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En grec = Δομήνικος Θεοτοκόπουλος

 

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(Je le reconnais, j’adore l’écriture grecque, les signes en sont si jolis, si harmonieux, c’est très amusant aussi à écrire à la main = on « dessine » ce que l’on écrit – et n’est ce pas un bel hommage à un peintre que de « dessiner » ce que l’on écrit sur lui ?)

180px_El_Expolio_del_Greco_Catedral_de_ToledoEn toute sincérité, je n’ai jamais beaucoup prisé l’art du Greco, essentiellement religieux (et vous connaissez mon opinion sur les bondieuseries).

Ma curiosité l’a emporté, car il faut connaître quelque chose pour pouvoir dire « J’aime – J’aime pas », or j’aimais quand même quelque peu sa manière de peindre des personnages tout en raideur, en longueur – dans des coloris réellement nouveaux son époque (Renaissance).

Nonobstant les sujets, il y a une immense modernité dans sa peinture, dans son rejet des couleurs traditionnelles, d’une volonté évidente de ne pas se soumettre aux modes de son époque, où il était de bon ton de peindre dans le style naturaliste, comme celui du Caravage par exemple.

Pas étonnant qu’il interpella des peintres comme Picasso. Et Velasquez qui fut son élève et qui s’inspira de lui.

Me basant, comme toujours sur les explications murales de l’exposition, je partage avec vous ce que, désormais, je connais d’El Greco, un homme qui, comme tous les novateurs, ne fut pas apprécié de son temps et qui fut « redécouvert » par les Romantiques du 19ème siècle.
Une partie des illustrations émanent du site du Bozar.

 

El Greco naquit en 1541, dans l’île de Crète, alors sous domination de la « Sérénissime » (République de Venise) ; en 1563, il est déjà cité comme maître peintre, ce qui signifie qu’il a son propre atelier.

En 1567, c’est l’Italie = il entre peut-être dans l’atelier du Titien (mais ceci n’est pas avéré) ; il abandonne dès lors peu à peu sa formation d’artiste iconique et byzantin, il adopte les  principes picturaux de l’Italie.

Parcours artistique =

 

180px_El_Greco_056Après Venise, Rome, Florence (où il admire Michel-Ange, mais ne partage pas ses vues artistiques), El Greco développe son style personnel qui est une synthèse de ses apprentissages italiens.

Né dans la culture orientale,  marqué par la culture byzantine, El Greco secouera cet héritage pour conquérir les techniques figuratives occidentales (perspective, volume des silhouettes).

C’est en Espagne – à Tolède - qu’il va créer son propre langage artistique. L’atelier du Greco est considéré comme un point de départ important pour les élèves, sa façon de travailler est novatrice. La demande est grande de tableaux religieux dont va naître un immense répertoire iconographique. La ville qui l’a adopté sera plusieurs fois reprise dans son œuvre.

 

El Greco va également utiliser un moyen totalement inédit dans l’art espagnol = la gravure, permettant une large diffusion de ses compositions ; le moyen est peu onéreux et de nouveaux marchés s’offre à l’artiste. IL engage un graveur flamand, Diego de Astor, qui produira les œuvres gravées sous forme d’estampes.

Malheureusement pour Le Greco, un nouveau genre de peinture a vu le jour = le naturalisme du Caravage ; l’œuvre de Dominikos Theotokopoulos est alors dévaluée, même traitée d’extravagante avec trop d’intellectualisation et de maniérisme. Fin du 17ème siècle, ce style est totalement en déclin, au point que l’œuvre du Greco sera marquée par l’incompréhension et même le mépris.

Son génie artistique fut redécouvert à la moitié du 19ème siècle par le romantisme dans la culture française, ainsi que par les Allemands qui restaurent la réputation du peintre à travers l’Europe.

Manet montre un grand intérêt pour lui, mais confirmera plus tard qu’il préfère finalement Velasquez et Goya.
Tout en n’étant pas des disciples du Greco, les artistes  français ont réhabilité son art qui s’avère finalement à l’avant-garde de son temps. Il sera même une référence esthétique au début du 20ème siècle (pour Picasso entre autres).

Velasquez – qui fut peut-être son élève – ne cacha jamais son admiration pour le maître.

En 1910, le marquis de las Vega Inclàn crée le musée Greco à Tolède, ce qui va fortement aidé au processus de réhabilitation du peintre et de son style original ; les tableaux, dispersés dans différents lieux de Tolède, sont enfin réunis en un seul et même lieu.

Œuvres dans l’exposition =

Un très beau tableau du martyre de Saint-Sébastien (classiquement percé de flèches) et curieusement coupé en deux – à ce jour, on ignore encore pourquoi.

Une salle expose quelques œuvres aux peintres ayant succédé au Greco, s’inspirant de son style, assez austère.

Dès 1595, El Greco réduit ses œuvres à l’essentiel, mettant en évidence le sujet principal dans un style des plus dépouillés (ébauches colorées, liberté créative, austérité chromatique).

Et de fait, le parcours de l’exposition met en évidence les années du maniérisme jusqu’au dépouillement des années de maturité;

Plus j’ai observé les tableaux exposés, plus me sont venues quelques réflexions personnelles sur les raisons qui ont fait qu’El Greco a probablement dû déplaire à la noblesse italienne, où il était de bon ton de montrer le christ très blond, très pâle, de même que ses apôtres et la vierge.
Or le peintre les a peint en respectant leur origine orientale = peau et cheveux foncés ; la peau paraît quelques fois presque noire, ce qui a certainement dû déplaire à tout le monde !

250px_El_Greco___The_Burial_of_the_Count_of_OrgazUne salle de transition, tout en noir, affiche en tentures murales les visages du tableau de « L’Enterrement du comte d’Orgaz », pleines de tristesse. Le sol de cette salle, laqué de noir, reflète également ces « tentures », donnant un aspect original à la petite pièce.

Ensuite, explication du tableau qui se trouve dans l’église San Tomè à Tolède.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

pfile79512_activity9431Dans les œuvres de la « maturité », dépouillées, où seul compte le sujet, on découvre une très mélancolique Véronique (dont le tissu servant à essuyer le visage du christ ressemble à un essuie de cuisine !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ensuite, dernière salle, celle du christ et de ses apôtres, où figure ce merveilleux jeune St-Jean-l’évangéliste, dont la douceur et la mélancolie tranche avec les visages des autres apôtres, vieillards austères un peu inquiétants.

C’est ce magnifique portrait qui sert d’ailleurs d’affiche à l’exposition au palais des Beaux-Arts (Bozar pour les intimes).

(Et comme j’en suis pratiquement tombée amoureuse, je me suis offert le marque-pages, pour l’avoir près de moi lorsque je lis.)

 

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