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2ème aventure du docteur Anton Kronberg, alias Anna Kronberg

On ne saurait pas tout prévoir dans la vie, c’est ce qu’Anna Kronberg réalise après avoir brillamment aidé les frères Holmes à mettre un groupe d’hommes politiques et médecins, ainsi que d’autres personnages importants, en prison. Ce groupe, qu’ils avaient surnommé ‘ « le Club » a non seulement été démantelé, mais les coupables ont été jugés et pendus.
Sauf un – leur chef, celui qui manipule tout le monde dans l’ombre et son homme de main, non seulement n’ont pas été appréhendés, mais ont retrouvé la trace d’Anna.
Elle a fui dans son cottage du Sussex que seul Sherlock Holmes connaissait, hélas le chef et son homme de main non seulement l’ont retrouvée, mais de plus l’ont enlevée et emmenée dans la maison du chef. Qui dévoile son nom = James Moriarty, son second étant Sebastian Moran.

Anna Kronberg, qui malheureusement ne peut plus du tout être le dr Anton Kronberg puisque cette identité figurait sur la liste du « club », ne pourra donc plus pratique son métier de médecin bactériologiste est effondrée lorsqu’elle réalise que son père qu’elle adore est aussi dans les griffes de Moriarty.
Pour lui, le « marché » qu’il lui propose est très simple = elle développera pour lui les germes de la peste bubonique et son père sera libre, sinon il mourra, mais lentement et de façon très douloureuse.
Plus elle tardera dans sa réponse, plus son père en pâtira.

Commence alors un jeu assez subtil de chat et souris – à tour de rôle l’un croit être le chat, l’autre la souris – qui mère le jeu en réalité ?  Qui manipule qui, qui gagnera ?

Moriarty en tout est le diable incarné et on ne sort pas indemne de ses griffes.

Evidemment, pour libérer son père, Kronberg a accepté, mais « négocie » d’autres germes que la peste – celle-ci tuera tant de monde de manière aveugle, ce n’est pas le meilleur plan – Anna suggère plutôt de développer las bactéries de morve et anthrax, à tester sur des équidés, dans de vastes entrepôts pour éviter de contaminer des humains avant que les germes soient au point.
Curieusement, Moriarty cède, les explications d’Anna lui paraissant valables.
Elle travaille donc sous la surveillance d’un homme de main de Moriarty. Comment pourra-t-elle communiquer avec Holmes ? Heureusement Anna Kronberg est une femme intelligente, pleine de ressources et un stratagème est rapidement trouvé, dont elle parle d’ailleurs à son geôlier pour endormir sa méfiance. Il n’a pas non plus cacher qu’il compte sur les bactéries qu’elle développera pour aider certains pays à gagner des guerres bactériologiques.

Mon avis = la série s’améliore de roman en roman – ici le drame est pratiquement à son comble, Anna Kronberg a dû « pactiser » avec le diable et elle qui pensait être stérile est désormais enceinte des œuvres de Moriarty.  

L’histoire met en évidence, via les pensées d’Anna Kronberg, la situation des femmes au 19ème siècle – elles peuvent désormais s’inscrire dans des écoles de médecine, mais pas pratiquer. La jeune femme est également consciente que jamais elle ne pourra se conformer au comportement attendu d’une femme de son époque.
Pour elle la situation est un dilemme, car sans possibilité de pratiquer son art, comment vivra-t-elle ? et où ?

On découvre aussi un important chapitre sur les guerres bactériologiques et les horreurs qu’inventent les hommes pour torturer d’autres hommes. Il suffit de songer au gaz moutarde utilisé durant la 1ère guerre mondiale pour imaginer ce que d’autres germes pourraient aussi amener comme désastres.

 les entrepôts de la tamise au 19ème siècle

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