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mon bonheur est dans la ville
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28 juillet 2009

DISCO, de Fabien Onteniente

15760_thumbDidier Graindorge, surnommé « Travolta », est à 40 ans un gars plutôt à côté de ses baskets ; il est endetté dans une affaire de waterbed ; tous les voisins de sa mère ne lui parlent pas, quant à sa mère, elle se désespère d’un fils aussi immature qui n’a plus un sou en poche et pas d’avenir.

Ce qui désespère surtout la brave dame, c’est qu’en raison de ses difficultés financières, Brian le fils de Didier ne sera pas autorisé à venir passer des vacances avec son père, la mère refusant que le rejeton les passe au Havre.

Didier, sous des dehors « jeanfoutre », est quelqu’un au cœur tendre et il a envie de le revoir ce petit garçon qui vit en Angleterre. Aussi lorsque son copain Jackson lui annonce la réouverture du club « Gin Fizz », grâce aux deniers de sa Baronne, et le retour du disco et d’une disco-academy dont le premier prix est un voyage en Australie pour deux personnes, Didier Graindorge décide de redevenir « Didier Travolta » l’un des trois « Bee Kings » qui firent la grande époque du disco au Havre et alentours.

Convaincre ses anciens partenaires et néanmoins amis sera plus compliqué ; l’un est marié et sa douce moitié ne souhaite qu’une chose, c’est qu’il passe un concours pour une promotion ; quant à l’autre, il est syndicaliste et mène pour le moment une grève au finish des dockers du Havre.

Pourtant, les amis c’est les amis et pour aider Didier à offrir des vacances à son fils, les « Bee Kings » vont se reformer afin de déjà tenter de passer les éliminatoires. Avec pour coach, une adorable prof de danse classique qui se marre face à Didier tout en étant un peu attendrie par sa candeur.

Vont alors suivre des péripéties en tout genre : Jackson se chamaillant avec sa moitié, Didier avec sa maman, Neneuil se cachant de sa moitié, Walter pris entre la grève et la danse risquant de ne plus être pris au sérieux lors des négociations.

D’autres quiproquos dus au coup de foudre de Didier pour la jolie France, qui se prenant tout de même au jeu du disco va tenter de faire en sorte que le trio triomphe.

Sébastien Ministru, le très respectable et hilarant critique de l’hebdo « telemoustique », dans sa chronique à propos du disco en général et du film de Fabien Onteniente en particulier, a démoli celui-ci de bout en bout.

D’après le chroniqueur, ce « Disco » bon marché, made in France, façon Claude François, n’était rien que « clinquant, paillettes et toc » , complètement en porte-à-faux avec l’essence même du vrai disco made in USA, qui était un art véritable, un mode de vie sur un rythme excellent et d’un goût non moins excellent, bref tout le contraire de cette « farce d’un goût douteux » (je cite).

Que le jeu de Franck Dubosc et des autres interprètes ne soit pas une performance digne d’obtenir des grands prix, on s’en doute un peu.

Mais de là à se demander ce qu’Emmanuelle Béart, en prof de danse, et Samuel le Bihan sont venus faire là, c’est un peu exagéré, tout comme il est fort exagéré de traiter Annie Cordy de mère hystérique.

Samuel Le Bihan s’en tire très bien dans le rôle du syndicaliste au bord de la crise de nerf de mêm que Abbes Zahmani formant avec Dubosc un trio drôlement bien balancé.

Christine Citti est l’épouse de « Neneuil », jeune femme désireuse d’élever le niveau de sa famille et ne voyant pas d’un très bon œil la lubie de son époux.

On trouve encore Annie Cordy en mère de Didier, mais ceux que j’ai adorés ce sont Gérard Depardieu et Isabelle Nanty en « Jackson » patron de boîte de nuit et sa Baronne d’épouse.

Notre Gégé national (enfin, le Gégé national des Français, car moi chuis Belche, une fois), est truculent et gentil ; ses escarmouches avec une Isabelle Nanty en grande forme et choucroute sur la tête sont très amusantes.

Dans des rôles secondaires on trouve également Chloé Lambert, attirée par les muscles de Le Bihan, et F.X. Demaison, le frère poseur de la jolie France ; leurs parents sont interprétés par Danièle Lebrun et Jacques Sereys.

Dans leur propre rôle, on retrouve Danièle Gilbert et Francis Lalanne.

On ne rit pas aux éclats dans « Disco » mais je ne cache pas que je me suis beaucoup amusée, même si le scénario semble vraiment copié du « Full Monty » ; ce qui m’étonne un peu c’est qu’ils se sont mis à quatre pour l’écrire – là, j’avoue je suis sciée !

Il y a quelques très bons moments dans « Disco », des moments nettement plus faibles, de l’humour parfois facile, et même un peu d’émotion.

Sans oublier la musique, bien sûr !

Je ne comprends pas très bien pourquoi on ne peut pas s’amuser à regarder un film qui n’a pas d’autre prétention que d’amuser justement.

De par mes visites à la Cinémathèque de Belgique, j’ai l’occasion de revoir des films du passé et franchement, il y avait des scénarios qui ne cassaient pas trois pattes à un canard boîteux non plus. Et là, personne n’y trouvait à redire, personne n’intellectualisait, tout le monde s’amusait de bon cœur.

Bref, pour la philo et l’introspection, voyez Nietzche et Platon, c’est à l’autre étage.

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