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Mois d’août aux  Sables d’Olonne  - Le commissaire et Madame Maigret passent leurs vacances annuelles, mais elles ne vont pas trop bien se passer car à peine arrivés, madame Maigret fait une crise d’appendicite aiguë et doit être opérée d’urgence.  Elle réside dans une clinique élégante, où le commissaire désoeuvré lui rend quotidiennement visite ; sa compagne de chambre est une femme déplaisante, revêche, qui semble détester le commissaire qui ne lui a pourtant rien fait ! 
Il est devenu « monsieur 6 » (n° de la chambre) pour les religieuses.  Sa  femme lui donne du courrier qu’il empoche, et ce n’est qu’en postant les cartes qu’il trouve un petit mot « Par pitié, demandez à voir la malade de la chambre 15 ».

Etant en vacances, le commissaire  n’attache pas grande importance à ce mot, il se doute que c’est une jeune religieuse-infirmière qui l’a glissée, mais que pourrait-il faire de toute façon.
Les journées se passent lentement, pas vraiment agréablement pour le commissaire = entre les petits verres de blanc ou de bière, et les promenades solitaires sur le Remblai et les quais de la petite cité balnéaire, il passe un peu de temps dans un café de la ville, à observer une partie de cartes entre quatre notables de la ville. 

Dont le docteur Bellamy, homme froid, distant ; les commérages de la ville vont bon train à son sujet, car la malade de la chambre 15  est sa jeune belle-sœur avec laquelle il se rendait à un concert ; la porte de la voiture, côté passager, s’est ouverte brusquement et la jeune Lili est tombée et a le crâne fracturé. Ses jours sont en danger.
Personne ne le dit ouvertement, mais on sent bien que tout le monde soupçonne le docteur de l’avoir jetée hors du véhicule, pourtant ce pourrait être un accident. Lorsqu’il retrouve Madame Maigret à la clinique le lendemain, il apprend le décès de la malade de la chambre 15.

Le docteur Bellamy est un homme arrogant et il décide de prouver au commissaire qu’il ne craint nullement ses éventuels soupçons – Maigret n’a aucun soupçon, mais il accepte de prendre un verre et d’écouter le médecin lui parler de son épouse, dépressive depuis l’accident, et aussi de sa jeune belle-sœur.
Par contre, dans l’escalier qui mène à son bureau, Maigret croise une très jeune fille qui, à l’évidence, a peur du docteur et elle file sans demander son reste. Cette attitude-là éveille l'attention de Maigret et il essaie de retrouver cette jeune Lucile afin de savoir pourquoi elle craint Bellamy.
Il ne s’y prend sans doute pas comme il faut pour la retrouver, beaucoup ignore qui elle est et lorsque finalement il découvre son identité, il est trop tard, la jeune fille a été retrouvée étranglée le matin suivant.
Les parents sont totalement effondrés, d’autant plus que leur fils est parti il y a trois jours pour Paris, où on lui offrait un poste d’assistant journaliste.

Maigret est sollicité par le commissaire des Sables, qui demande son assistance, même non officielle, car il n’a guère l’habitude de ce type d’affaire, et surtout, c’est évident aussi, il semble craindre le docteur Bellamy, qui reste distant et paraît narguer quelque peu le commissaire Maigret, que tout le monde aux Sables d’Olonne est ravi de rencontrer. Cela hélas n’a guère sauvé la jeune Lucile, et Maigret craint qu’un autre meurtre ne se prépare  ou s'est déjà produit.

Mon avis = positif, comme à chaque fois que je découvre une enquête du commissaire à la célèbre pipe. Désoeuvré il semble boire beaucoup entre les visites à madame et les balades dans la cité balnéaire. Ses seules occupations sont la lecture du journal et la partie de cartes dans le café.

Le roman est court et se lit réellement très vite. Apparemment le manque d’action   agit sur le caractère du commissaire, qui devient de plus en plus renfermé au fil de l’enquête, il n’est même pas très sympathique avec le commissaire qui lui demande son aide.

Ses relations avec les nonnes de la clinique sont un peu limite aussi, surtout avec celle qui lui a glissé le petit mot dans la poche – il est obligé de passer par la mère supérieure pour l’interroger, mais la sacro-sainte règle du couvent ne permet pas à la religieuse de lui parler seule à seul ; ayant dû se confesser, c’est la supérieure qui parle à Maigret et lui fait comprendre qu’après cela, il leur fichera la paix !

Comme à l’accoutumée, les femmes n’ont pas toutes un rôle plaisant dans le roman = l’épouse du médecin est en dépression, donc enfermée dans sa chambre – d’où elle sort peu de toute façon, son mari étant jaloux.
La mère du médecin est une ancienne poissonnière qui a réussi à épouser un homme ayant du bien et se prend du coup pour une grande bourgeoise, inutile de dire qu’aux Sables elle est totalement détestée par ceux qui l’ont connue pauvre.
D’autres femmes du peuple, par contre, sont plus sympathiques, mais on a l’impression que Georges Simenon prend un malin plaisir à les décrire avec laideur, comme si une femme du peuple devrait être nécessairement vulgaire et/ou trop familière, avec un embonpoint peu flatteur.

Même Madame Maigret tape sur les nerfs ici, pour ménager la susceptibilité de sa détestable voisine de chambre, elle insiste pour que Maigret se montre très courtois, comme si cela servait à quelque chose – elle prend des mines de victimes, plaint son « pauvre Maigret », bref pour une fois, elle m’a exaspérée par sa mièvrerie.
Ce n’est la faute à personne pourtant, et certainement pas la sienne, si l’appendicite s’est déclarée au début des vacances – comme nous sommes au début des années 1950, l’hospitalisation pour ce genre d’opération est fort longue.

En dehors de cela, l’histoire nous parle d’autres vacanciers, notamment dans le petit hôtel où les Maigret sont installés, ils sont assez caricaturaux.

Je suis très contente d’avoir retrouvé l’envie de lire (ou relire) certaines enquêtes du célèbre Maigret, mais on sent bien que les vacances ne lui réussissent pas. 

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