ROMA, de Claudia Moatti

Rome, la ville éternelle, est liée pour moi, amatrice de cinéma, à « Roman Holiday » avec la lumineuse Audrey Hepburn, à « La Dolce Vita » de Fellini, où la sculpturale Anita Ekberg se mouvait avec volupté dans la fontaine Trevi dans laquelle trois jeunes secrétaires américaines lançaient des pièces afin que soit exaucé leur vœu de trouver le prince charmant (« Three Coins in the Fountain »).
Y naquirent Anna Magnani, Elsa Morante, Alberto Moravia, Monica Vitti. John Keats y mourut, de même que Pasolini, Pirandello et Gramsci, Visconti, Fellini et son épouse Giulietta Masina.
Mais Rome c’est évidemment aussi et surtout bien autre chose que le cinéma =
C’est la ville où passèrent entre autres Goethe, Dürer, Byron, Nietzche, Michelangelo, et plus loin de nous, Jules César.
Rome est fille de Vénus, puisqu'Enée était son fils - et considéré comme l'un de ses fondateurs, selon les légendes - à côté de celle de Romulus & Remus.
Rome est une ville aux multiples visages, artistiques, où siècle après siècle, la génération suivante construisait sa ville avec les pierres de la précédente. A chaque fois qu’elle fut menacée de destruction totale, elle renaquit des cendres dans lesquelles on voulait l’enterrer.
A Rome le choc des cultures, de l’Histoire est constant et somptueux, ou pathétique.
Rome, c’est le Tibre, ce sont les jardins, les collines, les monuments. Tout y est chaleureux et terriblement vivant. Aucune autre ville au monde n’a un tel mélange de civilisations en un seul lieu, et chacune d’elles est toujours présente. L’Art - qu’il soit baroque, médiéval, antique – vous happe avec l’Histoire.
A Rome le temps ne s’est pas arrêté, il se tourne et se retourne sans cesse, passé et présent sont intimement liés, comme le dit l’auteure « Rome domine le temps qui passe ».
Comment parler bien, en termes simples, d’un livre écrit de manière brillante ?
Claudia Moatti est historienne, professeur d’histoire romaine à l’université de Paris 8, a été maître de conférence à Paris I, Sorbonne, et à l’université Southern California de Los Angeles.
Elle est l’auteure d’un essai sur la naissance de l’archéologie romaine et d’autres écrits sur Rome, qu’elle connaît comme personne.
Elle nous offre avec ce « Roma » - qui donne « Amor » à l’envers – un voyage à travers le temps et l’espace, les bruits de la ville, des radios, des éclats de voix… Partageant avec celui qui la lit sa passion pour la ville éternelle d’une telle manière que j’ai immédiatement eu envie de boucler mes valises.
L’écriture est tellement belle que c’était volupté à lire ce livre court, mais où je voulais m’imprégner de chaque mot, chaque page, chaque émotion. Cela pourrait être à la fois un guide touristique et un livre d’ambiances et d’émotions.






