mon bonheur est dans la ville

19 juin 2018

L'ESCARBOUCLE DE MARCO POLO, de Jean d'Aillon

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D’après les Chroniques d’Edward Holmes durant la cruelle guerre entre Armagnacs et Bourguigons 

Après la très éprouvante aventure de l’hiver de la « Ville de la peur » où Edward Holmes et son compère Gower Watson, éprouvante aussi pour  toute la mesnie de Constance Bonacieux, le commissaire Lestrade ne sait plus comment se faire pardonner du clerc qu’il avait fait enfermer.
Holmes et Watson ne sont pas rancuniers et écoutent avec intérêt le nouveau problème que Lestrade leur apporte = dans une tour de la forteresse où sont enfermés les derniers bijoux de la couronne (il reste vraiment peu de choses du trésor royal dilapidé par les frères du roi de France défunt, mais aussi par son épouse Isabelle), donc cette citadelle dite imprenable, un vol d’une audace extraordinaire a été commis.

Une femme a volé, entre autres choses de valeur, l’escarboucle bleue que KublaI Khan aurait offert à Marco Polo et qui fut offerte plus tard à la couronne de France par Venise.
Ce bijou qui serait un « rubis bleu », d’une grande beauté, a aussi la malheureuse réputation de porter malheur.
C’est pourtant ce bijou que le duc de Bedford avait l’intention de sertir dans une couronne pour sa fiancée Anne de Bourgogne.

La femme ayant volé le bijou serait Marie de Savoisy, la chambellane de la reine de France Isabelle de Bacière.
Edward Holmes ne croit pas un instant à la culpabilité de Madame de Savoisy, la femme pour laquelle il nourrit de tendres sentiments,  ait pu commettre un acte aussi vil. Hélas les témoins sont formels, la voleuse est Marie de Savoisy.

Edward Holmes et Gower Watson enquêtent immédiatement pour découvrir qui est derrière un tel complot et innocenter Marie.

Mon avis = l’histoire - totalement prévisible - m’a divertie, mais j’avais tout deviné dès le début de l’enquête – je l’ai donc terminée sans surprise aucune, j’ai toutefois apprécié la beauté de l’écriture ainsi que tous les détails concernant la période troublée où se situe l’intrigue (même si j’avoue avoir quand même quelques difficultés à comprendre la situation dans cette guerre civile).
Jean d’Aillon paraît avoir une connaissance approfondie du moyen-âge et j’ai bien aimé ses descriptions tant vestimentaires que de bâtiments et mobiliers

Il s’agit d’une novella (quelques 140 pages), cela se lit donc extrêmement rapidement.
Tous les amateurs des enquêtes de Sherlock Holmes auront évidemment fait le lien avec la nouvelle « L’Escarboucle bleue » dans le canon holmésien.

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16 juin 2018

THE WORD IS MURDER, d'Anthony Horowitz

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Lorsque vous êtes un romancier célèbre, doublé d’un excellent scénariste dont les séries que vous avez écrites rencontrent un gros succès, vous êtes parfois sollicité par des gens qui veulent que vous écriviez sur eux.
C’est la surprise qui attend Anthony Horowitz qui vient de terminer « House of Silk », un pastiche de Sherlock Holmes, qui rencontre un franc succès = il est contacté par un ex-détective de la Metropolitan Police, excellent enquêteur mais qui a commis une faute apparemment et ne fait donc plus partie de la police, mais reste consultant dans des affaires criminelles compliquées.
Ce Daniel Hawthorne veut qu’ils écrivent un polar ensemble, les royalties seront partagées fifty/fifty.
Plutôt interloqué, Horowitz explique qu’il ne travaille pas comme cela et que c’est lui, et lui seul, qui parle de ses personnages, les met en scène.

Dès le départ Hawthorne et lui se rentrent dans le chou, enfin c’est surtout Hawthorne qui lui parle de manière relativement agressive et Horowitz ne sait plus trop que penser. Finalement ils arrivent à un gentlemen’s agreement, enfin quand on dit « gentleman » ce n’est peut-être pas le terme qui définit Hawthorne = il est homophobe, assez grossier en général lorsqu’il s’adresse aux gens et si, par hasard, son ton devient plus agréable c’est pour mieux « endormir » son interlocuteur qui ne se méfie pas et se retrouve immédiatement mis au pied du mur. Donc il enquête, il interroge, et Anthony Horowitz – qu’il s’obstine à appeler « Tony » alors qu’Horowitz a horreur de ça, l’accompagne, prend des notes sur ce qui se dit, se révèle, les met en ordre et écrit les chapitres, sur lesquels Hawthorne a droit de regard !!!!

Quelle est donc l’enquête que l’inspecteur Charlie Meadows n’arrive pas à résoudre et dont le supérieur souhaite qu’il donne toutes les informations à Hawthorne ? =
Une dame de quelques 60 années est allée dans une entreprise de pompes funèbres et a complètement organisé ses futures funérailles, jusqu’au moindre détail musical et autre. Six heures plus tard, elle est morte, étranglée dans son appartement d’un quartier élégant de Londres.

Cette femme, dix ans auparavant, a tué un enfant dans un accident de la route, blessant l’autre enfant ; elle conduisait sans ses lunettes sera sa ligne d’excuses, défendue par son fils, un comédien devenu célèbre entretemps, théorie aussi défendue par son avocat et finalement, elle fut acquittée au grand dam des parents. Le plus grave aux yeux des témoins est qu’elle ne s’arrêta que très brièvement, puis vint se livrer à la police 2 heures plus tard.
Faut-il dès lors voir dans ce crime un acte de vengeance de la part de la famille de l’enfant décédé ?

Lorsque son fils revient d’Hollywood pour les funérailles, en compagnie de sa jolie compagne et leur petite fille, un incident sérieux se produit pendant la mise en terre et le fils, affligé et horrifié, rentre chez lui – Hawthorne et Horowitz le retrouvent peu après baignant dans son sang, il a été sauvagement poignardé.
Serait-ce toujours un acte de vengeance ?

Mon avis = métafiction fort intéressante à découvrir, à laquelle j’ai fort bien accroché, qui m’a passionnée de bout en bout, mais où la toute dernière ligne du dernier chapitre – juste avant que le polar ne se termine – m’a laissée passablement perplexe.

Ce léger bémol mis à part, j’ai réellement apprécié cette enquête qui envoie les lecteurs – tout comme Anthony Horowitz -  sur quelques fausses pistes, avant un dernier rebondissement.

J’ai beaucoup apprécié le côté « mondes du théâtre, du cinéma, de la télévision », auxquels sont mêlés les enquêteurs.

Je reconnais toutefois que ce polar d’Anthony Horowitz n’est réellement pas simple à résumer, voire à analyser car il emprunte un peu de tout à tous les genres.
Quelques allusions aussi aux scénarii qu’Horowitz a écrit pour les séries « Poirot » et « Midsomer murders ».

Au niveau du personnage central, en dehors d’Horowitz, je dois reconnaître que j’ai rarement éprouvé une telle antipathie pour un enquêteur, qu’il soit privé ou non. Heureusement, ce ne fut  pas moi à devoir enquêter en sa compagnie. 
Il refuse de dévoiler quoi que ce soit de sa vie privée, de lui-même, estimant que cela n’intéresse pas le lecteur (il n’a à l’évidence pas lu de polar ce brave homme =^-^=). Pourtant, Horowitz découvrira en cours d'enquête quelques petits détails concernant son associé/personnage principal qui le surprendront particulièrement.

Un autre livre donc, sur le mélange des genres, ce qui semble être fort à la mode en ce moment.
En complément d’un polar sur l’art d’écrire, on se promène beaucoup dans Londres pour interroger les témoins, les suspects, ce qui m’a fait fort plaisir.

Pas encore traduit, mais je pense que cela ne saurait tarder, après tout « Comptine mortelle » rencontre un grand succès, cela incite toujours les éditeurs à faire tourner le tiroir-caisse;

15 juin 2018

NIGHT BREAK, d'Andrew Lane

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The Young Sherlock Holmes Book 8

Sherlock Holmes, revenu à Oxford, prend toujours des cours de mathématiques avec Charles Dodgson (a.k.a. Lewis Carroll), lorsqu’arriveMycroft Holmes pour emmener son jeune frère à Holmes Lodge, la propriété familiale où leur mère vient de mourir de la tuberculose dont elle souffrait depuis quelques années. Matthew Arnatt est du voyage, un ami est une chose précieuse en période de chagrin, Rufus Stone est également présent afin d’aider aux arrangements matériels.
Leur père, militaire cantonné aux Indes, semble avoir disparu – Mycroft a reçu une lettre du supérieur de Siger Holmes, expliquant qu’il avait reçu une mission secrète de la plus haute importance mais que, hélas, il est sans nouvelle de lui.

Emma, la sœur des frères Holmes, est toute contente de revoir Sherlock, mais Emma a toujours un comportement un peu étrange, comme si elle ne vivait pas dans le même monde que la plupart des gens qui l’entourent.
Un jour, elle se comporte totalement « normalement », le lendemain elle a déjà oublié qui vous êtes et pourquoi vous lui adressez la parole. 
C’est pour cette raison que Sherlock n’attache pas une grande importance lorsqu’Emma dit avoir vu des hommes noirs sans visage hanter la propriété durant la nuit.
Emma s’étant fiancée, les frères Holmes ont l’intention de rendre visite à ce jeune homme car en l’absence du père, c’est Mycroft qui devra donner, ou non, son accord.
Après les funérailles, cependant, Emma vient dans la chambre de Sherlock et lui dit qu’un homme est dans la maison, et même est venu dans la chambre. Son frère ne la croit qu’à moitié mais pour la rassurer, va dans sa chambre. Là il n’y a plus personne, par contre dans le bureau de leur père, trois hommes fouillent le bureau.
Sherlock ameute tout le monde – frère, Stone, Matty – et se précipite à la poursuite des hommes fuyant dans le jardin.
Que pouvaient-ils bien chercher dans le bureau de leur père ?

Le lendemain de ces événements, qu’Emma a déjà totalement oubliés, les frères Holmes rendent visite au fiancé,  James Phillimore, qui ne leur fait pas grande impression tout d’abord, mais qui, alors qu’ils l’attendent devant la maison, est victime des « décorateurs » retapant la maison. Il est sauvé in extremis par les frères Holmes.
En fait ces hommes sont à la recherche d’une lettre envoyée par le frère de Phillimore ; sachant qu’il est fiancé à Emma Holmes, ils fouillaient aussi bien leur demeure que celle du fiancé.
Qu’y a-t-il de si important dans ce courrier venu d’Egypte où Jonathan Phillimore travaillait pour de Lesseps au canal de Suez.

Sherlock pense que le message dont parle Jonathan a été écrit à l’encre sympathique. Mycroft Holmes a emmené la lettre au ministère des affaires étrangères pour lequel il travaille, interdisant formellement Sherlock de se mêler de cette affaire qui relève des secretés d'état.
Comme Sherlock avait déchiffré le message caché, et qu’il s’agit d’un appel au secours, James Phillimore qui déteste les voyages et est en dispute avec son frère, décide qu’il partira pour l’Egypte, car pour lui, malgré tout, son frère est important. Sherlock Holmes qui n’a pas apprécié l’attitude de Mycroft à son égard décide de l’accompagner ; Matty décide d’être aussi de la partie car le jeu en vaut la chandelle.

Voyage en mer, arrivée à Alexandrie, rencontre avec de Lesseps qui les remballe et aventures dans le désert, où les ennemis d’hier semblent devenir des alliés pour aujourd’hui et où les amis deviennent des adversaires.

Mon avis = toujours positif, bien que cette aventure de Sherlock Holmes soit étrangement sombre par rapport aux autres – sombre, en ce sens que désormais toute la vie, tout ce à quoi Sherlock se rattachait, s’effrite.

Dans la postface, l’auteur Andrew Lane explique qu’il a voulu créer cette aventure-ci en tenant compte du caractère de Sherlock adulte = un homme qui ne se lie généralement avec personne (exception faite  du docteur Watson), ses relations plus que tendues avec son frère Mycroft qu’il évite autant que possible, en qui il n’a aucune confiance ; un homme qui n’a pas voulu « charger » son cerveau avec les choses inutiles qu’on vous enseigne à l’université, mais qui par contre a un esprit d’une grande logique, très analytique, qui connaît le corps humain à la perfection et a une grande notion des divers poisons.
Il est évident que ce roman-ci ne peut pas être lu avant les autres (pour une fois j’ai suivi la chronologie =^-^=) car Sherlock a beaucoup de souvenirs des aventures précédentes auxquelles il se réfère.

J’ai aussi trouvé intéressante cette histoire au centre de la construction du canal de Suez, où Anglais et Français se livrèrent à une lutte sans merci - une lutte pas seulement diplomatique – les Britanniques étant totalement opposés à la construction du canal ralliant la Méditerranée à la mer Rouge, évitant ainsi le long détour par le cap de Bonne Espérance pour rejoindre les Indes ou la Chine, ceci constituant un gros manque à gagner pour l’empire britannique.

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13 juin 2018

THE WOMAN IN BLUE, d'Elly Griffiths

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8ème enquête de Ruth Galloway et l’inspecteur en chef Harry Nelson 

Alors que « Cathbad », un druide new age, fait du cat-sitting dans la maison de son ami, gardien d’un sanctuaire à Walsingham et en retraite en Irlande, le chat qui n’a que faire de ce type qui est peut-être l’ami de son humain, mais pas le sien, i prend  un malin plaisir à lui échapper.
En le recherchant dans le petit cimetière à côté de l’église, Cathbad remarque une jolie femme en robe blanche et manteau bleu, longs cheveux blonds autour d’un visage de madone.
De là à s’imaginer que c’est une apparition de la madone (Walsingham est dédié à la madone), il n’y a qu’un pas, surtout dans la brume nocturne, mais cela s’avérera bien plus prosaïque.
Il s’agit d’une jeune résidente du « Sanctuaire », une clinique privée pour ceux qui désirent se libérer des drogues, alcool, etc.
La jeune femme est retrouvée le lendemain matin, non loin de là, morte étranglée.
L’inspecteur en chef Harry Nelson et son équipe sont appelés depuis King’s Lynn pour l’enquête.

Ruth Galloway, archéologue « forensique », conférencière et chargée de recherches à l’université, a reçu un courriel surprenant émanant d’une ancienne amie d’études en archéologie. Celle-ci lui demande de la rencontrer, elle a reçu des lettres anonymes non seulement insultantes mais menaçantes. Effectivement Hilary a changé complètement de direction dans sa vie et est devenue prêtre dans l’église anglicane. Les lettres font une virulente référence à ces femmes qui feraient mieux de s’occuper de leur famille, leur ménage, leurs enfants, elles n’ont pas d’autre place dans leur vie.
Comme son amie doit participer à un séminaire de quelques jours à Walsingham,  elle aimerait revoir Ruth et lui montrer les lettres. Ruth Galloway suggère qu’il vaudrait mieux les montrer à l’inspecteur  Nelson.
Ce qui sera fait, mais l’inspecteur n’apprécie guère que Hilary se soit adressé d’abord à son amie au lieu de la police.
Entre lui et Ruth, c'est compliqué - ils ont eu une très courte relation (le type est marié) dont est née la petite Kate, ce qui n’améliore pas toujours les relations.
Il estime qu’elle n’a pas à se mêler des enquêtes, ce qu’elle ne fait pas … enfin presque pas ...

Lorsque les jeunes femmes réunies pour la conférence sur les femmes prêtres retournent à leur hôtel, l’une d’elles décide d’aller prendre l’air – elles ont un peu abusé du vin. Le lendemain, hélas, elle aussi est retrouvée étranglée. Elle ressemblait très fort à l’autre jeune morte, les enquêteurs craignent un tueur en série, qui s’attaquerait surtout à un certain type de femmes. Nelson est inquiet car son épouse y correspond physiquement et a déjà fait l’objet d’une tentative.

C’est au cours de la mise en scène de la passion du christ, un grand événement à Pâques à Walsingham, avec une immense foule de pélerins qui ne simplifie pas les choses, que les enquêteurs pensent que l’homme frappera à nouveau et espèrent l’arrêter.

Mon avis = pas mal,  une nouvelle série qui va me plaire, si les autres romans sont de la même eau.  J’espère cependant qu’il sera moins question de religion dans les autres romans, mais c’était le sujet principal de l’histoire = les femmes prêtres dans l’église anglicane, la religion catholique et Walsingham où les prêtres sont particulièrement nombreux.

Toutefois, j’ai eu tort de commencer par ce titre, 8ème dans la série, selon ma mauvaise habitude de ne pas avoir envie de commencer nécessairement par la première enquête. Il y a une séquence dans la vie personnelle de Ruth Galloway et l’inspecteur Nelson, ainsi que d’autres personnages récurrents dans les romans qui fait que, n’ayant pas respecté la séquence, j’ai eu quelques difficultés à regrouper les histoires personnelles de tous ces gens.
Quelques uns d’entre eux, comme le druide Cathbad ou Ruth Galloway elle-même, sont bien sympathiques et j’ai envie de les retrouver au cours d’autres enquêtes, en commençant par les premières cette fois.
Par contre j’avoue que le personnage de l’inspecteur en chef Harry Nelson m’a paru plutôt désagréable, tant personnellement que professionnellement.

Ceci dit, j’ai été attirée par le titre « Woman in blue », car il m’a fait penser à « Woman in black » - je pensais, comme dans ce roman-là, à quelque chose de mystérieusement fantastique et hanté.
Ce qui n’est pas le cas ici, même s’il est beaucoup question des apparitions de la vierge Marie et ses sanctuaires de Walsingham où de nombreuses reines d’Angleterre, dont Katharine d’Aragon, vinrent prier pour avoir un héritier au trône (dans le cas de celle-ci ça n’a pas marché, la vierge devait être absente ce jour-là – excusez la mécréante que je suis =^-^=).

Le sanctuaire de Walsingham  – ou plutôt LES sanctuaires – est fort recherché comme lieu de culte puisque les deux églises principales du Royaume-Uni s’en inspirent, autant les anglicans que les catholiques – même si les anglicans ont un fond de protestantisme, leur religion se rapproche assez du catholicisme et n’a rien des protestants purs et durs  qui refusent, par exemple,  de reconnaître la sainteté de la vierge Marie.
De nombreux pèlerinages sont organisés – on vient de partout en Angleterre, tout au long de l’année, mais plus particulièrement à Pâques.

La vierge n’est pas la seule chose que les protestants n’acceptent pas, ils ne sont pas non plus opposés au mariage des prêtres et acceptent désormais les femmes-prêtres. Ils ne croient pas non plus à la transsubstantiation (vin et pain changé en sang et corps du christ).
Par ailleurs, Walsingham dans l’antiquité et avant que le christianisme ne s’approprie toutes les fêtes païennes avec son habituel syncrétisme de tout réclamer pour lui-même, il est aussi question de ce que la cité était un lieu de culte païen, dédié à Mercure,  bien avant de devenir un culté de religion chrétienne. La grande abbaye a également souffert de la dissolution des monastères, commandée par Henri VIII, mais moins rapidement que les autres monastères.
Eglises anglicane et catholiques co-habitent et chacun y va de sa petite boutique de souvenirs – la superstition n’a pas de limite et,  comme le disait Hercule Poirot, c’est un énorme moteur qui mène les gens.

A propos de Mercure, c'était le dieu des commerçants et des voleurs ... faut il y voir une allusion que ce soit devenu un site de religions du christianisme ?

Dans le Norfolk, il y avait déjà les enquêtes de l’inspecteur George Gently écrites par Alan Hunter, voici donc de nouveaux personnages dans un royaume britannique qui semble tout de même comporter pas mal de dangers – il n’y a pas une région dans ce pays qui semble avoir été oubliée par les criminels. 

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11 juin 2018

DATE WITH MYSTERY, de Julia Chapman

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3ème enquête dans la série Dales Detectives

Non encore traduit

Février dans les Dales, Yorkshire – les paysages sont enchanteurs, mais cela n’empêche pas de lourds secrets de laisser planer une ombre sur certaines familles, comme les Thornton.
La beauté des paysages n’empêche pas non plus les problèmes matériels et autant Samson O’Brien que Delilah Metcalfe se débattent dans de gros soucis d’argent – pour Samson une nouvelle enquête ne serait pas mal venue, quant à Delilah son agence de rencontres ne fonctionne pas aussi bien qu’elle le souhaiterait, or il faut payer les hypothèques.
Comme si cela ne suffisait pas, elle a reçu un ultimatum de son ex-époux = il viendra reprendre son chien, Tolpuddle, à la fin de la semaine. La jeune femme est dévastée, comment pourra-t-elle vivre sans son merveilleux braque, ce chien que son ex lui avait offert lorsqu’ils étaient encore mariés – hélas les papiers sont au nom de l’ex-époux, il a donc tous les droits sur le chien.
Même l’ami de la famille, Matty Thistlethwaite ne peut rien, les papiers sont légaux.

Par contre, le notaire a un mystère à élucider = Jimmy Thornton, dont la mère vient de mourir, ne peut accéder à son héritage, sa mère ayant légué la moitié de tous ses biens à Jimmy ET sa sœur !!! or Olivia Thornton – Livvy pour tous -  est décédée depuis plus de 20 ans.
Matty charge donc Samson de fournir un acte de décès, la jeune femme serait morte à Leeds où elle est partie, à 17 ans, pour échapper à un père tyran domestique, utilisant ses poings sur sa mère, mais commençant à la menacer également.
La jeune femme a été tuée dans un accident de la route, le coupable n’a jamais été trouvé.

Matty conseille à Samson O’Brien d’accepter l’aide de Delilah Metcalfe dans l’enquête, car elle connaît mieux la psychologie des gens de Bruncliffe que lui. On ne peut pas dire que cela enchante le détective, mais il n’a pas le choix – Delilah est ravie, évidemment, étant convaincue d’avoir l’étoffe d’une détective, spécialiste en informatique, après les deux enquêtes précédentes. 
Un indice toutefois, mais bien le seul, une vieille boîte à chaussures, avec quelques petits souvenirs de Livvy, précieux pour la maman, mais sans réelle valeur pour d'autres personnes.
A Bruncliffe, tout le monde demande à O’Brien comment s’est passé son long weekend à York ! comment se peut-il que quelque chose dont il n’a parlé à personne ait fait le tour du patelin ? En 15 années de vie à Londres, il ne connaissait même pas le nom de ses voisins !

Après avoir interrogé tous ceux qui ont connu Livvy de son vivant à Bruncliffe, il ne reste à nos enquêteurs que de se rendre à Leeds – et là, toujours aucune trace non seulement d’un accident, pas non plus de certificat de décès – comment quelqu’un que tout le monde reconnaît avoir été charismatique puisse avoir disparu ainsi ? 
Cela va s’avérer difficile à recouper, Samson et Delilah vont devoir affronter un tireur d’élite, qui leur fait comprendre que les lettres anonymes qu’ils ont reçu, n’étaient pas des menaces en l’air = laissez le passé enterré, sinon ….

Pour ce qui est d’être enterré, Jimmy Thornton en s’occupant du potager de sa mère, et plus particulièrement des plants de rhubarbe, va faire une découverte qui relancera l’enquête.

Mon avis = très positif, bien sûr, car la 3ème enquête des D.D.A. est pleine de ‘humour, de vrais moments de rire, mais aussi de quelques situations inquiétantes – de bons rebondissements, mais là encore une fois sans vouloir me vanter, j’avais tout deviné = non seulement le stratagème pour que Delilah conserve son chien adoré, mais aussi la situation des Thornton. Et je l’avais compris dès le début, tout comme dès les premiers chapitres j’avais deviné comment Delilah pourrait conserver son chien. 
Le fait d’avoir tout deviné n’a rien ôté au plaisir de lire cette histoire bien enlevée.

De mon expérience de lectrice (=^-^=), il n’est pas rare qu’une série s’essouffle vers le 3ème ou 4ème roman, ici au contraire cela se passe de mieux en mieux, la relation entre les deux personnages principaux étant fort drôles, même si chacun cache ses secrets à l’autre. Car Samson O’Brien a un grand secret, lié à son travail d’infiltré dans une branche spéciale du Yard, et ceci risque de bientôt exploser en plein jour.
Tout le patelin est plutôt comique aussi, toute cette population qui commente vos actes, donne son avis sur ce que vous faites tout en disant « bien que ce ne soit pas mes affaires …. » - je ne suis pas certaine que j’apprécierais que l’on se mêle à ce point de ce que je fais, mais il y a une certaine chaleur malgré tout dans ces personnages mêle-tout.

J’attends donc le 4ème roman de la série avec impatience, Ms. Chapman please hurry !

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STONE COLD, d'Andrew Lane

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The Young Sherlock Holmes book 7

Dans la vie tout est changement, pour Sherlock Holmes ce fut d’abord son année d’absence involontaire à bord du Gloria Scott, vers la Chine, ensuite l’aventure irlandaise où une fois de plus la Paradol Chamber le mit en danger.
Après l’Irlande, retour à Londres car l’oncle Sherringford Holmes étant décédé, il ne peut retourner à Farnham – Amyus Crowe étant désormais retourné aux Etats-Unis – avec Virginia – il faut cependant que Sherlock améliore son instruction afin de pouvoir entrer dans l’une ou l’autre des grandes universités du pays.
Sherlock se plaît à Londres, il aimerait rester dans la ville en compagnie de Matthew Arnatt ; ensemble ils se débrouillent bien, vivant sur la péniche de Matty, vivant quelques (més)aventures sans gravité – toujours sous la surveillance de Mycroft Holmes.

Ce dernier a  décidé qu’il était temps que son cadet rejoigne une université et sa préférence à lui, Mycroft, va à Oxford car il a un excellent souvenir de cette université.
Vu que Sherlock doit parfaire ses connaissances avant de s’inscrire comme étudiant, il le confie à un certain Charles Dodgson, l’un de ses copains de l’époque estudiantine. Son frère avait donc des copains ?! première nouvelle pour Sherlock.
Ce Dodgson enseigne la logique et les mathématiques, des branches qui plaisent à Sherlock – de plus il apprend par Holmes aîné que le professeur Dodgson a écrit un ouvrage plein de fantaisie fantastique sous le pseudonyme de Lewis Carroll. Sherlock est de plus en plus intrigué.
Matty est ravi de retourner à Oxford, qu’il connaît bien, par voie d’eau – les canaux de la ville n’ont pas de secret pour lui.  L’inconfort de ce voyage choque Mycroft Holmes, mais il est vrai qu’il n’en faut pas beaucoup pour le choquer – surtout si cela comporte une dose d’inconfort et peu à manger.

A Oxford, Sherlock fait la connaissance de sa logeuse, ainsi que du professeur Dodgson, dont la passion, en dehors de l’écriture est la photographie – il a surtout une façon peu orthodoxe d’enseigner, ce qui convient à Sherlock.
En arrivant à Oxford, Sherlock et Matty ont été intrigués par une maison semblant menaçante, maléfique, réaction qui surprend le jeune homme – une maison, ce sont des pierres, du bois, etc, ça ne peut être maléfique, la curiosité du jeune homme est titillée.
Une autre chose  l’intrigue, ce sont des parties de corps humains volées à la morgue de l’hôpital. Et l'on soupçonne Dodgson, mais comme dit Sherlock, la police n'est pas très intelligente ....

Finalement, de fil en aiguille, Sherlock se demande si Mycroft Holmes n’avait pas une idée derrière la tête et si la raison pour être à Oxford n’est pas totalement celle de ses études ?

Mon avis = je reste positive face aux courts romans écrits par Andrew Lane – ici on quitte le domaine des enquêtes vagabondes pour rencontrer des personnages dont les centres d’intérêt vont lui être utiles dans l’avenir (le médecin légiste, un ancien inspecteur de police, etc). Il s’entraîne un peu moins au violon, par manque de temps (ce qui fait très plaisir à son frère aîné qui déteste ça).
Bref j’ai eu une impression que ce  court roman était un peu plus intimiste que les autres aventures, bien que celle-ci comporte aussi quelques moments de vrai suspense.
Il reste encore une aventure du jeune Sherlock Holmes dans ma PAL, je sens que je vais le regretter.

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06 juin 2018

KNIFE EDGE, d'Andrew Lane

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The Young Sherlock Holmes series – book 6

Finies les aventures chinoises et maritimes pour Sherlock Holmes – il est revenu en Europe avec le Gloria Scott où on lui a fait comprendre que si un jour il souhaitait reprendre la mer, une place serait toujours libre pour lui. Bien que l’idée ne lui déplaise pas trop, Sherlock a tout de même l’intention de retrouver tous ceux qu’il a quitté (involontairement) il y a un peu plus d’un an.

A Galway en Irlande, où accoste le bateau, Mycroft Holmes attend son frère – les frères Holmes n’étant pas très démonstratifs de leurs sentiments, on sent bien quand même que l’aîné est content de revoir le cadet sain et sauf.
Celui-ci est aussi content de retrouver son frère, mais il se doute qu’il y a autre chose qui l’a attiré en Irlande en dehors de leurs retrouvailles, ce qui le déçoit tout de même un peu.

Mycroft Holmes a été sollicité, comme d’autres représentants de gouvernements importants – empire austro-hongrois, empire prussien, empire russe – à assister à une « vente aux enchères » d’un genre particulier = un noble du lieu les invite à des séances de spiritisme ; ensuite, l’homme qui est un medium entre les esprits et les vivants sera attribué au pays le plus offrant. En fait Mycroft Holmes, bien que devant participer à la vente aux enchères, veut surtout éviter que l’homme ne tombe aux mains des puissances alliées – mais qui sait si un jour, elles ne seront pas ennemies …

Et il compte sur Sherlock et son esprit logique pour déterminer si l’homme en question est un charlatan ou a des dons réels. Ils sont accueillis chaleureusement au domaine di châtelain  en question, un homme qu’un accident a rendu paraplégique, et aussi d’Albano, le medium en question.
Dès la première séance de spiritisme Sherlock Holmes est convaincu de la supercherie et se met en devoir de découvrir des indices, néanmoins les autres représentants sont convaincus par l’homme. 

Le lendemain, arrive aussi Amyus Crowe, le représentant des Etats-Unis, en compagnie de Virginia – les retrouvailles avec cette dernière sont difficiles, après tout elle s’est fiancée en son absence, tout en disant qu’elle l’aime. Sherlock trouve cela très illogique et décide de poursuivre ses investigations concernant la fraude.
Surtout qu’au cours de la 2ème séance, Albano semble vouloir impliquer sentimentalement Crowe ; Sherlock, ne pouvant tolérer cette supercherie, intervient et révèle ce qu’il pense.

Suivra encore un enlèvement, puis une autre séance pour révéler la véracité des « dons » d’Albano ; Sherlock découvrira une « folie » dans le domaine, folie liée par des souterrains au domaine. Puis c’est le meurtre de Sir Quintillan que sa fille reproche à Sherlock.
Sans oublier la « Bête noire » qui effraie tous les habitants du domaine et de Galway.
Il ne faudrait pas non plus  oublier que le Parradol Chamber n’a toujours pas dit son dernier mot et que l’ennemi est tapi dans l’ombre, prêt à se venger de Sherlock. Heureusement des amis bien connus viendront au secours de ceix qui ne sont pas convaincus par le paranormal.

Mon avis = une nouvelle et passionnante aventure du jeune Sherlock Holmes – cette fois il découvre les personnalités complexes des jeunes femmes – il les trouve fort peu logiques et décide que cela ne l’intéresse pas vraiment !
J’ai beaucoup apprécié les moments où il cherche par tous les moyens possibles de découvrir les actions frauduleuses de Sir Quintillan et son associé Albano, les coins et recoins d’un château sombre, sur un domaine hanté par une bête noire et maléfique. 

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THE MARX SISTERS, de Barry Maitland

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1ère enquête de Kathy Kolla & David Brock

Londres – en automne -L’inspectrice Kathy Kolla est très excitée car c’est la première fois qu’elle est totalement en charge d’une enquête. Il s’agit de la mort d’une vieille dame, dans Jerusalem Lane, à quelques maisons de là où Karl Marx écrivit ses premiers chapitres du Capital.
Le légiste ne peut certifier qu’il s’agisse d’un meurtre car la victime semble tout simplement s’être endormie. C’est le médecin de famille qui a des doutes et qui exige une autopsie, un sac plastique ayant été trouvé sur les lieux – où des traces indiquent qu’effectivement Meredith Winterbottom l’avait eu sur la tête, mais cela n’indique toujours pas un meurtre.
Kolla a la surprise de voir qu’on lui a attribué l’inspecteur principal Davic Brock, une élite du Yard ; il lui confirme qu’elle est toujours responsable de l’enquête, lui n’est là qu’en qualité d’observateur et il l’aidera dans l’enquête si elle est d’accord.

Les enquêteurs se rendent dans Jerusalem Lane, un cul de sac avec des boutiques de part et d’autre de la ruelle et où chacun semble connaître tout le monde.
Kathy Kolla interroge les deux sœurs de Mrs. Winterbottom, qui lui confient qu’elle a un fils qui pourrait bien avoir harcelé sa mère pour vendre la maison – effectivement un projet immobilier existe et la maison de la vieille dame est l’une des dernières à ne pas être en vente – d’ailleurs son testament le stipule = la maison ne pourra être vendue que lorsque ses deux sœurs auront disparu à leur tour du monde des vivants. Tout cela fait enrager le fils que ses tantes n’hésitent pas à qualifier de « parasite ».

Les enquêteurs apprennent qu’elles sont toutes trois descendantes de Karl Marx, mais cela n’a pas grand-chose à voir avec leur enquête… ou peut-être que si ?
L’une des propriétaires d’une boutique de la rue conseille aux enquêteurs de se tourner vers la piste nazie. En effet, Jerusalem Lane est le « refuge » de beaucoup de Juifs qui ont fui le régime nazi lorsqu’ils en avaient l’occasion, mais aussi plus tard le refuge des Juifs poursuivis par le régime stalinien.

Donc quelques suspects, peu d’indices corroborant la piste du crime. L’enquête est donc classée sans suite, ce qui déplaît à Kathy Kolla, même David Brock trouve cela injuste.

Six mois plus tard, c’est une autre des 2 sœurs survivantes qui est trouvée morte, apparemment étouffée de la même manière que leur aînée. L’enquête est donc réouverte et cette fois, elle a été confiée à l’inspecteur en chef Brock, qui demande à Kathy Kolla d’être son assistance.

A présent, il semble que des livres et un document important, portant la signature de Karl Marx soient concernés ; les enquêteurs vont orienté leur enquête dans cette direction, mais vu la valeur des documents, il est toujours possible que le fils de l’aînée, et neveu des survivantes, soit le principal suspect.

Mon avis = positif -  une enquête classique, dans la ligne des nombreux polars, qui m’a parfois parue un peu longue, avec pas mal de tours et détours avant d’arriver à la solution, mais où l’on réalise qu’à chaque détour, on se rapproche un peu plus de la vérité. Un bon petit suspense, surtout vers la fin, où la cela  semble soudain se déchaîner.

L’un des protagonistes du roman  explique cela par la théorie des 4 éléments du mathématicien Henri Poincaré – je ne suis pas certaine d’avoir tout compris parce que la mathématique et moi nous sommes un peu brouillées, mais énoncée comme elle l’est dans le roman, c’est clair.

Une série qui commence fort bien pour moi puisque j’ai une petite préférence pour les enquêtes littéraires et les polars historiques.

Il y a quelques rebondissements, sans quoi nous ne serions pas vraiment dans un polar, j’avoue que l’assassin a été une surprise pour moi.
Au risque de « spoiler » un peu, je dirais qu’il faut parfois se méfier des vieilles dames.
J’espère lire la suite des enquêtes de « Brock and Kolla » car le tandem est sympathique. 

Qui étaient ces sœurs Marx dont il est question ici = Karl Marx a eu une liaison avec la gouvernante de son foyer – lorsqu’elle fut enceinte, Frederick Engels a accepté d’endosser la paternité de l’enfant, qui fut un garçon qui eut lui-même des enfants, jusqu’à en arriver à ces arrières petites-filles du philosophe qui habita aussi Jerusalem Lane, un quartier de Londres où vinrent s’installer des Juifs d’Europe centrale fuyant le nazisme, mais également plus tard, fuyant l’URSS. C’est au n°2 de Jerusalem Lane qu’une des fameuses plaques bleues anglaises atteste que c’est là que résida Marx et y écrivit les premiers fondements du Capital.

(Au cas où vous poseriez la question = les « marx sisters » n’ont aucun lien de famille avec les « marx brothers » =^-^=)

 jerusalem lane au début du 20ème siècle

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02 juin 2018

LA NUIT DES BEGUINES, d'Aline Kiner

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La France, sous le règne de Philippe le Bel, monarque dur, impitoyable, dévot intégriste, grand admirateur de son ancêtre Louis IX (saint Louis) – c’est pour cela qu’il poursuit le patronage du grand béguinage de Paris, où vit une communauté de femmes instruites, comme Ysabel l’intendante, qui connaît les simples et les remèdes pour soulager les indigents, ne ménageant pas ses soins à l’hôpital, assistée (un peu à contre-coeur)  par la béguine Agnès, une femme au cœur envieux et jaloux, qui prouvera sa duplicité dans le courant de l’histoire qui les occupe.

Il y a là aussi dame Ade, une très jeune veuve, belle comme un lys et froide comme la neige, qui ne désire jamais se mêler aux autres, si ce n’est contrainte.
Un jour arrive sur le pas de porte du béguinage la jeune Maheut, la rousse et révoltée, ayant fuit la brutalité d’un mari qu’on lui a imposé, rendue temporairement muette par la douleur dont son corps garde les traces.
Ysabel, toujours prompte à aider, va imposer la présence de la jeune femme à Ade, bien qu’elles n’aient rien en commun – pour Maheut, Ade est une bigote, pour Ade, Maheut est rousse, donc fille du diable ; sentiment qui sera renforcé lorsqu’on découvre que la jeune femme est enceinte.

En toile de fond à ces événements, il y a le procès des templiers, mais aussi de Marguerite Porete, béguine de Valenciennes, ayant rédigé un livre décrété hérésie par le clergé, un livre qui pourtant ne parle que de l’amour pour dieu, mais où l’âme de celui est croyant  est seul juge. Pas étonnant qu’elle risque d’être brûlée comme hérétique.
Le chemin des béguines va croiser celui d’un moine franciscain, un certain Humbert, qui cache un secret qui coûtera cher au béguinage lorsqu’il sera découvert.

Mon avis = excellent roman, belle fresque historique qui mêle les personnages du roman à ceux de leur époque, tels le pape Clément, le roi de France Philippe le Bel, ses fils, ses brus.  A travers le destin des béguines du grand béguinage de Paris, fondé par saint Louis (Louis IX), on suit la lutte pour le pouvoir, surtout pour l’abrogation des privilèges des béguines, privilèges que ne supporte guère le clergé – des femmes échappant à la loi de dieu et des hommes, des femmes  souhaitant rester libres, sans obéir à un mari ou à un prêtre, autorisées à conserver et gérer leur fortune si elles en ont. 

Des femmes désireuses de prier à leur manière, vivant en communauté, certaines fort instruites et partageant ce savoir, de tous âges et tous milieux, désireuses se rendre utiles par les soins qu’elles dispensent aux démunis, aux malades et vivant dans leur petite maison du béguinage, suscitant l’envie, la jalousie sans oublier les calomnies car de telles femmes ne peuvent donc être que des suppôts du diable. 

On en revient toujours à la même chose = l’indépendance des femmes, très mal vue par les hommes qui estiment que leur pouvoir est supérieur.
Les béguines étaient des femmes « hors normes », parmi lesquelles, on retrouve  des jeunes veuves, soulagées de ne plus devoir répondre aux exigences d’un époux souvent brutal ; certaines d’entre elles ont été littéralement « vendues » par leur famille, où la vie d’une fille ne compte que dans la mesure où elle peut être offerte en alliance pour régler des dettes ou un litige.
Personne ne tient compte de l’âge et on marie les filles, certaines à peine pubères, à 13 ou 14 ans. Et tant pis si elles sont trop étroites pour donner naissance à un héritier.

A travers de nombreux  détails, l’autrice partage la vie non seulement de ces béguines mais aussi de ce Paris médiéval, sous la coupe d’un roi rigide, avec les finances d’un royaume totalement appauvri.
La « nuit » s’est certes abattue sur les béguines, dont l’ordre a été dissous au 15ème siècle, mais elle s’est aussi abattue sur le royaume de France, qui bientôt connaîtra non seulement la peste, mais aussi la guerre de cent ans.

Je ne peux que recommander cette lecture à celles et ceux qui apprécient l’histoire, la grande histoire et celle des petites gens qui s’y trouvent mêlées.

le billet de joelle-labibliothèquedudolmen qui m'a donné envie de lire ce livre

l'ancien béguinage à Bruges (photo de ma collection nov 2011)

Bruges Nov 2011 136

THE MURDER STONE, de Charles Todd

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Automne 1916 – la première guerre mondiale est loin d’être finie, avec son cortège de morts et  atroces blessures, physiques et morales.
Francesca Hatton y a perdu ses cinq cousins, 5 jeunes gens dans la force de l’âge, partis comme tant d’autres « faire leur devoir pour la patrie », et tous tués dès les premières années de la guerre.
Elle-même s’était enrôlée dans la croix-rouge à Londres afin d’aider à soigner les blessés.
A présent, elle est revenue à River’s End, le domaine familial où elle et ses cousins furent élevés par leur grand-père, après que ses deux fils aient été tués lorsque les enfants étaient petits.

Son grand-père adoré a été frappé d’un acv, après avoir reçu le télégramme annonçant la mort de son dernier petit-fils ; la jeune femme est revenue pour le soigner et, alors qu’elle le veillait, Francesca se souvient souvent de leurs jeux, dont elle était parfois la victime, mais pas toujours en reste  de bêtises elle aussi.
Après le décès de Francis Hatton, et peu avant ses funérailles, Francesca assiste à l’ouverture du testament – à peine revenue au domaine, un homme l’agresse verbalement, accusant son grand-père d’avoir tué sa mère. 
Celle-ci avait disparu alors que, lui Richard Leighton, avait 8 ans, son grand-père prit soin de lui, en n’hésitant pas à insuffler l’esprit de vengeance dans l’enfant.
Il vient donc, des années plus tard,  demander des comptes à Cesca.

Puis, c’est un homme venu d’Ecosse qui lui réclame une boîte que Francis Hatton lui devrait, et comme si cela ne suffisait pas, un autre homme arrive exigeant qu’elle lui restitue la propriété dans l’Essex, que son grand-père aurait gagné au jeu.
Il estime à présent qu’il est normal qu’elle rende ce qui leur est dû. Par ailleurs, lors de la lecture du testament, Francesca a appris que son grand-père avait aussi une propriété dans le Somerset. Tout cela désormais lui appartient.

Au bout de la propriété se trouve une grande pierre que l’un des cousins appelait  « the murder stone ».  Francis Ha     tton souhaite aussi que Francesca se charge de ramener cette pierre en Ecosse.

Combien de secrets son grand-père lui a-t-il encore cachés ?    Lorsqu’elle interroge les derniers serviteurs du domaine, ceux trop vieux pour être enrôlés, tous lui confirment que son grand-père était un homme bien, tout le monde dans le village le lui confirmera. Elle-même désire plus que tout défendre cet homme bon qui l’a élevé, avec ses cousins, avec tendresse.

Mon avis = formidable thriller psychologique, qui m’a tenue en haleine du début à la fin. Chaque fois que Francesca Hatton espère enfin pouvoir faire le travail de deuil, autre chose de désagréable lui arrive, relative au passé de son grand-père.
Il n’y a rien de vraiment horrible dans le roman, nous ne sommes pas dans un thriller scandinave.
Ici tout est subtilement effrayant = des pas dans la nuit, des fenêtres ouvertes que l’héroïne sait avoir fermées, une vieille cabane à côté des étables qui flambe dans la nuit … On n’est pas loin d’un roman gothique.

L’histoire peut sembler tirée en longueur, personnellement j’ai trouvé que cela ajoutait au mystère, au suspense. Il y est question de haine que l’on transmet aux enfants par esprit de vengeance, on y rencontre des soldats rendus fous par ce qu’ils ont vécu, d’autres  hommes blessés dans leur chair et leur esprit, tentant autant que faire ce peut de se remettre à vivre.

Un roman où l’on tente de salir la mémoire d’un homme par des accusations malveillantes et une jeune femme, pratiquement seule contre tous pour défendre cette mémoire.

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IL est le premier que je lis de Charles Todd, un tandem mère-fils (Caroline Rodd et Charles Todd) qui sont les auteurs de deux séries policières = Bess Crawford, infirmière pendant la 1ère guerre mondiale et Ian Rutledge, un vétéran de la même guerre, inspecteur à Scotland Yard.

Caroline Todd est diplômée en littérature et histoire et un masters en relations internationales. Charles Todd possède un baccalauréat en communications.
Ils ont obtenu le très prisé Agatha Award pour un de leurs romans historiques.
« The Murder Stone » est un livre indépendant des deux séries.

J’ai apprécié le style d’écriture, posée, sans excès de pathos, mais sans non plus cacher ce que les guerres représentent.

01 juin 2018

LA FEMME AU SERPENT, de Claude Izner

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Une enquête de Jeremy Nelson

Jeremy Nelson s’est embarqué pour Londres, après avoir passé quelque temps à Brighton, à jouer du piano dans des gargotes où personne n’écoutait. Revenu à Londres, il a enfin pu s’adresser aux librairies vers qui on l’avait orienté afin d’obtenir plus d’information sur Pinkus Kherson, son père. Jeremy a désormais la certitude que son père faisait partie des victimes du Lusitania, coulé par les Allemands, mais les anciens libraires parisiens le reçoivent avec froideur.
Il ne reste plus à Jeremy qu’à retourner à Paris, où néanmoins grâce à Victor Legris, il a reçu des lettres d’introduction pour un logement décent et un travail de pianiste dans un restaurant. Quand donc, soupire le jeune homme en son for intérieur, pourra-t-il composer la musique qu’il aime et aspirer à une certaine reconnaissance.
Surtout qu’il voudrait avoir les moyens de vivre avec Camille (Jeanne-Marie) partie en Italie pour des concerts et dont il reçoit une lettre de temps à autres.

Un jour, alors qu’il remplace un ami pianiste, il trouve dans la poche de sa veste, une carte montrant une ravissante dame de la renaissance italienne, dénudée, ayant pour bijou, un collier en forme de serpent.
Il ne tardera pas à découvrir que son ami Denver est mort dans son sommeil, le cadavre d’un serpent ayant été découvert dans un coin de la chambre. Et avec une carte de la belle Simonetta (la femme de la carte) également à son domicile.
Peu après d’autres morts similaires, à savoir ressemblant à des morts naturelles, mais avec un serpent sur les lieux et la carte de Simonetta également sur les lieux.
Une mort pareille, d’accord. Mais trois, ce n’est tout de même plus un hasard ? Jeremy décide de mener une petite enquête, par laquelle sa vie aussi sera menacée.

Mon avis =  J’avais très envie de connaître la suite des aventures de Jeremy Nelson, en quête de ses origines – cette recherche se trouve mêlée involontairement à une affaire criminelle.
Sentiments mitigés à propos de cette lecture – si l’intrigue criminelle proprement dite est bonne, le suspense également, par contre le style d’écriture laisse à désirer – comme dans la série Legris-Pignot-Mori, les sœurs écrivant sous le pseudonyme de Claude Izner, l’histoire mélange des personnages avérés (comme Tristan Tzara, le peintre Foujita, etc) parmi toute une panoplie de personnages hétéroclites,  franchement peu attirants.
Le jeune ami de Nelson par exemple, l’ado Sammy  est souvent insupportable comme on l’est à 15 ans, mais surtout les personnages « populaires » du roman utilisent un langage populaire et argotique, qui n’est réellement pas plaisant à lire.

J’ai été amusée de retrouver quelques personnages de la série Legris-Pignot-Mori, (j’ai lu toute la série de la Librairie de la Rue des Saints-Pères) lorsque Nelson est à la recherche de personnes pouvant l’aider dans la recherche d’une éventuelle famille, mais je n’ai pas réellement accroché à cette partie de l’histoire. Néanmoins, tout comme l’enquête policière, cette quête des origines trouvera également sa conclusion, mais à Londres.

Sinon, comme je l’ai écrit, l’intrigue policière est bonne et l’on se demande réellement qui est  ce criminel dans l’ombre, qui laisse des serpents et des cartes montrant « la femme au serpent » (Simonetta Vespucci peinte par Piero di Cosimo – ou plutôt le portrait attribué de Simonetta par di Cosimo). 

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LE LABYRINTHE D'OSIRIS, de Paul Sussman

 

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Une enquête de l’inspecteur Khalifa

Une journaliste d’investigation, Rivka Kleinberg, a été garrotée dans la cathédrale arménienne de Jerusalem.  Kleingerg était une femme qui n’abandonnait jamais une piste sérieuse, au cours de ses années professionnelles, il est évident qu’elle s’est  fait pas mal d’ennemis. Pour beaucoup c’était une paranoïaque qui développait des théories du complot, mais pour ceux qui la connaissaient bien et l’appréciaient, c’était une femme qui pratiquait son travail de journaliste de manière sérieuse, sans se soucier d’écraser les orteils de ceux qu’elle comptait dénoncer. Il semblerait que cette fois, elle ait découvert quelque chose qui méritait qu’on la fasse taire à jamais. 

L’inspecteur Arieh Ben-Roï est  chargé de l’enquête, avec un nouvel assistant qui malgré ses dehors efféminés montre des qualités hors pair d’investigateur. Les enquêteurs ont plusieurs pistes, aucune ne mène réellement quelque part, il manque à chaque fois une pièce du puzzle. Ben-Roï décide de s’adresser à un ami qu’il a au sein de la police égyptienne, puisque l’une des pistes mène là.
Pour l’inspecteur Khalifa cette demande pourrait bien être la bouée de sauvetage qui le sortira de la dépression où l’a plongé la mort d’Ali son fils aîné.
Il découvre que la mort d’un égyptologue dans les années 1930 pourrait bien être lié à cette enquête du présent, même si ses supérieurs lui rient au nez.
Pourtant dans les notes de cet homme il est question d’un « labyrinthe « , qui fournissait de l’or aux pharaons et qui se trouve quelque part dans le désert de Nubie.
A Jerusalem, les supérieurs de Ben-Roï exigent des résultats, mais il ne peut guère leur en fournir de tangibles. Lui aussi a quelques problèmes personnels = pris par son métier, il a négligé sa compagne et il a dû déménager. Cependant elle l’a recontacté car elle attend son enfant et ils espèrent que cette nouvelle petite vie à venir pourra les aider à sauver leur couple.

Dans l’ombre de l’enquête, quelqu’un tire les ficelles, un assassin n’a pas l’intention de lâcher prise et un groupe d’altermondialistes se nommant « Nemesis » n’hésitent pas à s’attaquer à ses succursales de la Barren Corporation. Celle-ci sera leur prochain objectif.
Mais tout le monde le sait bien, on ne s’attaque pas impunément à un consortium qui a des ramifications dans le monde entier, qui couvre toujours brillamment ses arrières et qui graisse la patte des dirigeants corrompus.
Arieh et Youssouf vont unir leurs efforts pour dévoiler tout cela, au péril de leurs vies.

Mon avis = un passionnant thriller – pas le premier que je lis de PAUL SUSSMAN, et une fois encore je n’ai pas été déçue. Je me suis promenée d’Egypte en Israêl, du désert de Nubie aux rives de la mer à Tel Aviv, en passant par Houston Texas. De chapitre en chapitre (courts), on passe de Louqsor à Jerusalem, alternant les recherches de l’enquêteur israëlien à celles de l’enquêteur égyptien, dont on partage l’immense chagrin de deuil.
Une histoire sans un seul temps mort, avec des personnages désireux de dénoncer la corruption qui s’élève au plus haut niveau des dirigeants des pays concernés, avec en toile de fond le mépris des uns pour les autres, le conflit israëlo-arabe n’étant toujours pas résolu.

De l’action, de l’aventure, beaucoup de rebondissements, dont celui de la fin qui est une grosse surprise -un bon moment de lecture divertissante – je dirais pratiquement déjà une lecture de vacances.

Et pour ceux et celles qui veulent lire quelque chose d’intéressant (pas un thriller) sur Osiris, c’est ici
http://plume-dhistoire.fr/les-mysteres-dosiris-secrets-enfin-devoiles/i

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31 mai 2018

DATE WITH MALICE, de Julia Chapman

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Titre français = Rendez-vous avec le mal

2ème enquête dans la série Dales Detective (les Détectives du Yorkshire)

Bientôt noel dans les Dales. Bruncliffe prépare activement les festivités. Samson O’Brien vit toujours dans l’inquiétude de ce qui l’attend à Londres,  et malgré le succès des enquêtes du mois passé, les affaires ne sont pas totalement florissantes.

Delilah Metcalfe se débat toujours dans ses problèmes financiers elle aussi, et de plus vient de recevoir une mise en demeure pour la garde définitive de son chien adoré, qui l’accompagne lorsqu’elle va courir dans la campagne. Son ex estime que le chien lui appartient puisque c’est lui qui l’a acheté et les papiers sont à son nom bien qu’il ne se soit jamais occupé ni soucié de l’animal après le divorce.
Hélas le notaire confirme qu’il y a beaucoup de chance qu’il gagne (d’autant plus que son père est le maire de Bruncliffe !). Quant à son agence de rendez-vous (D.D.A.), elle est toujours au bord du gouffre et son ami le banquier guette avec tristesse le moment où elle va y chuter. 
Pendant ce temps, dans l’autre D.D.A. (Dales Detective Agency), Samson reçoit l’une des vieilles résidentes de la séniorie, où réside aussi le père du détective.

La vieille dame est terrorisée par la directrice de la résidence (surnommée « la reine des glaces), elle est convaincue que ladite directrice veut sa mort.
Mais pour quel motif ? Samson lui dit, avec ménagement, qu’il ne peut rien pour elle car elle n’a que des soupçons, mais viendra tout de même jeter un œil. Il n’aura pas beaucoup de temps pour découvrir quoi que ce soit car la vieille dame décède peu après.
Du coup O’Brien se sent coupable et décide de mener une enquête plus approfondie. Le petit groupe uni de la résidence a aussi eu  l’impression que leur vieille amie exagérait, qu’elle se faisait des idées, mais cette mort jette une toute autre lumière sur les paroles de la morte.

Indice étrange = une petite boîte de médicaments, dont chaque jour est une pierre semi-précieuse.

Déprimé parce que lui non plus n’a pas cru Alice, le joyeux luron de la bande se met à déprimer tellement qu’il se tourne vers la boisson – un problème que connaît bien O’Brien senior qui fait de son mieux pour aider son pote sans se laisser tenter. Il a du mérite et même les habitants du patelin où tout se sait sont épatés.
D’autres incidents, voire accidents, vont se produire, qui font réellement penser que la directrice de la résidence est coupable, encore faudrait-il le prouver.

C’est là que les compétences en cyber-surveillance de Delilah Metcalfe interviennent, elle décide d’aider Samson, qui n’en demande pas autant.
Delilah lui sera pourtant bien utile lorsqu’il s’agira de retrouver Ralph, le bélier monté comme un âne, un animal qui a coûté très cher à son proprio et qui a disparu.
Parce qu’il n’a pas que l’enquête de la résidence sur le dos, Samson O’Brien a également été engagé par un fermier local pour retrouver sa bête de prix.

Et tout ça à quelques jours de noel – sans oublier les appels téléphoniques inquiétants et anonymes sur le portable de Samson, apparemment ses ennemis londoniens l’ont repéré.
Ce ne sont pas ses seuls ennemis d’ailleurs = le promoteur immobilier, qui a des vues sur Delilah Metcalfe, le déteste également et cherche à lui nuire car il a littéralement « volé » la propriété des O’Brien pendant l’absence du fils, lorsque le père était imbibé du soir au matin.
Bien sûr, il a payé, mais une bouchée de pain pour une ferme ET toutes les terres qui valaient un bon prix. 

Mon avis = toujours aussi positif. Je n’ai pas résisté à lire immédiatement après leur 1ère enquête, la 2ème aventure plutôt rocambolesque de Samson é Delilah dans le Yorkshire.
Une région joliment décrite par la romancière Julia Chapman qui y réside – on sent qu’elle est amoureuse de cette région et je la comprends, j’y suis passée, en me rendant en Ecosse – c’est magnifique comme endroit, malgré la pluie.

J’ai retrouvé avec un immense plaisir la petite ville de Bruncliffe, un lieu où absolument rien n’est tenu secret – parfois pendant 5 minutes tout au plus, et encore !
Pas étonnant que Samson O’Brien aspire à retrouver l’anonymat de Londres, où il enquêtait pour des agences liées au Yard, et où il travaillait surtout comme agent infiltré. Bien évidemment, s’il est lavé des soupçons qui pèsent sur lui, il repartira, alors que sa réputation s’améliore un peu chez les habitants de Bruncliffe.

Il y a quelques moments fort drôles dans cette 2ème enquête et j’avoue être impatiente de découvrir le 3ème roman de la série.

A DATE WITH DEATH, de Julia Chapman

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Titre français = Les Détectives du Yorkshire – Rendez-vous avec  le crime

1st book in the DALES DETECTIVE MYSTERIES

Les affaires ne sont pas brillantes pour la D.D.A. – Dales Dating Agency – et Delilah Metcalfe a non seulement des difficultés à joindre les deux bouts, mais risque fort de perdre son agence de rendez-vous si rien de réellement important ne se présente. Elle a reçu un délai de la banque, mais c’est tout juste pour rester à flots. Tout cela grâce à un divorce où elle put se rendre compte que son ex avait littéralement saboté son entreprise.

Samson O’Brien a toujours été le mouton noir de Bruncliffe, il est vrai que son père étant connu pour être l’ivrogne du village après le décès de son épouse, le gamin a dû plus souvent qu’à son tour, batailler pour défendre leur honneur.
A présent, le voilà de retour dans son Yorkshire natal après avoir quitté la Metropolitan Police de Londres, où une enquête par les bœufs-carottes lui pend au nez. Son chef lui a conseillé de faire profil bas pendant quelque temps, aussi Samson a-t-il décidé de retourner à Bruncliffe, où il est évident qu’il n’est pas exactement le bienvenu, surtout au sein de la famille Metcalfe.
Il a décidé de créer à titre temporaire une petite agence de détective privé, qu’il anommé D.D.A. – Dales Detective Agency. Pour couronner le tout, il a loué les bureaux en dessous de ceux de Delilah – cela fait donc deux D.D A. à un étage de distance.

Lorsqu’elle réalise à qui elle a sous-loué les bureaux, Delilah Metcalfe commence par flanquer un bon coup de poing à Samson O’Brien – vous pensez, avec 4 frères aînés, elle a la main ! Hélas, comme les affaires ne sont pas excellentes, elle est obligée d’accepter cette location de six mois, payés à l’avance, montant versé à  la banque, bien contente de voir son compte réapprovisionné.
Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, les deux vaquent à leurs occupations respectives. En effet, Samson vient d’être engagé par l’épouse du boucher de Bruncliffe, afin de faire la lumière sur la mort de leur fils Richard.
La police a classé l’affaire comme suicide, mais la brave dame n’en croit rien, elle est convaincue que la mort de son fils est un meurtre. O’Brien commence à enquêter, notamment à la résidence pour personnes âgées où désormais réside son père, après que la ferme familiale ait été rachetée à prix très bas par le promoteur local.
Son père est sobre désormais, mais il est évident que le promoteur a abusé du vieil homme lorsqu’il était encore sous l’emprise de la boisson.

Tout le monde semble convaincu que la mort de Richard est un suicide ; lorsque deux autres morts suspectes se produisent, Delilah réalise que les trois personnes mortes faisaient partie de son fichier d’agence matrimoniale et que tous trois avaient participé à des soirées de « speed-dating ».
Si  ces trois jeunes gens étaient inscrits dans son agence, Delilah persuade Samson que c’est de ce côté-là qu’il va falloir chercher le ou la coupable et elle décide de l’aider, même s’il n’y tient pas plus que cela.  Néanmoins, la police locale ne tenant pas à l’aider, il lui faut accepter toute l’aide qu’il puisse trouver.

Mon avis = pas mal du tout, bien que le rythme soit un peu lent au début, mais peu à peu on entre de plain-pied dans l’enquête et le rythme s’accélère. 
J’ai évidemment apprécié le nom des protagonistes principaux = Samson & Delilah – c’est un sympathique clin d’œil aux célèbres amants de la bible. 

Cependant, les personnages secondaires, c'est-à-dire tout le patelin de Bruncliffe, sont sympathiques et réellement hauts en couleurs, quoique personnellement je ne supporterais vraiment pas de vivre dans un endroit où dès que l’on met le pied dehors, le téléphone arabe (the grapevine) informe tous les habitants de ce que vous faites.
Le pub étant le lieu privilégié pour épier et commenter vos faits et gestes.

Dans le Yorkshire, il y avait déjà les enquêtes  d’Alan Banks et son équipe par Peter Robinson,  une fort bonne équipe mais qui n’a pas autant d’humour de celle des Yorkshire Detectives et les mêles-touts qui les entourent.
D’autre part, il y a un gros clin d’œil aussi au célèbre vétérinaire James Herriot, l’auteur de « All creatures great and small », relatant les expériences souvent hilarantes d’un jeune vétérinaire dans le Yorkshire.
Ici, dans Bruncliffe, apparemment, tous les vérérinaires – portant pourtant un patronyme différent – sont surnommés « Herriot » ! j’ai vraiment apprécié le clin d’œil.

Ce « cozy mystery », premier d’une série qui promet d’être amusante (sil elle tient ses promesses), avec des personnages hauts en couleurs et un détective privé obligé de faire profil bas par rapport à son job de Londres, dont on espère apprendre plus dans les prochains romans.

Ce polar de Julia Chapman (pseudonyme de la romancière  Julia Stagg) est une lecture divertissante, un livre de vacances qui se lit très vite. Il a été traduit parce que la maison d’éditions le compare aux enquêtes d’Agatha Raisin dans les Cotswolds.
J’espère que, contrairement à la série « Agatha Raisin », la série de Julia Chapman ne s’essoufflera pas aussi rapidement.

A suivre.

 

30 mai 2018

SNAKE BITE, de Andrew Lane

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The Young Sherlock Holmes series – Book 5

Lorsque notre histoire commence, à peine revenu d’Edimbourg, Sherlock Holmes est en route vers la Chine à bord du Gloria Scott, dans lequel il a été jeté comme passager clandestin par ceux qui ont drogué son thé dans la bibliothèque de son oncle à Farnham. 

Accepté comme jeune marin par le second et le capitaine du navire commerçant,  Sherlock s’est fort bien adapté à la situation et a gagné la camaraderie de l’équipage ; il leur joue même du violon (mal) le soir lorsque le rhum coule un peu fort, il s’est fait un ami du cuisinier chinois du bord qui lui apprend le cantonais et le tai chi.
Avec tout cela, plus le travail qui lui incombe à bord du navire, Sherlock n’a pas le temps de s’ennuyer, ni surtout de penser à l’Angleterre = son frère Mycroft, ses professeurs Amyus Crowe et Rufus Stone, ses oncle et tante, son ami Matty et surtout Virginia.

Lorsqu’une tempête particulièrement forte se déclare, Sherlock et l’équipage ont fort à faire pour maintenir le navire à flot – à peine la tempête est-elle passée et l’équipage souffle un peu, qu’arrive une jonque pirate.
Effrayant, mais heureusement, l’intérêt porté au tai chi lui permet de se défendre sérieusement contre les pirates.
C’est avec soulagement que l’ équipage du Gloria Scott fait escale dans un port, afin de charger de la marchandise et un passager payant. L’une de ses bagages, un grand coffre, attire l’attention de Sherlock, puis il descend comme les autres marins. 
Enfin, la Gloria Scott atteint Shanghaï sans encombre et Sherlock descend pour découvrir la ville, tout en promettant à son ami Wu Chung le cuisinier de lui rendre visite dans sa famille.

Agressé par des jeunes délinquants chinois, Sherlock est aidé et s’en sort grâce à Cameron Mackenzie, un adolescent comme lui qui habite à Shanghaï et l’invite chez lui afin que son nouvel ami lui parle de l’Amérique,
Cameron est américain mais n’a jamais mis les pieds aux Etats-Unis.
Les Mackenzie reçoivent Sherlock avec beaucoup de gentillesse. Une chose intrigue Sherlock cependant, c’est une petite ombre, ressemblant à un singe, qui semble s’être introduit dans le jardin. Il reverra cette "chose" à d'autres occasions, chaque fois de manière inquiétante.

Le lendemain, Holmes et Cameron décident de rendre visite à Wu Chung, c’est héla pour découvrir que ce dernier est mourant, il a été mordu par un serpent. Examinant la morsure, Sherlock est intrigué par la plaie inégale, puis laisse tomber. Il est peiné non seulement pour la famile mais aussi pour lui-même, c’est la première fois qu’un ami meurt.
Au dîner du soir chez les Mackenzie, Sherlock Holmes retrouve le passager du Gloria Scott, un homme à la peau gris-bleu, mais aussi le capitaine d’un navire américain qui va remonter le Yang-Tze avec des dignitaires chinois.
Le lendemain, Cameron et Sherlock découvrent Mr. Mackenzie tué d’une morsure de serpent, cette fois Sherlock est convain qu’il s’agit d’un crime car sur la table du bureau figurent des grands plans.
Intrigué, Sherlock découvre une sorte de code, il est persuadé qu'un attentat va être commis à bord du navire américain.

Avec l’aide du fils de Wu Chung et Cameron Mackenzie qui veulent tous deux venger leurs pères respectifs, Sherlock se met en route pour prévenir un complet qui pourrait  dégénérer en guerre entre la Chine et les Etats-Unis.

Mon avis = encore positif – une haletante course contre la montre, avec les dangers du fleuve le long de la route de l’esquif sur lequel Sherlock et ses amis tentent de rallier le navire américain.
Sherlock a découvert l’identité de l’un des chefs du complot, qui sera sans pitié face au jeune garçon, mais ce dernier commence à avoir l’habitude, avec ceux de la Paradol Chamber qui lui en veulent personnellement.

L’auteur Andrew Lane écrit  et décrit de manière très vivace la tempête et ensuite les pirates qu’affrontent les marins  de la Gloria Scott. Bien que ce soit écrit pour la jeunesse, j’avoue que je marche à tous les coups avec ces histoires pleines d’intrigues., d’ennemis à combattre mais aussi de sympathiques rencontres amicales.
Des petites touches d’humour sont toujours disséminées dans les romans, et ici on découvre l’un des autres centres d’intérêt qui feront le Sherlock Holmes de Conan Doyle = Sherlock est intrigué par les découvertes de la chimie, s’intéresse particulièrement aux arts martiaux et met parfaitement en application les enseignements d’observation et de codes enseignés par Amyus Crowe.

Il y a également un petit clin d’œil au futur Sherlock Holmes adulte, lorsque l’adolescent Sherlock réfléchissant aux maladies se dit qu’être le copain d’un médecin, cela doit être bien facile dans la vie.
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CIRCE, de Madeline Miller

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Fille du titan Helios, dieu du soleil, souvent confondu avec Apollon,  et d’une nymphe, prétentieuse et superficielle, la petite Circé (prononcez Kirkè), leur premier enfant sera rapidement délaissée par sa mère pour manque de « beauté » et parce qu’elle a une horrible voix.  
En fait ces dieux totalement egocentrés ne savent pas ce qu’est une voix humaine et c’est la voix que possède la petite Circé.
Son nom signifie « faucon » ou « oiseau sauvage ».
Lorsque naissent les autres enfants du couple, elle est d’autant plus mise à l’écart, se réfugiant auprès de son père la plupart du temps, bien qu’il ne soit pas particulièrement intéressé par cette enfant non plus.
Tout ce manque d’intérêt et d’amour va provoquer des événements qui banniront Circé sur l’île d’ Aiaia – elle possède des dons de magicienne qu’elle ignorait jusqu’alors et lorsqu’elle les découvrit, les utilisa pour se venger de la stupide nymphe Scylla, transformée en monstre dévorant les marins. (Freud se réjouirait de ce type de famille)

Isolée sur cette île déserte, qui n’est pas vraiment un rocher aride, où elle vivra désormais parmi une nature et des animaux généreux, avec des armoires où les vivres ne diminuent jamais, où la vaisselle est d’or.
Malgré l’isolement, elle rencontre Hermès, messager des dieux, toujours à la recherche de quelque plaisanterie de mauvais goût ; ils deviennent amants, parce que ça les amuse, pas parce qu’ils s’apprécient.
Finalement ils mettent fin à cette idylle nouée par désoeuvrement.

A cause de sa sœur Pasiphaë, elle sera obligée d’assister sa sœur à accoucher du Minotaure, et par la même occasion nouera une belle amitié avec Dédale, prisonnier de Minos et Pasiphaë.  
Un jour débarque un bateau avec sa nièce Médée et son amoureux Jason, ils doivent être lavés de l’assassinat du frère de Médée afin de pouvoir se marier.

Revenue dans son île, Circé doit faire face à de multiples bateaux s’arrêtant là, profitant de son hospitalité comme de véritables porcs dès qu’ils réalisent qu’elle est une femme seule.
Désormais elle transformera dans ce qu’ils méritent en fonction de leur comportement bestial (des pourceaux de préférence) tous ces marins profiteurs. Jusqu’à ce que l’équipage d’Ulysse soit aussi transformé, leur chef, protégé par Hermès, ne succombe pas aux philtres magiques, par contre il s’incruste dans la vie de Circé. Au bout de 3 ans, ils se séparent et lorsqu’il est déjà en route pour Ithaque, Circé est enceinte. Le jeune Telegonos (ou « né au loin ») va s’avérer un enfant difficile qui un jour décida de se rendre à Ithaque.
Comme si les choses n’étaient pas encore suffisamment compliquées, Athena, la déesse tutélaire d’Ulysse, s’en mêle.

Vous pouvez toujours compter sur les dieux pour faire en sorte que rien ne tourne rond. 

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Mon avis – amusante réécriture du mythe de la magicienne Circé – la romancière  Madeline Miller n’a toutefois pas osé utiliser comme fin de son histoire le mariage de Pénélope avec Telegonos, le fils de Circé.
Ulysse est tué par le dard d’une raie que Circé avec donné à son fils pour se défendre. Hélas ce fut Ulysse qui se piqua.
C’est Athena qui ordonne à Pénélope d’épouser Telegonos !!!!!
mais de quoi je me mêle.
La jeune romancière a modifié cette fin un peu bizarre, pour une fin plus tendre envers Circé, mais selon moi tout aussi bizarre.

Par ailleurs, elle fait de Circé une réelle victime des circonstances, à commencer par une famille totalement dysfonctionnelle, où elle est littéralement harcelée, tyrannisée par toutes les ridicules naïades qui tourmentent les autres lorsqu’elles s’ennuient.
J’ai aussi eu l’impression que la malheureuse Circé était la victime de la colère et la vengeance de ceux qui l’entouraient – l’une des scènes les plus cruelles est certainement celle où elle réalise que son père la déteste autant que sa mère le fait, alors qu’il lui semblait lui témoigner de l’affection.

Le problème de Circé est qu’elle est honnête, ne comprend pas la manipulation, l’hypocrisie. Parfois je l’ai même trouvé assez bête dans la manière dont elle accorde sa confiance à des personnes qui, on s’en rend rapidement compte, n’ont pas vraiment de bonnes intentions.
Bon, on ne va pas aller chercher des faits véridiques dans des légendes, sinon on n’en sortira plus.
Les mythes ont été écrits pour que les humains sachent que des être supérieurs existaient et que l’existence des humains se devait d’être conforme à ce que souhaitaient les divinités.  Les dieux de l’antiquité ont toujours aimé s’amuser aux dépens des humains.

On n’est pas sortir du tunnel là !

Bref c’est une histoire pour qui aime les mythes comme moi, et qui aime ironiser sur la manière dont les romanciers traitent les histoires en les adaptant en fonction de leur imagination. C’est assez joliment écrit, cela se lit très vite.

Une lecture récréative.

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29 mai 2018

FIRE STORM, de Andrew Lane

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Titre français = Aux Portes de l’Enfer – les premières aventures de Sherlock Holmes 

The Young Sherlock Holmes Series – Book 4

Pas simple de jouer du violon – Sherlock Holmes, ayant repris ses cours avec Rufus Stowe après les événements en Russie, s’en rend compte – Stowe lui exprime que s’il semble maîtriser une partie de la technique, il joue sans sentiment… Sentiment … un mot difficile pour Sherlock, difficile à exprimer surtout.
Son copain Matty Arnatt le taquine en disant qu’il a coupé l’appétit de son vieux cheval avec son violon !! Ayez des amis !!
Dans la bibliothèque de son oncle à Holmes Manor, Sherlock surprend la détestable Mrs. Eglantine qui fouille les rayonnages – heureusement elle ne l’a pas vu. Intrigué le jeune garçon décide de la suivre, il retrouve Matty au marché et ils suivent la gouvernante qui s’adresse à un type aussi détestable qu’elle = un maître-chanteur qui vit de la détresse et de la peur qu’il inflige aux autres.
Cet homme a lui aussi prise sur son oncle et sa tante et Sherlock décide que cela doit cesser. Aujourd’hui. 

Avec ou sans l’aide de Matthias ; ce dernier est toutefois un ami fidèle et ensemble ils vont se rendre dans la tanière du maître chanteur – une tannerie – où les jeunes gens trouvent des papiers grâce auxquels Harkness le maître chanteur a prise sur les gens de Farnham.
N’écoutant que leur courage, Sherlock et Matty vont tout faire pour débarrasser le village et Holmes Manor des extorqueurs et dans la foulée, Sherlock apprend le secret qui pèse lourd sur sa famille.

Le cœur content de ce qu’ils ont accompli, Matty et Sherlock décident d’aller en parler avec Amyus Crowe et – surtout – Virginia.

A leur grande surprise, le cottage est totalement vide, comme si jamais personne n’y avait habité. Un indice toutefois met Sherlock sur une piste.
Piste qui va les mener tout droit à Edimbourg – hélas, ils vont avoir affaire à beaucoup plus fort qu’eux, surtout beaucoup plus cruel.

Mon avis = à nouveau très  positif, j’ai passé un excellent moment de lecture pleine de suspense, d’aventure et d’action. Je ne peux m’empêcher de comparer ces « Aventures du jeune Sherlock Holmes » avec la série télévisée « The Young Indiana Jones » , dans laquelle le jeune Indy se lance aussi tête baissée dans des enquêtes, mais le plus souvent droit dans le danger.
J’ai retrouvé avec plaisir Matty, qui était absent de l’enquête précédente – et j’ai retrouvé avec plaisir la description d’Edimbourg et alentours. Avec les aventures du jeune Holmes, c’est évident que l’on voyage = aux Etats-Unis, à Moscou. A présent en Ecosse.

Le court roman se termine sur ce que les anglo-saxons appellent un « cliffhanger », un terme que d’aucuns traduisent par « laissé en suspens ».

Une fois de plus, je déplore la manière dont l’auteur fair « parler » Amyus Crowe – à l’américaine, en tronquant certains mots – parfaitement inutile je trouve, et laid en plus.
C’est, pour moi, le seul point négatif des romans.

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BLACK ICE, de Andrew Lane

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 Titre français = L’Espion de la Place Rouge – les Premières Aventures de Sherlock Holmes

The Young Sherlock Holmes series – Book 3

Pas facile d’être apprenti détective, on passe de nombreuses heures à apprendre des choses qui vous paraissent totalement inutiles, sous prétexte qu’il faut observer. Sherlock Holmes, 14 ans, s’ennuie mortellement au milieu du lac où son mentor, Amyus Crowe lui apprend à pêcher, mais également à observer les mouvements du soleil et des ombres sur l’eau.
Heureusement, une lettre arrive, émanant de Mycroft Holmes à Londres. Ils ont rendez-vous au Diogenes Club, dans la salle des rendez-vous, où il est autorisé de parler.
Lorsque Crowe et Sherlock sont introduits dans la salle, ils sont accueillis par un Mycroft totalement désorienté, tenant un couteau à la main.
Dans un des sièges, un corps, celui d’un homme poignardé.

Il n’en faut pas plus pour la police londonienne de l’arrêter – il ne fait aucun doute pour le sergent de service que ceci sera une affaire rondement menée = ils ont l’arme et le coupable a été pris sur le fait.Le sang de Sherlock ne fait qu’un tour et il veut innocenter son frère. Amyus Crowe est évidemment d’accord avec cela, pour lui de toute façon, les déductions de la police sont beaucoup trop rapides – il n’y avait même pas de sang sur la lame, ce que le sergent balaie de la main, le coupable aura tout simplement essuyé la lame sur le costume du mort. Or il n’y a aucune autre trace de sang que celle autour de la blessure.
A la recherche de preuves pour innocenter son frère, Sherlock et Crowe se séparent temporairement dans Londres ; cela va s’avérer une aventure fort dangereuse pour le jeune garçon ayant perdu son chemin – il fera connaissance avec ce que les enfants des rues peuvent faire lorsqu’ils sont à la poursuite d’un garçon qui ne reconnaît pas son chemin.

Lorsque Crowe retrouve Sherlock, ils se rendent dans un musée naturel, privé, où ils se retrouvent dans une salle remplie d’oiseaux empaillés, sauf un, auquel il ne sera pas facile d’échapper !!!
Entretemps Mycroft Holmes a été libéré de prison, grâce au Diogenes Club – pour lui il ne fait aucun doute que tout est lié à la disparition de son agent à Moscou – le frère aîné de Sherlock étant un membre important du ministère des affaires étrangères.

Au grand étonnement de Sherlock et Crowe, Mycroft en personne décide de se rendre à Moscou, sous couverture d’être le directeur d’une troupe théâtrale, or Mycroft Holmes déteste voyager – Sherlock l’accompagnera en qualité de stagiaire et Rufus Stone, le violoniste.
Amyus Crowe est opposé à ce voyage et ne les accompagnera pas. Il est convaincu que c’est un piège.

Il ne pense pas si bien dire ! 

Mon avis = positif comme à chacune des premières aventures du jeune Holmes – ses facultés de déduction ne sont pas encore totalement aiguisées, mais l’enseignement de Crowe commence à porter ses fruits malgré tout. Sherlock retrouve aussi le violoniste qui lui a donné l’envie de jouer du violon et, comble de joie, il a trouvé un magnifique instrument.
Les ennemis de la famille Holmes ont désormais un nom, il s’agit de « Paradol Chamber », une société secrète ayant décidé de prendre le contrôle du monde ! (comme c’est original).
Quelques revirements de situations, des gens qui ne sont pas ceux qu’ils prétendent, un bon suspense.

Pour ce qui est du style d’écriture, je ne comprends pas pourquoi, sous prétexte que le personnage d’Amyas Crowe est Américain, l’auteur Andy Lane trouve nécessaire de lui faire commencer ses phrases par « A …. » pour « I…. », sinon le style est parfait surtout si l’on tient compte du fait qu’il s’agit d’une série pour la jeunesse.

J’ai regretté l’absence du jeune copain de Sherlock, Matty, qui reste à Farnham où ils habitent, ainsi que Virginia qui n’apparaît guère.

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28 mai 2018

LUMIKKO, de Pasi Ilman Jääskeläinen

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Titre original finlandais =  Lumikko ja yhdeksän muuta

Au sein d’une petite ville finlandaise (au nom imprononçable), Ella Milana,  professeur de finlandais vacataire,  a eu l’immense surprise – et plaisir – d’être acceptée par la romancière de livres d’enfants Laura Lumikko au sein de sa Société littéraire.
Ella vient de perdre son père, un ancien joggeur ayant développé la maladie d’Alzheimer, c’est un soulagement pour elle et sa mère.
Ella a déjà eu quelques problèmes avec la bibliothécaire à propos d’un livre dont la fin a été modifiée et apparemment ce ne serait pas le seul livre ayant subi les effets de cette bactérie tueuse de livres.
Bien sûr, la bibliothécaire fait aussi partie de la Société littéraire, leurs relations ne commencent donc pas sous les meilleurs auspices.
Ce n’est pas la seule chose qui va mal = lors de la réception donnée en l’honneur d’Ella, devenant le 10ème membre de la Société, Laura Lumikko, disparaît pendant la tempête de neige que rien n’annonçait.

Ella a reçu le livre du « Jeu », un jeu inventé par Lumikko, où chaque membre a le droit de poser des questions à un autre membre, obligé d’y répondre (ils appellent cela « déverser »). C’est au cours d’un de ces interrogatoires qu’Ella réalise qu’elle n’est pas la première à être le 10ème membre – un jeune garçon, très doué, le fut aussi lors des débuts de la Société – il disparut un beau jour sans laisser de  traces – mort naturelle ou pas ?
Ella décide de découvrir ce qui s’est passé – comme toujours, découvrir une vérité que personne  n’a envie d’avouer peut s’avérer dangereux – mais ce « Jeu » inventé par Lumikko n’est-il pas dangereux aussi ? ce jeu a quelque chose de malsain, mais il faut le jouer.

Qu’est devenue Lumikko ? comment peut-on disparaître ainsi, sans laisser de traces ?

Mon avis = TRES enthousiaste – est ce un thriller ? oui – est ce un roman teinté de fantastique ? oui.  Est-ce une histoire sur le plagiat ? peut-être – est-ce un roman sur l’art d’écrire ? absolument.

Et c’est ce qui a fait, pour moi, le principal charme et intérêt de ce roman. Que je qualifierais d’ »inclassable » vu son mélange des genres.

L’histoire est insolite ; Ella, l’anti-héroïne menant son enquête, semble être le double littéraire de l’écrivain Pasi Ilman  Jääskelläinen qui est lui aussi professeur de finlandais, ayant déjà publié un recueil de nouvelles, avant de se lancer dans ce roman « Lumikko ».
Son style est celui, selon les critiques, du « réalisme magique », appellation pour un roman où l’histoire comporte des éléments surnaturels, irrationnels, là où tout est réaliste. Je ne suis généralement pas très « fan » d’étiquettes et les critiques littéraires, comme les critiques d’art, sont pour moi des personnes qui disent parfois un peu n’importe quoi.

Le mot « Lumikko » signifie « belette » paraît-il – je suppose que ce nom n’a pas été choisi par hasard pour nommer une romancière qui disparaît sans laisser de traces, comme la belette le fait lorsqu’elle se réfugie dans son terrier aux multiples couloirs, couloirs que sont ici les méandres de la mémoire des membres de la Société.
Je sais c’est chercher un peu loin de ma part, mais vous me connaissez, j’adore chercher la petite bête (je sais, c’était facile et téléphoné comme chute =^-^=)

A lire séance tenante !

un autre avis sur ce livre chez marilyne- lire&merveilles qui m'a donné envie de le lire  et aussi chez lewerentz-lenezdansles livres

SUR LA ROUTE AVEC SPRINGSTEEN, d'Olivier Démoulin

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Daniel, 15 ans, vient d’être opéré d’une appendicite aiguë. Il est encore sous l’effet de l’anesthésie lorsque le soir même une jeune fille arrive dans la chambre, pensant que celle-ci était vide. Bient que Daniel la questionne (quel est son nom ? d’où vient-elle ?) « elle »  ne lui répond pas, reste mystérieuse, décide de passer la nuit dans la chambre mais pas avant avoir fait écouter son chanteur-musicien favori = l’Américain Bruce Springsteen, un grand inconnu en France à l’époque, sauf par quelques vrais fans.
Après cette rencontre à la fois musicale et sentimentale (du moins pour Daniel – « elle » ayant disparu), Daniel va partir à la découverte de Springsteen à travers tout l’univers musical de cet artiste hors pair.

Le destin va hélas jouer un très mauvais tour à Daniel. Ayant reçu un petit mot d’ « elle », où elle lui révèle enfin son nom (qui déçoit un peu notre ado amoureux = elle se nomme Valentine), elle lui fixe rendez-vous dans un café face au stade où Bruce Springsteen va se produire.
Un moment de distraction, dû à un moment de panique, un autobus et c’est l’accident.

Ne dit-on pas qu’il y a un dieu pour les ivrognes et les amoureux ? il y en a certainement un pour ceux qui aiment Bruce Springsteen et, après de nombreux chemins de traverse, Daniel et Valentine  se retrouvent.
Que leur réserve l’avenir ? 

Mon avis = positif - je lui ai donné  4 sur 5 étoiles sur une plateforme de lecture  car ce roman parle d'un chanteur que j'apprécié énormément, et à travers l'histoire de ses concerts en France, l'histoire d'un coup de foudre entre deux ados, un amour qui ne trouvera une conclusion que 30 années plus tard, avec, entretemps, pas mal d'accidents de parcours - j'ai été moins émue par leur histoire que je n'ai parfois été émue par d'autres protagonistes dans les romans d'Olivier Démoulin, j'ai trouvé l'histoire de Daniel et "Elle" (dont on découvrira le nom plus tard) un peu superficielle, c'est selon moi dû au caractère égocentrique de Valentine..

Par contre j'ai bien aimé la mise en abyme (petit clin d'oeil) que s'adresse l'écrivain, qui n'est encore que journaliste, mais dont un premier ouvrage prend forme; Mr Démoulin m'a confirmé que ce livre était celui qui lui était le plus personnel, cela se sent à travers la force d'admiration voire d'amour qu'il a pour Bruce Sprinsteen.

Et comme je le comprends ! j’ai découvert Bruce Springsteen il y a 40 ans, grâce à un couple d’amis américains, de passage en Belgique pour quelques années – ce ne fut peut-être pas le même  « choc » que pour Daniel, le personnage du livre d’Olivier Démoulin, néanmoins je l’apprécie énormément depuis – j’aime ce que raconte ses chansons, j’aime les idéaux que le chanteur-compositeur défend. J’aime sa musique qui oscille entre rock pur et dur, chansons engagées et balades.

Je ne connais pas l’histoire de Bruce Springsteen aussi bien que ne la connaît Olivier Démoulin, mais ce livre vaut réellement d’être lu.

 bruce springsteen par jef aerosol (en façade d'un disquaire bruxellois)

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 pour ceux et celles qui le souhaitent, un petit coup de springsteen