HISTOIRE D'UN MORT RACONTEE PAR LUI-MEME, d'Alexandre Dumas
Alexandre Dumas peut certes être considéré comme l’un des plus grands conteurs de tous les temps, et pas seulement grand par le style, mais par la quantité de romans historiques qu’il nous a laissés.
A côté de ces romans, Dumas a aussi trempé sa plume dans l’encre noire du récit fantastique, se mettant souvent dans la peau d’un voyageur découvrant des lieux et des personnages insolites.
C’est de cela dont il s’agit dans cette « Histoire …. », une anthologie de huit nouvelles dites "fantastiques", dont la plus émouvante est celle « à tiroirs » des « Mille et un fantômes » qui a paru sous forme de feuilleton en 1849, genre fort à la mode au 19ème siècle, d’où d’ailleurs la longueur de certains romans. Mettez-vous à leur place, être payé à la page ou à la ligne, ça vous donne envie de broder, de rendre un récit palpitant de manière à attirer le plus de lecteurs possibles au journal, qui alors vous conservait le contrat.
Le recueil est présenté comme un récit fantastique – personnellement j’ai surtout trouvé que ce qu’il y avait de « fantastique » était le style d’écriture qui est flamboyant, comme toujours chez Alexandre père, mais on ne peut cependant pas dire que l’on tremble avec cette lecture.
La première nouvelle, qui donne son titre au recueil, « Histoire d’un mort … » a une chute des plus amusantes, même si le titre n’en laisse rien paraître.
Avec "Les Mariages du père Olifus", je croyais entrer dans le monde d'Edgar Allan Poe, ce ne fut pas exactement cela.
Pour le reste des histoires, Guy Astric qui introduit le recueil, met l’accent sur le fait que Dumas voulait – par ces écrits – dénoncer la mort par guillotine, qu’il était contre la peine de mort. Il était peut-être contre la condamnation à mort par la guillotine, mais pas par pendaison en tout cas.
De plus, dans son récit, on fait grand cas de la chasse – qui semblait être le passe-temps préféré de l’aristocratie et des bourgeois ; rien que ça me rend Dumas un peu moins sympathique car il en raffolait, selon ses propres dires.
La seule nouvelle dans le lot qui m’ait fait frissonner est celle de la « Légende de la forteresse de Saint-Petersbourg », là c’est palpitant et tout le talent de ce prolifique auteur y est (non pas qu'il soit absent des autres).
Quant aux « Etoiles Commis voyageurs », là on entre un peu dans la « fantasy », puisque Zeus envoie ses filles les étoiles sur terre pour y vendre plein de choses dont les humains auraient besoin, ceci malgré l’exhortation à n’en rien faire de ses frères Neptune et Pluton. C’est amusant, cynique et ô combien exact.
La dernière nouvelle s’intitule « Désir et possession » et met en scène la course à la perfection du poète, qui ne m’a guère convaincue.
Un avis mitigé, sur un ensemble un peu inégal.
