L'ARME SECRETE DE LOUIS RENAULT, de Thierry Bourcy
2ème enquête de Célestin Louis, flic et soldat pendant la guerre 14-18
Lorsque Louis Renault revient chez lui avec sa maîtresse, cantatrice renommée, il ne peut que constater le désastre = les plans de son invention, un char révolutionnaire – le FT17 qui pourrait épargner des vies dans les tranchées – ont disparu.
Dans les tranchées, les malheureux soldats luttent contre les rats omniprésents, la boue, la peur, toute la crasse et les poux qui vont avec.
Célestin Louise est d’autant plus surpris d’obtenir une autre permission jusqu’à noel, alors qu’il a déjà bénéficié de 2 courtes permissions pour résoudre la mort du lieutenant Mérange (voir la Cote 512) ; en réalité il est convoqué au quai des Orfèvres, chez le commissaire Minier qui lui confie une enquête ultra confidentielle et délicate = l’affaire des plans Renault.
Après avoir questionné, et suivi, la domesticité, l’inspecteur Louise se demande comment il va pouvoir résoudre cette affaire – personne ne sait rien, personne n’a rien vu.
De plus, les affaires d’espionnage sont délicates à résoudre, on marche toujours forcément sur des plates-bandes de fonctionnaires.
Le commissaire râle un peu parce que le ministère s’impatiente – d’ailleurs Célestin Louise est convoqué lors d’une grande discussion entre les fonctionnaires, les militaires (les « planqués comme dit Louise) et Louis Renault.
Célestin ne pratique pas la diplomatie, il défend l’invention – il reconnaît parmi les conférenciers le général Estienne qui soutient aussi l’invention et lui sourit avec sympathie (Célestin n’a pas hésité à demander dans les tranchées qu’on fasse appel à lui pour un cas de charge sur l’ennemi qui aurait surtout tué tout son bataillon).
C’est au cours de son enquête auprès de la compagne de Renault à l’opéra Garnier que l’inspecteur Louise pense avoir un indice et, avec l’aide d’un allié improbable, il pourra peut-être résoudre l’enquête.
J’ai retrouvé une nouvelle fois un récit qui m’a fortement secouée – Thierry Bourcy a concocté une enquête intéressante, teintée d’espionnage, mais surtout il met l’accent sur la douleur des soldats, non seulement ceux qui sont au front mais aussi ceux qui en permission n’arrivent pas à penser à autre chose – la culpabilité éprouvée alors que les autres se font tuer.
Ici Louise retrouve sa sœur, veuve désormais, et la charmante jeune femme qu’il ramena enceinte chez sa sœur.
Combien d’autres jeunes femmes ne croise-t-il pas dans le même état que celles-ci.
Certaines d’entre elles ont été embauchées à des postes d’habitude réservés aux hommes, d’autres hélas tombent parfois dans les griffes de proxénètes.
L’auteur met l’accent sur la fausse légèreté qui anime les Parisiens qui tentent d’oublier la guerre – celle dont on disait qu’elle serait brève et "joyeuse", c’était il y a 16 mois – mais comment oublier quand à tous coins de rues on croise de malheureux estropiés mendiant car pas d’indemnités, sans oublier les lâches, les profiteurs qui font des collectes soi-disant pour envoyer des colis au front, mais qui en réalité se remplissent les poches.
Bourcy mélange ici des personnages historiques avérés (Renault, Estienne) et les personnages fictifs de la série.
Une page d’histoire qui devait servir de leçon disait-on, et l’on remit le couvert 32 ans plus tard !
louis renault


