SUKKAR BANAT, de Nadine Labaki

Titre français = Caramel
Dans le salon de beauté et coiffure « Si belle » à Beyrouth, cinq femmes se côtoient pratiquement quotidiennement = Layale, Nisrine, Rima y travaillent.
Layale est amoureuse d’un homme marié et pathétiquement est dans l’attente du moindre coup de téléphone ; Nisrime s’inquiète pour son prochain mariage car elle n’est plus vierge ; Rima de son côté est attirée par les femmes et les papotages de ses collègues lui tapent parfois sur le système.
L’une des clientes, Jamale, plus très jeune, espère toujours décrocher le rôle de sa vie et tente de cacher son âge. Rose, leur voisine couturière, plus âgée, renonce à tout pour sa vieille sœur, Lili, qui perd la tête.
Et finalement, il y a le sympathique policier Youssef, attiré par Layale.
L’histoire dépeint le quotidien de ces femmes, leurs joies et leurs peines, leurs petits coups de griffe les unes vis-à-vis des autres, mais surtout la grande tendresse qui les unit. Ces dames s’égratignent, se chamaillent, mais surtout se soutiennent moralement.
« Caramel » est l’un de ces films plein de sensibilité que j’aime particulièrement ; c’est le regard plein de tendresse d’une femme sur les autres femmes, sur leurs petits travers et leurs grandes qualités. C’est parfois un peu triste, jamais larmoyant et souvent très amusant.
On n’aborde pas ici la situation politique du pays, mais simplement le quotidien des habitants.
Chaque actrice est d’une beauté naturelle et lumineuse = Nadine Labaki, la réalisatrice est Layale ; Yasmine Al Masri est Nisrine, la fiancée et Joanna Moukarzel est Rima, au franc parler.
Gisèle Aouad interprète Jamale, la starlette sur le retour et Fatmeh Safa est la jolie jeune femme qui attire Rima. Rose est jouée avec sensibilité par Sihame Haddad et sa vieille sœur perdant la tête est fort bien interprétée par Aziza Semaan.
Le seul homme vraiment intéressant de cette histoire, Youssef, est joué par Adel Karam avec beaucoup d’humour et de charme.
Le titre « Caramel » fait référence à une méthode d’épilation orientale, où l’on mélange du sucre, de l’eau et du jus de citron. Pour la réalisatrice, cela symbolise également le principe « sucré/salé - douceur/amertume » base des relations humaines.
Le film fut nominé à la 80ème édition des oscars dans la catégorie « cinéma étranger » ; il fut présenté au festival de Cannes en 2007 dans la catégorie « quinzaine des réalisateurs – Caméra d’Or ».
Ce film est l’un des plus gros succès d’un film libanais à ce jour, sur la scène internationale.
La sœur de la réalisatrice, Caroline Labaki, était chargée des costumes pour le film et les lieux de tournage se situèrent dans un vieux magasin de vêtements de Beyrouth, reconverti en salon de beauté pour le tournage.
Les prises de vues se terminèrent tout juste 9 jours avant la déclaration de la guerre entre le Liban et Israel.
Un film que je recommande chaudement à tous et toutes.




