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Deuxième volet de la trilogie préquelle aux enquêtes de Charles Lenox – les jeunes années du détective consultant

Londres juin 1853 – trois années après avoir aidé à résoudre l’énigme de la « Thames Ophelia », Charles Lenox a eu quelques petits succès comme détective consultant ; il est apprécié de sir Richard Mayne, commissaire de Scotland Yard, et détesté des inspecteurs Exeter et Sinex, vu qu’il les dépasse en tout = esprit logique, esprit de réflexion, de déduction ; de plus il continue à étudier et se renseigner dans tous les domaines qui touchent à ce métier de détective (empreintes digitales, poisons divers, armes les plus couramment employées, etc). Tout cela fait de lui un homme à l’œil et l’esprit acérés.
La caste des aristocrates dont il fait partie méprise ce métier qui lui fait poser des questions indiscrètes afin de résoudre crimes et énigmes.
Heureusement son frère Edmund, le nouveau baronet depuis la mort de leur père, et sa mère, ainsi que son amie d’enfance Elizabeth (désormais lady Jane Grey) lui apportent leur soutien inconditionnel.
Il travaille toujours en collaboration avec Graham, son butler-valet-assistant aux enquêtes et surtout ami.

Il est à présent sollicité par le duc de Dorset 15ème du nom, l’un des plus hauts dignitaires de la cour, personnage près de la couronne, afin de retrouver un tableau représentant son aïeul, le 13ème duc ; ce portrait comporterait un secret, mais pas autant que le portrait à côté de celui qui a été volé.
Celui-là représente William Shakespeare – du moins on pense que c’est lui car peu des portraits du barde furent réalisés. Ce portrait-là a beaucoup plus de valeur que celui du duc, il comporte un quatrain qui serait un pas vers un immense secret de famille.
Lenox doit jurer sur sa vie qu’il ne dévoilera rien de ce qui se dit dans le bureau du duc.

On lui conseille, pour retrouver le tableau,  de s’adresser à un certain Thaddeus Borden, passé maître dans la manière de retrouver des objets perdus et/ou volés.
Ce Borden a une manière très personnelle de procéder, il parvient à se rendre « invisible », alors qu’il est en pleine rue, dans un pub, ou restaurant.
Il est capable de suivre quelqu’un sans que l’on s’en rende compte. Bref, Charles Lenox espère qu’il pourra aider à retrouver le portrait, mais qu’il acceptera aussi de lui apprendre quelques secrets de son travail.

A peine Charles Lenox a-t-il entamé son enquête que le duc de Dorset est enlevé – Scotland Yard est sur les dents mais Lenox bien vite a compris qu’il s’agit d’un faux enlèvement.
Le duc est tellement enragé que la supercherie ait été dévoilée qu’il insulte l’enquêteur en public, dans le vestiaire de leur club, estimant que Charles Lenox est un charlatan et un incapable.
Il n’en faut pas plus pour que pratiquement toutes les connaissances du jeune aristocrate trouvent une excuse pour ne plus le recevoir.
Lenox n’est pas quelqu’un qui se laisse facilement humilier, surtout en public, et répond vertement au duc, il n’a plus rien à perdre.  

Quelle n’est pas, dès lors, sa surprise de voir le duc lui demander une entrevue ; Charles fixe le rendez-vous chez lui, et toute la rue remarque l’attelage de Dorset devant la maison de Lenox – du coup, les invitations à prendre le thé reviennent chez Charles.
Comble de l’étonnement, le duc présente  des excuses. Et engage à nouveau Lenox afin de retrouver le tableau volé.
Entretemps il a fixé plus solidement les autres tableaux de son bureau d’une manière à ce qu’ils ne soient pas aussi simples à voler.
Cela va hélas avoir des conséquences malheureuses = le secrétaire particulier du duc, Alexander Craig, qui était à son service depuis plus de trente ans, est tué par le duc en personne, celui-ci – dans le noir – ne l’a pas reconnu et a abattu le « voleur ».

Charles Lenox, assisté de Graham et de Borden, va remuer ciel et terre pour retrouver le tableau et aussi l'assassin du valet et secrétaire du duc – pour ce qui est d’innocenter le duc, pas de danger – un homme aussi important et proche de la reine Victoria n’aurait, en principe,  rien à craindre d’un jugement.

Mon avis = toujours aussi positif – ce que j’apprécie particulièrement dans la série consacrée par Charles Finch à « Charles Lenox », c’est non seulement la beauté de la langue anglaise mais aussi que l'auteur qui est aussi un historien, insère régulièrement dans ses chapitres, quelques explications sur l’origine de mots devenus courants dans la langue anglaise, comme par exemple « jam » (à propos des embouteillages de la circulation), « clue » (à propos des indices nécessaires aux enquêtes), « Bedlam » (l’asile d’aliénés londonien), ainsi que le mot « cottage ».
Tout ceci n’est en aucune façon assommant mais au contraire se fond parfaitement dans le chapitre. 
Là où j’ai eu un peu plus de difficultés a été de suivre toutes les nuances et subtilités des titres aristocratiques de l’époque (qui sont je pense encore en cours actuellement).

Vous aurez également compris que William Shakespeare a une grande importance dans ce roman – on est prêt à tuer à propos d’un manuscrit secret, disparu ou caché quelque part.

J’apprécie également l’ambiance qui règne dans la famille Lenox, leur complicité, leur affection, qui s’étend jusqu’à leur amie d’enfance, Elizabeth – désormais lady Jane Grey et voisine de Charles Lenox.
Celle-ci n’a qu’une idée en tête, c’est trouver une épouse au jeune homme.
Un personnage familial, plutôt insupportable, est joint à Charles dans cette histoire-ci, le jeune « Lancelot », qui  n’a que 13 ans et est un véritable petit poison, mais qui a fait la conquête de Mrs Huggins la gouvernante.
Heureusement Lancelot n’est là que pour quelques jours, journées que Lenox décompte lentement mais sûrement.

Une série que je continue donc avec grand plaisir.

the chandos portrait, attricué à john taylor
et peut-être représentant le "vrai" shakespeare
(source wikipedia et charles finch)

Shakespeare