The_Duke_(2020_film)

Francisco_Goya_-_Portrait_of_the_Duke_of_Wellington

l'objet du délit

Scénario de Richard Bean & Clive Coleman

Adapté d’une histoire vraie

Kempton Bunton, un autodidacte, révolté par les injustices tant dans son pays (l’Angleterre) que dans le monde et aussi dans sa ville de Manchester, n’hésite jamais à protester à haute voix – professionnellement, ce n’est pas la grande réussite non plus car il s’insurge et s’élève contre la moindre des injustices. La dernière protestation en date est le fait qu’il refuse désormais de payer la redevance pour la BBC, estimant que ce service devrait être gratuit pour les pensionnés.
Tout cela dérange profondément son épouse Dorothy, qui ne supporte pas tout ce raffut pour rien et qui attire l’attention de gens sur eux.
En fait le couple va mal depuis la mort de leur fille Marian ; le vélo avec lequel elle eut un accident lui a été offert par son père et le brave homme se sent coupable, responsable de sa mort. Comme Dottie et lui n’en n’ont jamais discuté, Kempton a écrit une pièce de théâtre à ce propos ; écrire pour le théâtre est d’ailleurs un autre de ses dadas, lui qui est un admirateur de Tchekov, pas tellement de Shakespeare.
Dorothy, elle, fait des ménages et est aussi obsédée par la propreté chez elle.

Un jour aux infos on cite qu’un tableau de Francesco de Goya, portrait du duc de Wellington ; compte tenu de la valeur du tableau 140.000£, Bunton est choqué et décide de voler le tableau et d’en exiger une rançon. Comme à une certaine heure du matin les alarmes et autres sécurités sont coupées pour que le personnel de nettoyage puisse faire son travail, c’est là que Kempton Bunton décide de « frapper ». Il cache, avec l’aide de son fils cadet Jackie, le tableau dans l’armoire de la pièce où il travaille généralement à ses pièces de théâtre. Bunton commence à envoyer des messages aux quotidiens, exigeant une rançon pour le retour du tableau.

Hélas les événements vont se précipiter lorsque le fils aîné amène sa poule chez ses parents ; elle découvre le tableau par hasard et exige le partage de la rançon. 
Dès lors Kempton panique et décide de « rendre » le tableau à la National Gallery.

Arrêté, son procès sera un excellent moment d’humour et de dérision  à l’égard du tribunal, dérision bien involontaire de la part du brave retraité qui est totalement ingénu et sincère dans ses réponses.

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Inutile de vous dire que j’ai vraiment beaucoup aimé ce film – je suis une admiratrice de l’acteur Jim Broadbent depuis bien des années et on ne présente plus la talentueuse Helen Mirren. Lui est parfait dans cet homme qui ne peut s’empêcher de s’insurger face à une injustice, elle est « presque effrayante » dans son rôle de ménagère, craignant le qu’en-dira-t-on, râlant sans cesse sur son mari et ses fils, frottant à qui mieux mieux. Ils sont très justes dans leurs rôles respectifs.

Je ne vous révèlerai évidemment pas le petit rebondissement, mais rien que pour le procès, le film vaut le déplacement. C’est le séduisant Matthew Goode dans le rôle de l’avocat de la défense de Kempton Bunton, qui se prend de sympathie pour cet homme simple et sincère – cet avocat était l’époux de la comédienne britannique connue des amateurs de cinéma et théâtre.
Charles Edwards est le haut commissaire de Scotland Yard et on trouve encore Anne Maxwell Martin qu’on a pu voir dans « the Bletchley circle ». Elle interprète la patronne de Dorothy Bunton et s’avère finalement une femme bien sympathique. Finn Whitehead est Jackie, le plus jeune fils des Bunton.

Bref, une comédie dramatique dont les Britanniques ont le secret. Bourrée d’humour et de tendresse.