41G1biJDX9L

 

Une enquête de CHARLOCK, le chat

Que feraient les humains sans les chats ?

Cette question totalement existentielle – et dont la réponse est dans la question – est une affirmation de Charlock, aussi parfois appelé Charlie par son humaine Lucille. Enfin, lui il ne l’appelle pas son humaine, pour lui Lucille c’est la femme de sa vie, sa douceur, sa tendresse, bref son amour quoi !

Régulièrement Charlock se réunit avec quelques compères, et une consoeur, afin de faire le point. Il y a malgré le status quo une certaine méfiance de la part du canari et aussi d’Allan Poe, le corbeau, mais aussi de la part de Barbery, le hérisson et Steinbeck le rat ; après tout status quo ou pas, ce sont tout de même des proies pour les chats. Et Marcel Aymé ainsi que Charles Perrault n’ont pas la même vision des relations chats et proies éventuelles.

Un jour c’est le drame = le canari a disparu – les soupçons se portent sur Charlock, qui proteste vigoureusement, mais le doute s’est installé.
Lorsque Barbery le hérisson vient demander à Charlock d’enquêter sur cette disparition, le matou accepte malgré la suspicion dont il est l’objet.
Il a pourtant des soucis très personnels notre Charlock-Charlie – sa Lucille le trompe désormais avec un deux-pattes ridicule, un mec idiot nommé Kevin, qui n’a même pas de poils partout, qui tente de lui faire des guiliguilis. Lucille s’étonne de la réaction de son matou adoré, les humaines ne comprennent donc pas la jalousie entre espèces ?

Hélas Barbery se fait tuer par une camionnette, cela limite les possibilités d’interrogatoire pour avoir des indices – un indice de taille cependant = depuis quelques jours, hérisson, canari, rat, corbeau et le cricket Pinocchio se gavent d’une nourriture dont ils n’ont pas dévoilé l’origine. Charlock, toujours regardé avec méfiance par ses anciens acolytes, poursuit l’enquête, surtout après avoir discuté avec Homère, le chien fidèle percuté lui aussi par un véhicule et emmené chez le vétérinaire.
Etant un chat qui ne recule devant aucun sacrifice pour découvrir le coupable et blanchir sa réputation, Charlock consulte la psy Katherine Pancol, une tortue pleine de sagesse ancestrale.

Ce que j’en pense = un amusant petit polar pour ados, un moment de typique anthropomorphisme, surtout pendant l’enquête menée par Charlock le chat lorsqu’il raconte son histoire – sinon, les autres chapitres sont à la 3ème personne.

C’est fait pour distraire, pour amuser,  ce n’est cependant pas sans intérêt littéraire, avec les noms des animaux – mieux vaut avoir un petit aperçu de la littérature, ne fut-ce que pour savoir pourquoi le corbeau se nomme Allan Poe ; il y a aussi des références aux titres de romans, comme ceux écrits par Katherine Pancol qui donne son nom à une tortue.
Je ne sais pas si les jeunes iront jusque là, mais on peut espérer que certains d’entre eux auront un petit peu de curiosité pour s’informer.

L’humour est parfois déjanté mais pas trop, on aime beaucoup ce chat qui a tout de même une haute opinion de lui-même et de la race féline, parfois la chatte Colette (vous voyez ici le clin d’œil bien sûr =^-^=) le remet vertement à sa place car elle le méprise pour son manque d’indépendance.

Dangers en tous genres et rebondissement final font de ce roman jeunesse un petit polar sympathique.

Vous l’aurez compris, Charlock m’a conquise, je lirai avec plaisir la suite de ses exploits relatés par Frédéric Lenormand, que l’on a comparé ici à Terry Pratchett – là j’avoue ne pas être totalement d’accord, Pratchett était beaucoup plus déjanté. 

61352745_p