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Titre anglais aux Etats Unis = A Coffin for Dimitrios

Titre français = le Masque de Dimitrios

Ce fut au cours d’une party organisée par Elise Chavez que Charles Latimer fit la connaissance du Colonel de police secrète Haki et entendit parler pour la première fois de Dimitrios Makropoulos.

Charles Latimer était maître de conférences dans une université britannique, en économie, un emploi pas très lucratif – pour tuer le temps, car il en a beaucoup il s’était mis à écrire quelques romans policiers qui lui rapportèrent de l’argent, mais déplurent aux instances universitaires. Latimer décide donc de prendre un congé prolongé et part se promener sous des cieux plus cléments, comme  Istambul.
C’est là qu’il rencontre Haki, un homme qui adore les polars et aimerait en écrire un ; heureux de découvrir un « véritable romancier », il lui confie des notes qu’il a écrites pour une histoire policière et les donne à Latimer, afin qu’il les utilise pour écrire un vrai roman.

Le colonel reçoit alors l’annonce d’un subalterne comme quoi un corps a été trouvé dans le Bosphore, tué d’un coup de couteau. Il s’agirait de Dimitrios Makropoulos dont ils étaient en train de parler. Latimer demande s’il peut l’accompagner à la morgue, ce serait une « documentation » intéressante pour le roman.
Aussitôt dit, aussitôt fait.

Et Charles Latimer se prend au jeu de la détection, demande à Haki s’il peut consulter le dossier qui ne contient de toute façon pas grand-chose.
Latimer va se livrer désormais à un véritable jeu de la détection afin de retrouver les traces de Dimitrios entre les années 22-26, et même au-delà si possible.
Il fera la connaissance ainsi de fonctionnaires qu’il faut soudoyer pour obtenir certaines autorisations et aussi d’un journaliste qui semble bien savoir qui était Dimitrios, un homme qui paraît avoir été un maître espion et assassin, un trafiquant de drogue, faussaire, maquereau et maître chanteur, se servant des autres pour de l’argent et des faveurs, sans jamais honorer les dettes et chargeant d’ autres  des sales besognes.

De Smyrne à Sofia, notre écrivain fera la connaissance de l’ancienne maîtresse de Dimitrios, Irina Preveza, mais surtout de Mr. Peters, un homme gras, obséquieux, qui  finit par proposer une alliance à Charles Latimer pour échanger les éléments découverts sur ce criminel d’envergure.
Mr. Peters est aussi obsédé par Dimitrios, mais pas pour les mêmes raisons que Latimer qui veut seulement écrire un livre. Peters, lui, prétend savoir quelque chose mais pour cela il faut se rendre à Paris.

Mon avis = excellent – un mélange de deux genres = polar et espionnage, avec beaucoup de détails historiques sur la situation dans les Balkans entre les deux guerres mondiales, des détails parfois nébuleux lorsque (comme moi) on connaît mal cette situation notamment de la guerre entre la Grèce et la Turquie et les massacres perpétrés de part et d’autre.
Sans oublier la montée du communisme, détesté de tous côtés. 

Toutefois, il s’agit d’un  récit au rythme lent,  avec un humour caustique subtil que j’ai énormément apprécié -  ce roman est considéré comme ayant inspiré des écrivains tels John le Carré, Ian Fleming, pour ne citer que les plus connus.
Son influence  dans le genre thriller a été énorme auprès d’écrivains devenus célèbres depuis

Contrairement à d’autres romans d’espionnage, le protagoniste chez Eric Ambler est rarement un professionnel, pas un vrai détective ou travaillant pour les services d’espionnage ou contre espionnage ; il s’agit généralement d’un amateur (comme ici cet ex-professeur d’université) se retrouvant malgré lui dans des situations face à de dangereux criminels, mais qui, à sa surprise personnelle et celle de ses opposants, parvient toujours à s’en sortir de manière insolite, surprenant ses ennemis, bref le typique anti-héros.

Le personnage du Colonel Haki, qui aimerait bien être écrivain mais n’a pas le temps, se retrouve dans d’autres romans d’Eric Ambler.

Ce roman est classé parmi les 100 meilleurs romans policiers de tous les temps – il figure à la 24ème place. En 1995, l’association Mystery Writers of America l’a positionné 17ème  dans le classement des 100 meilleurs livres policiers.
Il est donc considéré comme l’un des meilleurs classiques du genre.

L’adaptation cinématographique, très difficile à trouver malheureusement, était relativement proche du roman paraît-il, à part quelques petites modifications, et lorsque je l’ai visionnée il y a bien longtemps, j’ai tout de suite eu envie de lire le livre. Je n’en avais pas eu l’occasion jusqu’à présent, c’est désormais chose faite et c’était amusant de mettre un « visage » (même de cinéma) sur les différents personnages.

Alfred Hitchcock - qui n’a pas pu obtenir les droits du roman car Ambler savait que le grand Hitch transformerait trop son histoire, comme à son habitude – a dit d’Ambler qu’il était un véritable magicien. Contrairement au livre, le film n’eut pas un accueil chaleureux mais est devenus, depuis, un film culte dans le genre « noir ». La version cinématographique date de 1944, le roman a été écrit en 1939.

Je conseille vivement ce classique  car il fait passer un bon moment de lecture, bien qu’il ait tout de même pris quelques rides selon moi.