mon bonheur est dans la ville

04 février 2023

CINEMA DANS UN FAUTEUIL

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THE PALE BLUE EYES de Scott Cooper – scénario de Scott Cooper d’après le roman gothique de Louis Bayard
Automne 1830, le détect
ive à la retraite Augustus Landor, veuf ayant perdu sa fille unique, est sollicité par la direction de l’académie militaire de West Point afin d’enquêter sur la mort par pendaison d’un cadet de l’académie, un certain Leroy Fry – lorsqu’il étudie le corps à la morgue, Landor comprend qu’il ne s’agit pas d’un suicide mais d’un crime, détail horrible = le cœur de Fry a été « enlevé » du corps après pendaison –
Le jeune cadet, Edgar Allan Poe, tenu souvent à l’écart par ses condisciples, s’intéresse à cette affaire et Landor lui propose de l’aider en observant les cadets de sa promotion – un fragment de billet est retrouvé dans la main du mort, mais sans apporter d’indice supplémentaire – dans la région des morts de vache et de mouton, dont le cœur a été retiré aussi, fait penser à des rituels de magie noire – un autre cadet est retrouve quelque temps après, pendu lui aussi, le cœur et le sexe ayant aussi été retirés – un 3ème cadet, ami des deux morts, fuit car il a peur d’être la prochaine victime –
Landor confronte le médecin de West Point dont la fille souffre d’épilepsie – Poe est tombé amoureux de la jolie Lea – après une séance de magie noire particulièrement effrayante (surtout pour Poe), l’affaire semble être résolue et la direction de West Point remercie Landor pour son travail – mais l’affaire est-elle réellement résolue ?

J’ai particulièrement apprécié ce film, où un retournement de situation attend les spectateurs/trices tout à la fin du film, qui est un peu long parfois – j’aime beaucoup les ambiances de romans gothiques et le scénario est adapté du roman homonyme de Louis Bayard, que j’ai l’intention de lire bientôt –
Christian Bale est un détective retraité, un peu alcoolique, peu intéressé par ce qui l’entoure, mais qui accepte cette enquête, il est formidable – l’interprète d’Edgar Allan Poe est un acteur que je ne connaissais pas du tout, Harry Melling, mais qui ressemble assez bien physiquement au personnage - 
D’autres noms du cinéma comme Gillian Anderson, Toby Jones, Timothy Spall, font partie de la distribution

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PINOCCHIO de GUILLERMO DEL TORO – scénario de Del Toro & Patrick McHale – d’après une histoire de Matthew Robbins, adaptatée du roman de Carlo Collodi
Guillermo del Toro
a utilisé la technique de « stop motion » (inventée par Ray Harryhausen) pour conter l’histoire de cette marionnette qui rêvait de devenir un vrai petit garçon, mais qui n’arrivait pas à suivre les règles sévères, instaurées entre autres par le régime italien fasciste – Geppetto ayant perdu son fils lors de la 1ère guerre mondiale, il sculpte une marionnette qui dans son cœur remplacera l’enfant perdu – un cricket qui passait par là deviendra la conscience de la marionnette, mais on ne peut pas dire qu’il soit bien écouté – de multiples aventures et mésaventures attendent Pinocchio, et même Gepetto finira par s’énerver,, jusqu’à ce qu’il comprenne qu’il  ne fallait vouloir un enfant comme son Carlo, mais accepter Pinocchio tel qu’il est – peut-être n’est il pas trop tard ?

Comme toujours dans les films d’animation ce sont les voix d’acteurs qui sont dans la distribution – ici j’ai reconnu qu’Ewan McGregor dans le rôle de Jimminy Cricket – Christopher Waltz est le méchant de l’histoire, cela ne devrait pas étonner le specteur vu que Waltz a surtout joué des rôles de méchant, et il adore cela selon ses dires - 

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MURDER MYSTERY de Kyle Newacheck – scénario de James Vanderbilt –
Nick Spitz est policier à New York, son épouse Audrey est une coiffeuse recherchée dont le rêve depuis toujours est de visiter l’Europe – alors qu’il n’a toujours pas obtenu la promotion qu’il mérite pourtant (mais les examens ma bonne dame, c’est pénible) – lors de leur 15ème anniversaire de mariage, Audrey se fâche à propos de ce voyage et là, Nick lui montre les tickets – les voilà donc à bord de l’avion, classe touristes –
Audrey décide de se rendre aux toilettes et risque un œil sur la 1ère classe – elle y rencontre Charles Cavendish, richissime scion d’une grande famille – spontanément il invite le couple sur le yacht de son oncle – là sont déjà installés les membres de la famille, choqués par la présence de personnes étrangères à la famille – arrive le riche tonton qui annonce qu’il va changer son testament en faveur de sa nouvelle, jeune, épouse (l’ex-de Charles) – au moment de signer, les lumières s’éteignent et lorsqu’elles se rallument, le tonton est mort – accusés du crime par la police de Monte Carlo où le yacht accoste, Nick & Audrey décident de mener leur propre enquête – les morts vont quand même s’accumuler et pour l’inspecteur français, ce sont ces « Américains », c’est sûr –

J’ai gardé ce résumé pour la fin, car cette comédie policière loufoque méritait de clôturer des séances sérieuses –
Le couple d’américains est joué par Adam Sandler et Jennifer Aniston – en général ces deux acteurs m’agacent parce qu’ils surjouent, mais ici cela se passe très bien, bien que Sandler pousse un peu la vulgarité – parmi la panoplie d’acteurs on trouve le séduisant Luke Evans, mais aussi Terence Stamp dans le rôle de l’oncle de Cavendish – l’une des interprètes féminines est Gemma Arterton -
ma toute grande surprise du film a été Dany Boon dans le rôle de l’inspecteur français qui ne comprend rien à rien – un bon moment de détente, sans prise de tête

je ne suis pas encore retournée à ma médiathèque où les nouveaux arrivages de dvd se font rares (plus assez de budget paraît-il, c'est la faute aux plateformes) - mes enfants m'ayant offert un abonnement à la plateforme netflix, j'y découvre régulièrement quelques films qui m'intéressent et me plaisent - c'est donc là le cinéma dans un fauteuil du titre, mais il est évident que rien ne vaut le cinéma sur grand écran, mon problème est que les films qui m'intéressent deviennent de plus en plus rares - 

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03 février 2023

THE BANSHEES OF INISHERIN, de Martin McDonagh

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Colm et Padraic étaient amis depuis l’enfance, on ne voyait jamais l’un sans l’autre – « étaient » oui hélas car sans prévenir, d’un jour à l’autre, Colm a décidé que Padraic était terne et que leur relation ne lui apportait plus rien que de l’ennui – or il a envie de se remettre à la musique –
Au lieu d’avoir expliqué cela à Padraic, il le laisse choir sans autre forme de procès et finalement lorsqu’il se décide à le dire à celui qui continue à se considérer comme son ami, Padraic (pas très fûté il faut le dire) n’accepte pas l’explication –
Tout le village en parle de cette « rupture ; il faut dire que sur l’île tout le monde se mêle de tout, c’est infernal –

pour Siobhan (prononcez Chivone, cela m’a servi à quelque chose de suivre des cours de civilisation celtique), sœur de Padraic,  la situation est devenue tellement insupportable que la jeune femme, qui adore la lecture, a sollicité un emploi sur le continent (l’Irlande) – pour vous dire comme l’île est pleine de mêles-tout, l’épicière faisant office aussi de postière, lit carrément les lettres de ces concitoyens lorsqu’une lettre arrive –
Il y a très peu de personnes gentilles à Inisherin, même le curé venant d’Irlande se mêle de tout, sous couvert de confession. Et ne parlons même pas du Garda (policier) de l’île qui se croit omnipotent parce que « flic » ; il maltraite physiquement et moralement son fils un peu simplet, qui espère qu’un jour Siobhan pourrait l’aimer – la jeune femme préfère ne lui laisser aucune illusion et prend la prochaine navette pour l’Irlande, Padraic en est tellement triste qu’il fait entrer son petit âne dans la maison –

Comme la situation déstabilise totalement Padraic, il continue à « harceler » Colm de ses questions et de son envie de renouer leurs relations, celui-ci profère une menace pour le culpabiliser, qu’il mettra à exécution devant l’incompréhension de Padraic – et cela amènera des conséquences bien dramatiques.

Ne cherchez pas Inisherin, cette petite île au large de l’Irlande n’existe pas, elle est née de l’imagination du metteur en scène / scénariste Martin McDonagh.
Cette histoire est présentée comme une « comédie dramatique » mais pour moi il s’agit d’un drame purement et simplement, vu les conséquences qu’ont certaines situations.
Les non-dits, ignorer les gens, en s'imaginant que le problème va s'en aller "naturellement" est une grossière erreur - aucune personne ne mérite d'être larguée comme une vieille chaussette, sans le moindre mot d'explication.

Colin Farrell interprète fort bien Padraic, qui n’arrive pas à comprendre pourquoi son ami de toujours le laisse tomber sans aucune explication, et lorsqu’il en recevra une, croyez-moi elle vous coupe la respiration –

Farrell vient d’être nominé aux oscars dans la catégorie « comédie », cela prouve une fois de plus que les oscars ne comprennent rien à rien car cette histoire est un drame à beaucoup de niveaux –
Brendan Gleeson est cet « ami », Colm Doherty, musicien ayant envie de composer sa dernière œuvre avant de mourir, il apporte toute sa masse corporelle et puissance à ce rôle –
Kerry Condon est Siobhan Súilleabháin (= Sullivan en anglais) – elle interprète avec gentillesse cette jeune femme aimant lire, détestant que l’on se mêle de ses affaires -
Barry Keoghan est le fils martyr du policier joué par Gary Lydon.

Les deux acteurs principaux renouent le tandem qu’ils formaient dans le film « In Bruges ». également écrit et réalisé par Martin McDonagh.

L’histoire se situe en 1923 à l’époque de la guerre civile d’Irlande (catholiques vs. protestants) car on entend au loin des éclats d’armes mais on en parle peu ou pas sur l’île ; la bêtise et/méchanceté de certains habitants est d’ailleurs aussi grave que la guerre au large de l’île.
Le décor est joli mais finalement on voit moins de paysages que je ne l’espérais en allant voir le film.

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Que sont les « banshees » => dans la mythologie celtique irlandaise – elles sont considérées comme des magiciennes, mais surtout comme des messagères de l’autre monde  (le Sidh) – la caractéristique majeure des banshees est d’annoncer les morts, ou d’être un présage de mort à qui les voit –
Dans le folklore et tradition irlandaise elles sont celles qui apportent des lamentations funèbres au moment du décès et des funérailles du défunt – toujours elles sont considérées comme des pleureuses – les détails de leur représentation peuvent certainement se retrouver sur le net –
Les détails dans mes notes sont un peu trop nombreuses et ne sont pas vraiment le but de ce billet –

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THE BLACK-EYED BLONDE, de Benjamin Black

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Titre original = the Black-eyed Blonde

Auteur.e  = Benjamin Black (pseudonyme de John Banville), littérature anglophone (Irlande)

Titre français = la Blonde aux Yeux Noirs

Genre = polar, pastiche des romans de Raymond Chandler

Personnages = Philip Marlowe, détective privé ; Clare Cavendish, héritière des parfums Langrishe, cliente éventuelle ; Richard Cavendish, son époux champion de golf ; Nico Peterson, amant de la jolie héritière, disparu ; Everett Edwards, demi-frère de l’héritière, héroïnomane ; Mrs. Langrishe, créatrice et propriétaire des parfums ; Joe Green, vieil inspecteur, ami de Marlowe ; Bernie Ohls, inspecteur en chef ; Wilberforce Canning, propriétaire d’un club privé ; Lynn Peterson, sœur du disparu ; Lopez & Gomez, tueurs mexicains ; Terry Lennox, copain que Marlowe a tiré d’un mauvais pas ;

Résumé = Ce jour du début d’été, la Californie est écrasée de chaleur ; Philip Marlowe, détective privé manquant furieusement de clients, passe son temps à regarder par la fenêtre et regarder la secrétaire des bureaux face au sien – il aperçoit par ailleurs une ravissante créature observant son étage, va-t-elle se décider se demande le détective ? il aurait mieux fait de ne pas espérer cela car la jeune femme va l’entraîner dans une spirale de problèmes dont il se serait bien passé –
Clare Cavendish, puisque tel est son nom, blonde ravissante et le sachant, lui demande de ses grands yeux noirs « innocents » s’il pourrait retrouver son amant, Nico Peterson –
Marlowe qui lit quand même la presse de temps en temps, lui dit que ce nom figurait dans la rubrique nécrologie, ce à quoi elle lui répond qu’elle l’a aperçu récemment dans le centre de la ville –

Marlowe a un cœur d’artichaut, il suffit qu’une jolie femme, blonde, aux jambes longilignes qu’elle sait exactement comment croiser et surtout le regarder avec insistance au travers de ses beaux cils, d’un regard quasi prometteur, pour qu’il ait immédiatement envie de se mettre à son service et plus si affinités, elle n’est pas farouche la blonde, vu qu’elle et son mari vivant à ses crochets ont un « accord » –
il accepte donc la mission, puis lorsqu’elle a quitté son bureau, Marlowe réalise que non seulement elle n’a pas pris le contrat à remplir mais surtout qu’elle n’a pas payé l’acompte prévu – côté finance cela ne commence pas bien- si ce n’était que cela, mais Marlowe qui sait à qui il faut (ou pas) poser les « bonnes » questions (ou pas) va se retrouver dans une spirale de violences, selon les rencontres que son métier lui fait rencontrer – à commencer par les sadiques tueurs mexicains qui ne font pas dans la dentelle –

Philip Marlowe finit par aboutir au club privé où on prétend ne pas savoir ce dont il parle, ce qui le fait bien ricaner – on ne donne cependant pas un coup de pied dans une fourmilière sans danger, cela aussi il le sait mais que voulez-vous on ne se refait pas –  

Avis personnel = les pastiches ne sont pas chose aisée, même si l’auteur.e porte une réelle admiration à celui ou celle qu’il « copie », lesdits pastiches peuvent même s’avérer un exercice dangereux pour l’auteur qui s’y colle s’il rate son coup -  

lors du décès  de Raymond Chandler fut retrouvée  une liste de titres que cet excellent auteur de polars américains avait établie pour de futurs thrillers et romans – se basant sur cette liste, Benjamin Blake (auteur de la bonne série « Quirke ») décida de choisir le dernier titre de la liste, se rapportant à la belle blonde, qui va évidemment s’avérer plus dissimulatrice que prévu –

J’avais envie de ne dire que du bien de ce roman, que j’ai cependant apprécié en partie, mais c’était un peu comme un soufflé, cela commençait fort bien mais c’est retombé un peu parce que cela se traînait au fur et à mesure de l’histoire -
Cela a commencé à traîner en longueur vers la moitié du roman, malgré quelques rebondissements, certains prévisibles, d’autres pas – la panoplie étendue des personnages, tous plus pourris les uns que les autres (pas Marlowe, lui son problème ce sont les mélanges d’alcool) -

Ce sera donc un demi-échec à mes yeux que ce pastiche – mais cela n’enlève guère mon plaisir de lire les autres polars et thrillers de Benjamin Black/John Banville, dont quelqu’uns figurent encore dans ma pal –

02 février 2023

LE CLUB DUMAS, d'Arturo Pérez-Reverte

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Titre original espagnol = El Club Dumas o la Sombra de Richelieu

Auteur.e  = Arturo Perez-Reverte, littérature hispanique

Titre français = le Club Dumas ou l’Ombre de Richelieu

Genre = policier, enquête littéraire, fantastique (a été comparé par certains au livre d'Umberto Eco "Au nom de la Rose")

Personnages = Lucas Corso, expert en livres d’art et anciens ; Flavio La Porte, libraire ami de Corso ; Boris Balkan, riche amateur de livres anciens, critique littéraire, narrateur d’une partie du roman, également protagoniste ; Varo Borja, millionnaire, libraire très spécialisé, passionné de démonologie ; « Irène Adler », pseudonyme d’une jeune étudiante qui s’attache à Corso ; les frères Ceniza, restaurateurs de livres anciens ; Victor Fargas et la baronne Ungern, tous deux détenteurs d’un exemplaire des Neuf Portes ; Liana Taillefer, riche veuve de l’éditeur Taillefer, surnom « Milady » ; « Rochefort » surnom d’un homme dangereux sans cesse sur les traces de Corso 

Résumé = Lucas Corso, expert en livres anciens, surnommé le « mercenaire des livres » par ses éventuels clients qui sont toutefois bien contents lorsqu’il déniche des livres qu’ils espèrent obtenir à bas prix, moyennant sa commission – il est approché par son ami Flavio La Porte afin d’authentifier un chapitre des « Trois mousquetaires » de Dumas (et Maquet, surnommé « le Vin d’Anjou » - Flavio l’a obtenu via la veuve de l’éditeur Taillefer que l’on a retrouvé pendu (suicide ? vraiment ?) – la sulfureuse beauté est prête à tout pour retrouver ce chapitre, or La Porte l’a obtenu honnêtement du mari – elle commence à utiliser son pouvoir de séduction sur Corso, qui s’en contrefiche –

En même temps, le richissime Varo Borja contacte Corso afin qu’il lui trouve les deux autres exemplaires du traité d’Aristide Torcha, traité de démonologie comportant des cartes dans le style des tarots, à Lucas Corso d’identifier les autres livres et de préférence les acquérir par n’importe quel moyen selon Borja – du moment qu’il paye, selon Corso bien dans son rôle de « mercenaire » des livres – se colle à ses guêtres une ravissante étudiante n’hésitant pas à lui dire qu’elle est un « ange » venu de la nuit des temps pour le protéger, et allez donc !

Lucas Corso va voyager de Madrid à Tolede, jusqu’au Portugal, et ensuite Paris, en étant non seulement suivi par l’ « ange protecteur », qui ne le protège en tout cas pas des coups bas de celui que Corso a surnommé « Rochefort » et qui est aussi accroché à ses basques !!! tout le monde veut « le Vin d’Anjou », et bien sûr le manuscrit « des Neuf Portes » - il ne sera pas à la fête notre expert en livres anciens, il est aussi poursuivi par des inconnus qui tuent et sont prêts à lui faire endosser tout cela –

Avis personnel = excellent – j’ai adoré ce jeu de piste littéraire, où les scrupules n’ont absolument pas leur place – de ville en ville, Lucas Corso se méfie de tous et particulièrement des ombres du soir, car tous les chats ne sont pas nécessairement gris la nuit - 
Les morts parsèment la route du « mercenaire des livres » mais il lui faudra faire très attention de ne pas les rejoindre en enfer –

En dehors de l’expertise du chapitre de Dumas, j’ai été intéressée aussi par l’étude du livre de Borja, et de l’étude de ses « frères » -  à Corso d’en étudier les gravures et les différences, c’était pour moi la partie la plus intéressante de ce roman d’aventure littéraire réellement passionnant –

Il y a un moment dans le roman où Corso et La Porte se retrouvent dans le bar de Makarova, une femme au franc parler, et qui a une opinion bien tranchée sur Emma Bovary, opinion que j’ai effectivement adoré -

Le réalisateur Roman Polanski a utilisé la partie consacrée aux manuscrits des « Neuf Portes » pour son film "la Neuvième Porte" – il n’a pas du tout pris en compte l’affaire du chapitre du « Vin d’Anjou » - Le réa a plutôt considéré l’aspect fantastique du roman pour son film, au demeurant intéressant

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03 janvier 2023

ELLE AIMAIT LA POESIE

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Extrait du livre de Norman Rosten

Elle aimait la poésie, elle comprenait avec l’instinct d’un poète, que la poésie menait au cœur des choses.

Elle connaissait le monde intérieur mouvant du poème, avec ses secrets, ses spectres, ses surprises. Elle aimait les surprises, verbales ou visuelles. Elle aimait le côté sombre et mystérieux qu’il y a dans un bon poème. Quelque part au fond d’elle-même elle ressentait une vérité primordiale : que la poésie est liée à la mort. La joie et la fascination sont l’autre visage de l’élégie. L’amour et la mort, opposés et mêlés, sont ses frontières. C’étaient les siennes.

Un soir où nous recevions quelques amis, quelqu’un suggéra soudain de lire des poèmes. On fit passer un exemplaire de Whitman et un de Yeats. Chacun ouvrait une page au hasard et lisait. Quand se fut le tour de Marilyn, elle ouvrit le Yeats, et le poème qu’elle trouva ne pouvait s’adresser qu’à elle. C’était « ne donne jamais tout ton cœur ».

Elle dit le titre, s’arrêta, et reprit sa lecture. Elle lut lentement, découvrant le poème, laissant les vers la prendre par surprise, s’y accrochant, gagnant la bataille par son absolue simplicité et sa sincérité. Quand elle s’arrêta, il y eut un silence. Elle regarda fixement devant elle.

Car tout ce qui est beau
N’est qu’un rêve bref et délicieux
Oh, ne donne jamais ton cœur en entier


02 janvier 2023

LONGTEMPS JE ME SUIS COUCHE DE BONHEUR, de Daniel Picouly

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Titre original = Longtemps je me suis couché de bonheur

Auteur.e  = Daniel Picouly, littérature francophone

Genre = biographie, humour, hommage à Marcel Proust

Personnages = le narrateur, qui est probablement l’auteur, jeune métis d'un père originaire de la Martinique et d'une mère née dans le Morvan ; le p'pa et la m'am, parents du narrateur ; Bala, son meilleur ami ; mlle Arpajon, professeur d’italien ; Taquin, professeur principal de la classe 3B ; les autres professeurs du lycée ; Céleste Albaret ; Françoise Sagan ; l’élusive Albertine

Résumé = les années 1960 à Orly - le narrateur, qui ne se nommera jamais, mais on suppose qu’il s’agit de Daniel, va soudain voir sa vie bouleversée pour avoir rencontré son « Albertine » - dans le magasin où elle achète un épisode de « La Recherche, il est tellement épaté qu’il va absolument vouloir la retrouver, oui mais comment dans la Cité ouvrière où il habite, comment repérer la femme de sa vie ?
Heureusement son meilleur ami, Bala, fils des concierges, a des idées – débrouillard et un peu vaniteux parfois, Bala « sait » - il décide qu’ils doivent enlever « Albertine » - dans cette classe de 3èmeB (il n’y a pas de A), le narrateur attend impatiemment le retour de sa dissertation, hélas Taquin, le professeur principal de la classe, s’est absenté, et le pauvre narrateur en est à se ronger les freins – ils sont drôles tous ces profs, comme par hasard Mlle Arpajon, professeur d’italien ou le prof de sport qui roule des mécaniques

Un jour, dans l’attente de sa m,am sur un parking de supermarché, il croise une sympathique jeune femme à qui il ose parler de son rêve d’écrivain, et à sa surprise, elle ne se moque pas, au contraire elle lui dévoile le secret de son pseudonyme d’écrivain –
Les rencontres ne sont pas très nombreuses dans la vie de notre narrateur, mais il en est cependant une qui sera marquante -

Avis personnel = un roman tendre et amusant, mais faussement léger, car il adopte indirectement le problème du racisme, même si les gens s’en défendent – il y a ces touches d’humour caustique mais qui cache toutefois les blessures de l’enfance, des premières amours, de ne pas passer le test pour être écrivain mais doit devenir comptable après les questions d’un recruteur-inspecteur scolaire, qui coche toutes les mauvaises cases –

C’est aussi un bel hommage à l’amour qu’un adolescent porte à ses parents, tout cela subtilement « déguisé », des fois que cela ferait rire –

Sans oublier l’hommage à Marcel Proust

J’ai adoré tous les moments de cette histoire, surtout la farfelue décision « d’enlever Albertine », la jeune fille rencontrée par hasard dont le souvenir est si fort – il n’y a que des ados de 15 ans pour s’imaginer que l’on peut « enlever » la fille de ses rêves –

Une certaine nostalgie s’est aussi emparée de moi, j’aurais aimé connaître cette complicité, avec une copine de classe, mais pour moi depuis les primaires jusqu’à ce que je quitte les études de jour, l’école fut un cauchemar – ce sont les cours du soir, où l’on ne vous traite pas comme des simples d’esprit qui me réconcilièrent avec le principe d’étudier –

Ce roman m’a été recommandé par Teki, je l’en remercie pour les excellents moments que j’ai eus à cette lecture

01 janvier 2023

MARILYN OMBRE ET LUMIERE, de Norman Rosten

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Titre original = Marilyn, an Untold Story

Auteur.e  = Norman Rosten, littérature anglophone USA

Titre français = Marilyn Ombre & Lumière

Genre = biographie, amitié, poésie

Personnages = Marilyn Monroe, actrice, poète ; Norman Rosten, poète, romancier, dramaturge ; son épouse Hedda ; leur fille Patricia ; Arthur Miller, époux de Marilyn, écrivain et dramaturge ; Sam Shaw, photographe

Résumé = un jour de 1955, à Brooklyn New York, une jolie jeune femme et un photographe s’abritent dans un porche sous une pluie diluvienne – le propriétaire ouvre la porte et leur propose de s’abriter et partager une tasse de café en attendant que cela se calme – il demande à la jeune femme qui elle est, à sa réponse qu’elle fait du cinéma il demande si elle a déjà tourné des films connus – éberluée, elle lui dit s’appeler Marilyn Monroe et à partir de ce jour-là, ils devinrent amis pendant 7 années, le poète et l’actrice devinrent de grands amis, sous le signe de la poésie – à cette amie, se joindra Hedda l’épouse de Rosten, ainsi que leur fille Patricia, chouchoutée par l’actrice au grand cœur – à Rosten, sans honte mais avec timidité elle fera lire les poèmes qu’elle écrivait, attendant son verdict, lui interdisant de dire que c’était bien pour la flatter – mais comme dit Norman Rosten, je n’avais pas  à critiquer quoi que ce soit, tant ses paroles la reflétaient – Hedda et lui furent les témoins au mariage avec Arthur Miller, mariage qui tourna court comme on le sait, car le « grand homme » ne supportait pas le « cirque Marilyn », pas beau d’être jaloux – leur indéfectible amitié dura jusqu’à la mort de l’actrice

Avis personnel = enfin un joli livre, bien écrit et ne présentant pas Marilyn Monroe comme la jolie gourde, rôle dans lequel les studios avaient décidé de la cantonner – et je dis un grand merci à ce poète-écrivain qui fut son ami, qui ne la trahira jamais en profitant de cette amitié pour écrire une histoire sensationnelle, au contraire de Norman Mailer qui mit surtout l’accent sur ses coucheries (réelles ou inventées selon les fantasmes de Mailer) – ou même ce « Blonde » de Joyce Carol Oates (dont netflix vient de produire un film écoeurant, inspiré par le livre de JCO, en oubliant ce que Oates a tout de même eu la décence d’écrire = une œuvre de fiction) –
Le livre est truffé de petits détails quotidiens de leur amitié, c’est réellement touchant de vérité

Norman Rosten décrit une Marilyn intelligente, drôle, sensible mais aussi avec failles et contradictions – Rosten étant un poète, il a dépassé l’image de la blonde un peu idiote, et découvrit une vraiment belle personne, douée, avec un grand sens de l’humour, mettant tout son cœur dans sa poésie – il n’a pas étouffé ses accès dépressifs, ni ses problèmes avec le temps et l’espace – pour elle, les heures ne comptaient pas et Hedda et Norman ont souvent dû lui dire que là elle exagérait un peu car il était 2 h du matin quand elle leur téléphonait –

Ce livre de Norman Rosten a été réédité et j’en suis ravie – on me l’a offert, c’est la raison pour laquelle je l’ai lu en français – mais c’est un vrai cadeau et je dis merci à ma gentille belle-fille qui me l’a offert, elle aussi grande admiratrice de Marilyn Monroe, comme moi –

Merci à Monsieur Rosten pour avoir enfin redonné à Marilyn sa véritable image –

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BONNE ANNEE 2023

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belle année 2023
à toutes et tous

qu'elle soit vous soit douce, ainsi qu'à vos proches
et que la santé vous accompagne pour bien en profiter

et si on s'offrait un petit fou-rire pour bien commencer l'année

 

31 décembre 2022

DERNIERES SEANCES

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Simone, le voyage du siècle d’Olivier Dahan – scénario d’Olivier Dahan – réalisation Olivier Dahan – cinema français
Beau biopic retraçant la vie de cette femme extraordinaire que fut Simone Veil, qui ne mourut pas dans les camps de la mort, qui fut la force qui soutint sa maman et sa sœur à travers ce qui fut pire qu’un cauchemar, qui transformait les êtres au point de les rendre inhumains –Ensuite son combat pour les femmes, pour la légalisation de l’interruption de grossesse et ce, malgré les insultes du cénacle où elle défendit son projet –
Elsa Zylberstein défend son rôle avec maestria, avec sensibilité, mais sans sensiblerie – Olivier Gourmet interprète son mari Antoine Veil, homme plein de compréhension, véritable soutien pour son épouse –

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Notre nature – titre original Onze Natuur – cinema belge - réalisation néerlandophone de  Dick Harrewijn, Piem Niesten, Maria Lise Van Lente & Serge Leurs – en collaboration avec l’agence néerlandophone de nature et bois - Commentaires en français de Typh Barrow
Superbe documentaire réalisé dans les réserves naturelles de Belgique – les réalisateurs ont mis l’accent sur l’espoir de la nature en Belgique, nature se réduisant comme une peau de chagrin, mais qui veut cependant survivre – on y découvre les animaux des bois, des rivières, des forêts – des close-ups de certaines espèces, de belles images prises à vol d’oiseau, bref un enchantement qui, on l’espère, tiendra le coup malgré les constructions à outrance dans notre pays

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Le Otto Montagne – coproduction belgo-franco-italienne – adaptation du roman de Paolo Cognetti – réalisé par Felix Van Groeningen & Charlotte Vandermeersch, également auteur.e.s du scénario – filmé dans le Val d’Ayas, mais aussi au Nepal
Une histoire émouvante d’amitié, de difficultés relationnelles entre père et fils, d’amour déçu entre un homme et une femme, de pertes et de retrouvailles –
Pietro et Bruno se rencontrent dans le village de Grana où les parents de Pietro ont loué une maison pour l’été, afin d’échapper à la cohue et les odeurs de la ville de Turin –
Alors que Bruno est un enfant intelligent, son père maçon oppose son veto à le voir étudier avec les parents de Pietro à la ville – puis Pietro se brouille gravement avec son père, refusant de suivre la voie que celui-ci trace pour lui - pendant 15 ans, les deux copains vont se perdre de vue, ils se retrouvent à la mort du père et selon le vœu de ce dernier, Bruno aide Pietro à construire le chalet – lors du passage d’amis de Pietro, une jeune femme Lara s’éprend de Bruno et elle décide de vivre avec lui sur l’alpage – Bruno a encouragé Pietro à écrire et finir le livre qu’il a dans la tête depuis longtemps – Pietro décide de voyager et arrive au Nepal où il fait la connaissance de la jeune institutrice locale – c’est en se promenant dans la montagne, Pietro découvre le journal  intime de son père, c’est ainsi qu’il réalise qu’au fond il n’avait pas compris son père, comprend-on vraiment ses parents ?

Il y a dans ce film bien des détails, qui ne se résument pas – qui donnent à découvrir

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Glass Onion (a Knives Out mystery) de Rian Johnson – scénarion de Rian Johnson – avec Daniel Craig et une panoplie de vedettes totalement dans leur rôle, surtout Edward Norton
Ce film ne se résume pas, ou presque pas – il s’agit d’un groupe d’amis, invités par Miles Bron à passer un week end sur son île grecque où il a rassemblé des œuvres d’art, toutes plus kitch que les autres, classique pour un nouveau riche – mais parmi toutes ces œuvres il y a tout de même quelque chose de grande valeur = la Mona Lisa de Da Vinci, prêtée par le Louvre – le but de ce weekend est un « murder mystery », une sorte de Cluedo – Benoît Blanc, le célèbre détective, y arrive aussi, apparemment l’invitation ne lui était pas destinée mais au fond sa présence apporte un petit quelque chose –

Bien sûr rien ne va se passer comme Miles l'avait prévu et c’est ici que j’arrête le résumé ; il faut vraiment découvrir « Glass Onion », titre basé sur une chanson des Beatles

 

29 décembre 2022

DU MIROIR DES EAUX PURES AUX REFLETS D'ECRAN

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Un extrait du livre de Pascale Seys - tellement  reflet de notre époque et notre société

Il existe des êtres vraiment généreux, tandis que d’autres ne sont généreux qu’envers eux-mêmes. Sociologues, psychologues et philosophes s’accordent à déchiffrer dans les comportements de l’homme contemporain, ultralibéral et ultra-connecté, une disposition aux accents pathologiques axée sur une enflure de soi, une fixation exclusive sur sa propre personne et une attention particulièrement aiguë  à l’expression de son ressenti, qu’ils appellent aus sens clinique le narcissisme.

Dans les nuages de la vie numérique, le symptôme le plus universellement visible du narcissisme s’exprime à travers l’usage compulsif du selfie et par l’affichage de nos changements d’humeurs, de nos pages et de nos statuts sans cesse rafraîchis sur les réseaux sociaux.

En réalité, la passion pour soi de Narcisse le laisse accroire, au cœur d’un vide sidéral absent des autres, que vivre consiste, avant toute autre raison, à vivre pour soi et s’autopromouvoir par d’exclusives références à soi.

Tout à coup, en écrivant cela, il me vient comme un doute, je me demandais si tenir un blog fait partie de ce narcissisme – je suis perplexe à présent =^-^=
et vous, qu'en pensez-vous ?

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28 décembre 2022

LE COMPLEXE DU SPHINX, de Pascale Seys

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les mythes grecs, une machine à penser et à vivre

avec quelques encres de Kikie Crèvecoeur

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Je termine mon année de lectrice avec ce livre à la fois intéressant et amusant – pas amusant dans le style « on va être mort de rire », mais avec ce petit quelque chose qui nous fait sourire à la légère ironie accompagnant la réflexion – inutile de vous dire que j’ai a-do-ré et que j’en recommande vivement la lecture

Ceux et celles qui me font le plaisir de visiter mon blog de temps à autre (quand je l’alimente =^-^=) connaissent mon engouement pour les mythologies du monde entier, mais surtout la classique –

à travers 25 mythes grecs, parmi les plus connus, mais aussi avec des exemples plus proches de nous, Pascale Seys, docteur en philosophie et enseignant la philosophie à l’université de Louvain (Belgique) et dans des écoles supérieurs des arts à Bruxelles, nous propose une réflexion à partir de ces histoires parfois bien sombres = jalousie, vengeance, inceste, malédiction – généralement envoyées par les dieux pour se jouer des humains –

nos vies sont souvent confrontées avec courage à de difficiles luttes contre la destinée – les textes comparent nos vies avec les mythes

ci-dessous les titres des 25 nouvelles =

 

-      Le cauchemar de Cassandre

-      Le destin en suspension

-      The rain in spain stays mainly in the plain

-      Devenir riche

-      La nostalgie de l’âge d’or

-      Pomme d’amour et de discorde

-      Le vertige du ciel

-      Le râteau de la méduse

-      Du miroir des eaux pures aux reflets des écrans

-      Pour qui vous prenez vous

-      Comment ne pas perdre le fil

-      Le cheval de Troie et la Maskirovka

-      Prendre le taureau par les cornes

-      Une histoire de lit

-      Morphée et le palfium 875

-      Les kudos et le talon d’Achille

-      Tomber de Charybde en Scylla

-      A l’origine du monde

-      L’espoir trompeur

-      Terre d’exil, terre d’asile

-      Sisyphe en sherpa

-      Un hahaha homérique

-      Embarquement pour Cythère

-      Une histoire sans fin

-      L’amour aux trousses

-      Ces vies qui ne tiennent qu’à un fil

-      Le complexe du sphinx

comme je l'ai dit plus haut, chaudement recommandé

Comme vous pouvez le constater, vu le style du livre, j’ai préféré ne pas utiliser ma présentation habituelle

 

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embarquement pour cythère par Watteau

24 décembre 2022

BONNE FETE A TOUTES ET TOUS

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inspiré par Normal Rockwell sur le site Emerson Art

cette année encore je déroge à l'habitude de vous transmettre des souhaits de noel
avec mon dessin de chat


que ce soit un dessin personnel ou un dessin "piqué" à la toile
cette fois mon ambassadeur est
le célèbre dessinateur et peintre
NORMAN ROCKWELL
dont les dessins sont particulièrement pleins d'humour
et superbement dessinés

mes voeux pour une HEUREUSE FETE DE NOEL
à vous toutes et tous sont sincères


soyez entouré.e.s de ceux que vous aimez
la fête de noel est un moment privilégié en famille
qu'importe où que l'on soit du moment que c'est avec ceux que l'on aime

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ce dessin-ci me fait particulièrement sourire car mes deux gredins de fils
ont aussi tiré la barbe du père noel qui venait en visite dans leur école maternelle
mais sans pleurer, bien au contraire !!!
(les institutrices n'ont pas apprécié et m'ont regardée de travers =^-^=)

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17 décembre 2022

MARPLE, THE TWELVE NEW MYSTERIES

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Titre original = The Twelve New Mysteries

Auteur.e  = divers (littérature anglophone UK et USA)

Genre = polar, villégiature, vengeance, pastiche, testament

Personnages = miss Marple, son neveu écrivain Raymond West et Joan, artiste peintre, épouse de West, villégiature, Dolly Bantry et son mari,

Résumé = la fanfiction a encore de beaux jours devant elle – de multiples pastiches sur des auteurs célèbres voient régulièrement le jour – Agatha Christie n’a pas échappé à la règle, comme le prouvent les 12 nouveaux problèmes, certains très bons, d’autres plutôt moyens ou pas très bons (ceci n’est que mon avis)

Généralement miss Marple ne se déplace pas beaucoup, dans cette série elle est souvent en villégiature, même si parfois elle trouve cela fastidieux

Les très bons =

Evil in small places – Lucy Foley – miss marple rend visite à une ancienne amie d’école, une femme un peu autoritaire, heureusement miss Marple est quelqu’un de conciliant – elles se rendent au marché du village, où quelqu’un les bouscule – sur la place du marché, des personnes se disputent, l’un des deux est retrouvé mort peu après – miss Marple va découvrir le pot aux roses
Mon avis = comme dit plus haut, bonne petite intrigue

The second murder at the vicarage – Val McDermid – et voilà que ça recommence dit le pasteur,  on retrouve Mary leur ancienne bonne qui ne savait absolument pas cuisiner morte, violemment d’un coup sur la tête peu après le meurtre de son petit ami – les 2 apparemment se livraient au chantage – le pasteur et son épouse sont heureux que miss Marple s’en mêle
Mon avis = les histoires de chantage se terminent toujours par la mort des maîtres-chanteurs – miss Marple reprend l’enquête

Miss Marple’s Christmas – Ruth Ware – miss Marple et son neveu Raymond West et son épouse sont invités chez les Bantry où se trouve aussi un couple des plus différents (lui exubérant, limite vulgarité, elle jolie mais un peu bête) – un précieux collier disparaît, celui de la jolie et bête qui hurle que cela vaut une fortune – les Bantry sont catastrophés car ils vont devoir compenser – c’est oublier que miss Marple ne se laisse pas facilement impressionner
Mon avis = l’un des meilleurs de cette série

Murder at the villa Rosa – Elly Griffiths – un écrivain se rend en Italie, sur la côte amalfienne, il a décidé de tuer quelqu’un qui s’est complètement infiltré dans sa vie et il n’en peut plus – miss Marple  y est en villégiature et comprendra rapidement de quoi il retourne – excellente fin, avec un rebondissement
Mon avis = intrigue intéressante, peut-être pas totalement originale, mais le rebondissement était amusant

Bons

The Jade Empress – Jean Kwok – miss Marple est à bord du « Jade empress »  pour rejoindre Raymond West à Hong Kong - elle se lie d’amitié avec une jeune chinoise qui s’occupe de son père, assistée par une vieille dame  – lorsque les deux sont retrouvés  morts c’est sur la jeune femme que se portent les soupçons – miss Marple n’est pas convaincue par les superstitions qui entourent les personnages et découvre rapidement la personne coupable
Mon avis = pas mauvais,

The murdering sort – Karen McManus – la petite-nièce de Miss Marple l’a invitée à Cape Cod, dans un cottage loué par Raymond West (père de la jeune fille) – la meilleure amie  d’université vient les rejoindre, elle explique que son grand-père a décidé de modifier son testament et comme par hasard le vieux monsieur est assassiné –
Mon avis = il ne faut jamais clamer qu’on va modifier son testament, c’est ouvrir la porte aux assassinats – le rebondissement final est angoissant et intéressant

The disappearance – Leigh Bardugo – miss Marple est à Londres avec les West, mais reçoit un appel affolé de son amie Bantry – lorsqu’elle arrive à St-Mary-Mead, son amie lui parle d’un jeune homme ayant disparu sans laisser d’adresse, la fiancée est malheureuse, ainsi que la famille car le jeune homme était adoré de tous – miss Marple, interrogeant les gens, apprend qu’en fait le jeune homme n’était pas si sympathique que ça, qu’il était beau certes mais très égocentré et arrogant – ce sont des fleurs qui mettront  miss Marple sur la voie
Mon avis = intéressant, miss Marple apparemment ne recule devant rien pour aider et calmer son amie

Deadly Wedding Day – Dreda Say Mitchell – une infirmière que miss Marple a rencontré en son temps aux Caraïbes, vivant à présent en Angleterre – invite miss Marple au mariage de sa jolie nièce, désargentée et noire, ce qui enrage la future belle-mère – déjà noire, c’est grave, mais désargentée c’est pire ! – une invitée qui n’est pas la bienvenue est retrouvée morte et c’est sur la future mariée que se portent les soupçons – comme toujours miss Marple va se mêler de la situation
Mon avis = pas mal, mais pas tellement original non plus – le plus intéressant est l’accent mis sur le racisme de la bourgeoisie britannique 

Les moins bons (mon avis seulement)

The Unravelling – Natalie Haynes – dans le village, un homme revient que l’on disait mort à la guerre (1914-1918) – il avait été gravement blessé et retenu prisonnier – quelque chose ne tourne pas rond – miss Marple à la rescousse pour découvrir qui l son meurtrier
Mon avis = l’histoire m’a fait penser au retour de Martin Guerre, sans que ce soit un plagiat

The open mind – Naomi Alderman – un prétentieux professeur d’université est empoisonné lors d’un dîner anniversaire où miss Marple est invitée – est accusée une jeune journaliste que l’odieux bonhomme poursuivait de ses assiduités –
Mon avis = inspiré par « mee too », selon moi mais la révélation de la personne coupable fut toutefois une surprise

Miss Marple takes Manhattan – Alyssa Cole – miss Marple est à New Yorj, pour assister à une première de la pièce de son neveu Raymond – elle ne s’y plaît pas énormément, Manhattan est fatiguant – les choses ne vont pas du tout se passer comme le souhaitaient les époux West mais heureusement leur tante à tout compris –
Mon avis = alors là, très bof bof

The mystery of the acid soil – Kate Mosse – miss Marple se retrouve à Londres, où elle regrette l’air agréable de son petit village – dans le train, elle fait la connaissance d’un jeune vicaire affolé par la disparition de sa fiancée –
Mon avis = encore une question d’héritage et de meurtre – décidément, fait pas toujours bon d’être riche – miss Marple qui est une jardinière accomplie va découvrir le pot aux roses (norrmal me direz-vous pour une passionnée de jardinage =^-^=)

15 décembre 2022

L'ASCENSEUR, de MARC MOULIN

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Mise en scène = Achille Ridolfi
Costumes = Laurence Van H
Scénographie = Charly Kleinermann, Thibaut De Coster, Pablo Ministru
Création Lumières - Décor sonore = Alain Collet – Laurent Beumier

Comédiens = Nathalie Uffner, Aurelio Mergola, Emmanuel Dell’Erba, Nicole Oliver, Ariane Rousseau

Ils sont 4 – 2 couples, un jeune météorologiste et sa jolie épouse, un peu bêbête, et un homme d’affaires mi-british et sa très snob moitié – ils sont en pleine forme, prêts à passer une excellente soirée pour fêter l’anniversaire de leur amie Joelle et son mari Cedric.

Et soudain, c’est la panne d’ascenseur – au début, ils trouvent ça marrant, mais cet amusement ne va pas durer, petit à petit on s’angoisse et on s’énerve sur les autres – la dame snob n’arrête pas d’enguirlander son demi-british d’homme d’affaires, qui commence à se moquer du succès du jeune monsieur météo, quant à la nunuche, elle a mal à la cheville pour être montée sur un tabouret avec ses hauts talons – elle angoisse tellement qu’elle se met même à prier !!!!
Finalement arrive Joelle, qui leur dit avec une sorte de détachement que Cédric l’a quittée ; tout le monde se récrie qu’il va revenir, mais si elle pouvait appeler le service technique de l’ascenseur, ce serait sympa ! Elle ironise alors sur le microcosme de société que forment les 4 copains, le véritable caractère de chaque personne se dévoilant.

Et voilà que l’ascenseur s’en mêle = il commence à faire un drôle de bruit, comme un orage, mais en fait c’est le système électrique qui fait des siennes – et le technicien ne peut venir rapidement, il est débordé d’appels. Comment s’en sortiront-ils, car peu à peu, l’un après l’autre un câble claque.
Quant à Joelle, c’est elle qui aura le dernier mot, un dernier mot bien triste.

Cette comédie dramatique m’a bien amusée, mais surtout parce que je ne suis pas coincée dans l’ascenseur – je crois que comme les protagonistes de cette histoire, je finirais par craquer d’angoisse.Cette pièce de Marc Moulin a paraît-il été créée il y a 20 ans, et a été réadaptée pour l’occasion – Marc Moulin, musicien, écrivain, homme de radio, humoriste chroniqueur, ayant créé un groupe musical (Telex), bref un homme aux multiples casquettes – ici il a construit un petit chef d’œuvre d’humour noir.

On rit souvent, parfois un peu jaune , car si au début tous les protagonistes s’amusent beaucoup à être coincés, les vannes peu à peu vont jaillir et seront de plus en plus sarcastiques – quand cela s’adresse aux autres, c’est toujours drôle.
On passe toutefois un bon moment même si le drame semble proche.

Tous les comédiens sont excellents que ce soit le jeune monsieur météo accro aux grosses et belles voitures, à l’homme d’affaires qui s’en fiche de l’écologie et qui a systématiquement le « darling » à la bouche en s’adressant à sa snob moitié qui lui répond à chaque fois « taisez-vous » ! quant à la "nunuche" elle est excellente.
Nathalie Uffner qui interprète Joelle la psy quittée, elle nous flanquerait facilement le cafard avec son ton lugubre et ironie non voilée.

10 décembre 2022

MRS. JEFFRIES AND THE ALMS OF THE ANGEL, d'Emily Brightwell

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Titre original = Mrs. Jeffries and the Alms of the Angel

Auteur.e = Emily Brightwell, littérature anglo-saxonne (USA)

Genre = polars historiques, portraits de femmes, vengeance, lettres anonymes, noel

Personnages = inspecteur Witherspoon ; constable Barnes, son assistant ; mrs. Jeffries, sa gouvernante ; Margaret Starling, la victime ; le personnel de la victime ; Graham McConnell, une connaissance de la victime, suspect ; Mrs. Huxton, voisine et ancienne amie de la victime, suspecte ; le révérend Pontefract, pasteur de la paroisse, suspect ;  constable Barnes ; toute la domesticité et ami.e.s de l’inspecteur qui avec Mrs. Jeffries, l’aident en douce ; inspecteur Nigel Nivens, nemesis de l’inspecteur ; Gladstone, le chat de la victime

Série = the Inspector & Mrs. Jeffries

Place dans la série = 38ème enquête

Résumé = toute la domesticité de l’inspecteur Witherspoon se réjouit que noel sera dans 8 jours, mais pas pour les raisons que l’on pourrait penser –
en effet, pratiquement tous les ans, vers noel, ils ont un crime à résoudre et cela leur plaît beaucoup ! en réalité le meurtre est confié à l’inspecteur Witherspoon, mais il est bien aidé et soutenu par son adjoint et toute sa domesticité qui glane des indices et des petits détails, que mrs. Jeffries, la gouvernante lui refile en douce (sans que le brave homme ne se doute du rôle que tout le monde joue, Gerald Witherspoon est un très brave homme pas toujours très fûté, mais depuis qu’il discute de ses affaires avec sa gouvernante, il devient un peu plus astucieux) –

Ici il doit résoudre le meurtre de Mrs. Margaret Starling, une femme généreuse mais ayant son franc-parler et n’hésitant pas à questionner ce qui lui semble anormal –
l’inspecteur Nivens qui, non seulement envie les résultats positifs de son collègue, mais aimerait le dénoncer auprès de leurs supérieurs, enrage que l’affaire ne lui soit pas confiée car en fait le meurtre s’est produit dans son district – mais Scotland Yard apprécie Witherspoon et ses résultats (il a quand même déjà résolu 37 enquêtes !) –
Nivens est persuadé que son collègue est aidé par sa domesticité, mais on lui rit au nez, aussi passe-t-il plus de temps à tenter de piéger Witherspoon plutôt que de se consacrer à son travail ! –

Le cas de Mrs. Starling s’avère compliqué – la brave dame s’était mêlée des comptes de la société caritative « The Alms of the Angel », qui décide tous les ans à noel et pâques de qui, parmi les pauvres et démunis, aura droit à un paquet contenant des vêtements et autres choses – cette société reçoit tout au long de l’année des dons de personnes généreuses et riches, or selon Margaret Starling il y a des manquements dans les comptes, quelqu’un a détourné des fonds – et des vêtements chauds, donnés pour les pauvres, ont disparus également -
de plus, elle était en dispute avec son ex-amie mais néanmoins voisine qui avait écrit une lettre anonyme au conseil de direction de la société, lettre qu’elle avait ensuite recherchée et détruite, comprenant la mesquinerie du geste – mais c’est un indice qu’elle a détruit, donc elle est placée sur la liste des suspects -

Avis personnel = j’ai une fois encore apprécié ce sympathique polar historique, situé dans le Londres du 19ème siècle, où les pauvres sont tellement malmenés qu’ils dépendent de la générosité de donateurs, à condition d’avoir eu un comportement exemplaire en cours d’année !!!
là j’avoue que cela a eu du mal à passer pour moi car qui peut décider de qui est plus digne de générosité que quelqu’un d’autre ? ou bien on est charitable et on aide les gens, mais on ne décide pas que celui-ci ou celui-là est plus digne de recevoir un manteau chaud et un sac de charbon –
ça  c’est la charité comprise par la religion, si tu fautes tu peux crever de faim et de froid – bon j’arrête ici mon coup de gueule d’ex-militante gauchiste (comme disent les anglo-saxons = it’s not here nor there, autrement dit là n’est pas la question ! mais c’est pour la noel tout de même) –

sinon pendant l’enquête nos ami.e.s travaillant en « sous-marin » pour l’inspecteur - qui ne se doute toujours de rien, après 37 enquêtes !!! même le constable Barnes a compris et donne un coup de pouce – donc pendant l’enquête on se promène dans les beaux quartiers de Londres, et seulement dans ces beaux quartiers, car bien souvent les enquêtes emmènent la fine équipe dans des lieux nettement plus glauques – Londres, comme New York et d’autres grandes villes du 19ème siècle, avait un taux de pauvreté et de mortalité énorme vu la population sans cesse grandissante, ceux qui espèrent toujours que la grande ville va leur apporter un vie meilleure –

on parle peu de décoration des maison et des toilettes de ces messieurs-dames – l’histoire est vraiment mise sur l’action – et puis l'interaction entre les gens de la maisonnée de Witherspoon est réellement sympathique, j'aime bien quand les gens sont sympathiques dans un roman

j’ai encore pas mal d’enquêtes à découvrir dans cette série sympathique, car comme toujours, je lis dans le désordre

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23 novembre 2022

BLEEDING HEART YARD, d'Elly Griffiths

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Titre original = Bleeding Heart Yard

Auteur.e  = Elly Griffiths, littérature anglophone UK

Titre français = non encore traduit

Genre = polar, lettres anonymes, londres, journal intime, enquête sur un crime du passé, drogue, homosexualité, humour

Personnages = Harbinder Kaur, inspectrice chargée de l’enquête ; Jack Barker et Kim Manning, inspecteur adjoint et sergente ; le Groupe = Garfield Rice, MP mouvement conservateur, victime/Henry Steep, MP à gauche, 2ème victime/Anna Vance, professeur d’anglais à Florence,, momentanément à Londres pour s’occuper de sa mère malade/Cassie Armstrong-épouse Fitzherbert/Isabelle (Izzy) Iztar, actrice/Chris Foster, célèbre chanteur d’un groupe rock ;
David Moore, victime en 1998 ; Pete Fitzherbert, époux de Cassie ; Sonoma Davies, directrice de l’école privée ; Mette et Jeanne, les deux sympathiques co-locs d’Harbinder

Série = Harbinder Kaur

Place dans la série = 3ème enquête

Résumé = dans les années 1990 à Londres – dans une école privée, assez élitiste, un groupe d’étudiant.e.s a formé LE Groupe, une manière un peu exclusive d’être entre eux, avec Garfield (Gary), comme chef de file (beau, intelligent, le style tombeur) – ce groupe faisait quelques envieux et parmi eux David Moore, à qui cette envie d’adhésion au groupe va coûter la vie –

Quelques années plus tard l’école  célèbre les 21 ans d’existence du lycée (apparemment les Anglo-saxons sont friands des réunions-anniversaires, histoire pour les « anciens » de de retrouver même s’ils n’ont eu aucun contact entretemps) – Cassie qui faisait partie du Groupe, est entretemps devenue inspectrice/sergente, aimant travail et famille et a tout fait pour oublier cette journée fatidique d’après les examens –
Cette réunion et la semaine qui suivra va tourner au cauchemar lorsque non seulement Garfield Rice, le MP conservateur, sera retrouvé assassiné, mais aussi Henry Steep, l’autre MP – la détective inspectrice Harbinder Kaur, transférée à Scotland Yard Londres, est chargée de l’enquête, et elle a intérêt à faire vite avant que la presse ne tire ses propres conclusions, comme les tabloïds aiment à le faire -

Avis personnel = je ne le cacherais pas, lorsque j’ai lu le titre, j’ai immédiatement fait passer ce polar bien écrit en tête de mes lectures – pourquoi ? à cause de « Bleeding Heart Yard », ce coin historique de Londres devenu un peu huppé, après avoir été un lieu plutôt glauque (voir le thriller d’Andrew Taylor sur le même sujet ici) –

Et aussi parce que c’est une enquête d’Harbinder Kaur, transférée de son Sussex natal, après sa promotion de détective sergente à détective inspectrice – Cassie Fitzgerald est l’une de ses sergent.e.s et ne peut pas participer à l’enquête puisqu’elle fait partie des suspects dans l’enquête actuelle -

Les membres du groupe sont plutôt hétéroclites, les retrouvailles m’ont d’ailleurs semblées un peu crispées, forcément 21 ans après avoir partagé un lourd secret, tout le monde a fait sa vie, a eu des enfants et a relégué les événements passés dans un recoin de la mémoire – mais oublie-t-on vraiment ? personne ne semble croire la douce Anna Vance qui dit ne se souvenir de rien, même pas d’avoir été là ce jour fatidique –

Une belle pléiade de personnages, certains plus sympathiques que d’autres, les membres du parlement se prenant pour ce qu’ils ne sont pas, la star des feuilletons télé s’imaginant que tout le monde l’adoooooooooooooore…

Harbinder Kaur va devoir démêler l’écheveau compliqué de ce groupe où tout le monde a quelque chose à cacher, même Cassie la détective-sergente qui râle de ne pouvoir se mêler de l’enquête – lorsque Ms. Kaur réalise que le Groupe a l’intention de revivre les événements passés, malgré le décès de 2 de ses membres, mais nous les lecteurs/lectrices de polars, nous le savons = jouer les détectives-amateurs est toujours un jeu dangereux –

L’une des choses que j’apprécie le plus dans les polars d’Elly Griffiths est l’écriture fluide dans un bel anglais de cette romancière – de plus, la vie londonienne est bien décrite et cela m’a rappelé d’excellents souvenirs

et au cas où vous vous poseriez la question = oui j'avais deviné la personne coupable vers la moitié du roman =^-^=

14 novembre 2022

ENQUETE ETRUSQUE AU LOUVRE, de Carole Declercq

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Titre original =  Enquête étrusque au Louvre

Auteur.e = Carole Declercq, littérature francophone

Genre =  polar artistique, mystère de chambre close, objets précieux, trafic d’œuvres d’art, humour

Personnages = Anna Stein, directrice d’un cabinet d’expertise en objets d’art ; Hadrien Schneider, directeur d’une section historique au Louvre, ancien amoureux d’Anna ; François Borelli, collectionneur d’objets précieux, notamment étrusques ; Chiara, sa fille, directrice d’une fondation artistique ; Matteo Girardi, secrétaire de Borelli ; Ilaria De Luca, directrice d’un petit musée italien consacré aux Etrusques, victime ; Achille Bianchi, colonel de gendarmerie italien, au service du patrimoine culturel italien ; Fabrice, assistant d’Anna ; Thomas Alexander, libraire, ami de l’oncle d’Anna ; capitaine Guillaume de la P.J. ; lieutenant Chloé Dumont, de l’office de lutte contre le trafic d’œuvres d’art

Résumé = Paris, de nos jours – Anna Stein est une spécialiste bardée de diplômes concernant les œuvres d’art, elle a son propre cabinet d’expertise et est farouchement indépendante – elle est contactée par François Borelli, richissime collectionneur d’œuvres d’art et plus particulièrement consacrées aux Etrusques – débarque immédiatement chez Anna, sans même y être bienvenu, son ex Hadrien (avec H comme l’empereur !!!!) et qui exige (hé oui, il s’y croit encore) qu’Anna fasse en sorte que ce soit son département du Louvre qui  hérite de la collection lorsqu’elle aura été expertisée – tous ces objets magnifiques ne doivent surtout pas retourner en Italie ! – ce n’est pas ce type d’argument qui va décider Anna Stein, son indépendance, sa probité sont connues chez tous les collectionneurs d’art, y compris les musées, alors ce n’est pas un ex-petit ami qui va lui dicter sa conduite –

François Borelli est totalement convaincu par l’expertise d’Anna, effectuée dans les temps requis car l’homme est aux portes de la mort – arrivent d’Italie une amie de très longue date de Borelli, qui a hélas dû voyager en compagnie d’un bonhomme n’y connaissant pas grand-chose, sauf que les œuvres d’art sont très coûteuses et que Borelli est très riche – ce Bianchi est là pour vérifier que les œuvres d’art soient remises à  l’Italie à la mort de Borelli – décidément, tout le monde les veut, et veut surtout le groupe sculpté en terracotta intitulé « les Chevaux Ailés de Tarquinia » qui a totalement disparu après avoir été découverts dans une tombe étrusque –

Lorsque Borelli décède, l’expertise d’Anna est récupérée par la fille du collectionneur et par Ilaria de Luca – cette dernière hélas sera retrouvée étranglée dans sa salle de bain de l’hôtel et ce, au moment où elle avait décidé de confier un secret à Anna Stein – du coup, la vie de celle-ci est également en danger, alors qu’en principe elle n’a aucune connaissance dudit secret -

Avis personnel = très positif – ce court roman policier qui évolue dans le monde de l’art – il paraîtrait que la Belgique soit une plateforme tournante dans le domaine du trafic d’œuvres d’art – je ne sais si c’est une légende urbaine, mais ce qui est certain c’est que ce n’est pas un domaine aussi délicat qu’on pourrait l’imaginer –
Si manipuler des œuvres d’art doit être un pur bonheur pour les experts et collectionneurs, il est évident que c’est un domaine qui suscite l’envie – quel dommage ! en fait l’art devrait appartenir à tout le monde et c’est pour cela que j’estime qu’il n’a sa place que dans les musées et non pas dans des collections privées … mais je digresse –

Les personnages de ce polar sympathique sont tour à tour inquiétants ou sympathiques, parfois il est difficile de distinguer l’un de l’autre – j’ai eu une petite préférence évidemment pour Anna Stein qui ne s’en laisse pas conter ni influencer par « Hadrien avec H comme l’empereur », s’il est un personnage fat et antipathique c’est bien celui-là –
Le libraire Alexander, ami de l’oncle d’Anna, est savoureux, on aimerait bien rencontrer un libraire pareil, qui décide dans une brocante d’acheter tous les San Antonio de Frédéric Dard en italien (ça peut toujours servir pour apprendre la langue =^-^=)
En tout cas, ils viendront bien à point le moment venu –

Sinon le colonel de gendarmerie italien est une caricature sympathique de l’Italien convaincu que toutes les femmes tombent à ses pieds, dès qu’il leur offre un petit souper de pâtes et vin italien – ce mec semble avoir oublié dans quel siècle on vit –

Un peu de paysages italiens, mais pas beaucoup, juste ce qu’il faut pour oublier momentanément que l’on se trouve dans une affaire de trafic et crime – j'avais rapidement deviné la personne coupable, mais cela n'enlève rien au plaisir de lecture -

A lire –

les chevaux ailés de Tarquinia (source wikipedia)
ils ont aussi fait l'objet d'un roman de marguerite duras

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MURDER IN THE BOOKSHOP, de Carolyn Wells

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Titre original = Murder in the bookshop

Auteur.e = Carolyn Wells, littérature anglophone (USA)

Genre = polar historique, vengeance, librairie, mystère en chambre close, lettres anonymes,

Personnages = Philip Balfour, richissime collectionneur de livres rares, victime ; Alli, son épouse et suspecte ; Guy Balfour, le fils, impatient d’hériter, 2ème victime ; Fleming Stone, détective privé ; John Sewell, libraire de livres anciens et rares ; inspecteurs Manton & Burnett, chargés de l’enquête ; Keith Ramsay, libraire-secrétaire de Balfour père, amoureux de la veuve et suspect

Série = Fleming Stone

Place dans la série = 45ème enquête

Résumé = Philip Balfour, impatient d’obtenir le petit livre extrêmement rare et cher que son ami le libraire Sewell a tenté de lui trouver, et ayant confiance en son secrétaire-libraire personnel, décide de se rendre avec ce dernier dans la librairie de son ami, qui est absent – soudain la lumière s’éteint dans la librairie, lorsqu’elle est rallumée, Balfour a un ouvre-lettres planté dans le dos et le secrétaire-libraire personnel se réveille avec difficulté ayant été rendu inconscient par un linge imbibé de chloroforme – étant donné que le petit livre que Balfour souhaitait obtenir coûte des dizaines de milliers de dollars, il est forcément convoité – et les soupçons se portent immédiatement sur Keith Ramsay car, en plus de connaître la valeur du petit volume, il avoue candidement être amoureux de la jeune veuve – qui confirme d’ailleurs la réciprocité des sentiments –

Arrive aussi immédiatement sur les lieux (un appartement imposant dans un immeuble que seuls les gens riches peuvent s’offrir) le fils Balfour, un jeune homme qui compte bien contester le testament et vivre de la fortune de son père, sans travailler – il élabore déjà tous les changements qu’il apportera à l’appartement – et comme il semble avoir découvert l'assassin de son père, il décide de procéder à un petit chantage, ça ne va pas lui réussir du tout = 2ème victime !

Comme la jeune veuve hérite de la magnifique bibliothèque de son défunt mari, contenant des livres d’une immense valeur, et qui font qu’il est nécessaire que son amoureux transi évalue pour elle, les policiers newyorkais ont vite fait de les mettre sur la liste des suspects – Sewell de son côté n’est pas convaincu que Ramsay soit coupable aussi fait-il appel à Fleming Stone, célèbre détective privé, qui grâce à un stratagème très personnel trouvera la solution –

Avis personnel = une déception – ce livre paru en 1936, fait l’objet d’une réédition car bien que 45ème dans la liste des enquêtes de Fleming Stone, il en est paraît-il le plus représentatif, un classique du genre –
moi, vous me connaissez, dès qu’on parle de librairie et de bouquins, je craque –

L’auteure ayant été comparée à Agatha Christie, qu’elle admirait, je me suis dit que cela devait être très bon – et bien non ! cela a malheureusement fort vieilli et je n’y ai pas trouvé l’humour qui devait y être paraît-il – bon, on ne peut pas gagner à tous les coups non plus – beaucoup de répétition, notamment de la part de Fleming Stone, pour être certain qu’il pose les bonnes questions qui feront, peut-être, innocenter les principaux coupables –

Anecdote/auteure = qui est cette auteure que l’on qualifie de « romancière de l’âge d’or du roman policier » ? -

après ses études, elle fut libraire chez la Rahway Library Association – son premier roman fut édité en 1896 et était une compilation de charades et rébus – après 1900, elle poursuivit une carrière de romancière et poète et publia pas moins de 170 livres –

C’est après avoir découvert le polar d’Anna Katherine Green, la pionnière du genre apparemment qu'elle se lança elle aussi – parmi ses romans policiers les plus célèbres, sont ceux consacrés à son détective privé favori, Fleming Stone, romans policiers qui font partie d’une anthologie consacrée à ce genre –

Peut-être me risquerais-je encore à lire un polar écrit par cette dame, mais il faudra alors que j’oublie mon ressenti actuel –

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01 novembre 2022

PANDEMIA, de Franck Thilliez

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Auteur.e = Franck Thilliez, littérature francophone

Genre = thriller, horreur, vengeance, science, maladies, portraits de femmes, virus, informatique

Personnages = Franck Sharko, lieutenant de police ; Lucie Henebelle, lieutenante de police, épouse de Sharko ; Nicolas Bellanger, leur capitaine de police ; Camille Thibault, sa compagne ; Amandine Guérin, microbiologiste ; Phong, son mari, scientifique, atteint d’une maladie immunodéficiente ; Johan Dutreille, collègue d’Amandine ; Alexandre Jacob, leur chef de service de microbiologie ; 

Série = Sharko & Henebelle

Place dans la série = 9ème enquête

Résumé = en ce jour de novembre 2013 Amandine et son collègue Johan, travaillant à l’institut Pasteur de Paris sont envoyés dans la baie de Somme – dans le parc de Marquenterre, des cygnes ont été retrouvés morts – quelque part sur une île au large de l’Allemagne, deux cygnes ont aussi été retrouvés morts, et comme la saison de la migration des oiseaux a commencé, ceci pourrait, va, s’avérer catastrophique s’il s’agit à nouveau d’une grippe aviaire – après analyse en profondeur des prélèvements, il s’agit bien d’un virus de grippe, mais d’autres éléments mortels y sont couplés, et le virus cette fois-ci passe des oiseaux à l’homme,  ceci à une vitesse exponentielle –

De son côté Franck Sharko enquête sur la disparition de SDF, qui auraient disparu dans les égoûts – dans une forêt près de Paris, on a retrouvé les corps mutilés d’un retraité et son chien – des ossements de quatre personnes sont aussi retrouvés non loin du lieu de  l’homme et son chien – l’enquête de Sharko va l’emmener au plus profond des égouts de la ville –

Dans les services de Sharko, les collègues commencent à souffrir des signes de grippe, même Lucie sa compagne qui travaille dans le même service est atteinte, et dès les premiers signes de grippe, chacun est prié de rester chez soi – apparemment c’est du palais de justice, accolé au 36 quai des Orfèvres, que le virus serait parti – il se répand avec une virulence qui laisse tout le monde pantois – dans le monde, plusieurs personnes déjà sont atteintes – les enquêteurs et les services de l’institut Pasteur sont loin de s’imaginer dans quel cauchemar ils se retrouvent – ils doivent lutter contre la montre pour ne pas tomber dans les pièges tendus par leur nemesis, « l’Homme en Noir », qui travaille avec un homme déguisé en docteur de la mort (comme au moyen-âge), un psychopathe qui prend plaisir à mutiler ses victimes avant de les tuer –

Amandine Guérin, dont le mari ne peut en aucun cas être en contact avec le moindre  microbe possible (même pas un petit rhume), devient totalement paranoïaque, elle perd tout contrôle d’elle-même et son mari souffre pratiquement plus de cela que d’un éventuel microbe – la jeune scientifique va aussi être imprudente en enquêtant seule sur la mort d’une collègue qui se serait suicidée –

ce que Guérin va découvrir dépasse tout entendement humain, mais dans une certaine mesure, l’enquête avancera grâce à elle - 

Avis personnel = ce roman de Thilliez est paru en 2015, on peut dire qu’il fut prémonitoire puisque 4 ans plus tard, nous avons été plongés dans une pandémie, due à un virus totalement inconnu qui se transmettait en un temps record –

Cela semble un peu braque de ma part de décider de lire ce type de roman, à présent que des vaccins ont fait régresser la maladie, je le reconnais j’étais vraiment curieuse et cette histoire a bien répondu à mon attente = il suffirait d’un fou furieux pour que toute vie sur terre soit menacée –

Ici les monstres évoquent les 4 cavaliers de l’apocalypse, et rien que cela fiche la chair de poule - il est aussi beaucoup question du "Darknet" -

Le romancier brode un formidable canevas de personnages, tant féminins que masculins – j’ai découvert quelques légères (très légères) incohérences dans le roman, mais ça c’est parce que j’aime bien chercher et trouver la petite bête –

les personnages du roman souffrent non seulement dans leur chair, quand ils sont atteints de la maladie, mais aussi dans leur mental car ils ont affaire à des sociopathes sans état d’âme et ceux qu’ils ou elles aiment risquent à tout instant s’y perdre la vie –

« Pandemia » n’est pas seulement un thriller haletant, sans un seul temps mort et parfois dur à lire (surtout quand on n’a pas l’habitude de ce type de scènes barbares), mais c’est aussi une belle façon de nous prévenir de rester vigilants, car à tout moment notre monde peut exploser – par certaines scènes, on tombe dans l’horreur et j’avoue que là j’ai feuilleté un peu plus rapidement (je suis une habituée de sympathiques cozy mysteries très british, on est ici loin du compte)

Bref une lecture un peu dure mais que je ne regrette pas – je vais à présent retrouver ma « bulle de confort » (=^-^=) et me ruer sur autre chose

LA DANSE MACABRE, de Charles Baudelaire

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Fière, autant qu'un vivant, de sa noble stature,
Avec son gros bouquet, son mouchoir et ses gants,
Elle a la nonchalance et la désinvolture
D'une coquette maigre aux airs extravagants.

Vit-on jamais au bal une taille plus mince ?
Sa robe exagérée, en sa royale ampleur,
S'écroule abondamment sur un pied sec que pince
Un soulier pomponné, joli comme une fleur.

La ruche qui se joue au bord des clavicules,
Comme un ruisseau lascif qui se frotte au rocher,
Défend pudiquement des lazzi ridicules
Les funèbres appas qu'elle tient à cacher.

Ses yeux profonds sont faits de vide et de ténèbres,
Et son crâne, de fleurs artistement coiffé,
Oscille mollement sur ses frêles vertèbres.
Ô charme d'un néant follement attifé.

Aucuns t'appelleront une caricature,
Qui ne comprennent pas, amants ivres de chair,
L'élégance sans nom de l'humaine armature.
Tu réponds, grand squelette, à mon goût le plus cher !

Viens-tu troubler, avec ta puissante grimace,
La fête de la Vie ? ou quelque vieux désir,
Éperonnant encor ta vivante carcasse,
Te pousse-t-il, crédule, au sabbat du Plaisir ?

Au chant des violons, aux flammes des bougies,
Espères-tu chasser ton cauchemar moqueur,
Et viens-tu demander au torrent des orgies
De rafraîchir l'enfer allumé dans ton coeur ?

Inépuisable puits de sottise et de fautes !
De l'antique douleur éternel alambic !
A travers le treillis recourbé de tes côtes
Je vois, errant encor, l'insatiable aspic.

Pour dire vrai, je crains que ta coquetterie
Ne trouve pas un prix digne de ses efforts ;
Qui, de ces coeurs mortels, entend la raillerie ?
Les charmes de l'horreur n'enivrent que les forts !

Le gouffre de tes yeux, plein d'horribles pensées,
Exhale le vertige, et les danseurs prudents
Ne contempleront pas sans d'amères nausées
Le sourire éternel de tes trente-deux dents.

Pourtant, qui n'a serré dans ses bras un squelette,
Et qui ne s'est nourri des choses du tombeau ?
Qu'importe le parfum, l'habit ou la toilette ?
Qui fait le dégoûté montre qu'il se croit beau.

Bayadère sans nez, irrésistible gouge,
Dis donc à ces danseurs qui font les offusqués :
" Fiers mignons, malgré l'art des poudres et du rouge,
Vous sentez tous la mort ! Ô squelettes musqués,

Antinoüs flétris, dandys, à face glabre,
Cadavres vernissés, lovelaces chenus,
Le branle universel de la danse macabre
Vous entraîne en des lieux qui ne sont pas connus !

Des quais froids de la Seine aux bords brûlants du Gange,
Le troupeau mortel saute et se pâme, sans voir
Dans un trou du plafond la trompette de l'Ange
Sinistrement béante ainsi qu'un tromblon noir.

En tout climat, sous tout soleil, la Mort t'admire
En tes contorsions, risible Humanité,
Et souvent, comme toi, se parfumant de myrrhe,
Mêle son ironie à ton insanité ! "

Posté par sheherazade2000 à 08:16 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
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