THE PRISONER - deuxième partie
Série télévisée culte des années 1960, en 17 épisodes d’environ 45 minures
Sur une idée de Patrick McGoohan et George Markstein
Scénaristes (entre autres) = Patrick McGoohan, David Tomblin, Anthony Skene, Terence Feely, Vincent Tisley
Metteurs en scène (entre autres) = Patrick McGoohan, Don Chaffey, David Tomblin, Pat Jackson
Acteurs principaux récurrents = Patrick McGoohan (# 6, the Pirsoner) & Angelo Muscat (The Butler)
La première partie de ma chronique consistait en mes impressions personnelles et le générique de la série.
Cette 2ème partie = la genèse de la série, a été rédigée en adaptant « The Prisoner – A production guide by Andrew Pixley » - Andrew Pixley est historien de télévision et a écrit, notamment, un livre concernant « The Avengers » (« Chapeau Melon & Bottes de cuir »).
De l’avis même de Patrick McGoohan, beaucoup (trop) de choses ont été écrites concernant la série « The Prisoner », parmi lesquelles des analyses qui n’auraient jamais dû être faites car totalement à côté du sujet. Le co-créateur de la série et associé de McGoohan, George Markstein, était du même avis.
En son temps, « The Prisoner » fut considéré comme un code d’existence, une façon de vivre en se démarquant de la télévision notamment. Il s’agissait d’une déconstruction du genre espionnage, une satire sur le star system. La série a été comparée aux œuvres de Kafka, Samuell Beckett, même la pièce de Ken Kesey « One Flew over the cuckoo’s nest ».
La seule référence et comparaison avérée par McGoohan est celle associée à "1984" de George Orwell.
Au départ, il y avait « Danger Man » (Destination Danger), une série d’espionnage où Patrick McGoohan interprétait le rôle de John Drake – cette série s’essoufflant, elle était sur le point de se terminer. La question que tout le monde se posait était « Et après ? »
Patrick McGoohan, d’origine irlandaise, éduqué par des parents protestants plutôt puritains, avait une idée bien arrêtée de ce que SA nouvelle série devrait être = pas de scène de sexe gratuit, qui n’ont rien à voir avec les sentiments, pas de violence.
Il avait d’ailleurs pour ces raisons refusé le rôle de James Bond, disant que si l’on retirait les gadgets, la violence et le sexe des « Bond », il ne restait rien.
Il eut à peu près les mêmes réactions lorsqu’on lui proposa de devenir Simon Templar, alias Le Saint, à la télévision = pour lui le personnage de S.T. était une véritable fripouille dont l’influence était néfaste.
Or, McGoohan, père de 3 filles, souhaitait produire une série que les jeunes pourraient regarder sans problème.
L’idée de « The Prisoner » est venue à McGoohan un jour où il était invité à une soirée où se trouvaient quelques membres du parlement. Lorsqu’il leur posa la question « Que deviennent les espions lorsqu’ils atteignent l’âge de la retraite ? ou qu’ils ont tout simplement envie de se retirer de ce travail », il lui fut répondu un peu évasivement « qu’il existe des lieux de retraite » (=> en Ecosse par exemple, Inverlair Lodge.)
Imaginez par exemple un scientifique de haut niveau, travaillant sur un projet ultra secret et qui tout à coup décide qu’il a envie de vacances prolongées…
Il possède des connaissances, des informations qui ne laisseraient pas une puissance concurrente indifférente – ces informations pourraient changer le cours du monde.
Inutile de dire que de grosses pressions pèseraient sur un tel homme.
Ainsi lui vint l’idée qu’un espion comme John Drake aurait pu effectivement en avoir assez de sa besogne d’espion, pas toujours très ragoûtante, et donner sa démission. Commencerait alors pour lui une sorte de calvaire afin de s’extirper des griffes de son gouvernement ou du risque de tomber entre les griffes de ceux d’en face (on est encore dans les années de guerre froide).
Néanmoins, le nom de John Drake ne sera jamais prononcé ni même vaguement mentionné dans la nouvelle série, sinon il y aurait de gros droits d’auteur à payer aux producteurs de la série « Danger Man ». Or, le budget de McGoohan et Markstein n’était pas énorme.
Ce qui est certain, c’est que « The Prisoner » est l’histoire d’un homme qui ne peut absolument pas échapper à son destin – quels que soient les efforts qu’il entreprend, il se heurte systématiquement à un « establishment » qui ne veut, ni ne peut le lâcher.
Certains ont vu dans cette constatation, une métaphore pour ce qu’éprouvait l’acteur Patrick McGoohan face à son rôle dans la série « Danger Man », dont il aurait bien aimer se dépêtrer plus rapidement.
Pour Patrick McGoohan, cette série s’inscrit en contrepied de toutes les idéologies en «-isme », mettant l’accent sur l’individu, lui-même reconnaissant être profondément individualiste et ne supportant pas que d’une ou l’autre manière on lui dicte la conduite à tenir – et surtout pas que l’on pense à sa place.
Lorsqu’on décida de s’inspirer de PORTMEIRION, en North Wales, pour « le Village », Patrick McGoohan confirma que situer l'histoire d'un homme isolé au milieu d’un aussi bel endroit, avec aucun échappatoire, le tentait énormément. Quatre épisodes furent filmés en extérieur à Portmeirion, le reste fut du tout studio.
Pour moi, il est regrettable que l’idée de se limiter à 6 épisodes, comme le souhaitait Patrick McGoohan, n’ait pas été retenue car hélas, tout le reste n’est que dilution et « tirage en longueur ». On le sent nettement dans certains épisodes, que la série tourne un peu en rond jusqu’au dénouement final – qui laisse le téléspectateur totalement sur sa faim-fin.
Le guide d’Andrew Pixley est joint en complément dans un coffret en langue anglaise des dvd (remastérisés), édités à l’occasion du 40ème anniversaire de la série.
En introduction Mr. Pixley a la bonne idée de prévenir le lecteur qu’il vaut mieux ne pas lire son livre avant de regarder la série, car le « Guide des Episodes » (la plus grosse partie de cet intéressant essai) dévoile pas mal de détails desdits épisodes.
J’ai suivi ce conseil, mais ensuite, après visionnage des épisodes et lecture du guide, je n’ai pas trouvé que celui-ci dévoilât tellement de moments-clés ; la plupart des détails sont techniques et concernent l'équipe et les acteurs ayant participé à l’épisode, avec des informations concernant la production, expliquant le pourquoi et le comment.
J'ai trouvé la lecture de ce guide presque plus intéressante que de visionner la série-culte.
THE PRISONER - première partie
Série télévisée culte des années 1960, en 17 épisodes d’environ 45 minures
Sur une idée de Patrick McGoohan et George Markstein
Scénaristes (entre autres) = Patrick McGoohan, David Tomblin, Anthony Skene, Terence Feely, Vincent Tisley
Metteurs en scène (entre autres) = Patrick McGoohan, Don Chaffey, David Tomblin, Pat Jackson
Acteurs principaux récurrents = Patrick McGoohan (# 6, the Prisoner) & Angelo Muscat (The Butler)
Quelques autres acteurs = Leo McKern (le # 2), Fenella Fielding (la voix de la téléphoniste, de « l’annonceur »), Rosalie Crutchley (la Reine du jeu d’échecs), George Baker (un autre # 2),
Cette première partie de ma chronique parle du générique et de mes impressions personnelles.
La 2ème partie (la genèse de la série) a été rédigée en adaptant « The Prisoner – A production guide by Andrew Pixley » - Andrew Pixley est historien de télévision et a écrit, notamment, un livre concernant « The Avengers » (« Chapeau Melon & Bottes de cuir »).
Le générique, que l’on retrouvera au cours des 17 épisodes, nous propose une petite voiture de sport, marque Lotus, circulant rapidement dans Londres. Arrivé à destination, un homme traverse un long couloir et arrive dans un bureau, où il s’adresse de manière colérique à une personne que l’on ne voit pas (on n’entend pas non plus ce qui se dit). Lorsque l’homme part, un classeur apparaît sur lequel figure « Resignations » (démissions).
Peu après, on retrouve l’homme dans son appartement, consultant quelques brochures de voyages, en finissant ses valises. Une fumée envahit alors l’appartement, via le trou de serrure. L’homme s’évanouit, alors qu’il regardait par la fenêtre en soulevant légèrement les persiennes. Lorsqu’il se réveille, il regarde à nouveau à travers les stores vénitiens, pour constater qu’il est dans une sorte de village de vacances. La pièce d’habitation où il se réveille ressemble en tous points à celle où il s’est endormi. Il est présenté alors à celui que l’on nomme le Numéro 2, qui lui signale que désormais il sera le Numéro 6 ; pour être libéré du village, il doit répondre simplement à une question simple = pourquoi a-t-il démissionné ?
L’homme refuse de répondre, court sur la plage – crie « Je ne suis pas un numéro, je suis un homme libre ! ». Affirmation suivie d’un éclair et d’un rire sardonique.
Mes impressions personnelles à la vision toute récente de tous les épisodes est que Les producteurs auraient mieux dû écouter Patrick McGoohan et se limiter à 6 ou 7 épisodes comme il le souhaitait.
Tout le reste n’est qu’un fatras parfois ridicule, diluant et compliquant l’histoire qui de toute façon n’est déjà pas si simple que cela et reste sans réponse.
Quant aux 2 derniers épisodes de fin – où on allait enfin dévoiler QUI ÉTAIT LE # 1 – c’est du grand guignol, du grand n’importe quoi.
L’analyse qui en fut faite est que c’était voulu par tous, c'est-à-dire que cela se termine de manière quelque peu apocalyptique, sans queue ni tête, un peu à la manière du film « If » de Lindsay Anderson.
Pour ce qui est de savoir qui est le numéro 1, l’absurde étant à la mode dans les années de la contre-culture (les années 1960 – style Sgt Pepper’s Lonely hearts club band ou même l’absurde à la manière d’Alice in Wonderland), j’ai néanmoins eu la désagréable impression que l’on se fichait de la tête du téléspectateur et je trouve que c’est dommage car l’ensemble, même si trop long avec ses 17 épisodes, m’a beaucoup divertie avec ses gadgets, ses décors futuristes, ses costumes rigolos mais uniformisés malgré tout – qui n’ont pas été sans me rappeler « the Avengers » d’ailleurs.
J’ai fini par me demander si ce n’était pas « The Butler » qui était le numéro 1 – je ne suis pas la seule à m’être posé cette question. Il apparaît pratiquement dans tous les épisodes, je me disais que c’était peut-être une « private joke » de la part des scénaristes et producteurs.
Il faut cependant reconnaître que j’ai ressenti tout au long des épisodes une oppression, une certaine peur face au manque d’expression de ces êtres pris au piège, que l’on reprogramme lorsqu’ils tentent d’échapper ou de se révolter.
Cette vision orwellienne de ce que devient un monde où la liberté d’expression individuelle est interdite a bien été étudiée pour flanquer la frousse au téléspectateur.
Cet endoctrinement n’est cependant pas l’apanage d’une société marxiste ou communiste ; l’endoctrinement religieux mène aussi à ce type de dérive.
Je n’ai pas du tout passé un mauvais moment à visionner la série complète mais je ne peux m’empêcher d’éprouver une certaine frustration à cause de cette fin abracadabrante.
Les Gadgets = la mini-moke, moyen de locomotion à travers tout le village – et la draisienne avec marquise.
Les « chiens de garde » = ont la forme de ballons météorologiques qui bloquent totalement la personne tentant de fuir – ou l’étouffant carrément (très impressionnant, il faut l'avouer).
Le décor choisi = en dehors des scènes de studio (salles d’observation du village, reprogrammation, hôpital), le village où se situe l’histoire est inspirée complètement de PORTMEIRION (quelques épisodes y ont été filmés in-situ), mais la maison du numéro 6 et d’autres lieux ont été reproduits fidèlement en studio.
Cela m’a rappelé mes belles vacances au Pays de Galles (voir l’album Cymru 2009), où j’ai eu le plaisir de prendre quelques photos, dont celles-ci.
à suivre ...
AU REVOIR, MESDAMES
Deux grandes dames de la littérature francophone et belge s’en sont allées vers l’infini des poètes en ce mois de mai 2012 =
1. DOMINIQUE ROLIN
Née à Bruxelles en 1913, dans un quartier d’Ixelles au sein d’une famille de la bourgeoise bruxelloise. Son père était directeur de la bibliothèque du ministère de la justice. Sa mère était la fille de l’écrivain Léon Claudel ; Esther Rolin enseignait la diction à l’école Daschbeek (Bruxelles). Dominique Rolin était l’aînée des trois enfants du couple.
Elle fut, comme beaucoup d’écrivains, une lectrice précoce entama la lecture d’Edgar Allan Poe à l’âge de 10 ans. A 18 ans, elle entame des études artistiques à l’académie de la Cambre à Bruxelles. Ensuite entre à l’école du service social. Pendant trois ans, elle travaillera à la librairie générale de Bruxelles, puis entre comme attachée à la bibliothèque de l’ULB.
Son premier roman – Les Pieds d’argile – ne trouva pas d’éditeur, néanmoins en cette même année 1936, l’une de ses nouvelles sera publiée. Dominique Rolin le sent = l’écriture est pour elle une nécessité. Elle se marie en 1937 avec Hubert Mottart, poète un peu fou comme ils le sont tous ; le couple aura une petite fille.
C’est grâce au roman « Les Marais » que Dominique Rolin est reconnue par les milieux littéraires français. En 1946, elle décide de tout quitter (famille et pays). Elle s’installe définitivement à Paris où elle rencontre le dessinateur-sculpteur Bernard Milleret. Ce dernier mourra en 1957. L’une de ses pièces est montée au théâtre, d’autres travaux suivent qui lui permettent au bout de trois ans d’atténuer le deuil.
Dominique Rolin donne des conférences, écrit, voyage beaucoup., les récompenses se suivent à propos de ses ouvrages, notamment le grand prix Thyde Monnier, pour l’ensemble de son œuvre,
J’ai découvert Dominique Rolin en 2000, lorsque parut son livre autobiographique « Journal Amoureux » - le seul que j’aie lu d’elle et où elle relate sa longue histoire d’amour pour Philippe Sollers.
2. JACQUELINE HARPMAN
Née à Bruxelles, dans la commune d’Etterbeekl en 1929.
J’ai déjà eu le grand plaisir d’écrire une petite chronique au sujet de cette romancière que j’admire (ici), à l’époque où je découvris son roman autobiographique « La fille démantelée », qui me permit une fois encore de découvrir que je ne fus pas la seule à avoir eu une mère toxique.
J’ai lu plusieurs romans de Jacqueline Harpmann, tous dans des registres = uchronie/sci-fi (Moi qui n’ai pas connu les hommes), polar-thriller (Le bonheur est dans le crime), humour irrévérencieux (Dieu et moi), le roman historique (La Dormition des Amants).
Dans une de mes PAL se cachent encore quelques trésors écrits par cette psychanalyste, devenue écrivain – dont les romans sont fortement imprégnés (du moins à mes yeux) de ce métier.
J’ai aussi eu le grand plaisir d’assister à une lecture-spectacle concernant sa pièce « Mes Œdipe » où elle revisite « Les Oedipiades » à sa manière. Un régal – j’ai toujours regretté que cette lecture-spectacle n’ait pas donné lieu à une mise en scène définitive.
Je la croisais régulièrement dans mon quartier – elle marchait toujours d’un pas décidé, comme poursuivant un but bien précis. Trop timorée pour ce genre de démarche, je n’ai jamais osé l’aborder pour lui exprimer mon admiration.
(source de la photo = quotidien le soir)
Merci à ces deux grandes dames de la littérature,
pour les belles heures de lecture que j’ai passées (et que je passerai encore) grâce à elles.
LE LIVRE DES CHEMINS, d'Henri Gougaud
CONTES DE BON CONSEIL POUR QUESTIONS SECRETES
J’ai toujours adoré les dons de conteur d’Henri Gougaud, pas seulement sa manière de les écrire, mais sa manière de les dire aussi – je me souviens d’une très ancienne émission sur France-Inter, où il venait quotidiennement nous enchanter de sa belle voix chaude et de son craquant petit accent du sud.
J’ai aussi lu d’autres textes de cet auteur, je devrais plutôt dire cet enchanteur car c’est ainsi que je le considère.
Ce qui me désole d’autant plus que je n’ai pas trouvé le mien dans ce « Livre des chemins ».
D’abord, les questions secrètes que l’on ne formule que pour soi, les yeux fermés, et qui ensuite nous révèle une soi-disant réponse pleine de sagesse en glissant un signet-arbre dans le « vif » du livre – la réponse à la question est l’aphorisme qui correspond au signet choisi. Heureusement qu’il est dit dans la préface que parfois « la réponse donnée est celle d’une lumière inattendue » !
Tu parles, j’ai dû mettre mes lunettes de soleil ce jour là car j’ai rarement lu autant de bêtises, même si parfois certaines « morales » de l’histoire furent humoristiques (Woody Allen) poétiques (Thoreau, Emerson, Khalil Gibran).
Je ne vais pas non plus dénigrer et démolir complètement ce livre, recueil de contes, car les contes je les aime – que ce soit des nouvelles littéraires ou des contes pour enfants. Henri Gougaud a puisé, pour ce livre, 123 contes, très courts, aux sources des contes traditionnels d’Algérie, des contes populaires russes, des contes de la savane, des contes de femmes qui veillent, des contes du chant et de la musique, de la steppe enchantée, des récits hassidiques et des contes populaires de la Gascogne, ainsi que quelques contes puisés dans les philosophies bouddhistes, japonaises, chinoises.
Plus d’autres sources, je ne saurais les citer toutes. Les contes choisis par Henri Gougaud sont un habile mélange = certains tristes et poignants, d’autres un clin d’œil humoristique, voire quelque peu sarcastique, d’autres pleins d’amour et de tendresse.
Ce que je déplore hélas, chez la plupart c’est cette fin en forme de leçon de morale – je sais que chaque « chute » d’une fable est une morale à méditer, mais trop, c’est trop. Surtout quand, en plus, cela s’enveloppe dans une étole de bondieuserie. Je le reconnais = les leçons de morale m’ont toujours énervée, et m’énerveront jusqu’à mon dernier souffle – je déteste qu’on me fasse la morale.
Comme je l’ai dit, vu qu’une partie de ces contes étaient drôles et/ou tendres, tout n’est pas à jeter dans ce « Livre des Chemins », qui se trouvait sur le mien – c'est-à-dire celui de mon librairie.
(ô lecture, que de crimes on commet en ton nom !)
Le blog où l'auteur nous parle de son livre
et le site d’Heri Gougaud – à découvrir.
BON APPETIT - SMAKELIJK - ENJOY YOUR MEAL !
DECOUVERTES GASTRONOMIQUES A TRAVERS LES SIECLES
DANS CERTAINES OEUVRES DU MUSEE DES BEAUX-ARTS
La cuisine est complètement à la mode actuellement – il suffit de voir le nombre incalculable de livres de cuisine qui fleurissent chez les libraires, sans oublier les multiples stages de cuisine que l’on peut suivre un peu partout.
Par ailleurs, pour cause d’écologie, la mode est aussi à la redécouverte d’aliments tombés dans l’oubli, parce que pas suffisamment sophistiqués sans doute à nos regards épris d’exotisme. Nos ancêtres par contre consommaient topinambours, panais, et bien d’autres légumes laissés pour compte.
Dans le cadre de « 2012 Année Gourmande à Bruxelles – Brusselicious », les musées d’art ancien et d’art et d’histoire ont concocté un sympathique et ludique itinéraire ciblé sur la thématique des arts de la table à travers les siècles et 18 œuvres du musée. On peut y observer les différents ustensiles, plats, couverts, utilisés par les cuisinières des temps jadis. De ci-de là, coup d’œil sur les cuisines où les victuailles attendaient d’être préparées.
J’ai suivi l’itinéraire à ma manière – c'est-à-dire dans le désordre !
Cela m’a également permis de découvrir d'autres tableaux qui n’ont pas été retenus dans l’itinéraire thématique, bien que ce fussent des natures mortes ou des grands dîners.
Qu’importe l’ordre ou le désordre, ce qui compte c’est de s’amuser – et comme j’étais pratiquement seule dans les salles, je me suis beaucoup amusée, j’ai même fait sourire les gardiens qui me voyaient passer et repasser. Les œuvres choisies par le musée comportent un carton portant leur numéro, facile à reconnaître et qui se retrouve dans la brochure gratuite qui accompagne la visite.
La plupart des œuvres se trouvent à proximité de la salle 57, mais il est bon de musarder, cela m’a permis quelques découvertes.
C’est à cette promenade que je vous invite à présent – l’itinéraire au musée d’art et d’histoire est à suivre et vu le nombre de photos prises, elles figurent surtout dans l’album « Brusselicious ».
(les explications concernant les peintres et leurs oeuvres sont adaptées de la brochure - vu qu'il s'agit de la collection permanente du musée, j'ai été autorisée à prendre des photos sans flash - désolée pour la qualité)
dans l'itinéraire thématique
1. Pieter Aertsen
a contribué à la naissance de la nature morte comme genre à part entière
dans la peinture des 16ème & 17ème siècles
2. Pieter Brueghel - le combat de carnaval et carême
durant les 3 jours précédant le carême, il y a la fête de carnaval
nommée "mardi gras" - nourriture, boisson, réjouissances sont permises
3. attribué à Hans Francken
une nature morte aux crêpes et pain de noel
5. Jacob Jordaens - le roi boit
célébration en famille de la fête des rois
ce jour là on boit, mange, fait la fête, on rit, on fume, on chante
7. La compagnie galante de Gabriel Metsu
boire du vin est un thème majeur des tableaux des 16ème et 17ème siècles
néanmoins, ces tableaux renferment bien souvent une leçon de morale =
boire raisonablement, avec mesure, pour garder la maîtrise de soi-même
12. Gustaf Wappers - Boccace lisant le Decameron à la reine Jeanne de Naples
ce peintre est considéré comme l'un des plus grands représentants de l'art romantique
en Belgique - il est surtout connu pour ses thèmes patriotiques
ce tableau-ci montre un tout autre aspect de son oeuvre
14. Charles de Groux - le bénédicité
tableau nettement plus austère que le précédent,
que celui de cette famille pauvre réunie autour d'un maigre repas
et qui n'est pas sans rappeler "les mangeurs de pommes de terre"
de Vincent van Gogh
non repris dans l'itinéraire thématique
une fête villageoise de Pieter Breughel
une nature morte
cette jolie Venus aux abeilles de Lucas Cranach
la déesse est accompagnée du petit Cupidon qui se plaint d'avoir été piqué par les abeilles
dont il voulait prendre le miel
sa maman a un petit sourire, comme pour lui dire "je t'avais pourtant prévenu"
deux charmants tableaux de vierge à l'enfant,
dans une attitude très humaine, naturelle
loin des clichés de l'adoration des mages, etc.
Je terminerai cette visite sur des tableaux du peintre Pieter Breughel, qui ne se trouvent pas dans le musée malheureusement, mais que j'adore pour la joie de vivre et la truculence qu'ils dégagent.
(la visite continue ici)
LES SOEURS BRONTE, d'André Téchiné
Scénario original de Pascal Bonitzer, Jean Gruault, André Téchiné
D’après les vies d’Anne, Charlotte, Emily & Branwell Bronte
Dans les landes balayées par le vent et les brumes, au presbytère d’Haworth, les enfants du pasteur Bronte (Emily, Charlotte, Anne et leur frère Patrick Branwell) se réfugient dans l’écriture et la peinture pour fuir la rigueur de leur existence.
Charlotte rêve d’être publiée, ce que refuse violemment Emily, pour qui l’écriture est un jardin secret. Anne partage l’envie de reconnaissance de Charlotte, hélas les maisons d’édition rejettent leurs manuscrits.
Anne et Charlotte sont préceptrices dans des familles des environs, pendant qu’Emily, plus sauvage, plutôt garçon manqué, poursuit ses errances dans la lande.
Afin de parfaire leurs connaissances en français, Charlotte et Emily sont envoyées sur le continent, leur projet étant d’ouvrir une école ultérieurement, projet qui hélas n’aboutira pas vu l’isolement du prieuré.
Les circonstances décident parfois pour les humains et Charlotte tombe amoureuse du directeur de son école, sans réciprocité. Emily par contre revient en hâte en Angleterre, elle détestera toujours ce passage à Bruxelles, non seulement en raison des autres élèves, mais parce que ses landes lui manquaient. Charlotte aurait aimé rester à Bruxelles, Monsieur Heger lui fera comprendre par son silence hautain qu’elle doit rester « à sa place ».
En Angleterre, Branwell Bronte est aussi devenu précepteur chez les Robinson et est aussi tombé amoureux sans espoir de la femme de son employeur ; excessif, talentueux, le jeune homme va se perdre dans l’alcool et les drogues. Ses sœurs (Emily surtout) viennent le récupérer.
La tuberculose qui a déjà emporté deux des filles aînées, va emporter Branwell, usé par ses excès. Emily, celle qui était la plus proche de lui avec sa sensibilité à fleur de peau, le suivra peu après, tout juste après la publication de « Wurthering Heights », rapidement suivie par la douce Anne.
Seule Charlotte connaîtra la joie de la reconnaissance de son vivant, pour son magnifique ouvrage « Jane Eyre », acclamée par W.M. Thakeray.
Elle connaîtra aussi un court bonheur personnel auprès d’Arthur Nichols, vicaire de son père, amoureux d’elle depuis longtemps.
Voilà longtemps que j’espérais une réédition en dvd de ce film qui m’avait tellement émue à sa sortie en 1979. Quel plaisir de retrouver ce merveilleux trio d’actrices françaises, particulièrement bien choisies pour interpréter chacune des sœurs =
Isabelle Adjani est une Emily remplie de passion, Isabelle Huppert est la douce et timide Anne, Marie-France Pisier est Charlotte, plus sage et plus posée en vieillissant, dont la vraie passion est l’écriture, mais dont le cœur flambera un instant.
Face à elles se trouve Pascal Greggory, interprétant avec fougue Patrick Branwell Bronte. Il y est excellent, plein de passion, de colère vis-à-vis de leur éducation religieuse, qui n’était pour lui qu’hypocrisie.
J’ai eu la surprise de retrouver Alice Sapritch dans le rôle de la tante Elizabeth Branwell, qui apporta une certaine affection maternelle aux enfants après la mort de leur mère, ainsi qu’une légère aisance matérielle. C’est elle qui permit à Charlotte et Emily de se rendre à Bruxelles pour être élèves du cours Heger.
C’est le Britannique Patrick Magee qui est le pasteur Bronte.
Hélène Surgère interprète Mrs. Robinson, l’objet de la passion sans espoir de Branwell. L’écrivain Thackeray est interprété par Roland Barthes.
Jean Sorel apparaît dans le rôle assez court dans le film du sculpteur Leyland, admiré par Branwell et qui l’encouragea à abandonner la poésie pour se consacrer entièrement à la peinture.
André Téchiné a associé à la perfection la désolation des landes, avec son climat parfois très dur, avec la rigueur de la vie des enfants du pasteur Bronte.
On a reproché au réalisateur de ne pas avoir offert ce à quoi le public s’attendait = c’est bien une remarque de critique cinématographique cela, car sincèrement il ne manque rien au film.
Non seulement il met l’accent sur l’importante part que Branwell Bronte occupait dans la vie de ses sœurs – le réalisateur a préféré jouer la carte de la sobriété plutôt que de grandes scènes mélodramatiques, qui n’auraient strictement rien apporté au sujet déjà fort dramatique en soi.
Chaque comédienne exprime parfaitement ses passions, ses colères, ses espoirs déçus.
A côté de cela, l’histoire montre également la difficile situation des précepteurs et préceptrices dans les grandes maisons = ils et elles avaient le droit de partager les repas de leurs patrons, mais n’étaient malgré tout traités que comme des domestiques.
Le film offre une suite de tableaux de vies passionnées où l’imagination remplace un quotidien terne ; on y met aussi l’accent sur les canons sociaux du 19ème siècle, de la place des femmes, de l’attitude que l’on attend d’elles en société.
En dehors des décors naturels, les autres décors et les costumes sont, selon moi, particulièrement fidèles aussi à la réalité.
Ce film de Téchiné n’est pas la première tentative de biopic sur ces jeunes femmes talentueuses dont la vie fut brève et difficile.
En 1946, Curtis Bernhardt avait réalisé « Devotion » qui traitait du même sujet ; j’aimerais assez voir ce film à présent, afin de comparer ce qu’Hollywood a pu faire de cette histoire dans les années 1940, où tout était tourné en studio – alors que dans le film de Téchiné, nous profitons de merveilleux paysages. D’après certains avis, Hollywood en a surtout retenu l’idylle de Charlotte avec le professeur, faisant de ce film une romance à l’américaine.
Il n’est plus disponible depuis longtemps – et de toute façon pas en zone 2.
LES PORTRAITS DE BENOIT

L'ART DANS LE METRO BRUXELLOIS
STATION MAELBEEK - MAALBEEK
En décembre 2011, j'inaugurais une série consacrée à l'art dans le métro bruxellois, grâce à la passionnante visite organisée par sarah cordier - le circuit proposé par l'historienne d'art ne reprenait qu'une partie des stations, donnant déjà un excellent aperçu de ce que Bruxelles propose aux voyageurs parfois trop pressés pour jeter un oeil à ce qui les entoure.
J'ai décidé de poursuivre à ma manière ce tour d'horizon afin de compléter l'album photos que j'ai consacré à ce mode d'expression qui, sans en avoir l'air, est un plaisir pour les yeux.
Benoit van Innis a fait des études à l'école des beaux-arts St-Lukas à Gand. Afin d'avoir de quoi faire bouillir la marmite, il faisait parvenir des dessins humoristiques aux journaux belges - ces dessins traitaient du monde de l'art en général. Le quotidien néerlandophone "De Standaard" fut l'un des tout premiers à publier ces dessins. Peu à peu d'autres journaux suivront et van Innis commença à se faire connaitre tant en Belgiquen qu'aux Pays-Bas et en France.
En 1989 il est publié en couverture du célubre "New Yor'ker" et est remarqué par Sempé; à partir de 1996, il publiera en alternance avec Sempé dans "Paris Match".
Envers et contre tout, Benoit van Innis reste peintre et ses oeuvres sont exposées en Belgique, Pays-Bas, France.
C'est en 1997 qu'il est contacté par la ville de Bruxelles afin de créer des oeuvres destinées à la station de métro Maelbeek, alors en pleine rénovation.
Sa galerie de portraits sur les murs du métro est en étroite relation avec les personnes qui se côtoient quotidiennement à toutes heures du jour sur les quais - chaque portrait est un clin d'oeil plein de gentillesse et teinté d'humour concernant ces "sujets" si différents, voyageant chaque jour d'un coin à l'autre de la ville. Le site de l'artiste ici.
(à suivre => ici)
UP AND AWAY IN MY BEAUTIFUL BALLOON ...
revoilà le chou de bruxelles
(toujours pas vert)
cette fois-ci l'artiste l'a transformé en montgolfière
avec tout au dessus notre
"brusseleir" (=> habitant de bruxelles) manneken pis
(voir aussi l'album photos de Brusselicious XXL)
FLANER, CA ME DIT - LE PHARE EST CHOU !
toujours dans le cadre de l'exposition en plein air
des oeuvres monumentales pour brusselicious XXL,
voici le chou de bruxelles
transformé en phare par l'artiste
Laios Hendrickx
(ce garçon doit avoir des antécédents grecs =
Laois étant le père d'Oedipe !)
selon l'artiste, ce "chou" est un regard sur la ville
il projette à la fois la culture et la gastronomie
à l'avant (du moins je crois)
à l'arrière (logique, si l'autre est l'avant)
A QUOI CA SERT LES FRITES, SI T'AS PAS LES MOULES ,
alain bashung, qui avait énormément d'humour,
me pardonnera certainement cet "'emprunt" à sa chanson
ô gaby
pour illustrer mon petit clin d'oeil du jour
consacré à la
moule casserole (ou casserole moule, au choix)
faisant partie du circuit "brusselicious"
et qui est un hommage à l'artiste belge Marcel Broothaers
et sa casserole de moules



























































































