mon bonheur est dans la ville

02 juillet 2022

FOLON, de Gaetan Saint-Remy

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Documentaire – scénario et réalisation de Gabriel Saint-Rémy

(les illustrations sont prises dans la photothèqye google, sauf le petite homme face à la mer, photo de la rédactrice du blog)

Avec des images d’archives où Jean-Michel Folon se raconte – né à Uccle, en 1934 (arrondissement de Bruxelles) – il a suivi, au cours des années 1954-1955 des cours à l’école des arts visuels de La Cambre – encouragé par ses professeurs, il quitte Bruxelles et Paris pour s’installer à la campagne à seulement 100 km de la capitale française, où disait-il, tout était dangereux et irrespirable et il ne voulait pas que ses enfants y grandissent  - lorsque des visiteurs lui demandaient s’il supportait cet horizon rectiligne et plat, il s’en tirait par un mot d’esprit = c’est logique que l’horizon soit horizontal, à moi d’y mettre des verticales –

Folon le dit aussi dans les extraits d’archives = de ses études d’architecture, il avait gardé le goût des lignes et beaucoup de ses dessins offrent des créations dignes d’Escher -

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avec des témoignages de sa sœur, de Rufus le comédien, d’une historienne d’art italienne (qui semblait étaler ses connaissances avec une certaine complaisance), avec des témoignages encore d’Alechinsky & Milton Glaser avec qui il travailla à New York –

parmi les témoignages il y a également celui du spacionaute Patrick Baudry, à qui Folon demanda une photo, une seule, d’un des nombreux couchers de soleil que celui-ci pourrait photographier (Baudry confirma qu’il voyait jusqu’à 16 couchers de soleil par jour !)

le documentaire aborde tous les aspects de la vie de Folon, qui perdit sa petite fille Catherine âgée de 4 ans pour cause de malformation cardiaque, son frère aîné, François, autiste mais très proche à la fois du peintre et du père –

quand François un jour demanda à son père = « papa, c’est quoi les vagues ? » Jean-Michel Folon répondit « c’est la respiration de la mer »

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rien que cette réponse résume tout Folon, son art, sa personnalité, son enthousiasme pour toutes les formes d’art, parmi lesquelles l’opéra – œuvre à laquelle il participa vers la fin de sa vie –

Jean-Michel Folon a été emporté par une leucémie dont il souffrait depuis quelques années ; il explique avec beaucoup d’humour avoir découvert un très vieux bateau destiné à être démoli, il a tout vendu, s’est totalement ruiné, mais l’a acheté et aménagé – c’est là qu’il vivait dans la baie de Monaco – ville où il est décédé

J’ai été fort émue par le documentaire-hommage, surtout par les extraits d’archives qui nous renvoient un Folon plein d’humour et de verve – les artistes ne meurent jamais.

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photo prise au cours d'une promenade en brabant wallon 

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28 juin 2022

L'ORATOIRE CELTE, de Daniel Remacle

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Titre original = l’Oratoire Celte

Auteur.e = Daniel Remacle, littérature belge

Genre = polar, histoire, Belgique, celtes et autres – premier tome

Personnages = Vincent Demay, cinéaste de documentaires, la victime ; Valérie-Anne Demay, sa sœur ; Jaak Van Couver, compagnon de Valérie-Anne ; Jean-Loup un ami de tous, un homme qui a décidé de se lancer dans la brasserie écologique ; Serge, l’assassin ; le commissaire Gabriels ; l’inspecteur Simon, de Liège ; Théo, l’ami et tapeur de cartes, spécialiste des calembours ; Begge d’Andenne, sœur de Grimoald, maire du palais ;

Résumé = Vincent Demay, documentaliste a rendez-vous avec un dénommé Serge ; ils discutent agréablement pendant un dîner puis Serge ramène Vincent à sa voiture et là, lui plante un stylet dans la poitrine et vole le laptop ainsi que le portable du jeune homme – lorsqu’on annonce ce meurtre à sa sœur, Valérie-Anne une artiste, celle-ci n’a d’autre recours pour entamer son deuil, que de se rendre chez leur ami Jean-Loup, qui les accueille bien volontiers – ils sont accompagnés du groupe des tapeurs de cartes, qui se réunissent régulièrement – le commissaire Gabriels demande qu’ils restent en contact,

Qu’est-ce qu’il y avait de si important dans l’ordinateur portable de Vincent ? étaient-ce les repérages qu’il avait effectués récemment dans la Lorraine ?

pendant que les copains tentent de comprendre, l’assassin que l’on connaît depuis le début donc, passe d’un lieu à l’autre du grand-duché de Luxembourg, à la Suisse, pour rencontrer un hacker, afin de découvrir ce qui se trouve dans l’ordinateur – il va aussi revenir vers les lieux où sont nos ami.e.s car il est convaincu qu’ils en savent plus qu’ils ne le pensent – en fait les copains décortiquent tout peu à peu, pendant qu’entre 2 chapitres, l’abbesse Begge et ceux qui la suivront s’attaquent à la construction de son église –

au cours de leurs promenades nos ami.e.s découvrent une croix celtique comportant l’inscription Rigo Magnus – et au pied de celle-ci, un indice ! enfin !

Avis personnel = c'est bien écrit et c'est toujours un plus - mais trop de détails tuent le détail –

Entre les chapitres concernant le polar, on assiste à des faits historiques, avérés sans doute, mais qui n’apportent pas grand-chose à l’histoire -
ça s'étire sur de multiples chapitres concernant les gue-guerres entre la Neustrie et l’Austrasie, puis ça passe à la religion pour la construction de la chapelle d’abord, qui deviendra petite église, on se demande quand cela se terminera - et justement à ce propos, c'est un "cliffhanger" car le criminel court toujours –

Il faudra donc que l’amie qui m’a prêté le premier tome achète le suivant, car je tiens à savoir si l’assassin sera pris -
si ce livre ne m’avait pas été prêté je ne l'aurais jamais lu, ce n'est pas le titre "oratoire celte" qui m'y aurait entraînée, bien que la civilisation celtique m'intéresse énormément, comme toutes les civilisations anciennes

d’après son site, Daniel Remacle est un écrivain belge vivant désormais en France – il est né en 1955 à Bruxelles ; il a une formation de juriste et a travaillé dans l’audiovisuel – il est passionné d’histoire, les romans historiques sont d’ailleurs l’une de ses marottes (est ce pour cela qu’il nous les impose ?)

et il y avait évidemment des coquilles – mais plus personne ne relit les livres ou quoi ?

en tout cas, dans sa bibliographie, l’auteur cite le Musée des Celtes à Libramont, ce qui est tout de même un point positif et sérieux –

pour ce qui est du « sérieux » il semble évident que l’auteur adore les calembours, son personnages de Théo en est d’ailleurs un exemple, à qui parfois j’ai eu envie de tordre le cou (trop de calembours tue le calembour =^-^=)

j’ai mis cet auteur en ligne car il est belge de naissance, et je trouve que je dois avoir une certaine solidarité avec un « pays », mais jusqu’à présent je trouve qu’en dehors de quelques-uns vraiment très valables (Paul Colize, Armel Job, et quelques autres),  les auteurs belges ne m’emballent pas vraiment – le plus décevant jusqu’à présent fut Patrick Parmentier

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25 juin 2022

THE OMEGA FACTOR, de Steve Berry

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Titre original = the Omega Factor

Auteur.e = Steve Berry, littérature anglophone USA

Genre = thriller, action, aventure, œuvres d’art, intégrisme religieux

Personnages = Nicholas Lee (Nick), travaillant pour la cellule CLIO, branche des Nations Unies s’occupant du maintien des œuvres d’art ; sœur Kelsey Deal, son ex-fiancée, entrée dans les ordres peu avant leur mariage ; les Filles de Saint-Michel, ordre religieux protégeant certains secrets ; inspecteur Zeekers de la police judiciaire gantoise ; Bernat de Foix, commanditaire de la restauration du panneau « les juges intègres » ; l’archevêque de Toulouse ; un cardinal envoyé du Vatican pour mettre fin à la congrégation des Filles de Saint-Michel et leurs secrets ; des dominicains, surnommés « the hounds of god » (les chiens de dieu), prêts à tout ;

Résumé = Nicholas Lee travaillant pour une branche des nations-unies a été contacté par son ex-fiancée, Kelsey Deal – la jeune femme est entrée dans les ordres quelques jours avant leur mariage – ils sont néanmoins restés amis, aussi lorsqu’elle fait appel à lui pour lui parler du panneau « les Juges Intègres » qu’elle a restauré, il n’hésite pas à lui rendre visite –
apparemment, cette restauration a révélé quelque chose qui a surpris la jeune femme – Nick Lee est arrivé à Gand  mais au moment où il se rend à l’atelier de Kelsey, celui-ci est en proie aux flammes et si la restauratrice est saine et sauve, le panneau lui est détruit –

s’échappent de l’atelier, trois jeunes personnes qui non seulement ont détruit le panneau mais emportent également le portable de miss Deal – Nick Lee les suit, jusqu’à leur couvent, l’une d’entre elles a été abattue par la police gantoise arrivée sur les lieux, une autre a envoyé un coup de pied dans le ventre de Nick pour l’arrêter dans sa course, bref des jeunes nonnes particulièrement entraînées à la bagarre … charité (chrétienne ?) bien ordonnée commence par soi-même –

A partir de cet événement, va commencer pour Nicholas Lee et sœur Kelsey,  faisant partie de la congrégation de saint-luc, un ordre religieux s’occupant d’œuvres d’art, une course pour retrouver le portable et les images qu’il comporte sur la restauration du panneau et son secret, une course à travers la Belgique et puis la France, de Gand à Toulouse, jusque dans les Pyrénées où se trouve le couvent des Filles de St-Michel -

Entre les chapitres relatifs aux mésaventures des deux héros principaux, on assiste à un résumé sur l’histoire des cathares, sur l’histoire du retable multiples fois volé, abîmé, restitué, etc – avec en plus l’histoire personnelle d’un jeune homme ayant été violé par un prêtre – en plus de l’histoire des cathares, il y a aussi l’histoire de Jeanne d’Arc qui s’entremêle à tout cela –
celui qui fait une histoire personnelle de ce panneau et son secret est un cardinal bien décidé à devenir pape et pour cela il doit éliminer les Filles de St-Michel, surnommées « les Vautours » -
cet intégriste catholique n’a pas l’intention d’accepter qu’un groupe de femmes lui désobéisse, il est accompagné de dominicains armés jusqu’aux dents, car les dominicains étaient entraîner à faire obéir les ordres du pape (ils étaient à l’origine de la croisade des Albigeois) -

Avis personnel = pourquoi faire simple lorsqu’on peut tout compliquer …

ce sera mon ressenti à la fin de ce thriller, qui était intéressant et plein d’action à propos du fameux tableau des « Juges intègres » - mais hélas, tous les chapitres consacrés à cette aventure sont entrecoupés de pages complètes sur = les cathares, Jeanne d’arc, la guerre de cent ans, qui était Jan van Eyck au service de Philippe le Bon – et malheureusement pour les lecteurs, ces chapitres dans les chapitres donnent l’impression de lire des extraits de wikipedia –

peut-être que les Américains n’ont pas la même connaissance de l’histoire que la rédactrice de ce blog, et peut-être est ce la raison pour laquelle l’écrivain Steve Berry a trouvé nécessaire d’inclure autant d’explications sur les dogmes catholiques et l’intégrisme de certains hommes d’église, assoiffés de prestige mais surtout de pouvoir comme le cardinal de cette histoire –

très franchement les dogmes de l’église catholique et l’intégrisme de certains religieux ne me surprennent vraiment pas –

on compare Steve Berry à Dan Brown – alors là je ne suis vraiment pas d’accord, je n’ai jamais trouvé un thriller de Brown aussi rasoir – ce n’est pas non plus ce que d’aucuns nomment de « grande littérature », mais on se distrait en lisant, ce qui est aussi le but d’une lecture –

à propos du panneau (à mon tour de faire mon intéressante) = il est l’un des panneaux inférieurs du très beau retable de l’anneau mystique exposé dans la cathédrale St-Bavon à Gand – il fut volé en 1934 – le sacristain de l’église locale (Termonde) se dévoila comme l’auteur, et déclara être le seul à savoir où était le panneau – celui-ci fut remplacé plus tard par une copie effectuée par Jef Vanderveken et c’est cette copie que l’on admire à ce jour –

de temps à autre, des informations à ce propos repointent leur nez et appellent à de nouvelles théories – un historien/homme politique prétend que le panneau serait en possession d’une riche famille gantoise et ledit historien espère à un règlement de cette affaire dans de brefs délais (tu parles depuis le temps, ils ont une barbe les délais)

j’ai noté 2 coquilles dans le livre de Steve Berry = il prétend que c’est Lambert van Eyck qui a terminé le retable après la mort d’Hubert van Eyck, alors qu’il est de notoriété publique que le retable fut achevé par Jan van Eyck – il existe bien un Lambert van Eyck, peintre lui aussi, mais qui n’a pas porté le moindre poil de pinceau dans la peinture –

 les Juges Intègres

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20 juin 2022

QUAND L'EMPEREUR ETAIT UN DIEU, de Julie Otsuka

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Titre original = When the Emperor was Divine

Auteur.e = Julie Otsuka, littérature anglophone USA

Titre français = Quand l’empereur était un dieu

Genre = roman historique, basé sur des faits réels pendant la 2ème guerre mondiale

Personnages = une mère, sa fille, son fils, d’origine japonaise, mais naturalisés américains

Résumé = le 7 décembre 1941, le Japon allié à l’Allemagne attaque la base de Pearl Harbour par surprise –

en janvier 1942,  le FBI commence à arrêter les Américains d’origine japonaise – les hommes sont envoyés dans des bases où ils subiront interrogatoires, souvent musclés, parfois carrément la torture pour leur faire avouer s’ils sont fidèles ou non à l’empereur du Japon, aucune humiliation ne leur est épargnée – ils doivent aussi remplir un questionnaire = accepteraient ils d’être enrôlés dans l’armée américaine pour défendre leur pays d’adoption – à ceux qui refusent de répondre par l’affirmative, le couperet tombe = retour au Japon –

pendant ce temps, alors que la famille est bien intégrée dans la petite ville de Berkeley, le FBI vient brutalement arrêter le père de famille, et les affiches concernant la déportation des familles annoncent que celles-ci doivent se rendre en des lieux-dits pour partir par le train dans des lieux éloignés – dans le désert préférablement, où des camps de concentration « temporaires » ont été érigés –
commence alors pour la mère et ses enfants, un long internement de 3 années, 5 mois – dans une région où le vent souffle et envoie du sable partout, dans des baraquements où il fait trop chaud l’été, trop froid l’hiver, où la vie n’est que la survie, avec des files pour se laver, pour manger, etc, il faut surtout survivre

lorsque, enfin, après la libération ils pourront retourner chez eux, après 3 ans et 5 mois, ils ont heureusement retrouvé leur maison – certains de leurs voisins n’ont pas cette chance – les anciens voisins blancs font semblant de ne pas les connaître – eux-mêmes décident de ne plus les regarder – la maison a été occupée, preuve en est la crasse laissée par les « squatters » -
le père rentrera aussi, homme complètement brisé, n’ayant plus la santé pour pouvoir encore travailler, il a vieilli avant l’âge –

ils pouvaient s’écrire, mais les lettres étaient censurées, quand elles arrivaient – le garçon surtout s’accroche à ce faible lien, si ténu, mais si nécessaire -

Avis personnel = le mal, les douleurs, que les humains infligent aux autres humains ne cessent jamais de m’étonner – je ne dis pas que les prisonniers américains furent mieux lotis en Orient au même moment, cela fait partir de ma phrase – et cela recommence, aux portes de l’Europe à présent –
comment arrive-t-on à se reconstruire après de tels événements ?

Sans pathos, avec des mots simples, Julie Otsuka  raconte une situation qui est un vrai crève-cœur – ce roman est son premier, et elle s’est largement inspirée de ce que ses grands-parents ont connu –

c’est terriblement poignant et édifiant, on voudrait pouvoir effacer toutes ces taches sur le mot  "humain"

17 juin 2022

UN MONDE MERVEILLEUX, de Paul Colize

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Titre original = un Monde Merveilleux

Auteur.e = Paul Colize, littérature belge

Genre = roman, thriller, huis-clos, histoire, journal intime, voyages, vengeance, guerre

Personnages = Daniel Sabre, Marlène (patronyme à dévoiler)

Résumé = le maréchal des logis Daniel Sabre, appelé « premier » par sa hiérarchie, est un instructeur fort bien noté par celle-ci, en Allemagne où l'on fait encore son service militaire en 1973 – un jour ses supérieurs le contactent = il doit véhiculer une personne qui l’attend à Bruxelles, on lui remet des papiers avec argent et passeport, il devra téléphoner tous les jours à une heure bien précise à l’un de ses supérieurs et SURTOUT ne poser aucune question, ni à sa hiérarchie, ni à la personne qu’il doit véhiculer –
Celle-ci, lorsqu’il arrive devant son domicile où elle l’attend lui porte immédiatement sur les nerfs – elle entre, aux yeux de Daniel, dans la catégorie « pimbêche » - elle lui porte vraiment sur les nerfs, avec sa manie aussi d’écrire dans un journal, en levant parfois les yeux vers le retro –

Elle aussi est irritée par ce type taciturne qui ne lui cache pas qu’il obéit aux ordres, sans obéissance aux ordres, il n’y a que du désordre !! ça ne s’annonce vraiment pas sous d’heureux auspices cette balade en France, qui de manière inattendue les envoie dans le sud de l’Espagne – la hiérarchie de Daniel est entièrement d’accord, mais ne donne toujours aucune explication –
Marlène tente par la discussion, parfois par la provocation, de « dégeler » cet homme qui place l’obéissance aux ordres par-dessus tout – s’il savait !

et quand il saura, ce sera dramatique

Avis personnel = les romans de Paul Colize sont pour moi un plaisir toujours renouvelé – que ce soit des polars humoristiques ou des romans plus sombres, plus profonds, comme celui-ci, je suis une inconditionnelle – d’abord et surtout parce qu’il écrit très bien, et de nos jours où la langue française est souvent mise à mal et ne parlons même pas de l’orthographe ! (je vais encore passer pour une enquiquineuse =^-^=)

ce roman est un road-movie, avec deux personnages qui s’observent mutuellement, avec circonspection – ils ne savent rien l’un de l’autre, ils ne sont pas censés savoir quoi que ce soit l’un de l’autre, du moins ce sont les instructions de Daniel – dans ce huis-clos étouffant, les nerfs s’exacerbent -

entre chaque chapitre nommé au prénom de l’un des protagonistes, l’auteur partage des anecdotes sur des personnages et faits historiques –

le rebondissement inattendu apporte un accent tragique, mais parfois il faut un événement tragique pour se réveiller et se révolter contre ceux qui nous ont manipulés par des mensonges –

en compagnie des deux protagonistes, on traverse la France, l’Espagne, bref le road-movie par excellence

à lire absolument

un autre billet sur ce roman chez hedwige-tranchesdelivres

 


11 juin 2022

DOSSIER 64, de Jussi Adler-Olsen

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Titre original danois = Journal 64

Titre anglais = the Purity of Vengeance

Auteur.e = Jussi Adler Olsen, littérature scandinave, danemark

Titre français = Dossier 64

Genre = thriller, vengeance, enquête sur un crime du passé, eugénisme, avortements forcés

Personnages = commissaire Carl Morck ; Assad, son assistant ; Rose, secrétaire ; Curt Wad, médecin gynécologue âgé, ayant fondé un parti d’extrême-droite, pratiquant l’eugénisme ; Borge Bak, ancien policier, frère d’une prostituée victime d’un souteneur ; Marcus Jacobsen, commissaire principal ; Nete Rosen, née Hermansen, victime d’injustices provoquées par sa famille et Curt Wad ; Ronny Morck, cousin de Carl Morck, prétendant avoir tué son père avec l’aide de Carl

Série = Département V (département Q en version originale)

Place dans la série = 4ème enquête

Résumé = en 1987 Nete Hermansen prend la ferme décision de se venger de tous ceux qui lui gâchèrent la vie dans les années 50, lorsqu’elle était encore toute jeune – ayant perdu sa mère, elle ne fut guère éduquée par son père et ses frères, sauf dans l’art de jurer et de lever sa jupe par jeu ; jeu qui va s’avérer dangereux lorsqu’elle ira à l’école, d’où elle sera renvoyée – innocente comme elle l’était alors, elle accepta les jeux sexuels de son cousin, elle fit une fausse couche à ce moment-là - elle est placée par son père  dans une famille d’accueil, mais finalement après avoir subi humiliations et méchanceté là aussi, elle se retrouve dans les griffes du gynécologue Wad, qui non seulement l’avorte mais la stérilise également –
puis Nete est envoyée sur une île où sont envoyées les filles peu éduquées, les prostituées, ce que les autorités (services sociaux !!!) considèrent comme des dangers pour une société danoise « propre » - elle subira là d’autres manigances, d’autres viols de la part d’une autre fille et aussi d’une surveillante – il y a peu de chance de revenir à une vie avec un semblant de normalité, pourtant Nete y parviendra jusqu’à ce que Curt Wad, une fois encore gâche sa vie –

en 2010 Carl Morck et ses assistants prennent connaissance d’un dossier de plusieurs personnes disparues en 1987 – l’enquête qu’ils vont mené les entraînera vers le parti d’extrême-droite fondé par Curt Wad et d’autres gynécologues – Wad est désormais un vieil homme, mais il a gardé toute sa morgue, toute son arrogance, toute sa rage pour ceux qui ne sont pas « propres » et surtout les Arabes et les Noirs – et il est suivi par non seulement des policiers à sa solde mais aussi des médecins et des infirmières avorteurs comme lui, de même que des avocats, qui vont se lancer dans une course pour détruire ces policiers intègres qu’ils méprisent -

et comme si cela ne suffisait pas, Morck a des problèmes personnels avec un cousin qui colporte des mensonges quand il a bu, et il est rarement sobre  

Avis personnel = il y avait déjà un certain temps que je n’avais plu lu de polar scandinave et je ne sais pas si ce fut une bonne idée de me lancer dans celui-ci où peu de détails sordides sont épargnés (viols, coups et blessures pour donner la mort, humiliations vis-à-vis de pauvres filles sans éducation, etc) –
on a beaucoup cité la Scandinavie comme des modèles de société, mais comme partout, si l’on gratte un peu on se retrouve face à de la corruption politique et policière – en fait dès que l’être humain est en cause, il n’y a plus grand-chose à récupérer de propre –

ici le département V (Q dans la version originale) est confronté à l’extrême-droite, et à un médecin qui n’est pas sans rappeler le docteur Mengele des nazis – l’île sur laquelle sont envoyées les malheureuses, certaines handicapées mentales, n’est pas sans rappeler un camp de concentration, même si elles ne sont pas liquidées à l’arrivée, ce qu’elles subissent ont tôt fait de les détruire –
à l'aide d'analepses, on passe des années 50 à l'année 1987 et ensuite à l'époque contemporaine, moments de l'enquête actuelle -

j’ai beaucoup de difficultés à lire des romans, polars ou autres, qui mettent en scène ce que les humains ont de plus immonde en eux, et surtout où l’auteur ne nous épargne pas les détails sordides –
je sais que nous ne vivons pas dans une société de bisounours, mais parfois on aimerait que de telles horreurs n’aient pas existé –

les personnages de Morck/Assad/Rose sont semblables à eux-mêmes, elle un peu frappadingue mais très intelligente, Assad, très intelligent également mais cachant encore et toujours son passé, quant à Morck il se débat dans des problèmes personnels, et n’est pas très enclin à être aimable avec ses assistants, ce que Rose lui reproche régulièrement –

le roman se termine sur un fameux coup de théâtre -

30 mai 2022

THE LOCKED ROOM, d'Elly Griffiths

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Titre original = the Locked Room

Non traduit

Auteur.e = Elly Griffiths, littérature anglophone UK

Genre = polar, archéologie, confinement, pandémie, covid-19

Personnages = Ruth Galloway, archéologue, spécialisée en archéologie médico-légale, désormais cheffe du service archéologie de l’université de Norfolk ; Kate, sa fille de 11 ans ; inspecteur en chef Harry Nelson, père de Kate ;  David Brown, professeur employé de Ruth Galloway, imbu de lui-même ; Cathbad (Michael Malone), druide,  ami de Ruth ; inspectrice Judy Johnson, bras droit de Nelson, compagne de Cathbad ;  leurs enfants ; inspecteur Tony Zhang, excellent enquêteur mais insupportable bavard ; inspectrice Tanya Fuller, excellente enquêtrice, manquant de tact ; Zoe Hilton, nouvelle voisine de Ruth Galloway ; Hugo Baxter, ami d’une des victimes ; Tina, femme d’ouvrage d’une victime ; Abbas, un infirmier ;

Série = Ruth Galloway

Place dans la série = 14ème enquête

Résumé = Ruth Galloway a passé un week-end à Londres car la nouvelle épouse de son père aimerait faire des travaux dans l’appartement – il est bien normal pour Ruth que Gloria souhaite s’approprier les lieux, aussi Ruth vide-t-elle la chambre de sa mère, le cœur un peu gros vu toutes les photos qu’elle découvre dans une boîte – c’est l’une de ces photos qui l’intrigue le plus = au verso il est indiqué « Dawn 1963 », mais le plus surprenant est qu’il s’agit d’une vieille photo du cottage qu’elle a hérité de sa mère, cottage où cette dernière ne voulait plus venir –
De retour dans le Norfolk, Ruth Galloway découvre une nouvelle voisine, Zoe, une femme plus ou moins de son âge et fort sympathique –

Celui qui est moins sympathique est évidemment son professeur/employé David Brown qui croit toujours tout mieux savoir qu’elle – bien qu’elle n’ait plus très souvent l’occasion d’être sur le terrain, il arrive encore à Ruth Galloway d’accompagner ses étudiant.e.s, dont l’une d’elles semble obsédée par la « Grey Lady » l’une de ses âmes errantes faisant partie du folklore de la région –

Accessoirement, RutH se dit qu’elle perdrait bien quelques kilos et rejoint un groupe style weight watchers, où l’on vous guide à maigrir, en notant tout ce que l’on mange, etc. Ruth, après une visite et deux journées de notes a compris que décidément tout cela ne la concernait pas –

Par contre, ce qui la préoccupe c’est qu’elle apprend que l’une des participantes a été retrouvée morte, la porte fermée de l’extérieur, ce qui en fait un meurtre – c’est l’inspecteur en chef Harry Nelson, père de sa fille (qui devient une insupportable pré-ado) – lui et ses inspecteurs découvrent que d’autres femmes, à d’autres moments, ont aussi fait partie de ce groupe de minceur, par contre certaines sont mortes par suicide - et si ce n'étaient pas des suicides ?

Soudain l’actualité frappe fort = ce que l’on pensait n’être qu’une grippe, est en fait un sale virus, que les scientifiques nomment coronavirus, le tristement connu covid-19 – du coup tout le pays s’arrête de fonctionner, même la police doit établir un roulement pour qu’il n’y ait pas trop de monde au commissariat – et comble de malheur pour toute la petite communauté = Cathbad, l’ami de tous et surtout le compagnon de l’inspectrice Judy Johnson est frappé par la maladie et son processus vital est engagé –

D’autre part, Zoe Hilton, la nouvelle voisine de Ruth, cachant des secrets, a disparu près du centre touristique – sa voiture s’y trouve, mais plus aucune trace –

L’inspecteur en chef Nelson devient vraiment très nerveux et en l’absence de son épouse, coincée chez sa mère, renoue quelque temps avec Ruth Galloway – (ceci dit il se comporte toujours comme un rustre, je finis vraiment par me demander ce qu’elle lui trouve)

Avis personnel = un bon polar, avec plusieurs rebondissements – accent mis aussi sur les groupes de régimes et bien sûr sur la pandémie qui a frappé le monde pendant deux années –

C’est pour cette raison que j’ai apprécié le roman, bien sûr aussi pour le polar qui est bien mené malgré toutes les difficultés dues au confinement –
j’ai retrouvé au travers du roman toutes les difficultés que nous avons tou.te.s traversées, toutes les détresses provoquées par la distanciation qui nous a éloigné temporairement de nos familles, mais aussi l’émotion provoquée par ces familles qui ne pouvaient pas se retrouver au chevet d’un parent mourant – certaines  histoires ont une manière d’aborder de manière imperceptible des moments durs, traversés pendant un long laps de temps – sans oublier aussi le désarroi des professeurs d’écoles primaires, secondaires et universitaires, comment donner un  cours d’archéologie quand on est devant un écran avec le système zoom ! et surtout, comment motiver les élèves à travailler –
sans oublier les applaudissements destinés au personnel soignant et tous les autres travailleurs devant poursuivre leurs activités (infirmières, personnel nettoyant, caissières de magasin, etc)

toutes ces choses abordées dans le roman, nous les avons vécues avec plus ou moins de patience –

pour ce qui est de la personne coupable, j’avais mes soupçons mais sans vraiment y croire – et pourtant j’avais raison

28 mai 2022

LA QUETE DE LA VERITE

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J’aime beaucoup trouver dans les romans, policiers ou non, des extraits de textes qui m’intéressent particulièrement – même si cela n’intéresse que peu ou pas d’autres personnes.
L’art d’écrire, dont parlent si bien Umberto Eco, Jean-Claude Carrière, et bien d’autres, est pour moi un sujet passionnant. J’ai glané dans un polar récent cet extrait parlant de la quête de la vérité.

Début de citation

Selon Christos Markogiannakis, dans son récent roman policier fort bien écrit, il en va dans la vie comme dans les romans policiers = la quête de la vérité ressemble à l’entrée dans une pièce où l’on cherche un objet caché.
On ouvre des tiroirs et des armoires, on déplace des meubles, on soulève des tapis, on inspecte tous les recoins. L’objet une fois trouvé, il faut veiller à ce que tout soit remis en place. Les boîtes et les tiroirs fermés, les rayonnages parfaitement rangés.
Une seule porte d’armoire mal refermée, une seule faille, et toute la construction (théorie) peut s’écrouler.

Fin de citation

Je ne sais si vous partagez cette métaphore, mais j'aimerais votre opinion sur ce très court extrait du roman, que je vous recommande d'ailleurs - soleil, mer bleue et tempête dans une île grecque - dépaysement garanti       

13 mai 2022

THE SILENCE IN THE GARDEN, de William Trevor

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Titre original = the Silence in the Garden

Auteur.e = William Trevor, littérature anglophone (Irlande)

Titre français = le Silence du Jardin

Genre = roman, famille avec secret, fond de religion catholique vs. protestante, journal intime

Personnages = Sarah Pollexfen, lointaine parente pauvre de la famille Rolleston ; la matriarche Rolleston, ayant élevé les enfants Lionel, John James & Villana ; Holy Mullihan, étudiant, harcelant le jeune Tom ; Brigid, la cuisinière du domaine ; Tom, son fils, enfant illégitime du majordome assassiné ; Finnamore Balt, notaire, époux de Villana ; la veuve Moleby ; Patty, bonne du domaine

Résumé = Irlande, peu avant la 1ère guerre mondiale - Carriglas, une petite île située à côté du comté de Cork – la jeune Sarah Pollexfen, fille d’un clergyman peu nanti et sœur d’Hugh ami des enfants Rolleston, arrive au domaine pour s’occuper de leur éducation – leur père, le colonel Rolleston revient généralement avec des cadeaux pour eux dès que son travail au ministère le lui permet – en 1905, la famille n’est pas encore appauvrie et le domaine n’est pas négligé – hélas Sarah doit quitter le domaine parce que la santé de son père se détériore et elle trouve un emploi d’enseignante dans une école avoisinante.
A la mort de son père, Sarah retourne chez les Rollestons, la guerre hélas est passée par là, le colonel est mort, l’un des fils Lionel a été réformé et s’occupe des affaires, quant à John James, il travaille sur le domaine, entretenant les champs et le jardin.

Villana la plus jeune, d’abord fiancée à Hugh Pollexfen, a désormais des vues sur le notaire Balt, désireux de faire en sorte que des terres appropriées de manière frauduleuse soient retournées au domaine – l’homme, déjà vieux, adore la jeune femme depuis toujours et elle a accepté sa demande en mariage, surprenant tout un chacun compte tenu de leur différence d’âge.
Une veuve dans le village, relié par ferry, à l’île, propriétaire d’une pension de famille, a des vues sur John James et essaie de s’incruster dans la famille par tous les moyens.

Et puis il y a Tom – il est le fils illégitime de la cuisinière et du majordome qui a été assassiné – il est méprisé par le village, ce qui le laisse plutôt indifférent, par contre il est harcelé par un jeune excité catholique qui prend un malin plaisir à lui dire que son âme est désormais perdue puisque sa naissance fut entachée par le péché.
Un pont va être construit afin de relier l’île au « continent » (village), malignement le jeune Holy Mullihan continue à harceler Tom en lui disant que le pont sera baptisé du nom de l’assassin de son père -

Catholiques et protestants ne font pas vraiment bon ménage à Carriglas, et cela est généralement entretenu par les prêtres de part et d’autre.

Avis personnel = un ton fort mélancolique pour cette histoire de famille dans une propriété qui s’abîme peu à peu – je pensais au départ lire un roman gothique puisque « grande propriété mystérieuse, avec famille dysfonctionnelle », mais si la famille est effectivement dysfonctionnelle, la demeure n’est guère mystérieuse – la seule chose qui « sauve » un peu l’histoire du sordide est le jeune Tom, pratiquement considéré comme un paria parce qu’illégitime – sa gentillesse lui fait traverser toute l’histoire avec une candeur rafraîchissante –

Au départ, j’étais séduite par la douceur, la torpeur même, de ce petit village irlandais, sur une île en bordure du comté de Cork, mais peu à peu l’atmosphère pesante gagne la lecture et l’on se rend bien compte que les personnages du patelin rampent sous les pierres comme des insectes dans un jardin – j’ai évidemment été choquée par la découverte du secret qui hante la grand-mère, et qui prouve bien qu’il ne faut jamais garder une arme chargée chez soi – ce qui m’a particulièrement frappée dans le roman, était une impression d’attente que quelque chose se passe, mais non, tout est immobile, les sentiments comme le domaine même – finalement il ne reste plus que le silence du jardin -

ce n’est pas le premier roman que je lis de William Trevor et comme précédemment, je n’ai pu que noter une certaine amertume de ton, malgré le moment de fête qu’est le mariage de Villana – comme dans l’autre roman que j’ai lu de cet auteur, un élément perturbateur se glisse dans l’histoire et met mal à l’aise, preuve d’un grand talent d’écrivain. L’écriture est fort belle, les chapitres sont entrecoupés par des extraites du journal intime de Sarah.

09 mai 2022

THE DUKE, de Robert Michell

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Scénario de Richard Bean & Clive Coleman

Adapté d’une histoire vraie

Kempton Bunton, un autodidacte, révolté par les injustices tant dans son pays (l’Angleterre) que dans le monde et aussi dans sa ville de Manchester, n’hésite jamais à protester à haute voix – professionnellement, ce n’est pas la grande réussite non plus car il s’insurge et s’élève contre la moindre des injustices. La dernière protestation en date est le fait qu’il refuse désormais de payer la redevance pour la BBC, estimant que ce service devrait être gratuit pour les pensionnés.
Tout cela dérange profondément son épouse Dorothy, qui ne supporte pas tout ce raffut pour rien et qui attire l’attention de gens sur eux.
En fait le couple va mal depuis la mort de leur fille Marian ; le vélo avec lequel elle eut un accident lui a été offert par son père et le brave homme se sent coupable, responsable de sa mort. Comme Dottie et lui n’en n’ont jamais discuté, Kempton a écrit une pièce de théâtre à ce propos ; écrire pour le théâtre est d’ailleurs un autre de ses dadas, lui qui est un admirateur de Tchekov, pas tellement de Shakespeare.
Dorothy, elle, fait des ménages et est aussi obsédée par la propreté chez elle.

Un jour aux infos on cite qu’un tableau de Francesco de Goya, portrait du duc de Wellington ; compte tenu de la valeur du tableau 140.000£, Bunton est choqué et décide de voler le tableau et d’en exiger une rançon. Comme à une certaine heure du matin les alarmes et autres sécurités sont coupées pour que le personnel de nettoyage puisse faire son travail, c’est là que Kempton Bunton décide de « frapper ». Il cache, avec l’aide de son fils cadet Jackie, le tableau dans l’armoire de la pièce où il travaille généralement à ses pièces de théâtre. Bunton commence à envoyer des messages aux quotidiens, exigeant une rançon pour le retour du tableau.

Hélas les événements vont se précipiter lorsque le fils aîné amène sa poule chez ses parents ; elle découvre le tableau par hasard et exige le partage de la rançon. 
Dès lors Kempton panique et décide de « rendre » le tableau à la National Gallery.

Arrêté, son procès sera un excellent moment d’humour et de dérision  à l’égard du tribunal, dérision bien involontaire de la part du brave retraité qui est totalement ingénu et sincère dans ses réponses.

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Inutile de vous dire que j’ai vraiment beaucoup aimé ce film – je suis une admiratrice de l’acteur Jim Broadbent depuis bien des années et on ne présente plus la talentueuse Helen Mirren. Lui est parfait dans cet homme qui ne peut s’empêcher de s’insurger face à une injustice, elle est « presque effrayante » dans son rôle de ménagère, craignant le qu’en-dira-t-on, râlant sans cesse sur son mari et ses fils, frottant à qui mieux mieux. Ils sont très justes dans leurs rôles respectifs.

Je ne vous révèlerai évidemment pas le petit rebondissement, mais rien que pour le procès, le film vaut le déplacement. C’est le séduisant Matthew Goode dans le rôle de l’avocat de la défense de Kempton Bunton, qui se prend de sympathie pour cet homme simple et sincère – cet avocat était l’époux de la comédienne britannique connue des amateurs de cinéma et théâtre.
Charles Edwards est le haut commissaire de Scotland Yard et on trouve encore Anne Maxwell Martin qu’on a pu voir dans « the Bletchley circle ». Elle interprète la patronne de Dorothy Bunton et s’avère finalement une femme bien sympathique. Finn Whitehead est Jackie, le plus jeune fils des Bunton.

Bref, une comédie dramatique dont les Britanniques ont le secret. Bourrée d’humour et de tendresse.

01 mai 2022

LA TRAGEDIE DU CHAT, de Sophie Chabanel

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Titre original = la Tragédie du chat

Auteur.e = Sophie Chabanel, littérature francophone

Genre = polar

Personnages = Commissaire Romano ; lieutenant Tullier ; adjudant Clément en partance, nommé à Nancy ; adjudant Dubois, nouveau dans l’équipe, et formé par Clément ; Damien petit ami de Romano ; divisionnaire Bertin ; Mathieu Véran metteur en scène/acteur de théâtre, la victime ; Laeticia Leroux, ex-petite amie de la victime et suspecte ; Virginie Milot, sœur de la victime et suspecte ; professeur Seneca, ami de la victime ; sans oublier le chat RURU

Série = Commissaire Romano de Lille 

Place dans la série = 4ème enquête

Résumé = en pleine représentation de « Suppliantes » d’Eschyle, le metteur en scène Mathieu Véran est tué par une partie du décor (une barque) qui s’écroule sur lui – celui qui s’occupe de sdécors est catastrophé car la veille encore, lors de la répétition, tout était normal – finalement après observations, il s’avère que l’arme du crime est un bout de scotch !!!! – collé au mauvais endroit – les suspect.e.s sont nombreux.ses, mais tout ce petit monde a un alibi en béton et l’enquête se traîne –
Il semblerait que des associations d’antiracistes, avaient déjà tenté d’annuler la pièce quelque temps auparavant, mais depuis elle avait été remise au programme du nouveau théâtre de Lille, avec la première représentation face à un public de notables de la ville –

Romano a évidemment le divisionnaire sur le dos, il estime que son enquête ne va pas assez vite et qu’il espère qu’elle ne va pas, une fois de plus, lui mettre la honte – on n’est pas plus aimable – heureusement Romano a une bonne équipe, Tellier est toujours aussi moralisateur à tous niveaux possibles et imaginables, cela devient agaçant, même pour les lecteurs – Dubois, la nouvelle recrue par contre, formée par Clément, est un bon élément ajouté à l’équipe –

dans sa vie privée par contre Romano se pose des questions car son nouveau petit ami, qui est un type épatant, semble vouloir s’incruster ce qui l’embête un peu, elle l’indépendante, et comble de tout = Ruru le chat semble détester celui qu’il considère comme un rival pour les attentions de son humaine -

Avis personnel = comme précédemment, je me suis bien amusée à lire ce polar sans prétention, où mon esprit de déduction a été totalement mis à l’épreuve – je n’avais pas du tout deviné la personne coupable – j’avais mon suspect, mais ce n’était pas le bon –
L’enquête nous balade dans Lille et ses alentours, dans les hauts de France – bien sûr, le lieu privilégié de travail de Romano et son équipe reste le bar Macchiato, où elle peut savourer des espressos dignes de ce nom –

Et l’on parle beaucoup universités et théâtre, ce qui n’a pas été pour me déplaire, même si les universitaires ont droit à quelques coups d’épingle qui égratignent leurs prétentieuses diatribes – 

Je pense que l’auteure Sophie Chabanel a été inspirée pour son roman par l’anecdote (on va dire ça comme ça) autour de la pièce « les Suppliantes » d’Eschyle, mise en scène en 2019 et qui occasionna une controverse – elle était mise en scène par un professeur de grec ancien à l’université de Rouen – dans la pièce les comédiennes interprétant  lesdites suppliantes, réfugiées d’Egypte ont le visage peint en noir – les associations d’étudiants ont considéré cette manière de grimer les comédiens comme un acte de racisme, en référence aux « blackfaces » utilisées par les racistes made in USA pour se moquer des Afro-américains au cinéma, entre autres – cette censure fut dénoncée par la présidence de l’université – finalement la pièce se joua quelque temps plus tard, avec alors des masques blancs pour les Grecs et noirs pour les Danaïdes égyptiennes -

Un autre exemple de « cancel culture » et qui plus est ne tient aucunement compte de ce qu'Eschyle a voulu y mettre

 

POUR DU BONHEUR TOUTE L'ANNEE

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à toutes et tous, si vous passez par chez moi malgré le peu d'activité sur ce blog,
recevez pour chaque brin une année au moins de bonheur

24 avril 2022

TERRE EN FLEUR, d'Edmond Dubrunfaut

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il y a 10 ans, je découvrais au cours d'un de mes samedis flâneurs une partie de la station de métro "Louise" que je n'avais jamais abordée - j'y ai découvert cette très belle mosaïque, de la main d'Edmond DUBRUNFAUT (billet ici)

ces émaux, plus que mosaïque,  s'intitulent "la Terre en Fleur" - et nous avons bien besoin de nous le rappeler que pour que cette terre reste en fleurs, il est grand temps que les humains se réveillent, mais tant d'obstacles se dressent sur ses chemins (monopoles des grandes sociétés) -
le 22 avril est paraît il la date officielle de la journée de la terre, une journée officialisée en 1970 - il est demandé aux citoyens de faire un geste concret pour tenter d'aider cette terre à souffler un peu - bien sûr nous devons tous à notre niveau faire quelque chose, mais ce n'est pas de nous malheureusement que vient le pire - j'avoue être assez pessimiste sur le devenir de notre habitacle qui nous nourrit, nous habille ...
personnellement je suis toujours un peu choquée par ces "journées internationales de ceci, de cela", mais d'autre part, si elles n'existaient pas, peut-être que pas mal de personnes ne prendraient pas vraiment conscience qu'il n'est peut-être pas trop tard de se réveiller, mais en tout cas il est grand temps

 

 

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23 avril 2022

L'ENFANT D'OSTENDE

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enfant d'ostende (mer du nord), ARNO décédé ce 23 avril 2022
se définissait comme un européen, enfant du monde et détestait les frontières

il a rendu hommage à ostence dans cette chanson mélancolique
qu'il me plaît de partager avec vous en hommage à un chouette "menneke"

 

 

 

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22 avril 2022

LA REVOLTE DE LA COULEUR - LE FAUVISME BELGE (1904-1918)

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Ma petite chronique est basée sur la préface de monsieur Pierre Loze, directeur scientifique de l’Association pour le Patrimoine artistique – ainsi que sur le texte de monsieur Constantin Ekonomides, commissaire à l’exposition (les photos illustrant le billet sont les miennes - quant au texte il est très résumé, le catalogue étant fort riche en détails)

Le mouvement fauviste a débuté au début des années 1900 à Paris – compte tenu de ce que les artistes belges suivaient de près tout ce qui se passait à Paris, on peut en définir le caractère et l’originalité chez quelques peintres – vu la grande production d’alors, faire un tri s’imposait.

La première expression de ce nouveau rapport avec la couleur apparaît tôt dans les premières années du 20ème siècle –
Elle se manifeste de façon originale, quoique un peu confidentielle, dans une série d’œuvres de la première décennie précédant la première guerre mondiale, au sein d’une génération de jeunes peintres pour qui l’impressionnisme avait tout dit –
Ces artistes ont pour la plupart entre 20 et 30 ans, ils sont quelques-uns paraissant s’observer et s’influencer l’un l’autre – en rapprochant quelques-unes de leurs œuvres, on met en évidence et de manière plus perceptible ce qu’ils cherchaient à exprimer =>
une dominante de tons bleutés, mauves, rose ou magenta - ils adoptent parfois des tons acidulés ou une lumière proche d’un clair de lune

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au-delà de traits communs, ils empruntent tous, par la suite, des voies diverses, sauf Rik Wouters chez qui ce sera le point de départ d’une brève carrière, de l’éclosion d’une œuvre limitée par sa mort précoce –
pour d’autres, comme Jos Albert ou Jean Brusselmans, les débutants, ce sera le passage vers autre chose – on peut ajouter à ce mouvement Ferdinand Schirren et Prosper de Troyer –

il n’est guère aisé de caractériser ces années qu’il faut appeler d’avant-guerre, cette guerre qui fracassera la vie artistiques autant qu’une partie de la jeunesse – le mouvement artistique reprit en 1919 dans un autre climat, un autre fauvisme aux couleurs plus vives caractérisant le brin de folie que seront les années 1920 –

entre 1906 et 1914, des jeunes artistes férus de nouveauté décidèrent de s’nstaller dans les communes de Drogenbos, Beersel, Linkebeek et leurs environs pour peindre sur le motif – ils étaient pour la plupart issus de l’atelier « l’Effort » - ils invitèrent leurs confrères restés dans la capitale à se joindre à eux afin de partager les joies de la peinture de plein air –

la couleur devient le pivot central – les tableaux exécutéss alors donneront au fauvisme belge ses caractéristiques majeures.

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Quelques noms en dehors de ceux repris dans le billet = Jos Albert, Constant Permeke, Georges Lemmen, Rodolphe Strebelle, Louis Thévenet, Emile Claus, Anne-Pierre de Kat –  liste  non-exhaustive

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14 avril 2022

LA PANTHERE DES NEIGES, d Marie Amiguet & Vincent Munier

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Réalisation = Marie Amiguet & Vincent Munier
Scénario = Marie Amiguet & Vincent Munier d’après le livre de Sylvain Tesson

Titre à l’international = the Velvet Queen

Est-il encore nécessaire de présenter Sylvain Tesson, le bourlingueur-écrivain ? probablement pas – personnellement j’aime beaucoup son écriture, mais j’ai un peu de mal à l’entendre et le voir, comme dans la série qu’il a consacrée à Homère et les voyages d’Ulysse, où je l’ai trouvé assez arrogant –

Par contre, je suis conquise par le personnage dans ce très beau documentaire, à voir toute séance tenante – je pense que le fait d’être face à lui-même dans cette immensité des plateaux tibétains, en compagnie de Vincent Munier, photographe animalier, habitué au calme, Sylvain Tesson a compris que parfois il est bon d’abandonner la « course du lièvre » et accepter que pendant de longues heures on soit à l’affût d’un animal qui ne se montrera peut-être pas – face à soi, face aux réflexions que cela inspire, face à cette nature restée sauvage, balayée par les vents où les averses sont plutôt de neige que de pluie, on ne peut pas tricher -

Car elle ne se montre que vers la toute fin du documentaire cette belle panthère des neiges, que l’on pense en voie de disparition – mais Vincent Munier à l’œil pour observer, débusquer, photographier –
Et ce n’est guère facile, car comme la nature fait bien les choses dans cet univers aux teintes de la terre, brune, ocre, de pierres grises tachetées, les animaux ont le pelage qui les rend presque invisibles, et pourtant ils sont là et bien là  – et quel cadeau lorsqu'on les découvre -

En dehors de cette panthère (que je trouve magnifique, comme ce documentaire), on a le plaisir de découvrir d’autres animaux tels le Chat de Pallas, le Yack, le Renard tibétain, et quelques autres, toujours cachés par leur pelage parmi la nature – 

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Vincent Munier et Sylvain Tesson dissertent aussi, par instants au moment de la pause, sur l’humain face à la nature, sur la difficulté de se retrouver en ville après avoir parcouru des paysages inspirant le calme, la sérénité, la réflexion sur la beauté du monde, que les humains ont perdu –
Je n’ai pas encore eu le plaisir de lire l’essai de Sylvain Tesson sur la Panthère, mais ce n’est que partie remise, surtout après avoir vu ce magnifique  documentaire –

Un panneau en fin de film explique que le document a été filmé avec une équipe réduite, afin de ne pas déranger les animaux – j’ai aussi apprécié les courts moments où nos explorateurs-photographe-écrivain retrouvent la famille tibétaine dont Tesson tente d’apprendre la langue ; cela offre quelques moments pleins d’humour et d’humanité –

un autre avis chez tania-textes&prétextes

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10 avril 2022

NOBODY HAS TO KNOW, de Bouli Lanners

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Titre français = l’Ombre d’un Mensonge

On a tous quelque chose à cacher, paraît il – Phil s’est installé dans le nord de l’Ecosse, plus exactement sur l’île de Lewis, fortement presbytérienne – il effectue pour l’un des fermiers locaux, qui ne semble guère l’apprécier des petits travaux – Phil fait un AVC, la fille du fermier en question s’occupe de lui jusqu’à son rétablissement, et aussitôt Angus (le père) estime que Phil peut retourner à ses travaux en compagnie de Brian, le petit-fils d’Angus, le fermier – Phil est totalement amnésique après cet AVC -
Millie, amoureuse en secret de Phil, va profiter de cette amnésie pour lui dire qu’ils étaient amants – un lien fort va alors les réunir, qui ne se terminera pas nécessairement après le retour de la mémoire –

Tout ce que vous avez pu lire à propos de ce film d’auteur est vrai = c’est une déclaration d’amour du réalisateur/scénariste/acteur Bouli Lanners à l’Ecosse, aux sentiments que l’on refoule par timidité – heureusement Millie, interprétée par Michelle Farley, osera avouer ce mensonge, qui amènera à une autre vérité de la part de Phil – parfois, souvent, les mensonges nous emprisonnent, mais il n’est pas toujours trop tard.

L’histoire est tendre et mélancolique à souhait, comme les paysages d’Ecosse – je n’ai pas eu le plaisir de découvrir les Hébrides, mais j’ai tout de même pu découvrir l’Ecosse grâce à une amie, et c’est un pays merveilleux –

Toutefois l’histoire ne se limite pas à Phil & Millie, il y a le neveu aussi, Brian, joué par Andrew Still, qui a i son moment d’émotion impliquant un chien, qu’en principe son grand-père n’apprécie guère, mais apprécie-t-il quelque chose ce vieux monsieur bourru … et pourtant … Angus, le grand père est interprété par cet excellent acteur britannique, Julian Glover, que j’ai souvent vu jouer dans des séries britanniques.
L’épisode avec le chien m’a touchée, car il prouve qu’avec de la compréhension et de la bonne volonté, on peut s’entendre. 
Clovis Cornillac fait  une brève apparition en Benoît, le frère de Phil, qui n’a que peu apprécié que son frère disparaisse jusqu’en Ecosse –

J’ai une tendresse particulière pour Bouli Lanners, qui est belge, qui généralement nous propose des films d’auteur parfois difficiles à apprécier, mais c’est ce qui le rend intéressant

un autre billet sur le film chez lire&merveilles (ici)

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07 avril 2022

MR. WILDER AND ME, de Jonathan Coe

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Titre original =  Mr. Wilder and m

Auteur.e = Jonathan Coe, littérature anglophone UK

Titre français = Billy Wilder et Moi

Genre = biographie romancée, roman historique, petite histoire du cinéma, mise en abyme, lieu de tournage = Grèce

Personnages = mélange de personnages réels et fictifs -  Fictifs = Calista (Cal) la narratrice, compositrice et musicienne ; Geoffrey son mari ; Ariana et Fran, leurs filles jumelles ; Gill Foley, une jeune Anglaise rencontrée pendant les vacances de 1977 qui présente Calista à Wilder & Diamond ;Matthew, le jeune homme dont Calista s’amourache pour un été ; un jeune Allemand, qui nie l’ampleur de l’holocauste, convaincu qu’il s’agit d’une propagande juive –

Réels = Billy Wilder, célèbre metteur en scène-producteur-scénariste ; IAL Diamond, son ami, co-scénariste ; William Holden et Marthe Keller, acters principaux protagonistes du film « Fedora » ; Al Pacino, acteur avec qui Marthe Keller vit à ce moment-là ; Audrey Wilder, 2ème épouse de Billy ; Miklos Rozsa, compositeur, auteur de la plupart des musiques des films de Wilder, méprisant Calista pour sa manière de composer ; Emeric Pressburger, scénariste, ami de Wilder

Résumé = lorsque débute cette histoire, Calista a le cœur gros car Ariana l’une de ses filles jumelles part poursuivre ses études en Australie, l’autre jumelle, Fran, a appris qu’elle était enceinte et a introduit une demande d’avortement qui a été acceptée, par contre Fran passe agressivement ses tourments sur sa mère, surtout lorsque celle-ci souhaite la comprendre –

Le départ d’Ariana déclenche chez Cal (57 ans désormais) des souvenirs d’un été aux Etats-Unis, lorsque sa mère aussi avait les larmes aux yeux, or Calista ne partait en principe que pour un mois – en cours de voyage une jeune fille devenue copine de voyage, Gill, est invitée à dîner avec Billy Wilder, ami de son père – elle emmène carrément Calista et toutes deux sont fort bien accueillies – Wilder et Diamond son ami, sont amusés de constater que Cal ne les connaît absolument pas – lorsqu’ils apprennent qu’elle est grecque et parle plusieurs langues, ils lui demandent si cela lui plairait de travailler comme interprète sur leur film « Fedora » qui doit se tourner sur une île grecque – du coup, Calista enthousiasmée s’achète une encyclopédie du cinéma et découvre à quel point elle a été « gourde » - en tout cas, elle conquiert tout le monde par sa gentillesse sur le plateau, traduisant, mais aussi rendant des menus services – par contre lorsqu’elle explique sa manière de composer à Milos Rozsas, il lui tourne carrément le dos – par contre Wilder ne lui cache pas qu’il est impressionné par les « nouveaux  jeunes cinéastes barbus » (Spielberg, Scorsese, Coppola) – lorsque le tournage en Grèce se termine, Diamond réalisant que la jeune fille est triste, il lui propose de venir à Los Angeles en tant que secrétaire pour lui, car il a autre chose à faire que répondre au courrier – quelle joie pour Calista !

Revenant au présent, une conversation entre Cal et sa fille Fran en fin un peu calmée, lui fait comprendre qu’elle aimerait poursuivre ses études mais aussi sa grossesse, elle ne veut pas se faire avorter mais ne voit pas d’autre solution – faites confiance aux mères pour trouver des solutions.

Avis personnel = je suis totalement emballée par ce roman, qui mélange la réalité de la vie d’une jeune femme avec la manière dont vivent les gens du cinéma – Calista va rencontrer pas mal de surprises, comme cette journée où elle s’est promenée et où Billy Wilder l’emmène en voiture pour rejoindre les studios de Billancourt, en cours de route leur chauffeur leur explique qu’ils sont dans la région de Meaux, que son frère est un fabricant de ce délicieux brie et demande de faire le détour (la suite dans le roman =^-^=)

Il y a un autre passage, nettement plus poignant, au cours d’un dîner à Munich, un jeune Allemand représentant la société de production, remarque à Billy Wilder qu’il pense que le nombre de juifs assassinés dans l’holocauste est un chiffre émanant de la propagande juive, il n’est pas convaincu que cela se soit passé à ce point – Billy Wilder commence alors à raconter son passé d’homme jeune, devant fuir devant les nazis et ayant perdu toute trace de sa famille -

Le roman, à l’évidence, s’adresse à des amateurs-cinéphiles (un peu comme moi), mais pas uniquement, c’est aussi un beau roman sur l’épanouissement personnel d’une jeune fille qui se cherche –
On circule de Grèce, en Allemagne, en France et ensuite à Los Angeles – lorsque sa belle aventure cinématographique (dans les coulisses) se termine, la nostalgie de Calista est palpable, mais elle est totalement capable de poursuivre sa vie en Angleterre, car sa mère (anglaise) préfère retourner près de Londres à la mort de son époux –

C’est le récit poignant d’un homme qui fut célèbre pour les innombrables chefs d’œuvre qu’il a donné au cinéma, mais dont les jeunes générations ne se souviennent plus (heureusement qu’il existe les cinémathèques et les dvds) – il le dit avec humour mais un peu d’amerture = j’ai été détrôné par un requin (Jaws vient de faire un tabac au cinéma) – mais malgré le fait qu’il pourrait (devrait selon certains), Mr. Wilder  n’a pas envie de renoncer à faire des films – « Fedora » sera l’avant dernier, il est redécouvert de nos jours, mais fut un échec à l’époque de sa sortie –

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06 avril 2022

ANATOMY OF A SCANDAL, de Sarah Vaughan

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avec la sortie prochaine sur la plateforme "netflix" de la mini-série adaptée de ce thriller,
j'ai eu envie de mettre en ligne ma fiche de lecture sur le roman dont la série est adaptée,
d'autant plus que la critique de la journaliste de la BBC concernant la mini-série
est assez négative, même parfois carrément sarcastique et son opinion n'est pas sans
rejoindre mon avis sur le roman (lu en juillet 2021)

Titre original = Anatomy of a scandal 

Auteur.e = Sarah Vaughan, littérature anglophone UK

Titre français = Anatomie d’un scandale 

Genre = drame judiciaire, thriller psychologique

Personnages = Kate Woodcroft, avocate du ministère public ; James Whitehouse, parlementaire ; Sophie son épouse, Olivia Lytton, victime de viol ; Ali amie de toujours de Kate ; Chris Clarke chef des relations publiques avec la presse pour le premier ministre  ;Holly étudiante à Oxford ; Tom le premier ministre et grand ami de Whitehouse

Synopsis = une jeune assistante du parlementaire Whitehouse l’accuse de viol – bien sûr l’homme nie et prétend que la jeune femme était consentante – son épouse, dûment chapitrée par le chargé des relations publiques pour le premier ministre, et convaincue de l’innocence de son mari, reste à ses côtés pendant le procès – le couple a deux enfants, et son mari est un bon père, jamais il ne mettrait sa famille face à un tel scandale – les jurés semblent plutôt convaincus par l’innocence de James Whitehouse, qui sait comment mettre les foules de son côté (il n’est pas politicien pour rien) et Kate, qui est convaincue de la culpabilité de Whitejouse et non sans raison, sait qu’elle aura des difficultés à convaincre tout le monde de sa culpabilité – ce n’est pas la première fois qu’il s’en tire avec facilité d’une situation plus que délicate – et peu à peu, le doute s’installe chez l’épouse de James 

Avis personnel = j’ai trouvé, en commençant cette lecture, que la réputation de ce livre était assez surfaite – néanmoins, vers la moitié du roman, lorsque commence le procès, l’histoire s’anime – avant cela, on oscille entre la jeunesse des protagonistes durant leurs études à Oxford, aussi bien Alison, mais étudiant dans une autre branche, que Sophie et Holly, quoique ce soit plutôt la timide Holly qui se tape tous les travaux, Sophie préférant passer de bons moments avec James, entre autres, elle traite d’ailleurs Holly avec pas mal de désinvolture -  Holly était brillante, elle fait honneur à la bourse d’études qu’elle a obtenue et pourtant elle ne reviendra pas pour une 2ème année –

Que s’est il produit pour que cette jeune femme soudain disparaisse de la surface d’Oxford ? et quel est ce secret que partagent James et son ami le premier ministre ?

Décidément, je dois le reconnaître les étudiants d’Oxford et autres universités (Cambridge etc) me courent sur le haricot – j’ai la même réaction vis-à-vis de cette bande de jeunes filles et fils à papa, très riches, prétentieux, arrogants, que l’inspecteur Lewis (dans la série du même nom) – à croire que lorsqu’on est étudiant.e dans une université prestigieuse, on peut passer son temps à boire, faire la fête, même au détriment d’autres personnes, sans que plainte ne soit portée contre eux – cela m’a fait penser à d’autres romans de ce style (Donna Tartt ou Benjamin Wood) –

Traiter d’un viol est un sujet difficile, tout comme d'ailleurs porter plainte pour harcèlement (qu'il soit psychologique ou sexuel), l’histoire m’a rappelé le procès DSK, quand on a de l’argent, du pouvoir, et de bons avocats, on arrive facilement apparemment à retourner une situation où la victime devient la coupable – comment prouver ce qui s’est passer dans un ascenseur, de plus 2 semaines après le viol ? comment arriver à faire croire que lorsqu’on a dit non, c’est vraiment NON ?

Et l’épouse, qui veut absolument croire à l’innocence de son mari, qui veut conserver l’image de ce mariage parfait aux yeux de tous, mais qui commence à se craqueler – face aux forces du pouvoir politique, les victimes ont peu de chance généralement, elles sont peu ou pas soutenues par leur entourage qui craint le scandale justement - et la manière dont les plaintes sont reçues par les policiers n'encouragent pas non plus les victimes à se prononcer -

Le roman comporte toutefois un rebondissement, mais que j'avais deviné à mille lieues

31 mars 2022

LA MOMIE QUI AIMAIT LES PIZZAS ET LES JEUX VIDEOS, d'Olivier Cotte

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Auteur.e = Olivier Cotte, littérature francophone

Genre = enquête policière mêlée à enquête archéologique, fantastique, un soupçon d’eau de rose et humour noir

Personnages = Léa, étudiante en archéologie et histoire ; Martin, son père historien et archéologue, la victime ; Benjamin, jeune geek, passionné de mythes et sujets paranormaux ; Henri Haussenay, archéologue et historien, ami du père de Léa ; Charles & Edouard, deux grognards de l’épopée napoléonienne en Egypte ; Gaston Lecrol, inspecteur de police ; Julien son fils, qui préférerait être musicien que policier ; Daniel Potard, gardien de la salle des momies au Louvre ; Clarisse, pâtissière ; Amentocha/Imfer, la momie

Résumé = des momies s’évadent du musée du Louvre – le gardien des salles, Daniel Potard, après en avoir parlé à ses supérieurs et la police se voit vertement remis à sa place – pourtant, en ce soir de décembre particulièrement orageux, l’une d’entre elles s’évade et il est évident qu’elle sait vers où elle se dirige, elle est suivie par un chien momifié lui aussi, qui frétille de retrouver la rue !!!!
La momie arrive chez Charles, un grognard qui voudrait que son pote Edouard revienne à leur « mastaba » car c’est bientôt le moment de renouveler leur « immortalité » - Charles baptise la momie « Amentoncha » faute de mieux, ce  n’est que  lorsqu’elle aura enfin appris et maîtrisé  le langage de ceux qu’elle va côtoyer qu’on apprendra qu’elle est – pardon était – un grand prêtre du nom d’Imfer –

Pendant ce temps, la très déterminée Léa, encore sous le choc d’avoir trouvé son père brutalement assassiné fait équipe avec Benjamin et tous deux sont engagés par un certain Henri Haussenay, qui dit être un ami du père de Léa et qui leur offre l’hospitalité – cela les arrange bien, car une étudiante ça ne gagne pas  sa vie et le geek ne roule pas sur l’or lui non plus –
Amentoncha va découvrir les plaisirs de la télé et des jeux videos chez Charles, ainsi que la pizza même s’il trouve que ce n’est pas un plat digne des dieux qu’il servait – Edouard va réapparaître pour la future procédure indispensable à l’immortalité, mais un ennemi veille au grain – de même que l’inspecteur Lecrol à qui on ne la fait pas – toutes ces histoires de momies, c’est rien que pour l’embêter à ne pas résoudre le vrai crime (celui du père de Léa) -

Il est évident que bien d’autres péripéties attendent cette bande disparate, à la recherche des scarabées sacrés (et magiques) – à travers Paris, jusqu’au cimetière du Père Lachaise et sous un temps exécrable du mois de décembre -

Avis personnel = l'intrigue était bonne, plusieurs passages amusants, mais par contre ce n'était pas très bien écrit => écriture apparentée à un langage parlé - ceci dit l'idée était intéressante et cela mélange les genres = l'enquête policière, l'enquête archéologique, le fantastique et un soupçon d'eau de rose (un très petit soupçon et vers la  fin seulement) – Il y a quelques bons rebondissements, même si j’avais deviné qui était  le coupable, mais il y a des moments qui m’ont fait glousser, c’est pour cela que je n’en veux pas trop à l’écriture qui est simpliste

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