SNOW, GLASS, APPLES, de Neil Gaiman
Une longue nouvelle parue dans le recueil « Smoke & Mirrors »
Une jolie reine, épousée avec amour, désireuse de se faire aimer de la petite fille orpheline de mère de son roi, raconte sa triste histoire = on la fait mourir brûlée comme sorcière dans un four. Elle est résignée, personne n’est venu à son secours car la petite fille après avoir grandi dans la forêt où la reine l’avait condamnée, a épousé son prince (par vraiment charmant) et ensemble ils ont raconté tellement de mensonges à propos de la jeune reine que plus personne ne voulut la croire.
D’autant moins que depuis son plus jeune âge, la jolie reine avait un don de divination et on la consultait de partout, mais cela se retourna contre elle.
Elle était si jolie pourtant cette petite princesse dont la mère mourut en lui donnant la vie ; elle avait des cheveux noir d’ébène, des lèvres rouge sang et une peau pâle comme la neige.
Sa peau était froide comme cette neige, d’ailleurs lorsqu’un flocon tombait sur sa joue, il y restait entier, sans fondre.
Elle était un petit vampire, qui n’hésitait pas à mordre et sucer le sang de son père.
Lorsqu’il mourut, vidé de son sang, la jeune reine comprit qu’elle ne pouvait pas garder la princesse au palais, aussi la fit-elle conduire dans la forêt, tout en lui prenant son cœur.
Celui-ci fut suspendu à une ficelle dans la chambre de la reine, et il continuait à battre, car la jeune princesse suçait le sang des autres arrivait à le conserver en vie.
La jeune reine tentait de faire tout ce qui était en son pouvoir pour que son royaume reste prospère, mais au gré du temps qui passait, la foire du printemps attirait de moins en moins de gens, la forêt était devenue un lieu maléfique où ne s’aventurait pratiquement plus personne.
Un jour, déguisée en mendiante, la jeune reine se rendit dans la forêt, où des nains avaient recueilli la petite princesse, toujours bien vivante (oui même sans son cœur). Le panier de la mendiante contenait de jolis rubans et de belles pommes. Elle s’enfuit, en laissant le panier dans la caverne, la petite princesse mordit dans une pomme.
Dans la chambre de la jeune reine, le cœur avait cessé de battre.
Pendant deux années, le royaume redevint prospère et la forêt permettait à nouveau un passage prudent mais sûr aux voyageurs.
C’est alors qu’arriva le jeune prince, qui voulait épouser la jolie reine et unir les deux royaumes.
Seulement voilà, ce prince avait des goûts amoureux particuliers et il quitta la jeune reine le lendemain de leur première nuit car elle avait bougé.
Il revint donc avec la jeune princesse cette fois, et la jolie reine fut condamnée comme sorcière.
Je l’ai déjà dit et répété, j’adore les ré-écritures de contes et légendes, et Neil Gaiman a réellement une formidable imagination dans ce domaine.
Il avait déjà proposé une réécriture de « la belle au bois dormant » et « blanche-neige » (ici) qui était aussi un petit bijou d’humour noir.
Ce conte-ci est plus sombre – il mélange le vampirisme et la nécrophilie, puisque Blanche-neige se nourrit du sang des autres, et le prince préfère les princesses mortes sous ses caresses !!!
C’est bien écrit, comme toute l’œuvre de Neil Gaiman, il a un réel talent d’écriture poétique même dans les histoires les plus sombres.
De toute façon, l’histoire originale écrite par les frères Grimm n’est pas non plus un conte pour enfants, il est aussi d’une grande cruauté, mais là c’est la reine qui est la « méchante de l’histoire ».
Cette nouvelle, qui fait partie d’un recueil, a aussi fait l’objet d’un roman graphique, fort joliment dessiné par Colleen Doran, je me suis servie de sa couverture pour illustrer mon billet.



