JUSTUS - MALONE - HELENE & COMPAGNIE - 1
Voilà bien longtemps que j’avais envie de relire la série de comédies policières loufoques, imaginées par Craig Rice et qui sont l’un des meilleurs remèdes que je connaisse contre la pluie, le ciel morose et aussi un état grippal (dont je suis parvenue à souffrir alors que ce n’était pas la saison =^-^=).
Raconter les polars de Craig Rice est une gageure dont je ne suis pas convaincue de m’acquitter avec brio, en tout cas certainement pas avec l’humour qu’elle mérite.
Ses romans sont réellement hauts en couleur – elle décrit tout ce petit monde qu’elle a inventé avec une truculence qui fait qu’on a pratiquement l’impression de voir un film loufoque se dérouler pendant la lecture.
C’est tout juste si on ne se précipite pas sous le fauteuil pour éviter les balles qui sifflent quand des personnages peu reluisants se disputent.
Les histoires se situent au début des années 1930 – la prohibition est enfin terminée, mais les truands ont d’autres sources illicites de revenus comme les casinos, les tripots, les maisons closes, bref des activités plus ou moins louches – le personnage de « Ben » (le frère gangster de Bobby dans « Café Society » d’Allen) en est un bel exemple.
Tout cela se passe dans la plus absolue bonne humeur, parfois les protagonistes ont un langage qui ne choque même pas et pourtant ce ne sont pas toujours des histoires pour jeunes filles en fleur – et puis il y a tout de même des meurtres à résoudre.
Comme les romans n’étaient pas disponibles en anglais, à l’époque où je les ai achetés, j’ai lu une partie de la série en français – et la traduction m’a paru tout à fait valable. En tout cas je ne me suis pas ennuyée un seul instant.
Je déplore que seulement un gros volume des aventures policières de « Justus-Malone-& cie » ait été édité – comme tous les lecteurs qui ont apprécié, j’attendais la suite avec impatience, mais telle sœur Anne, nous ne voyons rien venir. En anglais ce doit être très savoureux aussi – hélas, 3 fois hélas ….
Les personnages =
JOHN J. MALONE – de son opinion, le plus grand avocat de tout Chicago, et pourquoi pas de tous les Etats-Unis. Il vous libère un truand en trois coups de cuiller à pot, en arrivant même à le faire passer pour une victime – c’est vous dire s’il est populaire !
Mais que l’on ne s’y trompe pas, il reste tout de même le plus possible du côté de la loi, en tout cas il essaie. Ses honoraires sont exorbitants et pourtant il est pratiquement toujours fauché. Il a un bureau en ville, avec une adorable et potelée secrétaire brune (il a un faible pour les brunes potelées - j'aurais eu toutes mes chances =^-^=), secrétaire qui n’a pas sa langue en poche et à qui il est en retard d’honoraires depuis pas mal de temps – pour arriver à lui emprunter de l’argent ou lui faire faire une tâche désagréable, il l’appelle de mots doux aussi charmants que = mon petit rat, mon petit pigeon des rues, mon oiseau des îles, etc.
Elle n’est évidemment pas dupe de cette flagornerie et le rabroue plus qu’à son tour. Son prénom est Maggie et elle a bien du mérite. Il lui arrive à Malone de dessaouler, mais c’est rare, surtout quand il part en balade avec Jack & Helene.
JAKE JUSTUS – lui, c’est le plus 2ème plus grand impresario de tous les temps – il ne se souvient pas de qui est le premier, mais en tout cas il est le meilleur.
Avant cela il a été journaliste à l’Examiner, feuille de chou à ragots, ce que l’on appelle aujourd’hui la « presse people » - après quelques années là dedans, il s’est dit qu’il pourrait faire aussi bien que les guignols qui représentaient les stars. Un problème, de taille, ses stars se fichent toujours dans des situations extrêmement désagréables pour lui notamment. Il est le meilleur ami de Malone, le seul ami de Malone d’ailleurs.
HELENE BRAND, future JUSTUS – elle c’est la blonde la plus belle qui soit – vraie blonde, quasi platine, à la scandinave – elle est richissime et son papa l’est encore plus, le krach de 29 ne les a pas atteints.
Un papa bien sympathique d’ailleurs, superbe vieux monsieur qui partage son temps entre la Floride et Cuba.
Helene est quelqu’un qui a une façon de conduire qui, comme le dit aimablement Malone, lui fait prendre à lui 20 ans en 5 minutes – elle traite cela avec le plus grand mépris, elle boit énormément elle aussi – l’alcool n’a pas été inventé pour les chiens !
En dehors d’être superbe, d’avoir une garde-robe qui semble sortir tout droit de chez Edith Head ou Cecil Beaton, elle est particulièrement intelligente et trouve souvent la solution des enquêtes avant Jack ou Malone. (Jake a une excuse, il est amoureux – quand on est amoureux, on est un peu bête).
Lieutenant DANIEL von FLANAGAN – oui il s’appelle bien « von » - il s’est ajouté cette particule parce que « Daniel Flanagan », ça faisait vraiment trop flic irlandais.
D’ailleurs lui von Flanagan il n’a jamais voulu être flic, lui ce qu’il voulait c’était entrer dans les pompes funèbres, il avait la vocation – mais un membre de sa famille par alliance devait de l’argent à un autre membre de sa famille, du coup on a donné un coup de pouce pour que le gamin entre chez les flics.
A chaque enquête, il a un nouveau tuyau pour changer de métier = élever des visons – devenir directeur d’un petit papelard de province – devenir prestidigitateur, etc.
Et ce qu’il déteste par-dessus tout c’est la fine équipe JUSTUS, MALONE & Cie, qui s’ingénie réellement à lui pourrir la vie.
Le bar de JOE L’ANGE – qui semble être bien plus le bureau-quartier général de MALONE que son bureau où règne la mignonne Maggie – dans son vrai bureau, il a des dossiers, marqués en cours d’enquête, enquêtes terminées, etc, mais les bouteilles qui y sont cachées sont pratiquement vides, tandis que chez Joe, il boit ce qu’il veut, autant qu’il veut. Joe est un type bon enfant, qui en a vu d’autres, que Malone a sorti d’un mauvais pas et qui est donc son pote.
MAX HOOK – le truand, un vrai celui-là, qui adore les jolis garçons, la couleur rose pour la décoration et ses costumes – parfois il change pour le mauve – il a généralement un lieutenant de mauvaise composition, mais lui Max il est toujours courtois – les Justus Malone en savent quelque chose – seulement quand Max convoque, mieux vaut y aller ! et comme il parle toujours d’un ton très suave, il flanque la trouille à tout le monde. Pourtant, comme il le dit lui-même = je n’y comprends rien, je ne ferais pas de mal à une mouche… Lui non, mais ses lieutenants, c’est autre chose, ils manquent de courtoisie !
À suivre …
