NEFERTITI REINE DU NIL, de Fernando Cerchio
Titre original italien = Nefertiti, regina del Nilo
Titre anglais = Nefertiti queen of the Nile
La jolie Tanit et l’apprenti sculpteur Tumos s’aiment et ont bien l’intention de s’évader ensemble, car la jeune femme doit devenir prêtresse, elle sera dès lors dédiée aux dieux et il n’est pas question qu’un simple mortel lève les yeux sur elle !
C’est oublier un peu vite que le grand-prêtre Benakon a des espions partout ; lorsqu’il apprend leurs plans d’évasion, Tanit est tenue enfermée et Tumos est condamné pour avoir enfreint les règles religieuses. Il fuit donc chez son ami Amenophis, héritier du trône d’Egypte, qui se trouve dans le désert.
Celui-ci est un hardi guerrier qui a été victorieux dans une guerre contre les Chaldéens ; parmi les prisonniers chaldéens se trouvent un certain Seper, prêtre d’Aton qu’il présente comme le seul vrai et unique dieu. Un dieu d’amour. Et pire = de pauvreté !
Malheureusement pour lui, Amenophis est en proie à des crises d'hallucination et des moments d'oubli. C'est de cette faiblesse que les prêtres d'Egypte profiteront plus tard.
Seper prédit la mort d’Amenophis III. Son fils retourne donc dare-dare à Thèbes, non sans avoir d’abord donné son accord au mariage de son ami et de Tanit.
Benakon ne l’entend pas de cette oreille (de l’autre non plus d’ailleurs), il révèle à Tanit qu’il est son papa et qu’en réalité, elle n’est pas destinée à être prêtresse mais à épouser le fils de pharaon, qui a déjà donné son accord avant de mourir. Dès lors il la nomme Nefertiti. Et a bien l'intention de régner à travers elle, c'est mal connaître la donzelle !
Comme Amenophis IV ne sait pas que Nefertiti et Tanit sont une seule et même personne, il accepte de l’épouser. Drame !
Afin d’éviter que Tumos vienne s’en mêler, Benakon l’emprisonne mais le jeune sculpteur s’échappe. Il échappe à une attaque de lion et est soigné par Merith, une jeune dnseuse-modèle pour sculpteur, qui est amoureuse de lui. A Nefertiti/Tanit on raconte que Tumos est mort.
Ça se gâte ! car Tumos a appris que celle qu’il aime a épousé pharaon et du coup, il accepte de partager la couche de Merith après avoir trop bu.
Ça va se gâter encore plus car Benakon ne supporte pas l’influence de Seper et la notion de dieu unique, d’autant plus que la religion d’Aton devient très populaire. Ils envoient ses hommes de main assassiner Seper et les adeptes d’Aton, parmi lesquels Nefertiti qui entretemps avait appris que Tumos n’était pas mort !
Du coup il devient le sculpteur officiel de la cour où il doit sculpter un buste de la reine et évidemment, ils retombent amoureux.
Amenophis est dégoûté par la tuerie organisée par Benakon ; il décide que toutes les idoles, les anciens dieux, soient détruits, que le clergé doit être dissous et lui-même embrasse la nouvelle foi.
Depuis quand un clergé reste-t-il sans réagir lorsqu’on lui ôte son pouvoir et ses richesses ?
Benakon, à qui Pharaon a pardonné, réunit ceux qui comme lui râlent d’avoir perdu leurs privilèges. Ils vont donc s’ériger contre la nouvelle religion et pharaon ; Nefertiti et Tumos s’en étant rendu compte, ce dernier tente de lever une armée pour aider son roi.
Amenophis/Akhenaton, paralysé par sa religion pacifiste, a une dépression nerveuse, heureusement Nefertiti s’occupe des affaires du palais en attendant le retour de Tumos. Lorsque celui-ci revient, le conflit éclate et le roi est tellement horrifié de cette guerre de religion qu’il se suicide. Nefertiti et sa garde se défendent, autour d’une statue de la reine.
Dernier round = Benakon va tuer Tumos, heureusement Merith lui sauve la vie. Autour de la statue brisée de la reine, seul subsiste le beau buste, témoin à travers les siècles de la beauté de cette reine et de l’amour de son sculpteur.
Faisons confiance aux peplums italiens pour ne rien respecter de la vérité historique – ce qui n’enlève évidemment strictement rien au plaisir de voir ce film de Fernando Cerchio, dans lequel joue notamment (et surtout) mon acteur préféré Vincent Price.
Costumé (déguisé plutôt) en grand prêtre égyptien Benakon, il est très à l’aise dans ce rôle de méchant onctueux, faux jeton à souhait, même s’il est nettement moins inquiétant que dans ses personnages « gothiques » à la Allan Poe.
Nefertiti, ce qui signifie « La Belle est venue », et qui était l’épouse très aimée d’Akhenaton, est interprétée par la belle actrice Jeanne Crain.
Edmund Purdom, celui qui interpréta « L’Egyptien » d’après le roman de Mika Walteri, se colle une fois de plus à un rôle d’égyptien, celui du sculpteur Tumos.
Je ne m’étendrai pas sur leur jeu, ces acteurs étaient talentueux mais ici on ne leur demande vraiment pas de jouer intelligemment, c’est le moins que l’on puisse dire.
Tout comme on n’en demande pas énormément non plus à Amedeo Nazzari en Amenophis IV, le pharaon qui se rebaptisera « Akhenaton », c'est-à-dire « dieu lui a donné la vie ».
Liana Orfei, une habituée des peplums, interprète Merith, tout comme Raf Baldassare. Carlos d’Angelo est Seper.
Pour en revenir à la religion prônée par Akhenaton, il est évident qu’il privilégiait le dieu unique Aton, mais n’a jamais défendu son peuple d’avoir des petits autels personnels honorant un autre dieu, comme Bastet la protectrice des familles. Pour lui, toute manifestation divine, féminine ou masculine, était une manifestation d’Aton. Par contre, ce qui est exact dans le film ce sont les problèmes de santé du pharaon (que voulez-vous, avec tous ces mariages consanguins !)
Quant à Tumos (nom dans le film), il s’agit du sculpteur Thutmose, favori de pharaon et maître d’œuvres. On a retrouvé des vestiges de sa demeure dans Amarna, la cité choisie par Akhenaton pour devenir la capitale.
Dans son studio, on ne trouva pas seulement le très beau buste polychrome de Nefertiti mais également d’autres visages, dont – on le suppose – un portrait de la reine, vieillissante.
Tell-Amarna est le nom actuel de la cité d'Akhetaton, c'est-à-dire "l'horizon d'Aton".
Cette parenthèse historique ouverte et fermée, les décors de ce peplum sont comme tous ceux du genre = tout studio et carton pâte. Si les costumes des dames sont très bien faits pour mettre leurs formes généreuses en évidence, je vous passe sous silence les jupes longues et les perruques masculines qui m’ont fait glousser tout au long. Heureusement que les soldats et le sculpteur étaient en jupe courte, montrant ainsi leurs beaux muscles.
Ce film n’est pas sans rappeler par certains aspects « L’Egyptien » qui traitait, entre autres, de ce même sujet de la nouvelle religion.








