mon bonheur est dans la ville

12 février 2019

THE GATHERING STORM, de Richard Loncraine

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Pas de traduction du titre en français

Scénario d’Hugh Whitemore et Larry Ramin, d’après la pièce de théâtre éponyme d’Hugh Whitemore 

Le titre du film reprend celui du premier volume d’un ouvrage autobiographique  de Winston Churchill intitulé « The Second World War »

Il s’agit  d’un biopic réalisé pour la télévision britannique, co-produit avec la chaîne américaine HBO – il reprend la vie personnelle et politique de Winston Churchill au cours des années 1934 à 1939.

Churchill et sa famille sont à Chartwell , la résidence de campagne des Churchill, qui coûte énormément en entretien et comme le dit l’avoué des Churchill « Sir Winston a beaucoup perdu lors du krach de 1929 » - l’ennui est que Churchill n’a guère envie de modérer ses dépenses et c’’est à son épouse, la dévouée Clementine (Clemmie), à se débrouiller – ce qu’elle fait à merveille.

Lui, se morfond de ne plus faire partie du gouvernement, mais est totalement absorbé par la rédaction des mémoires de son ancêtre, le célèbre duc de Marlborough, il en rêve la nuit ! Comme il est régulièrement repris par  ce qu’il appelle « the black dog » (ses crises de dépression), il peint ou regarde son domaine et ses animaux pour chasser ces nuages noirs. 
D’autres nuages s’amoncellent toutefois au-dessus de l’Europe, avec la venue au pouvoir d’Adolf Hitler – l’Angleterre tente par tous les moyens diplomatiques de conserver la paix, quitte à temporiser avec le monstre, seul Churchill est convaincu qu’il faut se battre contre cette menace. 

A domicile, Winston Churchill ne se comporte pas très correctement non plus avec son butler, sa secrétaire personnelle, et bien d’autres personnes.
Il est égocentré et tyrannique à souhait.
Un jour où, au petit déjeuner, après de nouvelles discussions sur leur situation financière, il recommence à se plaindre, à se comporter en enfant gâté, Clemmie perd patience, envoie les assiettes voler à travers la pièce et lui dit qu’elle s’en va.
Elle veut partir en voyage avec un certain Terrence Phillips et d’autres amis pour se rendre jusqu’à Komodo.
Winston en fait une crise de jalousie, surtout lorsque dans leurs échanges de lettres, Clemmie lui parle beaucoup de Phillips.

Restent auprès de Winston, leur fils Randolph qui a 24 ans se sent totalement brimé par son père et boit un peu trop, dépense un peu trop.
Leur fille Diana a des problèmes de couple, Sarah s’est mise en tête de devenir actrice de music-hall. Il reste heureusement la plus jeune Mary, qui console son père en étant beaucoup auprès de lui.
Mais au bout des six mois de voyage Clemmie revient et le couple, très attaché l’un à l’autre, se réconcilie. 

Les événements politiques vont donner raison à Winston Churchill et il sera rappelé au gouvernement en tant que ministre de l’amirauté.

Mon avis = je ne parle pas souvent d’un téléfilm ou d’une mini-série comme celle-ci – mais ici, je n’ai pas résisté en raison de ce monument du cinéma britannique qu’est ALBERT FINNEY, décédé récemment et qui propose ici une performance magnifique. ; Il a d’ailleurs  obtenu un BAFTA pour sa performance (équivalent anglais des oscars américains).  Il faut dire qu’il est aussi agaçant en « enfant gâté » que touchant en époux craignant de perdre la femme qu’il aime. Et la manière dont il lui dit « merci » avant d’entrer au ministère de l’amirauté amène les larmes aux yeux. Sa manière de marcher change aussi dès qu'il est nommé ministre = son pas devient presque sautillant, alors qu'avant cela il marchait d'un pas lourd, comme ayant un poids sur les épaules.

Je sais que dans une histoire similaire, l’acteur américain Gary Oldman a obtenu un oscar, mais je suis très partiale = je n’ai pas aimé du tout la manière dont il a représenté Churchill, il en faisait pratiquement un bouffon.

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Je rappelle qu’Albert Finney a fait partie à ses débuts dans le « free cinema » (la nouvelle vague » britannique) – le fameux « kitchen sink realism », mouvement culturel qui toucha tous les domaines et où les acteurs étaient les « angly young men » - on y abordait des sujets jamais abordés au théâtre, au cinéma, à la radio – sujets politiques, dramatiques comme l’avortement, les difficultés financières des jeunes couples, le chômage, l’homosexualité (toujours punie par la loi en 1950, au moment de la création du free cinema).

Revenons à Churchill = son épouse, Clementine, celle qui l’a porté à bout de bras toute leur vie, est interprétée par cette merveilleuse actrice, Vanessa Redgrave. Elle est formidable, comme dans tous les rôles qu’elle a entrepris.
Tom Hiddleston, dans l’un de ses premiers rôles, interprète leur fils Randolph.
La distribution comporte de grands noms du cinéma et de la scène britanniques = Tom Wilkinson, Jim Broadbent, Derek Jacobi, Ronnie Barker, Hugh Bonneville, Linus Roache, Lena Headley.
C’est une belle performance d’acteurs, sur un sujet toujours d’actualité = la politique et ses magouilles.

Au théâtre, dans la même pièce, le rôle de Winston Churchill fut tenu par Richard Burton.

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11 février 2019

ELLES SONT BELGES et ELLES CHANTENT ET NOUS ENCHANTENT - 1

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J'avais dans l'idée depuis quelque temps déjà de consacrer un billet aux chanteuses belges - après la victoire d'Angèle, aux victoires de la musique, je me suis dit qu'il était grand temps - alors je me lance, dans des billets qui seront probablement assez incomplets, mais partagés avec fierté et amitié -

A tout seigneur tout honneur - la magnifique MAURANE, qui hélas est déccédée en mai 2018, alors qu'après une longue absence, elle reprenait enfin le chemin des studios d'enregistrement et des scènes -
Claudine Luypaerts naquit en novembre 1960 à Ixelles - elle est tombée dans la musique en naissant puisque son père était non seulement compositeur, mais aussi directeur de l'académie de musique de Verviers (ville belge) - 
ayant des difficultés à accepter toute forme de scolarité, elle décide de se former seule au piano et au chant; mais préférera finalement la guitare au piano -

C'est Pierre Barouh qui la découvre alors qu'elle participe au spectacle "Jacques Brel" - ne rencontrant pas beaucoup de succès à ses débuts, elle enchaîne les petits contrats, qui l'amènent à parfois chanter dans les rues, les cafés-théâtre et aussi être choriste (pour Victor Lazlo et Jo Lemaine, deux autres chanteuses belges qui eurent une belle célébrité) -

Sa carrière ne décolera vraiment qu'en 1983 au Sentier des Halles à Paris - elle est repérée par Michel Berger qui lui propose le rôle de Marie Jeanne, créé par Fabienne Thibeault dans Starmania - pendant ce temps, son 2ème album décolle et sa voix superbe incite ses ami.e.s musiciens à collaborer à des actions caritatives
Elle a paarticipé à beaucoup d'émissions, s'est donné beaucoup de mal pour garder cette reconnaissance à la fois du public et de la profession, au point de devoir s'arrêter pour raisons de santé - elle a un oedème aux cordes vocales qui doit être opéré et doit annuler tous ses concerts jusqu'en 2018 -
Cette année sera celle de son grand retour sur la scène de la fête de l'Iris, en duo avec une autre Belge qui monte, Typh Barrow - hélas ce sera aussi sa dernière parution publique, elle décèdera moins de 24 heures après cette prestation -

Je vous propose d'écouter cette voix, qui peut-être s'est tue mais la musique est éternelle, les musicien.ne.s et les chauteurs/chanteuses aussi - Maurane avait une préférence pour la chanson "un Prélude de Bach", écoutons là

 

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10 février 2019

DEUX ENQUETES DE l'INSPECTEUR EN CHEF GAMACHE, de Louise Penny

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THE BRUTAL TELLING

Titre français = Révélation brutale

5ème enquête de l’inspecteur en chef Armand Gamache

Three Pines - fin de l'été - Dans la paisible petite communauté de Three Pines, Gamache et son équipe sont appelés à résoudre le problème d’un corps mystérieusement apparu dans le salon du B&B d’Olivier et son compagnon Gabriel.
Olivier, qui sait très bien qui est le mort, s’enferme dans des mensonges, mais Gamache n’est pas vraiment dupe, des signes semblent montrer qu’Olivier ment.

Cette fois le calme de Three Pines est rompu, Olivier a commis l’erreur d’aller d’abord déposer le corps dans l’entrée de l’immeuble qui  fut toujours un lieu de tristesse et misère. Heureusement les nouveaux acheteurs, ayant tout quitté pour réaliser leur rêve d’ouvrir un « spa care », une sorte de mini station thermale, et le moins qu’on puisse dire c’est que Gabri et Olivier n’ont pas apprécié cette concurrence.
Mais si cela explique la présence du mort (une mauvaise blague), cela ne résout pas le meurtre. 

L’homme mort vivait en ermite dans la forêt à côté de Three Pines et Olivier était un fréquent visiteur dans ce qui s’avèrera très vite une magnifique caverne d’ali-baban.
C’est peut être une cabane dans les bois, à l’abri de tous regards, mais elle était remplie de véritables trésors.

Sans un coin de la cabane, une toile d’araignée en fils nylon, et des objets en bois taillé qui vont entraîner Armand Gamache dans le nord du Canada où l’on taille le bois pour en créer des petites merveilles, comme trouvée par Olivier Brûlé et vendu à très haut prix.

Il y est aussi question de la communauté tchécoslovaque, mais de ce côté-là, la trace s’arrête également. Par quel côté qu’il se tourne, Gamache est confronté à un certaine hostilité, chacun protégeant sa communauté.
Et pendant qu’il se débat avec ce mystère, le mari de Clara Morrow commence à réaliser que l’art de son épouse pourrait bien le détrôner.

Par ailleurs, alors que l'on découvre le cadavre de l'ermite, revient dans le patelin,  plus précisément dans l'hôtel de luxe en haut de la colline, un homme qui pour beaucoup est un saint, pour d'autres un manipulateur et parfait salopard.

Mon avis = excellent, vraiment l’un des meilleurs suspenses que j’ai pu lire dans cette série, qui comporte pas mal de bons romans. Comme je les lis souvent dans le désordre, j’ai décidé de rectifier ce petit défaut, sinon mes billets risquent de n’avoir aucun sens.

Le roman se termine sur un « cliffhanger », les amis d’Olivier sont malheureux, n’arrivent pas vraiment à y croire, et Gabri, son compagnon, certainement ne croit pas que l’homme qu’il aime soit un criminel. Un menteur sans doute, mais pas un meurtrier.
A suivre. 

Le billet d’Aifelle-le goût des livres sur le même sujet.

*****

 

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BURY YOUR DEAD, de Louise Penny

Titre français = Enterrez vos morts

6ème enquête de l’inspecteur en chef Armand Gamache

Québec city en février – le carnaval bat son plein – Armand Gamache, en congé maladie, vit quelque temps chez son ancien mentor et grand ami.

Depuis l’arrestation d’Olivier Brulé, accusé d’avoir assassiné un ermite vivant dans une véritable cabane aux trésors, Gabriel le compagnon d’Olivier envoie chaque jour une lettre à Gamache avec ces simples mots « il est innocent, il ne pourrait jamais tuer quelqu’un ».
Et si l’inspecteur en chef et son équipe s’étaient trompés ? le seul vrai crime à imputer à Olivier est sa propension à mentir et sa cupidité, des motifs valables évidemment.
Mais si les enquêteurs n’avaient pas cherché au-delà de ces motifs-là ?

Il demande à Jean-Guy Beauvoir, lui aussi en arrêt maladie, de se rendre à Three Pines et de recommencer l’enquête discrètement.
Beauvoir ne raffole pas trop de la communauté de Three Pines, pour lui ils sont un peu « attardés » - il va avoir l’occasion de mieux les connaître et les apprécier, notamment la vieille poétesse Ruth Zardo, ivrognesse et probablement légèrement démente.
Tout le monde n’apprécie pas ses questions, ce qui semble confirmer qu' Olivier Brulé ne serait  peut-être  pas coupable.

Entretemps, Gamache se trouve dans la belle bibliothèque anglophone « Literary & History », jusqu’au jour où un employé de la compagne des téléphones découvre un cadavre dans les caves où il doit travailler.
Il s’agit d’un archéologue amateur, tellement obsédé par la tombe de Samuel de Champlain, fondateur du Quebes, qu’il en était devenu la bête noire de tous.
L’inspecteur Langlois, en charge de l’enquête, demande à Gamache de les aider à titre de consultant puisqu’il est en congé officiel.

Armand Gamache accepte, avec un certain soulagement, car ses pensées sont rongées par des événements dramatiques ayant eu lieu en décembre et où une grande partie de son équipe a été abattue ou blessée dans le raid qui suivit.

Pour Gamache, même si l’archéologue amateur était détesté de tous, traité comme un malade mental par certain, le coupable est à chercher dans le comité administratif de la bibliothèque.

Dans les deux cas, découvrir l’assassin fut une immense surprise.

Mon avis = pas mauvais, mais pas du tout aussi bon que la première enquête concernant Brulé (voir ci-dessus). J’ai suivi les conseils de la romancière Louise Penny qui a toujours décrété que les deux polars, en réalité, n’en formaient qu’un seul.

En fait, si l’enquête pour éventuellement innocenter Olivier est bien amenée, c’est l’enquête concernant l’archéologue amateur qui était bien trop fastidieuse à lire. C'est long, beaucoup trop long et on a souvent l'impression que cela ne mène nulle part.

Elle raconte, en plus des détails de l’enquête, une partie de l’histoire de la fondation de Québec mais surtout les dissensions entre Anglos et Francophones, et surtout l’intouchable figure de Champlain, symbole pour les francophones, surtout les séparatistes ultra. 
Je pense avoir été agacée par ces chapitres sur les querelles mesquines parce que j’ai les mêmes en Belgique entre flamands et francophones.

J'ai tout de même appris que "Quebec" venait du nom algonquin "Kebek" - les tribus Algonquin, Cree et Huron, ont accueilli avec bonté les découvreurs  Français, qui  ont immédiatement commencé par vouloir les convertir à la religion catholique, puis peu à peu envahir les terres et reléguer les tribus dans des lieux où ils ne pouvaient vivre.

Quant au drame qui coûta la vie à une partie de l’équipe de Gamache, qui le blessa physiquement et moralement, il trouvera sa conclusion dans la lutte acharnée entre Gamache et Francoeur.

Le billet d'Aifelle-legoûtdeslivres sur le polar

04 février 2019

THE FAVOURITE, de Yorgos Lanthimos

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Titre français = La Favorite

Scénario de Deborah Davis & Tony McNamara

Au 18ème siècle l’Angleterre est en guerre avec la France – le peuple grogne sous les taxes prélevées pour financer les guerres – Sarah Churchill, duchesse de Marlborough, dont le mari conduit les troupes de manière victorieuse, est le deus ex-machina de la reine Anne Stuart, dont la santé n’est guère bonne. Sarah, dame de compagnie et grande favorite de la reine, fait la pluie et le beau temps à la cour – rien ne passe à la reine qui n’ait été approuvé par elle, ou simplement rejeté. Ce qu’elle ne rejette pas par contre sont les cadeaux dont la reine la couvre.

C’est dans cette cour d’intrigues entre Tories et Whigs qu’arrive Abigail Hill,, une cousine pauvre de Sarah – celle-ci plus ennuyée qu’autre chose, envoie cette cousine travailler dans les cuisines où elle est en butte aux brimades des autres servantes.
Ayant découvert que la reine souffre énormément en raison de la goutte qui abîme l’une de ses jambes, Abigail recueille des herbes afin de préparer un cataplasme qui adoucit les douleurs.
Abigail est intelligente et  calculatrice, elle comprend vite comment se rendre sympathique par flatterie auprès de sa cousine, qui la prend comme femme de chambre, et ensuite auprès de la reine.
Celle-ci est une femme manquant de confiance en elle, souffrant mille petites misères physiques après ses 17 grossesses, qui se sont souvent terminées par des fausses couches ; de plus elle a la vue faible, ce qui fait qu’elle n’arrive pas à déchiffrer les discours qu’on a écrit pour elle. 

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Petit à petit Abigail va flatter la reine et faire en sorte de la conquérir. Elle obtiendra même de la reine qu’elle puisse épouser un jeune baron qui s’est entiché d’elle, alors qu’elle n’est qu’une fille n’ayant plus rien.

Abigail va peu à peu montrer son vrai visage, tenter d’empoisonner Sarah qui a un accident, et la discréditer auprès de la reine Anne. L’aspect vaniteux et avide de richesses de sa nature va désormais la dominer et la reine le comprendra un peu tard.

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Mon avis = positif – j’aime bien les films historiques et j’ai aimé le ton caustique de l’ensemble du film.

De Yorgos Lanthimos j’avais vu « the Lobster » qui m’avait beaucoup plu (dystopie et absurde mélangés) – ici la controverse porte sur la véracité du biopic sur la reine Anne d’Angleterre (18ème siècle) et de savoir si elle eut des relations homosexuelles ou non avec ses favorites.

Que la reine ait été capricieuse (elles le sont toutes) est un fait avéré, mais il semblerait que ceci soit dû principalement à ses 17 grossesses, qui eurent raison de sa santé physique mais aussi mentale (les hormones jouent un rôle puissant dans les humeurs =^-^=)

La duchesse de Marlborough dans ses mémoires indique que la reine était une femme sans caractère affirmé, ni réelle personnalité,  et qu’elle tournait comme une girouette au gré du vent et des courtisans – il est évident qu’ayant été évincée, elle n’allait pas encenser la reine.
Les biographes actuels ont tendance à  modérer ce portrait virulent, inspiré par les mâles de la cour,  en parfaits misogynes, ne supportant pas une femme régnant.
Néanmoins, étant pratiquement toujours enceinte (17 enfants), était il est vrai influençable et influencée par ses favorites.
Pour cette reine, les temps étaient aussi fort difficiles car l’Angleterre était en guerre.

Le film propose une image de la cour d’Angleterre – qui a probablement ressemblé à toutes les cours royales – remplies de conspirations, alliances, intrigues multiples,  jeux de pouvoir.

La scénariste Deborah Davis a exprimé que cette période de l’Angleterre possède une énorme source d’informations, à commencer par Winston Churchill ayant rédigé une biographie de son ancêtre, le duc de Marlborough. Il n’y est pas mentionné une relation homosexuelle entre la reine et ses favorites, là les sources se contredisent quelque peu – mais est ce tellement important ? ce qui compte à mes yeux sont les intrigues afin d’obtenir le plus de faveurs royales signifiant en plus des honneurs, des terres et autres cadeaux de titres.

La cinématographie de Robbie Ryan est fort bien conçue - l'éclairage aux chandelles est respecté, ce qui donne quelques scènes en clair-obscur surprenantes.

Le but des scénaristes et réalisateur a été de démontrer à quel point l’époque était difficile, complexe, montrer à quel point la vie des femmes de cour était difficile et que la recherche d’honneurs était aussi une sorte de besoin de préservation.

Même si la réalisation n’est pas totalement fidèle à la réalité, il n’empêche que l’on assiste à une superbe reproduction de l’époque tant au niveau des costumes que des décors – c’est Hartfield House dans le Hertfordshire qui a servi de décor somptueux à cette histoire aussi baroque que dramatique.

Le jeu des trois actrices principales est excellent = Olivia Colman est une reine Anne, remplie de naturel – tout comme le sont ses deux favorites – la plus célèbre interprétée par Rachel Weisz est Sarah Churchill, duchesse de Marlborough et sa « pauvre » cousine qui va la détrôner dans les faveurs de la reine, Abigail Masham, est interprétée par Emma Stone.
Je ne cite pas le reste de la distribution , ce qui ne signifie pas que les acteurs n’aient pas été très bons également, sauf Mark Gatiss (du moderne Sherlock 2000) dans le rôle du duc de Marlborough, ainsi que James Smith dans le rôle du premier ministre Godolphin.

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un complément intéressant au film, concernant la reine Anne, est le documentaire  de la BBC = "Fit to rule, from Stuarts to Hanovrians" que l'on peut découvrir en anglais sur youtube (il y est moins question de la lutte entre les deux favorites que les problèmes de procréation de la reine et ses problèmes de santé) - le titre "Fit to Rule" est basé sur les problèmes de religions et santés des souverains

03 février 2019

SUSAN BARTON, ELEVE INFIRMIERE, d'Helen D. Boylston

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Titre original = Sue Barton Student Nurse

A 18 ans, Susan Barton quitte sa famille, le cœur un peu serré, mais l’excitation au cœur car elle a décidé d’entreprendre des études d’infirmière, avec l’assentiment de son père médecin et malgré toutes les remarques négaives vis à vis de ce métier par les personnes de son entourage, ses copines y compris.

Arrivée dans le grand hôpital général, après l’inscription et les instructions d’usage, elle y fait la connaissance des jeunes filles de sa promotion, celle des stagiaires dont se moquent gentiment les infirmières de l’année supérieure qui sont passées par là et qui les préviennent que bientôt les petites nouvelles pourront aussi trembler devant Miss Cameron.
Susan rencontre aussi celles qui deviendront ses amies pour la vie = Katherine Van Dyke et Constance Halliday. Elles feront ensemble la connaissance des nuits de garde, des détails très stricts à retenir afin que tout roule.
Et enfin, il y aura le jeune docteur William Barry, futur chirurgien, qui termine son internat.

Mon avis = un peu nostalgique - Un petit livre de peu de pages, que j'ai lu parce qu'il m'a rappelé mes douze ans où je préférais lire (en cachette) plutôt qu'apprendre mes leçons –

Le ton a vieilli, ce qui n'a rien de surprenant ayant été écrit en 1936 - le livre est rempli des souvenirs de la romancière qui fut aussi infirmière, bien qu'elle ait toujours déclaré que la série "Sue Barton" n'avait rien d'autobiographique –
Peut-être, peut-être pas, mais alors pourquoi avoir déclaré que toutes les anecdotes et mésaventures dans les deux premiers livres étaient effectivement basées sur des faits réels.
On ne me dira pas que pour avoir rendu la vie dans un hôpital aussi vivante, réaliste, n'ait été basé sur des expériences personnelles.

Helen D. Boylston a aussi admis que les personnages de Katherine Van Dyke, Constance Halliday et le docteur William Barry ont existé, d’autres personnages ont été masqués par des pseudonymes.
J’ai donc trouvé les déclarations de « non autobiographique » assez incohérentes.

De mon côté je reconnais avoir été plutôt nostalgique en relisant ce premier livre de la série, que je poursuivrai probablement, mais au compte-gouttes (ce n'est jamais très bon la nostalgie en grande quantité =^-^=)

La série s’étend de 1936 à 1952, retraçant toutes les expériences médicales de Susan Barton – depuis l’élève infirmière jusqu’à l’infirmière confirmée qu’elle deviendra.
Elle était destinée (la série) aux adolescent.e.s, plus particulièrement aux filles et on peut dire que par rapport aux romans actuels pour jeunes adultes, les romans sont vraiment très très sages.

Les romans consacrés à Susan Barton sont au nombre de 7.
Ce que j'ai trouvé - actuellement (à 12 ans c'étaient surtout les relations entre élèves infirmières qui m'intéressaient)  - de plus intéressant dans la série est la manière de fonctionner de l'hôpital, au niveau de l'équipement notamment - de grands pas ont été franchis depuis. 

le massachussets general hospital où se situent les intrigues

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31 janvier 2019

MURDER ON THE OXFORD CANAL, de Faith Martin

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Publié précédemment sous le titre « A NARROW ESCAPE »

1ère enquête d’Hillary Greene de la Thames Valley Police 

L’inspectrice  Hillary Greene, appréciée pour son talent professionnel, a néanmoins des soucis en raison de son ex-mari qui était un ripoux qui aurait mis un bon paquet de livres sterling dans des comptes de paradis fiscaux. Ou alors, il les aurait donnés à Hillary parce que le divorce serait un écran de fumée.
Inutile de dire que les Yorkie Bars, les flics qui enquêtent sur d’autres flics, sont très impopulaires à la Thames Valley Police car tous les collègues de l’inspectrice l’apprécient sauf l’agent Frank Ross qui était d’ailleurs un complice de son ex-mari. Lui aussi est sous la loupe des enquêteurs mais le sournois parvient à échapper à leur vigilance. il a une spécialité = il écoute toutes les conversations de Ms. Greene et va cafter auprès du chef.

Afin de changer les idées de l’inspectrice Greene mais aussi pour prouver que le département lui conserve sa confiance, le superintendent lui confie l’enquête sur un individu trouvé mort, flottant dans l’Oxford Canal, à côté d’une écluse.
L’enquête prouve que David Pitman alias « the Pits », surnom dû à son visage parsemé de trous dus à la varicelle, ou à de l’acné, est en réalité un membre d’un gang criminel bien connu pour trafics de drogue et autres plaisanteries de ce genre ; du coup, le supérieur direct de Ms. Greene, l’inspecteur en chef Phillips devient le principal inspecteur de l’enquête car il est sur les traces de ce gang depuis un certain temps.
Et puis, cela permet aux supérieurs de  l’inspectrice Greene de dire, d’un air innocent, qu’elle n’est pas disponible pour l’enquête des bœufs-carottes, car elle a du travail à accomplir pour eux.

Donc, à Hillary et son équipe tout le travail et au chef tous les lauriers … Et des lauriers il y en aura car Ms. Greene et son équipe vont aider à mettre la main sur un « narrowboat » rempli de drogue.

Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, l’inspectrice poursuit ce qui est « son » enquête = résoudre le meurtre de Pitman, connu aussi par les services de police pour des cas de viols.

Mon avis = vraiment positif – une nouvelle série qui semble prometteuse, une nouvelle anti-héroïne, excellente inspectrice, pas mal du tout de sa personne, qui a quelques petits soucis pondéraux (si elle buvait  un peu moins d’alcool et se nourrissait mieux, elle ne les aurait pas), avec un passé difficile dont elle n’est nullement responsable mais qui l’a amenée dans le collimateur des « Yorkie bars », l’équivalent des « bœufs-carottes ».   
Cette enquête à cause de sa pourriture d’ex-mari (mort entretemps) l’empêche d’être totalement détendue. Et ce n’est pas parce qu’il a gardé un polar qu’elle lui avait offert (que lui a rendu son beau-fils) qu’elle pense qu’il éprouvait encore quelque chose pour elle – le mec était un sérial coureur de jupons, totalement égocentré.

Elle a une intéressante équipe = une sergente ambitieuse, aussi intelligente que ravissante et un agent-assistant qui espère passer sergent un jour et qui admire l’inspectrice sans limites.
Un supérieur qui lorgne sur la jolie sergente, ne fait pas que lorgner d’ailleurs (ce n'est pas du harcèlement car elle est totalement d'accord).

Etant une grande fan de l’inspecteur en chef Morse, imaginé par Colin Dexter, j’avais déjà quelques souvenirs de la Thames Valley Police et d’Oxford en général, j’ai d’ailleurs beaucoup pensé aux polars de Colin Dexter au cours de cette enquête  -  ici on découvre les environs d’Oxford, toujours dans l’Oxfordshire de toute façon – j’ai également appris ce qu’étaient les « narrowboats » =

D’étroites péniches, sur lesquelles on peut vivre, adaptées aux canaux étroits et au passage des écluses, elles doivent leur nom au fait que leur largeur est ne dépasse pas  2 mètres et quelques.  
Les versions actuelles ne dépassent plus 2 mètres 08 (j’imagine que dans ce contexte 8 cm font une grande différence =^-^=)

Dans les siècles passés (18ème, 19ème, 20ème) elles servaient encore au transport de marchandises.
Actuellement les marchandises sont d’un autre ordre, ce sont surtout les touristes qui sont intéressés à les louer pour leurs vacances – on les surnomme aussi « houseboats » - contrairement à ce que l’on pourrait penser, ces locations sont fort coûteuses car à la mode et avec tous les aménagements modernes.
Camping amélioré pour ainsi dire.
Il y a cependant encore les résidents permanents, qui apprécient ce mode de vie, leur permettant de se rendre d’un endroit à l’autre de l’Angleterre ou rester le long des berges, près d’une petite ville où faire des courses.

Hillary Greene réside sur un « narrowboat », pendant que les avocats de son divorce (et à présent de son héritage puisque la voilà devenue veuve), elle n’a pas eu d’autre choix que s’installer sur la péniche de son oncle – ceci est la raison pour laquelle toute la série portait le mot « narrow » dans les titres.
Depuis leur réimpression dans une nouvelle maison d’éditions, celle-ci porte des nouveaux titres comportant le mot « murder ». Personnellement, j’avoue ne pas avoir compris le besoin de changer des titres parfaitement adéquats aux intrigues – peut-être pour des raisons de droits d’auteur ?

Finalement, le plus important est la réédition de la série qui comporte 17 titres et qui est divertissante.

C’est écrit dans un bel anglais, facile à comprendre, les chapitres sont courts, l’intrigue passionnante et le ton de l’ensemble est caustique, parfois même légèrement sarcastique.
Un régal ! incontestableent à suivre.

J’ai découvert la série grâce à cécile-cecile’sblog - ici

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22 janvier 2019

NORBERT GOENEUTTE

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autoportrait dans la bibliothèque de l'artiste

Il n'y a décidément que les artistes pour être attirés par la neige et la peindre avec un talent certain -

j'ai découvert aujoud'hui Norbert Goeneutte, un peintre français, du 19ème siècle, né à Paris en juillet 1854 et décédé de la tuberculose à 40 ans à Auvers sur Oise - il a d'ailleurs peint un portrait du Docteur Gachet, celui-là même qui s'occupait de Vincent van Gogh -
après le baccalauréat il fut placé chez un notaire mais parvint à convaincre sa mère qu'il n'était pas fait pour ce métier.
Il entre à l'écoile des beaux-arts de Paris, atelier d'Isidore Pils; le remplaçant de celui-ci n'était guère apprécier par ses élèves, ceux-ci demandent d'être élèves d'Edouard Manet, qui refuse. Une partie des élèves reste donc avec Lehmann, Goeneutte préfère entrer dans l'atelier de Deveria.
Avec l'un de ses amis, il fréquente le restaurant "Chez le père Lathuille", où il retrouve Edouard Manet et Emile Zola, ainsi qu'Edgar Degas et Renoir, de même que Caillebotte.
 
Un ami commun de Zola et Manet, le graveur Marcellin Desboutin l'initie à son art de la gravure; Norbert Goeneutte deviendra un graveur particulèrement qualifié, il en maîtraisait toutes les techniques et produisit pas moins de 200 oeuvres.

Norbert Goeneutte a peint différents tableaux de Paris sous la neige - je vous les propose ci-dessous -

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21 janvier 2019

THE BOOKSHOP, de Penelope Fitzgerald

BOOKSHOP

Titre français = la Libraire (précédemment publié sous L’Affaire Lolita)

Le courage n’est pas nécessairement une grande vertu aux yeux de certains – surtout si ces certains se prennent pour plus qu’ils ne sont, tout simplement parce qu’ils font partie de ce que l’on pourrait nommer « l’élite » d’un village. 
Parce qu’elle s’est obstinée à créer une librairie dans  un village comme Hardborough, sur la côte du Suffolk, la gentille Florence Green, une veuve d’âge moyen, va apprendre à ses dépens qu’un village qui n’a pas de librairie est tout simplement un village où les gens n’aiment pas lire, sinon ils auraient eu une librairie

Mrs. Violet Gamart, épouse du général à la retraite, fait partie de cette soi-disant « élite » - elle ne supporte pas du tout qu’une femme comme Mrs. Green, simple, n’ayant aucune connexion importante dans la vie, comme des gens de Londres par exemple, se permette de lui « voler » la Ols House, une des plus vieilles maisons de Hardborough – plutôt qu’une librairie, ce lieu devrait être un centre d’art, où des conférences pourraient se tenir (et où elle pourrait briller bien sûr).

Lorsque Florence Green décide de vendre le roman controversé de Nabokov « Lolita », la coupe est pleine et les hommes de loi s’en mêlent pour sanctionner la libraire.
Elle avait déjà dû vaincre un poltergeist (le « rapper » selon les habitants), l’humidité des lieux, à présent la voilà confrontée à des gens qui censurent.
Malgré l’aide que lui apporte Mr. Brundish, l’affaire sera définitivement réglée lorsque le neveu parlementaire de Violet Gamart fera passer une loi signifiant que Old House fait partie du patrimoine.  

Florence Green perd sa librairie et tout ce qu’elle possède.

Mon avis = une histoire édifiante, qui laisse un goût bien amer après lecture  – rappelez-vous ce que disait Jean de la Fontaine = « Selon que vous soyez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir » - ici la cour est une femme prétentieuse, vindicative, et tout un patelin de personnes à l’esprit aussi étroit que leur village.

Avant que Florence Green ne décide d’en faire une librairie, tout le village trouvait parfaitement normal que le vieil immeuble d’époque soit vide, laissé à l’abandon, en complète déliquescence, mais parce qu’une femme « moyenne » se soit permise de s’y intéresser, cela devient une affaire publique.
Ce qui m’a le plus choqué dans cette histoire pleine de mélancolie et d’amertume, est l’attitude des habitants de Hardborough, personne en dehors du Brundish ne vient au secours de Florence et hélas ce sera de très, vraiment très courte durée.
Dans ce patelin il n’y en a pas un pour rattraper les autres, en dehors de Brundish, qui n’a hélas pas assez de poids et n’est pas en bonne santé.

Je ne suis jamais très tendre face à la méchanceté, je le reconnais et la bêtise humaine, dont ce roman est un parfait exemple, n’est jamais rien d’autre que de la méchanceté pure. En fait je suis plus indulgente concernant "un coup de sang", que de la méchanceté larvée comme ici - ou comme des manipulations que l'on retrouve d'ailleurs aussi ici.

Contrairement à ce que d’autres en ont dit, le livre ne contient pas réellement d’humour caustique très british, mais bien un ton sarcastique à peine voilé qui m’a bien fait sentir l’ambiance regnant dans ce village. 

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Penelope Fitzgerald était essayiste, poète, biographe et romancière – « The Bookshop » fut nomminé pour le fameux Booker Prize.
Elle fut l’une des premières femmes à être admise à Oxford – elle fut diplômée en 1938 du Somerville College de l’université d’Oxford.

Dans les années 1950, elle et son mari éditèrent un magazine nommé « World Review », dans lequel  des écrivains comme Norman Mailer, Salinger, et Alberto Moraria publièrent certains écrits.

Penelope Fitzgerald est l’autrice d’un roman policier humoristique, centré autour de Toutankhamon, qui a pour décor le British Museum et que j’aimerais assez découvrir. Elle écrivit ce polar pour distraire son époux, atteint d’une maladie incurable.
Ce fut finalement avec son livre « Offshore » qu’elle obtint le très convoité Booker Prize.
En qualité de biographe, elle est connue pour des romans historiques ou des biographies.

Par ailleurs, il semblerait que « the Bookshop » ait été traduit une première fois en français, publié sous le titre « L’Affaire Lolita », le livre de Nabokov  que je n’ai toujours pas lu.

« The Bookshop » est un livre de peu de pages, qui vous tient mieux en haleine qu'un thriller, il va me rester quelque temps en mémoire, vu l’ambiance qu’il m’a fait découvrir.

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20 janvier 2019

THE CORNISH COAST MURDER, de John Bude

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Chaque lundi, le révérend Dodd et son ami, le docteur Penderill, deux détectives en fauteuil, mettent leurs déductions ensemble en discutant des romans policiers qu’ils ont lus.
Dans le calme petit village de Boscawen en Cornouailles britanniques, sur la côtE atlantique, en dehors des orages et des naissances de jumeaux, il ne se passe pas grand-chose de passionnant.
Ceci va cependant changer lorsqu’un vrai crime est commis.
Le magistrat du patelin, un homme au caractère déplaisant, pingre, est assassiné d’une balle dans la tête.

Bigswell, l’inspecteur du district,  est appelé sur les lieux et compte tenu du manque d’indices,  le cas ne se présente pas facilement, or Bigswell a sa fierté et n’a pas envie que ses supérieurs fassent appel à Scotland Yard. Il résoudra ce cas lui-même !

Ses soupçons se portent sur la nièce de Tregarthan, dont le comportement le soir du meurtre donne matière à suspicion. La jeune fille est amoureuse d’un romancier, un jeune homme souffrant de stress post-traumatique  depuis la première guerre mondiale ; cela porte Ronald Hardy a parfois avoir un comportement disons étrange.
De plus, il n’avait pas l’approbation de l’oncle pour être officiellement fiancé à la nièce, et du coup, il devient le numéro un sur la liste des suspects de l’inspecteur après qu’il ait disparu le soir même du meurtre. 
Tout comme Ruth Tregarthan, le jeune romancier s’était disputé dans la journée avec le magistrat. 

Devient aussi suspect, le mari de la gouvernante de la maison, un homme qui aime un peu trop les paris sur chevaux.
Il reste encore une personne à ajouter à cette courte liste, un certain Salter, considéré comme le mouton noir du village et qui a été entendu proférer des menaces contre l’homme assassiné, dont le comportement fut réellement monstrueux.

Dodd est tout excité à l’idée qu’un vrai crime soit pour ainsi dire « à sa porte » et il demande à Bigswell s’il peut, dans la mesure de ses modestes moyens, l’aider dans son enquête.
Après tout il connaît bien ses administrés et ils seront certainement prêts à lui faire confiance et lui parler.

Après qu’un berger vienne donner un alibi vérifiable  au nommé Salter, l’inspecteur  commence à sérieusement se décourager car non seulement il a peu d’indices, mais  les témoignages concordant, il ne reste plus que 2 suspects = la jeune nièce et son amoureux, qui se serait enfui pour Londres.

Va-t-il réellement devoir faire appel au Yard ? Dodd lui promet que non, mais son assurance commence à faiblir.

Mon avis =  positif – un sympathique classique « cozy mystery » bien dans la ligne de l’âge d’or  du roman policier des années 1930, dans le style d’Agatha Christie et Patricia Wentworth.

J’ai beaucoup aimé  le personnage du révérend Dodd, tellement amateur de romans policiers qu’il tient absolument à apporter son « intuition » sur le crime à l’inspecteur, puis doit se rendre à l’évidence qu’il y a loin de  la résolution d’un crime sur papier à un crime dans la vraie vie, où des êtres humains de chair et de sang sont dans la ligne de mire de la police et où des personnes innocentes risquent d'être blessées.
Il a une affection tout paternelle pour la jeune héroïne de ce roman et il réalise que l’innocenter ne sera pas aisé. Cela va mettre un gros bémol sur son hobby, comme il l'expliquera à son ami le docteur à la fin du roman.

Sinon, l’auteur parle joliment de la côte atlantique des Cornouailles britanniques, avec quelques descriptions poétiques des paysages ou des orages. Cela m’a rappelé de bien agréables vacances que j’y ai passé il y a de nombreuses années.

John Bude est le nom de plume de l’écrivain britannique Ernest Carpenter Elmore, né en 1901 et après avoir terminé ses études primaires, partit pour Cheltenham où il suivit un cours de secrétariat où il apprit à taper à la machine.
Ernest Elmore fut aussi producteur et metteur en scène de théâtre, tout en étant écrivain de récits fantasy et policiers.

Sous le pseudonyme de John Bude, il écrivit pas moins de 30 romans policiers, dont la plupart ont l’inspecteur Meredith comme enquêteur.
The Cornish Coast Murder est son premier polar.

Sous son patronyme de Elmore, il écrivit 7 livres dans le style fantasy. Tout comme ses polars sous le nom de Bude, ses autres romans comportent une dose d’humour subtilement caustique, bien britannique.

Inutile de vous dire que j’aime beaucoup cela et que je conseille vivement cette lecture.

Merci à Cécile du cecile'sblog pour m’avoir gentiment transmis ce livre – son avis ici.

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16 janvier 2019

COLETTE, de Wash Westmorland

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Titre français = identique

Scénario de W. Westmorland, Rebecca Lenkiewicz é R. Glazner

A la fin du 19ème siècle, la toute jeune Gabrielle-Sidonie Colette,  jeune fille de la campagne bourguignonne,   se marie avec henry Gauthier-Villars, dit Willy, subjuguée par la presance, l’esprit brillant de ce Parisien.
A Paris,  hélas, elle va quelque peu déchanter au point de retournetr brièvement auprès de ses parents, son havre de paix.

Willy est journaliste,  critique théatral et musical – il a l’habitude d’utiliser des « nègres », à savoir des jeunes gens qui écrivent pour lui, et qu’il paie misérablement. Gabrielle s’ennuie, du coup son mari estime qu’elle pourrait aussi écrire.
La série des « Claudine » est lancée, seulement voilà – c’est l’époque qui veut cela – les femmes n’ont aucun droit et il signe donc les livres de son pseudonyme. 
Personne n’est vraiment dupe, l’écriture est trop belle pour être celle de Willy et lorsque Colette demande qu’il ajoute son nom avec le sien, il lui rit pratiquement au nez, prétextant qu’elle va nuire à sa réputation.

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Petit à petit, au gré des rencontres et surtout de son intelligence très fine, la jeune femme s’épanouit et réalise qu’elle est exploitée par Willy.  Qui prouve rapidement que comme tous les êtres narcissiques, il a un côté pervers et manipulateur. Les années suivantes voient Gabrielle, désormais devenue Colette, se détacher de plus en plus de son mari ; elle sera aidée en cela par Missy,  le surnom de la  maruise de Belbeuf, qui fait comprendre à Colette que la liberté que Willy semble lui laisser la retient malgré tout comme une laisse – une longue laisse, mais une laisse quand même.
Ensemble elles font partie d’une troupe de danse et mime, où Colette va se découvrir d’autres talents que l’écriture, mais qui lui fera écrire « La Vagabonde » 

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Lorsque Colette apprend que Willy a récupéré les droits des « Claudine », la coupe est pleine et elle s’en va, définitivement, malgré les paroles d’amour qu’il lui lance.

Mon avis = totalement  enthousiaste, mais je reconnais que je ne suis pas objective, je suis non seulement une immense admiratrice de Colette, cette femme qui osa se libérer des carcans de la société pour suivre SA voix et sa voie, mais  je suis aussi une grande admiratrice de Kiera Knightley, qui interprète Colette magistralement.  Elle passe de la toute jeune Gabrielle à Colette désormais libre avec son indéniable talent.

Willy est joué par Dominic West, avec talent également – il est le parfait manipulateur qui a décidé de maintenir sa femme sous sa coupe,  afin qu’elle continue à écrire pour son succès à lui. Il est parfait dans ce joueur, jouisseur, flambeur, qui disons le, vit aux crochets de son épouse. Il est évident qu’il ne tient pas à perdre la vie que le talent de son épouse lui permet, il est la coqueluche de Paris et compte le rester. 

Fiona Shaw interprète Sido, la mère qui n’est pas dupe de Willy et conseille le divorce à sa fille.

On trouve encore dans la distribution quelques intéressants comédiens britanniques, comme Eleanor Tomlinson, première amante de Colette.
Missy est interprétée par Denise Gough.

Costumes et décors sont bien étudiés

Je reconnais qu’à présent j’ai fort envie de lire la biographie que Michèle Sarde a consacré à Colette = libre et entravée, ainsi que celui de Dominique Bona, qui figure dans ma pal (=^-^=)

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14 janvier 2019

MURDER AT HONEYCHURCH HALL, de Hannah Dennison

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Titre français = Petits Meurtres en héritage

Première enquête de Katherine Stanford

Katherine Stanford décide de renoncer à son émission télévisée concernant les antiquités parce que sa mère et elle ont le projet d’ouvrir un magasin de jouer anciens – du moins avaient car Mrs. Stanford, désormais veuve, s’en est allée - sur un coup de tête selon sa fille, décision mûrement réfléchie selon la mère – dans les environs de la rivière Dart.
Elle a acquis, payant rubis sur l’ongle, la partie d’un grand domaine, il s’agit de la maison faisant partie des anciennes écuries – un cottage que briguait l’un des travailleurs du Hall et son épouse.
D’ailleurs dans le village, on n’hésite pas à critiquer ces Londoniens qui s’imaginent pouvoir tout acquérir parce qu’ils ont de l’argent !

Lorsque Kat Stanford arrive au lieu dit, elle est horrifiée = ce cottage est dans un état abominable, d’ailleurs sa mère s’est gravement blessée en y travaillent un peu – immédiatement les deux femmes sont à couteaux tirés à propos de cette maison délabrée, mais Iris Stanford refuse de retourner à Londres, elle n’a jamais aimé la ville et à présent que la voilà veuve, elle refuse que l’on lui dicte encore sa conduite.
D’ailleurs elle n’a pas payé la maison avec l’héritage, mais avec le produit de ses romans, car Iris Stanford n’est rien moins que la célèbre romancière Krystalle Storm, qui écrit selon sa fille du « porno soft », de l’érotisme intellectuel selon la mère. Bref les harlequinades ont encore de beaux jours devqnt elles.
Katherine commence à se dire qu’elle ne connaît pas vraiment sa mère en définitive.

Honeychurch Hall est  une grande propriété, que le futur héritier veut vendre au prix le plus élevé pour en faire un lieu de tourisme et du coup fait passer sa mère pour atteinte de sénilité mentale, ou presque.
La grande maison est habitée par une série de personnages hétéroclites – une gouvernante, accro au shopping, surtout les chaussures de  grandes marques ; un butler qui comme presque tout le monde dans le village a été élevé dans la propriété ; l’épouse du futur comte est une mordue d’équitation et leur fils est un gamin qui se prend pour Biggles et décide que tout ce qu’il voit lui appartient !
Il y a également un homme à tout faire, la providence des vieilles dames farfelues !

Pour tout arranger, David Wynne – enquêteur pour une compagnie d’assurances, et "fiancé" de Kat, compte sur elle pour retrouver des objets précieux, volés il y a de nombreuses années.
Les assurances ont payé, mais Wynne est convaincu qu’il s’agit d’un vol commis par les maîtres de maison – si c’est le cas, tout devra être remboursé !
Cela ne plaît guère à Kat, elle n’est pas là pour cela – de plus, Wynne est le mari de la pire ennemie de Kat, il faut dire que c’était l’épouse dont il était séparé – comme par hasard, ils continuent à se voir, bref Kat va mettre un certain temps pour comprendre que le mec se sert d’elle et n’a pas l’intention de divorcer.  Pour une fois, Katherine donne raison à sa mère.

Lorsque Vera, l’obsédée des chaussures, est retrouvée morte dans une grotte de la propriété, les soupçons se portent sur Miss Stanford qui a découvert le cadavre. Comme par hasard l’inspecteur chargé de l’enquête a aussi grandi sur la propriété du Hall.

Mon avis = pourquoi n’ai-je pas abandonné cette lecture, je me le demande encore – tout d’abord parce que c’était un cadeau- surprise, et que je ne voulais pas, une fois de plus, abandonner une histoire qui ne se présentait pas trop bien. Une déception aussi après le sympathique polar que je venais de terminer

Les deux personnages principaux – mère et fille – sont aussi exaspérantes l’une que l’autre, mais la mère particulièrement – c’est réellement une tête en l’air, sans aucun humour, souvent méchante avec sa fille, qui n’est pas en reste pour les réponses pestouilles – à part cela, l’autrice tente de nous faire croire que ces deux-là s’adorent.  

De plus, les relations de Stanford-fille avec un enquêteur d’assurances d’objets volés est totalement sans intérêt et on se demande ce qu’il vient faire dans cette histoire, si ce n’est pour se dédommager de préférer les week-ends en famille, malgré la séparation de longue durée.

Je n’ai trouvé personne de sympathique dans cette histoire, même pas le jeune gamin, graine de kleptomane, qui s’approprie ce qui lui plaît chez les autres  sans leur demander la permission.

Quant au mystère, il existe bien depuis plus ou moins le début de l’histoire, par contre le meurtre se produit vers les 3 /4 de l’histoire et il faut encore attendre un certain nombre de chapitres (courts heureusement) pour que tout se dévoile.

Je crois que j’attendais beaucoup trop de ce petit polar et je n’y ai pas trouvé l’humour et le suspense que les cozy mysteries nous offrent bien souvent.  Au contraire, il semblerait que l’autrice ait pris plaisir à ce que toutes les femmes dans cette histoire se liguent les unes contre les autres.

Bref un petit roman assez banal et souvent agaçant dans son ensemble.

13 janvier 2019

THE AGATHA CHRISTIE BOOK CLUB, de C.A. Larmer

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1ère enquête du Club de lecture Agatha Christie 

Alicia Finlay, éditrice,  a suivi pendant quelques lundis les soirées du club de lecture sophistiqué dont elle avait accepté de faire partie – déjà, les livres que l’on allait discuter étaient d’un ennui mortel, mais au bout de 4 réunions, désireuse de se désaltérer, la réaction de la responsable du club ayant été négative et  stricte, Alicia est partie sans se retourner, les laissant tous pantois – jamais personne n’avait osé faire cela.

En discutant avec sa sœur Lynette,  une spécialiste en cuisine, celle-ci lui suggère de créer elle-même un club de lecture, totalement consacré à leur autrice préférée, la seule, l’unique Agatha Christie.
Leur mère avant elles était déjà un as de la duchesse du crime, et les deux sœurs n’ont rien à lui envier.

L’idée étant excellente, aussitôt dit, aussitôt fait pour la mise en place = elle insère une annonce suggérant de lui écrire (adresse du journal) afin d’expliquer leur opinion à propos de faire éventuellement partie du club ; après quelques lettres hautement amusantes, mais que les deux sœurs ne retiennent pas (il y en a même une qui confond Jane Austen et Agatha Christie !), finalement Alicia retient 4 personnes = Mizzy la bibliothécaire, un peu fofolle et bavarde,   Claire propriétaire d’une boutique de mode des années 1950, Peter le paléontologue, le Dr Anders, spécialiste des poisons.
Celle qui retient le plus l’attention d’Alicia, est la lettre de Barbara Parlour, femme d’intérieur et épouse d’un banquier, futur politicien – la dame en question se décrit avec une modestie certaine, on sent bien qu’elle manque totalement de confiance en soi. Lynette conseille à sa sœur de se méfier, si la personne est dépressive, elle risque de jeter un froid sur la création du club.

La première réunion se passe à merveille, la femme du politicien est effectivement assez timorée, mais pas la dépressive que craint la sœur d’Alicia.
L’ACBC – Agatha Christie Book Club – est né – réunion toutes les deux semaines, généralement le dimanche après-midi, avec un  plateau de petites choses à grignoter et à boire, sans restriction de se servir.

La deuxième réunion se passera chez Barbara  – justement son époux et sa fille seront absents. Les membres du club se rendent vite compte que quelque chose ne tourne pas rond dans le ménage = l’adolescente de fille est présente et d’une grossièreté sans pareille avec sa mère, et le mari qui arrive aussi inopinément, est réellement un tyran domestique, le sarcasme méchant au bord des lèvres. De plus Alicia observe, sur un tableau dans la cuisine, une adresse pour femmes battues.
Alicia  possède, comme le lui fait remarquer sa sœur, une imagination fertile et débordante et immédiatement imagine à quel point Barbara Parlour souffre dans son foyer.

Lors de la 3ème réunion, Barbara ne se pointe pas et tous les membres du club, ayant observé ce qui s’est produit lors de la réunion précédente, commencent à craindre le pire pour la femme du banquier – ce dernier ne semble pas pressé de prévenir la police au bout de 2 jours de disparition, puis doit s’y résoudre car Alicia n’a pas hésité à les prévenir.
Vu l’attitude du mari, le club commence à le soupçonner de s’être débarrassé de son épouse – la gouvernante commence à se comporter comme la maîtresse des lieux et l’ex-meilleure amie de Barbara ricane en disant que sa copine était une reine du drame et non pas la malheureuse petite bonne femme qu’elle aimait à faire paraître.

Le frère de Barbara, qui hériterait de sa part de la maison si elle est morte, n’a aucune idée d’où sa sœur peut avoir disparu, il ne croit pas que le mari malgré tous ses défauts l’ait assassinée, il a trop besoin d’elle pour sa campagne politique.
Lorsque le dénommé Arthur se fait tuer avec un club de golf pendant qu’il était sur le terrain, cette piste-là s’arrête pour nos amis.

Mais où est passée Barbara Parlour ?
L’Agatha Christie Book Club ne s’attendait réellement pas à ce qu’un vrai crime et un vrai mystère leur donneraient l’occasion d’agir comme Miss Marple et Hercule Poirot.
Chacun recherche dans les romans de la reine du crime, des indices éventuels pour leur propre enquête. La liste des suspects s’allonge. Qui les manipule ?

Mon avis = épatant cozy mystery – grâce au climat belge très pourri pour l’instant, j’ai eu le plaisir de le terminer en un jour et demi.

Les membres du club, tous très différents, ont quelques secrets eux aussi mais rien de très dramatique finalement – l’un d’eux cependant a des réserves = parler mystères et crimes dans un club de lecture est une chose, mais enquêter en est une autre.
D’ailleurs l’inspecteur se tue à le leur dire.

Je n’avais pas deviné la personne coupable dans le meurtre d’Arthur Parlour, par contre j’avais compris toute l’histoire de  Barbara – pas difficile du tout à deviner lorsqu’on connaît bien la vie de Dame Agatha.

L’histoire est truffée de petits clins d’œil aux romans de Ms. Christie = les prénoms, les noms de certaines personnes, le golf du mari, mais aussi de citations à retrouver dans les polars.

La romancière australienne  Christina A. Larmer est l’auteure d’une autre série policière assez populaire semble-t-il « the Ghoswriter series », mais je vais me contenter de poursuivre cette série-ci d’abord ; il n’y a que 3 romans pour l’instant et s’ils se lisent aussi rapidement que celui-ci, je vais encore passer quelques bons moments car le roman comporte pas mal d’humour.

Une lecture bien divertissante, pour oublier la pluie et la grisaille.

Un léger bémol = la romancière truffe certaines phrases d’expressions ou d’argot australien – cela m’a fait penser à Andrea Camillieri et son dialecte sicilien ; on finit par s’y habituer, mais c’est un peu fastidieux quand même.

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11 janvier 2019

THE LOST TREERUNNER, de Brandt Legg

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Deuxième volume de la trilogie « The Justar Journal »

Lorsque l’AOI, la police gouvernementale de l’Aylantik, cette société qui se veut parfaite à condition que le peuple se taise, a fait une descente mortelle sur le dernier bibliothécaire pendant que lui, son fils et ses amis tentaient de sauver un certain nombre de livres considérés comme les plus importants à lire, Runit a perdu la vie dans l’aventure, son fils et Chelle la sœur de son meilleur ami, ont été arrêtés.
Heureusement pour eux, le chef de l’AOI, celui que l’on destinait à être le nouveau  président, s’est avéré un excellent ami des rebelles – il a sauvé Grandyn Happerman et Chelle Andreas.

Cette dernière a rejoint les rebelles et Grandyn a mis toutes ses ressources de « TreeRunner » afin d’échapper à l’un des deux magnats richissimes qui vent sa mort.
Un « TreeRunner »  est l’équivalent des scouts, mais en plus approfondi = dès leur plus jeune âge, ils apprennent à courir aussi vite et silencieusement que le vent, ils savent comment survivre dans la forêt, construire une cabane, reconnaître les baies et racines leur permettant de manger, etc.
Depuis trois ans, Grandyn se cache, échappant sans cesse à la vigilance non seulement des hommes entraînés à tuer, mais aussi à toutes les petites nouveautés technologiques pouvant le retrouver.

En fait, les jeunes « TreeRunners » prêtent  serment de toujours se défendre les uns les autres, aussi quelques uns d’entre eux ont été choisis pour leur ressemblance physique avec Grandyn, et avec leurs identités modifiées – hélas, à chaque fois que l’AOI pense avoir découvert Grandyn, elle le tue, ainsi 8 jeunes ont déjà perdu la vie par fidélité à leur ami, à leur serment.

Grandyn Happerman a rencontré Munna, la très vieille dame, qui ne veut pas la guerre, qui pense comme Gandhi que la non-violence est la réponse la plus adéquate aux menaces de guerre. Par contre le magnat qui aide la résistance est favorable à la guerre, son nemesis par contre veut l’éviter – en fait ces deux-là mènent une lutte pour le pouvoir avec tous les moyens technologiques possibles.
L’ancien chef de l’AOI, qui a caché son jeu pendant de longues années, est désormais enfermé dans une prison de haute sécurité, mais l’homme a des ressources qu’il compte bien utiliser avec l’aide d’un certain Terik.

Il ne faut surtout pas que le jeune Happerman soit tué, car en réalité c’est lui qui détient la « clé » qui se trouve dans huit des livres sauvés, une « clé » pour découvrir les phrases des prophéties.

D’autant plus qu’un autre homme richissime, un électron libre, mais tout aussi avide de pouvoir et surtout d’argent, jouant sur tous les tableaux, a créé son cercle d’humains implantés, mais aussi des androïdes tellement bien faits qu’on les croirait humains.

Mon avis = pas très positif,  c’est une déception pour moi après la passionnante aventure du sauvetage des livres du dernier bibliothécaire, père du jeune homme en fuite.

Alors que le livre précédent était un bon suspense, un beau sujet = sauver une bibliothèque ou du moins une partie de ses livres les plus importants, ici on se retrouve au milieu de l’histoire avec un bla-bla-bla new age absolument insupportable. Ça se traîne pendant plusieurs courts chapitres, à propos de « prophéties » sur l’avenir des humains et du monde.

Le premier tome nous permettait aussi de découvrir un monde nouveau, sans pollution, avec la moitié de l’humanité ayant été éliminée par un fléau pire que la peste, néanmoins cette utopie s’est avérée fausse comme toutes les utopies. Et il semblerait que ce fléau ait été dû à la main de l’homme et non fléau naturel comme la population le croit ; cette découverte coûta d’ailleurs la vie à l’épouse du dernier bibliothécaire, elle aussi était membre de la résistance.

Le suspense de ce 2ème livre et l’action, tant qu’il s’agit du sauvetage du jeune « TreeRunner » est bon, mais dès que les personnages de la rébellion se mettent à discuter futur et prophétie, cela part réellement en sucette.
Pourtant je ne suis pas opposée aux discussions philosophiques, ici toutefois c’est exagérément teinté de new age, cela tourne littéralement en rond.

J’aurais presque envie de ne pas poursuivre la lecture de la trilogie, mais je pense que je le regretterais car j’aimerais quand même savoir ce qui se prépare et comment cela se termine.

Et je ne parle même pas des technologies nouvelles imaginées par l’auteur, qui me sont vraiment passées par-dessus la tête.

10 janvier 2019

AU CINEMA EN JANVIER

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SHOPLIFTERS, de Hirokazu Kore-eda – Titre français = une Affaire de Famille – Titre original japonais = Manbiki Kazoku (textuellement = Shoplifting Family) -  avec Lily Franky, Sakura Ando, Mayu Satsuoka, Mayu Sasaki, Kirin Kiki
Une famille pauvre dans la banlieu de Tokyo ; Osamu le père est ouvrier, il emmène régulièrement son fils Shota pour voler dans les grandes surfaces, utilisant un code particulier avec les doigts. Il estime que voler les grandes surfaces n’est pas vraiment voler, les marchandises n’appartiennent à personne. La femme d’Osamu travaille dans une blanchisserie, la fille aînée travaille dans un club de téléphone rose. Tous vivent chez la mère d’Osamu.
Régulièrement Osamu et Shota croisent une petite fille, enfermée dehors sur le balcon, Osamu décide de l’emmener chez eux pour qu’elle n’ait pas froid et compte la ramener après le dîner. Lorsque des traces sur les bras de la petite semblent indiquer de la maltraitance, la mère décide qu’ils doivent garder la petite fille qui est malheureuse. Petit à petit d’ailleurs la petite qu’ils ont renommé Lin – et que l’on considère comme ayant été kidnappée – s’ouvre à la gentillesse dont elle est entourée.
Lorsque Hatsue, la grand-mère, meurt dans son sommeil, Osamu et Nobuyo décident de l’enterrer dans le jardin afin de pouvoir conserver la pension.
Lorsque Shota qui devient de plus en plus mal à l’aise dans sa famille provoque un accident, tous les secrets de la famille vont être dévoilés.

Mon avis – un drame émouvant, où une famille qui semble avoir bien peu de moralité et de scrupules à voler les magasins, est très unie et tous les membres se témoignent  beaucoup d’affection. Bien sûr on argumentera que vivre de rapines et l’apprendre à des enfants n’est vraiment pas moral, mais quand on est très pauvre et sans travail, on n’a pas ce type de scrupules.

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MARY POPPINS RETURNS, de Rob Marshall – Titre français = Le Retour de Mary Poppins – avec Emily Blunt, Emily Mortimer, Lin-Manuel Miranda, Ben Wwhishaw, Colin Firth, Joel Dawson, Pixie Davies,   Nathanael Saleh, Julie Walters, Meryl Streep, Angela Lansbury, Dick van Dyke
Les Banks, Jane et Michael, ont grandi – Jane a repris le flambeau socialiste de sa suffragette de mère, Michael veuf avec 3 enfants, gère très mal les finances du ménage au point qu’il est sur le point de perdre leur maison. Il recherche au grenier un bon prouvant qu’il possède des parts dans la banque d’autant plus qu’il a réalisé un emprunt sur la maison, que la banque va récupérer dans une semaine. Le neveu de Mr Daws, l’ancien banquier à la retraite, leur donne un rendez-vous le vendredi à minuit pour lui prouver que Michael possède les bons. Il ne faut jamais faire confiance à un banquier. Heureusement quand les enfants Banks ont des oroblèmes, quelqu’un arrive pour les aider et re-voilà l’ancienne nanny, la mystérieuse mais farfelue Mary Poppins. Elle va faire en sorte que les 3 jeunes Banks puissent un peu s’amuser, en compagnie notamment de Jack, l’ allumeur de réverbère, ancien protégé de Bert.

Mon avis – positif, forcément, j’adore ce genre d’histoire, même si tout le monde s’entend à dire que la Mary Poppins de Disney est loin de celle des romans de P.L. Travers. Les numéros musicaux sont accompagnés de moments de grande fantaisie sous forme de dessins animés, mais aussi avec quelques sympathiques chorégraphies.
Le réalisateur Bob Marshall a eu la bonne idée de faire participer Dick van Dyke qui était le jeune banquier dans la première version et Angela Lansbury, vendeuse de ballons bien souriante, remplaçant la gentille « dame aux pigeons ».
Il y a évidemment comme toujours un moment d’ éffroi, comme dans tous les dessins animés ou films pour enfants – je suis épatée de constater que les enfants sont moins craintifs que moi !

CINEMA EN DECEMBRE

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ASTERIX – LE SECRET DE LA POTION MAGIQUE – d’Alexandre Astier & Louis Clichy – scénario d’Alexandre Astier- avec les voix de Christian Clavier, Guillaume Briat, Bernard Alane, Daniel Mesguich, Levanah Solomon, Florence Foresti et quelques autres

Cueillant du gui, Panoramix le druide de nos bien connus irréductibles Gaulois, tombe de l’arbre et se retrouve avec un pied en bien mauvais état. Il réalise alors que s’il lui venait à mourir, il n’y aurait plus personne pour fabriquer de la potion magique et ce serait la fin de son village. Il est donc impérieux de trouver un successeur ; Astérix et Obélix doivent être du voyage pour le protéger et le défendre éventuellement des Romains – lesdits Romains, dès qu’ils apprennent que le druide et ses amis ont quitté le village, ont bien l’intention d’attaquer. C’est oublier un peu vite que tant qu’il restera une goutte de potion dans la réserve, le village ne se laissera pas faire !
Alors que le trio se rend dans la forêt des Carnutes pour discuter avec les autres druites, prévenus par sanglier, ils découvrent Pectine, une petite Gauloise très bricoleuse, qu’il faut donc emmener.

Trouver un jeune druide à former ne sera pas une mince affaire, les fiches des autres druides étant classées par niveau, ce n’est pas brillant. Un petit sanglier perdu a été récupéré par l’ennemi juré de Panoramix, un certain Sulfurix qui va désormais leur mettre des bâtons dans les roues, notamment en  passant un marché avec Jules César. Nos amis ne sont pas au bout de leurs péripéties, ils traverseront la France entière, jusqu’en Helvétie avant de réaliser qu’ils avaient près d’eux une petite fille bien douée pour les aider.

Mon avis – l’histoire m’a beaucoup amusée, je l’ai trouvée originale, avec une petite pointe de féminisme bien sympathique. Mon seul bémol tient dans l’animation dont la technique m'a paru un peu faible – le personnage de Sulfurix était bien inquiétant, bien fait pour donner peur aux enfants (ou alors c’est moi qui suis une trouillarde =^-^=).

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LOLA ET SES FRERES – de Jean-Paul Rouve – scénario de Jean Paul Rouve & David Foenkinos – avec Ludivine Sagnier, Jean-Paul Rouve, José Garcia, Ramzy Bédia, Pauline Clément
Benoît l’aîné, Pierre le puiné et Lola la petite dernière sont très unis depuis la mort de leurs parents – ils se retrouvent au cimetière une fois par semaine pour « rendre visite » à leurs parents, ils y échangent leurs histoires, s’enguirlandent à propos de leurs travers respectifs. Lola joue souvent les médiatrices entre ses grands frères très différents qui trouvent facilement un terrain pour se chamailler, mais sont immédiatement d’accord pour faire la leçon à leur petite sœur ! surtout lorsqu’elle leur annonce qu’elle a rencontré quelqu’un. Ce quelqu’un va s’avérer un bien chic type qu’elle a rencontré dans le cadre de son divorce.
Pierre a des problèmes sérieux, il a perdu son emploi mais fait comme si tout allait bien, c’est son fils qui découvre le problème et en parle à ses « tonton » et « tata ». Prêts à aider Pierre.  Pierre c’est le faffeur, qui causera une brouille lors du mariage de Benoît, mais quand on s’aime autant, on se réconcilie. Et on continue.

Mon avis – vraiment positif, il est vrai que voir une histoire de famille non dysfonctionnelle, cela fait du bien de temps en temps. Ici les querelles finissent par s’arranger, le fils ado est solidaire de son père, il y a énormément d’affection dans cette famille-là, dont j’aurais bien eu envie de faire partie (l’enfant unique que je suis a toujours fantasmé sur les familles unies =^-^=) – un feelgood movie qui m’a laissé un excellent souvenir.
Jacques Bourdet qui interprète l’homme du cimetière, qui vient se recueillir sur la tombe de son épouse, a un rôle relativement court mais savoureux et émouvant aussi.

09 janvier 2019

LES PLUS MAUVAISES MERES DE L'HISTOIRE, de Louise-Marie Libert

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Légendes, crimes et vérités     

L’histoire des humains n’a jamais été simple, certainement pas celle des rois et des reines, que ce soit de l’antiquité au 20ème siècle, quoique ceux qui règnent de nos jours ne sont pas abordés dans ce livre qui se veut historique.

C’est l’histoire un peu  regardée par le petit bout de la lorgnette, pour nous démontrer que les reines aussi – tout comme les rois – n’étaient pas plus des cadeaux que leurs homologues masculins.

On ne témoignait pas d’affection à ses enfants – Marie-Antoinette, malgré tous ses défauts,  fut d’ailleurs un modèle de mère affectueuse aimant s’occuper de ses enfants. Il est vrai que comme la fille de Marie-Thérèse d’Autriche, comme ses sœurs et ses frères, fut mariée contre son gré afin de servir les objectifs politiques de leur mère.

Marie-Thérèse d’Autriche ne fut pas la seule mère calculatrice sans scrupules de l’histoire.

En remontant à l’antiquité et l’histoire de Rome, on aboutit à Agripinne la jeune, épouse de Claude, mère de Néron, qui empoisonna, fit étrangler tous ceux qui se trouvaient en travers de la route pour le pouvoir de son fils – qui finira pas en avoir assez qu’elle se même de tout, y compris de ses amours, et envoya un soldat l’assassiner à son tour.

Ce détail antique mis à part, en avançant dans le temps, la tant célébrée Isabelle la catholique, que l’on montre en exemple comme chef de guerre, fut aussi un exemple de mère désagréable, elle retira carrément les enfants de sa fille Juana, que l’histoire a retenu comme « Jeanne la folle », sous prétexte de les protéger – et finalement le fils de Jeanne, Charles Quint fit enfermer sa mère jusqu’à sa mort. Les deux autres filles de la Catholique furent envoyées l’une en Angleterre, l’autre au Portugal.

Il faut aussi citer Catherine de Medicis, qui fit porter sur les frêles et maladives épaules de Charles IX, le massacre de la saint-barthélémy. A force de vouloir ménager à la fois les catholiques et les protestants, elle parvint à les monter les uns contre les autres jusqu’au massacre. 

Ce qui semble certain est que toutes ces reines avaient un enfant préféré dans le nombre invraisemblable d’enfants qu’elles mettaient au monde, et pour cet enfant préféré (un fils généralement), elles étaient prêtes à tout.
Mais souhaitaient avant tout rester en place – régentes lorsque leur enfant était trop jeune, elles espéraient rester en place quand le gamin était majeur.
Cela rendra Louis XIII timide à l’excès avec sa Marie de Medicis de mère, femme bête sous la coupe de ses favoris.

Je ne vais pas toutes les énumérer, la liste est  assez longue, toutes ont fait passer leurs intérêts personnels avant ceux de leurs enfants.
Ces mères abusives, perverses, manipulatrices furent nettement plus nombreuses qu’on ne l’imagine.

Mais je vais quand même citer l’odieuse Louise Athanaïse Cerveaux, épouse Claudel, une bigote inculte, qui fit enfermer sa fille Camille, appuyée hélas par son fils Claude qui pourtant souffrit aussi de sa méchanceté gratuite pendant l’enfance.
Il est vrai qu’une fois converti au catholicisme, Paul Claudel voulait sauver les apparences et la bienséance, et la libre Camille, talentueuse, intelligente et drôle, ne convenait pas à ces apparences bourgeoises.
La malheureuse sculptrice vit une partie de son œuvre détruite par son monstre de mère, une femme totalement inculte, pour qui seuls comptaient la tenue d’un ménage et la bien séance ; sa fille mourut de faim et de froid, enfermée dans l’asile psychiatrique où les médecins pourtant ne la considéraient pas comme folle.
Il est vrai que pour les familles aisées, il suffisait d’un médecin complaisant signant le papier pour l’enfermement et la cause était entendue.

Si l’on aime l’histoire et son petit côté trash, cela vaut la peine de lire cet essai amusant, documenté correctement (la bibliographie en témoigne).
C’est un livre divertissant, qui ne prend pas la tête et qui m’a souvent fait glousser.

L’autrice, Louise-Marie Libert est historienne, médiéviste, spécialisée en histoire de l’art et de religions.  Elle est également une grande voyageuse ayant écrit de nombreux articles sur le tourisme culturel.

BACK SIDE

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Une exposition au musée de la mode et de la dentelle de Bruxelles en collaboration avec le Palais Galliera (musée de la mode à Paris) – 30% de la collection montrée dans l’exposition appartient à notre musée de la mode, 30% au palais Galliera et 30% de prêts extérieurs – cette expo va voyager après Bruxelles

Ma chronique est un résumé adapté de la visite avec Sarah Cordier, historienne d’art et guide – les illustrations  = certaines sont mes photos (qualité hélas un peu médiocre) et d’autres sont prises sur le site du musée. De plus, dans mon résumé, je ne cite pas tous les modèles, magnifiques, qui sont exposés car ils sont très nombreux – je vous encourage plutôt à aller voir cette exposition qui est une véritable histoire de la mode en résumé

Chanel le disait = tout part du dos.

Le dos, ce grand malheureux de notre époque, partie humaine que nous ne pouvons voir puisque nous n’avons pas comme les hiboux la possibilité de tourner la tête pour le regarder.

Le dos dont  on n’arrête pas de parler, même à travers de nombreuses citations =

Quelques exemples = en occident, pas mal d’expression expriment la peur de ce qui se dit ou se fait derrière soi =

-      Se mettre quelqu’un à dos = se faire un ennemi

-      Etre sur le dos de quelqu’un = surveiller et contrôler sans arrêt

-      Avoir bon dos = être le responsable idéal – supporter injustement la responsabilité d’une faute – c’est celui que l’on charge de la responsabilité d’une faute qu’il n’a pas commise

Lors de défilés de mode, seules les vues des modèles de face sont retenues pour les magazines – si un photographe prend des photos du devant et du dos, c’est souvent parce parce que le but serait de copier le modèle, plus tard bien après les défilés.

Au rez de chaussée =

Madeleine Vionnet – une robe qu’elle qualifiait de « robe d’hôtesse », mais si l’on y regarde de près, il s’agit d’une combinaison-pantalon devant et robe derrière – un modèle similaire est conservé au Metropolitan de New York.
Il s’agit d’une mousseline de soie couleur rose poudre, recouverte d’une dentelle mécanique. 
Pour rappel = Madeleine Vionnet, d’origine modeste, se forme à Paris et Londres – elle ouvrira son premier salon en 1912 qu’elle dirigera jusqu’en 1940.
Elle dessine des robes mettant en valeur sa technique de coupe = en biais – ses drapés sont inspirés de la statuaire grecque antique. Elle découvrit la coupe en biais par hasard, paraît-il, du fait qu’elle ne dessine pas et travaille en permanence les tissus pour réaliser ses modèles.
Sa méthode était particulière = elle créait ses modèles non pas sur papier mais en drapant les tissus sur un petit mannequin de bois pour ensuite les réaliser en grandeur nature sur un mannequin vivant. 

Il est généralement dit que c’est à Paul Poiret que l’on doit l’abandon du corset, en fait c’est Madeleine Vionnet qui sera la première couturière à se passer du corset dès le début des années 1920.

Elle fut aussi la première à protéger ses créations en les photographiant de manière originale = modèle de profil, son devant et son dos se reflétant dans les deux miroirs – le musée montre cette façon de faire en exposant la robe.

illustration prise sur le site du musée de la mode de bruxelles

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Les créations de Madeleine Vionnet se distinguent par leur perfection et leur beauté, leur coupe originale, leur souplesse et légèreté ; les vêtements étaient montés d’une seule pièce et dépourvues de fermeture.

Si elle fut l’incontestable maîtresse de la coupe en biais, elle ne fut jamais une grande coloriste, se servant peu des couleurs qu’elle avait des difficultés à contraster – elle favorise particulièrement le blanc et le noir (elle aurait beaucoup plu à Diane de Poitiers qui ne s’habillait que dans ces deux couleurs n.d.l.r. du blog) . Elle ne se servira pratiquement jamais d’imprimés ou tissus façonnés colorés.

D’autres modèles au rez de chaussée = une robe de Jeanne Lanvin – au salon du prêt-à-porter de 2001 à 2015, le créateur Alber Elbaz réanime avec fantaisie le concept Lanvin, notamment le modèle « Véroniue » un modèle couvert de rubans devant.
Une caractéristique d’Elbaz = le « non-fini ». 

Egalement au r-d-c = un gilet, partie marquante de l’habit masculin = un justaucorps, un gilet et une culotte (pantalon aujourd’hui).
La veste n’étant pas destinée à être retirée, par mesure d’économie – quelle que soit d’ailleurs la richesse de l’homme – le gilet est abondamment brodé à l’avant mais le dos est conçu en matière « pauvre » (lin ou chanvre). De nos jours encore, le gilet masculin témoigne de la différence entre un devant et un dos  en matière contrastée. 

Le dos sillage  = la trace que vous laissez derrière vous quand vous avancez – le mouvement naturel du corps est vers l’avant – ce mouvement permet à la mode de placer dans le dos des traînes ou des volumes prolongeant la robe.
A partir du 19ème siècle la traîne est l’apanage des robes du soir et des robes de mariée. 

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Petite anecdote = les escarpins d’Helmut Lang = escarpins en cuir et crin de cheval, un clin d’œil au chapeau avec ruban au vent, très à la mode au 19ème siècle et que l’on appelait « suivez moi jeune homme ».

Une robe dite « à la française » - 18ème siècle – soie à fond satin, motifs brochés – les plis partent du haut du dos = pur ornement, avec une petite traine. Ces plis sont souvent nommés « plis Watteau » du nom du peintre Antoine Watteau qui a immortalisé la robe dans son tableau « l’enseigne de Gersaint ».  (illustration prise sur le site du musée)

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Au rez-de-chaussée, il est encore question de Worth – je devrais ajouter évidemment, puis que ce créateur de mode, né en Angleterre, au 19ème siècle, ouvre à Paris rue de la Pais, la maison de couture Charles Frédéric Worth. On le considère comme le fondateur de la « haute couture » ; il a joué un rôle majeur dans la transformation de ce qui était considéré comme une activité artisanale et féminine en industrie internationale, arbitre du « bon goût »  (comme toujours, l’appellation « bon goût » me fait sourire, car le goût est un concept totalement personnel et ce qui est bon à l’un ne l’est pas nécessairement à l’autre).
Worth laissera sa maison à ses fils qui entretiendront sa notoriété jusqu’à sa fermeture en 1956. 

Encore au rez-de-chaussée = des créations de Balenciaga, Jean-Rémy Daumas, Elsa Schiaparelli et la maison Fendi.

Premier étage = le dos nu

Dévoiler son dos se situe entre soumission et séduction, c’est une part d’intimité sur laquelle on n’a pas prise ni contrôle – d’ailleurs seules les femmes montrent leur dos !

C’est vers la fin du 19ème siècle que l’on évoque les premiers dos nus assumés – mais comme il faut rester chaste, ils ne dévoilent que la nuque et le haut du dos – par contre le décolleté se creuse.
Vers les années 1930 un vocabulaire des décolletés dorsaux s’instaure – cette décennie donnera ses lettres de noblesse aux dos nus, favorisés d’ailleurs par les films hollywoodiens où en raison du code Hayes montrer sa poitrine est prohibé.

Chanel y est présente avec une robe du soir entièrement faite de paillettes nacrées, brodées sur tulle = un fourreau, c'est-à-dire une robe droite très moulante.
En créatrice de la coupe simple et élégante, Chanel fait fureur pour la première fois avec la célèbre petite robe noire (1926) – elle veut libérer les vêtements féminins des ornements et coupes inconfortables.
La liberté de mouvement est son leitmotiv.

Quelques jolies petites robes noires – dont les dos m’ont beaucoup plu.

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Le dos au soleil

C’est seulement vers la fin des années 1960 que les dos nus sont acceptés en ville – avant c’était réservé au soir, la danse ou la plage (durant l’entre deux guerres).
Le papier peint qui sert de fond à la photo a des motifs du 19ème siècle, il était déjà dans le musée depuis les années 1980.

Les noms des créateurs sont Grès  - Guy Laroche – le pyjama de plage de Jacques Heim qui, lors de sa vente, portait le nom d’ « ensemble de casino » - au casino il est vrai que l’on montre surtout son dos face aux tables de jeux
Jacques Heim travaillait souvent avec Sonia Delaunay pour ses motifs, mais pour « La Jungle » il s’est adressé à Raoul Dufy.

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Une partie de l’étage est consacrée au photographe Jean-loup Sieff, montrant un ensemble de photos de la Collection Indivision Sieff.

En dehors de ce que je vous ai montré, le premier étage propose encore des créations de Yamamoto ;  des camisoles de force ; un corset en toile pour montrer ce que l’on imposait aux femmes – véritables objets de torture qui déformaient totalement la colonne vertébrale depuis leur plus jeune âge.

Plus = Jean-Paul Gaultier et sa robe cage, ainsi que le corset porté en vêtement dont Madonna fit son costume de scène en 1990.

Au deuxième étage, l’exposition continue. Je vous laisserai la découvrir de visu – elle était une addition intéressante, mais cela ne m’a pas énormément plu.

Et finalement au 3ème étage = la magnifique traîne de cour, signe de majesté – cette robe avec traine en satin de soie et perles d’argent + strass mesure 4 m de long ; elle fut portée par la princesse Astrid, future reine des Belges, lors de son mariage avec le prince Léopold – futur Léopold III – le mariage eu lieu au palais de Stockholm le 4 novembre 1926.

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04 janvier 2019

THE HANDMAID'S TALE, de Margaret Atwood

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Titre français  = la Servante Ecarlate 

Quelque part dans un futur imprécis, dans ce qui était avant les Etats-Unis – après une guerre civile, une nouvelle société se définissant comme les « Fils de Jacob » (ancien testament) ont créé Gilead, un monde nouveau, où les femmes n’ont plus aucun droit, même pas celui de lire, car comme l’a dit l’un d’entre eux = « on n’aurait jamais dû les autoriser à lire, à s’éduquer,  elles seraient  toujours restées soumises » !

Ce monde nouveau, cette dictature  théocratique est totalement répressive à l’égard des femmes en général – elles sont divisées en Epouses (les femmes des commandants), les Marthas (gouvernantes/servantes au sein des foyers des commandants), les Tantes – celles qui doivent ré-éduquer ces filles perdues qui prenaient la pilule ou pire (avortement) et les Servantes écarlates. 
Toutes portent des vêtements-uniformes adaptés à leur condition = les épouses, en bleu marial, les marthas habillées de vert, les servantes écarlates, habillées de rouge comme Marie-Madelaine la pécheresse, ces femmes perdues, heureusement rééduquées par  les Tantes, vêtues de brun.
Il y a aussi les épouses des hommes de grade inférieur, elles sont habillées d’un vêtement reprenant des rayures aux trois couleurs.

Et il existe encore une « race » de femmes habillées de gris,  qui sont des laissées pour compte = trop âgées ou non fertiles, qui sont envoyées dans ce sont les « colonies », les terres empoisonnées par les guerres et les pollutions diverses – ces femmes, ces « non-femmes » doivent nettoyer ces terres, elles y meurent pour la plupart après un certain temps de travail.

Offred est une « servante écarlate » - une jeune femme ayant prouvé qu’elle était fertile puisqu’elle a une petite fille, qui lui a été enlevée. Après avoir subi une éducation (lavage de cerveau), elle a été assignée au commandant Frederick Waterford, d’où le nom d’Of-Fred – lorsqu’elle sera assignée à un autre foyer elle sera « Of-… » selon le nouveau commandant.  
Offred, qui s’appelait peut-être June dans sa vie d’avant, a fui avec Luke son mari et Hannah leur petite fille ; est ce suite à une dénonciation ou parce que les surveillances avaient été renforcées, ou parce que leurs papiers,  qui étaient faux,  avaient été détectés comme tels ?

Elle a été attribuée au foyer des Waterford, l’épouse Serena Joy éprouve de la rancune pour ces femmes, mais n’ayant pu produire un/e héritier/ère, elle est obligée d’accepter ce type de femme dans son foyer – elle soupçonne son mari d’être stérile, comme d’ailleurs d’autres commandants – c’est pourquoi elle encouragera Offred d’avoir des relations sexuelles avec Nick, leur chauffeur.
Fred Waterford est un faible, et comme tous les faibles, un hypocrite – sans que son épouse le sache, il fait venir Offred dans son bureau pour y jouer au scrabble ; il possède aussi des magazines « d’avant ».
Il ira même jusqu’à l’emmener dans un lieu connu seulement des commandants, où ces derniers fréquentent des femmes devenues des « jezebels », des prostituées de luxe où Offred retrouvera son amie Moira, qui avait tenté de fuir – ça ou la mort, Moira a choisi cette solution-là, de toute façon elle se considérait comme déjà morte. 

A chaque moment de leur cycle menstruel, les servantes écarlates doivent subir la cérémonie = le moment où elles sont fertiles, elles doivent se soumettre au commandant, dans les genoux de l’épouse – un viol obligatoire, impossible d’y échapper sous peine d’être envoyée aux colonies.

L’histoire d’Offred suit les pensées de celle-ci, entre présent et passé, dans cette chambre où elle est isolée du monde en attendant le jour de la cérémonie – elle est méprisée par la gouvernante Rita, qui estime qu’elle n’est qu’une prostituée.

Cette société est monstrueuse = des exécutions publique par pendaison ou lapidation sont des événements propres à effrayer les « servantes écarlates » et d’autres personnages. Offred apprend l’existence d’un mouvement de résistance, nommé « Mayday », dont l’une de ses compagnes (Ofglen) faisait partie et l’incitait aussi à se joindre à eux – puis Ofglen a disparu, du moins celle que connaît Offred et remplacée par une autre jeune femme en qui il vaut mieux ne pas avoir confiance.
Car lorsqu’une camionnette noire s’arrête devant votre maison, les « Yeux », ceux qui surveillent tout le monde et les exécutent, votre sort est réglé. 

Mon avis = excellent, je dirais « évidemment » - mais aussi un avis quelque peu effrayé par cette société dont certains éléments commencent à ressembler à la société actuelle dans certains pays.

Margaret Atwood, qui a revendique son féminisme,  a écrit cette dystopie, publiée en 1985,  en s’inspirant de la théocratie en Iran, après leur révolution religieuse. Elle prouve aussi que les premières personnes à souffrir en un temps de précarité du travail ou dans une dictature ou régime totalitaire sont les femmes – et elle n’a pas tort puisque le nouveau président italien par exemple a décidé de payer les femmes pour qu’elles restent chez elles et aient des enfants.

Mon résume, selon moi, ne fait pas totalement honneur à ce roman que tout le monde devrait lire, parce qu’il est très vaste – dans le tout dernier chapitre, qui est en fait une conférence à une époque où enfin Gliead a disparu et où enfin une société humaine a émergé.

Ce dernier chapitre explique que l’histoire d’Offred a été trouvée sous forme de cassettes et on leur a donné le titre de « The Handmaid’s Tale »,  comme les Contes de Canterbury de Chaucer.

C’est en tout cas écrit dans un très bel anglais – sans temps mort, une lecture dont on ne sort pas avec optimisme hélas,  car comme beaucoup d’écrivain.e.s de science-fiction, Margaret Atwood est visionnaire.
J'ai cependant mis longtemps à le lire, car l'histoire est longue et lente, et j'avais envie de temps à autre de me sortir de cette société que je redoute énormément.

Une chose est certaine, les livres, la lecture, l’éducation sont des « armes » qui effraient tous les dictateurs du monde entier – et pas uniquement du monde actuel = je pense à la renaissance avec Savonrole, qui non seulement fit brûler des écrits, mais aussi des œuvres d’art jugées indécentes – et bien sûr Hitler.

Atwood vient d’annoncer qu’elle écrit une suite à son roman, suite qui sera publiée cette année.

Le roman a été adapté une première fois au cinéma par Volker Schlondorf – scénario écrit par Harold Pinter – une excellente adaptation, que j’ai pu découvrir grâce à une amie qui m’a offert le dvd.

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Et je ne dois évidemment pas rappeler que l’adaptation télévisée en est à sa 3ème saison – j’ai regardé la 1ère saison, fidèle au roman – la 2ème s’en éloigne déjà un peu paraît-il, quant à la 3ème saison elle exploitera la vie des personnages avant Gilead.

d'autres avis sur le roman = liliba, critiquesLibres, babelio, karine-moncoinlecture

THE LAST LIBRARIAN, de Brandt Legg

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Premier volume de la trilogie « The Justar Journal »

Portland – en l’an 2098 – depuis 3 quarts de siècle le monde est en paix – après l’horrible fléau qui décima plus de la moitié de la population mondiale, après les guerres qui s’en suivirent, le monde est enfin parvenu à vivre en paix, dans un monde de haute technologie, où les humains sont désormais exempts de toute maladie, où le chômage n’existe plus. La nature a repris un cours naturel, « propre » tel qu’elle n’en a plus connu depuis avant le fléau connu sous le nom de « Banoff ».
Il n’y a plus aucune pollution, plus d’incompréhension linguistique car chacun parle la même langue à travers ce nouvel univers – et les religions ont été abolies parce que c’est au nom de la religion que l’on fait la guerre.
Peut-être, mais pas que – les guerres sont surtout une volonté de pouvoir, menée par l’appât du gain – la corruption semble avoir disparu mais c’est oublier un peu vite que l’appât du gain est inhérent à certains humains.

La planète n’est plus divisée comme auparavant en continents et pays, mais cinq grandes divisions, dont les principales sont Aylantik, Pacyfik.

Alors, pourquoi, existe-t-il dans ce monde idyllique des résistances comme les « Creatifs », qui ont décidé de mener une lutte acharnée contre l’A.O.I. (Aylantik Office of Intelligence), une organisation qui surveille tout le monde et n’hésite pas à éliminer ceux qui ne sont pas d’accord avec ce monde mené par deux trillionaires, dont l’un veut dominer le monde à tout prix, mais conserver la paix à tout prix et qui est l’ennemi acharné de la famille Lipton, l’autre famille immensément riche qui ne veut pas d’une domination mondiale ?

C’est dans ce monde que vit Runit Happerman,  veuf depuis 10 ans, avec un fils de 18 ans – tous ignorent, ou feignent d’ignorer, cette lutte pour le pouvoir.
Runit est bibliothécaire ; il vient de recevoir un avis comme quoi désormais la (sa) bibliothèque va être fermée définitivement, tout comme le fut celle située en Belgique.
Le meilleur ami de Runit est un écrivain, pas d’accord avec le pouvoir en place, et qui exige de son ami qu’il l’aide à sauver les livres – une tâche surhumaine car il leur resterait à peine une semaine pour sauver plus d’un million de livres.

Nelson Wright, l’écrivain, s’adresse à deux personnes susceptibles de les aider, l’un étant Deuce Lipton justement. Un autre petit génie de l’informatique leur fournit une liste des livres les plus importants – comment peut-on décider qu’un livre importera plus qu’un autre, mais avec cette liste, au moins cent mille livres pourront être sauvés – à condition d’agir très vite, avec des amis de Grandyn Happerman qui, tout comme son père, apprend que leur nouveau monde n’est pas si idyllique finalement.

Runit sait que son épouse Harper voudrait sauver ces cent mille livres, ne faisait-elle pas partie d’ailleurs de la résistance (un secret récemment révélé) ?
Il est évident que le gouvernement veut trouver 8 parmi ces livres, ces huit détiendraient des phrases secrètes qui inquiètent l’AOI et le magnat Miner qui veut éliminer tous ses concurrents. Par ailleurs, l’AOI et son dirigeant estiment que les livres papier n’ont plus aucune raison d’être puisque tout le monde peut télécharger gratuitement autant de livres qu’il le souhaite – sauf que certains de ces livres ont été « corrigés ». 

Le « dernier » bibliothécaire va aussi apprendre ce qui arriva au bibliothécaire de Bruges en Belgique – et il sait que désormais ses jours sont comptés. Runit ne se sent pas l'étoffe d'un héros, mais il veut un monde humain pour son fils et ses amis.
Néanmoins, la sœur de Nelson Wright, membre important de cette résistance, vient au secours du petit groupe de Portland, seulement il ne faut pas oublier que l’AOI a des yeux et des oreilles (électroniques) absolument partout, et garder un secret aussi énorme que le sauvetage des livres et du bibliothécaire est une action extrêmement dangereuse. Ceux qui ne meurent pas dans l’action, disparaissent.

Mon avis = positif, bien que l’histoire soit parfois un peu compliquée au niveau des « intelligences artificielles » - je suis assez nulle en informatique élémentaire. 
Néanmoins,  le côté humain du bibliothécaire, son fils qu’il adore, et ses amis, ainsi que le côté totalement inhumain de l’un des deux magnats, a valu la découverte du début de cette trilogie poignante;
Il n’y a pas beaucoup de moments où le lecteur se détend et peut souffler entre deux moments dramatiques. Le moment notamment où les livres sont brûlés sont une vraie souffrance pour le bibliothécaire (comme ce le fut pour moi).

C’est également une histoire aux rebondissements multiples, où personne n’est tout-à-fait celui ou celle que l’on pensait.

Vous l’aurez sûrement compris = le livre regorge de clins d’œil aux livres, à commencer par Fahrenheit 451 de Ray Bradbury et au « Big Brother – 1984 – de George Orwell.
Il y a aussi ce clin d’œil à « to kill a mockingbird » d’Harper Lee, avec le prénom de l’épouse de Happerman « Harper ».
L’histoire comporte également pas mal de citations d’écrivains connus, dits « d’avant le fléau ».
Il est  question de la trilogie « Hunger Games » de Suzanne Collins, qui a été totalement « corrigée » et c’est cela qui décidera le dernier bibliothécaire à sauver SES livres. 

Le livre est écrit en anglais-américain, comportant beaucoup de chapitres très courts, ce qui en ajoute à la dynamique du récit - assez facile à lire si l’on met à part la partie technique – le côté humain est nettement plus intéressant, ce que fait d’ailleurs comprendre l’auteur ; je crois qu’il a mis l’accent par instants sur les technologies nouvelles  afin de nous prouver à quel point il n’existe aucun monde idyllique. 

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L’auteur BRANDT LEGG a eu un parcours assez particulier, très inusuel = depuis son plus jeune âge, orphelin, il décida d’investir et d’orphelin très pauvre, il devint l’un des plus riches jeunes gens de la planète. Lorsque le krach financier se produisit, celui qu’on surnommait « the Teen Tycoon » (le magnat adolescent), fut trahi par ses proches et fit de la prison.
Après un an de prison, pas abattu par cette expérience,  le « petit prodige » utilisa son parcours comportant des voyages en compagnie d’agents de la CIA, des dîners avec des membres du congrès américains et des sénateurs, sans oublier des contacts avec des gouverneurs et candidats à la présidence. Il a été poursuivi par des patrons de tabloïds, il a même fêté l’un de ses anniversaires avec un président à la Maison blanche (on ne dit pas quel président, mais ce n’est pas l’actuel).

Devenu un peu plus raisonnable, assagi, moins casse-cou qu’auparavant, Brandt Legg décida d’utiliser tout ce qu’il avait appris précédemment pour écrire des romans d‘anticipation fortement inspirés de l’actualité ;

Je me réjouis de découvrir les deux autres romans de cette trilogie – la dystopie, le post-apocalypse sont à la mode pour certains écrivains, comment leur en vouloir lorsqu’on dresse le bilan de notre époque.

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