BRAND UPON THE BRAIN, de Guy Maddin
Titre français = Des Trous dans la Tête
Scénario de Guy Maddin, George Toles, Louis Negin
La mer, une chaloupe. Un homme dans la chaloupe. Il a reçu une lettre de sa mère, lui demandant de repeindre le phare de Black Notch. Elle veut revoir ce phare avant de mourir. Guy commence à peindre, mais peut-on tout recouvrir ? passé, présent, avenir ? la descente dans les souvenirs peut commencer.
Un orphelinat, appartenant aux parents de Guy ; la mère, tyrannique, dure, rigide à l’extrême, détestant Sis, la grande sœur, une mère qui passait son temps à tout observer du haut du phare. Le père, toujours dans son laboratoire, un scientifique. Une surprenante détective, la fantomatique Wendy, devenant Chance le détective. Sis est amoureuse de Chance, mais mère ne peut le savoir. Mère qui pleure après l’éternelle jeunesse.
Sexe, passion, angoisse, haine, cruauté et surtout de terribles secrets – quelle est la part de vrai, de faux. Peu importe – dans cette histoire étrange au découpage nerveux, en chapitres entre passé et présent.
Qu’il faut regarder sans chercher à réellement comprendre – sinon on s’y perd, comme les personnages.
Guy Maddin, que j’avais découvert par le film « The Saddest Music in the world », est un réalisateur « inclassable » selon moi, il imprime d’une personnalité particulière des films insolites, où s’entremêlent souvenirs personnels et imagination débordante.
Concernant ce film-ci, je suis assez d’accord avec ce critique qui en disait qu’ « il semble être une collaboration entre Edgar Allan Poe et Salvador Dali » dans le genre fantasmagorique.
Ne connaissant strictement rien à propos de ce film, alors que je m’attendais à découvrir une histoire du style « Les 400 Coups », compte tenu de la photo du dvd = je me suis retrouvée à des lieues de là.
Le réalisateur Guy Maddin possède de multiples casquettes = scénariste, photographe de cinéma, ainsi que chargé du montage. Il adore le cinéma muet et les films du début du parlant; l’une de ses sources d’inspiration est David Lynch – cela ne m’a guère surprise d’apprendre cela. Mais il s’inspire aussi très largement du cinéma expressionniste allemand (muet) ; il apprécie également beaucoup Luis Buñuel. Bref, vous l’aurez compris = on est totalement, avec lui, dans l’anticonformisme.
C’est d’ailleurs l’effet que m’avait fait « The Saddest Music in the World », qui m’avait assez déroutée.
Ce « Brand Upon the brain » est donc un film muet, accompagné d’une musique originale de Jason Staczek, exécutée par le Toronto International film symphony orchestra, par un narrateur Guy Maddin pour la version anglaise et Isabella Rossellini, pour la version française.
Avec l’aide de quelques spécialistes du bruitage cinématographique.
Tourné en extérieurs à Seattle, c’est le premier film que Guy Maddin réalise hors du Canada. Ces extérieurs de l'île et sur l'île sont très beaux, filmés en noir&blanc ils ont un côté mystérieux et envoûtant.
La distribution est constituée d’acteurs canadiens.
Une expérience cinéphilique intéressante, quoique fort déroutante.






