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Mise en scène = Michel Kacenelenbogen, assisté de Lou Kacen

Scénographie & Lumière = Noémie Vanheste & Alain Collet

Costumes Chandra Vellut

Dans un futur pas si lointain, deux amis de longue date (Michel et Charles qui n’aime pas trop le mot « vieux ») discutent de ce que l’avenir leur réserve encore. Ils se posent quelques questions existentielles – souvent après un lendemain de fête quand on a la tête au fond de son c…
Michel songe à s’inscrire à ECOTHANASIA – on accepte l’euthanasie programmée, avec une puce près du cerveau, ceci afin que l’état puisse «économiser » leur retraite et cet argent pourrait servir aux jeunes générations.
Inutile de dire que Charles est particulièrement estomaqué par cette idée. On escamote l’humain et les valeurs humaines sur l’autel de l’économie.
Michel en parle à sa fille Virginie, qui est choquée au départ que son père puisse songer à se « suicider » afin qu’elle ait de l’argent pour la jeune entreprise « startup » qu’elle vient de lancer.
Michel va avoir une surprise désagréable lorsqu’il passe les tests pour l’inscription à ECOTHANASIA – il est recalé parce qu’il ne répond pas aux critères de bonne santé !!!

Les auteurs de la pièce, Cogniaux et Itin ont été inspiré par l’atmosphère régnante actuelle, où tous nos dirigeants ne parlent plus que de prolonger l’âge des retraites parce qu’on manque d’argent.
Leurs plumes acérées ont été trempées dans l’encre du cynisme (surtout celui des dirigeants) et il en est sorti un petit régal d’humour noir, caustique à souhait.

La pièce ose poser la question = que sommes nous prêts à faire pour le bien-être des générations futures. C’est posé avec élégance, avec un clin d’œil amusé, assez appuyé.

Les personnages principaux sont formidables = Alexandre von Sivers, un « vieux de la vieille » du théâtre belge, interprète Michel - Pietro Pizzuti prête sa voix à Charles et la jolie Edwige Baily met son talent au service de Virginie.

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Le décor est fort bien pensé aussi, des écrans comme dans nos vies hyper connectées, des objets futuristes, mais que certaines personnes utilisent déjà (lunettes qui vous permettent de vous promener dans un décor de votre choix, petit animal de compagnie-robot).

Moi qui estime que l’on vit trop vieux, donc mal – et encore j’ai de quoi vivre presque confortablement, je ne désire pas devenir centenaire.
Bien que l’euthanasie soit acceptée en Belgique, elle ne l’est que dans des cas de maladie grave, pas parce qu’on décide un beau jour que ça suffit, on peut tirer sa révérence.

Ce n’est pas tout de vivre vieux, encore faut il rester en bonne santé, garder ses facultés intellectuelles – seulement voilà, le corps qu’on le veuille ou non encaisse le « poids des ans » et ne pas souffrir de maladies telles alzheimer et autre démence sénile est un coup de chance, car il ne suffit pas – comme on le prétend – de rester intellectuellement actif, en lisant, en étudiant, en rencontrant d’autres personnes – de grand.e.s hommes/femmes ont souffert d’alzheimer alors qu’ils/elles étaient de brillant.e.s intellectuel.le.s (je pense entre autres à la philosophe et romancière Iris Murdoch).

Par l’aspect « programmer la mort » le sujet m’a fait penser au film « Logan’s Run » datant de 1976 – film de science-fiction et anticipation, où en fait on ne pouvait vivre au-delà de trente ans, afin de ne pas épuiser les ressources de l’humanité et réduire le nombre exponentiel d’humains sur la terre.