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mon bonheur est dans la ville
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1 octobre 2012

L'ATLANTIDE, de Jacques Feyder

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Scénario de Jacques Feyder, d’après le roman éponyme de Pierre Benoit 

Version muette de  1921

Dans le désert, un groupe de spahis retrouve un homme très mal en point, le lieutenant Saint-Avit. Il est incapable de parler, sauf lorsqu’il délire et alors il semble s’accuser d’avoir tué le capitaine Morhange.
Lorsqu’il se rétablit, il réalise – bien qu’ayant été innocenté – qu’il fait l’objet d’un certain ostracisme de la part des autres officiers militaires. Il part alors en convalescence à Paris, mais bien vite, dans l’hiver de la capitale, la nostalgie du désert le reprend. Il y retourne et est nommé officier d’un poste où il est reçu par son ami Ferrières, qui s’ennuie ferme  en ces lieux.
Il lui confie qu’il compte retourner vers le Hoggar, vers l’Atlantide, où il tua son ami Morhange.

Commence alors le récit d’une aventure que menèrent les deux hommes vers le royaume mythique d’une reine qui aime et rejette comme elle le veut ceux qui s’aventurent d’un peu trop près de son royaume. Elle a à son service des hommes totalement dévoués à sa personne, qui n’hésitent pas à attaquer des caravanes et enlever les hommes pour elle. Tel le malheureux Massart, l’ami de Morhange. Qu’ils retrouvent momifié par un procédé connu des targuis, d’après l’archiviste du royaume.
Peu à peu, les deux officiers, prisonniers désormais de la reine, vont être soumis à sa séduction, quitte à se brouiller l’un avec l’autre.
Morhange qui ne se remet pas d’un amour blessé, se montre indifférent à la reine ; elle utilise alors Saint-Avit et sa jalousie.

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Saint-Avit s'échappera grâce à Tanit-Zerga, la suivante d’Antinea, qui sait qu’elle risque sa vie. Et pas seulement parce qu’elle enfreint les lois de sa reine, mais parce que le désert ne fait pas de cadeau non plus à qui s’y aventure.

Ce film – constitué de flash-backs - sera le premier long métrage, respectant bien le roman et tourné totalement en extérieurs, dans le Sahara, ce qui ne s’était pas encore fait à cette époque. On  avait d’ailleurs conseillé au réalisateur belge Jacques Feyder  les carrières de sable de Fontainebleau qui servaient régulièrement de décor pour les films situés dans le désert. Feyder était un puriste, un perfectionniste soucieux du détail « faisant vrai », il était également réalisateur de documentaires, ceci expliquant cela.
Il planta donc ses tentes et ses caméras dans le Sahara malgré les objections de la production.
Lorsque le film (pourtant assez long pour l’époque = 3 heures) remporta un immense succès et qu’il rapporta trois fois sa mise, c’est sûr que les producteurs ne furent pas déçus !

Cette réalisation de Jacques Feyder a failli être perdue à jamais, heureusement le Nederlands Filmmuseum d’Amsterdam est parvenu à en sauver une copie, qui est toutefois amputée d’une demi-heure par rapport à l’original.
De la couleur a également été ajoutée à la pellicule (bleu pour la nuit, rouge pour les situations dramatiques, ocre lorsqu’on est dans les Aurès). J'avoue que je trouve cela superflu.

Il semblerait que le succès du roman et de son adaptation cinématographique furent dus au fait que la première guerre mondiale venait de se terminer  et l’histoire permit aux lecteurs et au public français d’oublier un peu les horreurs de cette guerre. Sans oublier une certaine soif d’exotisme, comme celle des orientalistes au 19ème siècle.
Le roman obtint le grand prix de l’académie française en 1919, et Jacques Feyder en acquit immédiatement les droits.

J’ai toujours été fascinée par « l’Atlantide », continent que d’aucuns considèrent comme purement mythique, mais d’autres affirment qu’il exista en proto-antiquité et fut probablement détruit par ce que l’on nomme actuellement un tsunami, en tout cas à la suite d’une éruption volcanique.
Platon la mentionne dans deux de ses récits. Actuellement, des recherches tentent à prouver son existence, mais situent l'Atlantide un peu partout dans le monde, pas uniquement dans le bassin méditerranéen; j'avoue que certaines théories me paraissent tirées par les cheveux.

J’avais découvert, il y a longtemps,  le roman de Pierre Benoit et j’avais été très émue par le personnage de la jeune Tanit-Zerga, amoureuse sans espoir – j'étais fascinée également par le personnage d'Antinea, prototype de la « femme fatale » dans toute sa splendeur.
Elle est interprétée par le très belle Stacia Napierkowska, une actrice et danseuse qui travailla beaucoup avec Max Linder.
Son rôle d’Antinea fut le plus célèbre de sa carrière, mais elle fut également « Lucrère Borgia », « Salomé », « Esmeralda », « Messaline » entre autres séductrices.
Elle est réellement très belle et inquiétante dans cette reine qui n’aime que les hommes jeunes puis se lassant d’eux, les fait mourir d’amour et les embaume.
L'actrice fit également l’objet de l’un des premiers cas de censure cinématographique pour un autre rôle.

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Tanit-Zerga est jouée par Marie-Louise Iribe, qui fut l’épouse de Pierre Renoir ainsi que réalisatrice et productrice.
Georges Melchior est le capitaine Saint-Avit, l’homme qui échappe de justesse aux sortilèges, mais reste obsédé par le Hoggar où il sait que règne l’objet de son désir.
Jean Angelo est le séduisant lieutenant Morhange qu' Antinea tente en vain de séduire, de s'attacher, mais est tout à ses souvenirs.
L’ami de Saint-Avit, le lieutenant Ferrières est interprété par René Lorsay et le meilleur ami de Morhange, le capitaine Aymard est joué par Genica Missirio.

Il faut attendre assez longtemps avant de découvrir Antinea et l’Atlantide, toute la première partie du film (une heure) se situant dans la découverte dans le désert de Saint-Avit, de sa convalescence et son retour à l’armée, puis son obsession  retourner à la recherche du royaume mythique.

Dans un film muet, il faut accepter que les acteurs aient un jeu « exagéré » sinon on ne « marche » pas dans l’histoire. Bien que j’aie gloussé quelques fois, surtout par le jeu outrancier de ces messieurs, j’ai bien aimé faire cette découverte cinéphilique.

« L’Atlantide » de Pierre Benoit a fait l’objet de plusieurs adaptations cinématographiques, il y a même eu un peplum mélangeant plein de mythes à ce sujet (ici).
Une autre version fort connue est celle de G.W. Pabst que je vais avoir le plaisir de découvrir également.
« Antinea » a également été transformée en féministe dans une adaptation de 1972 (et pourquoi pas, n’est elle pas le prototype de la femme libre de son corps et aimant et disposant des hommes sans sourciller, sans s’apitoyer).
Quant à la version de 1961, elle modernise le sujet = hélicoptères, bombe atomique, etc.
Hollywood s’empara aussi du sujet en 1948, avec le séduisant Jean-Pierre Aumont en Saint-Avit et Maria Montez en Antinea.

Il faut dire que même si je ne connais pas toute l’œuvre de Jacques Feyder, j’ai une petite tendresse pour lui vu qu’il est né à Bruxelles, dans la commune d’Ixelles où j’habite – (oui je sais l’esprit de clocher c’est idiot, mais ai-je jamais prétendu être intelligente ?)

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Commentaires
C
J'aime beaucoup les films de cette époque, leurs décors, leurs costumes (fabuleux), et la qualité du noir et blanc !<br /> <br /> Pour l'esprit de clocher, on te pardonne, Niki ! Rien de grave, on connait tous ce petit travers.
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T
Qui a-t-il de mal à avoir un peu l'esprit de clocher ? Tant qu'il n'est pas associé à de la xénophobie je trouve qu'au contraire c'est plutot sympathique :)
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