chasse

Titre français = la Partie de Chasse

Automne 1913 – bien que des rumeurs d’une possible guerre soient dans l’air, comme chaque année à la même période, sir Randolph Nettleby et Minnie, son épouse, invitent quelques amis ainsi que des membres de leur famille, à une partie de chasse au faisan, en tentant d'ignorer ce qui se prépare, ils s'inquiètent surtout pour leurs privilèges qui retrécissent..

Chacun arrive avec un « bagage » personnel plus ou moins heureux, deux jeunes aristocrates parmi les invités sont engagés dans une vive compétition à qui tuera le plus de gibier.
Hartlip, l’ un des deux est un sportif accompli dans ce domaine, mais se sent menacé par les compétences de Stephens  qui a envie d’éblouir la femme de son cœur, la jolie mais très mariée Olivia, fidèle à son époux.
De son côté l’épouse d’Hartlip entretient sans beaucoup de discrétion, une liaison avec un autre invité, sir Hergesheimer.
La petite-fille des maîtres de maison, Cicely,  accepte de se laisser courtiser par un comte hongrois, ce qui ne plaît guère à sa mère, très britannique et xénophobe.

Il règne à l’évidence pas mal de tensions parmi toutes ces personnalités différentes, qui se jalousent – hommes et femmes confondu.e.s.

En dehors de la vie des maîtres de maison et leurs invités, on découvre également un contestataire de la chasse, ami des animaux et qui n’hésite pas à tenter de s’immiscer dans la partie de chasse afin de la faire cesser.
On découvre également les serviteurs, qui ont leur propre hiérarchie.
Toutes ces petites mésententes, mesquineries, disputes, vont culminer jusqu’au moment de la chasse, lorsqu’un des membres du personnel est grièvement blessé et meurt de ses blessures.

Mon avis = très positif – on va évidemment vous parler, une fois de plus, que cela fait penser à « Downton Abbey » ou « Gosford park », mais croyez-moi, le roman d’Isabel Colegate est bien antérieur à ces histoires là. Je n’hésite pas à dire que Colegate a inspiré les deux autres.

C’est volontairement que j’ai résumé l’histoire de cette « Partie de chasse », très riche en détails, non seulement sur l’époque mais également sur les personnages. Ceux-ci sont fort nombreux.

Dans un interview concernant son livre, l’autrice Isabel Colegate expliquait qu’elle avait déjà écrit un roman historique, abordant le problème des menaces de guerre. Roman publié en 1964 et qui ne fut pas tellement bien reçu par le public des année 1960.
Cependant 20 ans plus tard, un renouveau se fait pour les romans historiques, sans doute grâce à la série télévisée « Upstairs/Downstairs ».
Etrangement l’ère edwardienne semblait fasciner le public, sans doute parce que la 1ère guerre mondiale changea tellement la face du 20ème siècle en Angleterre.

Les parties de chasse tellement à la mode vont refléter alors la fin d’une époque, c’est d’ailleurs ce qu’exprime lord Randolph dans le roman.
Selon lui, ainsi qu’il l’exprime dans son journal, « tout semble être contre nous désormais ».

La perte de leurs privilèges a toujours dérangé les aristocrates, à quel niveau que ce soit.
Petite aristocratie de province, grande bourgeoisie, l’idée même qu’une classe émergente de bourgeois plus modestes mais bénéficiant de privilèges a toujours profondément dérangé les nantis.

J’ai vraiment apprécié l’écriture et une histoire douce-amère, plutôt amère d’ailleurs. Tout ce petit monde va se quitter, sachant qu’ils ne se reverront sans doute plus.
Il règne dans le roman une mélancolie difficile à secouer.

Une très bonne adaptation cinématographique de ce roman a été réalisée en 1985, par Alan Bridges. Sir Randolph Nettleby y est interprété par James Mason, dont ce sera le tout dernier rôle. Il est émouvant d’ailleurs dans cet aristocrate dépassé par les événements, très paternaliste à l’égard de son personnel qu’il n’hésite pas à qualifier de « ses enfants » !

Ce film peut se regarder sur la chaîne youtube en version originale (ici)

le billet de cécile, sur le cécile's blog, qui m'a donné envie de découvrir ce roman.
Un autre avis chez lewerentz-lenezdansleslivres

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