TO ROME WITH LOVE, de Woody Allen
Titre français = identique
Ecrit & réalisé par Woody Allen
Après nous avoir ravi avec sa carte postale extra temporelle parisienne qu'était "Midnight in Paris", c’est à présent à Rome que Woody Allen nous balade. Comme pour Londres, Barcelone, Paris, c’est une Rome de carte postale que Woody nous propose, ce qu’il dit avoir fait délibérément car dans toutes les villes qu’il aime, il se sent une âme de touriste.
Ici il nous propose plusieurs petites histoires, à la manière du « Decameron » du poète italien Boccacio, toutes histoires de couples =
des jeunes mariés venus en voyage de noce, qui ne seront pas au bout de leurs surprises grâce à une prostituée de luxe et un acteur libidineux, sans oublier le séduisant rat d’hôtel (Alessandro Tiberi, Alessandra Mastronardi, Penelope Cruz (excellente), Riccardo Scamarcio).
J’ai trouvé à Penelope Cruz (qui parle parfaitement l’italien), un petit air de Sophia Loren. J’aime beaucoup cette actrice espagnole, qui n’a pas (à mes yeux) la vulgarité d’autres actrices hispaniques (genre Eva Mendes et Jennifer Lopez). Le vulgarité qu’elle expose dans le film est dû au rôle qu’elle assume réellement fort bien.
Une jeune Américaine qui tombe amoureuse d’un avocat pro bono italien, leurs parents respectifs = chez elle un père névrosé et une mère pleine d’humour ; chez lui, un père à la voix magnifique qui va inspirer son père à elle, et une mamma à l’italienne, qui aime cuisiner (Alison Pill, Flavio Parenti, Woody Allen Judy Davis, Fabio Armiliato).
Un jeune couple d’Américains, qui va recevoir une amie comédienne sans travail, qui a décidé de le séduire lui. Qui tombera peut-être dans ses filets malgré les mises en garde de son « ombre-conseiller », un architecte connu qui revient sur les lieux de sa jeunesse (Jesse Eisenberg, Alec Baldwin (qui devrait cesser de se colorer les cheveux), Ellen Page, Greta Gerwig).
Finalement, un homme de la rue, célèbre du jour au lendemain, bien qu’il soit un parfait « nobody », comme il le dit lui-même. Il est formidablement bien joué par Roberto Benigni, ce qui n’a rien de surprenant.
Joli coup de griffe de la part du réalisateur, à la presse « people », aux paparazzi qui harcèlent les gens connus, sans aucun scrupule (et ça, il en connaît un bout lorsqu'on sait à quel point les torchons de la presse américaine se sont acharnés sur lui.)
On va certainement encore argumenter qu’il ne s’agit pas d’un « grand » Allen, mais qui s’en soucie ? un Woody Allen léger est encore supérieur à n’importe quel bon film d’un autre réalisateur.
(non je ne suis pas objective, j’ADORE Woody Allen – et si je le rencontrais au coin de la rue, je lui sauterais dessus ! – mais pourquoi il vient pas à Bruxelles ?).
Qui a dit qu’il fallait toujours être génial ? – les génies aussi ont le droit de se distraire.
Cette fois au moins il apparaît dans le film, dans un rôle de metteur en scène d’avant-garde, à la retraite, ce qu’il associe à mourir. Allen, ici, est totalement dans l’auto-dérision, depuis le moment dans l’avion à l’atterrissage, jusqu’à la rencontre avec les parents de l’amoureux de sa fille.
Son épouse, psychanalyste, écoute tout cela avec un humour assez caustique ; elle est formidablement bien interprétée par Judy Davis, qui avait déjà tourné, entre autres, dans « Husbands & Wives », où c’était elle la névrosée. Elle vole, et de loin, la vedette à toute la distribution du film.
Le titre, hélas, ne plaît pas à son auteur, mais ceux qu’il avait proposés n’ont pas plu aux producteurs. L’argent, ma bonne dame, toujours l’argent.
A côté des acteurs chevronnés, j’avoue ne pas avoir été particulièrement impressionnée par la jeune génération du film.
« Midnight in Paris » était une jolie carte postale « dans le temps », ici la carte postale de Rome donne envie de s’envoler par le prochain avion.











