ALLUMER LE CHAT, de Barbara Constantine
Les livres nous attirent pour bien des raisons ; celui-ci m’a fait de l’œil parce que le titre parlait de « chat ».
Ensuite, toutes les critiques étaient des plus favorables : Daniel Picouly n’en a-t-il pas dit qu’il s’agissait d’un « feu d’artifice » ; le Nouvel Obs le qualifie de « loufoque ». Je crois que l’Obs et moi n’avons pas la même perception de ce qui est loufoque. Les « Monty Pythons » sont loufoques, « Blackadder » est loufoque, les polars de Craig Rice sont loufoques tout comme certains livres de Georgette Heyer.
Le livre de Barbara Constantine est amusant, sans plus.
Que les personnages soient décalés, cela va sans dire ; de là à les qualifier de « loufoques », pas d’accord.
Quant à résumer le livre, c’est une tâche à la limite de l’impossible.
« Allumer le chat » est une galerie de portraits parfois drôles, parfois acerbes, parfois tendres et émouvants. Leurs destins se croisent et s’entrecroisent au fil des pages.
Acerbe comme celui de Martial, père du petit Rémi. Martial est une grosse brute peut-être pas totalement sans cœur mais il le cache bien ; il va finir dans un accident de la circulation avec un cerf. Fin de Martial.
Emouvant comme Rémi, le petit garçon mal aimé de Josette et Martial, mais aimé de Mine et Raymond les parents de Josette. Rémi n’est pas doué pour le sport, mais fort doué au piano.
Tendre comme Mine et Raymond, les grands-parents maternels de Rémi.
Drôle comme l’employé des pompes funèbres qui prend des photos des défunts pour faire rire les collègues ; ça oui, ça c’est une trouvaille.
Drôle aussi le chat Bastos qui nargue Raymond.
Drôle encore Marie-Rose, la reine des pâtés de rats. Le livre est d’ailleurs suivi de ses recettes « délectables ». Pour le chat Bastos, sûrement.
Tout cela, bien que fort divertissant ne fait pas un bon livre ; en tout cas la manière d’écrire ne m’a que très modérément plu, il est vrai que je sortais de deux romans particulièrement bien écrits.
Le ton ressemble à un découpage de scénario, ce qui n’est guère surprenant puisque Barbara Constantine est scénariste.
Ce livre est-il une déception ?
Oui ET Non.
Oui, parce que je m’attendais à autre chose, avec ma manie de me précipiter sur les bouquins ayant un chat au sein de leurs pages.
Il m’a beaucoup fait penser au livre « Les Spellman », lu récemment ; là aussi cela se sent que la romancière est une scénariste et j’ai l’impression qu’écrire des livres et des scénarios, ce n’est vraiment pas la même démarche.
Non, parce que c’est une découverte et que chaque fois que je découvre quelque chose, je suis contente. Même si je n’aime que médiocrement l’écriture. On ne doit pas aimer tous les livres m’a-t-on dit un jour … Heureusement, sinon j’aurais un problème avec celui-ci.
