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2ème enquête de Susan Ryeland, éditrice

Agios Nicolaios, début d’été 2016 – Susan Ryeland a quitté Londres et le monde de l’édition après l’enquête concernant le meurtre d’Alan Conway, l’auteur vedette de sa maison d’édition, enquête afin de retrouver le chapitre perdu et élucider ledit meurtre, qui faillit lui coûter la vie et consumer totalement par les flammes l’immeuble où elle avait ses bureaux. (voir Magpie Murders
Elle est désormais installée en Crète, avec Andreas l’homme de sa vie ; ils ont ouvert un petit hôtel sympa, qui a engloutit toutes leurs économies et continue à être un gouffre monétaire.
C’était le rêve d’Andreas Patakis, professeur de littérature grecque à Londres, dont l’ambiance de la Grèce, même en pleines difficultés, lui manquait.
Pour Susan, c’est moins évident, jongler et se battre avec les chiffres toute la journée, afin de rendre les lieux les plus confortables possibles pour des touristes qui n’hésitent pas à essayer d’extorquer un rabais si une connexion wi-fi n’a pas fonctionné à leur goût, cela commence à lui peser particulièrement et elle a l’impression, depuis les deux années qu’ils sont là, qu’Andreas et elle ne sont plus du tout sur la même longueur d’ondes tant ils sont absorbés par les problèmes matériels. Le monde des livres lui manque terriblement.

C’est donc avec un certain soulagement qu’elle accepte la proposition du couple britannique, les Treherne, venant la trouver afin qu’elle élucide la disparition de leur fille Cecily.
Cette dernière a disparu depuis plusieurs jours, elle leur a téléphoné alors qu’ils étaient dans le sud de la France, but de ce coup de fil = elle dit avoir compris, en lisant le livre d’Alan Conway « Atticus Pund takes the case » que l’homme à tout faire de leur hôtel, qui a été condamné pour le meurtre de Frank Parris il y a 8 ans, n’est pas le coupable de ce crime. Comme le jeune homme était roumain, la police a immédiatement conclu à sa culpabilité, après tout c'est bien connu, ces gens sont des voleurs.

Ms. Ryeland est plutôt éberluée par cette demande, elle n’est pas policière après tout. Mais pour les parents Treherne, puisqu’elle était l’éditrice de Conway, peut-être pourra-t-elle découvrir l’indice qui a fait que leur fille leur a dit « ils ont condamné un innocent ».
Depuis Cecily a disparu, la police ne semble pas avoir pris cela très au sérieux le premier jour, se sont seulement mis à enquêter le suivant, or chacun sait que dans une disparition, les premières heures sont les plus importantes.

Ce que demandent les Treherne c’est que Susan Ryeland relise le livre d’Alan Conway et découvre ce qui a intrigué leur fille et si possible la retrouver.

Si Cecily Treherne a disparu récemment, le crime de Frank Parris a eu lieu il y a 8 ans, en 2008, le jour précédent le mariage de Cecily avec Alan McNeil. Le crime fut découvert peu après la cérémonie de mariage, mais a empêché les jeunes mariés de partie en voyage de noces pendant deux semaines.
Quelle poisse, tout ça parce qu’un type s’est fait massacré à coups de marteau, il y a des gens qui n’ont vraiment aucun savoir-vivre !

Susan Ryeland se rend donc dans le Suffolk, où Cecily, son mari et sa sœur Lisa gèrent l’hôtel de luxe, dans un vieux manoir, créé par leurs parents.
Elle a 2 semaines, grand maximum, pour découvrir ce qui est arrivé à Cecily ; d’ailleurs Lisa, la sœur très hostile, lui fait comprendre que huit jours devraient faire l’affaire, après tout elle est non seulement payée pour ce job, mais de plus ses parents lui ont donné une des plus belles chambres, plus accès au restaurant.
Lisa n’est pas la seule à être désagréable, voire franchement hostile. Dès que Ms. Ryeland commence à poser des questions aux personnes concernées par cette histoire, on lui demande de quel droit elle pose tant de questions, le meurtrier est en prison, et cela fait huit ans que cette sinistre histoire est terminée.
Cette histoire-là peut-être, mais pas la disparition récente de Cecily. 

Bien que ceux et celles qu’elle interroge lui répondent avec réticence, Susan poursuit son « enquête », et  le superintendent en chef Locke qui l’avait déjà dans le nez lors de l’enquête concernant Alan Conway, n’est pas le moins hostile de tous – que vient faire cette amatrice dans une enquête finie depuis 8 ans, qu’il a lui-même « rondement » menée.
Quant à la disparition de Cecily McNeil, il s’en occupe. 

Susan Ryeland va retrouver avec plaisir quelques copains du temps où elle était éditrice, et renouer avec le monde des livres est un réel bonheur, même si son compagnon lui manque … un peu. Personne cependant ne peut lui donner le moindre indice concernant le roman de Conway.

Jouer les détectives amateur.e.s est dangereux, tous ceux et toutes celles qui s’y risquent le savent bien. 
Ms. Ryeland va l’apprendre à ses dépens, et une fois encore sa vie sera en danger.

Ce que j’en pense = beaucoup de bien, mais je ne suis pas impartiale = j’adore Anthony Horowitz – non seulement il est un grand admirateur d’Agatha Christie (qui ne l’est pas ? =^-^=) mais il est aussi un excellent auteur de polars, très personnels, et a également écrit des pastiches de Sherlock Holmes.
Sans oublier qu’il est l’excellent scénariste de la série « Poirot » avec Suchet, et aussi de pas mal d’épisodes des « Midsomer Murders ».
Ce sympathique "cozy mystery" est une intéressante mise en abyme, les lecteurs ont 2 polars pour le prix d'un avec cette lecture. On y trouve tous les ingrédients d'un bon polar = jalousie, appât de l'argent, mensonges...

Pourtant, j’ai un léger bémol = toutes les personnes qui me font le plaisir de visiter  mon blog le savent = j’aime bien faire mon intéressante – j’avais plus ou moins compris qui était le coupable dans la disparition et le meurtre que tente d’élucider Susan Ryeland, mais là où j’ai été un peu agacée par Anthony Horowitz est qu’il semble prendre les lecteurs/lectrices de polars pour des ineptes (en bruxellois on dirait « des klettes »).
Dans le livre que relit Ms. Ryeland, « Atticus Pund takes the case » tous les personnages ont des patronymes qui sont des clins d’œil  aux auteur.e.s de polars de l’âge d’or des romans policiers et même de ceux des romans noirs américains.
Puis, lorsque Susan a terminé le bouquin, voilà qu’elle se met à expliquer tous ces patronymes. J’ai trouvé cela excessivement agaçant !
Comme si les vrai.e.s  amateur.e.s de polars avaient nécessairement besoin de ces explications (soupir soupir). 

En dehors de cela, je n’ai rien à reprocher à ce polar bien écrit, dans un bel anglais, avec plein d’autres clins d’œil à des romans de l’âge d’or du polar et leurs auteur.e.s .