THE PICTURE OF DORIAN GRAY, d'Oscar Wilde
Titre français = Le Portrait de Dorian Gray
Le peintre Basil Hallward reçoit la visite de son ami Lord Wotton qui est impressionné par le portrait que l’artiste est en train de peindre. Il insiste pour rencontrer le modèle ; celui-ci est un jeune homme d’une grande beauté, encore empli de la naïveté de la jeunesse. Impressionné par la personnalité de Wotton, Dorian Gray (le jeune homme en question) se laisse influencer par ses propos.
Lorsqu’il jette un regard sur son portrait, il s’exclame qu’il serait injuste que le portrait conserve toute sa jeunesse et sa beauté, alors que lui les perdra toutes deux. Il est prêt à TOUT donner pour que ce soit le contraire et que ce soit lui, Gray, qui conserve l’éternelle jeunesse !
Comme dit dans les contes de fées « Prends garde au vœu que tu formules car il pourrait se réaliser ». C’est ce qui va se passer pour le jeune et beau Dorian Gray, il va conserver sa beauté et sa jeunesse, mais à quel prix !
Encore très jeune, donc influençable, Dorian Gray s’inspire des théories d’un livre que lui a prêté Lord Henry pour vivre – il s’entoure d’objets de luxe et se met à mener une vie de débauche, qui l’entraîne dans les bas-fonds de Londres et les fumeries d’opium. Il passe son temps à corrompre les femmes qui lui plaisent, les jetant ensuite sans le moindre scrupule d’avoir gâché leur vie = elles pouvaient refuser, non ? Personne ne les obligeait à un acte qu’elles ne souhaitaient pas.
Pendant ce temps, le portrait change et montre à quel point l’âme de Gray est corrompue – tout cela avait commencé par la séduction et ensuite l’abandon de la douce Sybil Vane, petite comédienne interprétant Shakespeare avec un talent, que son amour pour son « Prince Charmant » semble lui faire perdre. D’où le mépris et le rejet par Dorian. Ce jour-là, le portrait montre une légère altération. Qui ira en empirant, aussi a-t-il été relégué au grenier. C’est là que son auteur, Basil, dont l’amour pour Dorian n’a pas failli, le découvre dans toute son horreur – et au prix de sa vie.
D’autres personnes de l’entourage de Dorian Gray périront pour l’avoir approché de trop près, comme les papillons qui se brûlent les ailes aux flammes dont ils se rapprochent.
Sa rédemption ne pourra passer que par la destruction du tableau, c'est-à-dire de cette âme corrompue. Dorian Gray voudrait se racheter, mais seule la mort peut racheter les crimes commis.
J’ai quelques difficultés à parler du roman, alors que je n’en ai eu aucune à parler des 2 adaptations cinématographiques (ici et ici). Pourquoi ? probablement parce que cette histoire très dense ne se laisse pas raconter de manière banale.
Habile mélange du mythe de Faust et des théories hédonistes de Wilde, le roman – tout le long – fait l’apologie de la jeunesse, la beauté, de l’esthétisme – les chevaux de bataille de l’écrivain. Tout comme l’étaient ses théories sur le mariage (on ne se marie pas avec quelqu’un que l’on aime !) ; pour Oscar Wilde il était important de vivre selon sa propre conception de l’existence, sans hypocrisie. Ce qui conduit hélas le jeune Dorian Gray dans une dérive extrême – et quoiqu’on en dise, je l’ai trouvé particulièrement hypocrite ce très beau jeune homme, qui m’a été plutôt antipathique, je n’aime pas du tout les gens qui n’assument pas leurs actes et tout le roman est construit autour de cela.
Tout comme je n’apprécie guère Sir Henry Wotton, son âme damnée, le manipulateur qui conduit un jeune homme, finalement pas très intelligent, à sa perte.
Dorian Gray est un être creux, futile, tombant amoureux de sa propre image au point de faire un pacte (mental) avec le diable et toute son histoire se construit sur la responsabilité qu’il rejette d’abord sur le peintre, puis sur Wotton et le roman qu’il lui a donné à lire. Nous n’en connaîtrons jamais le titre, mais il semblerait d’après les experts de Wilde qu’il s’agisse d’un roman de Joris-Karl Huysmans « A Rebours ».
Gray est aussi peu scrupuleux que son mentor, qui observe cette descente en abîme avec détachement et ironie.
Difficile de ne pas voir en ce dernier Oscar Wilde en personne, tant ses théories sur l’hédonisme et l’esthétisme sont celles de l’écrivain.
Je ne m’étonne guère que le livre n’ait guère plu aux critiques de l’époque de Wilde, un tel roman à l’époque victorienne ne pouvait que choquer – même si Oscar Wilde y apporta quelques modifications.
Et contrairement à ce qu’ont prétendu lesdits critiques, le livre est TRES moral, je dirais presque moralisateur puisqu’il se termine de la seule manière possible = le rachat de ses fautes par Dorian Gray.
Que l’on ne se méprenne pas sur ma chronique, comme je l’ai dit c’est un livre qui ne se relate pas de manière banale (je ne suis guère une littéraire), et je ne voudrais pas faire croire que je n’ai pas aimé le roman, bien au contraire.
Je l’ai adoré, même s’il ne figurera pas dans le top 10 de mes livres préférés (comme pour mon amie Manu).
C’est superbement écrit, vraiment c’est une délectation à lire – et c’est d’ailleurs pour cela que j’ai mis autant de temps, car j’ai lu et relu certains passages plusieurs fois.
Conclusion = un livre à lire absolument.
(Je sais que je suis l’une des dernières à avoir lu ce roman et je n’ai pas trouvé de liens sur les avis d’autres blogueuses. Néanmoins, si vous avez écrit un billet, faites moi parvenir vos liens, je les ajouterai avec plaisir à ma chronique.)




