Canalblog Tous les blogs Top blogs Tourisme, Lieux et Événements Tous les blogs Tourisme, Lieux et Événements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
mon bonheur est dans la ville
Publicité
13 mai 2020

THE DECAGON HOUSE MURDERS, Yukito Ayatsuji

25561888 

Titre original japonais = Jukkakukan no Satsujin (roman paru en japonais en 1987, traduit en anglais en 2015)

Prologue = L’île de Tsunojima, la nuit – quelqu’un ou quelqu’une regarde la mer sous la lune – ses pensées s’agitent à propos de ce qui va suivre, une vengeance bien méritée selon lui ou elle –

Sept étudiants faisant partie du club des écrivains de romans policiers ont décidé de se retrouver pour une semaine sur l’île de Tsunojima, quelque peu éloignée du continent ; il s’agit d’un lieu où un horrible meurtre eut lieu six mois plus tôt, l’oncle d’un de leurs amis ayant acquis l’île en tant qu’agent immobilier, il leur a donné l’autorisation d’y passer une semaine, bien que l’idée paraisse un peu morbide.
Six mois auparavant, le propriétaire d’alors, un éminent architecte aux idées originales (certains diront saugrenues), a assassiné le couple qui travaillait pour lui (cuisinière et homme à tout faire), il a d’abord tué son épouse ; le jardinier a disparu, les meurtres ont été mis sur le compte de cet homme.
Après tous ces crimes, la « Maison Bleue » fut décimée par un incendie.

La maison où vont « camper » les étudiants  a la forme d’un décagone, bien dans l’originalité de l’ancien  propriétaire ; là où il habitait avec son épouse et le couple de travailleurs était appelée la « Maison bleue » vu que tout y était bleu, du sol au plafond. Quant à la demeure actuelle,  une annexe de la maison bleue, elle est totalement décagonale - extérieur et intérieur -  la table au centre de l’entrée est aussi un décagone, et chaque chambre y aboutissant est une portion du décagone.
L’une des étudiantes du groupe émet l’avis que c’est plutôt perturbant et donne le tournis, mais bon ils et elles s’habitueront.

Ils sont 5 jeunes hommes et 2 jeunes femmes, et selon la coutume du club des écrivains, chacun.e d’eux/elles porte un pseudonyme, qui doit être le nom d’un écrivain de polars = nous avons donc Ellery (pour Ellery Queen), Agatha (faut il spécifier ?), Carr (pour John Dickson Carr), Orczy (pour la baronne Orcsy qui en dehors des aventures du Mouron rouge, écrivit aussi des polars), Van (pour S.S. Van Dine), Leroux (pour Gaston) et finalement, Poe (pour Edgar Allen).
Ils et elles sont très excités par cette maison biscornue, celui qui va bientôt devenir l’éditeur en chef de la revue du club leur propose même d’écrire un article pour la revue.
Tollé général, ils ne sont pas venus pour travailler, ce sont les vacances à l’univ’ !

A peine installé.e.s, les choses se gâtent – au milieu de la table (décagonale) figurent 9 assiettes (décagonales aussi – on vous le disait l’ancien proprio était monomaniaque) – chaque assiette porte le nom de l’un d’eux.
Plus deux portant comme étiquette « le meurtrier » et le « détective ».
Evidemment, en bons membres d’un club de romans policiers, ils et elles font immédiatement le rapport avec « And then there were none » d’Agatha Christie = une île, aucun moyen de la quitter puisque le bateau qui les a amené.e.s ne reviendra que dans une semaine.

Le malaise s’installe, même s’ils essaient de prendre cela à la légère, en disant « on va tous y passer alors ? ».
Ils ne pensent pas si bien dire ! 

Pendant ce temps, sur le continent, un ami du club a reçu un simple mot, tapé à la machine, une seule phrase l’accusant d’avoir tué une jeune fille lors de la soirée faisant suite à la fête annuelle de nouvel an.
Comble de perplexité = le mot est signé du nom de l’ancien propriétaire de l’île, alors qu’il est mort depuis six mois.
Le destinataire de ce mot commence à soupçonner quelque chose de sinistre, lorsqu’il apprend que d’autres que lui ont aussi reçu un tel mot.

Mon avis = bien qu’écrit simplement, dans le style d’écriture de l’âge d’or des polars, j’ai vraiment bien accroché à ce roman policier qui est un bel hommage aux « Dix petits nègres » d’Agatha Christie. Le suspense monte lentement mais sûrement dans une histoire qui est celle d’une vengeance qui sera implacable.
On assiste en parallèle aux événements dans la maison décagonale et à l’enquête sur le continent.

On ressent fort les sentiments qui animent le vengeur/la vengeresse, la manière dont il/elle perd pied, se demandant finalement s’il/elle a raison d’agir comme il/elle le fait – toutes ces vies pour une seule ? mais selon son raisonnement, tous sont coupables car personne n’est intervenu pour éviter le drame – ils avaient tous trop bu, et se sont amusés – hélas aux dépens de quelqu’un de fragile.

L’histoire comporte un énorme rebondissement précédant les révélations finales, il y a pourtant un élément qui aurait dû me faire comprendre l’histoire à ce moment-là, mais tout est tellement bien amené que j’y ai perdu le latin que je n’ai pas.

« The Decagon House Murders » fait partie de ce que l’on nomme actuellement la tendance « shin honkaku » pour les polars.
C’est un renouveau de l’époque « honkaku » - sous-genre dans les polars -  qui appréciait les polars occidentaux, faisant partie de l’âge d’or des romans policiers et désireux de créer des histoires bien construites, avec des indices semés tout au long du roman et qui devraient en principe aider les lecteurs/lectrices à déterminer qui était le coupable.
Le terme « honkaku » signifie authentique, orthodoxe.

Le style « honkaku » fut quelque peu relégué au second plan lorsqu’il devenait de plus en plus évident que les auteurs de romans policiers et thrillers japonais étaient plus désireux de mettre l’accent sur le côté sociétal des romans.

Le club « Mystery Writers of Japan » est le nouveau nom – depuis 1963 -  du Detective Fiction Writers Club fondé par le célèbre Edogawa Rampo.

L’auteur Yukito Ayatsuji est l’un des fondateurs du Honkaku Mystery Writers Club au Japon ; c’est un auteur prolifique dans des genres très différents (horreur, fantasy, histoires de serial killers, etc).
Il est un grand admirateur des romans d’Ellery Queen, l’une des raison pour avoir aidé à remettre le « honkaku » en selle, ergo « shinhonkaku ».

Sur le blog de maggie-1001classiques, il y a un intéressant petit article (ici) concernant les romans policiers japonais, qui rejoint un peu ce que je vous ai raconté plus haut.

J’avais espéré trouver une traduction en français de ce roman, mais sans succès, et je le regrette car le suspense est excellent et la psychologie des personnages intéressante.

fig1

Publicité
Commentaires
M
J'espère qu'il sera traduit, ça me plairait beaucoup de le lire ! Merci pour le lien :-)
Répondre
C
Je note plutôt celui-là pour me changer les idées. Cela me rappelle trop la BD Le Detection Club de Jean Harambat !
Répondre
H
Ah ce livre me tente bien ! Laisse-moi deviner... Il n'est pas traduit c'est ça ? 😈
Répondre
Publicité
Visiteurs
Depuis la création 88 810
Archives
Publicité
Derniers commentaires
Publicité
Publicité