LA ROSE D'YORK, de Juliette Benzoni
Tome 2 du « Boiteux de Varsovie »
Une enquête du prince-antiquaire et détective amateur Aldo Morosini
A peine résolue l’affaire de l’ « Etoile bleue » à la fin du printemps 1922, on retrouve le prince Aldo Morosini et son ami Adalbert Vidal-Pellicorne à Londres. Morosini a assisté, en Ecosse, aux obsèques de son grand ami Lord Killeran lâchement assassiné sur son yacht en Egypte. Désormais c’est son neveu, un maître du barreau londonien qui est l’héritier de son immense fortune et son épouse est la très dangereuse Lady Saint-Albans, celle qui ne recule devant rien pour assouvir sa passion des joyaux.
Le prince et l’archéologue doivent à présent retrouver la « Rose d’York », un bijou aussi célèbre que l’ « Etoile » et dont l’histoire – comme souvent celle des joyaux précieux - est sanglante à souhait. Ils ont fait cette promesse à Simon Aronov, surnommé « le boiteux de Varsovie », un homme richissime qui a décidé de retrouver les 4 joyaux manquant dans le pectoral du grand-prêtre de Jerusalem.
Pour l’instant, le joyau se retrouve à Londres, chez le joaillier Harrison qui va diriger les enchères chez Sotheby’s. S’agit-il du vrai diamant appelé « la Rose d’York » ou serait-ce un faux destiné à obliger le vrai possesseur de se dévoiler ? Nos amis connaissent la réponse, bien sûr, mais cette enquête passe tout à coup au second plan pour notre prince-antiquaire qui a appris la mort de Sir Eric Ferrals, le marchand-trafiquant d’armes ; celui-ci aurait été empoisonné par sa très jeune et ravissante épouse Anielka Solmanska.
Aldo Morosini n’écoutant que son cœur de preux chevalier et son amour pas totalement éteint pour la belle enfant, a décidé de prouver son innocence.
Ce qui lui met quelque peu à dos l’inspecteur en chef Warren, de Scotland Yard, qui râle sec car non seulement il doit réunir des preuves contre la donzelle, mais en plus l’antiquaire-joailler Harrison a été assassiné et le diamant "Rose d'York" volé – les suspects = des Chinois appartenant à un gang bien connu de la police.
Malgré les objections de son ami Vidal-Pellicorne pour qui la mission confiée par Aronov est primordiale, le prince-antiquaire donne la priorité à l’enquête pour Anielka – dont le père est tout de même Solmanski, l’ennemi juré de Simon Aronov, qui n’hésite pas à l’accuser d’être à la base du nouvel « ordre noir » qui se lève sur l’Europe – et qui finance plus que probablement la montée, en Italie, du « Duce », alias Benito Mussolini.
Pourtant, quelque part, au fond de lui, Aldo Morosini est convaincu que l’affaire « Lady Ferrars » et la recherche de « la Rose d’York » sont mêlées d’une manière ou d’une autre.
Il n’aura pas totalement tort mais entretemps son ami Adalbert et lui devront affronter le gang des Chinois, une lady Saint-Albans réellement dangereuse et quelques autres personnages dont l’ex-amoureux polonais de Lady Ferrars, membre d’un groupe nihiliste.
Une autre lecture de détente, j’en étais presque contente de me retrouver toute une journée au lit – ce qui m’a permis de terminer le roman en un jour car l’enquête est passionnante et l’on voyage joliment d’Ecosse en Angleterre (Londres, Devon), en passant par Venise et Paris.
Il est vrai que les romans de Juliette Benzoni ne sont pas compliqués à lire, même si les personnages et les rebondissements sont nombreux.
Parmi ces personnages, ceux récurrents de la série comme la comtesse Amélie de Sommières et sa cousine-amie-dame de compagnie Marie-Angélique de Plan-Crépin ; cette dernière va s’avérer d’une aide précieuse à notre prince-antiquaire, car sa secrétaire – la plus qu’efficace Mina – lui a réservé une surprise de taille et du coup, il n’a pu la garder à son service.
Quelques moments assez drôles du livre d’ailleurs, en compagnie du collectionneur de joyaux, le banquier Kellerman.
Les romans de Juliette Benzoni ont cela d’agréable qu’ils mélangent des faits historiques avérés avec une intrigue de fiction – ici il s’agit d’une « Tétralogie », enquête à la recherche de 4 joyaux légendaires à la réputation « sanglante ».
La réputation de cette auteure est de n’être que celle d’histoires romancées et romantiques – et alors ? il en faut des auteur(e)s pareil(l)es.
Pas de langage pompeux, au contraire une prose légère et élégante, de jolies descriptions de lieux célèbres et de toilettes d'époque (années 1920).
(Grâce à une copine travaillant chez oxfam-librairie, j’ai pu mettre la main sur les 3 opus qui me manquaient de cette série de 4 enquêtes formant la tétralogie du « Boiteux de Varsovie », je vais donc me régaler à lire les suivantes.)
