LE PERE NOEL EST UNE ORDURE, du Splendid
Par le Théâtre de l’Escapade
Mise en scène = Noël Baye
Décor de Pierre et Didier
Avant de devenir un film culte, réalisé par Jean-Marie Poiré en 1982, « Le Père Noel est une Ordure » était une pièce de théâtre écrite par le collectif auteurs/acteurs du Splendid ; la pièce fut créée en 1979, elle aurait d’ailleurs dû porter à l’origine le titre « Le Père Noel s’est tiré une balle dans le cul », mais ses créateurs se sont dit que le public réagirait peut-être négativement à celui-là.
A présent, c’est la troupe du Théâtre de l’Escapade qui s’y colle à ce noël particulièrement barré.
Nous sommes donc le soir de Noel à la permanence de Détresse-Amitié, où Pierre et Thérèse répondent au téléphone afin de consoler les âmes désespérées. L’ennui est que parfois on reçoit aussi des appels nettement moins « en détresse », comme ce monsieur qui tient des propos grossiers à Thérèse.
Elle et Pierre se sont déjà échangés leurs cadeaux, il a reçu un gilet (qu’il a d’abord pris pour une serpillère) et elle a reçu un superbe tableau qui la représente nue et dansant avec un cochon rose.
Arrive le voisin du dessus, Monsieur Preskovitch, qui vient leur offrir des friandises de son pays – le goût surprend, c’est évident ! Pierre s’est par ailleurs laissé attendrir par une âme en peine qui souhaitait venir les voir. Arrive donc Katia, travesti qui a cassé un talon de chaussures. Et pour couronner le tout, Thérèse a fait venir Josette, dite Zezette, enceinte jusqu’aux « dents » comme elle le dit si bien. Et comme un « bonheur » n’arrive pas seul, arrive aussi Félix, le peut-être père du bébé, déguisé en père noël, armé d’un revolver dont il menace tout le monde.
Revient aussi Monsieur Preskovitch, pour leur jouer un petit air de musique de son pays ; il reviendra encore une fois pour leur servir un petit alcool – mais oui, de son pays ! – pour accompagner les friandises.
Les portes vont claquer, le revolver aussi, ça va courir dans tous les sens – pour se terminer en apothéose.
A présent que j’ai vu la pièce, j’ai l’impression que je la préfère au film, même si je regrette l’absence de « Madame Musquin » qui fut ajoutée pour les besoins du film.
La troupe des comédiens du théâtre de l’Escapade – une troupe d’amateurs, je le répète, mais dont le talent vaut les pros – se démène tant et plus et fait bien rire, peut-être pas autant que les comédiens du Splendid, mais ils sont durs à concurrencer, il faut le reconnaître.
Morgane Moriau est une Thérèse coincée mais bon cœur, qui se dévoue pour manger les friandises jusqu’au bout. Pierre Mortez n’a pas autant de courage et les recrache aussitôt ; il est joué par Vincent Van Geem, qui tente parfois d’imiter Lhermitte l’inimitable.
Daniel Roels est excellent dans Katia de même que Dany Marbaix en Félix. Quant à Marie-Laure de Behogne, elle se défend parfaitement en Josette au défaut de prononciation dû à une dentition particulière.
Reste encore Stéphane Jonckheere en Monsieur Preskovitch.
En bref, un bon moment de théâtre déjanté, comme je les aime.
La pièce de théâtre écrite par le Splendid a fait l’objet d’un livre édité chez Babel (Actes-Sud Théâtre).
Je ne résiste pas à en mettre une copie de la couverture dans ma chronique car je l’adore = elle a été dessinée par Jean-Marc REISER, dont on ne soulignera jamais assez l’immense talent.
Le film adapté de la pièce a fait l’objet d’un remake made in USA (what else !) – titre « Mixed Nuts », et s’il y a un film à éviter à tout prix, c’est bien celui-là, vous pouvez m’en croire sur parole – le dvd m’ayant été offert par mon copain PG, nous en avons fait une soirée familiale avec mes zanimos – nous n’en sommes toujours pas revenus !


