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Titre original = the Silence in the Garden

Auteur.e = William Trevor, littérature anglophone (Irlande)

Titre français = le Silence du Jardin

Genre = roman, famille avec secret, fond de religion catholique vs. protestante, journal intime

Personnages = Sarah Pollexfen, lointaine parente pauvre de la famille Rolleston ; la matriarche Rolleston, ayant élevé les enfants Lionel, John James & Villana ; Holy Mullihan, étudiant, harcelant le jeune Tom ; Brigid, la cuisinière du domaine ; Tom, son fils, enfant illégitime du majordome assassiné ; Finnamore Balt, notaire, époux de Villana ; la veuve Moleby ; Patty, bonne du domaine

Résumé = Irlande, peu avant la 1ère guerre mondiale - Carriglas, une petite île située à côté du comté de Cork – la jeune Sarah Pollexfen, fille d’un clergyman peu nanti et sœur d’Hugh ami des enfants Rolleston, arrive au domaine pour s’occuper de leur éducation – leur père, le colonel Rolleston revient généralement avec des cadeaux pour eux dès que son travail au ministère le lui permet – en 1905, la famille n’est pas encore appauvrie et le domaine n’est pas négligé – hélas Sarah doit quitter le domaine parce que la santé de son père se détériore et elle trouve un emploi d’enseignante dans une école avoisinante.
A la mort de son père, Sarah retourne chez les Rollestons, la guerre hélas est passée par là, le colonel est mort, l’un des fils Lionel a été réformé et s’occupe des affaires, quant à John James, il travaille sur le domaine, entretenant les champs et le jardin.

Villana la plus jeune, d’abord fiancée à Hugh Pollexfen, a désormais des vues sur le notaire Balt, désireux de faire en sorte que des terres appropriées de manière frauduleuse soient retournées au domaine – l’homme, déjà vieux, adore la jeune femme depuis toujours et elle a accepté sa demande en mariage, surprenant tout un chacun compte tenu de leur différence d’âge.
Une veuve dans le village, relié par ferry, à l’île, propriétaire d’une pension de famille, a des vues sur John James et essaie de s’incruster dans la famille par tous les moyens.

Et puis il y a Tom – il est le fils illégitime de la cuisinière et du majordome qui a été assassiné – il est méprisé par le village, ce qui le laisse plutôt indifférent, par contre il est harcelé par un jeune excité catholique qui prend un malin plaisir à lui dire que son âme est désormais perdue puisque sa naissance fut entachée par le péché.
Un pont va être construit afin de relier l’île au « continent » (village), malignement le jeune Holy Mullihan continue à harceler Tom en lui disant que le pont sera baptisé du nom de l’assassin de son père -

Catholiques et protestants ne font pas vraiment bon ménage à Carriglas, et cela est généralement entretenu par les prêtres de part et d’autre.

Avis personnel = un ton fort mélancolique pour cette histoire de famille dans une propriété qui s’abîme peu à peu – je pensais au départ lire un roman gothique puisque « grande propriété mystérieuse, avec famille dysfonctionnelle », mais si la famille est effectivement dysfonctionnelle, la demeure n’est guère mystérieuse – la seule chose qui « sauve » un peu l’histoire du sordide est le jeune Tom, pratiquement considéré comme un paria parce qu’illégitime – sa gentillesse lui fait traverser toute l’histoire avec une candeur rafraîchissante –

Au départ, j’étais séduite par la douceur, la torpeur même, de ce petit village irlandais, sur une île en bordure du comté de Cork, mais peu à peu l’atmosphère pesante gagne la lecture et l’on se rend bien compte que les personnages du patelin rampent sous les pierres comme des insectes dans un jardin – j’ai évidemment été choquée par la découverte du secret qui hante la grand-mère, et qui prouve bien qu’il ne faut jamais garder une arme chargée chez soi – ce qui m’a particulièrement frappée dans le roman, était une impression d’attente que quelque chose se passe, mais non, tout est immobile, les sentiments comme le domaine même – finalement il ne reste plus que le silence du jardin -

ce n’est pas le premier roman que je lis de William Trevor et comme précédemment, je n’ai pu que noter une certaine amertume de ton, malgré le moment de fête qu’est le mariage de Villana – comme dans l’autre roman que j’ai lu de cet auteur, un élément perturbateur se glisse dans l’histoire et met mal à l’aise, preuve d’un grand talent d’écrivain. L’écriture est fort belle, les chapitres sont entrecoupés par des extraites du journal intime de Sarah.