THE 39 STEPS, d'Alfred Hitchcock
Richard Hannay, ingénieur canadien en visite en Angleterre, se retrouve dans un music-hall londonien où passe « Mr. Memory », un homme à la mémoire absolument prodigieuses, capable de retenir les choses les plus compliquées en une soirée et capable de répondre à n’importe quelle question.
Comme il s’agit d’un cabaret, certains spectateurs sont assez imbibés et une bagarre est commencée, arrêtée par un coup de feu mystérieux. Personne ne semble blessé mais tout le monde se précipite vers la sortie.
Y compris une mystérieuse et ravissante inconnue demandant à Hannay si elle peut l’accompagner car elle a peur.
En vrai gentleman britannique (même s’il est Canadien), Hannay accepte de l’héberger et même de la nourrir (il n’y a qu’au cinéma qu’on voit ça !) ; après avoir vérifié qu’effectivement elle est suivie, il lui cède sa chambre, non sans qu’elle lui ai parlé d’un village en Ecosse où quelqu’un paiera cher pour les renseignements qu’elle a à offrir ; elle lui conseille toutefois de se méfier car les hommes qui la suivent travaillent pour une association de criminels « Les 39 Marches), dont le chef a une phalange manquante au petit doigt
Le lendemain matin aux aurores la belle Annabelle Smith, espionne travaillant pour le plus offrant, entre dans la chambre d’Hannay, un couteau planté entre les deux épaules. A vous dégoûter du sens de l’hospitalité !
Richard Hannay est un homme intelligent, il se doute bien que ce coup-là ne va pas lui rendre la vie facile ; et de fait, les assassins de Miss Smith le poursuivent, la police le poursuit et Hannay ne voit qu’une solution : aller en Ecosse afin de découvrir la vérité. Afin d’échapper à la police dans le train, il demande l’aide d’une ravissante blonde qui le dénonce aussitôt aux policiers.
Hannay descend alors du train, sur le très célèbre pont sur le Firth of Forth et en route pour le village où il doit, en principe, pouvoir trouver quelqu’un susceptible de prouver son innocence.
Au lieu de cela, il se précipite dans la gueule du loup ; au passage il retrouve la ravissante Pamela, toujours aussi peu encline à l’aider et bien décidée à le livrer aux autorités.
Le malheureux Hannay ne verra pas d’autre alternative que de se menotter à l’exaspérante donzelle, la menaçant des pires sévices – après tout n’est il pas un dangereux assassin ?
C’est finalement à Londres que l’affaire trouvera sa conclusion.
Suspense criminel sur fond d’espionnage, un genre que l’Alfred Hitchcock des premiers films rendit célèbre, et le plus célèbre d’entre tous est très certainement cette version 1935 du roman de John Buchan.
Hitchcock a situé l’action des « 39 Steps » peu avant la seconde guerre mondiale, alors que dans les livres de John Buchan l’action se situe avant la première guerre.
Le film contient l’un des sujets préférés du « maître du suspense », à savoir le faux coupable obligé de prouver son innocence, fuyant la police et les véritables assassins à ses trousses – on retrouve ce sujet fétiche dans bien des films du grand Hitch : « The wrong man », « La mort aux trousses », « La main au collet », « Dial M for Murder », « I confess », « Frenzy ». Que les cinéphiles m’excusent si j’en oublie.
Robert Donat y apporte toute la décontraction, la nonchanlance et la gentillesse requises pour le rôle, après tout il fut le premier à rendre le personnage de « Richard Hannay » célèbre.
Cet acteur avait une voix très particulière, très posée, conséquence de nombreux cours de dictions qu’il dut avoir dans son enfance en raison d’un bégaiement. Grâce à sa forte volonté, il parvint à avoir une élocution parfaite pour interpréter Shakespeare dès l’âge de 16 ans.
Le petit air ironique qu’il semblait avoir, même dans les rôles les plus sérieux, plut à Hitchcock qui, de son côté, adorait jouer des tours à ses acteurs ; dans « 39 Steps », il prétendit avoir perdu la clé des menottes liant Donat et Madeleine Carroll, interprétant Pamela.
Donat est l’acteur qui rendit célèbre le rôle de « Mr. Chips » qui lui valut un oscar.
Madeleine Carroll dans le rôle de l’exaspérante Pamela lui donne la réplique dans ces « 39 Steps » ; elle fut la première des « blondes à l’allure glaciale » qu’affectionnait Alfred Hitchcock.
Cette actrice anglaise eut un comportement exemplaire pendant la seconde guerre mondiale ; après la mort de sa sœur à la suite du bombardement allemand sur Londres, Ms. Carroll s’engagea dans la croix-rouge en tant qu’infirmière sur le terrain. Elle reprit sa carrière après la guerre.
Le chef espion est interprété par Godfrey Tearle ; l’actrice-espionne qui meurt chez Hannay était jouée par Lucy Mannheim.
D’autres personnages secondaires savoureux apparaissent dans cette version-ci du roman de Buchan.
Comme toujours dans les films d’Hitchcock, la photographie est formidable et le noir&blanc apporte une touche supplémentaire d’élément sombre et mystérieux;
Un régal à voir et à revoir même si l’on connaît l’histoire par cœur, ce qui est mon cas. Mais on ne se lasse jamais d’une bonne histoire, bien filmée et formidablement interprétée.

