L'ODEUR DE LA PLUIE SUR LE BITUME BRULANT, d'Olivia Billington
Sous ce titre poétique, la romancière belge Olivia Billington dresse le portrait de quinze femmes, dont certains font se dresser les poils sur les bras.
Peu d’histoires se terminent bien, certaines nous laissent en point de suspension, mais toutes sont passionnantes à lire, même si j’ai tout de même eu la chair de poule en les lisant le soir.
Ceci dit, les contes de la veillée au 19ème siècle n’étaient pas non plus des contes de fées.
Certains portraits sont particulièrement émouvants, comme dans « Lettre au passé », dont je me suis sentie proche, mais aussi celui d’Elinor dans « Mémoire d’éléphant ».
Les « Reflets multiples » vous rendraient presque superstitieuse et les « Délices immortels » sont aussi une poignante manière de vivre un deuil.
« Renaître et Posséder » tout comme « Envers et Contre tout » sont des moments qui vous possèdent à travers les malédictions qui frappent leurs héroïnes.
« l’Absente » vous entraîne sur le chemin des amours perdues. « Une si belle journée d’été » va s’avérer moins belle pour l’un des personnages tout comme « Contrée d’espoir ».
J’ai particulièrement souri à « Panneau d’affichage », même s’il y a un petit côté inquiétant à ce panneau affichant des mots d’amour à la jolie Sabrina.
J’ai aussi tremblé dans « Terreur passagère » comme la jeune femme coincée dans les wc d’un avion en proie à l’horreur ; tout comme après « Emploi du temps », je me promets de ne plus jamais mettre les pieds dans un bar après ce qui arriva à la séduisante femme d’affaires un premier avril – toujours se méfier du premier avril.
J’ai aimé le geste de sororité de cette mère de famille à l’égard d’une autre dans « Main levée, main tendue ».
Quant à « Geste inexpliqué » on comprend vite ce qui est arrivé à cette trop jolie jeune femme.
« Sans réponse » fait appel à nos peurs irraisonnées.
Ce qui m’a particulièrement frappée dans toutes les nouvelles, c’est que chaque jeune femme est réellement très belle – cela m’a parfois agacée, car je me suis demandé ce qui arriverait à une petite bonne femme lambda de mon genre si toutes ces ravissantes créatures avaient autant de problèmes. Etre belle serait donc une malédiction ?
Sinon l’écriture est fluide, le ton est gracieux, oui même dans l’horreur – ce qui est d’autant plus effrayant.
Merci à l’auteure qui m’a si gentiment transmis son recueil.
