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39ème enquête de Mrs. Jeffries et de l’inspecteur Witherspoon 

L’inspecteur Nigel Nivens, nemesis de l’inspecteur Witherspoon, est accusé du meurtre d’un homme qu’il aurait payé afin de témoigner en faveur d’un trio de voleurs et qui croupissent  à présent en prison. 
L’inspecteur Nivens est le prototype du faux jeton ; lors d’une enquête précédente, il a carrément conservé pendant plusieurs heures des preuves qui ont failli faire rater l’arrestation d’un dangereux criminel.

A cause de ce sale coup qu’il voulait faire à l’inspecteur Witherspoon, Nivens a été transféré dans un commissariat de l’East End, la partie la plus violente de ce Londres du 19ème siècle ; rappelons que c’est dans le quartier de Whitechapel dans l’East End que Jack l’éventreur commit ses horribles crimes. 
Comme on n’a jamais trouvé qui était the Ripper, les langues ont été bon train = on a étouffé ces crimes, les policiers se protégeant entre eux.
La réputation de la police ne s’en est pas totalement remise.

Aussi est-il absolument nécessaire de prouver ou non que l’inspecteur Nivens soit innocent ou coupable, déjà la presse à scandales n’hésite pas à dire que la police une fois encore va protéger ceux de « la maison ».
Nigel Nivens clame son innocence, bien que ce soit une arme lui appartenant qui a été trouvée à côté du cadavre. Une arme de prix, un pistolet faisant partie d’un jeu de deux pistolets de duel, que l’inspecteur avait un jour amené avec lui, clamant à quel point l’arme avait de la valeur avec ses poignées en nacre et incrusté d’or.   Selon lui, l’arme lui a été volée, probablement dans le pub où il avait l’habitude de boire un verre après le service.

L’homme qui a été tué,  un certain Bert Santorini, n’était pas particulièrement aimé lui non plus ; il était vendeur de glace qu’il livrait aux pubs désireux de servir des boissons fraîches. 
Mais sa jolie charrette et le poney avaient été obtenus de manière malhonnête. Par un mensonge Santorini avait envoyé le propriétaire de la cariole en prison et s’était approprié ses biens.
L’homme était aussi un coureur de jupons, paraissant avoir plus d’une « dame de cœur », souvent des  propriétaires ou serveuses des pubs.
Il avait probablement aussi été payé pour faux témoignage par Nivens, afin de mettre en prison le trio des frères O’Dwyer.  Leur mère a aussi décidé de se venger.

Donc plusieurs raisons de tuer Santorini, et par la même occasion, se débarrasser d’un flic détesté de tous.

L’inspecteur en chef à Scotland Yard décide de mettre l’inspecteur Witherspoon sur l’affaire, bien que ce ne soit pas du tout son district – et mener une enquête dans l’East End, cela revient à tenter de faire parler une huitre. 
Mais comment refuser, ce n’est pas parce que son collègue est un sale type qu’il faut le laisser accuser d’un crime, s’il est innocent.

C’est ici qu’intervient sa gouvernante, Mrs. Jeffries. Elle et toute la domesticité de l’inspecteur, un homme bon et généreux, l’aident toujours indirectement à trouvers des indices afin qu’il mette les coupables sous les verrous.
Cela fait d’ailleurs des années que Nivens essaie de prouver ce fait et mettre ainsi Witherspoon dans l’embarras, voire le faire virer du Yard.

Ce ne sera pas facile effectivement de faire parler les gens de l’East End – dans ce quartier où l’on n’apprécie guère la police, les gens ne parlent que si on les paie – non pas que cela dérange Witherspoon et son assistant Barnes, mais par où commencer. 
Le mieux sans doute serait par les pubs.

Le personnel de Witherspoon et Ruth lady Cannonberry font appel à leurs connaissances, à leurs méthodes personnelles pour trouver des preuves.
Ils le reconnaissent tous, ils n’ont aucune envie d’aider à innocenter le sournois Nivens, mais la justice c’est la justice. 

Ce que j’en pense = j’ai été ravie de retrouver la maisonnée de l’inspecteur Witherspoon ; c’était comme retrouver une bande d’amis, ce qu’ils sont d’ailleurs devenus au fil du temps en aidant « leur » inspecteur. 
Dans ce 19ème siècle où le personnel est souvent très mal traité, chez Witherspoon les gages sont vraiment bons, ils ont droit à une journée de repos, ils mangent à leur faim, aussi ils estiment que c’est dans leur intérêt d’aider un homme honnête, peut-être pas très brillant.

Je trouve cependant que l’inspecteur Witherspoon, suite à pas mal de résultats positifs obtenus au cours de ses enquêtes, commence à devenir plus fûté. Il est vrai que Mrs. Jeffries, sa gouvernante, l’oblige à lui rapporter ses journées et à lui demander quelles sont ses réflexions à propos d’une enquête, par plusieurs petites phrases elle l’amène à creuser ce qu’il ressent. Tout comme le fait Ruth lady Cannonberry, la dame de cœur de l’inspecteur.

L’auteure Emily Brightwell décrit à la perfection la misère, mais aussi la méchanceté, qui règne dans le quartier le plus misérable de Londres, où même les pauvres n’hésitent pas à exploiter plus pauvres qu’eux.

Cet opus est le 39ème dans la série, j’en ai lus pas mal, mais j’ai tout de même quelques enquêtes de retard, précédant celle-ci.

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