mon bonheur est dans la ville

21 octobre 2018

LE DEVOUEMENT DU SUSPECT X, de Keigo Higashino

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Titre original japonais = Yogisha X no Kenshin

Titre anglais = the Devotion of Suspect X

Une enquête du Détective Galileo (et de l'inspecteur Kusanagi)

Tetsuya Ishigami est un brillant mathématicien, que le dévouement à ses parents n’a pas permis une carrière de professeur universitaire. Il enseigne dans un lycée, situé près du traiteur Bententei, où travaille sa voisine Yasuko Hanaoka, une jeune mère,  dont il est secrètement amoureux.
Lorsque se pointe l’ex-mari Togashi, un être vil, manipulateur, violent, usant de chantage à l’égard de son ex-épouse afin de lui soutirer le peu qu’elle gagne, la rencontre escalade en  une violence telle que mère et fille tuent Togashi.
Ishigami a entendu tout le bruit que la dispute a provoqué et offre son aide afin de se débarrasser du corps, en le défigurant et brûlant l’extrémité des doigts afin de retarder l’identité du bonhomme.  

L’inspecteur Kusanagi est chargé de l’enquête, et vu le peu d’indices, il est évident que l’enquête piétine. Ishigami continue à veiller sur sa voisine, en lui donnant des conseils pour ne pas éveiller plus de soupçons chez les policiers. Ceux-ci ont fini par découvrir l’identité de Togashi et ont remonté jusqu’à son ex-épouse. L’inspecteur réalise qu’il est face à un alibi en béton de la part de la jeune femme, pourtant son intuition lui dit qu’elle cache quelque chose.

Comme cela lui arrive régulièrement, Kusagani discute de son enquête avec son ami le brillant physicien  Manaku Yukawa, qui l’a déjà aidé à résoudre d’autres enquêtes.
Ils ont été ensemble à l’université, puis l’un et l’autre choisirent une voie différente. Kusanagi a vu un feuillet parlant des anciens de leur université chez Ishigami lors d’un interrogatoire de routine.
Yukawa décide de rendre visite à cet ancien condisciple, qui a choisi les mathématiques alors que lui préféra la physique. Yukawa connaît les qualités intellectuelles d’Ishigami et pense qu’il a quelque chose à voir dans cette affaire.

Très rapidement commence alors une bataille de deux grands cerveaux, entre le professeur désireux de protéger une voisine dont il est tombé amoureux et le physicien de génie, qui reconnaît en son opposant un esprit des plus brillants, difficile à vaincre.

Mon avis = plutôt positif, mais avec des réserves. Ce polar bien que présenté comme le premier d’une série mettant en scène le savant physicien Yukawa, est en réalité le 3ème de la série concernant cet enquêteur amateur, aidant l’inspecteur Kusanagi. Les 2 premiers romans n’ont apparemment pas été jugés bon pour la traduction, on se demande pourquoi.

Cette parenthèse ouverte et fermée, je me dois (comme je le fis remarquer récemment à l’une de mes visiteuses du blog la plus fidèle), il n’y a plus grand-chose d’original désormais dans le monde des polars = ou ils sont sanguinaires et cruels comme les polars scandinaves, ou ils sont convenus comme certains polars britanniques. 

Ici non plus pas de grande surprise, dès le départ,  dans la partie d’échec entre les deux grands cerveaux (Yukawa et Ishigami) – on peut difficilement parler de partie de bras de fer – on se doute  rapidement comment tout cela va se terminer.
Non pas dans un salon où le détective très futé va réunir tous les suspects et dévoiler le coupable ; ici dès le départ on connait tout cela, ce qui veut être démontré  est comment Ishigami le mathématicien de génie  va être piégé par le non moins physicien de génie qu’est Yukawa, surnommé « Détective Galileo ».

Le portrait psychologique de la voisine est relativement intéressant – ayant échappé à un mari violent, manipulateur, elle étouffe sous l’aide que lui apporte son voisin, pourtant ne souhaitant que la protéger.

Je  n’ai donc pas trouvé cela follement original, mais j’avais très envie de découvrir un roman policier japonais et il semble que l’auteur, Kenji Higashino, soit une référence en ce domaine. Même si je ne suis pas totalement enthousiaste, je poursuivrai cette série, à mon rythme.
Ce roman est considéré comme un exemple du genre, très original, au Japon et ayant remporté de nombreux prix. 

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L’auteur, issu d’un milieu ouvrier à Osaka, né en 1958 à Osaka,  a eu pas mal de difficultés dans sa jeunesse en raison des moyens limités de ses parents. Après avoir été diplômé en qualité d’ingénieur, il a travaillé pour une entreprise nippone.
A l’âge de 27 ans, il obtint le prix littéraire Edogawa Ranpo  pour son premier roman ; suite à cela, il décida de quitter son travail et entama une carrière d’écrivain à temps plein à Tokyo. Kenji Higashino est considéré comme le meilleur écrivain de romans policiers au Japon.

Le prix Edogawa Ranpo est décerné, au Japon,  tous les ans depuis 1955 à un roman policier ; il n’est pas un prix annuel décerné pour le meilleur roman policier japonais, mais est un prix donné à toute personne désireuse de faire publier un livre, même si cette personne n’a jamais été publiée auparavant. Il s’agit d’un prix parrainé par la maison d’édition Kodansha et la chaîne de télévision Fuji.  Ce prix doit son nom à l’écrivain éponyme, considéré comme le fondateur du roman policier au Japon ; il fut l’auteur de nombreux polars mettant en scène le policier Kogoro Akeshi – le nom d’Edogawa Ranpo vient de la manière japonaise de prononcer Edgar Allan Poe.


16 octobre 2018

THE BOOK OF LIFE, de Deborah Harkness

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Livre  # 3 de « The All Souls trilogy »

Titre français = le Nœud de la Sorcière 

Le bien contre le mal est une bataille jamais finie – Diana Bishop et Matthew Clairmont ont quitté le 16ème siècle, laissant des amis derrière eux = la comtesse de Pembroke, une grande dame lettrée férue d’alchimie, Annie et Jack, deux orphelins qu’ils avaient accueillis au sein de leur famille mais qu’ils ont forcément dû laisser dans ce 16ème siècle où ils recherchaient le manuscrit incomplet Ashmole 782 – ils l’ont brièvement tenu en main, complet, mais la propriété de l’empereur Rudolf II de Prague. Ils sont donc revenus sans le livre, avec la seule page qu’ils possédaient.

A Sept-Portes, la famille au complet les attend –  hélas sans la tendre tante Emily, qui est tombée entre les griffes du sorcier Peter Knox, qui avait déjà assassiné les parents de Diana. 
La menace sur l’avenir du couple est énorme car la Congrégation n’accepte pas ce mariage entre une sorcière et un vampire – et qui plus est, la sorcière est enceinte, ce qui est considéré comme totalement improbable. Baldwin, le vampire frère aîné, désormais le chef de la lignée de Clermont refuse ce mariage jusqu’à ce qu’il réalise qu’il n’a pas le choix = Philippe de Clermont a marqué Diana de son sang, elle est donc désormais une Clermont à part entière.

Le couple refuse non seulement de se séparer, mais Matthew refuse d’obéir à son aîné – et ce couple qui a décidé d’affronter tous les interdits va devoir, de vieux châteaux en belles demeures certaines hantées, ainsi qu’en bibliothèques et laboratoires universitaires, parcourir Madison County aux USA, l’Angleterre et la France afin de trouver un lieu où se fixer et établir une nouvelle branche de la lignée de Clermont.
Il y a dans le sang de Matthew un « défaut » grave, qui le rend dangereux lorsqu’il est en colère et certains de ceux qu’il a mordu pour en faire des vampires, et qui sont membres de sa famille, possèdent ce défaut, comme par exemple l’ignoble Benjamin Fox.
Qui a décidé de tous les détruire et s’approprier Diana et ses enfants.

Mon avis  = une fin de trilogie aussi passionnante qu’un thriller, peut-être un tantinet trop longue.
Je n’ai cependant pas trop compris les commentaires disant qu’ill y avait trop de personnages dans ces histoires – pas du tout, mais il est assez logique qu’en plus de la famille Bishop et la famille de Clermont, il arrive d’autres personnages au fil du temps. Ceux-ci ne sont pas nombreux au point de ne pas les retenir et je me demande sincèrement pourquoi certains lecteurs ont trouvé que c’était trop.
Tous les retenir n’est pas compliqué du tout, d’autant plus que régulièrement, d’un volume à l’autre de la trilogie on fait référence à ce qui s’est produit précédemment ; par contre je reconnais qu’il n’est pas toujours simple de savoir qui est le fils, le petit-fils, l’oncle  ou le frère de qui chez les vampires, d’autant plus qu’ils ont un peu tendance à  « mâchonner »  qui leur plaît.

J’apprécie énormément les personnages féminins principaux de cette trilogie, de Diana dont le caractère devient plus fort dès qu’elle a enfin compris la force de tous ses pouvoirs de sorcière et qu’elle n’a une chose à vaincre, sa propre peur.
Puis aussi Ysabeau la matriarche de Clermont qui l’accepte sans condition dès que Matthew lui dit que Diana est sa compagne ; et Sarah et Emily, les tantes sorcières qui, comme Ysabeau, doivent vaincre leur opposition à celui qu’aime leur nièce.  Ce sont des personnages forts et positifs, de beaux exemples de tolérance et bonté.
Ce sont des portraits féministes, dans tout ce que ce mot recèle d’intelligence.

J’aime le message contenu dans cette trilogie = la lutte contre l'obscurantisme, les dogmes,  le besoin que les choses ne changent jamais, que ce qu’un certain nombre de dirigeants décide ne peut être contesté.

Peut-être suis-je la seule à y avoir trouvé ce message – je n’ai lu nulle part un commentaire de ce style, ceux que j’ai lus mettant plutôt l’accent sur l’histoire d’amour entre Diana et Matthew. Moi j’ai trouvé que cette histoire était plus que cela.

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14 octobre 2018

SHADOW OF NIGHT, de Deborah Harkness

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Livre # 2 de « The All Souls Trilogy »

Titre français = l’Ecole de la Nuit

 Diana Bishop et Matthew Clairmont (de Clermont) traversent le temps pour retourner au 16ème siècle, dans l’Angleterre d’Elizabeth Ière, dans l’espoir de découvrir le manuscrit connu sous le nom d’ « Ashmole 782 » et que le Dr Bishop a brièvement tenu en main dans la bibliothèque Bodleian à Oxford.  
Poursuivis par des sorciers et des vampires qui veulent tous ce manuscrit, personne ne voulant pas croire que Diana ne le possède plus, le couple a décidé de retourner dans le temps afin de le retrouver.
De plus, Diana Bishop veut découvrir quelle type de sorcière elle est, comment maîtriser les sortilèges qu’elle détient mais comment en créer d’autres, se libérer des chaînes qui rendent certains de ses sortilèges incontrôlables ; pour cela il lui faut découvrir des sorcières confirmées, puissantes, mais l’Angleterre du 16ème siècle n’est pas nécessairement le lieu le plus sûr, une chasse aux sorcières est déjà en cours en Ecosse et il suffira de peu pour que l’hystérie gagne Londres, aussi les sorcières adoptent-elles profil bas.

Un vampire et une sorcière ne sont pas supposés être unis par les liens du mariage. Pourtant, Diana et Matthew sont unis, elle a même été acceptée, au 21ème siècle,  par la matriarche des de Clermont, la stricte Ysabeau, mère de Matthew et d’une bonne série d’autres vampires, parmi lesquels tous n’acceptent guère ce mariage.
A travers le temps, le couple se rend en Auvergne, dans la demeure seigneuriale des de Clermont et là, contre toute attente, c’est le patriarche Philippe de Clermont qui accepte Diana avec chaleur et affection et célèbre leur mariage officiel.

Dans la demeure de Matthew dans le nord de l’Angleterre, Diana est présentée au groupe d’amis de son mari = « The School of Night », composé de Walter Raleigh, Henry Percy duc de Northumberland, et 3 autres personnages, dont l’insupportable Christopher Marlowe, qui immédiatement prend Diana en grippe – il considère qu’elle lui a volé l’affection de Matthew et va tout faire, tout mettre en œuvre pour la trahir et si possible la faire tuer.

A la recherche de sorcières pour l’aider et du manuscrit, le couple découvre que finalement il se trouverait à Prague, en possession de l’empereur Rudolf II, qui protège les alchimistes. Ce qu’ils n’ont pas prévu, c’est que l’empereur poursuive Diana de ses assiduités et reporte sans arrêt de rencontrer l’alchimiste d’Elizabeth Ière qui l’a en sa possession. Après bien des tergiversations, ils parviennent à fuir et revenir à Londres, auprès des sorcières qui ont accepté d’aider Diana  - qui découvre qu’elle est une « tisserande du temps », l’une des sorcières les plus puissantes qui soient. Ce qui ne va pourtant pas résoudre les problèmes – et cela leur permettra-t-il de rejoindre le 21ème siècle sans danger ?

Mon avis = toujours positif – je crois même que j’ai plus apprécié que le tome précédent, avec tous ces personnages historiques avérés à qui Deborah Harkness a donné vie de manière bien sympathique, parfois drôle, parfois extrêmement dramatique comme les méchants tours que Kit Marlowe joue à Diana Bishop.
Ce personnage dont on dit encore et toujours que Shakespeare a volé la plupart de ses idées, est montré ici sous son jour le plus détestable, un sale gosse qui râle parce qu’on lui a pris son jouet, qui préfère boire et consommer des opiacés.
Ah l’amour ! que de crimes on commet en ton nom. 
Cela donnera d’ailleurs des idées à Shakespeare qui n’est pas non plus montré sous un jour favorable, il est benêt et préfère « chiper » les idées des autres pour sa dramaturgie.

Il y a toujours de la complicité entre tous les personnages ; de son côté le personnage de Matthew se modifie dans le 16ème siècle et devient un homme de son temps, donc peu enclin à supporter le caractère indépendant de son épouse, qui n’ a pas du tout l’intention de devenir aussi soumise qu’on le penserait, ce n’est pas parce qu’elle a franchi le temps qu’elle a oublié ses idées féministes.

Je continue à apprécier cette histoire de luttes entre les forces du bien et du mal, entre l’obscurantisme et les rigidités des lois établies par la Congrégation, contre l’évolution d’une nouvelle époque où sorcières et vampires tissent des liens plus forts que par le passé.

J’ai été fort étonnée par la virulence d’une lectrice à propos de ce volume – c’est évident qu’il s’agit d’une fiction, on peut ne pas apprécier que des personnages historiques soient dépeints tels qu’ils le sont, mais il faut se souvenir qu’il s’agit d’un roman, pas d’un livre d’histoire – l’auteure est une historienne, enseignant entre autres l’histoire des sciences, et SI les propos que tiennent ses personnages de manière privée sont l'invention d'une romancière, les situations historiques sont souvent exactes.

Mais cela reste un roman, comme la série Harry Potter - et je suis u ne grande fan de cette série-là aussi.

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12 octobre 2018

THE INCIDENT AT FIVES CASTLE, de Clara Benson

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5ème enquête d’Angela Marchmont

Hogmanay 1928 – la St-Sylvestre écossaise – Angela Marchmont a été invitée par Gertie McAloon, la plus délurée des cinq enfants du comte et la comtesse de Strathmerrick.

Il y a là l’ambassadeur des Etats-Unis et son secrétaire, un jeune politicien en vue fiancé à l’aînée des hôtes, le chef de l’Intelligence Service Henry Jameson, frère de l’inspecteur de Scotland Yard et qui est aussi une ancienne connaissance de Ms. Marchmont, tout comme l’ambassadeur US qui est un ancien fiancé, en plus le secrétaire aux Affaires Etrangères de Grande-Bretagne.
Ces messieurs se retirent régulièrement avec le comte de Strathmerrick pour discuter d’un sujet extrêmement important pour le monde = la venue du professeur Krause, une sommité dans le monde scientifique – il a découvert de grandes choses dans le domaine des atomes et amènera avec lui ses découvertes dans ce qui pourrait devenir une arme des plus dangereuses.
Comme le « péril rouge » inquiète les USA et la Grande-Bretagne, ces messieurs espèrent convaincre le professeur d’être de leur côté.

En dehors de ces « huiles », il y a les épouses de ceux qui sont mariés et en plus d’Angela Marchmont, un autre ami de Gertie, le fameux Freddie Pilkington-Soames, à la recherche d’un bon papier.
Pour lui la présence de Mrs. Marchmont est la preuve que quelque chose d’important se passera ; il refuse de croire qu’elle n’est présente qu’en tant qu’invitée de Gertie.
Il y a également celle qui passe inaperçue, l’ancienne gouvernante des enfants, devenue dame de compagnie de la comtesse ; Miss Flo, comme dit Gertie, se pique d’écrire un roman dans la lignée de Walter Scott. Chacun évite soigneusement de lui demander d'en lire des passages.

La célébration d’Hogmanay, le passage vers 1929 se passe dans une formidable fête où sont invités le personnel et les gens du village, mais le professeur ne paraît toujours pas.
De plus, le domaine est coupé du monde par la neige, celle-ci a endommagé les lignes téléphoniques. Les deux jeunes fils de la maison ont découvert des traces dans la neige et s’amusent à les suivre en compagne d’Angela qui s’ennuie un peu. Ils finissent par découvrir l’auteur de ces traces = c’est un amoureux transi de Gertie qui a tenté en vain de se faire inviter et du coup s’est amené sans invitation.
Angela  ne va pas s’ennuyer longtemps – au cours d’un jeu au cours de la soirée de nouvel-an, le cadavre du professeur Krause est découvert dans la salle de billard, tué d’une balle en pleine poitrine et c’est évidemment Angela qui est tombé dessus !

Du coup elle devient suspecte aux yeux du comte et de quelques-uns des autres personnages – son ex-fiancé et le frère de l’inspecteur ont beau attester de sa probité – n’a-t-elle pas été quelqu’un d’important dans les services secrets au cours de la première guerre mondiale ? la plupart des réactions est similaire = les gens changent.
Cela amuse Ms. Marston d’être suspectée, mais Jameson (le frère de l’autre) demande son aide pour découvrir la vérité.
En dehors d’elle, les soupçons se fixent aussi sur l’amoureux transi, qu’on a été obligé d’inviter et qui n’hésite pas à afficher ses opinions communistes.

Quant à Freddie, il râle de ne pouvoir divulguer les faits immédiatement, il tient là un papier qui pourrait le faire passer de journaliste junior à celui de journaliste reconnu.

Mon avis = bonne intrigue, avec une Mrs. Marchmont toujours aussi futée – il y a  beaucoup d’humour caustique entre certains personnages comme Freddie, Gertie, Angela.
Les autres sont plus sérieux, quoique Freddie Pilkington-Soames n’hésite pas à flirter avec absolument toutes les femmes présentes, excepté la comtesse qui est totalement effondrée – quelle réputation on va leur faire !
Elle regarde aussi d’un œil suspect Angela Marston qu’elle trouve régulièrement en train de chuchoter avec l’ambassadeur, le chef de l’intelligence service et Freddie – elle n’est pas loin de penser qu’Angela est une nouvelle Mata-Hari = « Comme on peut se tromper n’est ce pas, une jeune femme à l’air si respectable ! »

J’avais très rapidement deviné qui serait la personne coupable, mais je tenais à finir le livre afin de vérifier ma théorie.
Je suis contente de dire que j’avais, une fois encore, raison (je sais, je me vante =^-^=).

Comme tous les polars écrits par Clara Benson, celui-ci est divertissant, on ne se prend pas la tête et on rit de temps à autre.

J’ai aussi appris, par ce roman, qu’Hogmanay était une St-Sylvestre qui durait au moins 3 jours – pas à dire, ces Ecossais ont le sens de la fête, sauf pour celui qui se fait tuer, mais ce n'est pas courant

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09 octobre 2018

A DISCOVERY OF WITCHES, de Deborah Harkness

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Livre # 1 de « The All Souls trilogy »

Titre français =  Le Livre perdu des Sortilèges

Oxford, Angleterre – de nos jours – Diana Bishop est une brillante scientifique, diplômée de Yale University. Elle prépare  un dossier sur l’alchimie à Oxford où elle réside pour un an..
Pour ses recherches elle travaille régulièrement dans la bibliothèque Bodleian ; intéressée par un livre en particulier, le livre vient à elle, par magie !
Car Diana Bishop est non seulement une scientifique, mais est aussi l’héritière d’une longue lignée de sorcières. Depuis l’enfance et la mort de ses parents lorsqu’elle avait 7 ans, Diana a refusé violemment cet héritage de sorcellerie, ni de près, ni de loin elle ne veut être concernée par le sujet – malgré ses tantes aux Etats-Unis qui lui répètent sans arrêt qu’elle ne pourra pas nier et fuir cet héritage éternellement.

Le fait qu’elle ait, très momentanément, eu en main le célèbre livre des sortilèges, recherché par tous les sorciers et sorcières du monde, va totalement bouleverser la vie de la jeune femme. Tout d’abord un vampire la suit désormais, où qu’elle aille, mais il semble qu’il s’agisse d’un protecteur. Par contre, elle est aussi harcelée par un important sorcier, membre de la Congrégation – un groupe de 3 sorciers, 3 vampires et 3 démons ayant émis des règles très strictes – ce sorcier veut aussi le manuscrit et plus personne ne croit Diana lorsqu’elle dit ne plus avoir le livre en question – après avoir pris les notes nécessaires, elle a rendu le livre au bibliothécaire. Et le livre a, à nouveau, disparu.

Peu à peu, Matthew Clairmont et Diana sont attirés l’un par l’autre – elle sait qu’elle n’a rien à craindre de lui puisque les vampires ne se nourrissent plus d’humains, mais du sang d’animaux.
Par contre chaque fois qu’apparaît Peter Knox, le sorcier exigeant le manuscrit, des gestes de sorcière viennent au secours de Ms. Bishop, des dons qu’elle n’arrive pas à contrôler, n’ayant jamais expérimenté la magie qu’elle possède et qu’elle a toujours refusée.

Pour la protéger, Clarimont l’emmène dans son domaine en France. Lorsqu’ils s’avoueront leurs sentiments, notre couple « improbable » va devoir faire face à l’hostilité très forte de la Congrégation, surmonter les a-priori non seulement de la famille de vampires de Clermon, mais aussi des tantes de Diana et probablement de tous les fantômes de la lignée Bishop.

Bien des épreuves attendent ces Roméo & Juliette des temps modernes.

Mon avis = j’ai aimé parce que divertissant - mais je dois reconnaître que j’ai toujours eu un faible pour les histoires de fées, sorciers, momies (pas trop les vampires, mais je tente de m’habituer =^-^=) -  je n’ai pu évidemment m’empêcher de penser à la série de livres « Twilight » (pour adolescents) et « Harry  Potter » (pour les jeunes).

Ici, l’auteure Deborah Harkness a voulu s’adresser aux adultes – les avis sont assez dispersés quant au livre (dont j’ai encore 2 volumes à découvrir), cependant j’avoue ne pas avoir trouvé que cela s’adressait vraiment aux adultes, c’est un sympathique mélange pour adulescents dirons-nous, ce nouveau mot à la mode pour parler des adultes qui restent un peu enfoncés dans leurs jeunes années.

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L’auteure est professeur d’histoire en Californie du sud. Elle enseigne l’histoire européenne ainsi que l’histoire des sciences. Elle a déjà publié plusieurs livres de non-fiction.

C’est en 2001 qu’elle a eu envie d’écrire le premier roman de la trilogie « All Souls » à propos d’une sorcière des temps modernes, ayant par inadvertance fait appel à un manuscrit disparu depuis des siècles et aidée par un vampire français.

On me remarquera que cela n’est pas d’un très haut niveau intellectuel, pourtant j’ai trouvé que ce n’était pas mal écrit – l’anglais est simple mais pas simpliste, l’écriture est fluide et il y a quelques moments d’humour dans l’histoire.

J’ai aussi été émue par la complicité qui règne entre les personnages et j’ai apprécié cette bataille contre les forces du mal, à savoir les intolérants sorciers estimant que tous les vampires devraient être exterminés, mais une partie des vampires sont aussi opposés à l’alliance « sorcière/vampire ».
Même si on me dira que c’est loin cherché, personnellement je trouve qu’il y a une belle allégorie pour la tolérance et la lutte contre la bigoterie. 
Celles-ci évidemment sont des raisons « sérieuses », mais  je serais honnête avec vous, j’ai tout simplement aimé parce que c’est distrayant.

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05 octobre 2018

A IS FOR ARSENIC, de Kathryn Harkup

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THE POISONS OF AGATHA CHRISTIE 

Ce livre-document commence par une introduction sur Agatha Christie et son intérêt pour les poisons et la pharmacopée au cours de la première guerre mondiale, lorsqu’elle décida de devenir infirmière spécialisée en médicaments et poisons, afin d’aider à soigner les soldats.

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Suivent alors 14 chapitres, fort complets, sur les poisons qu’elle a « utilisés » dans ses romans – dans au moins 14 d’entre eux, mais selon Kathryn Harkup, la scientifique ayant analysé les romans, la duchesse du crime a fait passer de vie à trépas au moins 300 personnages.

1. A is for Arsenic – Murder is Easy
2. B is for Belladonna – The Labours of Hercules
3. C is for Cyanide – Sparkling Cyanide 
4. D is for Digitalis – Appointment with Death
5. E is for Eserine – Crooked House
6. H is for Hemlock – Five Little Pigs
7. M is for Monkshood – 4:50 from Paddington
8. N is for Nicotine – Three Act Tragedy
9. O is for Opium – Sad Cypress 
10. P is for Phosphorus – Dumb Witness
11. R is for Ricin – Partners in Crime
12. S is for Strychnine – The Mysterious Affair at Styles
13. T is for Thallium – The Pale Horse
14. V is for Veranol – Lord Edgware Dies

Comme le dit Ms. Harkup, ce n’est pas parce qu’il s’agit de fictions, que tout y est inventé.
Coups de feu ou autres formes de mort comme le poignard  sont apparues dans d’autres romans, mais Dame Agatha avait une nette préférence pour le poison – comme le dit l’auteure de l’essai, elle était britannique après tout, donc soucieuse de rester dans les limites du politiquement correct.
Ceci mis à part, chaque mort par empoisonnement prouve la grande connaissance des poisons que possédait Ms. Christie.

Chaque chapitre parle d’abord du polar dans lequel se produit la mort par le poison utilisé par l’assassin – assassin que Ms. Harkup ne dévoile pas, ce qui est tout à son honneur.
Après description de la manière dont les choses se produisent dans le roman, suit alors l’historique du poison même (cela ne vous étonnera pas que l'auteure mentionne les Borgia, j'y ajoute pour ma part Catherine de Medicis), avec de nombreux détails  techniques  sur le poison  et ses composantes chimiques, ainsi que les éventuels antidotes.
Enfin, après ces deux parties, une troisième partie est consacrée à quelques faits réels sur l’empoisonnement par le produit en question.

Dans le chapitre consacré à « H is for Hemlock » (cigüe), j’ai noté un petit manque de documentation de la part de Ms. Harkup = l’auteure explique que seule Agatha Christie a tué un personnage avec ce poison.
J’ai pour ma part découvert au cours de mes nombreuses lectures de polars, au moins deux autres cas d’empoisonnement à la cigüe = l’un dans une enquête de Sœur Fidelma, de Peter Tremayne ‘Hemlock at Vespers) ; l’autre dans une enquête du superintendant Wycliffe de W.J. Burley (titre oublié)
Toujours dans ce même chapitre, Ms. Harkup explique la mort de Socrate, qui fut relativement édulcorée par Platon = la mort par cigüe n’est pas aussi digne dans la réalité, Socrate a dû énormément souffrir, avec des convulsions des muscles entre autres, qui ne lui auraient pas permis de rester aussi stoïque jusqu’à la fin.
Il est par ailleurs facile de confondre la cigüe avec du persil paraît-il.

A l’époque où Agatha Christie étudia les poisons et leurs éventuels antidotes, la chimie  et la médecine légale et scientique, n’avaient pas encore fait les progrès des découvertes actuelles, ce qui est souvent l’une des raisons pour lesquelles heureusement Hercule Poirot ou Miss Marple, ou un autre personnage qui se charge de l’enquête,  découvrent le petit détail qui mène à la résolution du problème.

Dans les romans d’Agatha Christie, les meurtriers sont prudents, ils achètent rarement le poison dans le village, mais s’ils le font, c’est alors pour expliquer qu’il faut se débarrasser de rats ou de mauvaises herbes ayant envahi le jardin. Ou alors quelqu’un a une prescription pour un médicament, qui s’avérera mortel.

Ceci est un résumé bien imparfait sur ce livre qui bien que documentaire se lit presque comme un roman.

L’auteure de cet intéressant document, Kathryn Harkup, est une scientifique, chercheuse en chimie. Elle est actuellement chargée de communication dans le domaine scientifique ; elle se spécialise sur les questions historiques et macabres (comme par exemple ici les poisons, mais également les vampires et la création monstrueuse de Frankenstein, sur lequel elle a aussi écrit un essai).
Elle est, faut il le spécifier, une grande fan d’Agatha Crristie

Mon avis = un essai réellement intéressant, bien qu’assez pointu pour la profane en chimie que je suis. Il n’empêche cependant pas de « savourer » (façon de parler =^-^=) cette étude particulièrement complète sur les différents poisons utilisés par la Duchesse du Crime, qu’elle a basés sur sa profonde connaissance de leur pharmacopée. Il est certain que la jeune Flavia  de Luce   et Sherlock Holmes n’auraient eu aucun problème à comprendre la partie technique de ce document.

Même si « pointu », l’essai n’est pas exempt d’humour caustique, où l’auteure exprime qu’il vaut mieux ne pas tester sur soi,  ou sur quelqu’un que l’on aimerait trucider,  les théories décrites dans le livre, la médecine légale ayant tout de même fait de grands progrès depuis l’époque de Dame Agatha.

Toutefois, si l’envie vous prenait de faire passer de vie à trépas quelqu’un qui vous tape vraiment sur les nerfs, attendez un temps certain entre la souscription du contrat de police d’assurance-vie (en votre bénéfice évidemment) et le moment où vous agirez, il vaut toujours mieux éviter d’éveiller les soupçons.

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03 octobre 2018

APPRENDRE A LIRE, de Sébastien Ministru

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Le père, le fils et l’amoureux 

Lorsque son père lui demande de lui apprendre à lire, Antoine tombe des nues – non pas qu’il ignorât que son père ne savait pas lire, mais pourquoi à 80 ans ? et pourquoi pas lui rétorque le paternel ! Un paternel bourru, parfois méchant, qui ne se soigne plus guère. Loin de la réussite sociale de son fils, directeur d'une maison d'édition.

Voilà donc le fils devenu le professeur du père et, comme on s’en doute, cela ne se passe pas très bien, tous deux sont tendus, crispés, et la colère de l’un rejaillit régulièrement sur l’autre.
A bout de patience, Antoine s’adresse à un jeune escort boy, Ron, avec qui – chose très rare – il a noué des relations autres que purement physiques (je dirais presquehygiéniques).
Car Ron fait l’escort boy pour payer ses études – des études d’instituteur justement, qu’il compte aller exercer en Australie. Il économise pour le billet d’avion et s’installer à Sidney.
Ron accepte de ne plus être le fantasme sexuel d’Antoine, qui a dû avouer la vérité à Alex, le talentueux peintre qui est son compagnon et avec qui il n’a plus de relations physiques. Car sinon, comment expliquer la présence de Ron dans sa vie.

A l’étonnement d’Antoine, les leçons de Ron portent leur fruit et en quelques mois, le père d’Antoine libère ses tensions et arrive à un certain résultat. Mais Ron sera beaucoup plus que cela dans la vie de ce triangle père-fils-amant, il sera le chaînon manquant, celui qui va tenter, avec un certain succès, de réconcilier le fils avec un père qui l' aime sans doute, mais tellement mal.

Mon avis = vous dire à quel point cette histoire m’a touchée serait un euphémisme.

Délier les liens noués, défaire les noeuds, se dépêtrer du passé.

Le livre refermé, j’avais encore une boule dans la gorge dans cette histoire où se déroule petit à petit l’histoire d’un homme, Antoine, ayant réussi sa vie en dépit dit-il de ses origines pauvres et d’un père qui ne l’aimait pas.
Antoine, la soixantaine, oublie que son père (plus de 80 ans) issu d’un milieu rural sicilien, n’a jamais su exprimer ses sentiments – à l’époque du père, on ne disait pas à ses enfants qu’on les aime, on avait une pudeur des sentiments, déjà il a accepté l’homosexualité de son fils, Alex et lui s’entendent d’ailleurs fort bien. Mais Alex a mis le doigt sur la plaie = Antoine ressemble tout à fait à son père, et on ne s’entend pas toujours bien avec soi-même, même si l’on a réussi dans la vie.

Les relations parents-enfants ne sont jamais simples – entre une mère et sa fille, c’est souvent tendu, entre un père et son fils, cela l’est encore plus apparemment.
Ici il y a des reproches, dus au manque de discussion, des non-dits, un manque de tendresse depuis la mort de la maman d’Antoine.

Et pourtant, toute cette histoire est un long moment de tendresse, c’est un livre sur l’amour familial, l’amour tout court car Antoine et Alex s’aiment malgré le manque de désir installé dans leur « vieux couple » - c’est aussi un  roman sur le désir, le désir physique, le désir d’apprendre. Un livre sur l’apprentissage non seulement des lettres et de la lecture, mais sur la volonté (ou pas) de connaître l’autre. 

A lire absolument. – MERCI à Marilyne qui a si gentiment partagé ce livre avec moi.  Son billet ici. D’autres avis = critiqueslibres, babelio, desmotsetdesnotes

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Sébastien Ministru est bien connu des amateurs de théâtre belge – il a écrit plusieurs pièces qui se sont jouées au TTO (le théâtre de la Toison d’Or, dont le but est de vous faire rire).
Dans ce roman, il y a exactement le même humour, la même tendresse que dans ses pièces.

En plus de sa casquette de dramaturge, il est aussi chroniqueur de radio et journaliste littéraire.

Dans un interview, il est heureux de dire que son père se réjouit d’être dans un roman.

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01 octobre 2018

THE MASK OF DIMITRIOS, d'Eric Ambler

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Titre anglais aux Etats Unis = A Coffin for Dimitrios

Titre français = le Masque de Dimitrios

Ce fut au cours d’une party organisée par Elise Chavez que Charles Latimer fit la connaissance du Colonel de police secrète Haki et entendit parler pour la première fois de Dimitrios Makropoulos.

Charles Latimer était maître de conférences dans une université britannique, en économie, un emploi pas très lucratif – pour tuer le temps, car il en a beaucoup il s’était mis à écrire quelques romans policiers qui lui rapportèrent de l’argent, mais déplurent aux instances universitaires. Latimer décide donc de prendre un congé prolongé et part se promener sous des cieux plus cléments, comme  Istambul.
C’est là qu’il rencontre Haki, un homme qui adore les polars et aimerait en écrire un ; heureux de découvrir un « véritable romancier », il lui confie des notes qu’il a écrites pour une histoire policière et les donne à Latimer, afin qu’il les utilise pour écrire un vrai roman.

Le colonel reçoit alors l’annonce d’un subalterne comme quoi un corps a été trouvé dans le Bosphore, tué d’un coup de couteau. Il s’agirait de Dimitrios Makropoulos dont ils étaient en train de parler. Latimer demande s’il peut l’accompagner à la morgue, ce serait une « documentation » intéressante pour le roman.
Aussitôt dit, aussitôt fait.

Et Charles Latimer se prend au jeu de la détection, demande à Haki s’il peut consulter le dossier qui ne contient de toute façon pas grand-chose.
Latimer va se livrer désormais à un véritable jeu de la détection afin de retrouver les traces de Dimitrios entre les années 22-26, et même au-delà si possible.
Il fera la connaissance ainsi de fonctionnaires qu’il faut soudoyer pour obtenir certaines autorisations et aussi d’un journaliste qui semble bien savoir qui était Dimitrios, un homme qui paraît avoir été un maître espion et assassin, un trafiquant de drogue, faussaire, maquereau et maître chanteur, se servant des autres pour de l’argent et des faveurs, sans jamais honorer les dettes et chargeant d’ autres  des sales besognes.

De Smyrne à Sofia, notre écrivain fera la connaissance de l’ancienne maîtresse de Dimitrios, Irina Preveza, mais surtout de Mr. Peters, un homme gras, obséquieux, qui  finit par proposer une alliance à Charles Latimer pour échanger les éléments découverts sur ce criminel d’envergure.
Mr. Peters est aussi obsédé par Dimitrios, mais pas pour les mêmes raisons que Latimer qui veut seulement écrire un livre. Peters, lui, prétend savoir quelque chose mais pour cela il faut se rendre à Paris.

Mon avis = excellent – un mélange de deux genres = polar et espionnage, avec beaucoup de détails historiques sur la situation dans les Balkans entre les deux guerres mondiales, des détails parfois nébuleux lorsque (comme moi) on connaît mal cette situation notamment de la guerre entre la Grèce et la Turquie et les massacres perpétrés de part et d’autre.
Sans oublier la montée du communisme, détesté de tous côtés. 

Toutefois, il s’agit d’un  récit au rythme lent,  avec un humour caustique subtil que j’ai énormément apprécié -  ce roman est considéré comme ayant inspiré des écrivains tels John le Carré, Ian Freming, pour ne citer que les plus connus.
Son influence  dans le genre thriller a été énorme auprès d’écrivains devenus célèbres depuis

Contrairement à d’autres romans d’espionnage, le protagoniste chez Eric Ambler est rarement un professionnel, pas un vrai détective ou travaillant pour les services d’espionnage ou contre espionnage ; il s’agit généralement d’un amateur (comme ici cet ex-professeur d’université) se retrouvant malgré lui dans des situations face à de dangereux criminels, mais qui, à sa surprise personnelle et celle de ses opposants, parvient toujours à s’en sortir de manière insolite, surprenant ses ennemis, bref le typique anti-héros.

Le personnage du Colonel Haki, qui aimerait bien être écrivain mais n’a pas le temps, se retrouve dans d’autres romans d’Eric Ambler.

Ce roman est classé parmi les 100 meilleurs romans policiers de tous les temps – il figure à la 24ème place. En 1995, l’association Mystery Writers of America l’a positionné 17ème  dans le classement des 100 meilleurs livres policiers.
Il est donc considéré comme l’un des meilleurs classiques du genre.

L’adaptation cinématographique, très difficile à trouver malheureusement, était relativement proche du roman paraît-il, à part quelques petites modifications, et lorsque je l’ai visionnée il y a bien longtemps, j’ai tout de suite eu envie de lire le livre. Je n’en avais pas eu l’occasion jusqu’à présent, c’est désormais chose faite et c’était amusant de mettre un « visage » (même de cinéma) sur les différents personnages.

Alfred Hitchcock - qui n’a pas pu obtenir les droits du roman car Ambler savait que le grand Hitch transformerait trop son histoire, comme à son habitude – a dit d’Ambler qu’il était un véritable magicien. Contrairement au livre, le film n’eut pas un accueil chaleureux mais est devenus, depuis, un film culte dans le genre « noir ». La version cinématographique date de 1944, le roman a été écrit en 1939.

Je conseille vivement ce classique  car il fait passer un bon moment de lecture, bien qu’il ait tout de même pris quelques rides selon moi.

28 septembre 2018

CONNAISSEZ VOUS VRAIMENT MISS MARPLE ?

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joan hickson, ma marple préférée

Je me suis amusée à traduire ce portrait en quelques lignes d’après le site Agatha Christie = facts about miss marple

  1. Agatha Christie a basé Miss Marple sur sa grand-m ère et sur les amies de sa grand-mère
  2. Elle est apparue pour la première fois dans des nouvelles écrites entre 1927-1928 – sa première apparition en roman fut  dans « Murder at the vicarage » publié en 1930
  3. Miss Marple a figuré dans 20 nouvelles et 13 romans
  4. Jane Marple est décrite comme une jolie vieille dame, à l’œil bleu malicieux
  5. Bien qu’elle soit une vieille fille, elle a eu des soupirants auxquels elle fait parfois allusion  dans les enquêtes
  6. Elle est un fin limier, sans avoir nullement étudié la criminologie ou fait partie de la police locale
  7. Ses passe-temps favoris sont le jardinage, le tricot et bien sûr les commérages
  8. Elle vit à St-Mary-Mead, petit village anglais typique, avec son pub, quelques boutiques,, un presbytère et le domaine de Gossington Hall
  9. Miss Marple a une profonde connaissance de la nature humaine et sa méchanceté, qui lui est venue de l’observation  de la vie villageoise et de temps à autre est considérée comme une mêle-tout
  10. Jane Marple est fière de la tenue de son ménage et a formé plusieurs bonnes, souvent des jeunes filles venues de l’orphelinat
  11. Elle est un employeur ayant une passion pour la justice et n’hésite pas à défendre, voire à venger celles de  ses anciennes employées à qui l'on a fait du tort, comme par exemple dans « A pocket full of rye »
  12. Elle a un esprit fortement indépendant et aime se déplacer pour rencontrer des ami.e.s en Grande-Bretagne
  13. Cependant, la plupart des enquêtes de Jane Marple se situent dans un village anglais ou dans une grande propriété, à quelques exceptions près
  14. Jane Marple ne possède pas une nature optimiste et s’attend toujours au pire chez les gens ou dans certaines situations (en ce sens elle me fait penser aux Monty Pythons, qui conseillent aussi de toujours s'attendre au pire comme cela, on n'est jamais déçu =^-^=)
  15. Son neveu, Raymond West, apparaît dans plusieurs histoires ; il est écrivain, adore sa tante mais a tendance à la sous-estimer
  16. Miss Marple n’aime pas être paresseuse et trouve toujours quelque chose à faire (tout comme sa créatrice, Ms. Christie)
  17. Parfois Jane Marple se sent limitée par son âge, elle fait alors appel à d’autres afin de l’aider à résoudre des crimes ; elle utilise pour cela le savoir d’un réseau d’ami.e.s, de membres de sa famille, des anciennes employées et même la police
  18. La seule histoire où Miss Marple conte une histoire de son point de vue personnel est dans la nouvelle « Miss Marple raconte ».

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geraldine mcewan, qui fut l'une des "nouvelles" miss marple
et je dois le reconnaître, celle à qui j'ai le moins bien accroché

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julia mckenzie, qui a pris la relève au décès de geraldine mcewan

Helen Hayes as Miss Marple

helen hayes, à l'accent beaucoup trop américain
et qui n'apparut que dans 2 enquêtes (2 films pour la télévision)

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 margaret rutherford, la plus drôle, qui apparut dans 4 enquêtes
(4 longs métrages en noir&blanc)

27 septembre 2018

UN MOMENT A LA NATIONAL GALLERY

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la vierge à l'hirodelle, avec prédelles - de carlo crivelli - 15ème siècle

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venus et mars endormi - sandro botticelli

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portraits de saskia et autoportrait de rembrandt

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l'allée de middelhamis - hobbema

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autoportrait au chapeau de paille - elisabeth vigée-lebrun

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mr and mirs william hallet (the morning walk) de thomas gainsborough

sur ces gracieuses notes  peintes, je termine mon voyage à londres 2018, qui je l'espère vous aura plu

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DANS LES JARDINS DU VICTORIA & ALBERT MUSEUM

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une jolie initiative dans les jardins du victoria & albert museum = un bassin d'eau où les enfants peuvent jouer, s'ébattre pendant que les parents sirotent une boisson

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une oeuvre contemporaine à la sortie sur le thème de l'eau et la nature

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les dieux du soleil et de la lune

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COURTE BALADE AU BRITISH MUSEUM

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totalement pris d'assaut, dès le matin, par la masse des touristes, je me suis contentée d'une petite incursion dans ce british museum qui recèle - comme vous le savez - des trésors magnifiques - notamment dans les galeries consacrées à l'antiquité - souffrant de claustrophovie dans la foule, je suis passée là où il n'y avait pas trop de monde - la mode des selfies étant ce qu'elle est, j'ai pu constater que les jeunes touristes étaient plus intéressé.e.s à se prendre en photo devant les pièces exposées, plutôt que de s'y intéresser -
(ceci est une simple visite en photos, pas une leçon d'histoire =^-^=)

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égypte

sekmet, déesse lionne, représentant bastet en colère

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grèce

frise (en partie) du parthénon que les grecs voudraient récupérer
estimant que cela leur fut volé par les britanniques

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petit temple grec

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une déesse ailée (peut-être une nikè, c-à-d une victoire)

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26 septembre 2018

PROMENADE A LONDRES NEZ AU VENT - 2

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25 septembre 2018

WILD FIRE, d'Ann Cleeves

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8ème enquête de l’inspecteur Jimmy Perez  dans les Shetland

Lorsque la famille Fleming est venue s’installer à Deltaness, Helena, une créatrice de mode connue, espérait qu’enfin ce serait un bon nouveau départ pour eux. Elle allait enfin pouvoir créer à l’aise, pendant que son époux Daniel, architecte talentueux ayant totalement rénové la maison dans laquelle ils vivent, allait consacrer plus de temps aux enfants pendant qu’elle travaillait ; il allait pouvoir vivre la vie d’un « père au foyer », ce qui changerait un peu leur couple qui jusqu’à présent menait l’existence classique du père occupé et de la mère au foyer.
C’est cette maison qui va être, entre autres,  au creux des problèmes du couple.
En effet, le vieil homme qui avait dû tout vendre (terrain et maison) s’est suicidé dans la grange attenant à la demeure et Daniel l’a trouvé, le jetant dans un état dépressif dont son épouse n’arrive pas  à le sortir. Femme forte elle prend sur elle, mais malgré tout ne supporte plus très bien la situation d’autant plus que des petits dessins montrant un pendu se retrouvent régulièrement dans leur courrier.
Cela l’inquiète tellement qu’elle en parle à l’inspecteur Perez.
Helena est soulagée d’avoir parlé de ce qui la préoccupait car l’un de ses deux enfants, Christopher, est autiste et ne supporte pas les moindres modifications dans sa routine. Elle ne sera toutefois pas au bout de ses surprises.

L’autre famille très aisée du patelin, celle du médecin généraliste, ont engagé une jeune nanny pour leurs 4 enfants – elle est arrivée jeune chez eux, car dans Orkney où elle vivait, on savait qu’elle était tyrannisée par son père, qui s’en prenait à elle comme à sa mère, au point que finalement il fut mis en prison.
La petite fille qui s’occupait déjà de ses deux frères, a poursuivi cette tâche jusqu’à ce qu’ils soient en âge de se débrouiller. Emma aime son travail de nanny, même si les parents des enfants ne sont pas du tout concernés par l’éducation de leurs enfants, sauf au niveau des succès scolaires. Emma a donc carte blanche et le médecin et son épouse sont contents de ses services.

Lorsque la jeune Emma est retrouvée  pendue dans la grange – comme le vieux monsieur – il ne fait aucun doute qu’il ne s’agit nullement d’un suicide, la jeune femme a été étranglée.
L’enquête va révéler que l’architecte père au foyer avait noué des liens affectueux avec la jeune femme, pas une vraie liaison, mais il est évident qu’il en devenait obsédé. Ce fut d’ailleurs elle qui mit fin à cette amitié car les commérages dans le village allaient bon train.

L’une des personnes colportant le plus de ragots était l’ancienne amoureuse (dans leur jeunesse) du vieux monsieur et tient les nouveaux venus pour responsables de son suicide.
Cette femme est la mère de Magnus Riddell,  un jeune homme attiré par Emma et qui aimerait l’épouser.
Il est à présent également sur la liste des suspects. Il n’hésite pas à dire que sa mère est l’une des femmes à la langue la plus venimeuse qui soit, non seulement elle écrase sa jeune sœur - plus sensible qu’elle et qui a aussi ses secrets -  mais de plus elle jalousait la créatrice de mode, qu’elle accusait d’avoir volé le patrimoine des motifs si typiques de l’île, pour en faire des créations modernes. Son divorce du directeur de la banque la rend particulièrement amère d’avoir perdu son statut.

Lorsque Margaret Riddell est assassinée à son tour, étranglée comme Emma, les soupçons se portent encore sur les Fleming qu’elle traquait littéralement, en se postant devant chez eux à intervalles réguliers. Cependant, son fils n’a pas non plus d’alibi, le revoilà sur la liste des suspects.

C’est l’inspectrice en chef, Willow Reeves, avec qui ils ont déjà travaillé dans des enquêtes précédents, a annonce à Jimmy Perez une nouvelle qui le laisse pantois et  du coup, il prend ses distances avec elle, au désarroi du jeune inspecteur qui enquête à leurs côtés.
Mais ce sont des professionnels, ils doivent donc mettre de côté leurs ressentiments afin de mener l’enquête à bien. Une enquête compliquée par le manque de preuves.

Lorsque le jeune Christopher fuit l’école,   sa disparition met en œuvre non seulement l’inquiétude des parents, mais aussi celle des inspecteurs qui ont compris que le jeune garçon avait deviné qui était l’assassin et avait décidé de le confronter. 

Mon avis = un excellent polar et thriller psychologique où la cruauté ne se situe pas nécessairement où l’on pense – sur des familles dysfonctionnelles et où coupables et  victimes sont étroitement entremêlés.

Que de complications aussi dans la vie personnelle de Jimmy Perez, un inspecteur broyant du noir, se sentant coupable du meurtre de la femme qu’il aimait ; il s’occupe à présent de la fille de Fran, celle-ci ayant estimé que le père  biologique de la petite fille n’était pas apte à être un parent à temps plein.
Cela arrange bien Duncan, cette garde paternelle alternée considérant Perez comme un bien meilleur père que lui.

Les deux familles concernées par les meurtres ne sont pas très sympathiques, mais l’attitude de la petite ville de Deltaness n’est pas très accueillante, ni sympathique non plus, se nourrissant de ragots.
La romancière Ann Cleeves décrit à la perfection les commérages, les regards incisifs sur la vie des « nouveaux ». Cela donne toujours un peu froid dans le dos ces ambiances de commérages, où chacun scrute son voisin et colporte ce qu’il pense être la vérité, sans vérifier s’il s’agit ou non de la vérité justement.
Et surtout la méfiance à l’égard du jeune Christopher, autiste, dont le comportement déroute et inquiète.

Au travers de jolies descriptions des paysages des Shetland, le brouillard qui s’installe parfois tellement brusquement que l’on en perd le sens de l’orientation, le soleil qui surgit brusquement avec des averses, les rochers où perchent les macareux.
Ne dit-on pas des Shetland qu'elles offrent 4 saisons en une seule journée/

La trame est excellente et la fin fort bien amenée, pleine de suspense.  Une belle étude de la psychologie humaine,  même si un peu déprimante par instants, avec cette claustrophobie implacable des petites communautés souvent repliées sur elles-mêmes, où l’on se retrouve presque sans cesse pour les activités de la semaine.

Bien que ce soit la 8ème enquête dans la série « Shertland », et malgré des allusions aux relations personnelles de Jimmy Perez, ce thriller peut se lire sans problème si l’on n’a pas lu les précédents polars.

A lire sans hésiter.

22 septembre 2018

DEATH IN AN ENGLISH COTTAGE, de Sara Rosett

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2ème enquête de Kate Sharp & Alex Norcutt dans la série « Murder on location »

A peine revenue à L.A. où la mort du patron a fermé le bureau de recherches de sites pour cinéma, publicité, télévision, que Kate Sharp réalise qu’elle doit à présent se retrouver un emploi similaire ou travailler comme free lance, ce qui n’est pas très rentable dans ce métier mais c’est toujours mieux que de retourner vivre temporairement chez sa mère qui n’a qu’une idée en tête = la marier !
Heureusement un texto d’Alex arrive en même temps qu’elle débarque à L.A. et du coup tout s’éclaire.

Ce n’est pas uniquement parce qu’elle nourrit un tendre sentiment pour lui, il a une vraie proposition de travail à lui offrir – un mois après le projet avorté d’un nouveau Pride é Prejudice de Jane Austen, une société de production a l’intention de réaliser une série documentaire sur ladite Austen.
De plus, Kate Sharp apprécie l’ambiance anglaise, ses paysages, ses afternoon teas, sa pluie ....

L’équipe pourrait utiliser une deuxième personne pour trouver des sites correspondant à la vie selon Jane Austen. Kate refait sa valise et la revoilà à Nether Woodsmoor, en plein printemps anglais.  On est loin de la sécheresse perpétuelle de la Californie du sud, mais quel bonheur pour Kate. D’autant plus que les habitants de Nether Woodsmoor l’accueillent à bras ouverts – peut-être pas l’inspecteur Qyimby et son sergent, mais ça c’est une autre histoire.

La chambre dans le B&B ayant subi un dégât des eaux, la « dame du manoir » la sympathique lady Beatrice lui propose l’un des cottages de « Cottage lane » - petit mais confortable, avec pour voisin un conseiller en Austen, un professeur d’université que Ms. Sharp aimerait rencontrer.  
D’autant plus qu’il aurait découvert des « lettres oubliées de Jane Austen » et elle brûle de les lire. « Brûler », elle ne réalise pas encore à quel point le terme est prophétique.

En attendant, elle fait la connaissance de l’équipe de tournage et réalise que la productrice l’a complètement prise en grippe, sans même la connaître. Kate fait contre mauvaise fortune bon cœur, fait correctement son travail, malgré les remarques déplaisantes de la productrice ; par contre avec Alex tout baigne … ou presque.

Par ailleurs, il règne un climat de malaise dans Cottage Lane, car certains cottages, dont celui du spécialise en Austen, ont subi du vandalisme. La situation va s’aggraver lorsque le cottage du spécialiste en question est carrément incendié. Et les fameuses lettres d’Austen, que personne n’a pu voir, ont brûlé avec le cottage car le prof ne les avait pas mis dans un coffre – on peut être professeur d’université et totalement idiot.

Dans le cottage, un corps a été trouvé – celui d’une jeune femme, qui faisait partie d’un club de cyclisme et que Kate Sharp a vu rôder sur le petit chemin qui bordait les cottages.
Comme Alex faisait aussi partie de cette journée de cyclisme, de même qu’un expert en informatique vivant en bordure de la petite ville, l’inspecteur Quimby considère Norcutt comme principal coupable malgré ses dénégations de connaître la jeune femme. 
Et comme un malheur n’arrive jamais seul, Kate Sharp se fait méchamment renvoyer du tournage – la productrice déversant son fiel d’une manière qui fait que la jeune femme n’arrive même pas à se défendre – en une semaine elle perd non seulement son job mais elle devra aussi quitter le cottage, la production refusant d’en assumer les frais.

Ayant du temps sur les mains avant de retourner à L.A., et à peine de quoi se payer le billet de retour, Kate Sharp décide d’enquêter sur la jeune femme morte – seul indice = son nom, Amy Brown.
Tellement banal !  Et l’inspecteur Quimby n’est pas vraiment heureux de son « aide ». De plus, elle ne devrait pas oublier que mener sa propre enquête peut être très dangereux.

Par ailleurs, il devient évident qu'Alex cache réellement un secret et ce n’est pas son adorable lévrier qui donnera une explication.

Mon avis = bon - les toutes dernières pages de la première enquête se terminant sur le texto d’Alex Norcutt, j’ai eu envie de retrouver le village de Nether Woodsmoor, avec tous ces personnages sympathiques, mais curieux et bavards.
L’idylle entre les deux principaux personnages était pratiquement annoncée dans le premier opus, et comme disent les villageois = c’était tellement évident qu’ils étaient faits l’un pour l’autre.

Comme cela j’ai l’air de vous parler d’un livre à l’eau de rose, mais ce n’est pas du tout le cas – l’intrigue est vraiment bonne et le suspense bien réel – quoique cette fois j’avais vraiment découvert qui était l’assassin.

Il y a une sous-intrigue avec l’affaire des « lettres retrouvées de Jane Austen » et le prod d’université qui se prend pour un génie austenien alors que Kate Sharp est bien plus à la hauteur que lui – cela lui rendra d’ailleurs un fieffé service à Ms. Sharp.

Le livre est un peu plus court que le précédent, avec cette fois de sympathiques descriptions des cottages anglais, et toujours de la campagne du Derbyshire – les cottages deviennent très à la mode pour les vacanciers.
J’ai aussi découvert, à la fin du livre précédent, la présence d’un très beau lévrier dans l’existence d’Alex Norcutt.
L’informatique et l’art de pirater un smartphone jouent aussi un rôle important dans l’histoire.

Les vacanciers sont appréciés par les commerçants de ce village qui de l’extérieur ressemble à un village de conte de fées.
Mais rappelez-vous les sages paroles de Miss Marple = dans un village, la méchanceté est pareille à la grande ville, ainsi est faite la nature humaine. Et ce ne sont pas Hercule Poirot et Sherlock Holmes qui la contrediront. 

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LUCRECE BORGIA, par le théâtre de TOONE

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illustration prise sur le site du théâtre de toone

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Libre (très libre) daptation de Nicolas Géal d’après Victor Hugo et quelques autres

Magnifiques décors de Raymond Renard

Oubliez tout ce que l’on vous a dit que la belle Lucrèce – ni Victor Hugo, ni Alexandre Dumas, ni les feuilletons télé, ni Maria Bellonci, vous ont raconté la vraie histoire – la vraie, la seule, c’est chez Toone que vous la trouverez.

Dans une toute nouvelle version de Nicolas Géal, cette très libre adaptation de Victor Hugo (et quelques autres), Lucrère est bien cette séductrice sulfureuse, prête à tout pour devenir papesse et ensuite reine d’Italie.
Il faudra d’abord supprimer son père, le pape Alexandre VI, avec l’aide de son frère César qui ne demande pas mieux, mais qui n’a pas l’intention de laisser sa sœur prendre les rênes du pouvoir.
Chacun complote de son côté, à sa manière, avec la ferme intention de supprimer l'autre.

Dans cette version très bruxelloise, le pape est grand amateur de lambic, ce qui pourrait avoir des conséquences fâcheuses pour lui si Lucrèce arrive à ce que du poison y soit versé.
En fait, l’empoisonneur se trompe de fiole et lui donne de l’aphrodisiaque, avec les conséquences que vous Imaginez.

La belle Lucrèce a été  un pion sur l’échiquier de son paternel de pape, et son époux Alphonse d’Este a des cornes qui ne lui permettent même plus de mettre son plus beau chapeau.
Chez Toone, Rome est dans Bruxelles et la place du Jeu de Balle, devient la piazza di Balli et la rue préférée pour se promener des riches Romains est la Via Blasi (la rue Blaes).
C’est là que se jouent les temps forts de l’histoire, (sans oublier le Tibre où les cadavres flottent gaiement … enfin si on peut dire ça comme ça).

Le spadassin au service de César va tomber irrémédiablement amoureux de la fille de l’homme qu’il doit assassiner – si ça n’est par cornélien, je ne sais pas ce qui l’est. Mais ce spadassin qui est aussi un homme d’honneur va devenir un grand copain de Woltje, un autre au service de Césaar et qui va l’aider.

Pendant ce temps Lucrèce achète des potions magiques = poisons pour le père, aphrodisiaque pour le spadassin « de Radijzegang » (c’est son nom)  sur lequel elle a jeté son dévolu, habillée de son plus affriolant déshabillé. Lui n’a d’yeux que pour son Isabelle, et sera jeté en prison par César pour l’avoir trahi. Je sais cela a l’air un peu compliqué comme ça, mais tout cela va très mal finir, pour le plus grand bonheur de Lucifer qui emmène tout le monde cuire en enfer.

Bien sûr, l’Histoire avec un grand H en prend un fameux coup dans les gencives avec cette version hautement sexy  de « Lucrèce Borgia ».  Elle est vénale et sulfureuse à l’excès.

Comment peut-on ne pas être séduit ? c’est ce que pense le jeune curé qui voudrait bien être dans son lit, mais qui reçoit des claques de tout le monde. Ocherme.  

Les maxillaires  n’ont pas le temps de se reposer tant c’est « hénaurme » et excellemment drôle, bourré comme toujours d’anachronismes à la Toone, c'est-à-dire à la bruxelloise. Vu le côté un peu olé-olé de cette version, il était recommandé de laisser les « ketjes » (les enfants) à la maison.
Je n’ai pas obéi à cette suggestion, j’y ai emmené mon fils aîné (plus un ketje, mais un jeune homme de plus de 30 ans, donc averti), qui m’a gentiment offert la place à ce spectacle haut en couleurs et crimes. Et sexe.

Les costumes étaient de toute beauté, comme les décors.

(je n’ai hélas pas pris de photos, mes dernières expériences en la matière ayant été désastreuses, je me contente de vous relater l’histoire).

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21 septembre 2018

DEATH IN THE ENGLISH COUNTRYSIDE, de Sara Rosett

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1ère enquête  de Kate Sharp & Alex Norcutt dans la série « Murder on Location »

« Premier Locations » est une petite firme hollywoodienne spécialisée dans la recherche de lieux, sites, paysages et domaines susceptibles de figurer dans des publicités ou films.
Kate Sharp est l’assistante de l’un des directeurs qui est pour l’instant en Angleterre afin de rechercher les lieux possibles pour le tournage d’une nouvelle version de « Pride & Prejudice » d’après Jane Austen.
Lorsque Kevin Dunn ne revient pas à Los Angeles comme prévu, son associée demande à Ms. Sharp de se rendre en Angleterre afin de savoir ce qui est arrivé à Dunn et de préférence en toute discrétion pour éviter les rumeurs.
Leur société n’est peut-être pas jeune et est bien ancrée dans le monde du cinéma et de la publicité, mais la concurrence est énorme et les rumeurs pourraient signifier la fin de « Premier Locations ».

Voila Kate Sharp en Angleterre, assez terrorisée de conduire à gauche, elle arrive dans le joli village de  Nether Woodmoor, où elle s’installe dans l’auberge où son patron s’était aussi installé, mais depuis le vendredi précédent son arrivée, personne ne l’a plus vu.
Or à l’aéroport de Los Angeles, la voiture de location n’avait pas été retournée, ni le billet de retour utilisé. Kate contacte un certain Alex Norcutt, lui-même spécialisé en localisation de sites agréables.

Ensemble ils tentent de retrouver les traces de Kevin Dunn et se faisant finissent pas découvrir la voiture de location, dans la rivière près de la petite ville. Et hélas, un peu plus loin, le corps de Dunn.
L’inspecteur Quimby est chargé de l'enquête, confirme que Kevin Dunn est mort noyé depuis 3 jours, mais traite le cas comme un meurtre car Dunn a été frappé par un objet contondant avant de tomber à l’ eau.
Et Kate est la première sur la liste de ses suspects = peut-être est-elle arrivée avant ce qu’elle prétend et profitant de l’occasion, a tué son patron pour pouvoir s’approprier le travail et la petite agence.

La jeune femme est tellement furieuse qu’elle décide de mener sa propre enquête, en compagnie d’Alex Norcutt qui est traité comme suspect également, ceci malgré les risques que cela pourrait présenter.
Ils rencontrent quelques personnes ayant déjà eu des contacts avec Kevin Dunn avant sa disparition et certaines de ces personnes ne sont pas nécessairement bien intentionnées à l’égard de Ms. Sharp.

Mon avis = une agréable lecture pour prolonger les vacances – on aurait dû prévenir Kate Sharp que la campagne anglaise n’était pas si sûre que cela, n’a-t-elle donc jamais regardé « Midsomer Murders » ?

En tout cas c’est une plaisante lecture, joliment écrite, dans un anglais simple à comprendre, de plus le livre est relativement court, ce qui signifie que l'on ne tourne pas trop autour du pot (ici le village) – avec quelques agréables descriptions de paysages du Derbyshire, j’avoue que je me serais bien mêlée de l’enquête, ne fut-ce que pour retourner en Angleterre.
Petits villages typiques, paysages idylliques, des agréables cottages ou de belles propriétés où prendre le thé, des pubs où consommer un « fish & chips », bref tout ce que le tourisme anglais propose.
Il y a également de nombreuses références à Jane Austen, Ms. Sharp ayant préparé une thèse sur « Pride & Prejudice », mais n’a pu mener ce travail à sa conclusion pour raisons familiales.

L’intrigue est bien menée,  on râle un peu sur l’inspecteur qui estime que Kate est une coupable potentielle alors qu’elle était de l’autre côté de l’océan au moment du crime.
Je pense ici évidemment à l’inspecteur Lestrade que Sherlock ne considère pas non plus comme une lumière ! 

Je n’avais pas deviné qui était coupable, j’avais de vagues soupçons, mais sans plus.
Je vais poursuivre cette petite série bien sympathique, qui me rappelle une fois encore qu’il vaut mieux habiter la grande ville qu’un village – même si joliment anglais – car tout le monde connaît vos faits et gestes du matin au soir (encore heureux qu’ils dorment la nuit, quoique ….)

Je n’ai pas trouvé d’équivalent en français de l’expression anglaise « location scout », certaines expressions anglophones sont très claires dans leur signification et bien compliquées à traduire – c’est un peu pour cela que j’apprécie la langue anglaise, car en un mot tout se dit.
A propos du langage d'ailleurs, il y a à travers ce petit polar "cozy mystery", quelques mots de la langue anglaise et leur équivalent américain qui m'ont fait sourire , l"héroïne étant américaine et donc peu familiarisée avec certains termes (ce site  vous propose 100 mots anglais vs. américain - amusant à lire, d'autant plus que c'est illustré).

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20 septembre 2018

METAMORPHICA, de Zachary Mason

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Réécrire la mythologie classique, c’est tendance – pensez à « Mythos » de Stephen Fry, pour le plus récent – et aussi les aventures de Percy Jackson, de Rick Riordan. Sans oublier nombre de romans qui ont des héros de la mythologie classique repris dans un contexte moderne comme l’ amusant  « Gods behaving badly » de Marie Phillips ou « the Penelopiad » de Margaret Atwood, et tout les Canongate Myths– pour ne citer que ceux dont je me souviens ainsi au « pied levé ».

Cependant, personne n’avait encore repris les « Métamorphoses » d’Ovide pour en réécrire les histoires, avec quelques importantes modifications dans le contexte, avec des réflexions philosophiques  (parfois) -  le livre est présenté comme une radicale rénovation du genre.
Personnellement, je n’irais pas jusque là même s’il est vrai que j’ai parfois eu des hésitations face à des mythes que je connaissais bien.

Ici point d’humour ni d’ironie comme chez Marie Phillips ou Stephen Fry, Zachary Mason est un informaticien et se veut sérieux – c’est peut-être là que j’ai eu le plus de difficultés à réellement entrer dans les histoires, je pense que je m’attendais à autre chose de moins sérieux car je reconnais que tous ces dieux et déesses ne m’ont jamais paru très sérieux, même pas sérieux du tout avec leurs histoires d’adultère, de métamorphoses pour séduire ou échapper à un dieu trop entreprenant.

Ici, la Daphné d’Apollon n’appelle pas son père au secours pour qu’il la transforme en un doux laurier, au contraire elle accepte les avances du dieu et il la laisse platement tomber. Echo qui aime Narcisse est en réalité son reflet et Minos, le geôlier de Dédale, est un mathématicien doué et le roi Midas, au lieu de transformer son épouse en statue d’or, invente la monnaie.

La guerre de Troie prend aussi une place importante dans les métamorphoses, Homère étant un aède que Mason semble apprécier. Achille, Patrocle, Menelas, Hélène sont présents, quoique Hélène semble être un fantôme.

J’ai eu quelques petites difficultés avec le chapitre « Death » (la Mort) - l’auteur n’utilise que ce terme pour définir Hadès – or la mort en mythologie, c’est Thanatos – mais les aventures ressemblent fortement à celles d’Hadès lorsqu’il rencontre Persephone.

Zachary Mason a une écriture presque aussi poétique que celle d’Ovide – qui fait l’objet d’un court chapitre en fin de livre – il est exilé par Auguste, la raison en restera toujours un mystère – et ici, Auguste s’identifie à Alexandre le Grand. Pourquoi pas après tout ? Réinventer des mythes, c’est forcément ne pas nécessairement respecter l’original. Cependant pour éviter toute confusion à ceux qui connaissent Ovide, chaque nouveau chapitre est précédé d’une courte note sur le mythe originel.

Les histoires écrites par Mason sont ou très courtes, ou plus importantes et prennent alors, comme je l’ai écrit plus haut, un aspect un peu plus cérébral, voire philosophique. Les mythes revus par Zachary Mason démontrent une inventivité de la part de l’auteur.

Ovid aurait-il apprécié tous ces changements ? Je l’ignore – en ce qui me concerne, je reste un peu perplexe après avoir lu ce livre qui n’est ni un essai, ni un roman – mais qui me donne envie de jeter un autre œil sur « les Métamorphoses ».
Une dernière petite recommendation = si vous n'aimez pas la mythologie,  mieux vaut ne pas se lancer dans le livre de Mason.

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19 septembre 2018

PROMENADE A LONDRES NEZ AU VENT - 1

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aujurd'hui je vous emmène dans les rues de londres, sans commentaires - comme ça, pour le plaisir =^-^=

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à suivre ...

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BLUE PLAQUES 2

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en complément à mon petit billet d'hier, je viens de découvrir  ce guide - il paraît qu'il n'existe pas moins de 900 plaques bleues dans Londres, c'est dire s'il y a de quoi y passer quelques journées - qui sait, peut-être mettrais-je cela au programme - en tout cas, n'hésitez surtout pas, si vous passez par londres - ce n'est pas que pour moi que j'écris cette minuscule chronique =^-^= (dommage que j'ignorais ce guide avant de partir, je me serais précipitée)

le site de The English Heritage ici

Posté par sheherazade2000 à 10:35 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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