BELLE-ILE-EN L'AIR, de Margarete Jennes

Un spectacle au théâtre de La Montagne Magique
Mis en scène par l’auteur, Margarete Jennes
Quelque part dans une galaxie lointaine, un pommier gardé par un jaguar s’occupe des poupons.
Des chasseurs tentent de chasser des jolies « sauvages » pour que le compagnon du président de la Terre enfin devenue parfaite puisque plus personne ne l’habite, en dehors du président, de Grand A et de son clone Petite A et bien entendu du lama, qui sert aussi un peu de psy.
Sans oublier le commissaire de police et l’inspecteur Chou à la recherche de rebelles.
Car qu’on ne s’y trompe, ça commence à grogner ferme dans la pouponnière, on conteste le président. Comment ! on ose contester le parfait président de la parfaite terre enfin redevenue totalement bleue.
L’imagination de Margarete Jennes est sans borne – elle a re-tenté l’expérience commencée en 2008 avec son spectacle « Pudding », que je n’ai hélas pas vu – avec une bande d’adolescents (trente, mais comment elle fait ?!!!) faisant partie du laboratoire pédagogique et théâtral recruté au sein des écoles bruxelloises. Comme toujours, elle a créé un texte où l’on jongle avec les mots, les calembours, les clins d’œil à notre monde parfois totalement surréaliste.
Cette fois, c’est le thème de l’anticipation qui a été abordé avec le monde des clones, des navettes intersidérales, des communications entre galaxies qui sont souvent mauvaises en raison des ondes négatives. Heureusement, le lama est là pour rappeler à tous qu’il faut rester calme, caaaaaaaaaaalme, trrrrrrrrrrrrrrrrès caaaaaaaaaaaaaaalme.
A présent, avec ce spectacle tendre, cynique, émouvant, grinçant, mais surtout drôle, ils charment tous l’auditoire = les 30 ados et les comédiens qui les soutiennent dans leur expérience, Chantal De Bodt, professeur d’art dramatique et habituée des spectacles de Margarete Jennes, Quentin Lemenu et Jean-Michel Tellier, eux aussi professeurs de l’académie des arts de la ville de Bruxelles.
En première et dernière partie de spectacle, les groupes de participants aux ateliers d’écriture, également animés par Margarete Jennes – (Ursa major : l’atelier des adultes – Canis minor : l’atelier des jeunes) – chaque groupe a récité le travail définitif de leurs multiples réunions aux ateliers. Un régal d’humour noir, tant chez les adultes que chez les jeunes – de l’imagination à revendre.
Et des moments de pur plaisir pour le public, dont j’ai eu le plaisir de faire partie exceptionnellement car la représentation n’était destinée qu’aux familles et sur invitation (j’ai la chance d’avoir pour copine la sœur de l’auteur).
Il n’y a pas que le public qui s’est beaucoup amusé, il suffisait d’observer ces jeunes garçons et filles, pris par le sujet, tous pleins de bonne humeur et de bonne volonté, bien décidés à réussir leur spectacle – et si heureux de constater à quel point le public était enthousiasmé.

