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6ème récit de la saga Savoisy 

Quentin, jeune comédien du 21ème siècle sans grand succès, débarque à son grand étonnement dans le 14ème siècle. Inutile de dire que le moyen-âge ne le tente guère, mais là où il a échoué est la demeure de Constance Savoisy.
Lorsqu’il explique qui il est, ce qu’il fait et qu’il mentionne Priscille Savoisy, lointaine descendante de Constance, et un manuscrit pour lequel Priscille n’a pas hésité à tuer son directeur de thèse, Constance réalise qu’il s’agit du manuscrit écrit par son vieux mari Jehan.
Ce « Mesnagier de Paris » avait été écrit à la demande de la jeune femme afin qu’elle puisse connaître les règles de la société ainsi que les devoirs d’une femme à l’égard de son époux, le tout suivi par une belle série de recettes inventées par Messire Jehan.
Le document avait été donné au fils de Jehan et Constance, Jacques Savoisy cuisinier attitré du duc Amédée de Savoie.,
Il faut absolument le prévenir que le manuscrit doit rester dans la famille Savoisy et qu’il est en danger.

Seulement voilà, Jacques Savoisy vit au château de Ripaille, où le duc s’apprête à cuisiner un banquet en l’honneur du duc Philippe de Bourgogne, grand ami d’Amédée. De  plus, il vit au 15ème siècle !
Pas grave rétorque Constance à Quentin éberlué, nous irons à Ripaille. Le jeune homme tente de lui faire comprendre que cela risque d’être un choc pour le fils d’être plus âgé que sa mère, mais Constance est une jeune femme très déterminée.
Ce manuscrit appartient aux Savoisy, elle le veut, elle l’aura ; elle parvient à faire les yeux doux à Quentin jusqu’à ce qu’il cède à ses suppliques de voyager à travers les siècles avec elle.
Comme Quentin espère que la belle sera reconnaissante, donc dans son lit, il accepte.

La course au manuscrit Savoisy peut commencer.

Avec toutefois une ombre importante au tableau = la famille Delatraz – un Delatraz travaille aussi dans les cuisines du duc et jalouse violemment Jacques Savoisy à qui il rêve de voler le manuscrit afin de se faire un maximum d’argent.
Les Savoisy et les Delatraz vont se livrer à une lutte à mort à travers les siècles.
L’une de ces luttes va envoyer Quentin et Constance chez Voltaire au 18ème siècle, au café de l’Arbre Sec, chez Jean-François Savoisy, maître pâtissier, chocolatier et cafetier.
Constance et Quentin sauveront-ils le manuscrit des griffes des Delatraz, il a déjà fait couler beaucoup de sang. Et d’encre …

Mon avis = très positif – lorsque je stipule « Et d’encre… » c’est exactement cela, car l’auteure fait voyager ses 2 personnages principaux à travers les siècles ; pendant 400 ans, ils sauteront d’un chapitre à l’autre, à la poursuite d’un manuscrit fuyant. Avec à chaque fois un membre de la famille Delatraz sur leurs talons, récupérant le livre sans scrupules d’assassiner quelqu’un s’il le faut – car pour les Delatraz, le manuscrit leur appartient depuis qu’il fut volé à Ripaille – une sombre histoire de vengeance familiale.

Nos héros iront de Paris à Commercy, en passant par Liège (faisant alors partie des Pays-Bas espagnols)  – qui sera très dangereuse pour Quentin – et jusqu’au bord du lac Leman, dans la propriété de Voltaire, très amusé par la famille Savoisy et son histoire.
De siècle en siècle. Avec les dangers provoqués par les guerres de religion.

J’ai apprécié cette aventure insolite, cette course au trésor à travers le temps et l’espace, jusqu’à l’arrivée à Paris, chez Jean-François Savoisy, où les protagonistes principaux auront encore à affronter des dangers, bien que Quentin estimât que cette fois Constance ferait bien de ne pas intervenir.

Ce personnage de Constance Savoisy est à la fois touchant et exaspérant – touchant car elle est émue à chaque fois qu’elle croise l’un de ses descendants, mais exaspérant parce que fort manipulatrice, assez menteuse, n’hésitant pas à culpabiliser Quentin quand ce dernier veut retrouver le 21ème siècle.
Pourquoi veut-il retourner dans son siècle alors qu’il a promis de l’aider ! je dois reconnaître qu’elle m’a plutôt agacée, surtout avec ses manipulations. Quentin de son côté est un personnage qui semble surtout être intéressé à mettre Constance dans son lit, car elle est très mignonne bien qu’elle ait plusieurs siècles de plus que lui. Il est cependant « utile » dans les moments de grand danger.

J’ai aimé le personnage de Maïette, épouse de Jean-François Savoisy, intéressée par les écrits des Lumières, féministe avant l’heure, bien décidée à ne pas seulement être au service de son mari.
Quitte à mettre sa famille en danger, mais bon il faut bien qu’il y ait du suspense dans notre histoire.
Celle-ci est passionnante de bout en bout, toutefois il faut avoir lu certains livres de la série pour suivre le fil des pensées de l’auteure.
Entre cet épisode-ci de la saga Savoisy et les précédents que j’avais lus, il y avait 2 épisodes que je dois encore découvrir, heureusement ce ne fut pas aussi important que je le craignais de ne pas encore les avoir découverts.
Ce qui ne sautait tarder, car ces thrillers historiques et culinaires sont bien sympathiques à lire pendant la période estivale. De plus ils sont dans ma pal, que je tente de vider (on ne ricane pas).

Comme toujours, la romancière Michèle Barrière mêle, à chaque époque, des événements et personnages historiques avérés, auxquels elle mêle ses héros. Ici l’on rencontre Diderot, Voltaire entre autres.
Le roman est suivi de recettes du temps dans lequel vivent les personnages. 

Grand merci à maggie qui m'a gentiment envoyé ce livre.

330px-D'après_Maurice_Quentin_de_La_Tour,_Portrait_de_Voltaire,_détail_du_visage_(château_de_Ferney)