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Titre original = Epidemin
Auteur.e = Asa Ericsdotter, littérature scandinave

Titre français = l’Epidémie

Genre = dystopie, thriller, horreur, intolérance, grossophobie, totalitarisme

Personnages = Johan Svärd, premier ministre suédois ; Landon Thomson-Jaeger, jeune chercheur universitaire ; Helena Andersson, infirmière, mise à pied en raison de son poids ; Molly, sa petite fille ; Max Rossi, homme de main de Svärd ; Hans Christian Mikkelsen, meilleur ami de Svärd depuis 40 années ; Gloria Oster, écrivaine, professeure de littérature à l’université d’Uppsala, également renvoyée pour cause de surpoids ; Valdemar, prêtre 

Résumé = Johan Svärd et son Parti de la Santé ont gagné les élections passées haut la main et l’homme aux dents longues pour le pouvoir compte bien remettre cela – pendant les années au pouvoir, il a décidé que l’IMC était mensonger et il valait mieux un IMGM (indice de masse grasse et musculaire), celui-ci est porté à 40, tolérance jusqu’à environ 50, mais c’est l’extrême limite, à partir de 50 et plus d’IMGM, on est licencié, soit à titre temporaire jusqu’à ce que le poids redevienne aux normes fixées – bientôt le Parti décidera aussi de qui pourra rester ou non vivre dans son immeuble si l’IMGM est dépassé – une église a même été transformée en salle de sport, c’est la raison pour laquelle Valdemar, le prêtre, en a démissionné –
Gloria Oster, obèse, a définitivement perdu son poste à l’université, elle a reçu une convocation pour discuter de son poids et lui « conseiller » un « fat camp » comme à beaucoup d’autres dans son cas –
Partout dans les rues, les obèses sont montrés du doigt, ou font l’objet d’insultes de la part de ceux qui sont en accord avec le Parti –Finies aussi les indemnités de chômage pour les gros, ainsi que soins médicaux remboursés = ces gens coûtent trop cher à la société 

Landon, le chercheur en sciences politiques à l’université, a perdu sa fiancée Rita, qui s’est enfoncée dans l’anorexie, d’abord elle décida d’un peu perdre de poids, puis accepta les pilules qui devaient « l’aider », elle en est morte – afin d’oublier son chagrin et de se mettre à sérieusement écrire, Landon se rend dans la vieille maison de son père à la campagne, c’est là qu’il fait la connaissance d’Helena et sa fille – on a conseillé à Helena une chirurgie bariatrique, elle est venue à la campagne pour éviter cela à son enfant, mais des jeunes parents pas assez minces se voient obligés d’accepter ce type de chirurgie sur leurs petits enfants pour leur éviter de grossir –

Un jour, Helena disparaît, laissant la petite Molly affolée chez Landon – il décide de se mettre à sa recherche et ce qu’il va découvrir dépasse tout l’entendement humain -

Avis personnel = nous vivons une époque où l’obésité prend de l’ampleur, la malbouffe, les boissons sodas sucrés, les gâteaux,  bref tout ce qui contient du sucre en excès ainsi que probablement le manque d’exercice, a conduit les gens à un excès de poids –

On dit que le hasard ou les coïncidences n’existent pas, il doit y avoir du vrai dans ces affirmations car ayant vu récemment plusieurs émissions sur l’obésité, j’ai découvert ce roman qui m’a vraiment fait froid dans le dos – je n’ai pas un véritable excès de poids, mais suivant les principes du Parti de Svärd, ce serait très limite –

Il faut bien le dire, il y a aussi une forme de dictature du poids véhiculé par les défilés de mode ou les photos dans les magazines qui, dès le printemps, conseillent des régimes pour « se sentir bien », entendez par là, perdez du poids avant les vacances –

le regard des autres a aussi une influence et les obèses ne sont pas tous « des paresseux qui bouffent trop »  - le poids peut être influencé par la génétique familiale, ou par une prise de médicament, mais aussi il est vrai par la malbouffe parce que lorsqu’on n’a pas beaucoup d’argent, on mange des aliments qui influencent le pèse-personne à la hausse –

Beaucoup d’obèses interrogés dans les émissions que j’ai visionnées sont malheureux, non seulement à cause du regard porté sur eux, mais aussi chez le médecin qui, au lieu de les comprendre, les critique ! – et il y a aussi le phénomène yo-yo = vous faites un régime et trois mois plus tard le poids a remonté, même un peu plus !

C’est dire si je me suis sentie visée par ce roman, qui vire à l’horreur, il suffirait d’un être au pouvoir malsain, secondé comme ici par un homme de main encore moins scrupuleux que lui, pour que la spirale infernale de l’intolérance commence et nul ne sait où cela se terminera –
Il est difficile de ne pas songer au nazisme avec ce thriller, on y parle « solution définitive » qui n’est pas sans rappeler « la solution finale » des nazis – que se passe-t-il dans les fameux camps de remise en forme ? les slogans en faveur de la minceur, les campagnes mises sur pied par le premier ministre, où tout cela s’arrêtera-t-il ?

Cette histoire n’est pas très facile à lire, toutefois je la considère comme intéressante à découvrir – d’abord pour lutter contre la grossophobie, mais pour démontrer aussi à quel point il suffit d’une seule personne qui utilise des slogans pour susciter la haine –

indice-masse-corporelle