MACISTE E LA REGINA DI SAMAR, de Giacomo Gentilomo
Titre italien alternatif = Maciste contro gli uomini della Luna (je sens comme une difficulté à se décider sur un titre – pour ce nanar)
Titre français = Maciste contre les Hommes de Pierre, mais aussi Maciste et la Reine de Samar
Titre anglais (USA) = surpriiiiiiiise = HERCULES against the Moon Men
Titre anglais (international) = Maciste versus the Moon Men, mais aussi Maciste versus the Stone Men
Scénario de Arpad de Riso, sur une idée de Giacomo Gentilomo, de Riso & Angelo Sangermano (ils s’y sont mis à 3, c’est dire si l’histoire est ardue !)
Une sorte de vaisseau spatial (ou astéroïde – enfin quelque chose) est tombé à côté de la ville de Samar et depuis la végétation s’est transformée en désert, d’étranges lueurs apparaissent et toutes les trois lunes, des jeunes gens et jeunes filles de la ville de Samar doivent être jetés en offrande.
Maciste a été appelé à l’aide par Gladius, le vieux conseiller de la reine Samara qui règne en tyran sur la ville. Malgré les bons conseils du conseiller, elle refuse de l’écouter et continue d’exiger que le tribut soit payé. Elle est sous la coupe d’un homme au masque de fer (non non, ce n’est pas le fils des trois mousquetaires, je vous raconte un peplum là) – cet homme lui a promis la jeunesse et la beauté éternelle, ainsi que le pouvoir infini qui fera d’elle la femme la plus puissante de la terre. (Avouez que c’est plus alléchant que d’être une brave petite reine qui fait le bonheur de son peuple !je n'aurais pas hésité un seul instant moi non plus).
Pendant ce temps, la demi-sœur de Samar, la douce, jolie et blonde Billis pleure dans les bras de Darix, qu’elle souhaite épouser mais Samar jusqu’à présent a refusé. Soudain, sans raison apparente (pour Billis, parce que le spectateur lui a découvert le secret – et non, je ne le dévoilerai pas), la reine change d’avis, envoie Darix en mission diplomatique et à son retour, ils pourront se marier.
Samar a renvoyé son vieux conseiller, mais décide de poser un piège contre cet « homme très fort qui peut détruire tous les ennemis ». Maciste effectivement échappe à l’embuscade. Agar (non non pas l’Agar du Nord), la belle et intrépide fille de Gladius va à la rencontre de Maciste et l’introduit au palais par une entrée dérobée. Peu après, Maciste et Gladius s’échappent par un autre couloir secret, car les hommes de la reine sont à leur poursuite – hélas, Gladius meurt dans les pièges du labyrinthe souterrain et Maciste est fait prisonnier.
Malgré la belle Agar qui tente de venir à son secours, il refuse et l’envoie prévenir tous ceux qui sont du complot contre la reine. Et comme il n’est tout de même pas l’homme le plus fort du monde pour rien, il échappe à la noyade dans son puits, parvient à ouvrir les barres qui ferment le puits, puis se bat contre un homme mi-monstre mi-singe.
Là, on n’en est encore qu’au premier quart d’heure du film et il a déjà abattu tout cet ouvrage, qui n’est rien à côté de ce qu’il va encore devoir faire =
déjouer les plans de la reine, qui l’a drogué et le croit à sa merci, lui dévoilant tous ses plans machiavéliques (encore une qui va accréditer l’opinion comme quoi les femmes sont trop bavardes). Il va tomber dans des traquenards, mais il s’en sort, comme vous l’imaginez – ensuite, il va affronter un supplice à base de pointes qui doivent lui rentrer dans le corps. Et ce n’est pas tout, il faudra aussi qu’il se batte contre les fameux et très vilains « hommes de pierre ».
Avec ce peplum de Giacomo Gentilomo (son dernier film, ce qui se comprend après ce nanar), on s’avance vers la fin du genre – comme aux USA, Maciste est nettement moins connu que Hercule (surtout après les films avec Steve Reeves), on a modifié le titre pour la distribution USA.
Maciste toutefois est très célèbre en Italie, puisqu’il apparaît pour la première fois à l’écran en 1914 dans un film muet « Cabiria » - l’ancêtre des peplums.
On trouve ici un clin d’œil à « Hercule et la Reine de Lydie », lorsque Maciste est sous le charme de la belle Samar, mais aussi au mythe du minotaure, avec ces jeunes gens sacrifiés au monstre à chaque pleine lune.
L’acteur Alan Steel (vrai nom = Sergio Ciani, quelle musculature mes ami(e)s) a même un petit « look à la Steve Reeves » avec sa barbe joliment taillée. En tout cas, cela l’a réjoui de tourner cette histoire, car chaque fois qu’il doit se battre contre des monstres et autres petites plaisanteries de ce genre, l’acteur a un air des plus réjouis qui fait plaisir à voir (c’est vrai quoi, c’est bien de s’amuser en travaillant). L’un des meilleurs moments de suspense (le seul en fait) du film est le moment où Maciste va être mis à mort par la reine entre les épieux métalliques qui ressemblent à des machoires de tyrannosaure !
Les filles comme toujours sont superbes = Jany Clair est la reine Samara, Delia D’Alberti est sa demi-sœur Billis et Agar est jouée par Anna Maria Polani. On ne leur a pas donné beaucoup de texte, le but n’étant pas là.
Goffredo Unger est l’homme au masque de fer (pas celui des mousquetaires donc) et Jean-Pierre Honoré interprète le suave Darix, qui même blessé se bat courageusement contre sa méchante cousine pour sauver sa fiancée.
C’est Nando Tamberlani qui interprète le vieux Gladius, et c’est le seul à réellement bien jouer – quoique l’homme au masque de fer ne soit pas mal non plus. Je cite encore le monstre aux longues dents, mais je ne connais pas le nom du comédien qui se cache sous ses traits.
Inutile de spécifier que les décors sont tout en carton pâte, c’est totalement évident en ce qui concerne les fameux hommes de pierre – j’aurais aimé savoir si c’était un déguisement pour des cascadeurs qui s’y cacheraient, le numérique n’existant pas en 1964, je ne vois que cette option du déguisement. Et je plains ceux qui devaient s’y cacher !
Lorsque l’on arrive dans les alentours du vaisseau (ou de la météorite, ce n’est jamais expliqué), le décor (tout studio) change, c'est-à-dire que l’on va de gauche à droite et de droite à gauche autour d’un même arbre dénudé, dans une tempête à la fois de sable, de vapeurs nauséabondes, et tout le monde perd son chemin pendant au moins 5 minutes, qui paraissent interminables au spectateur. Mais qui font bien rire ! J’ai l’impression que les producteurs n’ont pas donné un très gros budget au réalisateur qui eut l’idée du sujet.
J’adore les peplums, je ne m’en suis jamais cachée, et je continue donc mon exploration du genre, aidée en cela d’une copine des cours de civilisations antiques, aussi accro au genre que moi. Ce peplum est involontairement très drôle et fort sympathique à visionner.
On sent bien toutefois, avec ce film-ci, que le genre peplum touche à sa fin et que les scénaristes/metteurs en scène ne savent plus trop quoi inventer – ils introduisent désormais de la sci-fi dans leurs histoires antiques rocambolesques, car c’est la science-fiction à cette époque qui commence à attirer les spectateurs.





