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(chronique adaptée des explications de l’historienne d’art et guide Sarah Cordier concernant la biographie du peintre Pieter Bruegel - mes photos illustrent le billet)

A l’occasion des 450 ans de la mort du peintre Pieter Bruegel l’ancien, le site « VisitBrussels » a demandé au collectif d’artistes d’art urbain FARM PROD de développer une série de fresques inspirées par les œuvres de Bruegel (billet sur les fresques à suivre
Je me contente ci-dessous d’un peu vous parler de Brueghel l’ancien.

A propos du quartier des Marolles = ce nom n’existait pas du temps du peintre – par contre la rue Haute où se trouve sa maison (ou supposée telle) est bien d’époque, elle était même l’épine dorsale du quartier – par contre, sa parallèle bien connue aussi dans le quartier, à savoir la rue Blaes, ne date pas du tout du 16ème siècle, mais a été percée au 19ème siècle.

Tout d’abord, il est possible que vous vous posiez la question concernant l’orthographe exacte du nom = en fait, tant qu’il ne fut considéré que comme artisan-dessinateur et graveur, le nom de Pieter Brueghel s’écrira BRUEGHEL – lorsqu’il obtint sa reconnaissance en qualité de peintre, il supprima le « h » du son patronyme et devint PIETER BRUEGEL L’ancien, par opposition à son fils aîné qui devint PIETER BRUEGHEL le jeune –
cette appellation n’avait d’ailleurs aucun rapport avec l’âge du père, il s’agissait simplement d’une « commodité » pour les départager ultérieurement. Pieter Bruegel l’ancien mourut à l’âge de 42 / 43 ans – sa date de naissance étant incertaine. Son fils n’avait que 5 ans à la mort de son père.
Il est à signaler que ses descendants conservèrent l’ancienne appellation BRUEGHEL. 

On pense donc que l’artiste est né vers 1527 près de Breda (certains disent Anvers) – dans le village de Bruegel dont il tire son nom – tout ceci doit être pris avec une certaine distance car en fait on connaît peu de choses sur les origines du peintre.
Il devient apprenti à Anvers auprès de Pieter Coecke van Aest, dont la fille deviendra l’épouse de Breugel.
Entre 20-25 ans il est reçu en qualité de maître à la guilde Saint-Luc d’Anvers (vers 1551).

Il a aussi fait le fameux voyage en Italie, un parcours apparemment obligé pour tous les artistes, mais ne se laissera pas influencer par le style italien, tout comme il ne se laissera pas influencer par les courants artistiques inspirés de l’antiquité.
Après le voyage en Italie, il travaille pour l’imprimeur de livres et d’estampes Hieronymus Cook ; c’est lui qui contribuera à la notoriété de l’artiste.

La Maison Bruegel
Au n° 132, rue Haute, se trouve une ancienne bâtisse en briques et grès calcaire, avec pignon à gradins, une traditionnelle demeure bourgeoise au 16ème siècle. 
Elle possède en façade une grande porte donnant accès à une impasse, comme le voulait l’époque. Au 19ème siècle l’impasse est supprimée au profit d’une ouverture de rue, également nommée « Impasse Rouge ».
C’est là, dit-on que Breugel se maria et vécut les six dernières années de sa vie, où il produisit aussi plusieurs de ses grands chefs d’œuvre.
Bien qu’ayant toujours été appelée « la maison de Bruegel » rien n’est certain. Mais ce qui est une certitude par contre est que l’autre fils de Bruegel, Jean Brueghel dit de Velours, était bien propriétaire de la maison.
C’est en 1924 qu’une plaque commémorative fut posée sur la façade = « hommage du peuple à son grand peintre ».

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plaque commémorative sur la façade de la maison

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la grande porte en façade servait d'accès à l'impasse dite de la Porte Rouge
l'autre photo est celle de l'arrière de la maison

La maison fut sauvée en 1940 par un passionné de l’artiste qui entreprit de la restaurer avec les Monuments & Sites de 1958 à 1969. Avec son épouse, ils achetèrent plus de 120 objets anciens datant de l’époque de Brueghel et que l’on peut observer dans les tableaux. La veuve du docteur Huelens légua le tout aux musées royaux des beaux-arts.
L’ouverture au public de la Maison Bruegel aurait dû être l’événement de cette année Bruegel-2019, hélas comme toujours pour des raisons tant administratives que politiques, elle n’aura pas lieu cette année.
Mais elle ouvrira un jour paraît-il.

Sur le parvis de l'église de la Chapelle, qui termine la promenade des rues Haute et Blaes, se trouve désormais une statue représentant Bruegel à son chevalet - un chevalet sans tableau, une sorte de fenêtre ouverte sur ceux qui observent le peintre, tout en étant observés par lui. 
Elle illustre une phrase célèbre  d’Alberti (peintre, philosophe, mathématicien) = le tableau est comme une fenêtre ouverte sur le monde.
Elle est placée, on pense, sur l’endroit exact où le peintre est enterré.
Le sculpteur belge Tom Franzen est l’auteur de ladite statue  (note de la rédactrice du blog = la statue est nettement plus réussie que celle de Jacques Brel)..

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