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Titre français = la Dame de l’Orient Express

Prologue – l’année est 1963 – Agatha Christie se repose dans le jardin de sa belle propriété du Devon, lorsqu’un jeune homme vient à sa rencontre. Elle a accepté cette rencontre, mais a des sentiments mitigés à ce propos. Les souvenirs de cette période un peu lointaine de sa vie remontent à la surface.

En automne 1928, deux années après sa « disparition » et son divorce d’Archibald Christie, Agatha née Miller, décide de voyager avec l’Orient Express vers le moyen-orient ; à présent que le divorce est officiel, Archie va pouvoir épouser sa maîtresse, Nancy Neele, malgré ces deux années où elle a dû accepter les conditions de son ex-mari, la romancière ne se sent pas la force d’affronter cette situation.
Et puis, elle réalise que sa « disparition » continuer à faire jaser dans les salons ; certaines personnes restent persuadées qu’il s’agissait d’un acte publicitaire, que sa soi-disant amnésie n’était qu’un prétexte pour avoir déplacer des dizaines de policiers, ce qui a coûter beaucoup d’argent. 
Pourtant qu’Agatha Christie ait eu une dépression, est compréhensible ; elle avait perdu sa mère adorée et lorsqu’elle revint au domicile après l’avoir soignée puis enterrée, son mari lui annonça qu’il en aimait une autre « plus jeune, plus amusante, aimant le golf ».
Bref pour fuir tout cela, l’orient sembla le lieu idéal, d’autant plus qu’elle avait entendu une conférence sur les fouilles  archéologiques, ce qui lui sembla d’emblée fort intéressant.

L’Orient-Express est un train magique, surtout pour la romancière qui note tous les petits détails dont elle compte se servir dans un prochain roman. Car écrire lui a donné une indépendance financière désormais, qui lui permet d’avoir sa propre vie sans dépendre d’un homme.
Mais l’amour qu’elle avait pour son mari n’est pas totalement mort et bien souvent des souvenirs remontent à la surface. Elle se souvient surtout des premiers moments de leur mariage. Et des avertissements de sa mère à propos de cet homme, mais une fille amoureuse n’écoute jamais, c’est bien connu.

Dans le train, elle doit partager le compartiment, malheureusement, avec une autre passagère = Katharine Keeling, veuve de Bertram Keeling, et bientôt mariée à Leonard Woolley, l’archéologue responsable des fouilles à Ur.
Katharine est une femme pour qui le mot « non » n’est pas acceptable, aussi décide-t-elle que lorsqu’Agatha sera à Baghdad, elle devra accepter de venir à Ur, elle – Katharine – arrangera tout !
Une nuit, alors qu’Agatha Christie doit se rendre aux toilettes, elle réalise qu’une jeune femme qu’elle a déjà aperçue pleurant, a l’intention de se jeter par la porte du wagon. Sans réfléchir, la romancière se précipite pour l’en empêcher, se blessant par la même occasion.
Ce « sauvetage » va décider du « sort » de ces trois femmes qui vont devenir amies.

Nancy attend un bébé, d’un homme qui n’est pas son mari – Katharine a des appréhensions concernant son mariage prochain avec Woolley, surtout après le suicide de son premier mari – et Agatha cherche à oublier.

Au site des fouilles, Agatha Christie retrouve un jeune archéologue, Max Mallowan qu’elle a rencontré à Venise, il était aussi sur le train et revient vers son travail.
Il demande à Agatha de ne pas parler de leur rencontre, Katharine étant peu encline à « partager » ses amitiés.

Peu à peu, chacune de ces femmes va dévoiler son secret, la raison pour laquelle elles sont dans le train qui mène vers l’orient.
Les derniers chapitres – à partir du 28ème – ont la forme d’un petit thriller.

Ce que j’en pense = ma première impression fut « bof-bof », c’est vous dire l’effet de ce roman mélangeant deux genres = la biographie romancée et la fan fiction.
Si les personnages d’Agatha Christie et Katharine Woollley sont avérés, leur amitié l’étant également, Nancy est un personnage totalement inventé.
J’avoue que l’histoire en elle-même m’a un peu agacée, étant quelqu’une qui connaît quand même assez bien la vie d’Agatha Christie, surtout – entre autres – à la suite de l’excellente biographie écrite par Laura Thompson.
Par instant, j’ai eu l’impression de lire de la « chick litt ». Et 27 chapitres, même courts, c'est long pour en arriver à quelque chose de palpitant.

Par contre, bien que je connaisse le personnage de Katharine Woolley j’ignorais dans les détails sa maladie, qui dévoilée à son premier mari par un médecin indélicat, poussa Bertram Keeling à se suicider. Ms. Woolley, ci-devant Keeling, souffrait d’une maladie rare concernant les organes génitaux – elle serait incapable d’avoir un enfant, ni même d’avoir des relations sexuelles « normales » ; il s’agit d’une maladie endocrinienne, j’ignore si cela se soigne à l’heure actuelle.
En tout cas, Katharine Woolley avait une réputation d’archéologue, aussi importante que celle de Leonard Woolley ; désireuse d’être admise sur le site d’Ur, elle fut « obligée » quasiment d’épouser Leonard, car il n’était pas acceptable qu’une femme célibataire se retrouve seule parmi tous les hommes chargés des fouilles, ainsi que du personnel arabe.
Elle et Agatha Christie furent des amies pendant de nombreuses années ; elle avait toutefois la réputation d’être « manipulatrice, égocentrique, aimant plaire aux hommes et totalement méprisante à l’égard des femmes » - cette opinion était aussi celle de Max Mallowan qui deviendra le 2ème mari d’Agatha, et l’on pense que c’est la raison pour laquelle, après leur mariage, les Mallowan-Christie ne furent plus les bienvenus sur les fouilles dirigées par Leonard Woolley.

Le personnage de Louise Leidner dans « Murder in Mesopotamia » est basée sur Kathatine Woolley.

Comme il s’agit d’un roman, LIndsay Ashford a beaucoup « brodé » autour de tous ces détails des vies de Christie et Woolley. Elle dresse d’Archibald Christie un portrait bien peu plaisant, et ceci est hélas avéré = il ne supporta pas que son épouse affiche autant de chagrin à la mort de sa mère, tout comme il accepta avec peu d’enthousiasme l’annonce qu’elle attendait un bébé. Il fut toutefois un père attentionnée pour Rosalind. Comme Agatha était fort gourmande, elle se laissa un peu aller physiquement, perdant  l’allure de sylphide qui avait séduit son époux. Bref la notion de mariage « pour le meilleur et pour le pire » fut totalement absente de mari profondément égoïste, et cruel comme peuvent l’être tous les égoïstes – ceci figure dans toutes les notes de la romancière.

Pour en revenir au roman de ms. Ashford, je comprends que l’on ait envie de rendre hommage à une romancière que l’on admire, néanmoins à peu près toutes les « fan fictions » que j’ai lues m’ont laissé des sentiments mitigés, surtout lorsque je connais bien la vie d’un des protagonistes.
Mon problème réside dans le fait que j’ai toujours envie de lire quelque chose qui se rapporte à Agatha Christie, donc je n’ai pas pu résister à ce roman-ci.

Points positifs (parce qu'il y en a tout de même quelques uns, sinon je n'aurais pas poursuivi la lecture) =  tout n’est pas négatif dans le roman = j’ai  beaucoup apprécié la description des paysages traversés par l’Orient-Express, ainsi que par les villes où s’arrête le train – il y a beaucoup d’images amusantes de situations sur les quais de gares, et également des descriptions des menus et des décors de ce train de rêve.  La vie sur le site des fouilles est très vivant aussi.

le site de UR  en 1924-25 avec les Wollley

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