THIRTEEN AT DINNER, de Lou Antonio
Scénario de Rod Browning, d’après « Lord Edgware dies » d’Agatha Christie, utilisant le titre par lequel le roman fut publié aux Etats-Unis
Titre français = Le couteau sur la nuque
La superbe actrice américaine Jane Wilkinson implore Hercule Poirot d’insister auprès de son mari, Lord Edgware, de lui accorder enfin le divorce qu’elle demande depuis 2 ans. Bien que ce genre d’action ne soit guère dans ses habitudes, Poirot accepte, le mot « non » n’entrant pas dans le vocabulaire de la belle actrice.
Cela fait évidemment sourire le capitaine Hastings, convaincu que son ami « craque » pour les beaux yeux de l’irrésistible créature. Grande surprise lorsqu’ils approchent le lord = cela fait 6 mois qu’il a accordé l’autorisation de divorcer à Jane, il lui a écrit en ce sens.
Lorsque le détective lui rapporte ces paroles, Jane Wilkinson jure ses grands dieux que jamais elle n’a reçu une telle lettre – mais le principal est qu’elle soit libre désormais d’épouse le très sérieux – presque monacal – duc de Merton.
Le lendemain, lord Edgware est retrouvé mort, assassiné d’un coup de couteau dans la nuque, à un endroit bien précis, la mort étant instantanée. L’inspecteur Japp entre en scène, Lord Edgware était un homme tellement détestable et détesté que cet assassinat n’étonne personne, mais tout le monde est persuadé – y compris Japp - que la meurtrière est Jane Wilkinson = il y a des témoins ! le butler et la secrétaire du lord. Seulement voilà, Jane Wilkinson était l’une des invitées de Sir Montague Corner. Quelqu’un demanda même l’actrice au téléphone.
A ce dîner se trouvait également un jeune dramaturge, Donald Ross, très impressionné par Jane.
Le même jour où l’on retrouve lord Edgware, on découvre le corps sans vie de Carlotta Adams, une jeune comédienne américaine, spécialisée dans les imitations de personnages célèbres. L’une de ses meilleures imitations est celle de Jane Wilkinson – aurait-elle participé à ce crime pour incriminer l’actrice, en compagnie de Ronald Marsh, héritier du titre et sans le sou, assez porté sur la bouteille ? c’est lui finalement que l’on accuse des meurtres. Jusqu’à ce que le jeune Ross soit lui aussi assassiné. Le mystère s’épaissait, mais pas pour Hercule Poirot qui réunit tous les protagonistes, y compris Bryan Martin, ancien amant de Jane Wilkinson, venu tirer les vers du nez du détective et noircir son ex-amie.
Amusant cette version pour la télévision, datant de 1985 avec Peter Ustinov en Hercule Poirot, l’un des 6 films (3 pour grand écran et 3 pour la télévision) où le brillant comédien interpréta le détective belge, à sa manière très sympathique et personnelle.
Amusant aussi de retrouver, dans le rôle de l’inspecteur Japp, l’acteur David Suchet (« notre » Poirot actuel).
Le capitaine Hastings est joué par Jonathan Cecil, que l’on retrouve également dans les 3 versions pour la télévision – malheureusement, il accentue un peu trop l’accent benêt d’Hastings. Il n’en a pas non plus la prestance d’Hugh Fraser.
Comme beaucoup de réalisations télévisées et/ou cinématographiques, des comédiens fort connus se retrouvent dans les rôles principaux = l’excellente Faye Dunaway interprète le double rôle de Jane Wilkinson et Carlotta Adams.
Dans le premier cas, l’actrice parodie à merveille la « blonde bimbo », tandis qu’en Carlotta, elle a une perruque courte, et un dynamisme tout différent.
Amusante surprise aussi = un tout jeune Bill Nighy en Ronald Marsh, nouveau lord Edgware après la mort de l’oncle ; il interprète le jeune ivrogne à la perfection.
L’acteur américain Lee Horsley (connu pour être le bras droit de « Nero Wolfe » à la télévision) interprète Bryan Martin, qui aimerait bien voir Jane sous les verrous.
Figuration également de David Frost (de Frost/Nixon) dans son rôle de présentateur télévisé interviewant Ustinov/Poirot.
Le téléfilm de 1985 transpose l’histoire à son époque, contrairement au téléfilm de 2000 avec David Suchet en Poirot, qui le situe exactement dans l’époque du roman d’Agatha Christie.
Il s’agit d’un remake d’un film datant de 1934.
Bien sûr, comme je connais cette version avec Suchet, je n’ai guère eu de surprise quant à l’intrigue, qu’il faut bien suivre car elle possède tout de même quelques rebondissements ; j’ai donc pris plaisir à découvrir le jeu des acteurs.
Agatha Christie a confirmé que pour le personnage de Carlotta Adams, elle s’est inspirée de la comédienne-imitatrice américaine Ruth Draper, qui passait en l’espace de quelques minutes d’une bergère à une reine, ou une épouse enquiquineuse de mari.
Ruth Draper n’eut cependant pas la triste fin qu’a Carlotta Adams dans le roman et ses versions cinéma et/ou télévision.
Bon divertissement que ce téléfilm, avec un Peter Ustinov semblable à lui-même, c'est-à-dire excellent. (C’est mon Hercule Poirot préféré, même si Suchet ressemble plus au personnage de la reine du crime.)
Je relis le roman pour l’instant – afin de comparer les différences entre roman et adaptation.






