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Titre original = Azincourt par temps de pluie

Auteur.e = Jean Teulé, littérature francophone

Genre = roman historique

Personnages = Charles Ier d’Orléans, neveu du roi de France Charles VI dit le Fol et poète ; Henry V d’Angleterre ; la fine fleur de la chevalerie française, Charles d’Albret chef des armées ; connétable et maréchaux de France ; Ysembart d’Azincourt, noble désargenté et méprisé par les chevaliers qui le renvoient dans son château ; les longbowmen de l’armée anglaise et tous les rufians trouvés par Henry V dans les tavernes et prisons ; Fleur-de-Lys, ribaude au châle jaune

Synopsis = après Crécy et avant Verneuil, il y a eu Azincourt (prononcé Agincourt par le roi anglais ayant un problème de mâchoire) – c’est la bataille dont le nom reste le plus marqué dans les mémoires, même si la bataille de Crécy eut aussi son compte de mort de chevaliers –
En octobre 1415, Henry V d’Angleterre (qui est très loin de l’image de chevalier que lui donna Shakespeare, mais est un vrai rustaud) décide que la couronne de France lui revient de droit et il décide d’attaquer les Français en ce fameux jour de la St-Crispin (we « happy few » !!!) – les soldats anglais sont atteints de dysenterie pour avoir consommé des moules pas fraîches -

la fine fleur de la chevalerie française, des nobles, maréchaux et connétable de France sont ravis d’en découdre avec l’Anglais – ils sont prêts à en découdre et la veille du combat ils font force libations et bonne chère – ils sont équipés de la plus fine armure qui soit, leurs chevaux sont carapaçonnés de la meilleure manière, ce qui leur coûtera cher = les nobles se chamaillent pour qui sera en première ligne, et comme ils trouvent leurs lances trop longues, ils décident d’en couper 20 cms, et du coup elles seront trop courtes !!! 

En face les Anglais sont nettement moins nombreux que les Français, et surtout n’ont nullement d’états d’âme quant à trucider ou à faire prisonnier des nobles qui pourraient leur rapporter des espèces sonnantes et trébuchantes, mais les ordres du roi anglais sont formels = il faut tuer aussi les prisonniers – autant pour la chevalerie !

Comme il n’a pas arrêté de pleuvoir, le terrain est totalement inondé et glissant, les Français se trouvent au bas d’une colline, et ne voient donc pas les Anglais – cela devient la cohue la plus totale lorsqu’il faut grimper la colline en question, pendant que ceux d’en face (les longbowmen) ont tout le loisir de tirer leurs flèches )-
du côté français, la confusion est totale et les pertes du côté français seront énormes = 6000 hommes, 2200 prisonniers, parmi lesquels Charles Ier d’Orléans, neveu du roi, qui restera 25 ans dans les prisons anglaises et en profitera pour écrire quelques rondeaux et ballades - côté anglais = 600 morts et quand même quelques nobles

Avis personnel = j’ai eu en son temps, une professeure d’histoire qui racontait l’histoire comme Jean Teulé = avec un ton caustique, parfois carrément ironique lorsqu’elle parlait d’un sujet qu’elle trouvait relativement stupide – c’est elle qui m’a donné le goût de l’histoire et ce roman de Jean Teulé est bien fait pour me rappeler cette prof – j’ai vraiment apprécié le ton caustique sur lequel il parle de cette bataille parfaitement inutile, comme beaucoup de batailles d’ailleurs – tous ces nobles imbus de leurs prérogatives qui n'arrivent même pas à se mettre d’accord pour la bataille, c’est vraiment trop rigolo (enfin, je trouve ça rigolo, le mec qui se fait trucider à la hache pense sûrement différemment =^-^=) - 

comme je savais que Charles d’Orléans avait été fait prisonnier lors de cett’e bataille, cela a ajouté à mon intérêt – ce n’est pas que j’aie une préférence pour lui, mais j’ai lu une belle biographie à son sujet, écrite par Hella Haase = « En la forêt de longue attente » titre d’un long poème écrit par ledit Charles (vu qu’il a passé 25 ans dans les geôles anglaises, il a eu le temps de peaufiner -

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Anecdote = Charles VI le Fol, à l’époque de cette guerre, se prenait pour un certain « Georges », prétendait ne pas du tout connaître le roi de France, et surtout était convaincu d’être en verre et était protégé par des attelles sur à peu près tout son corps – il interdisait aussi que l’on s’approche de lui, car on aurait pu le casser – après cela, on dira encore que la consanguinité n’amène pas nécessairement des êtres bizarres -