louise penny

Titre français = la Nature de la Bête

11ème enquête d’Armand Gamache, ex inspecteur en chef de la Sûreté de Québec

Laurent Lepage, 9 ans,  adore affabuler – il ne se passe pas une journée sans qu’il  n’y ait des aliens ou des monstres prêts à attaquer Three Pines – longtemps les habitants du village s’y sont laissés prendre, mais lorsqu’un jour il revient tout excité clamant qu’il a vu un monstre énorme dans la forêt, avec des ailes et quelque chose d’encore plus monstrueux dessus, 
Armand Gamache et ses amis prenant un verre calmement dans le bistrot, s’en amusent.
Gamache qui aime bien le gamin décide de le ramener à ses parents, qui réagissent avec leur habituelle indulgence.

Evidemment personne n’a cru le jeune Laurent – le lendemain le gamin  n’est pas rentré de ses habituelles randonnées à vélo dans les alentours – une battue s’organise alors, au désespoir des parents, le petit garçon est retrouvé dans un fossé, à côté de son vélo dont il serait tombé et il en serait mort.

Armand Gamache, après les dramatiques événements passés, a décidé de prendre une retraite anticipée et malgré toutes les demandes de son ex-adjointe de revenir en qualité de Superintendent de la Sûreté, il préfère rester au calme de Three Pines, avec sa chère Reine-Marie, en pensant le moins possible à l’avenir. Il est surtout là pour se ressourcer, au milieu d’ami.e.s , avec les visites ponctuelles d’Annie et Jean-Guy Beauvoir.
Même si parmi les jeunes recrues de la police, certains le traitent de lâche. 
Seulement on n’a pas été un inspecteur en chef pendant de très longues années sans avoir des soupçons face à un corps, fût-il celui d’un enfant. Pour lui, la manière dont Laurent est situé à côté du vélo n’est pas dû à une chute – la position du corps n’est pas celle d’un enfant turbulent ayant roulé dans une ornière. 
Son ancien bras droit, Isabelle Lacoste accompagné de Jean-Guy Beauvoir est légèrement sceptique, mais finalement après avoir relevé d’autres indices, elle se rend aux arguments de Gamache.

Ce qu’ils découvrent dans les bois est effectivement monstrueux.  Ils y découvrent aussi le « sabre  spécial » de Laurent, avec lequel il défendait Three Pines et ses amis.
Preuve que l’enfant a été tué là et le corps déplacé où il fut trouvé.

Les enquêteurs s’adressent à un ancien professeur d’université pour en savoir un peu plus sur le dessin du monstre (la grande prostituée de l’apocalypse, ou en anglais « the whore of babylon »).
Peu après débarquent deux archivistes de l’agence d’espionnage du Canada, qui ne semblent pas très au fait de ce genre de situation, d’ailleurs ils insistent sur le fait qu’ils ne sont que des archivistes venus vérifier les faits. Pour les enquêteurs, ils insistent un peu trop sur le manque de responsabilité.

A côté du crime du jeune Lepage, Armand Gamache découvre que la pièce, que veulent interpréter une troupe de comédiens amateurs, a été écrite par un certain Fleming, un tueur en série, véritable monstre humain qui est enfermé à vie.
Lorsqu’il en parle à la metteur en scène, lui conseillant de ne pas produire cette pièce, celle-ci réagit violemment estimant qu’on n’a pas le droit de censurer qui ou quoi que ce soit, même si cela a été écrit par un criminel.
Loin est-elle de se douter qu’elle est la prochaine victime de l’assassin du petit Laurent. Car elle est liée, bien que de loin à cette machine de guerre horrible qui se trouve dans la forêt.

Dans cette enquête où personne ne semble être qui il ou elle est – même la poétesse folle Ruth Zardo est impliquée – les enquêteurs vont mettre beaucoup de temps avant de découvrir l’assassin qui se cache à Three Pines.

Mon avis = un palpitant polar mêlé d’un thriller d’espionnage, un petit peu trop long à mon gré toutefois, où comme je l’ai écrit, tout le monde a quelque chose à cacher, y compris Gamache – il y est beaucoup question de trafiquants d’armes, d’objecteurs de conscience – avec quelques « red herrings » pour envoyer les lecteurs/trices sur de fausses voies, je n’avais pas du tout deviné qui était la personne coupable, j’avais beaucoup de soupçons mais tous se sont avérés erronés.

J’ai admiré la manière dont Armand Gamache fait face à ses détracteurs à propos de sa retraite anticipée – se faire traiter de lâche n’est pas évident, mais il reste imperturbable, il connait sa vérité et cela lui suffit.

A part cela, j’ai été ravie de me retrouver à Three Pines avec ses habitants pleins d’humour, de gentillesse, prêts à s’entraider dans l’adversité.
Je suis par contre terriblement énervée par le personnage de la poétesse folle – pas si folle que ça d’ailleurs, qui s’impose partout, s’immisce sans scrupule dans la vie, voire les maisons, des autres. Si une telle personne existe dans la vraie vie, j’espère ne jamais la rencontrer, c’est moi qui me changerait en meurtrière.

A la fin du roman, Louise Penny confirme que certaines personnages dont elle parle dans cette histoire, ont réellement existé, le livre serait basé sur des faits passés de l’histoire, notamment celle de la guerre au Vietnam.