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Une histoire d’hiver – titre de l’œuvre en flamand = Jagers in de sneeuw

Les Pays-Bas espagnols  au 16ème siècle, quelque part en Campine – Pieter Brueghel  l’Ancien, peintre ayant déjà une certaine renommée,  une commande à honorer pour un banquier, collectionneur d’œuvres d’art = « les saisons ».

Le peintre s’est arrêté dans ce petit village où il fait de nombreux croquis – au cours d’une fête, il fait la connaissance de la brodeuse Maeke, une jeune fille qui vit avec sa mère, veuve, brodeuse elle aussi. Les deux femmes sont respectées dans le village, non seulement pour leur façon de vivre, mais surtout pour leur art de la broderie.

Brueghel est  charmé par la jeune brodeuse, dont il espère pouvoir réaliser un croquis avant peinture, mais elle refuse, inquiète que l’homme ait d’autres raisons nettement moins « artistiques ».

Pendant ce temps, Brueghel, qui loge à l’auberge, impressionne les villageois par sa discrétion mais aussi sa tenue de bourgeois aisé. L’aubergiste ne refuse pas que le peintre fasse son portrait et est sidéré par la ressemblance – l’homme,  c’est évident,  a du talent ! Et pas fier avec ça, il s’assied devant la cheminée, observant tout et tous, parlant leur dialecte – vraiment pas un bourgeois arrogant comme ils en rencontrent dans les campagnes qu’ils traversent sans intérêt.

L’artiste n’a pas seulement été  charmé par l’allure générale de la jeune brodeuse, il s’est aussi rendu compte qu’elle était intéressée à apprendre et avant de quitter le village, dont il a réalisé de nombreux croquis = le chien des chasseurs qui lui jette un regard, étang gelé aux patineurs, feu devant l’auberge pour brûler le cochon, petit pont entre deux rives, nature au repos, et surtout ces chasseurs au pauvre butin, avec leurs chiens sur les talons, harassés par la marche dans la neige et la chasse peu productive. Bien qu’il n’y ait pas de montagne en Campine, le peintre les y a mises, car de son voyage en Italie, il en avait gardé un superbe souvenir.

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Pieter Brueghel, qui veut offrir des linges brodés à son épouse, demande à la mère de la jeune Maeke s’il peut emmener sa fille à Brussel, elle pourrait être une compagne pour son épouse Mayeke, née Coecke, fille du professeur de Brueghel jeune.
Il en a parlé à sa femme qui est ravie à  l’idée d’avoir une compagne de son âge – Maeyke Brueghel a vingt ans de moins que son mari et sa compagne est sa mère, une femme talentueuse, mais qui méprise son beau-fils (probablement de la jalousie).

Hélas Maeke, pourtant accueillie à bras ouverts par l’épouse du peintre, va déchanter à la ville. Au début, tout est nouveau, intéressant, voire fascinant.
Brueghel lui a donné pour professeur  un ami humaniste, qui lui enseigne des rudiments de géographie, astronomie, histoire, grec et latin ; il est agréablement surpris de ce goût d’apprendre chez la jeune fille.
Lorsqu’elle n’est pas en cours, elle s’occupe du petit Pieter, premier fils de la maison, laissant ainsi un peu de répit à la jeune épouse.
En dehors du peintre et Mayeke Brueghel, elle n’est malheureusement pas acceptée par la belle-mère qui est convaincue qu’elle est une opportuniste, prête à devenir la maîtresse du peintre.
La servante, surtout, est jalouse et n’hésitera pas à lui jouer un mauvais tour – le promis de la servante tentera de violenter la jeune fille – tout cela devient trop pour Maeke et elle demande de retourner dans sa campagne.

Ceux qui l’apprécient dans la demeure de la rue Haute, sont désolés, mais Brueghel comprend et la confie à un ami en qui il a toute confiance.
De retour dans son village, la jeune brodeuse retrouve sa mère, toutes deux sont soulagées de se retrouver.

Quelques années plus tard, Maeke, désormais mariée, retourne à Brussel pour présenter son mari au peintre et son épouse,  si bons, qui ne l’ont pas oubliée. Elle arrivera juste à temps car Pieter Brueghel est en très mauvaise santé. 
Elle aura toutefois eu l’immense bonheur de découvrir le tableau terminé, tout juste avant que les hommes du banquier viennent l’emmener.

Mon avis = ravie d’avoir découvert ce petit livre, donné par une gentille copine blogueuse.
Je dis « petit » car de peu de pages, mais l’histoire n’a rien de petit.
Bien sûr c’est un roman, mais j’ai un faible pour les romans dont des artistes sont  les héros.

J’aime « entrer » de plain-pied dans un tableau, un peu à la manière du film « The Mill and the Cross » où le peintre se promène dans son œuvre.

Ce roman fait entrer les lecteurs/lectrices dans ce qui deviendra le magnifique « Chasseurs dans la neige », dont le tableau se trouve au musée de Vienne, là où Jean-Yves Laurichesse le découvrit après en avoir eu une première vision dans un livre d’art bien des années auparavant.

Hors les croquis pour le futur tableau, tout est imaginaire, peut-être pas totalement dans les relations entre peintre et belle-mère dans la maison bruxelloise.

statue de pieter brueghel, à l'entrée des marolles
photo prise lors d'une balade dans le quartier

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