mon bonheur est dans la ville

19 mai 2013

MERCURY, THE WINGED MESSENGER, de Gustav Holst

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"Mercure, le messager ailé" a un petit côté primesautier,
comme est souvent décrit le messager des dieux,
aussi surnommé "le dieu des voleurs et des commerçants"

 

belle journée à tous et toutes

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14 mai 2013

PETITE PAUSE SUSSEX

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je vous laisse en compagnie de la
fantastique jacqueline du pré et son violoncelle magique
dans "song without words" opus 109, de felix mendelssohn bartoldy

 bye bye

THE LYING TONGUE, d'Andrew Wilson

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Titre français = La Langue du mensonge

Lorsqu’il arrive à Venise, Adam Woods est ravi = il va enseigner  l’anglais à un adolescent pendant quelques heures par jour, ce qui lui permettra de se consacrer complètement à l’écriture pour le reste de son temps, car il a l’ambition de devenir écrivain.
Une surprise de mauvais aloi l'attend  = l’adolescent en question n’a rien trouvé mieux que de faire un enfant à la fille de la femme de ménage de ses parents et a été expédié à New York pour se faire oublier; il n’y a donc plus de travail pour Woods.
Heureusement, la signora Gondolini lui parle d’un écrivain britannique vivant en reclus dans son palazzo vénitien – son jeune secrétaire-homme à tout faire l’ayant quitté, il a besoin d’un nouvel aide à demeure.
 

Sa candidature ayant été acceptée, vu l’état de crasse dans laquelle vit Gordon Crane - qui connut une énorme heure de gloire avec son premier et seul roman – Adam commence d’abord par mettre de l’ordre dans toutes les pièces de l'étage habité, en bien piteux état.
Peu à peu s’immisce en lui l’idée d’écrire une biographie de Crane, au lieu d’un roman.
Bien qu’il n’ait nullement le droit de discuter avec le vieil écrivain de sa vie passée, dans laquelle il y eut un terrible drame, Adam s’accroche à son idée de biographie, surtout après avoir découvert dans les papiers négligés de Crane deux lettres particulièrement intrigantes.

Un court retour en Angleterre s’impose, mais Adam Woods n’en est plus à un mensonge près.

Duperies, mensonges, manipulations, tout cela dans un sombre palazzo vénitien en totale décrépitude - située en majeure partie à Venise, l’histoire baigne dans une atmosphère à la fois tenant du roman  à la Allan Poe et se termine sur un surprenant rebondissement final hitchcockien.

A lire pour découvrir un jeune personnage à la « Ripley » de Patricia Highsmith – la romancière fétiche d’Andrew Wilson – dont ce premier roman est un habile pastiche. Le décor de ce palazzo et son étage inoccupé, digne d’un roman gothique d'Edgar Allan Poe, seulement habité par des rats venus de l’étage inférieur baigné par l’eau des canaux, avec ses rideaux de toiles d’araignées, où règnent ombres et  pénombres.

Adam Woods, malgré son aspect charmant et charmeur, n’est pas exactement un personnage sympathique, il devient le digne « suppôt » d’un vieillard décati, que l’on pourrait penser machiavélique s’il n’était aussi pathétique.

L’histoire est passionnante de bout en bout, comportant de multiples rebondissements dont le nombre en empêche le résumé, risquant alors d’en divulguer trop, d’en lever seulement un coin du voile de mystère qui règne.
Qui gagnera à ce jeu du chat et de la souris ?

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« The Lying Tongue » est le premier roman d’Andrew Wilson, journaliste indépendant, qui jusqu’à présent avait écrit quelques biographies, notamment de Patricia Highsmith, Sylvia Plath, Harold Robbins, ainsi que concernant les survivants du Titanic.

Un autre avis sur ce roman chez lenezdansleslivres

le  site de l'auteur ici - son blog ici

13 mai 2013

LE MYSTERE DE SHERLOCK HOLMES, de Thierry Janssen

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D’après les personnages créés par Arthur Conan Doyle

Mise en scène de Jasmina Douieb
Décor et costumes de Ronald Beurms
 

Revenu des chutes de Reichebach, où il disparut en même temps que son nemesis, le « napoléon du crime » alias Moriarty (comme le dit finement Watson = vous fûtes son waterloo !), Sherlock Holmes s’ennuie ferme au 221b Baker Street, pas la moindre petite enquête à se mettre sous la loupe, ce qu’il lit dans les gazettes est bête à faire peur, il résout tout avant même la fin de l’article ! Vraiment, de quoi se faire une petite piqure à 7%.
Mais voilà qu’arrive Lestrade, du Yard, toujours aussi peu aimable avec Holmes qu’il continue à considérer comme un fumiste, qui lui vole la vedette dans ses enquêtes. Là, il en a une que Sherlock Holmes ne pourra pas résoudre = la mort par suicide du comte de Blackmore, probablement frappé par la fameuse « malédiction des Blackmore », dont le château situé sur une île, serait la bouche de l’enfer !!!! 

Sherlock Holmes ricane et signale à Lestrade que ce suicide serait un assassinat que cela ne l’étonnerait pas, aussi compte-t-il se rendre à Blackmore, que cela plaise ou non à Lestrade. Et puisque la belle Irene, toujours aussi chapardeuse, est là, c’est dit ! elle les accompagnera.

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Malgré l’accueil du majordome, le benêt mais gentil Oswald, celui de la comtesse laisse nettement à désirer = les Holmes ne sont pas les bienvenus chez elle.
Après tout, il y a 30 ans, le père de Holmes a poignardé à mort son épouse qui était aussi sa dame de compagnie, la belle Violet Holmes. Et tout ça, un soir de Noel encore bien.
Le docteur Watson tombe des nues = Sherlock ne lui avait jamais raconté ça à lui son meilleur ami !
Richard Blackmore, héritier du domaine, qui tombe immédiatement sous les charmes de la belle Irene, est content lui aussi de retrouver Sherlock, son ami d’enfance avec qui il jouait si bien dans la forêt entourant le domaine, le « pays des merveilles ».
 

Sherlock Holmes étant déterminé à prouver ce qui est arrivé au défunt comte, il décide de rester malgré l’animosité évidente de la comtesse. Soit ! que lui et ses idiots d’amis restent jusqu’à Noel, pas un jour de plus ! tant pis si la glace empêche toute circulation de bâteau, ils n'ont qu'à patiner.

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Pour résoudre cette enquête, Sherlock recevra l’aide du spectre de sa mère Violet, peintre de grand talent.

Malgré le titre homonyme, la pièce de Thierry Janssen  (comédien et dramaturge, aucun rapport avec le psy homonyme également),  n'a rien en commun avec le roman de J.M. Erre (que je me promets de découvrir bientôt, il a enfin rejoint ma PAL !).
Je n’ai toutefois pas été déçue par la pièce, tout était nouveau (sauf Sherlock , of course)

Le sujet, les dialogues sont remplis d’un humour noir que j’apprécie particulièrement et l’intrigue est bien amenée même si – sans vouloir faire mon intéressante – j’en avais deviné une grande partie, mais pas tout heureusement ! il me resta tout de même un peu d’ « élément de surprise  ».

Bonne connaissance  du canon holmésien, que l’on découvre par une foule de menus détails ; évidemment, si on ne connaît pas bien les aventures et enquêtes de Sherlock Holmes, concoctées par Conan Doyle, cela ne signifie pas toujours grand-chose. A la sortie, j’ai entendu quelques commentaires du genre = « pfft ! j’ai rien compris à cette histoire – ou, ça ne ressemble pas du tout à Sherlock Holmes … » -  cela me surprend toujours à quel point les gens aiment peu la nouveauté, le changement à l’égard de ce qu’ils connaissent.

Le décor était, comme toujours au théâtre du Parc de Bruxelles, fort bien étudié = un peu dans le prolongement de ma récente visite au « Romantisme Noir », dans le ton des romans gothiques, avec jeux d’ombres et de lumières, effets de brouillard, passages secrets… Très 19ème siècle sombre et mystérieux, teinté de fantastique.
Le dramaturge et la metteur en scène ont  également rendu un hommage à Lewis Carroll et Tim Burton.
Pas mal d’effets spéciaux et de lumière, très ingénieux et réussis.

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L’interprétation était à la hauteur de l’histoire = un tandem à la fois amical et caustique, formé par Nicolas Ossowski, longiligne Sherlock Holmes,  mordant et sombre et Othmane Moumen, excellent et sympathique Watson, pas rondouillard du tout (presque aussi séduisant que Jude Law =^-^=).

Ana Rodriguez interprète Irene Adler, veuve de son 3ème mari, avec charme et drôlerie, appuyant le côté comédienne de celle qui fut la seule femme dans la vie de Holmes.  Ici elle nous fait même un petit numéro à la Marilyn.
Thierry Janssen comédien,  aucun rapport avec le chirurgien devenu psy, ce Thierry Janssen-ci est beaucoup plus drôle – qui a écrit cette pièce, interprète le rôle de Richard Blackmore, héritier du domaine, très sensible aux charmes d’Irene.
Il est tout rondouillard et sa coiffure, ainsi que son chapeau, ont été directement inspirés par le « Mad hatter » de Burton.

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Oswald, le majordome, est joué par Gérald Wauthia, et il est évident que son maquillage est directement inspiré par « Fester », le frère de la famille Adams au cinéma.
Quant à la comtesse, elle est jouée avec toute la raideur victorienne nécessaire par Jo Desure.

Reste encore à citer Didier Colfs en inspecteur Lestrade, qui semble sorti tout droit d’une aventure de Tintin, avec ses bourdes verbales comme en font les Dupondt. Il ajoute la touche drôle de cette aventure.

Je me suis beaucoup divertie avec cette adaptation toute personnelle du mythe sherlockien, et si vous passez par Bruxelles, il vous reste une semaine pour découvrir la pièce. N’hésitez pas, vous passerez un bon moment.

12 mai 2013

VENUS, THE BRINGER OF PEACE, de Gustav Holst

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après les mouvements dramatiques de "Mars"
"Venus, celle qui apporte la paix" a des accents bient plus tendres
apportés par le solo de violon

 

belle journée à tous et toutes

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BONNE FETE AUX MAMANS DE BELGIQUE ET DU MONDE ENTIER

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à toutes les mamans de belgique et du monde entier,
je souhaite une agréable fête des mères
(pour l'historique de cette fête c'est là)

pour la saison des endymions (alias les jacynthes sauvages)
c'est ici
il existe un très joli bois dans le brabant flamand

où éclatent en cette période de l'année
ces immenses tapis de fleurs bleues
(je regrette seulement ne pouvoir partager leur senteur enivrante)

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comme j'estime qu'être ou ne pas être mère est un choix personnel
j'offre ces autres photos de fleurs à toutes les femmes

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anémones sauvages (fin de floraison)

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et pour tout le monde sans exception
ma vision personnelle de la saison des endymions

belle journée à toutes et tous

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11 mai 2013

L'ANGE DU BIZARRE & LE ROMANTISME NOIR

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(source = photothèque google)

Petite introduction personnelle = Paris, où m’attendait Chagall – en compagnie de 3 accros au shopping qui pour une fois n’avaient besoin de rien (merci petit jésus). J’ai donc eu l’immense bonheur de visiter DEUX expositions, puis un peu de balade sous le soleil parisien (plus joli que nulle part ailleurs) dans le joli jardin du Luxembourg, ensuite direction le musée d’Orsay.
Grande première pour moi = je n’y avais jamais mis les pieds (oui je sais honte sur moi !).
Après cette visite à «
 l’Ange du Bizarre », je me suis promis d’y retourner rapidement afin d’y passer une journée entière.
Il est temps de passer aux choses sérieuses.

(chronique adaptée des explications du musée – source des illustrations = photothèque google)

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Genèse de l’exposition
Grande première en France que cette synthèse d’une expression du romantisme, de 18ème au début du 20ème siècles, dont le titre s’inspire d’une nouvelle d’Edgar Allan Poe « The Angel o the Odd », traduite par Charles Baudelaire – cette tendance artistique connait son apogée tout au long du 19ème siècle = vampires, fantômes, sorcières furent des thèmes récurrents ainsi que  les cauchemars, orgies sataniques, valse des âmes damnées (= les mécréants), femmes vénales, perverses… bref une imagerie inquiétante, souvent teintée de cruauté, mais aussi pleine de cette sensualité réfrénée par la religion et les codes de la société (à ce propos, l’auteure Anne Perry dans ses séries « Charlotte & Thomas Pitt » et « Monk » le démontre parfaitement dans ses romans – ndlr).

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Le terme « Romantisme Noir » trouve son origine dans l’essai, paru en 1930, de Mario Praz, historien littéraire italien « La carne, la morte e il diavolo » (la chair, la mort et le diable).
A cette même époque, les surréalistes parisiens avaient sorti de l’oubli et fait connaître au public les romans édités clandestinement du marquis de Sade.
Au cours de cette même année 1930, au cœur de la grande dépression aux USA, les studios hollywoodiens Universal produisirent deux grands classiques du film d’horreur « Frankenstein » & « Dracula ».
Cette renaissance du Romantisme Noir dans l’imaginaire visuel collectif pousse les intellectuels et artistes européens à se plonger aux origines mêmes du Romantisme Noir afin de  réhabiliter des créations méprisées ou carrément oubliées.

L’exposition présentée au musée d’Orsay offre 3 périodes de ce Romantisme Noir = son émergence (1770-1830), son développement et ses mutations vers l’art symboliste (1860-1900) et sa résurgence dans le surréalisme (1920-1940).
Elle présente, en plus d’œuvres sculptées et peintes remarquables, des extraits de films – de Murnau (voir ci-dessus) à Bunuel, en passant même par Hitchcock – preuve que le Romantisme Noir passa dans la culture visuelle collective.

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Le Romantisme Noir apparut lorsque les artistes explorèrent la perte du contrôle, non seulement sur les forces de la nature (parfois excessive et dangereuse), mais aussi le contrôle de soi = cruauté de la nature humaine (la cruauté est le premier défaut qu’imprime en nous la nature).
En laissant la raison pure de côté, les Romantiques montrèrent un intérêt évident pour des phénomènes où la raison n’a pas de place = le corps et ses pulsions animales (pouvoir, possession, destruction) – mais aussi au travers d’actes irrationnels ou les rêves.
Les artistes explorèrent ces nouveaux domaines avec enthousiasme, d’autant plus que cela leur permettait d’échapper aux conventions sociales, morales, religieuses de la société bourgeoise = cannibalisme, satanisme, inceste, infanticide, cauchemars – devinrent les sujets principaux de ces artistes déterminés à aborder toutes les teintes de l’Obscur.

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Ils se tournèrent vers différentes sources littéraires = l’Enfer de Dante et Milton,  pour J.H. Füssli, Blake et Delacroix (Médée). Ce dernier se tourna aussi vers le théâtre shakespearien (Macbeth, Hamlet) ainsi que le Faust de Goethe.
Francisco Goya, par contre, s’en référa plutôt aux superstitions populaires.
Les peintres ne se contentèrent pas d’illustrer ces écrits, ils leur imprimèrent leur vision personnelle, pleine d’érotisme, d’impiété et libre-pensée, vision léguée par le libertinage du 18ème siècle et le monde de Sade.

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Le Romantisme Noir s’exprime aussi à travers les paysages = décor pour Géricault (le Cuirassé blessé, le Déluge, le Radeau de la Méduse) – le paysage sombre devient  un thème en soi dont témoignent les dessins de Victor Hugo et les paysagistes allemands comme C.F. Lessing ou C.D. Friedrich.
Au contraire des superbes paysages des peintres anglais, les artistes du Romantisme Noir inspirent une certaine terreur par les jeux d’ombres, le flou et un horizon incertain, en plus de l’oppression suscitée par de sombres forêts et ruines d’abbayes, sans oublier l’inquiétude provoquée par gouffres, montagnes et précipices.

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Mutations symbolistes
A la fin du 19ème siècle, le Romantisme Noir vit un nouveau départ = siècle dans l’ombre de la révolution industrielle, crise de la démocratie, guerre de 1870.
Les intellectuels vivent une période de frustration face à la suffocante hypocrisie bourgeoisie obsédée par les apparences,  époque de conventions artistiques et morales. Néanmoins des changements affectèrent la résurgence du Romantisme Noir, influencée par les préoccupations d’une société fortement urbanisée et industrialisée.
Les paysages de Spilliaert et Munch attestent de ce malaise, de l’incertitude au sein des cités modernes.
Le retour des sorcières, les danses macabres, témoignent de la peur de phénomènes sociaux comme la prostitution. Les théories de l’évolution par Charles Darwin et la philosophie pessimiste de Schopenhauer ajoutent à ce sentiment d’inquiétude.
Le mythe de la Nature généreuse, belle et indulgente à la Jean-Jacques Rousseau est remplacée par une vision implacable et effrayante = la Nature dévore l’Humain.

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Revient aussi le mythe de la femme pécheresse, comme chez Gustave Moreau, Edvard Munch (voir ci-dessus), Odilon Redon.

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Redécouverte par les Surréalistes
Face à l’absurdité de la 1ère guerre mondiale et la destruction qu’elle provoqua, chute de l’ordre ancien établi, les Surréalistes utilisent l’art comme moyen de révolte.
Le Romantisme Noir est populaire parmi eux en raison de son non-conformisme excessif, ses contrastes (cruauté, sensualité) .
Dali est fasciné par le monde de Böcklin, Max Ernst est obsédé par le thème de la forêt. André Masson et Hans Bellmer rendirent hommage aux œuvres du marquis de Sade enfin sorties de l’oubli grâce aux Surréalistes

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Je clôture cette chronique-visite virtuelle sur le tableau qui m'a le plus plu, le plus charmée = La Mort & le Fossoyeur, de Carlos Schwabe.

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10 mai 2013

CHAGALL ENTRE GUERRE & PAIX

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Musée du Luxembourg à Paris

Chronique  basée sur les  thèmes évoqués dans la muséographie de l’exposition (source des illustrations = photothèque google)

« j’ai choisi la peinture, elle m’était aussi indispensable que la nourriture – elle me paraissait cimme une fenêtre à travers laquelle je m’envolerais vers un autre monde » (Marc Chagall)

Lorsque je pense à Chagall et à sa peinture, j’ai toujours cette  même phrase personnelle qui me trotte en tête = « aimer Chagall, c’est aimer la vie », qui me vint la toute première fois que je vis l'un de ses tableaux.
Il est l’exemple parfait d’un être résilient, il a tout connu, tout vécu et malgré toutes les difficultés, tous les chagrins, il est resté un être plein de tendresse et d’humour à l’égard de l’humanité.

La vie de Marc Chagall  est une leçon qui  m’émeut toujours énormément, comme sa peinture que je ne regarde que la gorge serrée d’émotion.

Je le compare  – mais c’est très personnel comme comparaison – au magnifique  Martin Gray, qui aime tant les hommes, apôtre de la non-violence et de l’espoir.

L’exposition est scindée en plusieurs volets, chacun étant un chapitre dans la vie du peintre.

BELLA – la Russie en temps de guerre
Marc Chagall passe quelques années à Montparnasse (Paris), creuset des artistes. Il a  une forte indépendance de caractère et de style – il emprunte des idées aux différents mouvements avant-gardistes, mais reste très personnel. Il a construit son parcours artistique entre modernité et ses racines juives.
Après 3 années passées à Paris où il s’est lié avec des peintres mais aussi des écrivains tels Blaise Cendras, Guillaume Apollinaire, sa première exposition personnelle a lieu en 1914, à Berlin. Il poursuit son voyage vers la Russie afin d’y retrouver sa fiancée Bella, son grand amour. Il y restera 8 années en raison de la déclaration de guerre. Bella et lui se marient en 1915 ; ils ont une fille Ida.  Sa vie de famille l’inspire fortement.

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La guerre - Vitebsk
Vitebsk, où il vit avec sa famille, est une ville de garnison – on y assiste aux mouvements des troupes mais aussi des populations chassées des lignes du front. Marc Chagall est mobilisé en 1915, mais échappe au combat en travaillant pour l’intendance.
Chagall est très sensible aux inégalités sociales, aux différences entre la manière d’aborder les religions. tout cela fait l’objet d’une série de dessins très forts représentant des soldats blessés, des femmes qui pleurent, des réfugiés, des vieux et des vieilles fuyant.
Ces dessins témoignent d’une grande maîtrise du dessin ; ils témoignent déjà de l’intérêt que Chagall portera plus tard aux techniques de gravure.
Des personnages apparaissent dans ses œuvres = les Juifs, tel cet « homme de l’air », illustration probable du juif errant, son baluchon sur l’épaule. A la fois conscience et espoir d’un monde menacé, menaçant.

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L’entre-deux-guerres en France – Vers le sacré
La famille Chagall s’installe en France en 1923, le peintre espère pénétrer « au cœur du pays » ; depuis son séjour berlinois où il s’est familiarisé avec la gravure, il illustre plusieurs livres à la demande d’Ambroise Vollard (Ames mortes de Gogol, les Fables de la Fontaine).
Le peintre entame aussi l’illustration de la bible – il s’inscrit là dans une longue tradition de représentations bibliques – à la manière orientale et occidentale. Il montre un grand intérêt à la religion de ses ancêtres, il part même en Palestine, une expérience qui le bouleversera tant au niveau plastique que spirituel – sa peinture, ses dessins sont une magnifique expression personnelle des thèmes sacrés.
Sa connaissance des thèmes bibliques est parfaite, ce qui ne l’empêche nullement de prendre une belle liberté à l’égard de la tradition (l’exposition « Chagall & la bible » en témoigna également).

 

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Vers le rêve
Le rêve pour Marc Chagall représente un monde qui n’est ni une fiction ni une imitation de la réalité – c’est l’expression personnelle de l’artiste se prolongeant dans son art.
Ses œuvres là sont magnifiquement oniriques – même si elles ont un caractère « surréaliste » elles ne laissent pas uniquement parler l’inconscient ; Chagall est un rêveur conscient.
On rencontre dans ces œuvres des figures hybrides, à la fois humaines et animales – il s’amuse avec les arrières-plans et n’hésite pas à transformer une mariée en madone, ou le contraire. Il s’identifie souvent à l’animal (l’âne),  qui représente une petite parcelle divine dans la symbolique hassidique.
(j’ai toujours adoré cet univers réellement magique)

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Temps menaçants – L’exil aux Etats-Unis - Deuil
Les autorités nazies saisissent, en 1937, les œuvres de Marc Chagall dans les collections publiques et présentent ses toiles dans une exposition témoignant de « l’art dégénéré ».
Chagall se réugie d’abord au sud de la Loire, mais les lois antisémites le forcent à rejoindre New York où il retrouve d’autres artistes exilés comme lui.

Marc Chagall n’ignore rien de la barbarie tant en Europe que dans son pays natal = la guerre, l’exode, les persécutions – tout cela se retrouve dans une peinture désormais très sombre. La souffrance humaine, montrée sous forme de crucifixion, devient un thème récurrent dans sa peinture.
Ce thème se mêle aux objets rituels du judaïsme.

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Chagall attend avec impatience la fin des conflits en Europe car il souhaite retourner en France. Hélas, c’est alors que meurt Bella et comme il le dira tellement justement à propos de ce deuil = « tout est devenu ténèbres »  (c'est exactement cela lorsqu'on perd la personne que l'on aime, un véritable voile noir vous enferme.)
Pendant 2 ans, son travail de deuil et de reconstruction se manifestera sous formes de toiles-hommages à son épouse disparue et tendrement aimée.

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Après-guerre, retour en France – Vers la sérénité
Marc Chagall retrouve la France en 1949, il s’installe d’abord à Orgeval, puis à Vence – peu à peu, le peintre retrouve sa sérénité et donne à ses tableaux la superbe lumière des paysages méditerranéens.
Il se consacre à de grands cycles (peintures et esquisses) = série Paris et ses monuments, cycle Message biblique.
La couleur se modifie et les contours s’affirment ; le peintre explore diverses techniques, dont la céramique et la sculpture ainsi que l’art monumental (vitraux et mosaïque).
La peinture de Marc Chagall est un hymne à la liberté et à la vie.

A lire sur la même exposition, le beau billet de marilyne

DANS LES PAS D'ARIANE, de Françoise Bourdin

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La bastide Nogaro reprend vie.
Grâce à Anne, la nièce préférée d’Ariane, et Jérôme, le fils cadet des Nogaro à la réputation de paresseux, d’inconstant et quelques autres remarques déplaisantes à l'égard de ce jeune homme n’ayant nulle envie de rentrer dans le rang.
Pourtant que de problèmes cause ce legs !
Paul, le mari d’Anne, ne supportant pas qu’elle ait pris la décision de conserver la « vielle baraque »,  décide de divorcer et même de plaquer la petite clinique vétérinaire créée avec son ami Julien qui tombe de haut devant les problèmes d’organisation que cette défection causera financièrement et au point de vue organisation.

Quant à la famille d’Anne, n’en parlons même pas = son père, bien que détestant la bastide qui n’éveille rien pour lui que de désagréables souvenirs d’enfance, n’a jamais compris sa « folle de sœur », c’est dire s’il comprend mal la décision de sa fille.
La mère d’Anne, par contre, est devenue odieuse à un point que même son mari tente de la tempérer.
Elle n’avait déjà jamais montré d’affection à Anne, sa préférence allant à l’aînée, Lily, mais là, depuis qu’Anne a hérité de la maison de la « toquée », elle est carrément odieuse avec sa fille, la dénigrant auprès de tous, surtout auprès du futur ex-mari dont elle espère se faire un allié pour qu’Anne vende et partage cet avoir avec ses frères et sœur. Pour elle, Anne a habilement manipulé la vieille dame.
 

De vente il ne sera nullement question, jamais !
Anne, farouchement, défend et aime la bastide, les terres avoisinantes, les parfums de pinède et d’océan tout proche. Ce projet de chambres d’hôtes, lancée par Jérôme, prend une belle forme.

Un malheur a frappé son frère Valère et l’adorable Suki, dont l’appartement et le magasin de fleurs sont partis en fumée – grâce à la bastide, Anne peut les accueillir et Suki est sa plus ardente défenderesse, la douce petite Japonaise, si discrète d’habitude, prend fait et cause pour cette belle-sœur généreuse que tout le monde dénigre, surtout sa mère.
Dans un espoir de réconcilier toute la famille, Anne organise le réveillon de noel chez elle, c’est oublier à quel point sa mère peut se montrer méchante et malgré les filles de Lily, le fils d’Anne et son bon copain, Jérôme et son nouvel amant, et Julien, ex-associé et ami de Paul, le réveillon n’est pas vraiment une réussite au grand chagrin de la jeune femme qui n’arrive pas à comprendre l’animosité d’une partie de sa famille.

Les difficultés s’accumulent encore pendant quelque temps, mais (comme je le dis toujours) les nuages les plus noirs ne peuvent masquer la lumière du soleil.
Au travers du 2ème volume du journal d’Ariane Nogaro, Anne va encore apprendre d’autres secrets de famille,  lourds à porter,  mais qui finalement lui permettront  d’aller de l’avant.

Cette suite du « Testament d’Ariane » permet de mettre un point final à la tribu Nogaro, nouvelle génération – qui nous en apprend un petit peu sur la vie des gemmeurs et des propriétaires terriens comme le père d’Ariane qui resta figé dans le passé et ruina sa famille, d’où ce besoin viscéral d’Ariane Nogaro de récupérer SA bastide qu’elle aimait tant,   au détriment de tout autre type de bonheur.

J’ai retrouvé avec plaisir les personnages du premier volume = Jérôme, le fils cadet qui évolue bien, qui cache néanmoins son homosexualité aux parents coincés – heureusement que ses sœurs et son frère s’en fichent.

Anne évidemment reste un beau portrait de femme, libérée d’un mariage qui, tout en n’étant pas mauvais, la transformait en « belle au bois dormant » comme l’écrit si joliment la tante Ariane dans son journal.
Elle peut, désormais, grâce à cet héritage,  accueillir autrement ceux qu’elle aime.
Valère et Suki sont le joli couple, tendre, uni, affrontant l’incendie dramatique qui met fin à leur magasin de fleurs et atelier de photographie, mais Anne est là. Elle est même là pour Lily, embarquée dans un presqu’adultère.

Le père, Gauthier Nogaro, est semblable à lui-même = il ne comprend pas grand-chose à ce qui se passe dans la vie de ses enfants ; c’est un homme à qui tout changement, toute fantaisie, font peur ; toute sa vie fut sans aucune fantaisie, il ne pouvait donc comprendre ni sa sœur, ni sa fille cadette.

Quant à son épouse, quelle haine vis-à-vis de sa fille cadette – quelle femme toxique, méchante et surtout très bête, coincée dans les mêmes valeurs existentielles que son époux.

Un peu moins de descriptions de la nature dans ce volume-ci, il est vrai que beaucoup a été dit dans le premier tome.
L’accent est plus mis sur les relations humaines, compliquées, comme nous le savons tous.

Un bien agréable moment de lecture délassante.

A propos du gemmage, remontant aux gallos-romains, est un procédé qui consiste à entailler le bois des pins afin d’en récolter la résine – cette entaille, faite à l’aide d’une petite hache, « blessait » l’écorce et un petit pot permettait de récolter la résine qui s’en écoulait – le gemmage déclina lorsque l’industrie chimique trouva d’autres sources plus économiques. Il semblerait qu’actuellement, un projet de relance soit en cours.

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(source de l'illustration = wikipedia)

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09 mai 2013

IRENE VANDER LINDEN & LA LEGENDE D'ALICE DE SCHAERBEEK

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portrait de femme, par Irene Vander Linden (source = photothèque google)

Irène Vander Linden, née à Lokeren en 1897 et décédée à Uccle en 1959, était une artiste belge, autant dessinatrice que peintre, aquarelliste et graphiste. En plus d’être une artiste graphiste, elle était également sculptrice.
Diverses œuvres d’elle sont réparties dans divers endroits de la Belgique, son art était surtout religieux.  Une mosaïque  se trouve dans l’église de Genval ; elle fut réalisée en 1940.

Ce qui a toujours le plus ému la mécréante (du vieux français mécroire) que je suis dans l’art de cette artiste sont les fresques de la légende de la petite Alice (ou Alix, mais aussi Aleydis, Adeleyde, Adelaïde) de Schaerbeek – pour beaucoup c’est le prénom d’Aleydis qui rencontre la préférence – sa vie, peinte par Irène Vander Linden figurant sur les murs du cloître de l’abbaye de la Cambre (l’une de mes promenades ixelloises préférées - et pas besoin d'être croyant pour aimer les jolies histoires et l'art des fresques).

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Alors, puisque je ne trouve guère plus d’informations sur cette artiste belge, même pas dans mes nombreux livres d’art (nul n’est prophète dans son pays, ceci illustre cela à nouveau), voici la légende de la petite Alice de Schaerbeek au destin tragique, qui en fit une sainte - une statue d’elle se trouve dans l’église sainte Alice à Schaerbeek (autre commune bruxelloise).

J’illustre cette petite chronique avec les photos que le sacristain de l’église St-Boniface m’a très gentiment autorisée à prendre dans le cloître de l’abbaye, fermé au public.

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AU 13ème siècle de notre ère,  Alice entra au couvent de  l’abbaye de la Cambre à l’âge de 7 ans, alors abbaye cistercienne – en ces temps là, l’abbaye était un site HORS de Bruxelles. Alice était profondément croyante et déjà mystique ; elle était le prototype de l’enfant sage, douce et spirituelle (dans le sens de croyance religieuse).

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A 19 ans, Alice ramassa une bougie éteinte qui se ralluma immédiatement – premier miracle – annonçant une vie de lumière. Suivi bientôt par un rêve-vision = une croix d’or s’élevant au-dessus de l’autel de l’église alors qu’elle était en prière, la croix se déplaçant, ce qui signifierait la passion du christ.

Un an plus tard, Alice devient lépreuse, elle est alors enfermée dans une chambre, petite léproserie, où le christ lui rend régulièrement visite. La communauté est dévastée par la « séparation » d’avec cet être de lumière. Après 4 années dans cette chambre, elle est conduite dans un bâtiment construit spécialement pour elle près de l’abside ; le christ lui apparaît dans cette nouvelle demeure devient la « tente où dieu est présent » (tabernacum, en latin).
Alice aurait aimé pouvoir rester l’égale de ses sœurs, non pas s’élever au-dessus d’elle par son martyre physique, mais ses visions font d’elle un être particulier, qu’elle le veuille ou non.

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Alice devint complètement handicapée du pied droit, ce qui ne lui permit plus de se déplacer dans sa petite léproserie, elle est alors confinée dans sa  chambre où elle endure mille souffrances.

Devenue aveugle, elle offrit ses souffrances à dieu pour l’âme des grands de son époque = Frédéric II, roi des Romains et Louis IX, roi de France, en croisade.

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Malgré une activité réduite, elle continue à chanter les louanges de dieu. Sa mort fut paraît-il particulièrement émouvante = elle fait ses adieux à ses amis, puis lorsqu’arriva l’aurore, elle soupira doucement et s’endormit pour toujours. Elle avait 25 ans.

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07 mai 2013

TOWER OF LONDON, de Roger Corman

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Titre français = La Tour de Londres

Version 1962

Scénario « original » de L. Gordon, F. Amos Powell, R. Kent

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Lorsque l’histoire commence, le roi d’Angleterre Edward IV se meurt – il nomme son frère George, duc de Clarence, lord protecteur des enfants royaux au grand déplaisir de son frère Richard III.
Celui-ci propose un verre à son frère Clarence, pour se consoler de la perte de leur aîné, et le poignarde puis le cache dans le tonneau de malvoisie. Il est soutenu dans cette démarche par son épouse Anne Neville, qui estime que le trône lui revient.
Petit à petit, Richard, avec l’aide de son âme damnée, Sir Ratcliffe, élimine tous ceux qui se trouvent en travers de son ascension vers le trône d’Angleterre et bien sûr, les enfants d’Edward IV et Elizabeth Woodville, qui trouve refuge dans l’abbaye de Westminster.

 

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La gouvernante des enfants royaux, Elizabeth Shore, est également supprimée pour avoir refuser de nommer « illégitimes » les enfants royaux. Tout comme le sera Tyrus, un médecin s’inspirant de la médecine arabe, versé dans les herbes, qu’il avait utilisées dans l’espoir de sonder l’esprit malade de Richard III, qui dans un moment d’égarement a étranglé son unique amour, son épouse.

Tyrus et le reste de la cour conspirent pour détrôner Richard III. Un jeune couple d’aristocrates, Justin et Margaret, aident la reine mère et décident d’aller chercher de l’aide en Ecosse, chez le père de
Margaret pendant que celle-ci est retenue prisonnière.
C’est dans les champs de Bosworth que le triste destin de Richard III s'accomplira, sous le regard des fantômes de ceux qu’il a assassinés.

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Inutile de vous dire que la version de Roger Corman, sur l’histoire de Richard III, est encore plus énorme que la précédente.

Le réalisateur de films fantastiques, grand adaptateur d’Edgar Allan Poe, accepta ce film parce que son frère en étant l’un des producteurs – il fut néanmoins surpris par le petit budget qui lui fut alloué, l’obligeant à tourner en noir et blanc, lui qui avait une nette préférence pour la couleur. 
Toujours pour cause de budget, il récupéra quelques scènes du film de 1939 (une production Universal également, lui donnant accès aux archives), surtout au niveau des décors  = quelques scènes dans le château, les remparts, la bataille de Bosworth.
Quant au décor des salles du château proprement dit, il fut également récupéré pour y introduire les nouvelles scènes. 

Roger Corman n’avait jamais réalisé de film historique jusqu’à ce moment-là et le sujet l’amusa beaucoup, mais il choisit avec son acteur-fétiche, complice de toujours  Vincent Price,  d’en faire un film fantastique fortement teinté d’humour noir.
Du côté de la vérité historique, c’est encore pire que la version 1939 ou celle de Shakespeare qui a réellement empoisonné les esprits des scénaristes, c’est le moins que l’on puisse dire.

Par exemple, Anne Neville – interprétée par Joan Camden – est pratiquement une « lady Macbeth » (manière Shakespeare puisque là aussi il s’est planté le barde !). La douce reine Anne, morte très jeune de tuberculose et de désespoir à la mort de leur fils unique. 

George, le duc de Clarence, est présenté en réelle victime, presque un saint, alors qu’il était un ivrogne, coureur de jupons, cupide et avare. Il complotait sans cesse dans l’espoir d’accéder au trône. Il est joué par Charles Macaulay.
Le jeune couple d’aristocrates, ajoutés pour les besoins du film, sont joués par Robert Brown et Joan Freeman. Celle-ci joue la fille de lord Stanley, qu’on ne verra jamais et qui est, lui, un personnage avéré qui complotera la chute de Richard III. 

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Elizabeth Woodville est également présentée comme une victime, presque martyre, alors que Mistress Woodville était une ambitieuse hors normes, qui plaça toute sa famille dans les postes les plus importants du royaume une fois qu’elle fut reine.
Cicely, la reine-mère d’Edward IV, George of Clarence et Richard III, est montrée totalement comme dans le "Richard III" de Shakespeare = en mère haineuse de son fils bossu, qu’elle apparente carrément à un suppôt de satan.

Le conseiller Ratcliffe, au service de Richard III, son homme de main dans ce film ; malgré ses instincts de conspirateur, il resta fidèle à Richard III et mourut à ses côtés à Bosworth. Il est interprété par Michael Pate.

Quant à Elizabeth Shore, maîtresse d’Edward IV, courtisane aux mœurs plus que légères, elle est dépeinte ici comme une noble dame d’honneur de la reine Elizabeth Woodville.
Elle fut effectivement accusée de trahison, pour avoir aider Elizabeth Woodville et la conjuration contre Richard III, néanmoins elle ne mourut pas sous la torture, au contraire, lorsque Richard III mourut, elle fut pardonnée (forcément elle avait été ses ennemis) et se remaria. Elle est interprétée ici par une belle actrice Sandra Knight, mais apparaît surtout sous forme de son fantôme.

Vincent Price s’en donne à cœur joie dans le rôle du roi Richard III, dans ce rôle de faux jeton, faux frère, dévoré d’ambition, mais souffrant sincèrement du manque d’affection de sa mère et du décès de son épouse.
Il adopte la pause courante attribuée à Richard III (par Shakespeare toujours), c'est-à-dire un bossu se déplaçant de manière grotesque. Or Richard III était soucieux de son apparence et parvenait à avoir une certaine prestance malgré sa malformation physique.

Côté effets spéciaux, Roger Corman multiplie le jeu des ombres sur le mur, surtout concernant la dégaine de Richard III.  Sombres couloirs, caveaux et donjons, apparition des spectres de ceux que le roi a assassinés ou fait assassiner avec vent violent à l'appui.
Parfois, en dehors desdits spectres, un crâne se substitue au portrait. Dans les couloirs souterrains on trouve même des rideaux de toiles d’araignées – bref du totally Corman.

06 mai 2013

HOTEL MONTEREY, de Chantal Akerman

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Moyen métrage, sans son, sans acteurs, sans générique 

Présentation du film par Chantal Akerman en personne, venue également présenter sa nouvelle réalisation à Bruxelles.

Elle expliqua au public, nombreux malgré le beau temps, qu’elle assista à 18 ans à un festival de film expérimental à Knokke, dont elle ne comprit pas grand-chose, sauf que cela ne lui plut pas vraiment.
Toutefois, en 1968, elle se rend à New York où elle rencontre, entre autres, Michael Snow, Andy Warhol ; par ailleurs elle se rend régulièrement à l’Anthology Film Archives (l’équivalent newyorkais de notre cinémathèque) et là, elle découvre un tout nouveau monde cinématographique et elle se lance dans l’expérience du film expérimental.

L’hôtel Monterey à New York était un hôtel résidentiel, dont les occupants étaient plutôt âgés, vivant seuls. Chantal Akerman y installa sa caméra. 

Pour moi, en qualité de spectatrice, ce fut une expérience surprenante que ce film, mais réellement intéressante. Autant que « News from home », vu en 2011.

Parfois on a l’impression de regarder un diaporama, compte tenu des nombreux plans et gros plans prolongés. Plusieurs plans sans aucun mouvement, sauf celui du traveling de la caméra, mais aussi ceux de l’ascenseur qui monte et descend, vu par le hublot de la porte. Des mouvements furtifs aussi, comme une ombre passant dans le couloir peu éclairé, une ampoule clignotant ou une porte mal fermée qui bat légèrement.
Pas de réelle narration au sens propre en matière de cinéma (c’est-à-dire pas de scénario), pourtant il y a une histoire qui se déroule sous nos yeux, que l’on devine  dans ces longs couloirs, ces ascenseurs, ces chambres.

Le film commence dans le lounge de l’hôtel, où quelques vieilles personnes – messieurs portant chapeau, vieilles dames, assis dans les fauteuils, comme attendant quelque chose, que quelque chose peut-être se passe dans leur vie … On monte alors vers les étages.
C’est assez poignant ce va-et-vient  - ça et là s’ouvre une porte sur une chambre ou une salle de bains.

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Un gros plan répété sur le panneau « Exit » (une sortie de secours à côté d’une fenêtre), tendrait à nous faire comprendre que le film va se terminer (ceci n'est peut-être que mon analyse personnelle).

C’est une « histoire sans paroles et sans histoire » sur la solitude et la mélancolie, véhiculées par ces longs couloirs en clairs-obscurs.
Avec une fin toute en lumière lorsque la caméra se retrouve sur le toit, puisque le film est « ascensionnel » (du lounge au toit) – de ce toit, on observe longtemps les toits voisins et la ville, avec ses mouvements d’autos.

Le film se termine de manière abrupte, sur ces dernières images. 
Une découverte que je ne regrette pas du tout même si je dois reconnaître honnêtement qu’il y a eu des moments où j’ai trouvé cela un peu long.

TOWER OF LONDON, de Rowland V. Lee

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Titre français =  La Tour de Londres

Version  1939

Scénario  « original »  de Robert N. Lee

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L’Angleterre se remet à peine de la guerre des Deux Roses – cette fois la maison d’York a gagné, descendants directs des Plantagenets.
Le séduisant Edward IV, marié à Elizabeth Woodville, est entouré de ses frères George, duc de Clarence et Richard, duc de Gloucester. Ce dernier est le préféré de son frère aîné, pour qui il nourrissait d’ailleurs une grande admiration.
Richard et George se détestent copieusement et George se plaint sans cesse de son cadet à l’aîné, qui s’en fiche royalement (c’est le cas de le dire).

La Tour de Londres où habite tout le monde est un univers en soi = un château où vivent les nobles et leurs familles, et des donjons sombres où croupissent les prisonniers, à côté des salles de torture. Celles-ci sont sous la direction de Mord, un homme affligé d’un pied-bot, qui vénère Richard de Gloucester qui ironise souvent sur eux = l’union du pied-bot et du bossu !
Richard est un être ambitieux, avançant ses pions de manière subtile, distribuant des conseils à son frère aîné de manière à ce que ce soit toujours lui, Richard, qui en sorte gagnant. Sixième dans l’ordre de succession du trône, il a dans sa chambre, caché dans une armoire, un  théâtre miniature où figure sa famille. A chaque fois qu’il parvient à faire éliminer un prétendant au trône, il retire une figurine. Petit à petit, le théâtre se vide.
Amoureux d’Anne Neville,  devenue veuve après avoir été mariée pour satisfaire aux ambitions paternelles, Richard espère cette fois l’épouser, il l’aime depuis leur enfance.

 

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Son frère le duc de Clarence brigue la fortune d’Anne, qui est sa belle-sœur – aussi la fait-il se cacher comme servante, mais Mord a retrouvé sa trace et Richard parvient à obtenir sa main de la part d’Edward.

De rage, George de Clarence lance un défi à son frère = boire du vin de Malvoisie (Malmsey wine) jusqu’à ce que mort (mais pas de soif) s’en suive !
Vu que lui, Clarence, est un ivrogne notoire, il est sûr de gagner.
Pas de chance, non seulement, Richard tiendra le coup, mais de plus George finira dans le tonneau.

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Lorsqu’Edward IV se meurt, il nomme Richard de Gloucester « lord protecteur » - bien vite les deux petits princes seront enfermés dans une partie de la tour dont on ne revient plus, ne reste plus auprès d’Elizabeth Woodville l’intrigante que ses deux filles.
Un ami fidèle des Lancaster décide de voler le trésor de la tour afin de pouvoir lever une armée contre Richard devenu roi.

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La bataille de Bosworth sera décisive, le roi sera lâchement tué. Et Henry Todor pourra monter sur le trône sous le nom d’Henry VII.

Bien qu’il ne s’agisse pas d’une adaptation de la pièce « Richard III » de Shakespeare, le scénariste Robert Lee, frère du réalisateur, reste bien dans le ton de la pièce présentant Richard III comme un monstre assassin, ce qui a systématiquement le don de me mettre bien de mauvaise humeur, car certes Richard de Gloucester était un homme ambitieux, homme de son temps où l’ami d’aujourd’hui devient l’ennemi d’hier.
Robert Lee aurait paraît-il beaucoup lu sur l’histoire d’Angleterre, sans doute mais pas nécessairement les bons bouquins. 
Une chose n’a jamais été prouvée - on tend même actuellement à totalement exonérer de la mort de ses neveux par Richard III, probablement assassinés par des ennemis de l’oncle, faisant ainsi d’une pierre deux coups, ouvrant désormais la voie aux Tudors.

Ne l’oublions pas = Shakespeare était inféodé aux Tudors puisqu’il était commandité par eux pour l’écriture de ses pièces, il n’allait donc pas être « honnête » avec la vérité historique et présenter leur ennemi comme un homme plutôt juste, qui a fait plus pour le peuple que pas mal d’autres rois.
Par ailleurs Richard III était un homme de grande culture, aussi versé en littérature de son époque, éduqué comme tous les princes de sang d’ailleurs, très fort aussi au maniement des armes, imposant beaucoup d’exercices physiques à son corps pour oublier sa difformité.
Je ne dis pas que Richard III était un petit saint, mais de là à en faire un monstre !

Bon, je ne vais pas faire le procès du scénariste puisque l’excellent essai – objectif – sur Richard III de Paul Murray Kendall ne fut publié pour la première fois qu’en 1956, dont je recommande vivement la lecture, car il propose un portrait différent de ce roi, et parle fort bien de la cour d’Angleterre, en butte à tous ceux qui briguaient la couronne.
La guerre des Deux Roses avait déjà mis le pays à feu et à sang. Les cours royales de tous pays ont toujours été des creusets d’ambitions, trahisons, cupidité, méfiance…
Murray Kendall n’est pas le seul défenseur de Richard – Horace Walpole, entre autres,  écrivit un essai sur « Historic doubts of life and reign of Richard III ».

Cette longue parenthèse personnelle ouverte et fermée, je repasse au film = la distribution est excellente – le film est présenté comme un film d’horreur, là je rigole vraiment – c’est juste un film historique, avec des moyens d’époque, c’est-à-dire « tout studio », j’ai même eu l’impression que tout a été tourné dans une seule et même pièce tant l'espace semblait limité.
D’ailleurs, il est bien connu que les scènes de bataille (Bosworth) sont des récupérations d’autres films, ainsi que l’extérieur du château. 

De côté des costumes, ce n’est pas trop mal pour une époque où l’on tendait à ne pas trop respecter la vérité historique des costumes – mais certaines coiffes des dames – inspirées de la réalité – ressemblaient à des orieilles de Mickey Mouse – c’est dire si je n’ai pas arrêter de glousser !

La distribution est impeccable = Basil Rathbone est un superbe Richard III, dont la malformation ne se remarque pratiquement pas ; l’acteur reste toujours imperturbable face aux événements, ce sont ses paroles qui mènent aux actes son homme de main, Mord.

Celui-ci est interprété par Boris Karloff et c’est l’élément vraiment inquiétant du film – d’ailleurs le réalisateur n’a pas hésité à faire photographier Karloff de manière inquiétante, jouant sur les ombres du  noir et blanc – ses yeux surtout sont effrayants, tout comme l’est son ombre projetée sur les murs du château, avec l’accent mis sur le pied-bot !

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Le 3ème larron de ces acteurs que l’on retrouvait souvent dans les productions Universal, dans des rôles de « méchant » est Vincent Price, qui propose ici un portrait geignard et antipathique de George duc de Clarence – pour une fois, la vérité historique a été respectée, car Shakespeare en fait un martyr.
J’aime beaucoup la scène du concours de malvoisie, car Vincent Price y est totalement ridicule mais très drôle (voir la petite vidéo - la scène est devenue "culte" dans l'histoire du cinéma)
Vincent Price interprétera Richard III dans le remake de Roger Corman dont j’aurai le plaisir de parler dans une prochaine chronique.

Ian Hunter et Barbara O’Neil interprètent respectivement Edward IV et Elizabeth Woodville ; il y a quelques scènes de marivaudage entre ces deux-là – humour à l’américaine pour les rendre sympathiques j’imagine. Elizabeth Woodville est présentée ici comme une malheureuse victime, alors que son ambition était démesurée et qu’elle fit tout pour faire tomber Richard III. 

L’autre couple, totalement fictif celui-là, est celui formé par John Sutton et Nan Grey, les malheureux amoureux séparés par le roi qui a exilé le jeune homme qui n’hésitait pas à le braver.
C’est évidemment une amourette à l’américaine, ajoutée pour faire vibrer les cordes sensibles des foules, car il y avait suffisamment d’intrigants à la cour pour faire tomber les rois !

Reste encore à citer la jolie Rose Hobart en Anne Neville, douce et émouvante,  et Leo G. Carroll en lord Hastings.

Je me suis donc bien divertie avec ce film, en ricanant beaucoup malgré tout quant à la vérité historique. Sans oublier les coiffes « à la Mickey » qui m’ont fait glousser.

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05 mai 2013

MARS, THE BRINGER OF WAR - THE PLANET SUITE de Gustav Holst

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découverte lors d'un épisode de "Lewis"
je suis tombée en amour de cette suite
dont certains extraits ont été adaptés au cinéma

il s'agit d'une oeuvre pour grand orchestre
inspirée par un ami féru d'astrologie et de mythologie

Mars, le premier mouvement, composé en 1914,
exprime le sentiment du compositeur face à la 1ère guerre mondiale

 

Gustav Holst naquit au sein d'une famille musicienne
d'origine suédoise

son compositeur préféré était Edvard Grieg,
il était aussi l'ami d'Edvard Elgar & Frederick Delius

(ce qui ne me surprend guère lorsque j'écoute "The PLanet Suite"
aux effets si dramatiques)
Holst étudia le trombone, qu'il pratiqua au sein de différents orchestres britanniques

il fut désolé que cette "Planet Suite" relégua un peu
ses autres compositions dans l'ombre
en dehors de la "Planet Suite", il composa 5 opéras

de santé fragile, Gustav Holst fut un solitaire
qui se jeta dans la composition pour oublier ses problèmes de santé

j'aurai le plaisir de partager ces 7 planètes avec vous

belle journée à tous et toutes

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03 mai 2013

LE TANGO DES RASHEVSKI, de Sam Garbarski

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Scénario de Philippe Blasband, d’après une idée de Sam Garbarski 

Quelque part en Israël, un vieil homme rencontre un rabbin, au sein d’une école d’étude du talmud. Les 2 hommes sont frères, celui qui arrive espère que le religieux  s’en revienne avec lui pour les funérailles de Rosa, qui fut son épouse. Et par la même occasion pour revoir ses fils et leurs enfants. Mais non, cela ne se fera pas, le rabbin a rompu définitivement avec ceux qui ne l’ont pas suivi dans sa foi. Notre Dolfo retourne donc en Belgique, où il retrouve Ric, son petit-neveu. Rosa, son grand amour, l’épouse de son frère, se meurt.
Aux funérailles de cette femme, mère et grand-mère merveilleuse, David, le fils cadet parle à la place de l’aîné, Simon, trop ému. David explique à tous les durs moments que vécurent les Rashevski, mais grâce à la formidable Rosa qui leur apprit le tango dès leur plus jeune âge, cette danse fut toujours là pour les dérider tous.

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L’enterrement de Rosa semble avoir soudain ouvert le livre des questions = comment se fait-on enterrer lorsqu’on n’est pas juif pratiquant ? Et Isabelle, la femme de Simon, non-juive, où ira-t-elle si elle ne peut être enterrée auprès de lui ?
Quant à leur fille Nina, elle ne sait plus où elle en est, est-elle juive ou non ? En tout cas, lorsqu’Antoine, le grand copain de son frère Jonathan, lui fait la cour et décide de se convertir pour elle, les questions se posent encore plus et entre ces deux-là commence un très rigolo tango des hésitations.

Simon, de son côté, n’arrive pas à gérer son chagrin et se dispute de plus en plus avec la douve Isabelle qui lui dit d’aller voir un psy. Il tente de se rapprocher de Jonathan, son fils qui abandonné le piano il y a bien longtemps, mais qui se saoule à la vodka tous les soirs dans un cabaret russe.

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L’émouvant « Quartier Lointain » m’a remis en tête les réalisations précédentes de Sam Garbarski, esurtout et avant tout cet épatant « Tango des Rashevski », typique « feelgood movie », véritable creuset de bons sentiments = on s’y aime, on s’y dispute, on s’y réconcilie,  on y rit, on y pleure, on y danse. Mais pas n’importe quelle danse = le tango, non pas le très sophistiqué tango argentin, non un tango nettement plus simple, celui de Rosa Rashevski.
On s’y marie aussi.

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J’avais vu le film à sa sortie et il me trottait encore bien en tête, j’ai été ravie de le revoir car j’vais tout de même oublié certains détails – or chez les Rashevski, tout a son importance.

C’est un véritable hymne à la tolérance.

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Sam Garbarski et Philippe Blasband ont puisé dans leurs souvenirs personnels, dans leurs familles et chez celles de leurs amis, au gré de multiples discussions, l’idée de ce film plein d’émotion et de tendresse, qui aborde sans complexe les problèmes d’identité, juive ou non, et les mariages mixtes.

Ils sont soutenus par une distribution exceptionnelle = les fils de Rosa, David et Simon Rashevski sont respectivement  interprétés avec humour par Daniel Mesguish et Michel Jonasz, ce dernier épatant en homme qui ne sait plus du tout où il en est mais qui est soutenu par son « petit » frère et son adorable épouse, non-juive. Celle-ci est jouée avec beaucoup d’émotion par Ludmilla Mikael.
Leur fils Jonathan est joué par Jonathan Zaccaï et leur fille Nina est interprétée par Tania Garbarski.
Richard , le fils de David/Mesguish est joué de manière très juste aussi par Rudi Rosenberg ; son amie Khadija est interprétée par Selma Kouchy.
Hippolyte Girardot
est l’ami de Jonathan, amoureux de Nina, prêt à tout pour l’épouser, même de se convertir au judaïsme.
 

Au-dessus d’eux tous, c’est Nathan Cogan qui l’emporte dans le rôle de l’oncle Dolfo, amoureux de Rosa, qui l’aida à élever toute la smala après que son frère Shmouel, époux de Rosa, soit reparti en Israël pour devenir rabbin.
Cogan est réellement merveilleux en patriarche, qui refuse de parler des camps dont il est un rescapé – comme Rosa, il a choisi de ne plus être un juif religieux, il préfère être un « juif libéral », une communauté juive ouverte à la laïcité mais non reconnue par la religion officielle. Son frère préféra s’immerger totalement dans la religion, d’où la rupture avec la famille. Il n’en est pas plus heureux, mais il a choisi.

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« Le Tango des Rashevski » n’est toutefois pas un drame, bien au contraire, à côté de moments d’intense émotion, il y a quelques belles parties de fou-rire et bonne humeur au sein de cette tribu dont certains membres sont en quête de leur identité.

TRES vivement recommandé.

02 mai 2013

LE TESTAMENT D'ARIANE, de Françoise Bourdin

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Lorsqu’Ariane Nogaro disparaît, la lecture de son testament plonge sa famille dans une sorte de chaos = c’est Anne, sa nièce qui hérite de tout. La bastide et toute la pinède alentour.
Ainsi que de quoi payer les droits de succession.
Tollé général, pour la belle-sœur d’Ariane c’est son époux Gauthier, frère d’Ariane, qui aurait dû être le bénéficiaire de cette propriété qui aurait plongé leurs enfants dans le confort matériel. Pourquoi Anne ? parce qu’elle était la seule à rendre visite à la « vieille toquée » comme la surnommait sa belle-sœur, sa nièce Lily, son frère surtout.
Les neveux, frères d’Anne, même s’ils sont un peu déçus de ne pas avoir un tout petit morceau du gâteau, s’en fichent finalement. Après tout, Anne était la seule à réellement aimer la vieille dame à qui elle rendait visite régulièrement. Leur petit goûter lui plaisait et faisait plaisir à Ariane.
Evidemment, à présent, pour la mère d’Anne, celle-ci aurait parfaitement joué le jeu, avançant à chaque visite les pions dans la bonne direction.
D’autant plus que renseignements pris, la bastide et le domaine sont un vrai pactole.
 

Anne est un peu sonnée par cet héritage et les réactions suscitées ; quant à son mari Paul, n’en parlons même pas, il est persuadé qu’Anne vendra au plus vite, lui cette vieille baraque comme il appelle la bastide, il n’en veut pas. Ce qu’il veut c’est que dans sa vie bien organisée de vétérinaire à succès, entouré de SA femme, SON fils, SON associé et ami, rien ne change.
Il va rapidement déchanter lorsqu’Anne reconnaît apprécier la bastide et avoir fort envie d’y vivre – tout à coup le couple se découvre une faille qui va rapidement tourner à la mésentente totale. Existait-elle cette mésentente avec l’héritage en guise de catalyseur ? En tout cas, leur fils est enchanté, lui la bastide, proche de l’océan, du surf, des balades à vélo dans les pinèdes, il apprécie et est prêt à donner un coup de neuf à la vieille maison pendant ses vacances scolaires. Autre coup dur pour Paul qui espérait, inconsciemment se faire un allié de son fils. 

Un autre coup de pouce pour Anne va venir de son frère Jérôme, le « glandeur » de la famille, celui qui n’a pas d’attaches, qui apparaît, disparaît après avoir reçu un peu d’argent de ses parents, qui n’est pas pressé de se trouver un « vrai » travail comme dit sa mère.
Alors cette bicoque, pour Jérôme, c’est une aubaine. Il se sent prêt à manipuler Anne pour y rester quelque temps puisqu’il n’a nul endroit où aller.
Logé et nourri ! la belle vie quoi !
Lorsqu’il réalise à quelle hostilité Anne fait face, Jérôme  comprend que pour la première fois de sa vie, malgré 15 ans de vie bien réglée, Anne aspire à une certaine liberté. Il suggère alors de transformer la bastide en maison d’hôtes – il a même plein d’idées le « glandeur ». Anne est rapidement conquise par l’idée, bien que cela signifie le naufrage de son mariage.
Si seulement Paul s’était montré moins intransigeant, si pour une fois, il avait accepté son point de vue, mais non, c’était la bastide ou lui !

En mettant de l’ordre dans les affaires de sa tante, Anne découvre les journaux intimes d’Ariane, où celle-ci se dévoile avec humour et cynisme.
Le seul but de sa vie, depuis ses 18 ans – année de la ruine de la famille Nogaro – était de récupérer SA bastide, peu importe les moyens – même les mauvais mariages. 

Anne découvre non seulement la vie d’Ariane, mais en apprend aussi un peu plus sur son père, frère de la morte, sa mère et le reste des petits Nogaro.
Qui ne trouvèrent guère grâce aux regards peu indulgents d’Ariane, sauf cette petite Anne justement, espiègle, pleine de fantaisie, peu appréciée de sa mère. 

Comme le dit le notaire, ami d’Ariane et conseiller d’Anne, les héritages révèlent parfois bien des brèches dans les familles.
Ariane se doutait-elle, cependant, que son legs signifierait tant de difficultés dans le couple de sa nièce?

Un commentaire quelque part disait qu’on ne peut définir Françoise Bourdin comme une « romancière du terroir » - que faut-il alors pour répondre à cette définition ?
La manière dont l’auteure décrit le pays des Landes, les bords de l’Atlantique, l’océan avec ses embruns et ses gros rouleaux, la description de cette maison aussi, qui – je le suppose – correspond bien au pays … Sans oublier les parfums de la nature eux aussi - pins, océan...

Beau portrait de femme que celui d’Anne, désireuse de se libérer des carcans familiaux et sociaux, décidée à se prendre en charge, à enfin vivre une vie qu’elle s’est choisie et non plus le choix que l’on avait fait pour elle et dans la routine duquel elle s’enfonçait sans réellement s’en rendre compte.
Lorsqu’on pense être heureux, il suffit parfois d’un  petit déclic pour réaliser que ce bonheur, même s’il avait des résonances de réalité, était un peu factice.

J’ai apprécié également la lecture du journal d’Ariane, où elle se dépeint sans complexe, en femme détestant les conventions et désireuse de récupérer « sa » bastide, à n’importe quel prix, même celui de se vendre et de ne pas réussir à être heureuse si elle n’accomplit pas cette promesse faite à elle-même.
Personnellement, étant peu attachée aux choses, je ne comprends pas trop l’obsession que peut provoquer une maison, mais par contre je comprends à quel point elle aime la région où elle a grandi.

Les différents personnages de l’histoire sont complexes eux aussi – le mari d’Anne n’est pas un mauvais homme, simplement il n’accepte guère qu’on lui dise « non », sa vie à lui est comme lui l’a décidé et les autres n’ont qu’à suivre ; je comprends aisément qu’Anne n’ait plus supporté la situation, lorsque la réalité lui est apparue.

Les autres membres de la famille Nogaro ont leurs défauts et qualités eux aussi, mais moi qui fantasme sur la famille, lorsque je lis cela, je me dis qu’au fond, enfant unique c’est pas si mal que ça,  ma mère étant aussi toxique que celle d’Anne.
Quant à avoir une sœur comme la « belle » Lily, merci bien, je passe.
Le père d’Anne, finalement, frère d’Ariane, tire relativement bien son épingle du jeu – mais c’est surtout parce qu’il veut la paix.
Comme je comprends son refus de combat, de confrontation, c’est tellement fatigant ces gens qui veulent toujours des explications, qui estiment qu’il faut vider les abcès, etc etc.
Non on ne doit pas toujours vider les abcès, régler les différends – s’il y a différend c’est qu’au départ, il n’y avait pas de véritable compréhension, d’empathie ; avec ces manies de vouloir que tout s’arrange par des explications, il arrive que l’on crée une brèche, qui pousse à la réflexion sur la profondeur de l’amour ou de l’amitié.
Ce n'est pas de l'hypocrisie, c'est seulement une envie de paix.

J’aime beaucoup le portrait de la petite belle-sœur japonaise d’Anne, petite mère courage fleuriste de talent, que le besoin pathologique  d’enfant  plonge pour quelque temps dans une dépression bien réelle.
Quant aux 2 frères d’Anne, ils sont aussi différents que peuvent l’être deux frères, mais c’est celui que tout le monde méprise qui se révèle le plus enthousiaste quant aux projets d’Anne, celui qui la manipule un peu, mais n’est certes pas jaloux de cette maison qui lui est tombée dans le giron.
D’autres personnages, bien sûr, traversent ce roman, avec plus ou moins d’importance, comme l’associé du mari qui semble mieux comprendre Anne que son ami.

Je suis très impatiente, comme Anne,  de découvrir la suite du journal d’Ariane – cela ne saurait tarder, une copine me l’ayant  prêté.

Merci à Manu pour m’avoir passé le premier tome de l’histoire des Nogaro, une plaisante lecture, où certaines situations m’ont fortement interpelées.
Son joli  billet ici.

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01 mai 2013

FAHRENHEIT 451, de François Truffaut

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Titre français  = identique

Scénario de François Truffaut et J.L. Richard, d’après le roman homonyme de Ray Bradbury 

Quelque part dans le futur, dans un pays indéfini, un système totalitaire utilise une milice, surnommée ironiquement « Les Pompiers », dont le but principal est de rechercher des détenteurs de livres ; ils ont tous pouvoirs, surtout celui de détruire les livres par le feu. Le papier brûle et se consume à la température de 451° Fahrenheit.
Montag est l’un des meilleurs pompiers, celui qui a le nez fin pour débusquer tous les livres cachés. D’ailleurs, une promotion l’attend bientôt, ce qui ravit son épouse qui rêve d’un 2ème mur-écran télé dans leur maison. Ainsi sera-t-elle réellement « entourée de sa famille ».
Une famille virtuelle, inféodée au gouvernement dont elle est l’instrument destiné à laver quotidiennement le cerveau des habitants. Ceux-ci sont comme des zombies, bourrés de pilules pour faire leur bonheur.

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Un jour, dans le train qui le mène au travail, Montag est abordé par une jeune femme, qui lui explique qu’elle est assistante-institutrice mais qu’elle a peu d’espoir d’être nommée car ses réponses n’ont pas beaucoup plu à l’analyste qui devait la juger apte à son poste. Trop originale probablement.

Montag de son côté s’est laissé tenter par un livre = David Copperfield » de Charles Dickens intrigué par ce que lui a dit Clarisse. Dès lors, le virus de la lecture, de la connaissance l’a saisi, rien ne sera plus jamais pareil.
Lorsqu’une femme préfère s’immoler par le feu, en même temps que ses livres, Montag a pris une décision qui changera le cours de sa vie pour toujours, son épouse de son côté disant trop souffrir d’avoir ces « choses » dans sa maison l’a dénoncé et la dernière mission de Montag est dans sa propre demeure.

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Vu à sa sortie, j’avais alors été fascinée par ce film.
Après cette nouvelle vision, mon sentiment n’a pas beaucoup changé, et je suis toujours aussi émue par les dernières images du film, celles où les « hommes-livres » (et libres) récitent le livre qu’ils sont, qu’ils ont choisi de sauvegarder.

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Je me suis toujours demandé comment on pouvait brûler des livres, pourquoi  tant de haine à l’égard de la parole écrite ?
Jusqu’à ce que je songe à ma réaction viscérale concernant « Mein Kampf ». C’est ce gnome fou qui brûla des livres pour asseoir son pouvoir, mais il n’a pas l’apanage de cette révoltante  attitude – il est des lieux dans le monde (Amérique profonde p.ex.) où l’on a brûlé les écrits de Walt Whitman (vous penser, un homosexuel, véritable suppôt du diable).
Au moyen-âge, la sacro-sainte inquisition aussi  détruisit des livres et brûla même leurs détenteurs, après torture – le bûcher c’est en fin de programme.
Il est parfois bon de se rappeler les paroles d’Esope = la langue est la meilleure et la pire des choses, cela pourrait parfois s’appliquer aux livres j’imagine.

Pourtant quelle porte ouverte sur la liberté … Comme le découvre Montag le pompier, préférant une vie de proscrit à  celle qu’il vivait.

 

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C’est grâce au film que j’ai découvert Ray Bradbury, et j’ai bien l’intention de relire le roman à présent.
A l’époque, le romancier confirma avoir apprécié l’adaptation de François Truffaut, dont ce sera le seul film tourné en langue anglaise.
Des années plus tard,  Bradbury revint un peu sur sa déclaration, estimant que l’erreur de Truffaut fut d’avoir utilisé la même vedette féminine  dans les 2 rôles féminins principaux.
D’autant plus que dans le roman, Clarisse est une jeune fille de 17 ans, ayant quitté le collège pour cause d’ennui.
Une autre différence est que beaucoup d’éléments de science-fiction ont été laissés pour compte, ce qui – à mes yeux du moins – n’enlève rien à l’aspect futuriste du film.
 

Côté interprétation, malgré le fait que Julie Christie interprète l’épouse de Montag et Clarisse, le prof renvoyé pour enseignement subversif, je l’ai trouvée excellente. Belle, lointaine et superficielle, en épouse qui accepte le régime tel quel jusqu’à aller à dénoncer son mari – et tout aussi belle, mais pleine d’esprit, pétillante, en cheveux courts.

Montag le pompier est joué par l’excellent Okcar Werner, si pudique dans « Jules & Jim ».
Il fait passer le désarroi de l’incendiaire de livres à la perfection.
Apparemment ses relations avec le réalisateur français ne furent pas des meilleures, car François Truffaut expliqua que ce film fut l’un de ses tournages le plus pénible.
J’ignore sur quoi portait leur mésentente, vu qu’ils avaient déjà tourné « Jules & Jim » ensemble, mais Truffaut n’a jamais caché ses sympathies de droite, alors qu’Oskar Werner était un homme de gauche.  Faut-il voir là l’objet de  la dissension ?

De plus, François Truffaut n’apprécia guère la version originale anglaise de son film, trouvant le dialogue anglais peu naturel (ça ! quand on ne comprend pas ce que les gens racontent !) ; il préféra de loin la version doublée en français (non mais là, vraiment,  tu m’étonnes !).
Ce fut également sa première réalisation en couleurs.

Cyril Cusack, comédien shakespearien, interprète le capitaine des pompiers. Ce rôle fut le plus marquant au cinéma pour un comédien qui interpréta beaucoup de rôles secondaires, tant au cinéma qu’à la télévision. Sans oublier sa carrière sur les planches.
Il faut bien avouer que son monologue dans la bibliothèque secrète découverte chez la vieille dame qui s'immole vaut son pesant d'humour noir.

La musique est de Bernard Herrmann, recommandé par Ray Bradbury, sachant que François Truffaut avait écrit un livre à propos d’Hitchcock, dont Bernard Herrmann était le compositeur fétiche. Le compositeur fut surpris d’avoir été choisi par le réalisateur français, connaissant son amitié notamment avec Pierre Boulez. La réponse de Truffaut fut qu’il souhaitait une musique du 21ème siècle, alors que son ami préférerait sans doute une musique du 20ème. Le compositeur utilisa surtout des instruments à cordes, harpe, xylophone, vibraphone, etc., mais j’avoue que sa composition pour le film de Truffaut m’a surtout fait penser à une composition pour réalisation hitchcockenne.

Les décors et costumes ne sont pas follement originaux, ils sont ceux des années 1960, avec seulement la tenue des Pompiers incendiaires qui paraissent un peu plus avant-gardiste. On a très peu l’impression d’être dans une histoire d’anticipation, justement par ces costumes et décors très contemporains des années 1960.
Mais pas uniquement pour les décors, le sujet forcément est interpelant.

Le film reçut des avis mitigés à sa sortie, mais obtint rapidement un statut de film culte, surtout dans la dénonciation de la tyrannie.
Pour Martin Scorsese, ce film a été grandement sous-estimé et il a toujours affirmé que Truffaut eut une grande influence sur lui.

Petit clin d’œil à Ray Bradbury = vers la fin du film, lorsque Montag rejoint les « hommes-livres », on lui présente un jeune garçon récitant les « Chroniques Martiennes » de … Ray Bradbury.

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Je continue à trouver ce sujet particulièrement actuel – le vernis de la civilisation n’est jamais assez puissant pour étouffer des velléités totalitaristes et les premiers à être muselés sont les écrivains. Donc les livres.

Lire c’est être libre.

PREMIER MAI 2013

muguet vert

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quelle que soit la couleur de fond choisie,
voici des brins de muguet "fait maison"
qui je l'espère vous porteront bonheur jusqu'à l'an prochain

(pour la tradition du premier mai, c'est ici)

belle journée à tous

30 avril 2013

LES AVENTURES D'ANOUNA LA PARFUMEUSE, de Serge Brussolo

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Serge Brussolo est réellement un auteur prolifique et éclectique = en plus de thrillers historiques et  thrillers contemporains, il écrit aussi des romans fantastiques,  de science fiction, sans oublier des livres pour la jeunesse.
De lui, j’avais lu « Les Emmurés » (thriller contemporain) qui pendant longtemps m’a flanqué quelques  cauchemars…

Grâce à mon copain Teki (Tek’site), qui m’a très gentiment prêté ces 2 aventures d’Anouna la parfumeuse, j’ai pu vivre un dépaysement complet en Egypte antique, mais aussi quelque part dans une cité du Sahara qui par certains aspects m’a fait songer à « l’Atlantide » de Pierre Benoît

LE LABYRINTHE DE PHARAON

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Entre Anathotep, un nomarque, usurpateur du titre de pharaon (nomarque et non monarque – un nomarque étant un administrateur de nome, c'est-à-dire une province, pour le compte du pharaon), abominable tyran, amassant de l’or et des pierres précieuses pour l’au-delà pendant que son peuple crève de faim et de misère, entre un jeune architecte dont le nomarque est amoureux mais qu’il a l’intention d’assassiner – tous deux ayant un odorat particulièrement aiguisé – et un bandit sans aucun état d’âme (tuer est sa seconde nature), chef d’une bande de pilleurs de sépultures, l’existence de la la jeune Anouna, 16 ans, métisse, enlevée à sa tribu d’origine (probablement le pays de Kouch puisqu’elle est noire) va non seulement être particulièrement bouleversée, mais sa vie ne tiendra qu’à un fil.

Parfumeuse chez un maître-embaumeur, elle  aussi possède un odorat hors du commun, ce qui dans un premier temps lui sauvera la vie en devenant l’élève de Dakomon, l’architecte, mutilé par Anathotep.
Celui-ci a bien l’intention de rendre sa pyramide inviolable et il adapte les plans de son amant-architecte. Le fil conducteur, si l’on peut dire, pour pénétrer dans le tombeau serait un parfum seulement perceptible par ceux dont l’odorat est extraordinaire. C’est ce secret que Dakomon enseigne à Anouna, afin de se venger du nomarque, la jeune fille devenant l’arme de la vengeance, qui risque tout de même de se retourner contre elle.

LES PRISONNIERES DE PHARAON

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 Après les dramatiques événements qui faillirent lui coûter la vie, Anouna s’en est allée au-delà du Nil pour offrir ses services à une maîtresse-embaumeuse.  Un jour, elle est chargée de conduire une caravane de chats vers le temple de Bastet dans le désert. La caravane va être attaquée par une bande de faux Bédouins.
Toutes les jeunes femmes faisant partie de la caravane serviront à « alimenter » le harem du maître.
Tout le reste de la caravane est massacré, y compris les malheureux chats.
De plus, le vizir, chef des attaquants fait passer un message comme quoi ce serait Anouna qui aurait trahi. Ceci afin de l’isoler des autres, car elle n’est pas destinée au harem = le but du vizir serait qu’elle espionne les femmes du harem car il est convaincu qu’il se trouve parmi elles une espionne à la solde du père du sultan, qui veut sa mort.

Une fois encore Anouna va avoir besoin de toute son ingéniosité, toute la force de sa survie pour déjouer non seulement les pièges des filles du harem, mais également des eunuques, sans oublier le sultan lui-même. 

Mon avis sur les deux romans =
palpitantes  aventures, où les rebondissements foisonnent, où à chaque page on s’attend, avec Anouna, à ce que sa dernière heure ait sonné.
Le romancier n’hésite pas à utiliser dans les 2 histoires le même subterfuge concernant l’un des personnages principaux, lorsqu’on a lu le premier volet des aventures d’Anouna, on ricane un peu lorsqu’une partie des secrets sont dévoilés, et des secrets il y en a des tas !

J’ai l’impression que l’auteur tenait particulièrement à la vie de son héroïne, une vraie battante au demeurant assez sympathique, car il lui sauve la mise dans pas mal de circonstances – je ne vous dévoile pas grand-chose en vous disant cela, car si vous êtes friands d’aventures rocambolesques, à la limite du vraisemblable, n’hésitez pas = vous passerez un fort bon moment, un peu à la manière d’un Indiana Jones en jupons, où le sexe semble avoir une certaine importance, Serge Brussolo appelle un chat un chat  dans ce domaine.
De plus,  à 16 ans, dans l’antiquité on est vieille ! c’est dire si Anouna a envie de survivre pour s’acheminer vers la durée de vie moyenne à l’époque, c.à.d. 30 ans. 

L’auteur semble s’être documenté sur l’Egypte ancienne pour la rédaction de son premier opus, le second mettant plutôt l’accent sur la vie dans un harem.
Quant à la cité des sables, enfouie dans le sahara, elle m’a fait songer – comme dit plus haut – à l’Atlantide de Pierre Benoit.

De bons moments de lecture sans prise de tête, des aventures passionnantes même si invraisemblables. Un dépaysement garanti, pour lequel je remercie mon copain Teki.

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28 avril 2013

Dimanche 28 avril 2013

contrairement à ce que l'on pense généralement,
le rire n'est pas le contraire du désespoir

(martin page, romancier français)

 

2013 025

beau dimanche à toutes et tous

Posté par sheherazade2000 à 08:20 - - Commentaires [21] - Permalien [#]
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