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J’ai des sentiments fort mitigés à l’encontre de cette vraie fausse biographie de l’illustrissime détective consultant, à travers les écrits de son ami et biographe, John H. Watson – avec pour « agent littéraire » l’écrivain Arthur Conan Doyle.

Ni réelle mise en abyme, ni pastiche et encore moins  réelle biographie, j’ai l’impression que l’auteur a eu envie de se faire plaisir à lui-même, mais ce livre n’apporte pas grand-chose de neuf, pour qui connaît les écrits de Conan Doyle et risque de donner une idée erronée des écrits dudit Conan Doyle pour qui ne connaît pas encore Sherlock Holmes (cela existe-t-il ?).
Mauméjean fait se croiser des tas de personnages célèbres, avérés ou illustres par les écrits d’autres romanciers – c’est là qu’est l’os !
parce que si on n’est pas trop féru en littérature britannique, holmésienne et autre, on pourrait croire qu’Holmes (ayant vraiment existé selon Mauméjean) aurait croisé la route de Lord Greystoke (alias Tarzan de Burroughs), et quelques autres – comme le fameux Raffles ou le non moins fameux Arsène Lupin.
Sans oublier « Jack the Ripper ».
Quant à sa théorie qu'Augusta Holmès, compagne du poète Catulle Mendès, aurait été la cousine des frères Holmes, faut quand même oser le faire !

J’adore les pastiches et j’ai lu quelques uns de ceux-ci, qui m’ont bien divertie.
J’adore lorsque la route de Holmes et Watson croise celle d’autres personnages littéraires célèbres, mais là où je n’apprécie plus vraiment c’est lorsqu’on souhaite faire passer tout cela « d’époque » (faire vrai quoi !). Sherlock Holmes aurait même brièvement croisé la route d’Hercule Poirot, alors en mission secrète et spéciale. Quand on sait toute la condescendance (un peu méprisante) dans laquelle Poirot tient Holmes, on se demande ce qu’ils ont bien pu se dire !

Et dire que Xavier Mauméjean et son complice en littérature  A.F. Ruaud ont aussi écrit HERCULE POIROT, UNE VIE – j’en frémis crraignant le pire -  tout en ayant envie de découvrir cet opus qui doit, à mon avis, être aussi fantaisiste et assez abracadabrant que cette fausse vraie vie de Sherlock Holmes.

Par contre, ce que j’ai beaucoup apprécié dans le livre de Mauméjean & Ruaud sont les chapitres consacrés à Londres, ainsi que les nombreux passages où les auteurs font référence à des faits historiques avérés, ainsi que les nombreuses inventions dont le 19ème et le début du 20ème siècle furent si riches.

Pourquoi ai- je lu cet opus non indispensable jusqu’au bout = en raison justement de ces faits historiques, intéressants, et parce qu’il m’en faut vraiment beaucoup pour abandonner une lecture –
Un abandon littéraire étant  toujours pour moi un signe d’échec personnel de ma part (comme ne pas avoir compris le but de l’écriture,  ou les personnages, etc.). Je sais néanmoins qu’il y a tant de livres à lire qu’il ne faut pas perdre son temps avec des livres qui ne vous interpellent pas. Celui-ci ne fut pas réellement un échec, mais j’avoue que cela m’est vraiment passé par-dessus la tête à de nombreux moments.

« L’Enquête sur Sherlock Holmes » de Bernard Oudin, nettement plus mince comme livre, m’a plus plu.
Pour moi, ou on écrit un vrai pastiche, ou on écrit un essai – mais ce mélange des genres ne m’a guère convaincue.
Je mets cet ouvrage sur le comte l’admiration de Mauméjean & Ruaud pour Sherlock Holmes et John Watson, peut-être à prendre  au second degré puisqu’il paraîtrait que monsieur Mauméjean adore l’humour.
C’est sans doute çà qui m’a échappé !  Ou alors je pourrais citer un exterait du livre, paroles qu'auraient prononcées Mr. Holmes himself, et qui résume parfaitement ce que j'ai ressenti =

le sens limité de l'humour qui m'est imparti, pourrait je vous assure,
engendrer de meilleures plaisanteries que celle-ci
(à propos de sa mort éventuelle dans une aventure)

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