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Michel H., grand admirateur de Michel Houellebecq, son maître à penser (ou presque), vient d’être quitté par son grand amour, Bérénice. Une rupture brutale après six semaines d’un bonheur complet après s’être rencontrés dans un studio d’art-thérapie conseillé par leurs psys respectifs, et voilà qu’elle le quitte, en lui laissant tous ses livres, sauf le meilleur « l’Etranger » de Camus.

C’est décidé, il va la reconquérir. Totalement dans le déni de cette rupture, Michel va puiser dans la littérature de bien-être et épanouissement personnel, sans oublier Google et internet, les moyens de reconquérir la jeune femme. C’est d’ailleurs, il en est convaincu, qu’elle lui reviendra grâce à un marabout découvert via la toile.
Car des psys, des vrais, il en a rencontrés beaucoup, même qu’il y en a un qui a fait une dépression après ses visites.

Michel H. est le type même de l’angoissé hypocondriaque, angoissé depuis la naissance s’entend ! mais tout cela va changer puisque dans les livres, il va enfin trouver de quoi alléger son existence.
La seule chose qu’il ne bazarde pas sont ses petites pilules genre Prozac, et ses somnifères.
Ce qui est un peu gênant c’est le propriétaire de l’immeuble, monsieur Palusse, qui s’ingénie à venir sonner à sa porte en lui citant le document sur le règlement intérieur de l’immeuble.

Les manuels de bien-être personnel, Michel va tous les consulter, chacun d’eux véhicule d’excellents conseils qui, il le sent, vont bien lui servir afin de ramener Bérénice. Il va aussi comprendre que les meilleurs livres  sont les polars qui apportent vraiment le bonheur.

Bérénice reviendra-t-elle ? suspense !

Ce que j’en pense = j’apprécie beaucoup la plume de J.M. Erre, toujours caustique et drôle. Ici en plus il est carrément cynique.
La quête du bonheur et de l’amour retrouvé de son anti-héros m’a amusée, mais parfois agacée aussi. Ce personnage paraît tellement vrai que j’avais envie de lui flanquer des claques par instants, preuve que l’auteur écrit de manière très crédible (=^-^=).

Ce livre, assez court, est une satire de notre course au bonheur que l’on peut parfois trouver dans tous ces manuels qui fleurissent dans les librairies.
C’est aussi une satire de ceux qui lisent Libé, le Figaro, l’Obs, dans l’espoir d’y découvrir un avis qu’ils n’ont pas. Sans oublier les recherches systématiques sur internet et ses divers forums.

La fin est un excellent rebondissement, qui vaut la peine de tenir le coup jusqu’au bout, même si parfois on a envie d’arrêter la lecture en se demandant où cela mène-t-il de toute façon ?
et bien cela mène à une fin qui rattrape tous les moments parfois agaçants de l’histoire, des questionnements de Michel et ses citations des grands philosophes.

Je reste donc une fan absolue de J.M. Erre, qui a bien le droit de m’agacer parfois si c’est pour offrir des petites pépites sarcastiques comme ce livre.

 friedrich nietzche, le philosophe qui les enfonce tous

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