MARY WESTMACOTT, alias AGATHA CHRISTIE - le saviez-vous ?
Puisque vous me faites le plaisir de venir me lire, vous n’êtes pas sans savoir que j’aime bien les anecdotes – surtout lorsqu’elles concernent l’une de mes romancières préférées en matière de romans policiers (après tout elle a donné vie à mon grand amour « Hercule Poirot » =^-^=) – je me suis demandé quand lui était venue cette envie de changer de registre littéraire à propos de ses 6 romans psychologiques et pourquoi ne poursuivit-elle pas en ce sens.
C’est en 1930 qu’AGATHA CHRISTIE, célèbre pour ses polars, eut envie de s’essayer à un « vrai » roman, c'est-à-dire non policier.
Son premier opus sera musical = GIANT’S BREAD (MUSIQUE BARBARE) – néanmoins, elle ne se sentait pas totalement sûre d’elle (elle se serait même sentie un peu coupable de « trahir » le genre pour lequel elle était appréciée – il faut aussi savoir qu’Agatha Christie, malgré son immense talent à la fois d’écriture, en matière de poisons et en matière de musique, avait peu confiance en elle).
Elle écrit donc un roman non policier et décide de rester anonyme afin de ne pas subir de pression de la part des critiques et éditeurs – elle prend le pseudonyme de MARY WESTMACOTT.
Dans la première édition du roman « Giant’s Bread), l’éditeur présente l’auteure comme « ayant déjà écrit d’autres livres à succès, mais aborde avec ce roman-ci un angle différent. »
C’est à la fin de 1946 qu’un critique américain révèlera qui est cachée derrière le nom de plume – Agatha Christie sera fort déçue par cette révélation, elle qui comptait mener deux carrières en parallèle = la romancière « classique » et la romancière de polars.
Elle arrêtera donc d’écrire sous le pseudonyme de Westmacott, renonçant à un genre qu’elle aimait en raison des critiques peu amènes que certains critiques lui réservèrent, alors qu’ils avaient « apprécié » Mary Westmacott –
pour preuve = un critique du NEW YORK TIMES REVIEW écrivait « la personne qui se cache sous le nom de plume de Mary Westmacott peut se montrer fière de son roman. Peu importe qui elle est, le livre se situe un bon cran au-dessus des romans de fiction habituels. Chaque personnage du roman est fort bien décrit, les personnages sont humains et sonnent vrais.
Un critique de l’OBSERVER écrivait à propos de « Giant’s Bread » = le livre est ambitieux dans sa description de la vie romancée d’un musicien, véritable génie musical, mêlé malheureusement à quelques histoires sentimentales qui affaiblissent son talent, on y parle de traditions familiales et de mémoire perdue. Miss Westmacott, nouvelle venue (sic) sur la scène des romans, montre un vrai talent narratif. Ce livre sera très populaire, même si la romancière ne voulait pas montrer autant d’originalité dans ses personnages.
THE TIMES LITERARY SUPPLEMENT pour sa part considéra le prologue comme très original, and le début du roman relatant les jeunes années du protagoniste principal comme un jugement intéressant et charmant, comme observé sous l’œil d’un enfant.
Cette envie de changer de registre littéraire de la part d’Agatha Christie m’a fait penser à l’aventure (ou dois-je dire mésaventure) de J.K. ROWLING qui elle aussi souhaitait écrire des romans différents d’HARRY POTTER – des thrillers psychologiques destinés aux adultes, écrits sous le pseudonyme de ROBERT GALBRAITH – là c’est carrément l’avocat des éditeurs qui vendit la mèche, alors que Ms. Rowling avait formellement demandé de taire son patronyme.
Tout comme elle, Agatha Christie souhaitait écrire autre chose sans subir de pression.
Ces gentes dames, hélas, oublient qu’il existe un dieu tout-puissant contre lequel on ne peut rien = l’argent, qui rend les gens peu scrupuleux.

