CENTURION, de Neil Marshall
Scénario de Neil Marshall, librement basé sur la légende de la légendaire neuvième légion qui disparut sans laisser de trace en Ecosse (Calédonie comme elle s’appelait alors)
Cette histoire pourrait se résumer en une ligne = ça va saigner !
Un homme court à travers la neige, il s’agit de Quintus Dias, légionnaire de la 9ème légion – il est l’unique survivant de sa légion, poursuivi par les hommes du chef picte Gorlacon à qui il a échappé. Rattrapé, heureusement, par des légionnaires, il est amené gouverneur de Bretagne, Agricola, qui lui donne l’ordre de rejoindre le général Titus Virilus, en compagnie d’une éclaireuse, Etain, unique survivante de la tribu des Brigantes.
Le général et ses hommes doivent exterminer Gorlacon et ses Pictes qui utilisent la technique de guerilla, éliminant régulièrement les postes romains. Quant aux Romains leurs exactions ne se comptent plus, mais dans ce pays froid, humide, hostile et ces Pictes qui n’ont peur de rien et surtout pas de mourir, c’est l’enfer pour les glorieuses romaines armées.
Etain hait les Romains, mais ça ils ne le savent pas – elle les mène donc à Gorlacon comme prévu, mais ce qui n’était pas prévu c’et le piège dans lequel tombent les Romains.
De la troupe il ne reste que 7 survivants, dont Quintus Dias ; quant au général Virilus, il est fait prisonnier par les Pictes qui lui en font voir de toutes les couleurs – jusqu’à son duel avec la cruelle Etain (celle-là, vaut mieux être son amie, croyez-moi, elle est encore plus méchante que les marâtres de Cendrillon et Blanche-Neige réunies – sans oublier Maléfice).
Les survivants décident de tenter de sauver Virilus mais n’arrivent pas à briser ses chaînes, dans le combat le jeune fils de Gorlacon est tué, ça n’arrange pas la situation. Les hommes ont reçu l’ordre de Virilus de tenter de rejoindre un camp romain. Ils vont tenter d’échapper aux poursuivants – une petite troupe conduite par Etain, et elle n’est pas du genre à lâcher le morceau.
Inutile de dire qu’ils n’arriveront pas tous, qu’il y aura des blessés graves, des morts, des traîtrises même entre ceux que l’on pensait des amis. Heureusement en cours de route il y a un moment de paix avec la rencontre d’Arianne la sorcière. Mais toujours avec la féroce Etain sur les talons.
Et lorsque Quintus Dias rejoint Agricola, il n’est pas encore hors de danger car le gouverneur ne veut pas que cela se sache que Titus Virilus a échoué dans sa mission d’exterminer les Pictes. Une légion romaine vaincue ? cela pourrait donner des idées aux autres !
Amateurs d’hémoglobine, à vos postes = têtes, jambes, bras coupés, y en a pour tous les goûts. A la hache, au javelot, arc et flèches, au glaive et corps à corps, bien entendu. Ça gicle de partout !
Ce qui m’a le plus plu dans ce nanar, c’est le bonus où l’on voit tous les trucs de tournage. Comment le sang gicle, comment le tournage se fit réellement en décors naturels pour faire plus vrai qu’en studio.
Neil Marshall insiste particulièrement sur le fait qu’il voulait que cette histoire de guerre ait l’air vrai.
Au départ le film aurait dû s’appeler « Ninth Legion ». Cette légion romaine, composée de plus de 3000 hommes, qui de York entrèrent en Ecosse afin d’exterminer les Pictes et puis elle disparut sans laisser de trace.
Depuis des temps immémoriaux les historiens se cassent la tête pour savoir ce qui lui est arrivé ; contrairement à ce que l’on a toujours dit, la Legio IX Hispania n’a pas disparu en Ecosse, on trouve encore des traces d’elle lorsqu’elle luttera plus tard contre les Parthes.
Mais il est vrai que sa légende titille l’imagination des cinéastes et écrivains.
Valerio Manfredi a écrit « La Dernière Légion », roman devenu un film tendant vers la légende arthurienne.
La romancière Rosemary Sutcliff traite de ce même sujet dans sa trilogie « The Eagle of the Ninth », dont on vient d’ailleurs aussi de faire un film. Dans cette série, la 9ème disparaît au-delà du mur d’Hadrien.
Bon, j’avais très envie de voir ce peplum, mais franchement je ne m’attendais pas à autant de « gore », et comme dit le réalisateur « ce fut certainement pire encore dans la réalité » (ça je n’en suis pas convaincue car son film est fameusement réaliste). Rien à faire je préfère les peplums made in Italy, là au moins on rigolait un bon coup. Ici j’ai eu des difficultés à m’endormir, vous pouvez me croire sur parole.
Michael Fassbender est le séduisant Quintus Dias, qui parvient à avoir l’air rasé tout au long d’un film où il n’a pas d’eau, encore moins de savon, pour se raser …
Ses compagnons d’infortune sont David Morrissey, J.J. Feild, Dimitri Leonidas, Riz Ahmed, Noel Clarke, Liam Cunningham.
Le général Titus Flavius Virilus est joué par Dominic West et Gorlacon, le chef picte, est interprété par Ulrich Thomsen.
Passons aux dames à présent – quoique qualifier la superbe Etain de « dame » est un peu surfait. Elle est jouée par la très belle Olga Kurylenko et elle est certainement la plus talentueuse de tout ce film – muette, elle est encore plus terrible, tout passant par les yeux, sa rage exprimée par cris rauques. Cette femme, meurtrie à tout jamais dans son enfance par les Romains n’a que la vengeance et la haine au cœur. Elle est vraiment terrifiante, c’est pire que Dracula !
La jolie sorcière est jouée par Imogen Poots qui apporte une très légère touche de romantisme et d’humour dans cette histoire de rage et de haine.
Inutile de dire que je ne suis pas du tout du côté des Romains dans cette histoire, même si ici ils dégustent grave – après tout, quand on veut conquérir le monde, on court le risque que tout le monde ne soit pas vraiment d’accord – on pille, on viole, on tue et puis après on voudrait qu’on vous aime …
Les Pictes étaient des tribus celtes britonniques, qui furent présents en Alba (Ecosse) jusqu’à l’arrivée des tribus gaëliques = les Scots, chassés d’Irlande. Leur langue est totalement éteinte et comme les peuples celtes n’avaient pas la tradition de laisser de écrits, le réalisateur a décidé d’utiliser le gaélique écossais pour faire parler les Pictes entre eux.










