fugueuses

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Mise en scène de Michel Kacenelenbogen, assisté de Hélène Catsaras

Scénographie & Costumes = Noémie Vanheste
Décors & Lumières = Eugénie Obolensky & Alain Collet

Que faire quand pendant 20 années vous vous êtes dévouée aux autres, et ils s’en fichent ! Faire comme Margot = ses valises, qui ont l’air très lourdes et se poser en bordure de route et faire du stop pour une destination inconnue.  
Margot a 40 ans et elle s’en est allée le jour de l’anniversaire de 18 ans de sa fille en laissant un petit mot très simple sur le lit = « merde ! »
Surgit alors Claude, 70 ans (et plus ?), qui fuit aussi – la maison de retraite où son fils l’a placée. Margot râle et demande à Claude de se poster ailleurs, là c’est sa place.

Commence alors un dialogue de sourdes pour qui a le droit d’être à cette place-là et pas une autre, jusqu’à ce qu’une voiture les embarque, avec toutes les valises de Margot.

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Peu après, elles sont larguées en pleine forêt, le conducteur ayant eu des privautés à l’égard de Margot lorsque « la vieille » s’est endormie à l’arrière. « La vieille » n’apprécie guère l’expression, c’est pire que d’avoir été déposée en pleine forêt – Margot aurait pu faire un effort. Arrive alors un fermier et son chien, qui leur offre le gîte et le couvert ; Margot, brave fille, a demandé si elles pouvaient aider, corvée carottes, patate, traire les vaches etc.
Comme dit Claude, moi je me tire d’ici.
D’ailleurs elle a rendez-vous avec Joséphine sa seule meilleure amie. Margot est fascinée – mais choquée aussi – par la vie sexuelle qu’a eue Claude, pourtant mariée… 
Ces dames arrivent à temps pour les funérailles de Joséphine, du coup se retrouvent dans un garage, puis dans la maison où Claude trouve un petit éléphant  décoratif qui lui plaît beaucoup. 

Finalement après maintes péripéties dues à l’alarme qui sonna, notre tandem se retrouve en prison. 
Cette belle amitié très improbable entre deux personnes totalement différentes (et pas seulement par l’âge) finira-t-elle ainsi ?
Evidemment non, pour le plus grand bonheur du public. Je connaissais la pièce du fait qu’on avait beaucoup parlé à l’époque du tandem Robin-Renaud (amies elles aussi depuis plus de 20 ans).

Nicole Oliver/Margot et Martine Willequet (Claude) sont épatantes, elles valent et de très loin celles qui les ont précédées dans le rôle.

Claude, fort drôle dans ses répliques, mais qui est d’une mauvaise foi crasse – et parfois monstrueusement égoïste – est magnifiquement jouée par Martine Willequet, une comédienne du théâtre belge, que j’apprécié vraiment beaucoup.
Margot la nunuche, qui a toujours envie de faire plaisir à tout le monde quitte à ne pas penser à elle, va subir un sérieux bouleversement politiquement incorrect grâce à Claude. Elle est interprétée tout aussi formidablement par Nicole Oliver.

Le décor est simple ; on comprend par les effets de lumière et de sons que l’on se trouve soit en bordure de route, soit en forêt – jusqu’à la maison qu’elles cambriolent – enfin comme dit Margot, c’est Claude la cambrioleuse !

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La fin de la pièce est une gentille surprise, après quelques moments qui vous prennent quand mêmeà la gorge lorsque ces dames évoquent leur famille et s’envoient leur quatre vérités à la tête.

(merci à l'amie qui m'a si gentiment offert ce spectacle =^-^=)