WILD TARGET, de Jonathan Lynn
Titre franças = Petits Meurtres à l’anglaise
Scénario de Lucinda Coxon, inspiré du film français réalisé en 1993 « Cible Emouvante » de Pierre Salvadori
Victor Maynard est un tueur à gages dont tout le monde s’arrache les services (du moins ceux qui ont besoin d’un tueur à gages), en fait il est LE tueur à gages le plus apprécié de sa profession, un exemple pour les autres tueurs à gages qui rêvent de le détrôner.
Chez les Maynard on est tueur à gages de père en fils ou en fille. A ce propos, la mère de Victor est très déçue qu’il n’ait pas encore fondé une famille = qui va reprendre le flambeau ? Elle lui demande aussi s’il est homosexuel, ce qui se produit fréquemment lorsqu’on vit trop longtemps avec sa maman, or elle s’est longtemps occupée de son ménage. Mais non, ce n’est pas cela. Victor Maynard aime son métier et aime être seul – d’ailleurs sa maison, la maison de famille qui se transmet de fils en fils, ou en fille, est d’une propreté exemplaire, les meubles sont recouverts de plastique pour ne pas être salis ou abîmés, bref Victor Maynard est content comme ça.
Son dernier travail lui a rapporté une coquette somme, et il a même rapporté le perroquet du mort à sa mère. Pauvre perroquet !
A l’occasion de son anniversaire dans quelques jours, Maman Maynard lui offre un album comportant absolument toutes les coupures de presse de ses assassinats, bien qu’évidemment la police n’ait jamais eu la moindre idée de qui les avait commis. On vous le disait = un maître !
Rose est une ravissante artiste en son genre elle aussi = elle est une voleuse sans aucun sens moral ; elle prend tout ce qui l’intéresse. Elle est aussi une championne de l’escroquerie. Elle a fait peindre une copie d’un autoportrait de Rembrandt par l’un de ses amis travaillant à la National Gallery de Londres. Elle a l’intention de vendre la copie (parfaite) à Ferguson, homme d’affaires immensément riche, très peu scrupuleux. Alors pourquoi avoir des scrupules de lui « demander » 900.000 livres ?
La transaction se passe sans problème, l’expert est convaincu. Mais quelques heures plus tard, le pot aux roses est dévoilé et Ferguson lance Victor Maynard sur les traces de Rose.
Victor suit donc Rose afin de l’abattre, mais elle est tellement chapardeuse qu’il en est attendri et rate sa cible.
A partir de là, tout va foiirer = il suit Rose dans un parking, là arrivent les gardes du corps de Ferguson, Maynard reçoit l’aide involontaire d’un jeune SDF, laveur de vitres. Ça tire dans tous les sens, mais pas nécessairement celui désiré par Ferguson.
Très difficile de résumer « Wild Target » sans trop dévoiler de ses rebondissements, situations comiques, humour noir garanti – un peu comme un bonbon très acidulé, qui laisse un petit arrière-goût à la fois sucré et acide.C’est indiscutablement à découvrir si l’on est amateur d’humour anglais, souvent très noir.
L’interprétation est excellente = Bill Nighy est un parfait Victor Maynard, maniaque de la propreté (même son chat est blanc !), face à une jolie Rose, jouée avec drôlerie par Emily Blunt, aussi bordélique qu’il est soigneux.
Sympathique surprise = Rupert Grint (sorti d’Harry Potter) dans le rôle du jeune Tony, que Maynard prendrait bien sous son aile comme apprenti, afin de lui succéder.
Le rôle joué par Grint n’est pas sans rappeler le maladroit copain de Potter, mais Grint a la modestie de réaliser qu’il n’a pas le talent de ses amis Daniel Radcliffe et Emma Watson et que ce type de rôle lui convient fort bien.
Autre surprise bien sympathique = Martin Freeman (le Watson de Sherlock 2000) dans le rôle du meilleur tueur à gages après Maynard, qu’il a bien l’intention de tuer pour prendre la première place. Freeman a ici l’ air gentil et bon enfant qu’on lui connaît, avec un sourire éblouissant, il est d’un sadisme à toute épreuve – mais attention = toujours avec le sourire.
Son employeur dans le film est Ferguson ayant d’abord employé Maynard, qui doit désormais disparaître en même temps que Rose, il est joué avec brio par Rupert Everett, un acteur qu’on ne voit pas suffisamment mais que j’adore. Ses interprétations dans les remakes de « St-Trinian’s » sont savoureuses à souhait.
Une autre surprise amusante est celle de Gregor Fisher, qui était le manager de Bill NIghy dans « Love Actually » - ici en garde du corps maladroit, il est excellent. Il a plus de rôles importants à la télévision qu’au cinéma, je trouve que c’est bien dommage car il joue les idiots maladroits avec humour et autodérision.
La formidable mère de Victor Maynard, si fière d’être l’épouse, la belle-fille, la mère (et peut-être la grand-mère) d’une longue lignée de tueurs à gages est jouée avec tout autant d’humour par Eileen Atkins, une comédienne de théâtre, télévision et cinéma ; elle apparaît peu dans le film, mais souvent de manière opportune.
Je me répète mais j’ai passé un excellent et délirant moment à visionner ce film – j’espère que mes éclats de rire n’ont pas trop dérangé mes voisins.








