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mon bonheur est dans la ville
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7 janvier 2012

LES DIABOLIQUES, d'Henri-Georges Clouzot

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Scénario de H.G. Clouzot et Jérôme Géronimi, d’après le roman deBoileau-Narcejac  « Celle qui n’était plus » 

Titre anglais = Diabolique, mais aussi The Devils ou The Friends

Une pension pour jeunes garçons, pas très renommée,  dans la  province française de 1955. Michel Delassalle en est le directeur ; c’est un homme mesquin, méchant, qui prend un malin plaisir à torturer moralement son épouse Christina, également enseignante dans cette pension,  une femme au coeur fragile qui n’ignore pas que son  mari la trompe avec  Nicole Horner, une institutrice vivant aussi sur place comme les professeurs.
Les deux femmes sont cependant devenues amies car Christina est consciente que Nicole n’est guère mieux lotie qu’elle.
Leur haine de Michel les a rapprochées, l’homme étant aussi odieux avec l’une qu’avec l’autre. Un jour n’y tenant plus Christina, une femme pourtant très croyante,  donne son accord à Nicole qui a concocté un plan pour se débarrasser de lui.

Après l’avoir drogué et noyé dans la baignoire, elles jettent le corps dans la piscine de l’école, afin que cela ressemble à un accident. Alors que tout semble se passer à la perfection, le corps de Michel Lassalle a disparu et le vernis de leur solidarité craque ! 

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En dire plus, serait en dire trop et gâcherait l’envie à certains de découvrir cet excellent suspense – tous ceux qui ont vu le film sauront pourquoi et, je l’espère, seront d’accord qu’il ne faut pas trop en révéler dans cette histoire qui mélange le thriller et quelques moments d’horreur.

D’ailleurs Alfred Hitchcock disait que « Les Diaboliques » avaient été son inspiration pour  « Psycho » dont l’auteur, Robert Bloch confirma dans une interview que le film de Clouzot était l’un de ses films préférés. De plus, Hitchcock avait souhaité mettre « Celle qui n’était plus » en scène, mais Clouzot fut plus rapide à acheter les droits du scénario, de quelques heures seulement ! Il eût été intéressant de voir ce que le grand Hitch eût fait de cette histoire.

Je ne suis nullement étonnée que ce grand classique du cinéma français, tourné en noir&blanc, ce qui apporte encore plus d’inquiétude à l’histoire, ait obtenu un immense succès à l’époque de sa sortie (plus de 3.600.000 entrées en France).

L’interprétation est à la hauteur de l’histoire = Véra Clouzot est parfaite en femme fragile et dominée par un homme odieux. Remarquablement joué par Paul Meurisse, faut-il le spécifier ; ce comédien était aussi à l’aise dans l’humour caustique que dans ce type de personnage, que l’on a réellement envie de tuer.
Quant à Simone Signoret, inutile de dire qu’elle est parfaite elle aussi en Nicole, une femme ambiguë à souhait. 

Charles Vanel interprète un détective à la retraite, Albert Fichet, qui commence à fouiner, intrigué par cette affaire, aux manières faussement bonhommes.

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Parmi les petits élèves de l’école, deux jeunes figurants qui deviendront célèbres = Georges Poujouly et Johnny Halliday.
Parmi les profs de l’école figurent un jeune Michel Serrault débutant au cinéma, le toujours sympathique Pierre Larquey;  Noel Roquevert, à son habitude, nous offre un portrait ironique du "Français moyen". A noter aussi une brève apparition de Jean Lefebvre en soldat ayant bu un verre de trop.

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C’est un château laissé à l’abandon, L’Etang-la-Ville dans les Yvelines, qui a servi de décor au pensionnat. Il est à présent devenu la mairie de la ville.

Il semblerait aussi, d’après les potins d’époque, que Véra Clouzot n’ait  pas eu à beaucoup feindre  son rôle de femme malheureuse, car Henri-Georges Clouzot, son époux, décidé à faire d’elle la meilleure actrice de France, la secouait parfois comme un prunier, lui criait dessus sans arrêt et lui refaisait faire des dizaines de fois les mêmes scènes.

Il paraît que la scène de la piscine fut tournée avec un vrai corps, Clouzot étant un maniaque du réalisme et un perfectionniste à l’extrême ; le corps cependant n’était pas celui d’un macchabée mais celui du garde-barrière bien vivant, qui en était frigorifié car comme il s’agissait de tournage en extérieur, les sons (aboiements, portes qui claquent, bavardage des personnes venues voir le tournage, etc) perturbaient le tournage. 

J'avais vu le film il y a assez longtemps et bien que je connaisse la fin, j’ai  marché à toutes les ficelles de cette histoire drôlement bien fichue, que j'ai redécouverte.
Question décors, je n'ai pu m'empêcher de sourire à Paris et la province française des années 1950, qui paraît bien loin de nous à présent.

Je n’ai jamais eu envie, par contre, de voir le remake américain de 1996 avec Isabelle Adjani, Sharon Stone et Chazz Palmineri ; il paraîtrait que l’histoire n’ait pas été totalement la même. Avant cette version-là, une autre adaptation avait  été réalisée pour la télévision en 1974, que je ne connais pas non plus.
Je doute toutefois que quiconque n’arrive à la cheville de ce formidable film d’Henri-Georges Clouzot ; je pense que son seul concurrent dans ce domaine eût pu être Alfred Hitchcock effectivement.

Quant à François Truffaut (Monsieur « Je-sais-tout-mieux-que-vous » sur le cinéma), il prétend dans son livre consacré à Hitchcock (je l’ai => à lire quand on s’intéresse à Alfred) que celui-ci déçu d’avoir vu le livre de Boileau-Narcejac lui échapper,  demanda aux auteurs de lui écrire un autre scénario, qui aurait donné naissance au fameux « Vertigo » ; les auteurs ont nié cette affirmation.

Un grand moment de classique du cinéma et du suspense.

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Commentaires
N
ce que tu dis là ne me surprend guère :)
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D
Dans le top de mes amours cinématographiques !! A voir et revoir ! Le remake américain, si ma mémoire est juste, fut un énorme flop et, s'il est sorti en Europe, fut aussitôt retiré des écrans vut son insuccès total !
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N
c'est bien ce que je reproche aux remakes USA, ce côté outré et ridicule ;)
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A
J'avais trouvé la version américaine outrée et assez ridicule, rien à voir avec le film de Clouzot, qui fait vraiment peur. Il mérite son titre.
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N
merci de ces spécifications pour la version USA ;)<br /> <br /> je crois que si j'avais ajouté une seule ligne à ma chronique, j'en aurais vraiment trop dit :)
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C
Tu as bien raison de ne pas trop en dévoiler sur ce film car il vaut le coup qu'on le regarde sans indice aucun. Je l'ai adoré et, ayant vu la version ricaine, je te confirme que ce n'est définitivement pas le même film ;)
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N
le film dont tu parles est bien le remake que je n'ai pas vu et qui ne m'attire pas particulièrement
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N
ça y est, je reprends un coup de vieux ! :D<br /> <br /> mais contente si je t'ai rappelé un bon souvenir ;)
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L
J'ai vu le remake amirequin,(1996) qui n'est pas mauvais, il respecte l'intrigue. Bien sur il vaut mieux ne pas avoir vu l'autre film.<br /> <br /> Petit détail, le personnage de Charles Vanel est remplacé par une femme, Kathy Bates
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A
Je me souviens avoir vu ce film à la télévision avec ma maman, il y a plus de trente ans (pfff) Il m'a laissé un souvenir impérissable. Je n'ai jamais vu le remake non plus. <br /> <br /> Merci pour ce voyage dans mes souvenirs.
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