LA FEMME DE PUTIPHAR & AUTRES CONTES FANTASTIQUES, de Gaston Compère

De Gaston Compère, écrivain belge, dramaturge, essayiste et compositeur, grand admirateur de Maurice Maeterlinck, il a été écrit que « son œuvre donnait ou des boutons ou ravissait ! » (Voix d‘auteurs).
C’est assez mon sentiment avec ce recueil de nouvelles « La Femme de Putiphar ». Compère aimait, dit-on, la provocation, se complaisait dans les calembours et les réminiscences littéraires. Cela ne me surprend nullement - c’est néanmoins par le terme de déception que je définirai mon sentiment après cette lecture et j’en suis désolée, comme je le suis toujours lorsque je dis que je n’ai pas aimé un livre, le sentiment d’avoir manqué un rendez-vous avec un « ami ».
Ce recueil comprend une série de nouvelles, toutes parodiques du genre « fantastique », ce qui me décida d’ailleurs d’acheter le livre il y a quelques années déjà (ma PAL ne regorge pas que de perles). J’adore les calembours et les jeux de mots, mais là c’est du genre « trop c’est trop ».
Si les deux premières nouvelles m’ont vraiment beaucoup fait rire = « la comtesse Louise », qui se donne corps et âme au démon au point de mettre un petit démon au monde à plus de 80 ans, est un joli petit moment de moquerie sur les bondieuseries et les bigotes.
Quant à « Barbe Bleue soixante-quinze », inutile de vous faire un dessin, il s’agit bel et bien d’une réécriture moderne du conte de Charles Perrault, où les six premières épouses décident de venir en aide à la septième. C’était vraiment fort drôle.
Après cela s’est malheureusement gâté, le ton ne changeait pas, l’originalité était donc épuisée à mes yeux. J’ai poursuivi plus ou moins la lecture des autres nouvelles, mais totalement en diagonale, pressée que j’étais d’en terminer.
Ne connaissant pas la vraie personnalité de Monsieur Compère, il me semble néanmoins que les femmes ne trouvaient pas fort grâce à ses yeux, ses nouvelles sont un joli exemple de moquerie parfois carrément bête et méchante des féministes ou des femmes en général. De vraies caricatures à bon marché.
Quant aux intellectuels, ou ceux qui posent comme tels, ils ne sont guère épargnés non plus, mais là je ne vais pas me plaindre car eux aussi me donnent des boutons. Quant aux femmes intellectuelles, je vous passe les détails sur la manière dont le romancier les décrit (cela doit être pour cela qu’on qualifie aussi Compère de « corrosif »).
Comme je le disais un rendez-vous manqué – avec un auteur belge de surcroît - que je me réjouissais de découvrir.
