre ces lieux glauques à travers lesquels évoluent les gens du commissariat, et les lieux qu’habite l’entrepreneur et sa famille, où tout est propre, contrairement aux personnages, où il n’y a pas pénurie d’eau (comme en ville) pour arroser le parcours de golf.

L’acteur Fares Fares porte le film sur ses épaules, il est ce flic désabusé, qui se retrouve seul dans une chambre aussi sombre et glauque que le commissariat où son oncle règne en petit chef corrompu.
Celui-ci est interprété par Yasser Ali Maher qui campe un général Kammal très crédible.
La jeune Salwa, la femme de chambre soudanaise, est jouée par Mari Malek et Gina, l’amie de la jeune femme assassinée est interprétée par Hania Amar.
L’homme d’affaires qui se croit à l’abri de tout soupçon est joué par  Ahmed Selim.

Je ne peux que, moi aussi,  vous recommander ce thriller, qui m’a un peu fait penser aux films policiers coréens où la aussi la corruption est à tous les niveaux et où règne une ambiance sombre et pesante.

Tarik Saleh est un réalisateur suédois, d’origine égyptienne. Il est également éditeur, journaliste et producteur de télévision. Il s’est fait connaître dans le monde artistique par ses graffitis sous le pseudonyme de Circle&Tarik. L’une de ses fresques datant de 1989 est l’une des plus anciennes fresques existant dans le monde et a même été reconnue comme héritage culturel et protégée par l’état suédois.
Le sujet du film, le scénario,  sont  librement inspirés par le meurtre d’une chanteuse libanaise, Suzanne Tamim, assassinée à Dubaï en 2008. Elle était adulée pour sa beauté et sa voix ; elle fut retrouvée morte, le corps transpercé de plusieurs coups de couteau. Les versions de l’histoire changèrent plusieurs fois, mais les soupçons se posèrent sur le milliardaire qui était son amant ; il était un magnat de l’immobilier, mais aussi un membre important du parti au pouvoir en Egypte, un proche du fils du président Moubarak. Il plaida évidemment non coupable, répétant à l’envi = dieu est mon meilleur défenseur. Après qu’une première condamnation sera reportée pour vice de procédure (toujours très utile les vices de procéure !), il sera condamné à 15 ans de prison ferme. Un autre accusé sera lui condamné à la prison à vie.

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